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Dernier concert - festival

L7
Ora Cogan

Phosphorescent

Un concert… phosphorescent…

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Dans le cadre du festival Autumn Falls, Phosphorescent se produisait à l’Orangerie du Botanique. Drivée par Matthew Houck, la formation est habituée des lieux, puisqu’il s’agit déjà de la cinquième fois qu’elle se produit au sein du complexe culturel bruxellois. Au fil du temps, Phosphorescent est devenu une valeur sûre de l’indie rock. Pas étonnant que le concert de ce soir soit sold out. Un public impatient de découvrir en ‘live’ « C’est la vie », le septième opus de ce band originaire de l’Alabama.

Il est tout juste 21 heures lorsque les lumières s’éteignent. Matthew Houck se plante au centre du podium. Coiffé d’une casquette il a enfilé un tee-shirt rentré dans le pantalon qui laisse apparaître un léger bide. Quelque part, à l’instar de plusieurs de ses musicos –deux claviéristes, un guitariste, un drummer et un percussionniste– il illustre bien le stéréotype du routier sudiste, aux States. Le set s’ouvre par « New Birth in New England », un morceau issu de son dernier elpee. Mais va ensuite piocher dans l’ensemble du répertoire du combo yankee, alternant ballades langoureuses telles que « My beautiful Boy » et « Christmas Down Under » et compos énergiques, comme « Terror in the Canyons (The Wounded Master) » ou « Around the Horn ». Et finalement, l’aspect americana ressort davantage sur les planches que sur disque. Phosophorescent n’en oublie pas pour autant sa reprise du « Hey That's No Way To Say Goodbye » de Leonard Cohen. Les musiciens maîtrisent parfaitement leur sujet. Pas une seule faille dans l’ensemble. L’équilibre est parfait. Manifestement, Phosphorescent est aussi apte à se produire dans les grands festivals qu’au sein d’espaces plus intimistes. Quant à l’expression sonore elle navigue quelque part entre celles de War on Drugs, Wilco et Bruce Springsteen. Après une bonne heure de prestation, le groupe vide les lieux, avant que Matthew Houck ne revienne seul sur l’estrade, seul, armé de sa gratte. En l’espace de deux morceaux dont l’excellent « C’est la vie », il va nous démontrer toute l’étendue de son talent, mais également communiquer un feeling déchirant à l’ensemble de l’auditoire. Impressionnant ! Ses musicos le rejoignent ensuite pour interpréter le morceau final, « Song for Lula ».

Très inspiré, Matthew Houck et son team nous ont accordé, ce soir, un concert… phosphorescent…

(Organisation : Autumn Falls + Botanique)

Jorja Smith

Une nouvelle Amy Winehouse est née, mais clean…

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Le parcours de Jorja Smith a été fulgurant. Il y a environ trois ans, elle était encore pratiquement inconnue. Après avoir publié de nombreux singles autoproduits et un Ep intitulé « Project 11 », en 2016, elle a sorti son premier elpee, « Lost and found, en juin dernier. Drake et Elton John en sont de fervents admirateurs. Née en 1997, à Walsall en Angleterre, elle est d’origine jamaïcaine.

Le supporting act est assuré par Maverick Sabre. C’est un Londonien, mais aux racines irlandaises. Le style de ce chanteur s’inscrit dans la droite lignée de la nouvelle génération de chanteurs incarnée par Isaac Gracie, Daniel Docherty et Soham De. A son actif, deux long playings, « Lonely Are The Brave » (2012) et « Innerstanding » (2018). Et son dernier single, « Drifting », qui vient juste de paraître, est excellent…

