Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

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L7
Ora Cogan

Transglobal Underground

International Times

Ensemble génialement opportuniste ou créativement parodique, Transglobal Underground pratique une world music éclectique, fascinante, mais reciselée par la technologique des nineties. Certains l'ont déjà taxée d'‘ethno-techno’. D'autres lui ont trouvé des vertus underground. Une chose est sûre, cet ensemble insulaire reconnaît être inspiré par toutes les cultures du globe. Depuis le dub jamaïcain au hip hop américain en passant par la musique sémitique, brahmanique, slave, et autre formes traditionnelles. "International Times" baigne ainsi dans l'exotisme le plus branché. L'instrumentation authentique (violon tzigane, tabla, darbouka, etc.) épiçant les samplings les plus capricieux au rythme des palpitations synthétiques, alors que la voix sinusoïdale de Natasha se dissolvant dans la pureté du son...

 

Tricky

Maxinquaye

Bien que compromis dans le monde musical depuis l'âge de 18 ans, cet Insulaire (Bristol) a dû attendre 1991 pour se forger un certain crédit. En participant à l'enregistrement de "Blue Lines", album de Massive Attack. Puis en découvrant les talents de vocaliste de Martina. En compagnie de laquelle il concoctera le single "Aftermath". Et dans la foulée "Ponderosa". Il apporte ensuite sa collaboration à la confection des elpees de Whale et puis surtout de Neneh Cherry (coproduction). Pour réaliser son premier opus, il a reçu le concours d'Alison Goldfrapp et d'Icelander Ragga sur "Pumpkin". Un des morceaux les plus forts. Insidieux, hypnotique, proche de l'esprit de Swans. Même si on nage ici dans l'ambient. Mais une ambient trouble, spectrale, hypnotique, presque aphrodisiaque. La voix de Martina y est pour beaucoup. Voluptueuse, envoûtante, elle contamine toute les mélodies de son érotisme latent, parfois même torride. Comme sur cette formidable reprise de "Public Enemy", "Black Steel". Climatique dans toute sa splendeur, ce style a été baptisé trip hop !

 

Triptych

Sleepless

‘Triptyque’: au Moyen-âge surtout, œuvre peinte ou sculptée en trois tableaux, dont les deux extérieurs se replient sur celui du milieu. Œuvre littéraire, musicale, plastique composée de trois parties (Pierre Larousse). Tryptich: trio belge, issu du Brabant flamand qui enregistre sur un label batave et a choisi pour titre de son album un très curieux nom. Sans sommeil. Insomniaque si vous préférez. Epinglant treize titres aux noms aussi évocateurs que "apparitions étranges", "eau décolorée", "jours brumeux", "chanson d'amour léthargique" ou "coincé dans la mémoire. "Nous nous attendions donc à devoir nous plonger dans un univers sonore éthéré, atmosphérique, relaxant. Il n'en est strictement rien, puisque ce Triptych cherche un compromis entre le punkcore (Hüsker Dü), le post grunge (Smashing Pumpkins, Soundgarden) et le prog rock crimsonien ; peut être même plus "Red" que "Lark's tongue in aspic". Encore que dans ce domaine, il faut vraiment avoir la Fripp pour se prononcer...

 

The Troggs

Athens and over

Du line up original de cet ensemble fondé en 1966, il ne reste plus que le chanteur Reg Presley et le guitariste Chris Britton, qui vient cependant de réintégrer le groupe, au moment où Ronnie Bond, réapparu en 72, préférait s'effacer. Curieux quand même que ce combo légendaire soit parvenu à survivre, alors que sa production discographique est restée cruellement confidentielle. Il faut cependant croire que les Troggs y croient encore, puisqu'ils ont décidé d'enregistrer un nouvel album. Mais pour la circonstance, ils ont fait appel à leurs plus fervents admirateurs. Les musiciens d' REM! Quatre exactement. Soit Bill Berry, Peter Holsapple, Mike Mills et Peter Buck. Ce qui explique pourquoi, les sessions d'enregistrement ont été réalisées dans les studios du groupe géorgien. Et que ce CD est intitulé "Athens and over". Résultat des courses, on a droit à une œuvre particulièrement soignée, légèrement teintée de glam, qui porte la griffe pop d'REM, tout en épinglant l'une ou l'autre petite perle sauvage, ‘troggsienne’. Comme ce "What's your game", ce "Hot stuff" ou alors cette ballade byrdsienne, baptisée "Together", qui en bénéficiant d'une gravure en single pourrait, peut-être, retrouver le chemin des charts...

 

Jennifer Trynin

Cockamamie

Lorsque Jennifer a quitté son New Jersey natal, c'était pour embrasser une carrière de journaliste. A Boston, très précisément. En fait, Jennifer avait une idée derrière la tête. Se plonger dans l'univers popcore de la capitale du Massachusetts. Et dans la foulée monter son propre groupe. Un projet qui demandera un temps beaucoup plus long que prévu avant de se concrétiser. Aujourd'hui enfin, elle vient de sortir son premier opus. Un disque inévitablement inspiré par les Pixies. Mais qui obéit à une sensibilité féminine. Pas celle des Throwing Muses ou de Belly. Mais plutôt de Blake Babies, donc de Juliana Hatfield et de Veruca Salt. Une Juliana Hatfield à laquelle Jennifer emprunte certaines inflexions vocales, lorsqu'elle n'épouse pas le timbre caustique de Chrissie Hynde. Album aux mélodies contagieuses, chargées d'intensité électrique, capricieuse, crépitante, "Cockamamie" révèle même une chanson susceptible de devenir un hit single, "Knock me down". Agréable, mais pas vraiment révolutionnaire!

