La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

The Lemonheads rendent hommage à Townes Van Zandt

Un jour, on réalisera un film sur Townes Van Zandt – ce troubadour à part qui a inspiré tout le monde, de Bob Dylan à Willie Nelson en passant par Emmylou Harris et Evan Dando des Lemonheads. Sorti le 9 septembre, le nouveau single « Rake » est le premier…

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Biohazard 8/8/26

The Jesus & Mary Chain

Stoned And Dethroned

Les frères Reid nous promettaient un album acoustique depuis deux bonnes années. Et c'est dans cet esprit que "Stoned and Dethroned" a été enregistré. Dans cet esprit, mais pas dans la forme. Ce qui confère un aspect tout à fait inhabituel aux dix-sept titres du disque. Epurés de feedback. Ou presque ! Electrifiés, mais pas trop. Ben Lurie, le guitariste, parvient à jongler subtilement entre intensité rougeoyante et minimalisme insidieux, venimeux. Un opus qui épingle un duo savoureux entre Jim et Hope Sandoval de Mazzy Star, réminiscent de celui opéré par Nancy Sinatra et Lee Hazelwood, pour le single "Sometimes Help Me"; ainsi qu'une interprétation admirablement misérable ou misérablement admirable, de Shane MacGowan sur la chanson "God Help Me" (il en a bien besoin ! ) On y retrouve bien sûr toujours cette rituelle structure en trois accords sur laquelle s'épanche le débit vocal languissant, énigmatique de Jim, dont les lyrics mènent un combat perpétuel entre sarcasme et réalité. Et puis cette atmosphère à la fois glacée et esthétique qui rend leur pop si magique...

 

Ed Kuepper

Character Assassination

Nous ne parvenons toujours pas à comprendre pourquoi cet ex-Saints ne récolte qu'un succès aussi confidentiel. Une véritable énigme que seule la curiosité naturelle d'un mélomane pourrait élucider. Car Edmund ne bénéficie ni de battage médiatique prodigue ni d'une diffusion de clips vidéo tape à l'œil. Quant aux ondes radiophoniques elles semblent presque l'ignorer. Et pourtant, chacun de ses albums, tant en solitaire, flanqué des Aints, des New Imperialists ou en compagnie des Laughing Clowns sont de petits chefs-d’œuvre. Parce qu'en plus, ce Kangourou est plutôt prolifique. "Character Assassination", par exemple, est double. Le premier morceau de plastique s'inscrit dans l'optique pop semi acoustique des "Today Wonder", "Honey Steel's gold" et "Black Ticket Day", alors que le second traduit ces mêmes compositions en langage exclusivement acoustique. Un exercice de style qui trouve toute son ampleur dans l'interprétation du "Ring of Fire" de Johnny Cash. Mais Ed Kuepper donne toute la mesure de son talent lorsqu'il électrifie légèrement ses chansons. Un peu à la manière d'un Neil Young minimaliste ou de George Harrison lorsqu'il s'est mis à composer pour les Beatles. Un "Character Assassination" qui se clôt en apothéose sur "If I had a ticket", une chanson dont la richesse émotionnelle et la fluidité mélodique enveloppe de mystère et de grâce une simple et remarquable pop song...

 

Keb´ Mo´

Keb´ Mo´

Keb'Mo', de son vrai nom Kevin Moore, est né à Los Angeles. Mais ses racines sont plantées dans le delta du Mississipi. Là où toute sa famille est originaire. Pas étonnant qu'il ait passé son enfance à écouter des légendes comme Robert Johnson, Muddy Waters, BB King, Albert Collins et Stevie Ray Vaughan. Sur son premier album, il nous propose naturellement un répertoire qui a le blues. Mais de nature essentiellement acoustique. Onze chansons issues de sa plume ou coécrites, et deux classiques de Robert Johnson, "Come on in my kitchen", et "Kindhearted woman blues"...

 

Lone Kent

Granite & Sand

Fils de diplomate américain, ce cow-boy apatride a transité par l'Allemagne, où il est d'ailleurs né, l'Angleterre, le Vietnam, le Liban et la Thaïlande, avant de retourner dans la patrie de ses ancêtres. Pour brouiller encore plus les pistes, il a même signé sur le label belge Crammed... Au cours de sa jeunesse, Lone n'a pu compter que sur un seul ami, sa guitare. Ses modèles? Robert Fripp, Bill Frisell, Adrian Belew, Mark Knopfler et Ry Cooder. Pas étonnant qu'il excelle, indifféremment à la râpe acoustique ou électrique, dans la country, le blues, le rock, la pop, le jazz ou la musique progressive. Des aptitudes qu'il parvient à développer, à fusionner avec une facilité déconcertante, tout au long de son premier opus. Et comme il possède une voix bien timbrée, presque dylanesque, mais préservée d'inflexions nasillardes, les onze fragments de ce "Granite & Sand" finissent par vous envoûter...

