Musiczine recherche des collaborateurs.

Tu as une très bonne connaissance musicale et tu souhaites participer à l’aventure Musiczine.net ? Tu es passionné, organisé, ouvert, social, fiable et appliqué ? Tu as une bonne plume ? Alors n’hésite plus : rejoins-nous ! Vu l’ampleur prise par Musiczine et…

Un clip d’animation pour le nouveau single d’Σtella

L'artiste grecque Σtella dévoile son nouveau single intitulé « Belinda ». Cette nouveauté s'accompagne d'un clip officiel au format visualizer, dont les illustrations sont nées sous la plume de la chanteuse elle-même, complétées par les animations de Yokanima…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Editors
Viagra Boys

Kevin Doublé

Blues in the morning

Écrit par

Kevin Doublé est originaire du pays de Loire. De Nantes, très exactement. Un jeune chanteur harmoniciste qui n'a pas encore trente ans. Sevré par la musique de Sonny Terry, Muddy Waters et Little Walter, il avait été durant plusieurs années le leader de Scratch My Back. Ce très bon premier album nous offre toutes les palettes du talent de Kevin, nous invitant constamment à voyager entre jazz et blues classique, sans oublier d’y inclure systématiquement cette subtile pointe de swing. Kevin est soutenu par Julien Brunetaud, véritable prodige au piano. Il a entraîné ses musiciens dans l’aventure : le drummer Guillaume Nouaux, le bassiste Sébastien Girardot et le guitariste Anthony Stelmaszack.

 

Le swing est omniprésent tout au long des premières plages. Bercé par un swing délicat,  "Jumpin' the blues" est guidé par les balais de Guillaume. Nous baignons ici au sein d’un univers très jazz. Et le jeu des solistes en est la plus belle démonstration. En particulier celui de Julien, particulièrement proche de McShann. Ce qui n’est pas une surprise. Pendant que Rahoerson se démène sur son saxophone ténor, Anthony emprunte une ligne de conduite inspirée par Kenny Burrell. Kevin chante d’un timbre chaud et velouté le "One scotch, one bourbon, one beer" d'Amos Milburn. L’approche est jazz. Le climat feutré évoque Nat King Cole ; surtout le jeu développé par Julien aux ivoires. Les cuivres, et en particulier Jérôme Etcheberry à la trompette et Serge au sax ténor, viennent tour à tour colorer cette ambiance de cabaret fin de soirée. Lorsque Kevin souffle enfin dans son harmonica, on est alors plongé dans l’univers du blues. D’abord le Chicago Southside. Sa reprise du "I can't hold out much longer" de Little Walter est respectueuse du maître. Il chante en douceur et souffle parcimonieusement, privilégiant la sensibilité. Ce schéma est reproduit lors du "Reefer head woman" de Jazz Gillum. Manifestement, les musiciens  ne veulent pas en remettre une couche et c'est tant mieux. Le message passe bien la rampe. Julien introduit le "Great pleasure" de Louis Jordan au piano boogie woogie. L'ensemble s'articule brillamment autour de ce rythme nerveux. Le spectre des années 50 plane. La section rythmique, les cuivres et le piano forment un ensemble très soudé. Le résultat interpelle et surprend, même lorsqu’apparaissent enfin et soudainement les cordes d'Anthony Stelmaszack. Et dans un style jump bien affirmé. Trois plages d’excellente facture marquent un retour au Chicago blues. Et se succèdent. Tout d’abord le "Lightnin" d'Otis Spann, un exercice de style instrumental impliquant Julien dans le rôle d'Otis et Kevin dans celui de Little Walter. Le "Since my baby been gone" de Willie Dixon ensuite. Interprété sous la forme d’un duo harmonica/piano, il libère beaucoup d'émotion, d'intensité dramatique. Le "Mean mistreater" de Muddy Waters, enfin. Julien Brunetaud en personne vient y rejoindre Kevin au chant. Le swing refait surface lors d’une nouvelle cover : celle du "Buzz me baby" de Louis Jordan. Vincent Talpaert (de Bo Weavil) s’y réserve la basse. Mr Doublé a empoigné la guitare, et il s'acquitte de sa tâche avec un réel bonheur. "That ain't rigt" est issu de la plume de Nat King Cole et cela s'entend. L’atmosphère est feutrée, très intimiste. Un peu comme lorsqu’elle envahit les salles enfumées des night clubs. Aux petites heures. Ce climat est ici parfaitement restitué. Ce blues lent traîne son swing en permanence. Sur les cordes, Anthony réincarne le T Bone des années 30 et 40, lorsque ses cordes étaient à peine amplifiées. L'album s’achève comme il avait débuté : par une composition de Jay McShann. En l’occurrence "Confessin' the blues". Un R&B boogie aux accents jazz entretenus par le piano et bien sûr les cuivres. Une excellente entrée en matière.

