Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

Enregistré sous Ex:Re

Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

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My Baby

Moins percutant que l’an dernier…

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Un an plus tôt, jour pour jour, My Baby faisait salle comble au Club de l’AB. De retour au même endroit, mais à l’AB Box, la formation n’a attiré, ce samedi 6 octobre, qu’un peu moins de 300 âmes. Elle est venue défendre sont quatrième elpee, « Mounaiki», gravé cette année, un disque qui fait suite à « Prehistoric Rhythm », paru l’an dernier. Etabli à Amsterdam, le trio a été qualifié de ‘Next Big Thing’ par le programmateur du festival Glastonbury…

Le supporting act est assuré par John Fairhurst, considéré comme la relève des ‘guitar heroes’. Certains médias estiment même qu’il s’agit du digne successeur de Hendrix ou du fils naturel de Clapton. On le compare même parfois à Robert Johnson, Muddy Waters, Jack White ou encore Jimmy Page. Il est également très fier d’avoir eu l’occasion de jouer aux côtés de certains de ses modèles et tout particulièrement Johnny Winter ainsi que le Ten Years After. Aux States, on lui a décerné le titre de meilleur joueur de Resonator au monde.

Tour à tour hantée par Howlin’ Wolf, Tom Waits, Captain Beefheart ou Mark Lanegan, sa voix est grave, profonde et suave. Rythmé et coloré, son blues nous plonge tout droit dans le  delta du Mississipi. Et manifestement, aux six cordes, il impressionne et mérite les références susvisées. Le set s’achève par une jam de plus de 10 minutes au cours duquel John et son drummer vont multiplier les duels, en étalant toute leur technique et leur feeling…

My Baby réunit la fratrie Cato et Joost Van Dijk, respectivement chanteuse/guitariste/violoniste et drummer, ainsi que le prodige de la six cordes Daniel ‘Da Freez’ Johnston, homonyme autiste du génie folk américain. Les deux premiers sont bataves, le dernier, néo-zélandais, un musicien qui a tout assimilé chez George Harrison, Jimi Hendrix, Larry LaLonde (Primus) et Tom Morello (Rage Against The Machine).

A l’aide d’un médiator ou sans, selon, Johnston élabore les structures des compos, compositions qui mêlent psychédélisme, rock, blues, world orientale et électro. Le set débute par une « Intro » tribale et déroutante, un morceau qui reflète parfaitement le climat du nouvel opus. Incantatoire, la voix de Cato fait des arabesques, un peu comme une petite fille asiatique. Les interventions au dobro de Daniel, toujours coiffé d’un chapeau surmonté d’une plume, sont répétitives et teintée de delta blues. Joost est planté sur une estrade, en plein milieu du podium, légèrement en retrait. Il participe circonstanciellement aux vocaux et se sert d’une machine pour dispenser des beats électro. Cato pince les cordes de sa gratte, comme une basse, tout en privilégiant les trois supérieures. A trois reprises, elle va changer de tenue. La première lui confère une allure de geisha. En salopette flashy et multicolore, la seconde nous renvoie à la période glam/rock des seventies. Enfin, la dernière, plus sexy –body à franges et jupe courte, mais coiffée d’une perruque de couleur jais– correspond davantage aux adeptes de l’électro/swing. Pendant ses absences, les autre musicos en profitent pour expérimenter.

Le set va nous réserver des titres particulièrement groovy, comme « Supernatural Aid » ou « Shadow Dancer », d’autres trempés dans le trip hop, dont « Borderline », mais également électro/swing, parmi lesquels « In The Club » mérite assurément son titre. « For A Change » nous entraîne au cœur du désert, celui que traverse un Tinawiren éclairé. Enfin, Cato empoigne son violon, de couleur noire, et en pince les cordes machinalement, tout au long de « Love Dance Remedy ».

Bref, à l’instar de « Mounaiki », titre maître du dernier elpee, votre serviteur éprouve davantage de difficultés à pénétrer dans l’ambiance de ce concert qui quoique déconcertant se révèle bien moins percutant que celui accordé, à l’AB Club, l’an dernier. Un peu avant la fin du set, il décide d’ailleurs de tirer sa révérence…

Setlist : « Intro », « Mounaiki », « For A Chance », « Supernaturel Aid », Bordeline », « Shadow Dancer », « In The Club », «  Silhouette », «  Vigilante »,« Master Of War »/ « Bless You », « Love Dance  Remedy », « Sunflower », « Juno », « Shameless », « Seeing Red Uprising », «  Make A Hundred ».

