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Dernier concert - festival

Jon Spencer
L7

Laibach

N.A.T.O.

Bien que slovène depuis l'éclatement de la Yougoslavie, Laibach continue de défendre des valeurs ambiguës et subversives. Celles de totalitaristes qui dénigrent les vertus de la démocratie à cause de leur implication dans les lois du marché. Et aujourd'hui avec "N.A.T.O.", ils s'en prennent au traité de l'Organisation de l'Atlantique Nord, qu'ils jugent responsable de la situation dans les Balkans. Ils veulent changer l'ordre mondial tant politique que culturel, et ont même fondé un état dans l'état, le Neue Slowenisk Kunst (NSK). Pour illustrer leur propagande, ils ont décidé d'enregistrer un album dont les reprises sont lourdes de signification. Depuis "War" d'Edwin Starr à "In The Army Now" de Status Quo en passant par "Dogs Of War" du Floyd, "Alle Gege Alle" de DAF, "In The Year 2525" de Zager & Evans et "Final Countdown" d'Europe. Musicalement on y retrouve une formule proche de celle qui avait été utilisée par le groupe pour enregistrer "Let It Be". C'est-à-dire un mélange d'électro pop et de symphonie wagnérienne, mais une formule dramatisée la voix sinistre, grave d'Ivan Nowak. Magma rencontre Kraftwerk!

 

Anita Lane

Dirty Pearl

Pour enregistrer ce qui devrait être son deuxième album solo, Anita Lane a fait appel à tous ses petits copains. Depuis Blixa Bargeld (Einstürzende Neubauten) à Alexander Hache (Die Haut) en passant par l'ex-Magazine Barry Adamson, ainsi que les ‘mauvaises semences’ Nick Cave et Mick Harvey. Un Mick Harvey qui produit d'ailleurs ce disque. En fait, sur "Dirty Pearl", Anita se contente de chanter. D'une voix sensuelle, énigmatique sur une musique sombre, parfois expérimentale, souvent mélodique reminiscente des Creatures, de Jarboe et évidemment des Bad Seeds. Un album mélancolique qui implique deux covers tout à fait étonnantes. La première concerne "Lost In Music" de Sister Sledge. La seconde "Sexual Healings" de Marvin Gaye. Une œuvre qui épingle un titre remarquable, bouleversant, souligné par les accords vibrants, spectraux du piano de Cave, "The World's A Girl"...

 

Mark Lanegan

Whiskey For The Holy Ghost

En marge de Screaming Trees, Mark Lanegan se réserve de temps à autre une aventure en solitaire. En 1990, il avait ainsi tenté une première expérience avec l'aide de Kurt Cobain et de Kris Novoselic de Nirvana pour enregistrer "The Widing Street". Mais cet elpee n'avait récolté qu'un succès trop confidentiel. Il devrait néanmoins bénéficier d'une deuxième sortie d'ici quelques semaines. Une excellente initiative probablement motivée par la qualité du nouveau CD. "Whiskey For the Holy Ghost" n'a pourtant guère d'affinités avec "Sweet Oblivion", septième et dernier opus du quartet d'Ellensberg. Il n'est pas davantage éclaboussé de grunge, malgré la participation de Dan Peters (Mudhoney), de John Mascis et de Mike Johnson (Dinosaur Jr), de Tad Doyle (Tad) ainsi que du producteur Jack Endino, converti pour la circonstance au rôle de bassiste. Les treize compositions de cette œuvre trempent dans une sorte de garage revisité par le delta blues, le gospel ou le folk. Certains titres font d'ailleurs penser à American Music Club ; peut-être à cause du timbre vocal languissant, douloureux, nicotiné de Mark proche de celui de Mark Eitzel. D'autres à Nick Cave mais pour leur côté sombre, ténébreux. "Whiskey For The Holy Ghost" dispense ainsi une intensité et une vulnérabilité bouleversantes, une sensibilité émouvante véhiculée par des textes qui racontent simplement l'enfance difficile vécue par Lanegan. Remarquable!

 

Lassigue Bendthaus

Render

Suffit-il de disséquer toutes les séquences et les structures du rythme de la musique électronique pour pouvoir en extraire une once d'émotion. C'est en tous cas ce que prétend cet ensemble francfortois qui ne manque pas d'ambition, mais bien de crédibilité. A notre humble avis, Lassigue Bendthaus ferait mieux de se reconvertir dans la fabrication de saucisses. Avec son potentiel synthétique il pourrait facilement concurrencer le marché des hamburgers garantis sans viande...