The Earlies

The Enemy chorus

Écrit par

Des violons s’affolent avant de se faire ensevelir par des beats intergalactiques. Des vocalises aux refrains entêtants croisent des cuivres assassins et la tension monte en flèche, figeant le ton d’un opus ‘bleu nuit’ agréablement psychédélique. Le nouvel album creuse ainsi en profondeur la pop nocturne du précédent « These were the earlies », où planaient sans rupture les atmosphères des Spiritualized, Mercury Rev et Grandaddy ; mais si elles trouvaient à l’époque public surpris et conquis, leur juxtaposition sous compromis laisse ici plus sceptique. « The enemy Chorus » fait ainsi exploser en éclectisme ce qu’il laisse fondre en cohérence. Un son à la fois plus électronique et plus progressif qu’auparavant, s’y emmêle les pinceaux avec des harmonicas-western, pianos-cabaret, cuivres-fanfare, orgues baroques et percussions tribales. Si par cette instrumentation puissante et variée (partagée entre 16 musiciens), The Earlies confirme sa folie des grandeurs, il court aussi le risque de s’effilocher dans cet ‘essayisme’ lunatique. Le premier morceau s’ouvre ainsi sur une vibration futuriste en fond étoilé, annonçant à grand fracas le lancement d’une mission d’espionnage dans l’espace. Puis curieusement, le vaisseau atterrit en plein cabaret, où de nerveux piano font planer les ombres excentriques des Dresden Dolls (« Burn the liars »). Contemplatifs par delà les hublots, suivent quelques ballades, légèrement hors propos lorsqu’elles empruntent la formule folk sur guitare classique et harmonica feutré (« The ground we walk in »). D’incongrus interludes qui paraissent suspendus dans le vide, comme pour mieux mesurer l’ampleur de l’abysse ; tel ce « Foundation and earth » tout en cuivres et en fanfare, semblant taillé sur mesure pour détendre une atmosphère toujours sur le qui-vive. En somme, le quatuor anglo-américain aligne ici une succession  d’atmosphères argentées qui se font et se défont au gré d’humeurs krautrock improbables. Sans véritable fil d’Ariane, « The Enemy Chorus » est à prendre comme autant de micro expériences où anxiété et excitation se donnent indéfiniment la réplique. Car entre les trêves, l’album est niché au creux d’une tension à fleur de peau que chaque morceau semble viser à amenuiser délicatement puis faire exploser en poussières d’étoiles. Souvent étrangement captivant, parfois obscur et indigeste, « The Enemy Chorus » s’écoute avant tout comme la bande son d’un périple dans l’espace ; reste à affoler son imagination pour y poser un récit assez fou.

Lawrence English

For Varying Degrees of Winter

Lawrence English a déjà bossé en compagnie de David Toop, Scanner, Janek Schaefer : autant de bons apôtres de la texture et du soundscape sachant que la musique est un langage universel, peu importe à quelle(s) source(s) elle prend vie. Et ici, c’est dans le quotidien, là où le bruit distille son élégance subliminale, que l’Australien se sent artistiquement le plus épanoui. Ne cherchez pas de mélodies dans ces instantanés d’ambiances crépusculaires, ni de schémas répétitifs : il s’agit bien d’un disque d’introspection spectrale, qui s’écoute juste comme on entend le faux silence. Et de ces drones sereins qui semblent épouser l’atmosphère on ne retient que l’absolue inconsistance. L’impression est fugace comme toutes nos humeurs, et pourtant c’est notre lot à tous… A différents degrés.

