La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

Tommigun fait de vieux os…

Les vétérans belges de l'indie pop signent un retour marquant. Dix ans après la parution de Wooden Son, Tommigun rompt un long silence et dévoile « Heavy Bones ». Ce morceau inaugure un nouvel elpee éponyme, dont la sortie se profile pour le 20 novembre 2026…

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Dernier concert - festival

Afghan Whigs
L7

The Rolling Stones

Stripped

La plupart des enregistrements de cet opus sont extraits de prestations ‘live’ commises au Paradisio d'Amsterdam et à l'Olympia de Paris. Tokyo et Lisbonne achevant l'itinéraire de ce "Stripped". Un disque qui démarre sur les chapeaux de roues par une formidable interprétation du classique "Street fighting man". Et dans la foulée nous dispense une adaptation particulièrement réussie du célèbre "Like a Rolling Stone" du Zim. On se demande d'ailleurs pourquoi la bande à Jagger n'a jamais eu l'idée de s'offrir un "Like a Dylan song" (!)... D'autant plus que l'essentiel de ce CD consomme du folk rock ou folk blues baladeur (rien à voir avec le walkman, cependant). Mick se montrant redoutable souffleur dans cet exercice de style. Et tout aussi bon chanteur, vous vous en doutez. En particulier dans une interprétation minimaliste d'"Angie". Maintenant, n'imaginez surtout pas que les autres musiciens prennent un plaisir fou à jouer les utilités. On a même l'impression qu'ils s'emm... Sauf quand même sur le plus conventionnel "Let it bleed" et puis surtout en final, lors d’une cover de Willie Dixon, "Little Baby" ; mais là on trempe tout à fait dans le blues...

 

Rosa Mota

Wishful thinking

Rosa Mota appartient au monde de l'underground. Celui de Moonshake, Mercury Rev, Rollerskate Skinny et surtout de Sonic Youth. Un style capricieux, complexe et déconcertant qui cherche un compromis entre l'envoûtement et la confusion. "Wishful Thinking" constitue son premier album. Une œuvre où se mêlent l'expectative, la frustration, le nihilisme, la peur, la quiétude et l'hostilité tout en laissant profiler l'espoir d'un paradis lointain. Et dans ce flux d'émotions contradictoires, exacerbées par les cordes de guitare sinistres, féroces, convulsives, la basse rôde, les rythmes sont chaotiques, tribaux ou improvisés. Paradoxalement si les vocaux de Ian menacent, ceux de Julie sont angéliques, impassibles voire possédés. Et au cœur de cette expression sonore, s’infiltrent des textures étrangement paisibles comme la flûte pastorale ou les instruments ethniques. Un opus pas toujours très accessible, mais très intéressant.

 

Royal Trux

Thank You

Bien qu'élargi aujourd'hui à un quintet, Royal Trux repose avant tout sur Jennifer Herrema et l'ex-Pussy Galore, Neil Hagerty. Un duo dont la collaboration remonte déjà à 1985. Soit à la naissance du groupe. Produit par David Briggs, personnage qui a notamment travaillé pour Neil Young et Nick Cave, "Thank You" constitue son tout dernier opus. Tout comme Suicide, Faust et Fall, Royal Trux y combine le minimalisme et le maximalisme, la répétition et l'improvisation. Avec beaucoup de bonheur. Mais ce qui frappe le plus dans sa musique, c'est sa capacité à créer un climat unique, presque envoûtant, en amalgamant une véritable mosaïque de textures différentes. Tentaculaires. Apparemment embrouillées. Un peu à la manière de Captain Beefheart, lorsqu'il avait commis "Trout Mask Replica". Des textures spectrales, sordides, hallucinées, sinistres ou perverses. Capables de s'autoriser un trip dans le monde complètement défoncé d' "Exile on main street" des Stones ou même dans le ‘krautrock’ de Can voire de Faust. Et puis, il y a la voix ravagée, indolente de Jennifer qui rend encore plus graveleux, plus obscur, ce blues cadavérique. Etonnant!

