Fence n’en a rien à foutre…

Le combo rock limbourgeois Fence sortira son nouvel album, « Nobody Gives A Fuck », le 16 octobre 2026. Un titre qui laisse peu de place à l'imagination, quoique... Propulsés par un nouveau batteur, Wim Coppers, installé derrière les fûts, les musiciens de…

Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce…

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Editors
The Cure

No One Is Innocent

No One Is Innocent

Personne n'est innocent ! Rarement un nom n'a si bien collé à la personnalité d'un groupe. Un groupe français, parisien très exactement, constitué d'un ex-Shifters, d'un ex-David Vincent, d'un ex-Rimbaud et d'un ex-rien du tout. Qui chante tantôt dans la langue de Voltaire, tantôt dans la langue de Shakespeare. Parce que la formation veut faire passer un message. En fait de message, on assiste plutôt à une diatribe musclée à l'intention de la société contemporaine. Et en particulier à l’égard du système politique qui fait le lit du racisme, de l'égoïsme et de l'oisiveté. Et pour véhiculer toutes ces idées, le quartet hexagonal courtise un style musical au goût du jour. Point de rencontre entre le groove de Red Hot et les coups de gueule de Rage Against The Machine, il réalise un mélange d'énergie, de feeling et de passion au sein d'un climat tendu, radical et cinglant. Alors, si personne n'est innocent, sommes-nous tous coupables?

 

Noir Désir

Dies Irae

Jamais les qualificatifs radical, puissant, apocalyptique, dangereux, malsain et insidieux ne se sont révélés aussi pertinents pour évaluer ce double CD enregistré en public. Tels des flibustiers, ces Girondins se lancent à l'abordage d'un punk électrique sans concessions. Même les parties vocales sont au diapason de la prestation (ça rime). Enfin presque! Puisque celles écumées sur "I Want You", cover des Beatles, ont de nouveau la fâcheuse tendance à grincer comme sur le dernier album studio. Ce n'est heureusement pas le cas pour "Long Time Man", autre reprise mais de Nick Cave, ni de "Here It Comes Slowly" et surtout de "Totsaky" dont les versions ‘live’ constituent de véritables brûlots de générosité et d'authenticité, balancés au sein d'une œuvre qui risque fort de vous embraser...

 

Noise Gate

Illusion Of Victory

Bien que tombé en désuétude, le hardcore post-industriel compte toujours de fervents adeptes. Noise Gate appartient à cette catégorie d'utopistes qui continuent de défendre une doctrine musicale périmée, contre vents et marées. Et malgré toute sa bonne volonté, il faut reconnaître que le quartet bruxellois ne parvient plus à nous impressionner. Hormis "Dear Innocence", titre plus acoustique sur lequel se promène le violon spectral de Bernard Plouvier, "Illusion Of Victory" macère au sein d'une atmosphère sulfureuse, encombrée de rythmes obsessionnels, de bruitages intempestifs, de riffs de guitares sursaturés, tourmentés, de vocaux irascibles, agonisants et de lyrics venimeux; une atmosphère irrespirable qui ne peut conduire qu'à l'asphyxie...

 

The Nomads

Powerstrip

Fondé au tout début des eighties, The Nomads continue son petit bonhomme de chemin sans se soucier des temps et des modes. Adeptes du garage-punk coloration sixties, ces Suédois ont concocté en treize années d'existence, six albums, une douzaine de singles et accompli d'interminables tournées à travers le monde. Pas pour rien qu'ils se sont appelés les Nomads! Pour enregistrer "Powerstrip", ils se sont rendus à Seattle. Pas qu'ils avaient envie de se convertir au grunge, mais ils souhaitaient bénéficier de la production du célèbre Conrad Uno fidèle à son tout aussi célèbre ‘Egg Studio’. Un disque qui tout en puisant dans le réservoir sixties continue à faire une fixation ‘stoogienne’ bercée de relents psychobilly à la Cramps, voire à la Fleshtones. Un morceau de plastique chargé d'adrénaline, d'électricité et de fun qui recèle une cover du premier single des Wipers, "Better Off Dead"...

 

Stina Nordenstam

And She Closed Her Eyes

Née en 1969, cette Suédoise a été élevée dans un climat favorable à l'épanouissement musical, mais également selon des principes communistes. Au cours de son adolescence, Stina a d'ailleurs milité au sein d'un mouvement de jeunes relevant du parti, la ‘Young Communist League’. Elle aurait ainsi pu embrasser une carrière politique. Mais il faut croire que sa passion pour la musique était plus intense, puisqu'elle vient d'enregistrer son deuxième opus. Stina aime le jazz (Coltrane), le classique (Satie, Bartok) et le chant grégorien. Mais ses goûts, elle les a profilés sur un format contemporain, reflétant des mélodies intimistes, claustrophobes, douloureuses sur laquelle elle laisse glisser sa voix onctueuse, gémissante, glacée. Sur "And She Closed Her Eyes", elle a bénéficié du concours d'une flopée de musiciens scandinaves, mais aussi et surtout du célèbre trompettiste de jazz, John Hassell. De quoi vous donner une petite idée du talent de cette artiste que nous qualifierons volontiers de réponse féminine à Robert Wyatt...