(Organisation : Ancienne Belgique)

Suede

Intemporel…

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Assister à un concert de Suede est toujours une expérience unique. Et si on y croise des sosies de Brett, le chanteur à la dégaine unique, c’est parce que les quadragénaires reconnaissent en lui l’incarnation du sex symbol absolu. Et ce soir sera une soirée bien particulière, car il ne s’agit que de la deuxième date de la tournée, entamée la veille, jour de l’anniversaire d’Anderson, à Berlin.

Mais avant de découvrir « The Blue Hours », le 8ème opus du groupe, en ‘live’, place à Gwenno, programmée en première partie. Et force est de constater que ce set va se révéler une toute bonne surprise. Signé chez Heavenly Records, label mythique qui a hébergé Slowdive et d’autres gloires à l’époque des shoegazers, Gwenno Mererid Saunders s’est échappée des Pipettes (NDR : en compagnie desquels elle a enregistré un album, après avoir remplacé la chanteuse originelle), pour se consacrer désormais à sa carrière solo… Particularité, elle chante en en gallois voire en cornique, dialecte de la région des Cornouailles. Fervente disciple de cet idiome en perdition, elle transforme toutes ses chansons en curiosités linguistiques. Et il faut admettre que sa démarche fonctionne, y compris face à un auditoire, clairsemé au départ, mais conquis à mesure que les titres défilent. Entre une jeune Chrissie Hynde pour le look et Björk pour la voix, son concert est aérien, constellé de moments de grâce, naviguant quelque part à la croisée des chemins du shoegaze et de la new wave. Entre chaque titre, Gwenno nous encourage à apprendre des langues en voie de disparition. La poésie singulière qui nourrit ses compos et les anecdotes qu’elle raconte nous ont permis de passer un agréable moment en attendant la tête d’affiche…

Car un concert de Suede se vit, se danse et communique d’excellentes vibrations… Suede, c’est 25 ans de carrière, une séparation, 8 albums et une verve intacte, probablement le seul représentant de la britpop qui s’en est sorti parce qu’il a continué à proposer une musique de qualité. Brett pourrait d’ailleurs écrire un manuel sur la manière de diriger un team tant il se donne toujours à fond.

21 heures tapantes, Brett apparaît en ombres chinoises et se dévoile doucement sur le 1er titre de l’opus en s’époumonant : ‘Here I am !’... et comment qu’il est là !!! « As one! », première plage du nouvel album est parfait pour introduire langoureusement le combo, dont le dernier concert accordé en Belgique, remonte à deux ans. Les guitares sont denses, sombres, et le morceau s’achève brutalement pour mieux enchaîner par « Wastelands » et faire la part belle, en ce début de set, à « Blue Hours ». Brett tend les bras et la salle s’enflamme. Elle n’attendait que ce geste pour littéralement exploser, malgré le côté calme, mais intense des deux premiers morceaux. Il ne faudra pas cependant pas attendre plus longtemps pour que le naturel de Brett revienne au galop. Dès le 3ème morceau, « I do not know how to reach you », toujours issu du dernier LP, chemise déboutonnée, cheveux au vent, il serre les premières mains...          

Brett harangue la foule et aligne les classiques comme autant de brûlots, transformant l’Ancienne Belgique en une gigantesque piste de danse : « She »,  « We are the pigs » ainsi que « So young », caractérisé par sa guitare si mélancolique, défilent. « Killing of a flashboy » termine cette première salve de hits. Rarement joué en live, cette flip side de « We are the Pigs », issue du premier long playing, constitue un des moments forts de la soirée.

L’ambiance descend d’un cran à l’entame de « Tides ». Le climat devient plus sombre, à l’instar de « Roadkill » au cours duquel Brett déclame plus qu’il ne chante.