The Go Find

Stars on the Wall

On ne le répètera jamais assez : « (We’ve Lost) Gravity », la chanson d’Orange Black, est sans doute l’une des plus belles choses qui soit arrivée à la musique pop belge. Aujourd’hui Dieter Sermeus s’appelle The Go Find, et « Stars on the Wall » constitue son deuxième album signé chez Morr Music. Forcément, on retrouve chez lui tout ce qu’affectionne le label berlinois depuis maintenant plusieurs années : des mélodies replètes, du folktronica gentillet au possible, une voix cajoleuse, de l’amour, un minimum d’amertume. Si vous aimez Styrofoam, Lali Puna et Isan, vous ne serez pas déçus : voici un petit disque tout confort qui mise son va-tout sur la répétition d’une même formule, jusqu’à l’assoupissement. Sur les murs de ces jolies chansons brillent des étoiles, mais elles sont en plastique : en promotion chez Ikea, rayon boulettes suédoises. Elle est pas belle, la vie sans tournevis ?

Hazard County Girls

Divine Armor

Écrit par

Dans la catégorie Métal/Punk/Garage au féminin, il y avait déjà les ‘crasseuses’  L7, les bruitistes Babes in Toyland, les furieuses Cycles Sluts from Hell ou encore l’hyper médiatisée veuve éplorée Courtney Love. Il faudra désormais compter sur Hazard County Girls, trois demoiselles au look peu aguichant, mais qui connaissent la science du riff sur le bout des faux ongles. Ces héritières de Wendy O’ Williams, de Patti Smith, des Runaways et même des Breeders, sont de toute évidence en terrain connu quand il s’agit de blinder un son, et de coller la voix désabusée de Christy Kane à de gros accords métalliques et noisy.

 

Originaire de la Nouvelle-Orléans les miss ont collaboré avec la délicieuse Sean Yseult, bassiste de feu White Zombie, avant de fonder Hazard County Girls, un titre qui évoque une série américaine aussi culte que kitsch (« Shérif fais moi peur !! »). En clair, si vous avez succombé à l’irrésistible « Bricks are Heavy » de L7, cette galette vous est vivement recommandée. La ressemblance entre les deux trios de nanas déjantées est plus que troublante ! Entre pop glauque et métal furieux, « Divine Armor », sans être révolutionnaire, frappe là où il faut sans fioritures… On aime beaucoup !   

Hella

There’s No 666 in Outer Space

Un titre cryptique pour une musique qui l’est tout autant : Hella fait du prog-math-rock, ou quelque chose du genre. La grande nouveauté, c’est la voix, omniprésente : jusqu’ici Hella se composait de Zach Hill et de Spencer Seim, mais aujourd’hui l’on peut parler d’un véritable groupe : cinq types qui foutent le bordel dans la salle de répèt, à force de jouer de la guitare comme si c’était un clavier, et la trompette une batterie. Capito ? Capiteux, et franchement diabolique : « There’s No 666 in Outer Space » sonne comme du Mars Volta (cette voix) s’amusant à jouer du Jane’s Addiction. Ca part dans tous les sens, et puis à un moment c’est l’overdose de gammes : stop, coupez, on repart à zéro et on se calme. Non ? « Anarchists Just Wanna Have Fun ». Justement, nous aussi, mais là guette le mal de tête. Une chtite aspirine pour éviter la loose (dans le coma-torium), et c’est reparti pour le délire fumiste. Fracasse !

Valérie Leulliot

Caldeira

« Caldeira » en portugais signifie ‘chaudron’, utilisé dans le vocabulaire des vulcanologues pour désigner un phénomène d’implosion souterraine, bref l’éruption interne d’un volcan. Valérie Leulliot a écrit ce premier album solo pour sortir indemne d’une rupture malheureuse : elle aurait dû ‘mieux l’écouter’, son ‘homme’, et ce disque est pour lui, à cause de lui, contre lui. En elle bouillonne sans doute la peur de ne plus être aimée, de croire encore que cet amour n’était pas qu’un « mirage » (« Au virage ») ou qu’‘un fleuve pollué’ (« L’amour désormais »). Enregistré à la maison à l’aide de quelques guitares, d’un clavier, d’un banjo,… « Caldeira » évite le surlignage pour que chacun y reconnaisse ses propres sentiments. Valérie Leulliot use ainsi de la nature (la terre, l’eau, le feu, l’air) comme métaphore de ses angoisses existentielles, parce qu’il n’y a rien de plus vulgaire que l’explicite dans les chansons d’amour. Si pour la première fois elle a osé confier les arrangements à quelqu’un d’extérieur (Sébastien Lafargue, dernier bassiste en date d’Autour de Lucie), c’est donc peut-être pour éviter le racolage : une façon comme une autre de prendre du recul, par rapport à soi, à l’autre (l’ex), aux autres (le groupe), et de continuer à avancer, ‘là où le vent la mène’ (« Un endroit »). Et puis, pour les fans un peu tristes qui attendaient une suite au quatrième Autour de Lucie, qu’ils se rassurent : Valérie Leulliot n’a pas perdu son timbre si suave. Et en ce qui nous concerne c’est bien là l’essentiel.  