 

Tupelo Honey

Out of the nursey, into the night

Superbe pochette pour cet ensemble batave qui aurait sans doute mieux fait de consacrer davantage de soin au contenu plutôt qu'à l'emballage. Et pourtant, les deux premiers titres de cet album laissaient présager une suite autrement convaincante. Deux fragments qui mettent en exergue le talent conjugué des deux guitaristes dans la construction ‘garage’ (NDR: pas du garage, bien sûr), aptitudes qui ne se manifestent plus par la suite que dans le seul "To hasty a décision". Le reste fait illusion dans une sorte de passéisme post Sweet faussement glamour, avant de glisser dangereusement vers une pop moelleuse sub Housemartins, engluée par un lead vocal particulièrement agaçant. On atteint même le comble du ridicule, lorsque la mélodie épouse les accents futiles et indigestes de Mardi Gras. Quoique toute analogie avec le carnaval ne serait que pure coïncidence...

 

Tad

Infrared Riding Hood

Tout comme Melvins, Mudhoney, Soundgarden et Nirvana, Tad appartient au patrimoine grunge des States. Simplement, Tad s'est toujours plus impliqué politiquement que musicalement. Avec pour résultat une expression sonore qui n'a pratiquement pas évolué au cours des six dernières années. Réduit aujourd'hui à un trio, le combo a fait appel à Jack Endino pour produire son cinquième opus. Figure emblématique, Endino avait d'ailleurs mis en forme leur premier elpee, "God's ball". Mais également "Bleach" de Nirvana et quelques autres œuvres du patrimoine de Mudhoney et Soundgarden. Malgré le concours de l'illustre maître ciseleur, "Infrared riding hood" ne parvient pas à s'extraire de ce climat oppressif, pesant, maladif, qui lui colle aux basques depuis 1989, suppurant un groove paresseux, torturé, tortueux que gangrène les refoulements gutturaux de Tad Coyle. Un éléphant a beau rêver de voler comme un oiseau, il ne parviendra jamais qu'à se vautrer dans la gadoue.

 

The Sands

The Sands

Lors de la sortie de son premier single, nous nous demandions de quelle nationalité pouvait être cette formation. Nous venons d'en avoir la réponse. Belge. Un groupe issu de Turnhout, pour être plus précis. Et pourtant, son album a été enregistré dans les légendaires studios d'Outpost et de Fort Apache (Dinosaur Jr, Belly, Throwing Muses, Sugar, Morphine, etc.) et produit par le leader de Buffalo Tom, Bill Janovitz. Une fameuse carte de visite pour une formation qui, jusqu'alors était pratiquement inconnue sur la scène musicale. Et c'est vrai que ce disque sonne vraiment américain. Pensez à Buffalo Tom, Dinosaur Jr, voire à Pavement dans sa phase la plus mélodique. Une musique cependant plus popcore que grungecore. Mélancolique, romantique. Souvent nappée de claviers. Avec inévitablement les cordes de guitare claires, tantôt acoustique, tantôt électrique, des drums feutrés, une basse souple... le tout enrichi d'une production léchée, presque sophistiquée. Bref de formidables atouts pour ces Sands. Il reste cependant à souhaiter que ce nouvel espoir noir jaune rouge ne doive pas ramer aussi longtemps que les Scabs, avant de récolter le succès qu'il mérite amplement.

 

Urge Overkill

Exit the dragon

Urge Overkill adore les seventies. Et en particulier les Raspberries, Todd Rundgren, Steppenwolf, T. Rex, Kiss, Cheap Trick, AC/DC et le power pop yankee. Et ils réverbèrent ces échos du passé dans leur musique. Suite logique de "Saturation", "Exit the dragon" implique quatorze fragments aux lyrics capricieux, décapants. Quatorze chansons triturées avec une élégance raffinée et une efficacité fascinante. Le son est effilé, les riffs de guitare jaillissants, saignants, pétillants. Les mélodies contagieuses, menaçantes. Tantôt glamourisées avec le clinquant de T. Rex ("Jaywalkin") voire de Sweet ("And you'll say"). Parfumées de rhythm’n’blues rollingstonien (« Exile on Main Street » ?) sur "Honesty File". Mod au goût Kinks chez "Somebody else's body" et agressivement urbaines pour "The Break" (Blue Cheer). Mais des compositions revues et corrigées par la technologie moderne. Ce qui explique sans doute la qualité et la richesse du son dispensé sur cet "Exit the Dragon". Un elpee ponctué par un inévitable slow languissant, lascif, de près de neuf minutes...

 

Uncle Meat (Belgium)

Swallow

Quartet limbourgeois, Uncle Meat s'était illustré lors de l'édition 94 du Rock Rally, en décrochant une très honorable quatrième place. Swallow constitue donc son premier album. Sans concession, âpre, post industriel, torturé, il passe à la moulinette le trash métal d'Helmet et de Black Sabbath. Rien de bien digestif, donc chez cet Oncle Viande, dont le line up implique curieusement Dee J, ex-guitariste du défunt La Muerte, apparemment décidé de reprendre son chemin à la case départ...