« Sabotage » est subliment réarrangé pour mieux enchaîner sur « No Tomorrow », un des titres phare de « The Blue hours ». Les guitares crissent pour mieux se préparer à un retour dans l’histoire du groupe : « Filmstar », « Metal Mickey », « Trash », « Animal Nitrate » sont autant d’occasion pour Brett d’aller prendre un bain de foule qui exulte littéralement.

L’ambiance se feutre, le groupe dépose ses instruments à l’exception de Brett qui revient sur le devant de la scène, guitare à la main pour entamer « Europe is our Playground », seul, à la sèche. Sa voix est magnifique, pure et rocailleuse. Le concert s’achève par deux titres plus paisibles, « The Invisible » et « Flytipping », alors que le public attendait des morceaux plus énergiques…

Suede referme la soirée par « Beautiful ones », toujours aussi fédérateur et « Life is golden ».

Depuis 25 ans, Suede a toujours résisté à la tentation de se transformer en autre chose que Suede. Il a certes évolué, mais son ADN est intact et c’est sûrement ce qui le différencie des autres groupes de l’époque qui n’ont pas résisté à l’assaut du temps…

(Organisation : Live Nation)

Black Mirrors

Le vampire ne se reflète pas dans un miroir…

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C’est dans le cadre des Coca-Cola Sessions, qui se déroulent à l’Ancienne Belgique, une initiative destinée aux découvertes, tant belges qu’internationales, que Black Mirrors se produisait ce jeudi 27 septembre. Issu du Brabant wallon, il est venu défendre son nouvel opus, « Look into the Black Mirrors », paru fin août dernier. Un disque qui fait suite à deux Eps, un éponyme paru en 2014 et « Funky Queen », en 2017.

Le supporting act est assuré par Bulldozer & The Machine Guns. Des potes aux musicos de la tête d’affiche ! Le line up implique le guitariste/chanteur John No Way, le bassiste Thomas Maisin et le drummer Grégory Bourguignon (NDR : il milite également chez Solkins). Ce dernier, pieds nus, semble particulièrement cool. Essentiellement instrumentale, l’expression sonore du trio baigne dans un psyché/stoner qui écrase tout sur son passage…

Quant à la musique de Black Mirrors, elle est le fruit d’un cocktail entre stoner, punk, rock, et métal. Ce quatuor réunit le guitariste Pierre Lateur, le bassiste Loïc Videtta (Mango Moon), le drummer Paul Moreau ainsi que la chanteuse Marcella Di Troia.

Vers 21 heures, Pierre grimpe sur l’estrade et entame un solo de guitare, une intervention immédiatement suivie par des sonorités de cymbales. Cape noire sur le dos, et la rituelle ligne noire sous les yeux, comme maquillage, Marcella me fait penser à une chauve-souris, prête à dévorer ses proies, avant de les vider de leur sang… et pourtant le vampire ne se reflète pas dans les miroirs, aussi nombreux soient-ils, et de couleur noire…

Dans un halo de couleur bleue, le set s’ouvre par « Shoes for booze », morceau d’entrée du nouvel opus. Les riffs hendrixiens de Lateur font mouche et bénéficient du soutien de la solide section rythmique, basse/batterie. 

Véritable show woman, Marcella arpente les planches de long en large en trimballant son pied de micro, bien attaché sur son support. Elle se déhanche sauvagement, harangue les spectateurs des premiers rangs et déploie ses ailes pour mieux les vampiriser… Un projecteur la suit à la trace. Tout au long du concert on sent une grande complicité entre le gratteur et la chanteuse. Des aficionados déploient des affichettes sur laquelle on peut lire ‘We Love Black Mirrors’. Davantage introspectif, « Inner Reality » s’achève dans un climat psyché/atmosphérique. Petit problème de balance entre l’instrumentation et la voix de Marcella, qui pourtant imposante, ne parvient plus à émerger de l’expression sonore, lors des titres les plus nerveux. Souci réglé à partir de « Moonstone », un morceau plus paisible, presque dispensé en format acoustique. Ancienne compo, « Canard Vengeur masqué » met en exergue les percus.

