Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

Aidan Moffat (Arab Strap) en featuring sur le nouveau single de ĠENN

ĠENN dévoile aujourd'hui « Jaguar Sun », un nouveau single en collaboration avec Aidan Moffat d’Arab Strap. Le titre sort au format digital ainsi qu'en 12’’ sur le label Rock Action Records, fondé par Mogwai, et accompagne l’annonce d’une tournée européenne…

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Afghan Whigs
Viagra Boys

Smog

Wild Love

Album étrange mais attachant pour ce combo californien (San Fransisco) qui avait été, à l'issue de la sortie de ses premiers disques, un peu trop hâtivement relégué au stade de la lo-fi des Sebadoh, Swell et consorts. En fait, hormis l'une ou l'autre composition qui aurait pu figurer sur le magnum opus de Pavement, "Crooked Rain", ou dont le profil correspondrait à un hypothétique Palace Brothers countryfié, la quintessence de "Wild Love" procède de ce contraste saisissant entre maximalisme et minimalisme. Maximalisme des orchestrations, harmonieusement luxuriantes comme chez Tindersticks, et en particulier sur la pièce maîtresse de l'opus "Prince alone in the studio". Ou vulnérablement intimistes à l'instar de Shelleyan Orphan. Minimalisme des accords grêles, plaqués, des cordes de la guitare, même chargés de feedback, des drums épars, des claviers à trois sous. Une ambivalence propice à ces chansons glaciales, romantiques, mélancoliques que Bill Callahan interprète d'une voix blessée en mêlant les sentiments de solitude, de désespoir, de chagrin et de trahison...

 

Todd Snider

Songs for the daily planet

Né à Portland dans l'Oregon, mais établi à Memphis dans le Tennessee, après avoir transité par la Californie et le Texas, Todd Snider est un poète dont la muse profonde et sincère évoque instantanément Willie Nelson et Kris Kristofferson. Il aime la country. Celle de Joe Mac Donald, de Warren Zevon et surtout de Bob Dylan. La musique sudiste aussi. En particulier Creedence Clearwater Revival et Lynyrd Skynyrd. Enfin, il a enregistré ce "Songs for the daily planet" à Nashville. Un décor qui devrait vous permettre de bien cerner la démarche de cet artiste. Ses chansons, il les interprète à la manière de Zimmerman ou de Tom Petty. D'une voix légèrement poussiéreuse, en s'accompagnant d'une sèche acoustique et d'un harmonica. Et pour respecter les règles de l'art, il s'est entouré d'un groupe qui se partage instrumentation traditionnelle (violon, mandoline, etc.) et conventionnellement plus rock (guitare, basse, drums, claviers) que renforce épisodiquement des choristes. Another folk rock singer? Oui, mais qui ne manque pas de talent!

 

So

Miles and Miles / Wait

Premier album pour ce quartet bruxellois. Et pour un coup d'essai, il vient de frapper en plein dans le mille (!). Un elpee aussi contrasté que ses deux singles "Stay" et "Wait". Alternant ballades pop contagieuses, fruitées, semi-acoustiques, avec la sensibilité postcard d'un James; le chant de Mark Egen épousant même des inflexions vocales proches de Tim Booth. Et compositions plongées dans un "Oasis" d'électricité vivifiant, audacieux. Un chouette disque qui recèle, en outre, une savoureuse cover de Daniel Lanois, "O Marie". La meilleure surprise depuis dEUS!

 

Slipstream

Slipstream

Fatigué de ses expérimentations studio, menées pour Jason Pierce au sein de Spiritualized Electric Mainline, Mark Refoy a décidé de monter son propre groupe. Il s'est adjoint un second guitariste. Un certain Ian Anderson qui n'a strictement rien à voir avec le célèbre flûtiste de Blackpool. Un bassiste répondant au nom de Barry Lennon, qui n'a pas davantage de lien familial avec le mythique et défunt Fab Four ; et puis bien sûr un drummer. Cet album auto-titré constitue le premier opus de Slipstream. Psychédélique dans le sens le plus raffiné du terme il offre une palette de coloris sonores particulièrement ample. Depuis les scintillements semi-acoustiques de "Harmony" au garage de "One step ahead" en passant par les réverbérations cosmiques de "Pulsebeat", hawkwindiennes de "Sundown", les spasmes joydivisionesques de "Sweet Mercy" et de "Feel good again", l'intimisme de "Riverside" et la cover glamourisée du "Computer Love" de Kraftwerk. Mark Refoy incarnait donc la face la plus moelleuse de Spiritualized. Et Slipstream en est la plus belle démonstration...

 

Slowdive

Pygmalion

Depuis que Brian Eno a collaboré avec Slowdive pour l'album "Souvlaki", la musique de ce quintet de Reading a pris une étrange coloration. Ses expérimentations soniques, à l'origine inspirées par My Bloody Valentine, Loop et Spacemen 3, sont ici encore poussées plus loin dans l'ambient extatique. Dérive dans le vide où flotte mystérieusement une électricité cristalline, translucide et des vocaux murmurés, presque somnolents. Une seule composition échappe à cette torpeur, à cette léthargie, "Rutti". Dix minutes au cours desquelles Slowdive parvient à se diffuser dans la pureté du son, un peu à la manière d'un Pale Saints ou même de Durutti Column. Une petite déception!