Sur les planches, ce soir, Maverick est soutenu par son pote, Charlie, à la gratte. Sabre est avant tout chanteur, mais il se sert également d’une loop machine et circonstanciellement d’une gratte semi-acoustique. Notamment sur le titre d’entrée, dont il pince les cordes délicatement. Son débit de paroles est constant. Sa voix de crooner est puissante. Proche de celle de Colin Blunstone (NDR : le chanteur des Zombies), elle est capable de monter dans les aigus, sans difficulté, comme Jonathan Jérémiah. Charlie récupère la guitare et Maverick en profite pour arpenter le podium de gauche à droite, et inversement, en incitant la foule à reprendre le refrain. Il lui demande régulièrement si elle est en forme. Qui lui répond en applaudissant. Tout au long du single, « Drifting », les cordes finissent par littéralement vous envoûter. Lorsque Macrick rencontre un problème avec ses pédales, il en profite pour chanter tout en plaisantant. Manifestement, cet artiste a un fameux charisme…

La salle est comble. Trois estrades sont réparties sur la scène. Une est destinée au claviériste, la deuxième au guitariste ainsi qu’au bassiste et la dernière au drummer. Jorja a revêtu une longue robe blanche qui brille de ses milles étoiles sous le light show. Elle entame son set par le titre éponyme de son premier LP. Puis embraie par « Teenage Fantasy », une chanson qui décrit les amourettes adolescentes et qu’elle interprète sur un ton langoureux. Plus sombres, « The One » et « Wandering Romance » permettent à Jorja Smith d’ouvrir réellement son cœur sur un lit d’instrumentation particulièrement riche. D’ailleurs, elle n’hésite pas à étaler ses états d’âme lors des morceaux les plus intimistes... voire personnels. Ballade acoustique, « Goodbyes » scelle un véritable moment de communion entre les artistes et la fosse. Mrs Smith étale toute la puissance de sa voix, tout au long de « Tomorrow ». On pense tour à tour à Sade, Beyoncé, Rihanna, mais surtout Amy Winehouse, mais sans les dérives nées de la consommation excessive d’alcool ou de substances illicites. La surprise va survenir lors du freestyle « Lifeboats ». Tapissée par une instrumentation aux sonorités hip-hop sur fond de pluie, elle se lance dans le rap. Pari réussi !  

Avant d’attaquer « Carry Me Home », Maverick est invité à la rejoindre pour y prêter sa voix de crooner. Certaines compos de Jorja Smith pourraient facilement devenir des classiques. Et notamment le hit « Blue Lights », dont la version ‘live’ est absolument somptueuse, une compo qui clôt une prestation d’une durée de 75’, rappel compris. A l’issue du show, on a la conviction que Jorja possède toutes les aptitudes pour succéder à feu Amy Winehouse… 

Setlist : « Lost & Found », « Teenage Fantasy », « Something In The Way », « February 3rd », « The One », « Goodbyes », « Tomorrow, You Got Me » (The Roots cover), «Wandering Romance », «Carry Me Home », « On Your Own », « Lifeboats », « Where Did I Go? », « I Am », « Blue Lights ».

Rappel : « Don't Watch Me Cry », « Let Me Down », « In My Mind ».

(Organisation : Live Nation)

Whispering sons

Une grosse claque dans la tronche…

Aujourd'hui, c'est un grand jour pour Whispering Sons. Le jeune groupe belge, originaire du Limbourg (Houthalen-Helchteren, pour être précis) mais établi à Bruxelles, présente son premier album, « Image », sorti au Benelux sur le label PiaS. Après avoir gravé un Ep très prometteur, « Endless Party », il y a 3 ans, sur Wool-e-Tapes et Minimal Maximal, puis deux singles, « White Noise » et « Performance », publiés par Weyrd Son Records, le premier LP du groupe était en effet impatiemment attendu. Auréolée par sa victoire au Humo Rock Rally et suite à un début de carrière fulgurant, la bande à Fenne Kuppens est décrite par tous les observateurs comme 'the next big thing' sur la scène indie orientée 'dark' (postpunk/wave/shoegaze). Manifestement, l'essai a été converti et ce, haut la main. Le disque est véritablement exceptionnel de maîtrise et d'intensité. Et la prestation du band en ‘live’ a confirmé ces excellentes dispositions...