Lors du premier rappel, « Whispering Ghost » est proposé quasi-unplugged. Le spectre de Robert Plant plane… Après une excellente cover du « Kick Out The Jam » du MC5, le band nous réserve une nouvelle version, plus bluesy, de « Lay My Burden Down », un titre au cours duquel la voix grave, rocailleuse, de Marcella, monte dans les tours en concédant des inflexions à Beth Hart voire à Janis Joplin. Un chouette concert qui confirme le potentiel de Black Mirrors, une formation dont la reconnaissance à l’étranger ne devrait tarder…  

Setlist : « Intro », « Shoes For Booze », « Funky Queen », « The Mess », « Inner Reality », « Cold Midnight Drum », « Mind Shape », « Moonstone », « Canard Vengeur Masqué », « Lay My Burden Down », « Till The Land Wind Blows », « Burning Warriors »

Rappel : « Whispering Ghost », « Kick Out The Jam », « Lay My Burden Down »

(Organisation : Ancienne Belgique / Coca-cola sessions)

Photo : Mehdy Nasser

Pierce Brothers

Un esprit pas aussi fatigué qu’ils ne le prétendent…

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La fratrie Pierce réunit Patrick et Jack. Originaires de Brisbane, ces multi-instrumentistes ont pris de la bouteille, en se produisant dans la rue, à Melbourne. Ce qui explique sans doute leur sens inné du ‘live’, prestations au cours desquelles ils libèrent une énergie capable de faire bouger le public de salles entières, mais également de festivals, à travers le monde. Ce jeudi 4 octobre, les frangins sont programmés au Reflektor à Liège, une salle conviviale qui peut accueillir un peu moins de 600 âmes. Et ce soir, elle est sold out.

Soham De a été invité à assurer le supporting act des Pierce Brothers, pour cette tournée, annoncée à guichets fermés. Agé de 21 printemps, il est originaire de Durham, en Angleterre. Depuis la sortie de son premier single, « Confession », paru en mars dernier, sa popularité est montée en flèche. Et son premier Ep 4 titres, « The Next Nowhere », ne fait qu’accentuer cette notoriété. La presse insulaire le compare déjà à Isaac Gracie, Newton Faulkner voire même Daniel Docherty. C’est la toute première fois qu’il se produit en Belgique.

Soham grimpe sur l’estrade, armé de sa gratte semi-acoustique. Il ouvre son set par le délicat « Foreign Tree ». Déjà son toucher de cordes en picking est impressionnant. Légèrement graveleuse, sa voix est chargée d’intensité et quand elle prend son envol, on en attrape des frissons partout. Malheureusement, pas de trace d’ivoires ou de violons sur la ballade lumineuse « I Don’t Want This To Be Over », ni d’extrait de son nouvel Ep. Dommage ! N’empêche, il serait intéressant de le revoir, en format électrique, car ce gars est bourré de talent…

Setlist : « Foreign Tree », « I Don't Want This To Be Over », « Sidelines », « I'll Give You A Chance To Prove Me Wrong », « Brave », « The End »

Ce soir, The Pierce Brothers va nous présenter de larges extraits de son dernier elpee, « My Tired Mind » (Trad : mon estprit fatigué) , gravé l’an dernier, ainsi que quelques titres du futur opus, « Atlas Shoulders », dont la sortie est prévue pour fin de ce mois d’octobre …

Jack se consacre aux percus (tom basse, tambour africain, cymbales), mais aussi au didgeridoo (instrument à vent aborigène) ainsi qu’à l’harmonica. Pat se réserve la guitare, qu’elle soit sèche, électrique ou semi-acoustique. Et imprime le tempo à l’aide d’une grosse caisse, en appuyant sur une pédale, posée devant son pied gauche.