 

The Semitones

Body and Soul

Le chanteur/guitariste est de souche britannique, le drummer français, le bassiste israélien, et le soliste a vécu de nombreuses années au Brésil. Un ensemble à la fois cosmopolite et bien de chez nous qui en est apparemment à son premier album. Un disque assez original, puisque son métal, emprunté à Helmet, Primus et Anthrax est pigmenté de caractéristiques prog rock. Celles de Yes, pour ne rien vous cacher. Pas de quoi lever les bras au ciel, cependant ; mais un résultat qui reste de bonne facture. Attention, cet opus propose 27 titres, parmi lesquels dix-huit se limitent à des enregistrements d'une partie de ping pong, de music hall, d'une beuverie, d'applaudissements, de balance combo réalisée avant un concert, de quelques bribes de guitare acoustique, de cacophonie urbaine, et de bruitages divers...

 

The Saints

The most primitive band of the world

Les dix compositions de cet album posthume des légendaires Saints remontent à 1974, à peu près un an après la formation du groupe et deux ans et demi avant la sortie de leur premier single, "I'm Stranded", que l'on retrouve inévitablement sur ce disque dans une version primitive. A l'époque l'univers musical de ces kangourous était hanté par le Velvet, les Stooges, Del Shannon, Presley, Bo Diddley et consorts. Et en concert, les quatre lascars balançaient un punk à grand renfort de riffs de guitare monolithiques et de vocaux délabrés ; un punk tellement cradingue que la ville natale de Brisbane les traitait de pestiférés. Ce qui ne les empêchera pas de signer chez EMI deux ans plus tard. Mais là, c'est une autre histoire.

 

Salad

Drink me

"Drink me". Pourquoi pas ‘Eat me’ ? A notre connaissance, la salade se mange, mais ne se boit pas encore. Evidemment, en feuilletant la brochure du CD, vous comprendrez plus facilement les élucubrations métaphoriques entretenues par le groupe. Salad vient d'enregistrer son premier véritable album. Pas une collection de singles, comme le précédent. "Drink me" propose quatorze pop songs capricieuses, troublantes, énigmatiques, caressées par la voix glacée, volatile et sensuelle de Marijne, figure emblématique du groupe. Quatorze chansons parmi lesquelles "Motorbike to heaven", "Drink the elixir" et "Your ma" se révèlent irrésistiblement contagieuses. Ombres et lumières, menaces et chuchotements pour une œuvre conçue avec un esprit beaucoup plus proche d'Echobelly, de Sleeper, voire d'Elastica, donc de la new wave, que du popcore cher aux Breeders ou à Veruca Salt. Quoique!...

 

Kim Salmon

Kim Salmon and The Surrealists

Kim Salmon est australien. Flanqué des Surrealists, il vient de commettre son cinquième album. Avant de driver cette formation, il a sévi au sein des Scientists, puis de Beasts of Bourbon. Mais c'est surtout son implication chez les Scientists qui lui ont valu un statut de mythe. Un épisode qu'il a vécu au tout début des eighties. Au même moment que le Birthday Party de Nick Cave. Deux formations qui ont d'ailleurs marqué de leur empreinte la scène punk rock antipodale. L'enregistrement de cet opus éponyme a bénéficié du concours de Conway Savage, pianiste des Bad Seeds. Pour deux morceaux seulement. Un elpee qui n'a jamais été aussi proche d'Iggy Pop. L'Iggy Pop des Stooges, bien sûr. Garage, malveillant, sauvage, sensuel, hypnotique. Alimenté par des cordes de guitare mordantes, torturées, une ligne de basse lascive, un tempo tribal. Galvanisé par un groove irrésistible. Et oxydé par le baryton profond, lugubre, confidentiel de Kim. Une œuvre qui recèle une adaptation dramatique du "Holocaust" d'Alex Chilton", un exercice de style soul/funk/jazz particulièrement réussi, "Innersense", et une nouvelle version du célèbre "Frantic romantic", standard célébré par Kim en ‘live’ depuis l'époque des Scientists...

