Light Asylum lève le voile sur un nouvel album

Peu de groupes peuvent se targuer d'avoir le statut de 'groupe culte', mais c'est clairement le cas pour Light Asylum. Emmené par la voix énigmatique de Sharon Funchess, le projet basé à Portland, dans l'Oregon, a secoué le petit monde de la musique…

Un diptyque pour Then Comes Silence

Le trio post-punk suédois Then Comes Silence s'apprête à publier « Requiem Ballroom ». Ce huitième long playing est attendu pour le 20 novembre 2026 sous la bannière de Metropolis Records. Pour faire patienter l'auditoire, la formation menée par Alex Svenson…

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Viagra Boys
Afghan Whigs

Vaya Con Dios

Roots and wings

Quatrième album pour la bande à Dani Klein. Douze titres qui oscillent du disco funk le plus insipide au rhythm’n’blues nightclubbien en passant par les deux ballades hyperléchées : le single "Dont break my heart", pourtant renforcé par le concours de l'ex-guitariste de Steppenwolf, Lary Byron, ainsi que la cover d'Etta James,"Evening of love"... Côté finition, bien qu'autoproduit, Vaya Con Dios n'a pas lésiné sur les moyens. En fait, la plupart des arrangements de ce "Roots and wings" ont été réalisés dans les célèbres studios Muscle Shoals, en Alabama. Et puis, "What if" a bénéficié de la collaboration du Mississipi Mass Choir ainsi que de la section à cordes arabe du Hossam Ramsy, alors que "Stay with me" a été enregistré à Londres en compagnie d'un orchestre philharmonique. Malheureusement, Vaya Con Dios a beau mettre tous les atouts dans son jeu, ce "Roots and Wings" confirme la lente et inéluctable descente du groupe dans l'univers futile de la variété...

 

The Wolfgang Press

Funky little demons

D'un avant-funk monolithique, post industriel consommé sur son premier elpee "The burden of Mules", Wolfgang Press est parvenu progressivement à redéfinir la soul à travers la technologie contemporaine. Et "Funky little demons" en est probablement le plus bel aboutissement. Douze chansons à la ‘viscéralité’ fluide, à l'humour macabre et au groove irrésistible, débitées comme des petites histoires qui indiquent la marche à suivre entre la foi et le désespoir. Un message douloureux épanché par la voix de baryton venimeuse, trempée dans l'absinthe de Mick Allen (Cave?, Stuart de Tindersticks). Douze compositions parmi lesquelles "Blood Satisfaction", "Executioner" et surtout "Christianity" atteignent la perfection dans le feeling. Pas pour rien que le célèbre Méldoy Maker leur a attribué le titre de sultans de la soul sordide, et même de mandarins de la mélodie trouble. Bref, un remarquable opus né d'une fusion idéale entre computers et instrumentation traditionnelle (basse malveillante, guitares torturées, subtiles, extravagantes, aux staccatos explosifs, tempo post Isaac Hayes). Même le défunt New Order devrait apprécier!

 

The Wannadies

Be a girl

Les Wannadies pourraient  bien emprunter le chemin du succès tracé, voici un peu plus de vingt ans, par leurs compatriotes Abba. Et pourtant leur musique est fondamentalement différente. Enfin presque. Puisque les harmonies vocales sont aussi soignées. Et se mettent au service d'une pop onctueuse, fruitée et allègre. Mais la forme s'inspire davantage des ensembles britanniques comme les Charlatans ou les Dylans, voire les Beatles. Ils en sont déjà à leur troisième album. Et ont dû, jusqu'à présent, se farcir des comparaisons pas toujours très judicieuses avec les Go Betweens (à la rigueur), REM (du côté des doigts de pieds, sans doute) et même aux Violent Femmes (là il faut vraiment se faire violence...) Si leurs deux précédents opus étaient dominés par le violon, cet instrument s'est ici estompé au bénéfice des guitares. Des guitares semi acoustiques, mais également électriques, fraîches, séduisantes, mais également agressives, dans le sens le plus excitant du terme. Et puis des claviers légèrement rognés ainsi qu’une basse versatile qui apportent saveur et sensibilité aux mélodies duveteuses, astucieuses et fruitées. Un album très agréable, à l'image du single "You and me song", mélange capricieux mais séduisant de bossa nova et de power pop. Un futur super groupe!