Jack est en forme, il salue le public en s’exprimant dans un parfait français. « Amsterdam » est la ville ou le succès de la paire a débuté, en Europe. Et c’est par cette chanson que le concert s’ouvre. Dès le début du show, Jack ne tient pas en place, et frappe ses baguettes sur tout ce qui peut servir de percus. Même sur le sol et les baffles. Les ‘oh’ fusent dans l’auditoire. Pat se concentre sur sa gratte semi-acoustique. Ce titre met déjà le feu dans la fosse au sein de laquelle les spectateurs se mettent à danser. Jack se charge des présentations et signale que son frère recherche une fiancée. Ce qui déclenche l’hilarité dans l’auditoire. « Black Dog » embraie, une compo qui nous entraîne de l’autre côté de l’Atlantique. Dans les grandes plaines, plus précisément. Jack souffle dans son harmonica alors que Pat balise de ses cordes ce titre aux accents country/americana. D’abord plus paisible, sa fin de parcours est cependant dynamisée par les percus. Et chaque fois qu’elles montent en puissance, la température monte d’un cran. Régulièrement, Jack sollicite la foule pour reprendre les refrains ou frapper dans les mains. Il a empoigné une six cordes électrique avant d’attaquer « Keep In Mind », un morceau qui se distingue par les harmonies vocales à deux voix. Titre le plus populaire du band, « It’s My Faut » met le feu dans la fosse. Jack souffle dans son didgeridoo alors que son frère continue sur sa gratte dont il triture les cordes presque à la rupture. « Follow Me Into The Dark » prône le calme avant la tempête. Qui s’abat tout au long d’« Overdose », un morceau au cours duquel Jack cumule micro et percussions. Il tapote à nouveau ses baguettes sur le bord de la gratte de son frère. Energique, ce morceau de folk adopte un profil davantage yankee (NDR : pensez au boss !) qu’antipodal. Et dans la foulée, « Juno » est de la même veine. « Golden Times » constitue le sommet du spectacle. Pat est à la sèche. Jack empoigne son didgeridoo et colle l'harmo devant la bouche de son frère. Tonnerre d'applaudissements dans l’auditoire ! Jack martèle encore le plancher à l’aide de ses baguettes. Et avant de souffler derechef dans son didgeridoo, il replace l’harmo devant les lèvres de Pat. « Brother » achève le set. Si les harmonies vocales sont savoureuses, la compo vous incite surtout à esquisser un pas de danse.

En rappel, le tandem va nous accorder deux titres, « Self Portrait » et « Flying Home ». Une belle prestation de 100 minutes accordée par deux artistes attachants, et dont l’esprit n’est pas aussi fatigué qu’ils ne le prétendent…

Setlist : « Amsterdam », « Black Dog », « Keep In Mind » , « It’s My Fault », «  Follow Me Into The Dark », « Overdose », « Trip Lovers », «  Juno », « The Records Were Ours », « Tallest Teepee In Town », « Blind Boys Run », « Take A Shot », « Genevieve », « Golden Times », « Brother ».

Rappel : « Self Portrait », « Flying Home ».

(Organisation : Reflektor)

Seno Nudo

Any common sense

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Avant d’opter pour le patronyme Seno Nudo, cette formation sévissait sous celui de La Tentation Nihiliste ; elle avait même publié un Ep, intitulé « One year without sex », en 2014. Réunissant les guitaristes Yasmina H’mamou et Pierre Constant, la bassiste Sonia Hoge, ces trois musicos participant également aux vocaux, ainsi que le drummer Gérald Bouchat, elle pratique une forme de noisy/shoegaze plutôt complexe, mais qui tient parfaitement la route. Bien que pour la plupart mélodieuses, contrastées, les compos se caractérisent par de fréquents changements de rythme et s’achèvent volontiers dans des finales éruptives. Les harmonies vocales sont tour à tour claires, lancinantes, désabusées, proférées en retrait ou même déclamatoires, « We always know » ressemblant même à une scène de ménage, probablement extraite d’un film. On pense tour à tour à Jesus & Mary Chain, My Bloody Valentine, Slowdive, Blonde Redhead, les Breeders, les Pixies, Throwing Muses, et surtout Telescopes, lorsque les cordes de gratte se mettent à grésiller ou à crépiter, si vous préférez… Excellent !

