Light Asylum lève le voile sur un nouvel album

Peu de groupes peuvent se targuer d'avoir le statut de 'groupe culte', mais c'est clairement le cas pour Light Asylum. Emmené par la voix énigmatique de Sharon Funchess, le projet basé à Portland, dans l'Oregon, a secoué le petit monde de la musique…

Aidan Moffat (Arab Strap) en featuring sur le nouveau single de ĠENN

ĠENN dévoile aujourd'hui « Jaguar Sun », un nouveau single en collaboration avec Aidan Moffat d’Arab Strap. Le titre sort au format digital ainsi qu'en 12’’ sur le label Rock Action Records, fondé par Mogwai, et accompagne l’annonce d’une tournée européenne…

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Dernier concert - festival

The Cure
Afghan Whigs

Cul De Sac

I don´t want to go to bed

Stereolab et Cul De Sac partagent une même passion et une même inspiration pour le krautrock. Celui de Can et de Faust en particulier. Mais si le premier place ses expérimentations presque exclusivement au service de la pop, le second lui procure une trame pour explorer l'ambient. Une ‘ambient’ caverneuse au sein de laquelle vous pouvez y croiser tantôt des particules de blues, de folk, de jazz, de surf, de world music, d'avant-gardisme (Stockausen, John Cage), de psychédélisme circa "More", et bien sur de rock, en vertu du recours à la basse, à la steel guitar et aux drums. Une alchimie qui cherche à capturer la force vibrante et spontanée de l'improvisation. Pour Cul De Sac, il existe de multiples formes d'ambient à explorer, c'est ce qui explique sans doute pourquoi il n'est pas encore l'heure d'aller au lit...

 

Daran

Huit Barré

Né en Italie et émigré dès l'âge de sept ans en France, à Paris très exactement, Daran est devenu depuis quelques années un véritable globe-trotter des concerts. Pour l'Hexagone bien sûr. Il vient d'enregistrer son deuxième album. Un opus qui fait suite à l'excellent single "Dormir dehors". Daran possède une belle voix, légèrement éraillée, désabusée, aux inflexions plutôt sombres, amères. Mais si à première vue, son blues folk s'apparente à celui que pratique Charlélie Couture, au fil du sillon il perd tout relief et toute consistance. Et ce malgré certaines incursions dans le métal (Bijou?), la cold wave (Cure?) ou même le garage (Zombies?). Ou si vous préférez, lorsqu'il affronte les accès de guitare, de basse ou de claviers. Dans le style, un groupe athois comme Faits Divers fait certainement beaucoup mieux.

 

Daniel Darc

Nijinsky

Nouvel album pour cet ex-Taxi Girl qui semble avoir troqué son âme de rocker pure et dure contre celle d'un auteur/compositeur de chanson française. Une conversion encore plus frappante lorsqu'on sait qu'à l'origine Daniel ne jurait que par les synthés. Place donc, sur "Nijinsky", à la poésie et au romantisme. Aux souvenirs de voyages imaginaires, aux chansons d'amour et aux slows qui autorisent Cupidon de faire flèche de tout bois. Peu d'intensité donc. Sauf sur le titre maître. La meilleure composition de l'opus. La plus électrique aussi. Car pour le reste, on a l'impression que l'inspiration de Darc est tombée du carquois d'un certain Little Egypt. Depuis qu'il a enterré la hache de guerre...

 

The Dead C

World peace hope et al

Cette compilation réunit 14 compositions enregistrées par ce trio néo-zélandais entre 1988 et 1993. Nonobstant la collaboration de feu Nico et de John Cale sur "Abschied", ainsi que de Patti Smith pour la lecture du poème "Communication with heaven", le répertoire de Dead C concède un minimum d'interventions vocales. Aux spécificités ‘joydivisionesques’ lorsqu'elles se manifestent. Un gros reproche cependant. La qualité du son. Manifestement négligée, parfois même aussi médiocre qu'une prise de son réalisée à partir d'un mini-cassette. Une insuffisance qui devient au fil du temps franchement agaçante. Nous empêchant de pénétrer dans ce monde sonore glacial, dépressif, complexe à la croisée des chemins de la no wave (Sonic Youth?) du krautrock (Can?) et du Velvet Underground (Evidemment!).

 

Dead Can Dance

Toward the within

Fondé au tout début des eighties, Dead Can Dance explorait à l'origine un univers ‘cold’, atmosphérique, sensiblement proche de Cocteau Twins. Ce n'est qu'à partir de 1987, soit lors de la sortie du troisième elpee, "Within the realm of a dyin' sun", que le concept australien s'est transformé en projet hautement intellectuel. S'inspirant tantôt de la musique ethnique (chinoise, gallique, indienne, latino-américaine, maghrébine, etc.), tantôt de la musique médiévale, et en particulier séculaire et liturgique du XIème siècle. Aujourd'hui, son expression n'a plus grand chose à voir avec le rock. Enregistré au Mayfair Theatre de Santa Monica en Californie, et découpé en quinze fragments, parmi lesquels figurent douze inédits, "Toward the within" est destiné à sonoriser un film vidéo du même nom. Malheureusement, ni l'inflexion vocale de Brandon Perry, ni le timbre délicat, fragile de Lisa Gerrard, ne parviennent à transcender ces mélodies semi-exotiques, au goût ‘world’ franchement morose...