 

The Same

Spoon C

Ils sont jeunes et paradoxalement attirés par la musique des seventies. Vainqueurs du Spinrock de Mol et du Cararockrally en 94, ils ont eu l'opportunité d'enregistrer leur premier album sous la houlette d'Herwig Duchateau (Blue Blot, Soulsister). Un disque qui devrait plaire à tous les nostalgiques de la musique ‘prog rock’ éclose voici déjà un quart de siècle. Toon Walgrave est un excellent chanteur dont le timbre vocal acéré, rappelle Roger Hodgson. Allez, faites un effort! Un des deux chanteurs de Supertramp! Et la rétrospective ne s'arrête pas en si bon chemin. Jugez plutôt. Genesis circa "Foxtrot" pour les progressions de cordes acoustiques. Le Floyd devant son "Wall". Jonesy, mais en fanfare. Mad Curry délayé dans les claviers fluides. Et plus classiquement, Renaissance. Pas seulement à cause du soin, pour ne pas dire de la pompe (gonflé le gars!), apporté aux backing vocaux. Mais surtout à cause de cette construction mélodique relativement symphonique. The Same? Des babas cool en herbe!

 

Satchel

EDC

Véritable cartable (!) à idées neuves, Satchel implique Shawn Philipps, chanteur de Pigeonhead, et son pote Regan Hagar, deux personnages qui avaient rejoint en 1993 le Brad de Stone Gossard, un des guitaristes de Pearl Jam, pour réaliser l'elpee "Shame". Et comme Satchel est issu de la scène de Seattle, vous pensez immédiatement au grunge. Bravo, vous avez perdu! Post grunge, à la rigueur. Mais en filigrane. Parce que le traitement du métal s'effectue basiquement comme chez Soundgarden et Stone Temple Pilots. Avec reverb et feedback, pour être plus précis. Cell également, mais uniquement sur "Mr Pink", meilleur fragment de l'œuvre. Quant aux mélodies, elles se profilent tantôt sur le blues, le funk, le jazz, la soul, le prog rock et même l'ambient. Des mélodies mélodramatiques, extatiques qui atteignent parfois des instants de langueur quasi religieuse; en particulier lorsque les claviers délavés sanctifient le timbre vocal falsetto (Smokey Robinson? Robert Wyatt?) de Shawn. Epatant!

 

The Scabs

Sunset over wasteland

"Silly me", dernier single des Scabs, nous avait mis au parfum. Un avant-goût qui a tenu toute ses promesses. Car ce "Sunset over wasteland" mérite franchement toutes nos félicitations. Tjenne Berghmans, ex-guitariste de Clouseau, puis de Betty Goes Green, a réussi, avec fruit, son examen de passage. Et l'expression sonore de l'ensemble diestois a gagné en intensité, en pugnacité. Un opus qui a en outre bénéficié du concours de Mark Thijs à la production. Méconnu dans le monde de la pop ou du rock, il jouit d'une fameuse réputation sur la scène blues. Un harmoniciste talentueux dont le plus grand plaisir est de jammer avec les plus grands artistes de blues ou même de jazz. Flanqué de l'ingénieur du son Peter Bulkens, il vient de ciseler ce qui doit probablement être le meilleur opus des Scabs. Un morceau de plastique qui alterne, pensez-vous, compositions rigoureuses, carrées, trempées dans le rhythm’n’blues rollingstonien, et ballades contagieuses, mielleuses. Faudra revoir votre impression, puisque le quartet parvient ici à sortir des sentiers battus. Se permettant des incursions dans le garage crazyhorsien ("The truth", "Can cry over"), le jazz funk insidieux ("Cookie") voire purulent ("Silly me") ou plus insolite encore, se forge, sur "Please explain", un style aux jaillissements atmosphériques. Sans oublier les clins d'œil adressés respectivement à Tom Petty sur "It's true" et à Buffalo Tom pour "Life & love". Un album épatant qui possède tous les atouts pour affronter les charts internationaux. Suffit maintenant qu'ils le veuillent bien!