Au départ, le contexte est favorable : l'AB Club est archi-sold out pour accueillir le quintet et l'ambiance est électrique, pour ne pas dire, survoltée. Fenne Kuppens apparaît, habillée d'un ensemble blanc et rouge. Elle est épaulée par ses quatre acolytes. Tout comme lors du showcase privé accordé deux jours plus tôt chez PiaS, le combo enchaîne les titres de son nouveau long playing, dans l'ordre du tracklisting, en entrecoupant la série d'incursions dans son 'back catalogue'.

Après « Stalemate », « Got A Light » nous assène un premier coup de poing dans la figure. Fenne y éructe ‘How Are You Feelin' ?’ en arpentant le podium de droite à gauche (NDR : et inversement) comme une possédée. On constate alors, à quel point son attitude scénique a progressé. Dépassant sa timidité naturelle, sa présence est devenue charismatique. Sa voix de baryton ou plutôt de mezzo, vu qu’il s’agit d’une femme, est grave, évoquant, bien sûr, Nico, Siouxsie Sioux ou Chinawoman, voire même Andrew Eldritch. Mais en écoutant les paroles et en observant la manière avec laquelle elle rayonne, on pense plutôt à Patti Smith. Il émane de son être, une même rage et une même désespérance, sombre et paradoxalement très lumineuse…

« Alone », le premier single tiré de l'album, met joliment la pression, dans un style assez proche de Sisters of Mercy. Particulièrement bruitiste et imprimé sur une rythmique krautrock tribale et répétitive, « White noise » justifie son titre. Sander Pelsmaekers, qui a troqué ses drum pads électroniques contre une batterie analogique y étale toute sa maestria. Il reste, comme auparavant, debout ; ce qui l'oblige à jouer du kick drum de la main gauche sur un tom, un exercice qui demande une concentration maximale. Et il faut reconnaître qu'il assure à la perfection.

Entre les morceaux, Fenne s’approche de l’auditoire, immobile, les mains derrière le dos, comme un professeur devant sa classe, dévisageant les spectateurs d’un regard hypnotique. Mais dès les premiers accords de « Performance », elle entre à nouveau en transe et sa chevelure blonde recommence à valser. Transperçant un 'wall of sound' assourdissant, sa voix hurle ‘I can't take them down !’ Impressionnant...

« Skin » calme un peu le jeu grâce à une gratte cristalline, proche des sonorités dispensées chez les Chameleons (NDR : la bande à Mark Burgess –pensez à l’incontournable « Second... Skin »– est une référence majeure, pour Whispering Sons). Une chose est sûre, ‘we were not wasting time’…

« No Time » persiste dans la thématique du temps. La longue intro réveille le souvenir de Joy Division, à cause de la ligne de basse tracée par Tuur Vandeborne, et Simple Minds pour les sonorités en ‘arpeggiateur’ libérées par le synthé ‘Little Phatty’ (un Moog!) de Sander Hermans.  

Après « Fragments » et « Hollow », « Wall » replonge dans le passé ; probablement le morceau le plus connu du groupe, au cours duquel la guitare Fender de Kobe Lijnen scintille de mille feux.

Quelques tonalités de synthé séquencées introduisent « Waste », puis Fenne murmure ‘Fragile figure, don't speak...’ Le riff de guitare et la rythmique enflent et conduisent au paroxysme… Fenne crache les paroles ‘It's a perversity slowly spiralling down in me’, comme du venin et cette spirale sonore hallucinante nous emporte jusqu'au moment où elle lâche la phrase ultime, ‘And I don't know if I can’. Au moment du dernier cri scellant la chanson, l’auditoire est véritablement en folie. Il accorde au groupe une véritable ovation, qui dure quelques minutes. Les musiciens se regardent, éberlués, comme choqués par le moment exceptionnel qu'ils viennent de vivre. Wow, magique !

Après un tel sommet, le groupe n'a plus qu'à se laisser glisser sur cette vague d'émotions, nous réservant d’abord « Dense » et ensuite, pour clôturer, le sublime « Insights », une perle de shoegaze/post-punk, d'ailleurs assez proche par certains aspects du titre éponyme de Moral, à la fin duquel Sander et Kobe se déchaînent littéralement en jouant à l'unisson la mélodie finale.