 

Delicatessen

Skin Touching Water

"I'm just alive", titre qui ouvre cet album, nous donne immédiatement la couleur. Découpé dans les cordes de guitare torturées, gémissantes, éclaboussé de claviers insidieux, maladifs, avinés, imprimé sur un tempo lancinant, il nous replonge dans le monde fascinant et morbide de Joy Division. Mais si la suite se révèle aussi sombre, semblant vouloir se repaître, tels des vautours, des corps en décomposition de Cave, Cohen, Beefheart, Scott Walker et Jesus & Mary Chain, elle s'ouvre à d'autres horizons plus mystérieux, réverbérant même des échos éphémères de Portishead, Ian McCulloch et Boo Radleys. Une œuvre dont les contes ironiques, menaçants et passionnels farfouillent dans la folie, le cannibalisme, le sadisme et la perversion, traçant à travers ses seize fragments, les contours de l'angoisse, de la cruauté et de l'obsession. Et Delicatessen y exhale un charme surréaliste aussi inattendu que cinématique. On comprend d'ailleurs aussi beaucoup mieux pourquoi le quatuor a choisi pour patronyme le titre de ce film... "Skin Touching Water" adopte même une forme d'existentialisme nauséeux (NDR: Merci Jean-Paul!), dramatiquement gothique, pour être plus précis, comme sur "You cut my throat, I'll cut yours" (NDR: Bon appétit!). Mais en général glisse des climats les plus doux et séduisants aux plus désespérés et sinistres. La voix malveillante de Neil Carlill se chargeant de mordre goulûment la structure sinusoïdale des mélodies à l'air psychédéliquement vicié...

 

Dag

Righteous

Pour enregistrer son premier album, ce quartet issu de la Caroline du Nord a bénéficié du concours d'un certain John Custer à la production. Le même Custer qui avait mis en forme le premier opus de Cry of Love. Car de production, il est fatalement question sur ce "Righteous". Tout au long de ce disque, ce personnage intervient chirurgicalement sur le produit fini à l'aide d'effets spéciaux et de samples. Malheureusement, malgré tout le lustre et toute la sophistication apportés à ces différentes opérations, le résultat obtenu manque de la plus élémentaire originalité. Hésitant entre le funk, la soul, ou même le rhythm'n’blues à coloration ‘Stax’, il cherche vainement un hypothétique croisement entre Michaël Jackson et les Spin Doctors. Le genre de stéréotype destiné à sonoriser les clips à gros budget, avec nanas aux poses lascives et mâles tatoués. Vous voyez ce que nous voulons dire...

 

Damaged Goods (Netherlands)

Things ain´t what they used to be

Encore un groupe batave. Issu d'Alkmaar pour être plus précis. Pas mauvais du tout! Paraît même que cet album a été enregistré en trois heures. Une belle performance en vertu des quatorze morceaux proposés. Les moins surprenants? Ceux qui marchent sur les traces de Bettie Serveert. Les plus conventionnels? Ou classiques, si vous préférez, ceux qui exsudent un rhythm’n’blues rémniscent d'Eric Burdon et de ses Animals. Les plus intéressants? Ceux qui affrontent le garage punk, le garage pop ou le punk pop avec une efficacité redoutable. Héritage issu des Buzzcocks, des Fleshtones, des Dead Boys, et même des Cramps sans leur voodoo (Queens?). Quant à la pointe d'originalité, elle procède du contraste entre la voix écorchée d'Eus Van Den Nieuwendijk et celle plus fiévreuse, féminine de Wendy Albrink…

 

Dandelion

Dyslexicon

S'il n'y avait le brio du drummer, Dante Cimino, ce "Dyslexicon" aurait rapidement été rangé dans le tiroir au grunge. Nous n'avions d'ailleurs plus jamais entendu une prestation aussi remarquable sur vinyle depuis le début des seventies. Celle de Mike Giles pour le célèbre "21st century schizoïd man" de King Crimson (Encore!). Enfin, surtout sur l'avant-dernier fragment de cet elpee, "Viva kernal"... Produit par Phil Nicolo (Urge Overkill, Big Chief, Urban Dance Squad), le deuxième opus de ce quartette philadelphien dispense cependant un métal aux harmonies contagieuses, à l'énergie vitale et viscérale, rappelant ni plus ni moins Foo Fighters. Enfin, un Foo Fighters dont les vocaux auraient été placés en état de léthargie. Mais sinusoïdaux, ils inoculent une sensation de psychédélisme à l'acidité floydienne ou plus exactement sydbarettienne... Faut pas mélanger les torchons et les serviettes!

 

Danger Gens

Life between cigarettes

Ce n'est certainement pas à Seattle que ce trio aurait dû s'établir, mais à Boston. Parce que sa musique n'a strictement aucune affinité avec le grunge ou le trash métal, dispensant un punkcore essentiellement inspiré par les Breeders, Belly et autres Throwing Muses. Peut être d'une manière plus âpre, plus aride, à l'instar de Babes In Toyland. Mais au climat particulièrement alambiqué. Un trio drivé par deux filles qui se partagent guitare et basse, mais surtout chantent à tour de rôle. L'unique kid se réservant les drums. Un opus pas trop mal fichu, mais qui souffre à la fois d'une trop grande linéarité dans le ton, et surtout d'une carence de feeling dans la mélodie. Et là, c'est un handicap extrêmement lourd...