 

Alvin Lee

1994

Pour le commun des mortels, Alvin Lee a atteint son apogée lors du set qu’il a accordé dans le cadre du festival de Woodstock. Pourtant, ce guitariste véloce a marqué de son empreinte le blues boom de la fin des sixties. Et puis, en compagnie de son Ten Years After, il a composé quelques classiques de la meilleure veine. Souvenez-vous de "Love Like A Man"...

Aujourd'hui ce quadragénaire mène une carrière individuelle, se contentant de commettre l'un ou l'autre album d'honnête facture. Innovateur, il ne l'est certes plus depuis bien longtemps. Ce qui explique pourquoi il a fini par céder aux sirènes (!) de la technologie contemporaine. Pudiquement c'est vrai. Mais inéluctablement. Sur "1994", il y fait rocker Madonna sur un rythme cher à Chuck Bery, interprète le célèbre "I hear You Knockin' ", popularisé par Dave Edmunds voici bien des lustres, s'abandonne dans un superbe slow sirupeux avec la complicité de George Harrison à la guitare slide pour "The Bluest Blues", et puis s'attaque avec beaucoup de bonheur au blues le plus progressif des Beatles, "I Want You"...

 

The Legendary Pink Dots

9 Lives To Wonder

Auteur d'une quinzaine d'albums à ce jour, le Legendary Pink Dots s'enfonce de plus en plus profondément dans la musique atmosphérique. Une odyssée qui se rapproche, sur ce "9 Lives To Wonder", du monde de la kosmiche music investie au tout début des seventies par Faust, Can ou Klaus Schulze, voire des climats sulfureux, énigmatiques développés par King Crimson sur l'elpee "Lizard" à la même époque. Une seule constante, la voix d'Edward Ka Spel, qui à la manière de Syd Barrett sert de guide au fil mélodique....

 

Huey Lewis

Four Chords & Several Years Ago

Bien qu'ayant vendu plus de quinze millions d'albums et décroché une dizaine de tubes au cours des douze dernières années, on ne peut pas dire qu'Huey Lewis ait toujours fait preuve d'une grande créativité. Avouons même qu'il s'est essentiellement borné à convertir son amalgame de jazz, de reggae, de ska et de rhythm’n’blues en une solution pop exclusivement destinée à la bande FM. A notre plus grande stupéfaction, le groupe vient de casser le moule. Simplement en déracinant dix-sept classiques du rock'n'roll ("Shake, Rattle & Roll", "Blue Monday", "Some Kind Of Wonderful"...) pour les repiquer sur ce "Four Chords & Several Years Ago". Produit par Stewart Levine (Simply Red), l'enregistrement de cet opus a même bénéficié de conditions techniques et des instruments d'époque. Résultat des courses, Huey Lewis & The News vient de réaliser l'album le plus intéressant de sa carrière

 

Liquid Hips

Static

Encore une formation yankee de funk metal destinée à râper les conduits auditifs. Mais chez Liquid Hips, c'est le chanteur/trompettiste John Mulkenin qui mène la danse. Il est d'ailleurs dommage que cet ex-Defunkt ne se consacre pas davantage à son instrument de prédilection, car sans cette petite touche d'originalité, le sextet se borne à suivre la piste sonore tracée par Living Colour, Bad Brains et autre Clawfinger. Trop static !

 

The Meanies

Gangrenous

Quartet australien, The Meanies pratique un punk pop excitant, dévastateur, souligné d'harmonies vocales limpides. Un peu à la manière de ses compatriotes Celibate Rifles, nous serions tentés d'ajouter. Mais en plus véloce. Ce combo kangourou possède en tous cas une pêche d'enfer. Et le démontre tout au long de ce "Gangrenous". Sur les quatorze morceaux impliqués sur cet opus aucun ne dépasse les 2'30. Un gage de spontanéité et de passion. Et même si le groupe répond au nom des Meanies, pour pogo-danser, il fait le maximum.

 

Medalark Eleven

Shaped up, shipped out

Il faut se rendre à l'évidence, la house mancunienne c'est déjà de l'histoire ancienne. Et ce premier album de Medalark Eleven ne nous fera pas changer d'avis. Un trio drivé par l'ex-Bodines Mick Ryan, qui a pourtant bénéficié du concours de Martin Moscop à la production pour la quasi-totalité de l'enregistrement. Chris Nagel se réservant le seul "I call your name". "Shapec up, shipped out" colporte une house sub Primal Scream au groove poncif et aux chœurs mielleux. Banal!