Sous un tonnerre d'applaudissements, Fenne et la section rythmique quittent le podium, laissant Kobe et Sander entamer « No Image », la plage atypique de l'album. Lente et lancinante, elle se construit sur quelques accords plaqués au piano par Kobe. Fenne remonte sur les planches afin d’interpréter ce titre ensorcelant, qui pourrait bien devenir leur « Atmosphere ». Malgré un petit trou de mémoire au deuxième couplet, elle parvient à convaincre le public, avant que la formation au grand complet ne participe à l’explosion finale...

Bref, on a pris une grosse claque dans la tronche. Tout était réuni : intensité, cohésion, concentration, émotion et puissance. Seuls petits bémols : la voix trop étouffée (à cause d'un mauvais micro?) et un mixage parfois trop bruitiste, mais ici, c’est peut-être aussi une question de goût(s)... Une certitude, Whispering Sons a aujourd’hui acquis une stature internationale et l'album, distribué en Europe par SMILE et aux USA par Cleopatra Recs, devrait rencontrer un succès sans précédent auprès des aficionados de ce genre musical. Et encore bravo !

Setlist :

Stalemate
Got A Light
Alone
White Noise
Performance
Skin
No Time
Hollow
Wall
Waste
Dense
Insights

Encore  

No Image

Avant Whispering Sons, Public Psyche, la formation gantoise a de nouveau assuré en dispensant un krautrock aux accents psychédéliques, pimenté par un chant très 'acid', réminiscent des plus beaux moments de Madchester. 

Setlist Public Psyche :

Untitled (nouveau morceau)
Bleached
Elevator
Saturn
Veil
New Days

(Organisation : Ancienne Belgique)

Stuart A. Staples

Arrhythmia

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Lorsque Stuart A. Staples prend provisoirement congé de ses Tindersticks, c’est pour emprunter d’intéressants chemins de traverse. Et il le démontre tout au long d’« Arrhythmia », son second album solo en… 13 ans ! L’élégant dandy anglais ose tout ce qu’il veut sur ce nouveau chapitre personnel. Depuis les 30 minutes de musique ‘ambient’ et post-rock dispensées tout au long de « Music For A Year In Small Paintings », un morceau qui accompagne les expositions de peintures de son épouse Suzanne Osborne, aux plages vaporeuses (« Memories of Love ») lorgnant vers l’univers de Mark Hollis (Talk Talk) en passant par des pistes truffées de moments de silence significatifs si chers à Scott Walker (le dissonant « Step Into The Grey »). Le tout enrichi par la voix veloutée du vétéran british. Les fans adoreront ces aventures sonores classieuses, cinématographiques et singulières ; les autres auront besoin de temps pour les apprécier mais pourraient en être grandement remerciés, s’ils prennent la peine de s’en imprégner…

 

Serpentwithfeet

Soil

Écrit par

Derrière le patronyme Serpentwithfeet se cache Josiah Wise, un Américain originaire de Baltimore, dans le Maryland. Après avoir effectué un court passage par le Conservatoire duquel il s’est fait virer, ce personnage âgé aujourd’hui d’à peine 30 ans roule sa bosse sur la scène néo soul, que ce soit à Paris ou Philadelphie. C’est après avoir mis le cap sur New York que Josiah Wise monte son projet Serpentwithfeet et signe un premier Ep sur le label électronique Tri Angle. Le look du Yankee est aussi particulier que sa musique ; ce qui a sans doute attiré l’oreille des critiques. Les retours positifs lui permettent alors de signer chez Secretly Canadian (Antony and the Johnsons, Damien Jurado, Suuns,…) et de graver « Soil », un premier opus déroutant à plus d’un titre…

Le premier choc, en écoutant ce disque, c’est la voix haut perchée de Josiah. Chaque morceau lui permet d’effectuer une performance en soulevant les émotions et en essayant toujours d’atteindre l’octave supérieure. Outre sa capacité à moduler sa voix androgyne, Wise les superpose à l’aide une loop machine. Bien accompagné (notamment par Clams Casino à la rythmique), il mélange intelligemment les styles. Depuis la soul au r’n’b, en passant par le gospel et l’électronique, sans toutefois que l’instrumentation ne passe au-delà de sa voix qui reste le point central de son expression sonore.

