La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

Twin Temple, amants maudits ?

Établis à Los Angeles, Alexandra et Zachary James, mariés à la ville, publieront leur troisième elpee, « Doomed Lovers », le 23 octobre sur leur propre label, Pentagrammaton Records, distribué à travers le monde par Secretly Distribution. L'annonce survient…

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Dernier concert - festival

Ora Cogan
L7

Spiritualized

Pure Phase

Alors que la plupart des ensembles contemporains s'évertuent à contracter voire à écourter leur patronyme, Spiritualized a décidé de lui greffer deux appendices supplémentaires: Electric et Mainline. Ce qui à première vue ne change rien au style musical développé par la formation insulaire. Encore que curieusement sa popularité se soit mise à monter en flèche? Aux Iles Britanniques, bien sûr. Et à cause de cet album. Le deuxième du combo. Une œuvre déroutante, psychédélique dans le sens le plus visionnaire du terme. Une démarche qu'aurait probablement empruntée, un jour ou l'autre, le Floyd, si Waters n'avait pas dû remplacer Syd Barrett. Le décor planté, il ne vous reste plus qu'à vous laisser transporter pendant plus d'une heure dans ce monde futuriste. Dès les premiers accords, l'auditeur est totalement submergé par la tempête cosmique, agitée d'explosions spectrales, par cette texture luxuriante où cordes de guitare, tantôt en couches, chargées de feedback, circulaires, spasmodiques, tumultueuses ou distordues, se liquéfient dans l'espace interstellaire. Et puis, au fil du sillon, la solution épouse une forme plus languissante, presque relaxante, hypnotique. Sorte de carrousel qui tourne dans le vide, réverbérant des backing vocaux teintés de gospel et des lyrics dévotionnels murmurés, chuchotés, sur un lit de cuivres, de claviers mousseux ou de cordes symphoniques. Un superbe album!

 

Bruce Springsteen

Greatest Hits

Consacrée aux vingt dernières années, cette compile propose la plupart des hits du boss. Quatorze titres partagés entre "Born to run", "Thunder road", "Badlands", "The river", "Born in the USA", "Human touch", "Streets of Philadelphia" et quelques autres. Enrichie de quatre nouveaux morceaux : "Secret garden", "Blood brother", "This hard land" et "Murder Incorporated. Enregistrés en compagnie du célèbre E Street Band. C'est-à-dire, Nils Lofgren et Little Steven. Malheureusement, aucune trace du répertoire qui précède 1975, alors qu'un classique comme "Blinded by light" méritait largement sa place. Et puis, une sélection qui exclut un peu trop systématiquement les compositions les plus énergiques. M'enfin, c'est un "Best of", pardon un "Greatest Hits"...

 

Tarnation

Gentle creatures

S'il n'y avait ce petit côté surf inoculé aux cordes de guitare ainsi qu'au drumming, ce "Gentle creatures" aurait eu un goût Cowboy Junkies très prononcé. A cause de cette atmosphère aussi brumeuse, languissante, qui nous plonge dans un océan de mélancolie. De cette instrumentation qui frissonne d'électricité ondoyante. Des émotions tantôt fluides, tantôt feutrées. Heureusement, la voix diaphane de Paula fouette de son timbre exquis, gémissant, les mélodies avec une splendeur léthargique digne de Maria McKee, voire d'Heather Nova. Un premier elpee pour cet ensemble californien (San Francisco) qui correspond parfaitement à la ligne de conduite arty prônée par le label londonien 4AD. Pas pour rien que le design de la pochette est tout à fait remarquable...

 

The Tea Party

The edge of twilight

Vous ne connaissez pas Tea Party? Dommage! Pourtant, ce trio canadien drivé par un certain Jeff Martin, leader charismatique à défaut de ne pas vouloir être la réincarnation de Jim Morrison, en est aujourd'hui à son troisième album. Et maintenant vous avouez avoir encore la nostalgie du Led Zeppelin et des Doors ? Pensiez pas que le chaînon manquant entre ces deux mythes pouvait exister? Vous êtes sceptiques? C'est encore une erreur! Tendez donc l'oreille à cet opus. Ah oui, ce n'est pas pop. Pas pop du tout! Rock. Dans le sens le plus pur du terme. Underground, bien sûr. Dans l'esprit de la fin des sixties, début des seventies. Et en plus, ce disque a vraiment la pêche. Un zeste de blues, une approche du metal et du folk très progressive, une philosophie marquée par l'exotisme, le mysticisme, le symbolisme. Et puis quatre titres tout bonnement impressionnants. "Fire in the head", "Inanna", "Coming home", et sept minutes trente d'anthologie, "Walk with me". Du grand art! En guise d'épilogue? Un poème récité par le légendaire Roy Harper...

 

Teenage FanClub

Grand Prix / Sparky´s dream

Peu de groupes sont capables de capturer avec une telle précision la force émotionnelle de la pop. Boo Radleys? Probablement. Mais celle instituée par les Beatles, alors que les Fannies semblent aujourd'hui davantage maîtriser celle des Byrds. Digérées donc les références à Big Star et à Love pour faire place à des chansons instantanément mémorisables, hydratées de cordes de guitare scintillantes, chatoyantes, bringuebalantes, croquantes et citronnées par des harmonies vocales suaves et pures. Ce qui entraîne inévitablement une accumulation de hits potentiels sur cet opus: "About you", "Mellow doubt", Versimilitude", et quelques autres ; sans oublier "Sparky's dream, dernier Ep en date, enrichi de trois nouveaux fragments, dont une cover de Neil Young, "Burned". Un clin d'œil au talent du célèbre chanteur/compositeur/guitariste canadien, par ailleurs pastiché amicalement sur une autre composition du CD, intitulée Neil Jung. Dans le domaine de la pop, cette œuvre mérite incontestablement un "Grand Prix"...