 

Nova Mob

Nova Mob

Particulièrement affecté par la séparation d'Hüsker Dü, Grant Hart a éprouvé, à contrario de Bob Mould, d'énormes difficultés pour se refaire une santé musicale. En six années, il a commis un album solo sans grande consistance, puis formé un nouveau groupe, Nova Mob, dont le premier opus ("The Last Days Of Pompeï") n'a malheureusement pas recueilli le succès escompté. Faut dire que jusqu'alors, ce chanteur-compositeur s'était contenté de nous ressasser des clichés empruntés au célèbre et défunt trio de Minneapolis. Pour son troisième essai, Nova Mob semble enfin avoir trouvé la bonne décoction. Ce qui au départ ne semblait pas évident, lorsqu'on sait que le groupe a dû remplacer son drummer début 93. Grant en a d'ailleurs profité pour élargir son line up, en engageant un second guitariste, Chris Hesler. Une formule qui donne davantage d'amplitude aux compositions. Et si les mélodies sont toujours recouvertes de miel popcore, l'électricité n'y est plus systématiquement débridée, autorisant de plus grandes variations dans le tempo, un peu comme chez Leather Nun. Mais surtout elle n'asphyxie plus la voix de Grant, dont le timbre rappelle, en filigrane, celui de Ian McNabb d'Icicle Works...

 

The Orb

Pomme Fritz

"Pomme fritz" n'est pas exactement un nouvel album de The Orb, puisqu'il réunit essentiellement des expérimentations opérées par le groupe lorsqu'il relevait encore du label ‘Big Life’. Ce qui explique sans doute pourquoi l'ex-Killing Joke Paul Ferguson, qui vient d'élargir le line-up à un trio, ne participe qu'au seul fragment "Bang'Er'N Chips". Et comme par hasard, cette composition récente est la seule à libérer un certain ‘groove’. Pour le reste, cet opus baigne dans l'avant-gardisme le plus complet, n'hésitant pas à mouiller les bruitages les plus insolites, les plus farfelus. Ablutions imprégnées d'effluves qui oscillent du "Lumpy Gray" de Zappa à la muzak de Brian Eno en passant par Stockhausen, John Hassel et le Floyd le plus délirant. Et en particulier lorsqu'Alex Paterson et Trash pastichent le célèbre "Several species of small furry animals gathered together in a cave and grooving with a pict" d'"Ummagumma" pour agrémenter de bourdonnements d'insectes, le pique nique sonore de "Meat'n veg"...

 

Paul Orta

Good Night, Bueno Noche, Bonne Nuit

Harmoniciste texan particulièrement doué, Paul Orta voue une grande admiration à Little Walter et Sonny Boy Wiliamson. Et inévitablement, son style de souffleur est profondément marqué par ces célèbres bluesmen disparus. Pourtant le swing naturel, qu'il manifeste sur ce disque, nous rappelle également ses comparses de la West Coast... Impeccablement épaulé par une section rythmique increvable, de laquelle se détache une contrebasse sémillante, Paul glisse du blues au jazz en passant par la country et le boogie avec beaucoup de bonheur, parvenant ainsi à boucler une œuvre à la fois efficace, rafraîchissante et excitante...

 

The Other Two

The Other Two & You

A l'issue du festival de Reading, auquel ils avaient participé l'an dernier, les membres de New Order ont décidé de suspendre leur collaboration. Une interruption qui devrait probablement se solder par une séparation. Une rupture qui était en fait prévisible dans la mesure où chacun des musiciens accordait davantage de crédit à ses expériences individuelles plutôt qu'à l'esprit du groupe. On connaissait déjà les aventures de Bernard Summer chez Electronic, de Peter Hook au sein de Revenge. The Other Two germe dans l'esprit de Stephen Morris et de Gillian Gilbert depuis deux ans déjà, même s'il n'existait à leur actif qu'un seul single, "Tasty Fish". Son premier album s'inscrit dans la lignée du défunt ‘Nouvel Ordre’. Ce qui semble normal lorsqu'on sait que Stephen et Gillian étaient les principaux concepteurs de "Republic". La différence essentielle émane du vocal féminin, sensuel de Miss Gilbert qui apporte un peu de variété dans cette electro pop d'honnête facture mais sans grande originalité. Même Ian Curtis doit encore s'en retourner dans sa tombe...

 

Idha Övelius

Melody Inn

Mariée au guitariste d'un groupe suédois, cette jeune et jolie Scandinave a embrassé une carrière musicale, un peu par hasard. En fait Idha en avait par dessus la tête d'être confinée dans un rôle de spectatrice. Jusqu'au jour où elle s'est emparée d'une râpe acoustique et s'est mise à reproduire spontanément le catalogue des Beatles. En ne se servant que de trois cordes pour ne rien vous cacher! Evidemment lorsqu'on possède un tel talent naturel et une aussi belle voix, dont le timbre rappelle Margo Timmins de Cowboy Junkies, il n'est pas difficile d'imaginer la suite. "Melody Inn" constitue son deuxième album et recèle onze compositions qui, nonobstant le filet de claviers et les drums feutrés, flirtent avec le/folk pop le plus traditionnel...