Difficile de définir le style de cet artiste. On ne peut dès lors que vous inciter à écouter cet LP qui révèle l’une des personnalités vocales les plus intéressantes de cette année 2018.

 

Imperial Age

The Legacy Of Atlantis

Écrit par

Fondé en 2012, Imperial Age est particulièrement apprécié par les musiciens de Therion. Pas étonnant que le groupe suédois les ait invités à assurer le supporting act de sa tournée. Et puis qu’il ait reçu le concours de la moitié de ses membres. En outre, la formation russe a également bénéficié de la collaboration du chœur de chambre du Conservatoire de Moscou ainsi que de Sergei Lazar (Arkona) à la mise en forme. Vu le contexte susvisé, vous vous doutez bien qu’Immperial Age pratique du metal symphonique.

En 2016, son Ep « Warrior Race », avait recueilli des critiques favorables sur la scène internationale, un disque qui faisait suite à « Turn The Sun Off! », paru en 2012. « Atlantis » constitue donc son second elpee. « Atlantis » désigne, dans la mythologie grecque, les filles du Titan Atlas. C'est aussi le nom choisi par Platon pour évoquer le continent disparu…

Théâtral et mélancolique, « The Awakening » véhicule des accents slaves. Un morceau d’entrée de plus de 14 minutes caractérisé par des chœurs riches et puissants. Une puissance qu’on retrouve sur « The Legacy Of Atlantis » et « Domini Canes ». Plus paisibles, « The Monastery » et « Life Eternal » se distinguent par leurs chœurs grégoriens, un peu dans l’esprit de Muse, Epica ou Dream Theater…

Des chœurs qu’on retrouve encore sur l’emphatique « Love eternal », une plage qui aurait pu naître de la rencontre entre les Chœurs de l’Armée Rouge et un orchestre symphonique, mais sous un angle métallique…

L’intensité monte en puissance tout au long de l’impérial, « Islands In Time »…

L’opus s’achève par un « And I Shall Find My Home » démoniaque et dévastateur.

 

Glass Museum

Deux

Écrit par

Marchant sur les traces de ses modèles que sont GoGo Penguin, BadBadnotGood et probablement Grandbrothers, Glass Museum possède un talent indéniable et une dextérité musicale bluffante pour sonder jazz et classique, tout en y ajoutant une multitude de touches électroniques, conférant à ses morceaux une évidente modernité. Martin Grégoire et Antoine Flipo parviennent ainsi à agréger cérébralité et émotion sur « Deux », second –étonnant et réussi de bout en bout– album enregistré au sein des studios Rubens. Lors des sessions, ils ont été épaulés par Haring, Sun Glitters, DC Salas et Monolithe Noir à la mise en forme. Une belle prouesse réalisée par ce tandem tournaisien…

Amen Dunes

Freedom

Écrit par

Amen Dunes, c’est le projet solo de Damon McMahon et « Freedom » constitue son cinquième essai. Produit par Chris Coady (Beach House), ce disque devrait assurément figurer à la plus haute marche de sa discographie. Difficile de décrire sa musique tant ses morceaux dominés par un vibrato sont emplis d’émotion (« Believe ») et regorgent de nuances. Il s’agit bien de rock, mais il est teinté de folk, déborde de points de tensions émotionnels (« Miki Dora »), autorise des chemins de traverse (« Skipping School » et son harmonica halluciné) ou célèbre des moments de pure épiphanie (« L.A. »), des compos qui véhiculent des textes introspectifs et cryptiques. Amen Dunes parvient à emmener le ‘classic-rock’ vers d’autres sphères intemporelles, comme Adam Granduciel était parvenu en compagnie de ses formidables The War on Drugs. Définitivement l’un des albums de l’année… Amen.

