Fence n’en a rien à foutre…

Le combo rock limbourgeois Fence sortira son nouvel album, « Nobody Gives A Fuck », le 16 octobre 2026. Un titre qui laisse peu de place à l'imagination, quoique... Propulsés par un nouveau batteur, Wim Coppers, installé derrière les fûts, les musiciens de…

Un clip d’animation pour le nouveau single d’Σtella

L'artiste grecque Σtella dévoile son nouveau single intitulé « Belinda ». Cette nouveauté s'accompagne d'un clip officiel au format visualizer, dont les illustrations sont nées sous la plume de la chanteuse elle-même, complétées par les animations de Yokanima…

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Editors
Biohazard 8/8/26

Clawfinger

Use your Brain

Réponse scandinave à Henry Rollins, Clawfinger adopte une tactique identique pour défendre ses convictions sociopolitiques (ça rime!) Mêlant le rap, le trash metal et les samples avec la provocation de Faith No More. Les mots et les accusations avec l'hostilité de Rage Against The Machine. Un arsenal de munitions qui lui permet de disposer d'une force de frappe assez impressionnante sur les planches. Exercée en 1995 lors de l'édition du festival jumelé Torhout/Wechter. "Use your Brain" constitue son deuxième album. Douze missiles chargés de poudre et d'explosifs. Malheureusement, deux seulement atteignent leur cible."It" et "Undone". Plus subtils, plus mélodiques, ils exhalent une certaine toxicité prog rock atmosphérique, énigmatique, héritée de l'univers de Mahavishnu Orchestra. Dommage que tout l'album ne soit pas de la même trempe!

The Clean

Modern Rock

Il y avait cinq ans que le mythe néo-zélandais n'avait plus donné signe de vie. Lors de l'enregistrement du précédent opus, "Vehicle". Concocté à l'issue d'une tournée qui célébrait la réunion du groupe, séparé depuis 1981. En fait, les musiciens de Clean étaient trop absorbés par leurs expériences personnelles. David Kilgour en solo et Robert Scott dans son périple à travers le monde, pour épauler Bats. Et puis le trio avait décidé de se réunir sans contrainte, lorsque le besoin s'en serait fait sentir. "Modern Rock" en est donc le résultat. Un disque déconcertant. Pop, bien sûr. Mais hanté par des claviers. Krautrock (Neu, Can), obsessionnels (Blue Orchids?), minimalistes (Stereolab?) ou même rognés par les sixties (Doors ? Iron Butterfly ?) Les mélodies tendres mais énigmatiques, spontanées et vibrantes, épanchent une mélancolie stimulante. Parfois à la sensibilité proche d'Ed Kuepper, sur "Linger longer", notamment, lorsque frissonne les accords de piano frémissants ou encore de House of Love dans "Something I need" et "Do your think", mais avec une texture de cordes de guitare totalement différente, semi-acoustique. Un disque à la fois étrange, rafraîchissant, de "Modern Rock" quoi!

Cast

All Change

Cast puise son inspiration dans la pop des sixties. Mais peu instantanée, elle nécessite quelques auditions avant d'être appréciée à sa juste valeur. La pop des Beatles, bien sûr, dont la formation revendique une partie de l'héritage. Mais également du Who dans sa phase originelle ; mod pour être tout à fait précis. Ce qui explique sans doute pourquoi certaines compositions de cet "All change" exhalent un parfum Jam. Pop, mais également glam. Pensez à TRex. Et puis punk. Pas le punk insulaire. Mais bien new-yorkais. A cause du son de la guitare dont le phrasé reverb rappelle inévitablement Tom Verlaine. Sans oublier le petit côté house, scally, pulsant, mancunien, emprunté aux Stone Roses voire aux Charlatans. Douze titres qui recèlent les singles "All Right" et "Finetime". Douze superbes mélodies hymniques, mélancoliques, contagieuses, caressées par la superbe voix de John Power dont le timbre campe un hybride entre celui de Brett Anderson (Suede) de Jarvis Cocker (Pulp) et du Liverpuldien Ian McCulloch (ex-Echo & the Bunnymen, aujourd'hui Electrafixion). Matière grise de Cast, mais aussi et surtout leader du défunt et regretté LA's, John Power est également natif de Liverpool. Et ça, c'est une référence!