 

The Watchmen (Canada)

In the trees

Ne pas confondre Watchman, Watchmen et Watchmen. Le premier est un ensemble batave drivé par le vétéran Van Meurs. Le second une formation insulaire illuminée par le glam pop de T. Rex, mais sans les paillettes. Enfin, celui qui nous intéresse, un quartet canadien (Winnipeg) auteur d'un formidable album. Apparemment ce serait d'ailleurs son deuxième. Une œuvre dont l'intensité et la sensibilité mélodique rappelle à la fois REM, Thee Hypnotics, Died Pretty et Omar & the Howlers. La fusion parfaite du blues, du rhythm’n’blues, de la country de la pop et du rock. Pas d'artifices ou d'effets inutiles, rien que des compositions fiévreuses, subtiles et irrésistibles. Un groupe terriblement soudé, sans la moindre faille, qui peut en plus compter sur un Danny Greaves, chanteur au timbre chaud, vibrant, et harmoniciste talentueux. Un must!

 

The Waterboys

The Secret Life Of... 81-85

Entre 1983 et 1986, les Waterboys ont développé le concept de ‘big music’. Une expression intense, lyrique, emphatique et naturaliste à la richesse instrumentale majestueuse et à l'intensité mélodique poignante. Trois opus ont généré ce feu d'artifice spirituel : "The Waterboys", "A Pagan Place" et surtout "This Is The Sea". "The Secret Life Of...  81-85" se penche donc sur la période la plus formelle de ce phénomène. Mais plutôt que d'aligner des fragments issus de ces œuvres, il exhume des inédits, des versions différentes, quelques flip sides de singles oubliés et un morceau ‘live’. Piano majestueux, orchestrations de cuivres opulentes, violon vaporeux, cordes de guitare celtiques ou électrifiées avec férocité et sauvagerie, saxophone sordide et puis la voix effilée, tremblante d'émotion de Mike Scott qui laisse échapper sa poésie rock panthéiste et mystique. Tout un ensemble de spécificités qui imprègnent les quinze chansons de ce recueil, parmi lesquelles "Bury My Heart", "Love That Kills", "Don't Bang The Drum" et "Medicine Bow" nous semblent les plus remarquées et surtout les plus remarquables...

 

Mike Watt

Ball Hog or Tugboat

Vétéran de la scène punk yankee, Mike Watt compte aujourd'hui plus de vingt albums à son actif. Au sein du légendaire Minutemen, du trio Firehose, et bien sûr en solitaire. Chanteur, compositeur, mais surtout bassiste, Mike possède également une réputation de globe-trotter des tournées et puis de musicien de studio très efficace. Ce qui explique sans doute pourquoi on retrouve un tel éventail de collaborateurs sur ce "Ball Hog or Tugboat". Depuis Eddie Vedder (Pearl Jam) à Henry Rollins, en passant par Thurston Moore et Lee Ronaldo (Sonic Youth), Krist Novoselic et Dave Grohe (Nirvana), Dave Pirner et Adam Horowitz (Beastie Boys) sans oublier John Mascis (Dinausor Jr). Près d'une cinquantaine d'invités répartis en dix-sept jam sessions aux variations musicales les plus étendues. Punk. Rock. Psychédélisme. Jazz. Trash. Funk. Etc. Une seule cover, "Maggot Brain" de Funkadelic sur laquelle Mascis abandonne les drums au beau milieu du morceau, forçant Steve Shelley des Sonics à prendre inopinément le relais. Un disque anachronique mais pas du tout inintéressant.