 

Dominique A

Toute latitude

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La sortie d’un album de Dominique A constitue toujours un événement au sein dans la sphère musicale…

Se réinventer de manière systématique sans s’éloigner de l’essence même de cette culture qui l’habite depuis toujours et dont lui seul maîtrise la recette, telle pourrait être la préface d’un ouvrage consacré à cet artiste unique en son genre…

Si son dernier essai « Eléor » et son titre éponyme avaient permis aux médias les plus critiques de souligner une absence de risques et une pop trop léchée, « Toute latitude », premier des deux disques d’une année particulièrement prolifique (un second « La Fragilité », paraît en octobre), revient à des fondamentaux ; et notamment grâce au recours à la Tanzbär (NDR boîte à rythmes fabriquée outre-Rhin).

Le résultat révèle des morceaux très susceptibles d’embrasser une forme abrupte tout en lorgnant vers la new wave et ses séquences rythmiques métronomiques, mais aussi des chansons plus chaleureuses à la douceur des flammes d’hiver, à l’instar de la plage d’ouverture ou encore « Aujourd'hui n'existe plus »…

Si l’exercice de style dénote un vrai goût pour l’indépendance des diktats contemporains, le côté synthétique de certaines plages peut vite souffrir d’une linéarité non maîtrisée et glaciale (« Les deux côtés d’une ombre »).

Le gaillard innove toutefois aussi en utilisant la technique complexe du ‘spoken word’ (« Se décentrer »), exercice auquel il s’était déjà essayé en 1990 (« Fossette ») ; ce qui apporte une touche un peu plus percutante et incisive à la narration presque incantatoire des mots prononcés par l’artiste...

Bref, Dominique Ané, à l’état civil, flirte davantage avec l’écrin que la plume, dans un ouvrage qui balaye un genre assez large tout en berçant l’auditeur d’histoires tantôt touchantes et minimalistes parvenant à transformer une banalité en tragédie (« La mort des oiseaux »), voire militantes et percutantes lorsqu’il dénonce l'urbanisation à outrance (« Le reflet »)… le tout modestement, mais allègrement…

Wolfheart

Constellation Of The Black Light

Écrit par

Ce band finlandais réunit Tuomas Saukkonen (guitare, chant), Mika Lammassaari (guitare solo), Joonas Kauppinen (drums) et Lauri Silvonen (basse, chœurs). « Constellation of the Black Light » constitue son quatrième opus. Il succède à « Tyhjyys », paru en 2017. Son style ? Le death métal mélodique.

Découpé en 7 pistes, cet opus s’inspire de la beauté et la froideur du pays natal des membres du groupe. Tuomas signale que la détermination et la persévérance ont été nécessaire pour graver cet LP, et qu’il a fallu franchir certains obstacles afin d’y parvenir. Le quatuor est cependant fier du résultat.

D’une durée de 10’, « Everlasting Fall » s’ouvre par des sonorités de cordes semi-acoustiques, au sein d’un climat paisible. Le ressac arrive peu à peu et le death metal revient au galop. Les percussions explosent et le chant hurlé de Tuomas nous prend à la gorge. Et pour « Breakwater » (voir vidéo ici), ce sont des notes d’ivoires qui amorcent discrètement la piste. Un riff de gratte suscite l’inquiétude avant que les cordes ne se fracassent sur la digue au cœur de laquelle le chant guttural finit par trouver l’ouverture.

« Forge With Fire » se répand comme une coulée continue…

Particulièrement mélodieux, « Defender » est hanté par le démon des ténèbres…

« Warfare » prône un black métal originel, torturé et sauvage.

Caractérisé par ses riffs ronflants, « Valkyrie » est d’une efficacité militaire, un morceau sur lequel vient se poser quelques accords de piano. Dynamisée par une batterie dévastatrice, la ligne rythmique sert de tremplin à des envolées de 6 cordes acrobatiques.

Wolfheart se produira en concert au Biebop de Vosselaar le 18/11/2018

 

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