The Moondoggies

A love sleeps deep

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The Moondoggies est un quintet issu d’Everett, dans l’Etat de Washington dont la musique est plutôt proche Traveling Wilburys. Pas étonnant, puisqu’elle puise allègrement dans les seventies ; depuis Lynyrd Skynyrd à Poco, en passant par Blind Faith et Tom Petty & The Heartbreakers. Le tout remis au goût du jour. Et le résultat est plutôt sympa. Claviers rognés, riffs de gratte qui déchirent, joyeusement discordants, qui s’autorisent l’un ou l’autre envol ou encore pedal steel alimentent une expression sonore dense et savoureuse qui devrait plaire aux nostalgiques d’une certaine époque… Epique, le dernier morceau de l’opus, « Underground (A love sleeps deep) » nous entraîne même au cœur d’un univers floydien, à mi-chemin entre « Animals » et l’« Echoes » de « Meddle », alors que plus contemporain, « Promises » épouse un profil proche des Dodos…

 

Johnny Marr

Call the comet

Écrit par

Après avoir milité, comme guitariste, chez les Smiths, Johnny Marr a participé à différents projets, dont Modest Mouse, The The et The Electronic. Ce n’est qu’en 2013 qu’il s’est décidé à se lancer dans une carrière en solitaire, même si en 2003, il avait publié un elpee en compagnie d’un groupe baptisé The Healers. Bref, en tenant compte de ce premier essai, « Call the comet » constitue son quatrième long playing solo. Et c’est une franche réussite ! D’abord sa voix passe beaucoup mieux la rampe. Et elle sert de nombreuses compos mélodieuses au cours desquelles ses interventions de guitare, tour à tour limpides, épiques, palpitantes ou explosives font vraiment la différence.

Lumineux, « Rise », morceau d’ouverture, révèle une voix charismatique. Gravé en single, l’enlevé « The Tracers » nous réserve, comme chœurs, des ‘ouh ouh’ rappelant le « Sympathy for the devil » des Stones. « Hey angel » aurait pu naître de la rencontre entre le glam de T Rex et la britpop de Hurricane #1. De la britpop qu’on retrouve lors du titre final, « A different gun », mais dans l’esprit de Cast, une compo qui pose une réflexion sur l’attentat terroriste, commis à Nice, en 2016. Une forme de pop/rock bien british qui alimente « Hi hello », une piste dont les arpèges de gratte rappellent le « There is a light that never goes out » des Smiths. Mais également, « Day in day out », même s’il lorgne plutôt vers Icicle Works. Mais cet LP nous réserve d’autres surprises. A l’instar de l’électro dark « New Dominions », un morceau narratif inspiré par Suicide et Tones on Tail. Du presque prog « Walk into the sea », une plage envoûtante, théâtrale et romantique, construite en crescendo. Du sombre « My eternal », piste sise à la croisée des chemins du New Order originel (les arrangements), de Cure (ces synthés), d’Echo & The Bunnymen (la voix) et de Sad Lovers & Giants (l’atmosphère). Funky est spasmodique, « Bug » aurait pu figurer au répertoire de Lenny Kravitz. Enfin, si la mélodie de « Spiral cities » est digne de Tears For Fears, celle d’« Actor attractor », nonobstant son tempo krautrock et des percus ‘joydisionesques’, adopte une démarche plutôt proche de Depeche Mode…

Côté textes, Marr imagine un monde meilleur, au cours duquel l’être humain pourrait vivre au sein d’une société privilégiant la bienveillance, la curiosité et l’intelligence au détriment du profit et du pouvoir.

 

Un must !

Lofofora

Simple Appareil

Fondé en 1989, Lofofora est un formation parisienne réunissant le chanteur Reuno Wangermez, le bassiste Phil Curty, le guitariste Daniel Descieux et le drummer Vincent Hernault, même si ce dernier est parti faire le tour du monde à vélo, en compagnie de sa compagne. Kevin Foley (Benighted, Abbath, Sepultura, Sabaton, Nostromo), le supplée pour l’instant. Bien que pratiquant du métal, ce groupe tente régulièrement des expériences audacieuses. Dix-sept ans, plus tôt, il avait ainsi adapté « Madame rêve » d'Alain Bashung, « La Chanson Du Forçat » de Serge Gainsbourg et « Vive Ma Liberté » d'Arno. Et sur son nouvel opus, le challenge est tout autre, puisque le long playing a été enregistré en format acoustique. Mais pas de reprises, ni de morceaux issus de son répertoire. Rien que des nouveaux titres !

Reuno ouvre les « Les Boîtes » d’une voix déclamatoire pour incendier la société contemporaine. Le refrain est sans doute moins ténébreux que d’habitude, mais la piste reste tourmentée. Et « La Dose » véhicule un discours tout aussi engagé.