 

Casus Belli

Tailgunnrangeless

Aux abris! Même si la guerre touche à sa fin. Tout au long de cet elpee, nos oreilles ont été soumises à un feu nourri d'artillerie lourde... Autre comparaison tout aussi douteuse, l'effet de ce "Talgunnerangeless" nous rappelle le plat national teuton. Saucisse, choucroute, et bière tiède dont la mousse est retombée au contact de molécules grasses. Faut dire également que pour un groupe allemand, sampler un discours de propagande hitlérienne n'est pas non plus du meilleur goût. Un groupe qui risque donc fort de ne pas faire führer...

 

The Charlatans

The Charlatans

En 1990, la scène de Manchester était en pleine ébullition. Au fourneau : Stone Roses et Happy Mondays. Tout ce qui touchait à la house se transformait en hits potentiels. Hormis James et New Order, qui chacun à sa manière refusait d'entrer dans la danse (enfin presque!), la plupart des groupes du coin en ont profité pour sauter dans le train en marche. Et notamment Northside, New Fads, Paris Angels et les Charlatans. Cinq années plus tard, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts de l'Irwell. Stone Roses vient enfin de sortir son deuxième opus, les Happy Mondays ont splitté pour renaître sous la forme de Black Grape. Malgré tout leur talent, les New Fads ne parviennent toujours pas à se dépêtrer de la zone crépusculaire de l'underground. Alors que James hésite entre y retourner ou s'y extraire définitivement. New Order s'est désintégré. Reste finalement le plus productif, le plus persévérant, et probablement le moins charlatan du lot: les Charlatans. Responsable de quatre elpees en une demi-décennie! Si le nouvel album bénéficie encore du concours de Steve Hillage à la production, il ne l'est plus qu'aux deux tiers. En fait, le quintette lui reprochait de dénaturer de plus en plus son expression. De la sophistiquer à outrance. Et ont remercié Steve au beau milieu des sessions d'enregistrement. Ne conservant finalement que l'ingénieur du son Dave Charles, question de superviser leur première autoproduction. Eponyme, ce morceau de plastique revient donc à une forme plus classique, plus garage du style des Charlatans. Avec un zeste de funk, des cordes de guitare crépitantes, distordues, des claviers délicieusement rognés mais jamais envahissants, sans oublier le vocal indolent, ouaté de Tim. Bref, un excellent disque, auquel nous ne pouvons adresser qu'un seul reproche, celui d'inclure quatre fragments déjà sortis en singles...

 

Vic Chesnutt

Is the Actor Happy

Est-ce que l'acteur est heureux?  Peu probable lorsqu'on sait que ce Géorgien est paraplégique depuis l'âge de 23 ans. Suite à un accident de voiture. Ce qui ne veut pas dire qu'il soit devenu neurasthénique. Simplement, il puise aujourd'hui sa muse à travers une vision singulière, mordante, réaliste et même humoristique du monde contemporain, visions nées de ce coup du sort. Si sur ses trois albums précédents, ses chansons adoptaient un profil essentiellement acoustique, pour "Is the actor happy?" il a injecté davantage d'électricité. Vivifiante, à l'intensité blanche, presque ‘remesque’, comme sur les remarquables "Strange Language" et "Free of Hope". Le tout enrobé d'arrangements semi-acoustiques chauds, subtils et séduisants. Des chansons qu'il interprète un peu à la manière d'un conteur, d'une voix grave, gémissante, étranglée par l'émotion. Epatant!

 

China Drum

Rolling hills and soaking gills (Ep)

Nous supposions que ce trio était originaire d'Ecosse. Nous avons manqué notre cible de très peu, puisque ce China Drum nous vient du nord-est de l'Angleterre. De Newcastle, très exactement. Ce "Roling hills and soaking gills" n'est pas encore le nouvel opus du combo, mais un Ep constitué de sept titres, l'album ayant été programmé pour le début 96. Leur expression sonore baigne dans le popcore, le punkcore, et le metalcore. Du même acabit que Green Day, Nova Mob ou Sugar. Encore que le tempo particulièrement échevelé nous rapproche davantage du mythique et défunt Hüsker Dü...