 

The Television Personalities

I was a mod before you were a mod

Apparemment, ce disque pourrait être un nouvel elpee du légendaire TV Personalities. C'est en tout cas ce que les maigres notes du booklet laissent supposer. Un booklet qui préfère s'étaler en long et en large sur le mouvement mod plutôt que de nous éclairer sur la matière première en présence. D'autant plus que fondé en 1980, la formation n'en est pas à sa première séparation, ni reformation. Un passé assez chaotique pour un projet, plutôt qu'un groupe, imaginé par Dan Treacy. Injustement sous-estimé, à l'instar d'un Yeah Yeah Noh, TV Personalities n'a pas eu la chance ou l'opportunisme de prendre le bon wagon en marche lorsque le train de la house est passé, préférant comme son maître spirituel, Nick Drake, épancher son honnêteté émotionnelle âpre, sarcastique, cinglante à travers un style postcard minimaliste, post cold, mod punk, aux mélodies plaintives, maladivement romantiques, vaguement psychédéliques. Après avoir influencé, parmi les plus notoires, plus que probablement Jam, Clash et les Smiths, TV Personalities se pose aujourd'hui comme une des principales sources d'inspiration de Tindersticks...

 

That Dog

Crushed out!

En sollicitant Rob Cavallo (Green Day) et Paul De Gree pour coproduire son deuxième album, That Dog cherchait tout simplement à reproduire sur disque l'adrénaline pure dispensée au cours de ses concerts. Ce qui explique sans doute pourquoi ce "Crushed out!" soit aussi contaminé par le virus du popcore, à l'instar des Breeders, de Belly, de Juliana Hatfield et surtout de Veruca Salt. Privé des harmonies vocales aigres-douces, sophistiquées, conjuguées par les timbres des sœurs Haden, et puis surtout des accès de violon aventureux, allègre, l'expression glisserait même dangereusement vers le post grunge. Groove mordant, cordes de guitares crépitantes, distordues, basse grondante. Drums féroces. Des symptômes heureusement balayés par une recherche constante de l'équilibre naturel entre la simplicité et la complexité, entre l'instrumentation acoustique et l'intensité électrique. Certaines compositions retombent même dans le folk punk pratiqué sur le premier elpee. Ultimement punk sur "Lip gloss". Un style sensiblement plus proche de Kristin Hersh en solo ("Hips and makers") que des spasmes capricieux consentis par ses Throwing Muses. Et notamment lorsque Tanya, la troisième sœur Haden, vient donner son petit coup de violoncelle... Rafraîchissant!

 

The The

Hanky Panky

Matt Johnson a donc décidé de consacrer une série d'albums aux reprises. D'artistes mythiques, bien sûr. Et pour entamer cette collection, il a choisi Hank Williams, décédé tragiquement en 1953, à l'âge de 29 ans. Considéré comme le chanteur/compositeur qui soit parvenu le plus efficacement à exprimer les sentiments de douleur, de solitude, et de désir d'aimer, il a influencé de nombreux bluesmen et même des musiciens contemporains comme Bruce Springsteen et ceux de U2. Un exercice de style particulièrement difficile pour The The, qui s'en sort plus ou moins bien, Matt ne parvenant cependant à transcender son interprétation que sur le spectral "I'm a long gone daddy", et bien sûr le single "I saw the light"...

 

Thee Hypnotics

The very crystal speed machine

Considéré depuis ses débuts comme l'héritier illégitime du mythique Stooges, ce groupe insulaire est réputé pour son atmosphère garage malsaine, brumeuse, gorgée de sonorités violentes, furieuses, sensuelles et sauvages qui s'embrasent instantanément au contact des guitares. Une atmosphère susceptible de se transformer en psyché blues nonchalant et insidieux. Sur ce quatrième album, la flamme incandescente de l'inspiration semble avoir quelque peu pâli. Pas sur toutes les compositions, heureusement. Parce que certaines d'entre elles, et les meilleures, secrètent toujours cette intensité sulfureuse, mais pour la circonstance résolument ‘kravitzienne’. Et parce que la voix âpre, écorchée, ample de Jim Jones peut y épancher tout son registre dramatique. Mais trop de titres semblent avoir été contaminés par le heavy metal filandreux des seventies. Normal, lorsqu'on sait que la production a été confiée à Chris Robinson, chanteur de Black Crowes. Un choix peu judicieux, lorsqu'on connaît le potentiel énergétique de Thee Hypnotics...

 

 

Therapy?

Infernal Love

Révélation du Torhout/ Werchter cuvée 95, Therapy ? en est aujourd'hui à son troisième album. Dans l'évolution du groupe, cet "Infernal Love" aurait dû cependant prendre place entre "Nurse" et "Troublegum". Parce que moins âpre que le premier et moins instantané que le second. Il est d'ailleurs nécessaire de se farcir plusieurs écoutes avant de véritablement s'en imprégner. Hormis le single "Stories and love" et "Diane", cover d'Hüsker Dü, les neuf autres fragments macèrent dans un power-pop-speed rock ravageur et contagieux. Cinq titres bénéficient du concours du violoncelliste Martin Mc Carrick. Et probablement autant du saxophoniste Simon Clarke. Des interventions conjuguées à des arrangements impeccables qui apportent un feeling presque palpable à des morceaux originellement tendus, rudes, mordants, implacables, mais davantage optimistes. Et comme le trio irlandais a pris soin de ne pas se débarrasser du sens mélodique qu'il avait injecté sur son second opus, cet "Infernal Love" atteint votre sensibilité de plein fouet. Enfin, ne vous fiez pas à l'intro "Epilepsy", composition post Albini destinée à effrayer les profanes... Superbe!