 

Kerosene

Arrhythmia

Avant même d'écouter cet album, et rien qu'en regardant le look des musiciens, nous avons pensé à Ned's Atomic Dustbin. Et nous n'avons pas tout à fait tort. En fait, la plupart des membres du groupe sont régulièrement invités par Jessica Corcoran, productrice des Ned's et de Senseless Thing, pour compléter son staff de collaborateurs de studio. Et figurez-vous que George Shilling, producteur de Pop Will Eat Itself et de Soup Dragons, fait exactement la même chose. Vous nous comprenez ? D'autre part, Kerosene est issu de Manchester. Comment voulez-vous qu'il n'ait pas été, quelque part, contaminé par la house mancunienne ? Et pour corser l'affaire, le quintette s'en est allé enregistrer son premier album, "Arrhythmia" aux States, sous la houlette de John Agnello (Dinosaur Jr, Screaming Trees). Question de donner un son plus métallique, plus dans l'air du temps, à ses compositions. A votre avis, qu'est-ce qu'un groupe poreux ?

 

Kill The Thrill

Dig

Un séjour en Suisse ne trahit pas systématiquement une volonté de planquer son fric. Même si on est Phocéen. Par exemple Kill The Thrill s'y est rendu, mais pour enregistrer son premier album. Quoique nous suspectons fort le titre de ce CD d'essayer de nous cacher quelque chose. Bref, "Dig" creuse (!) dans le jardin secret des Young Gods, de La Muerte et de Killing Joke. Malheureusement, malgré une excellente capitalisation de sonorités venimeuses et de rythmes obsessionnels, l'intérêt des compositions est rapidement dilapidé par un vocal monocorde et exaspérant...

 

Killing Joke

Pandemonium

Depuis le début des années 80, Killing Joke joue un peu à cache-cache, splittant puis se reformant le temps de sortir l'un ou l'autre elpee. En général sans grand intérêt. Mais plus jamais sous son line-up initial. Youth, le bassiste ayant préféré s'investir au sein d'autres formations, comme Brilliant ou Blue Pearl, plutôt que de suivre Coleman, de plus en plus obsédé par la fin du monde, dans son exil islandais ou néo-zélandais. Pourtant, après dix années de brouille, Youth et Jaz ont décidé de remonter leur plaisanterie qui tue. Presque sous sa forme fondamentale, puisque si Paul Ferguson est allé exercer ses talents chez The Orb, Geordie a conservé ses attributions de guitariste. Et contre toute attente Killing Joke vient de réaliser un formidable album. Produit par Youth, "Pandemonium" a retrouvé l'intensité du célèbre "Follow The leader". Ses riffs cinglants, irradiants, ce groove obsédant, hypnotique, ce sens mélodique envoûtant aiguisé par la voix austère, menaçante, incantatoire de Jaz. Et tout ceux qui ont pu assister à sa prestation accordée au Belga Beach de Zeebruges en juillet dernier, savent de quoi nous parlons. Un must !

 

The Killjoys (Australia)

A Million Suns

Les Killjoys nous viennent d'Australie. De Melbourne très exactement. Un quintet qui s'inspire à la fois de la pop sylvestre d'Everything But The Girl et de la post new wave mélancolique, évanescente des Sundays. Ce qui implique inévitablement la présence d'une chanteuse au vocal éthéré, clair, cristallin. Encore que parfois Anna Burley effleure les inflexions de Juliana Hatfield. Et puis des cordes de guitare semi-acoustiques, vibrantes, légèrement jazzyfiantes. Sans oublier les arrangements symphoniques, procurés pour la circonstance par une section à cordes. Deux violonistes et un violoncelliste pour être très précis. La petite touche d'originalité procédant des éclaboussures épisodiques d'une trompette, d'une mandoline ou d'un vibraphone. Un album agréable mais loin d'être indispensable. Sauf peut-être sur le fragment "Should know better", chanson dont la texture mélodique rappelle les meilleurs moments d'Abba...

 

Kiss My Poddles Donkey

New Hope For The Dead

Le funk blanc de Gang of Four et la musique hybride des Young Gods semblent être les principales sources d'inspiration de ce trio australien qui répond au nom très discutable de Kiss My Poddles Monkey. Le groupe ne semble pas avoir été beaucoup plus inspiré en choisissant "Un nouvel espoir pour la mort", pour intituler son CD. Encore que s'il avait inclus une cover de Suicide, nous aurions pu comprendre qu'il faisait de l'humour noir. Or, la seule reprise qui figure sur ce disque est consacrée à Prince, "Get Off". Ce qui n'empêche pas l'opus de se révéler à la fois audacieux et novateur. En extrapolant, nous pourrions même imaginer que KMPM occuperait une chaise laissée vide entre Big Black et Hunters & Collectors... Maintenant, il ne faudrait pas qu'un hurluberlu vienne la retirer!

 

The Kitchens of Distinction

Cowboys And Aliens

Le quatrième opus de ce trio insulaire mérite assurément une grande distinction (!). Et pourtant, nous craignons fort que ce "Cowboy and Aliens" n'imite ses trois prédécesseurs. En d'autres termes, qu'il ne végète dans la zone crépusculaire de l'underground. Ce qui, en toute honnêteté, nous semble être une profonde injustice. Dès le premier titre, "Sand of Fire", vous pénétrez dans un monde magique, fascinant, kaléidoscopique, susceptible de vous transporter dans la stratosphère avec une passion, un raffinement introspectif et une intensité hypnotique. Onze mélodies dominées par les cordes de guitare cristallines, torrentueuses, vertigineuses, ‘mybloodyvalentinesques’, éclaboussées par le ricochet de drums, chamarrées par les éclats de basse sulfureux et caressées par la voix délicate, glacée de Patrick Fitzgerald. Onze pop songs dont le romantisme rebelle affiche une agressivité délicate, fruitée et visionnaire. Epatant!