 

Small

Silver gleaming death machine

A l'origine, cet ensemble répondait au nom de Small 23. Ce n'est que vers 1993, que la formation a décidé de le réduire (!) en Small. "Siver gleaming death machine" constitue déjà le cinquième elpee de ce groupe yankee. Issu de Caroline du Nord. De Durham, pour ne rien vous cacher. Hüsker Dü, Superchunk et Mega City Four tourmentent plus que probablement l'imagination de Small. Basiquement punkcore. Explosif, vivifiant, échevelé. Mais redessiné un profil post grunge. Celui de Smashing Pumpkins. A cause des harmonies vocales rauques, glamourisées. Mais également du phrasé de guitare luxuriant, torturé, gémissant. Une seule entorse, le final "Top of the hill"; sorte de mélopée lancinante, lugubre, presque morbide, hantée par l'esprit de Come. Mais traduite dans un langage masculin. Faute de Thalia Zedek...

 

S*M*A*S*H*

Another Love song (Ep)

Ils se déclarent les nouveaux Sex Pistols. Semblent aussi convaincus que les Manic Street Preachers d'incarner le dernier grand groupe de rock/punk/pop britannique. Aiment Huggy Bear. Nirvana. Et puis surtout le Clash. Pas parce que le nom de ce groupe mythique rime avec leur patronyme, mais parce qu'ils partagent les mêmes idées politiques. Travaillistes,  dans l'éventualité où votre mémoire ferait défaut. Constamment en tournée, ils n'accordent que des sets de trente-cinq minutes maximum. Et sur ce mini CD, le trio s'est montré aussi pingre. Trois titres live, deux remixes et trois nouvelles compositions. Juste un petit échantillon de l'énergie crue, de l'adrénaline pure, de ce style incendiaire, de ce cynisme et de cette ferveur qu'ils colportent dans leurs hymnes passionnels, venimeux, voire séditieux. Faudrait un album un peu plus consistant pour y voir un peu plus clair. Et puis surtout pour tester la consistance de ces néo punks.

 

Bruce Springsteen

The ghost of Tom Joad

Bruce Springsteen n'a consacré que sept des douze fragments de cet elpee à cet exercice de style minimaliste. Encore que pour les autres compositions, il se limite à quelques bribes de claviers, de piano, de violon, de drums de steel, d'harmonica ou d'accordéon. Enregistré en studio cette fois, "The ghost of Tom Joad" (référence au personnage central du roman de John Stenbeck), "The grages of wrath" raconte en douze fables les désillusions des immigrants mexicains face à la cruelle réalité de l'american way of life. Et en particulier, celles que vivent les Chicanos en Californie. Des contes douloureux, que Bruce ronge de l'intérieur uniquement de sa voix et de ses cordes de guitare acoustique...

 

Squeeze

Ridiculous

Fondé à Deptford en 1974, Squeeze semble frappé par un ostracisme indécrottable. Depuis onze albums, nous nous évertuons à clamer haut et fort que cette formation est injustement sous-estimée. Bien sûr, les singles "Goodbye girl", "Up the junction" ou "Pulling the mussels from a shell" ont récolté un certain succès. Mais à ce jour, aucun elpee n'est parvenu à passer à travers un relatif anonymat. Ce qui est une profonde injustice! Car l'œuvre de Squeeze s'inscrit dans la tradition pop insulaire la plus pure.

Doué d'un réel talent d'observateur de la comédie humaine, à l'instar d'un Ray Davies des Kinks, Chris Difford forme avec Glenn Tilbrock un tandem digne des grands songwriters anglais contemporains que sont Elvis Costello ou Paul Weller, mais dans un style qui n'est pas sans rappeler le mythique duo Lennon/McCartney. Parce que lorsqu'on écoute une chanson de Squeeze, on ne peut s'empêcher de penser aux Beatles. Notamment au niveau des harmonies vocales, mais également du sens contagieux de la mélodie. Encore que pour ce "Riciculous", nous aurions plutôt tendance à penser à Tears For Fears. A cause, sans doute, du soin tout particulier apporté aux arrangements. La présence d'une section à cordes sur "I want you" et "Electric train" en est la plus belle illustration. Pourtant, la chanson qui nous a la plus bottée est également la moins sophistiquée. "Temptation for love". Un petit joyau sculpté dans les accords de corde essentiellement acoustiques... Au risque de paraître "Ridiculous", nous ne pouvons décemment que faire l'éloge de cette œuvre. En pure perte? Peut-être pas. Car à force de frapper sur le clou, il finira bien par s'enfoncer (NDR: qui a parlé de plier?). Et puis avec l'avènement d'une nouvelle vague de pop anglaise, emmenée par Pulp, Cast et Menswear, le vent risque peut-être, et enfin de tourner...

 

Stanford Prison Experiment

The gato hunch

Des potes à Rage Against the Machine! Mais qui ne partagent qu'un seul point commun : leur goût très prononcé pour le hardcore. Leur nom a déjà bien suscité la controverse. Un souvenir douloureux dont les States se seraient bien passé : le traitement infligé aux étudiants de l'université de Standford au cours des sixties... Le quatuor californien vient de signer sur le fameux label de Dave Allen, World Domination. Et cette collaboration vient de se concrétiser sous la forme de cet opus. Leur deuxième album. Produit par Ted Nicely (Jawbox, Shudder to think, Girls Against Boys), il dispense une énergie intense, punkysante, injectée de frustration et de colère. Une forme d'adrénaline pure dont les épanchements viscéraux rappellent ni plus ni moins les Sex Pistols. Post Fugazi!