Fruité, « L’appétit » vient en mangeant. Une compo qui a la pêche.

Mathématiquement, ce « Théorème » est accessible aux aficionados de Noir Désir…

Reuno se découvre l’âme d’un poète, tout au long du vivifiant « Troubadour »…

Et lors du fragile « Les Anges » ainsi que du culpabilisant « La Splendeur » (de nos erreurs),la voix de Reuno semble hantée par Jean-Louis Murat, mais sans jamais parvenir à en reproduire le timbre…

Plusieurs compos sont empreintes de mélancolie. A l’instar de « L’Histoire Ancienne », une plage qui traite d’une relation amoureuse de longue durée, mais dont l’issue est fatale. De « Day Off » ou encore de « Sven », un morceau qui rend hommage à leur pote Sven Pohlhammer (NDR : notoire pour ses tenues excentriques, ce guitariste qui militait chez Parabellum est malheureusement décédé en 2017, trois ans après Schultz). Faut-il le rappeler, tout ces musicos, comme ceux de Lofofora, ont participé et participent encore aux aventures ponctuelles du Bal Des Enragés…

Nerveuses et orientales, les cordes de grattes acoustiques rappellent l’album « III » du Led Zeppelin, alors que la voix de Reuno est plus écorchée que jamais, sur « Le Martyr », la plage la plus longue de l’opus…

 

Jo Passed

Their prime

Écrit par

Drivé par Jo Hirabayashi, Jo Passed est un quatuor établi à Vancouver, dont la musique puise aussi bien dans la dream pop, le psychédélisme, le grunge, le post punk, la lo-fi, le noisy que la prog, éveillant dans l’esprit, des tas de références, qui oscillent de Mercury Rev à Yes, en passant par les Pixies, The Oh Sees, XTC, Sonic Youth, Deerhoof, Pavement, Broadcast, Mew, Wolf Parade et même Slowdive. Suivant les morceaux, bien sûr. Le dénominateur commun ? La voix claire et androgyne de Jo. Enrichis par une section de cordes (violon, alto, violoncelle) aux sonorités contemporaines, « Left » ouvre l’opus, alors que le noisy indolent « Please, please » l’achève. Et entre stridulation électriques, méandres mélodiques, groove percutant et instrumentation complexe, l’opus parvient encore à se référer à Bob Dylan (« Millennial Trash Blues ») ou encore émettre une critique ironique à l’égard de Facebook (« Facetook »), parmi des pistes qui rivalisent d’originalité. Excellent !

Forth Wanderers

Forth Wanderers

Écrit par

Issu du New Jersey, ce quintet, dont le patronyme s’inspire du nom d’un club de football écossais, a une histoire un peu particulière, puisque Ben Guterl, qui grattait déjà la guitare, était tombé sous le charme de Trilling, une prof de l’école secondaire qu’il fréquentait. Et il lui a envoyé une démo en lui demandant d’écrire les paroles. Ce qu’elle a accepté. De fil en aiguille ils ont commencé à collaborer, avant qu’elle ne rejoigne le groupe, qui va alors graver deux Eps et un premier LP. A la sortie du lycée, les étudiants vont malheureusement s’éparpiller aux quatre coins des States. Aussi, pour continuer l’aventure, ils ont commencé à échanger des fichiers, via Internet. Et ont réussi ainsi à concocter ce second opus. Il sera est éponyme.

Dès la première écoute, on ne peut s’empêcher de penser aux Breeders, à Blonde Redhead voire à Veruca Salt, la voix lancinante, aigrelette, d’Ava Trulling rappelant même celles de Kim Deal, Tanya Donnelly voire Kazu Makino. Un joli clin d’œil adressé aux 90’s, en quelque sorte. Et cette voix dialogue régulièrement avec la guitare de Ben Guterl, et particulièrement tout au long de « Taste » ainsi que de « Never face ». Bien que languissantes et rêveuses, les mélodies finissent toujours par mordre. A cause des riffs de gratte subtilement noisy, acides, alors que la section rythmique est particulièrement soignée et bien maîtrisée. Un seul titre acoustique, « Be my baby », au sein d’un long playing de bonne facture, mais peut-être un peu trop homogène au goût de votre serviteur…

 

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