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Dernier concert - festival

Afghan Whigs
Jon Spencer

Sttellla

The dark side of the moule

Un album de Sttellla sans les paroles ce serait comme une bière sans mousse. Pas assez ‘Floyd’, chaude si vous préférez. Evidemment "The dark side of the moule" reste ouvert à toutes les formes d'élucubrations... Et Jean-Luc Fonck ne s'en prive pas tout au long des dix-huit chansons de cet opus. Enfin presque! Puisque quelques compositions sont encore interprétées par son ex-épouse, Mimi. Et notamment l'adaptation de "Demain tu te maries" de Patricia Carli, rebaptisée "Arrête-arrête", tube consternant des années 50 ou peut-être même 60. Le concours de Perry Rose sur l'une ou l'autre composition, de Pierre Rapsat aux chœurs pour "Où sont elles?", et puis d'une flopée de musiciens de studio démontrent que Jean-Luc a voulu apporter un plus grand soin aux arrangements. Ce qui permettra sans doute, à certaines compositions, de se traduire en hits potentiels. Enfin, en ce qui nous concerne, rien que la lecture de ses lyrics, inclus dans le booklet, nous a permis de se payer une pinte de bon sang. Alors, arrêtez! Juste le temps d'un Sttellla...

 

Sugar Ray

Lemonade & Brownies

Vous avez sans doute déjà eu le loisir d'entendre le single "Hold your eyes" sur l'une ou l'autre station radiophonique. Et bien, n'imaginez surtout pas que ce "Lemonade & Brownies" observe un profil aussi délibérément commercial. Si l'un ou l'autre fragment est susceptible d'alimenter la bande FM, la plupart tirent un peu dans toutes les directions. Depuis le metal virulent (Clawfinger, Living Colour, Biohazard) au funk pop lascif (Prince) en passant par le punk, le rap (Cypress Hill), le hard rock (ACDC) et même la soul typiquement "Tamla Motown". Sans oublier les samples, collages, ‘turntables’ et artifices en tous genres. Le tout injecté d'une fameuse dose d'humour. Une verve qui sert d'unique fil conducteur aux quinze compositions de cet opus...

 

Sun Dial

Acid Yantra

Bien que toujours limité à un trio, Sun Dial ne compte plus aujourd'hui qu'un seul membre originel ; en l'occurrence le guitariste Gary Ramon. Ce qui ne semble pas avoir changé grand chose au style pratiqué par le groupe insulaire depuis 1990. Fondamentalement, encyclopédiquement psychédélique, il faut le rappeler. Si cet "Acid yantra" passe inévitablement par toutes les couleurs de l'arc en ciel floydien –depuis "The piper at the gates of dawn" ("Nova") jusqu'à "Wish you were here" ("Fly into the sun") en passant par "More" ("Appolo")– il continue à secréter des palpitations hypnotiques, ‘hawkwindiennes’, embrassant même l'urban rock stoogien sur "Bad drug", le post grunge de Smashing Pumpkins chez "Are you supernatural" avant de papillonner au gré de l'univers pastoral des Moody Blues circa "To our children's children's children" sur "Fairground". Epatant!

 

Sunshine Kids

Tubed

Premier album pour ce quartet norvégien visiblement décidé à remettre au goût du jour la musique du début des eighties. La new wave d'abord. Celle des Buzzcocks, d'Original Mirrors, de Split Enz, d'Altered Images, de Martha & The Muffins ainsi que de Gruppo Sportivo, mais pour le fun. D'Indochine également. A cause de l'aspect légèrement reverb des sonorités de la guitare. La new wave donc, mais aussi le ska et le reggae. Pour respecter le contexte, nous l'imputerons respectivement aux Specials et à Nina Hagen. Toute une époque que Sunshine Kids tente d'adapter à la sauce contemporaine. Pop, insulaire, évidemment. A l'instar de Cast ou de Menswear. Malheureusement, l'héritage trop fragile d'un passé encore trop récent constitue un obstacle majeur dans l'art du recyclage. Peut-être, dans quinze ans!

 

Superette

Rosepig (Ep)

Premier Ep pour le nouveau groupe de l'ex-JPS Experience, David Mulcahy. Cinq titres épatants qui préludent la sortie d'un premier album. Combinaison de menace joyeuse et désarmante, les compositions de Superette courtisent à la perfection le psyché/punk de Wire, et en particulier celui né au cours de la trilogie indispensable "Pink Flag/ Chairs Missing/ 154", le glam pop bolanesque ("Slide") ainsi que la cold wave post Joy Division ("Disappear"). Un peu comme si New Order avait choisi de privilégier l'instrumentation basique plutôt que d'embrasser la technologie moderne. Mais nous en apprendrons sans doute davantage lors de la sortie du premier et véritable opus de Supermarket, pardon de Superette...