 

Chug

Sassafras

Chez Flying Nun, nous avons rarement eu de mauvaise surprise. Et, il faut reconnaître que pour Chug, elle se révèle même excellente. Un groupe néo-zélandais, vous vous en doutez. De Dunedin très exactement, qui à ce jour n'avait concocté que deux seven inches. Voici donc son premier elpee. Douze titres à la verve pop psychédélique. Mais un psychédélisme qui fouille autant dans la West Coast de la fin des sixties (Jefferson Airplane, Quicksilver Messenger Service) que dans le post punk de Wire. Pensez à sa trilogie "Pink Flag"/"Chairs Missing"/"154". Avec des spécificités propres à chaque composition, bien sûr. Hydratées par des claviers ‘doorsiens’ ("Riders on the storm?) sur "Long Haul". Torturées par des cordes de guitare en distorsion constante, comme chez Sonic Youth", sur "Witches". Parfois même minimalistes suivant les principes établis par Stereolab. Ou ‘spectralement’ Porno For Pyros, lorsque l'harmonica hanté traverse l'espace sonore. Mais en général, les chansons sont imprimées sur un tempo métronomique, obsessionnel et libèrent une électricité capricieuse, vibrante, exacerbée par la ligne de basse pivotante et parfumée par ce mélange étrange, savoureux des timbres vocaux de Norma et de Sean. Un must!

 

Chumbawamba

Swingin with Raymond

Au fil des albums, l'expression de Chumbawamba a glissé d'un agit punk ravageur vers un agit pop réfléchi. En fait, ce sont les lyrics, et exclusivement les lyrics qui véhiculent toute leur diatribe. Car la formation de Leeds adore tirer sur tout ce qui est susceptible d'entraver la liberté d'expression et même la liberté tout court. Avec un sens malicieux de l'humour, c'est vrai! Mais aussi et surtout radicalisme, passion pour la polémique, irrévérence impertinente. Ce qui leur a valu d'hériter de l'étiquette d'anarchistes. Ils aiment d'ailleurs autant la pop qu'ils détestent les mythes qu'elle perpétue. Et sur " Swingin' with Raymond ", le message n'a guère changé. Tout le monde en prend plein les gencives. Même Sting et Rod Stewart. Pour leur standing immobilier... Côté musical, le booklet nous informe que cet opus est divisé en deux volets. Celui que l'on aime et celui qu'on déteste. N'allons pas aussi loin. Disons simplement que la première partie baigne dans un climat pop doucereux, bercé d'harmonies vocales mielleuses, délicatement rogné de claviers ‘farfisa’ (Saint Etienne, Animals That Swim), alors que la seconde remue davantage. Pas au point de pogoter ou d'entamer une danse du scalp. Mais en adoptant un style plus syncopé, plus progressif, plus cuivré, à l'instar de Dexy's Midnight Runners voire de Paul Weller. "Oxymoron" affronte même la violence insidieuse, menaçante des Stranglers, style qui semble davantage adapté à l'esprit frondeur de Chumbawamba. Mais là, ce n'est qu'un avis très personnel...

Lloyd Cole

Love Story

Imaginez-vous un peu à l'écart du monde. De la civilisation. Dans un chalet. En plein hiver, occupé à feuilleter un album de photos souvenir devant un feu de bois... C'est un peu la sensation que nous avons ressenti en écoutant le nouvel album de Lloyd Cole. Beaucoup d'émotion, mais des émotions intenses, mélancolique, nostalgiques, parfois même pudiquement teintées d'humour. Douze chansons de pop mélodique que Lloyd interprète d'une voix légèrement usée qui se brise dans l'emphase rauque d'un mot caustique. Douze chansons à l'instrumentation feutrée, à l'équilibre esthétique jamais pris en défaut, qui renouent avec la grâce et l'élégance des Commotions. Douze chansons très inspirées qui semblent naviguer dans des eaux sonores fréquentées au confluent des Silencers, de Chris Isaak, de Chris Bailey et de Perry Rose.