Monks

Demo tapes 1965

Écrit par

Mi sixties, un quintet de GI’s américains fonde un quintet : The Five Torquays. Et commence à tourner à travers l’Allemagne. Rapidement, il change son patronyme en Monks et entre en studio pour y enregistrer un premier album : « Black monk time ». Se proclamant l’antithèse des Beatles, la formation pratiquait une sorte de pré-garage/punk caractérisée par un banjo électrique dérangé, des drums sans cymbales, des vocaux frénétiques, une guitare tour à tour surf, chargée de feedback ou triturée par la pédale wah wah (le soliste aurait-il influencé Jimi Hendrix ?), des lyrics dadaïstes ainsi qu’une intro quasi-systématique de leurs compos réservée à l’orgue d’église. Sans oublier le (très) peu d’attention accordé au sens mélodique. Julian Cope leur a réservé un espace dans son livre. Ce qui explique, sans doute, le regain d’intérêt pour cet ensemble dont le drummer est décédé en 2004. L’opus a bien sûr été remis en forme. Et recèle deux compos des Five Torquays ainsi qu’un inédit. 

Pantaleimon

Cloudburst

Andria Degens est une proche de David Tibet, et à l’écoute de cet EP on ne peut que penser au mysticisme béat de Current 93 : même ambiance spirituelle, qui vous emporte loin de toute velléité terrestre, quelque part au-delà des nuages, d’où le titre. Armée d’un dulcimer (une sorte de cornemuse à cordes qui se joue à plat sur les genoux), d’un bouzouki et d’un tambourin, Andria Degens a composé à l’origine ces quatre titres pour l’artiste Susan Stenger (« Soundtrack for an Exhibition »). Elle chante sur le dernier (« Numinosum »), telle une Anne Briggs des temps modernes. Autant vous dire que « Cloudburst » sonne comme une longue ritournelle quasi médiévale (« Crystalline Rain », référence à Linda Perhacs ?), vingt minutes d’ascèse acoustique, de pure lévitation. Imaginez Colleen reprendre du Pentangle : tout le monde dit ‘Oooooom’, en signe de béatitude.

Rose

Rose

Écrit par
Dans l’univers de Rose, l’amour se décline en quatre saisons, le bonheur est fait pour emmerder les envieux et la musique sert à fredonner ‘des maux qui sonnent en poésie’ (« J’ai »). Doucereuse mais pas candide, Keren Rose pose sa vie sentimentale à livre ouvert, en murmurant son pathétique et ses espoirs en do majeur. Sur un brin de rancœur envers ces vauriens, pauvres idiots ou sombres cons partis vers d’autres horizons, il ne reste plus qu’à ‘se pendre à d’autres ailes et se trouver belle dans d’autre yeux’. Histoires d’amours déchus côtoient ainsi la petitesse de la vie et ses périples chez Ikéa (« La liste »), pour un album puisant la consolation au creux du quotidien. Rose enrobe sa voix de guitares acoustiques, harmonicas mélancoliques (« Saisons ») et piano jazzy (« Je m’ennuie » et « Rose »). Sur ce ton aigre-doux sont alignées douze ballades contant le cafard des petits matins gris et le Prince charmant déserteur ; mais que peuvent donc ces prétendants, si la Belle espiègle réclame ‘un amoureux transi…toire’ (« Rose ») ? Au creux de ses paradoxes, Lolita se débat l’âme en peine, sur des mélodies qui raviront (peut-être) les fans de Carla Bruni et Olivia Ruiz.