 

Weapon Of Choice

Bozo the town

Bien qu'issu de Seattle, ce quintet n'a strictement aucun atome crochu avec le grunge, le post grunge ou toute autre forme de métal. Ce qui n'empêche pas le groupe d'adresser ses remerciements à Satchel et à Pearl Jam. Ne nous demandez pas pourquoi, car ce Weapon of Choice touche un peu à tous les genres, manifestant un sens de l'extravagance qui n'est pas sans rappeler feu Frank Zappa. Avec pour prédilection, le funk (Red Hot), le free jazz (Ornette Coleman), et l'ambient (Gong). Difficile, dans ces conditions de succomber à ce "Bozo the town", surtout lorsqu'on ne vous laisse pas le choix des armes. En douze salves, un seul projectile atteint son objectif, "Nutty nut-meg phantasy". Score insuffisant !

 

Weezer

Weezer

Weezer est un quatuor californien (Los Angeles) qui avoue une grande admiration pour les Cars. Il n'a d'ailleurs pas hésité à solliciter Rick Ocasek pour produire son premier album. Pourtant, hormis l'aspect très soigné des arrangements, cet opus ne concède, à première vue, que très peu d'affinités avec le groupe de Boston. A première vue. Car en approfondissant, on se rend compte que les mélodies sont aussi cycliques, récurrentes et s'enroulent comme des serpents autour des axes rythmiques. Et puis elles exhalent instinctivement un parfum très proche d'un autre groupe bostonien: les Pixies. Enfoui sous une foule de spécificités. Tant insulaires (Blur, Shed Seven, Orange Juice, Smiths) que yankees (Dig, Carnival Art, Pavement). Un disque aussi difficile à décortiquer que facile à apprécier. A cause des mélodies contagieuses, de la conjugaison des harmonies vocales bien balancées, et puis des émotions positives qu'il colporte ; comme par exemple sur "No one else" et le single "Under- the Sweather song". Superbe!

 

Whale

We Care

Probablement un des groupes qui colle le plus à l'air du temps! Difficile d'ailleurs de faire plus contemporain que le premier album de Whale. "We Care" embrasse une pop blanche infectée de rap, de funk, de metal et de hip hop avec un esprit pervers. Vous avez probablement déjà pu le constater en visionnant l'un ou l'autre clip vidéo du groupe. Un érotisme ou si vous préférez une sensualité, qui imprègne chacune des compositions. Le timbre vocal lascif, puéril de Cia y est sans doute pour quelque chose. Mais également cette basse dub insidieusement viscérale. Et puis ces claviers fluides régulièrement court-circuités par les brefs mais efficaces jaillissements d’électricité. Bref un opus excitant dans tous les sens du terme pour ce trio suédois qui a reçu le concours de Tricky sur "Tryzasnice". Au chant, mais également aux lyrics. Et pas la peine de rire comme une baleine (!) si on vous annonce que Whale nage dans les mêmes eaux où pêch(ai)ent AR Kane, Sugarcubes, Red Hot et Beastie Boys. Pas de déchets sur les treize chansons. Un must! Dans ce cas, inutile de s'étendre sur le sujet, cétacé (!)...

 

Whim Punk

Whim Punk

Il y a bien quatre années que nous n'avons plus eu de nouvelles des Wolfbanes. Un chouette groupe belge, fondé en 1985, qui n'est malheureusement jamais parvenu à atteindre le statut qu'il méritait ; tout comme les Scabs et les Paranoiacs, d'ailleurs. Bref, il est à craindre que la formation de Lier ne se soit désintégrée, puisque son chanteur guitariste vient de graver un album solo. Ce qui ne l'a bien sûr pas empêché de bénéficier du concours de quelques amis et amies. Beverly Jo Scott, notamment. Et puis surtout, Jean Pierre Pernet, ex-bassiste du groupe. On connaissait le goût très prononcé du quintet anversois pour le garage des Nomads. Et bien Whim opte plutôt pour un rock urbain de type stoogien, expression qu'il assaisonne de rythmes tribaux, post punk, réminiscents d'Adam & The Ants. Enfin, sur la plupart des titres. Certaines chansons tâtant du power pop, histoire de nous laisser le temps de souffler... Car pour le reste, cet opus éponyme consomme une énergie considérable, sulfureuse, punk (!) dans le sens le plus savoureux du terme...