 

Supergrass

I should coco

Ascension vertigineuse pour ce trio d'Oxford, qui en un temps record est parvenu à défrayer la chronique. A un tel point que les mauvaises langues se sont mises à saliver. Insinuant que Supergrass n'était en fait qu'un nouveau hype monté de toutes pièces par la presse insulaire. Il n'en est heureusement rien. Et "I should coco" constitue un fameux pied de nez à ces détracteurs. Ce qui doit bien faire rire les trois cocos (!) dont le comportement excentrique et turbulent contraste singulièrement avec la somme de leurs talents. Trempé dans un glam pop effervescent, insidieux et facilement mémorisable, cet opus dispense un rush d'adrénaline assez impressionnant. Treize compositions bien britanniques qui auraient pu naître du mariage très improbable entre les Sparks et Suede ou alors entre Blur et les Kinks ; mais hyménées amphétaminées par le célèbre "Ballroom blitz" du Sweet. Une œuvre truffée de hits potentiels à l'image des singles "Mansize Rooster", "Alright", "Lenny" et enrichie d'une composition plus élaborée, moins instinctive, démontrant que l'ensemble peut également sortir des sentiers battus, "She's so loose".

 

Swans

Drainland

Michaël Gira ne s'était plus montré aussi prolifique depuis bien longtemps. Pensez donc, alors que le dernier album studio de Swans remonte à 1992, il vient de graver successivement "The Great Amnihilator" et "Drainland". Ce dernier est cependant un projet plus personnel, même si on y retrouve la présence de sa compagne Jaboe, de l'ex-drummer de Ministry, Bill Rieflin, ainsi que d'Anton Fier. Parce que ce disque sort en même temps que son premier bouquin ("Empathy & other short stories") publié par Henry Rollins. Au fil des années, la musique de Michaël s'est métamorphosée, est devenue plus intense, moins touffue, plus complexe et surtout mélodieuse. Mais elle a conservé cette forme viscérale si caractéristique qui sied si bien à son baryton profond, tantôt murmuré, tantôt irascible. Chroniqueur cynique, Gira explore sur "Drainland" le monde des égouts. Un disque austère, hypnotique tirant toute sa saveur de la force de la répétition. Post industrielle dans les moments les plus obsessionnels, elle atteint cependant toute la pureté de son feeling, cette forme de sauvagerie mélancolique et sensuelle lorsque Michaël empoigne sa guitare acoustique puissamment électrifiée; et notamment sur le remarquable final, "Blind", dont la subtilité évoque instantanément Joy Division...

 

Swans

The Great Annihilator

Il a donc fallu trois ans à Swans pour se décider à sortir un album studio. Et, il faut reconnaître que l'attente n'aura pas était vaine. On y retrouve la même intensité que dans "The Burning World" (1989) ou "Love of life" (1992). Mais surtout un esthétisme doré qui approche la forme classique. Une œuvre aux textures variées, aux mélodies à la fois belles et sinistres, qui oscillent de la violence pure à la mélancolie cadencée, en passant par la puissance circulaire et les abstractions atmosphériques. Les incantations désespérées de Gira chargées de force, de peur et de désir dénotent une pureté et une profondeur extrême dans le feeling, alors que les lamentations célestes, sensuelles de Jarboe envoûtent par désenchantement. Gardien de son propre monde putréfié, instinctif, spirituel, Swans fait ici honneur à sa réputation de mythe new-yorkais. Et dans ce contexte, il ne fait aucun doute que les fans de feu God Machine, de Coil et de Killing Joke apprécieront. Un must!

 

Swervedriver

Ejector seat reservation

De toutes les formations issues de la noisy pop insulaire (Ride, Slowdive, Chapterhouse, Lush, Moose), Swervedriver a toujours été considéré comme la plus américaine, la plus punkcore, mais dans l'esprit d'Hüsker Dü et de Sonic Youth. Changement de cap sur cet "Eject seat reservation". Puisque si le quatuor d'Oxford a de nouveau fait appel à Alan Moulder (Curve, Ride, Jesus & Mary Chain, Smashing Pumpkins), il lui a laissé les coudées franches. Résultat, cet opus implique davantage d'overdubs, de samplings et de percussions. Le son se révèle beaucoup moins unidimensionnel. Comme s'il était passé du noir et blanc à la couleur. "Technicolour" pour être plus précis. Diffusant un psychédélisme tantôt floydien ("Wish you were here") tantôt beatlenesque ("Magical Mystery Tour"), dramatiquement léthargique aux propriétés hallucinogènes ou sauvagement hypnotique, un psychédélisme pulsant, distordu, infecté par un tempo house (Chapterhouse? Oasis?), éclaboussé par le vocal spectral, trituré d'Adam. Excellent, mais nécessite un bon parachute!

 

Soapstone

Nature will provide

Première constatation, le quintet gantois n'a pas encore terminé le dépoussiérage de sa collection de vinyles de rhythm’n’blues. En particulier ceux de Booker T, Sly & The Family Stone, Isaac Hayes, Spencer Davies Group, J Geils Band, Otis Redding, Rare Earth et de l'écurie Stax. Et ce n'est probablement pas demain la veille. Produit derechef par Magic Stick (Urban Dance Squad), "Nature will provide" transpire ainsi toujours ces effluves fiévreuses, voluptueuses, nées de cette subtile fusion entre jazz, funk, blues, soul, psychédélisme et rock. Mais le combo les secrète avec davantage de profondeur et de maturité. La présence de Mark Thys à l'harmonica et le concours de la section de cuivres X Legged Sally y sont sans doute pour quelque chose. Tout comme le registre du clavier capable d'élargir ses tonalités ‘hammond’ rognées aux vibrations de piano électrique. La raison procède probablement de cet intimisme, de ce climat sulfureux,  recherché perversement dans les bars nocturnes très select...