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Dernier concert - festival

Biohazard 8/8/26
Afghan Whigs

Dirk Da Davo

Moods

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Dirk Da Davo et TB Frank ont fondé Neon Judgement au tout début des eighties. Ce duo et Front 242 sont considérés comme des pionniers de l’electro body music (EBM). La paire s’est séparée et reformée à plusieurs reprises, moments choisis par Dirk pour se concentrer sur son autre projet, Neon Electronics, se consacrer à son label Dancedelicd ou encore entreprendre une aventure en solitaire.

Cette compile réunit des morceaux récents de Da Davo publiés en numérique sur son label. Des titres qui titres figuraient sur les Eps « Protest », « DDJMX », enregistré sous la houlette de l’ex-TC Matic Jean-Marie Aerts (NDR : pour rappel, d’abord guitariste, mais également producteur, c’est lui qui avait déjà mis en forme le « Blood and thunder » de Neon Judgement », en 1989 !), et « 3DFLY », sous celle de Make Marena, mieux connu pour avoir produit, notamment, des œuvres de Screaming Trees, The The et Bootsy Collins. Et ces deux collaborateurs cosignent chacun 4 pistes. Outre les 12 plages annoncées, le disque recèle deux bonus tracks.

De « Protest », on épinglera « Bound », un titre hanté par New Order, au cours duquel on retrouve les influences c&w de Dirk. Et puis l’hypnotique « Deny it », une morceau imprimé sur un tempo plutôt basique. On ne parvient d’ailleurs pas à déterminer s’il s’agit d’un rythme à deux ou quatre temps.

La patte de Jean-Marie Aerts est particulièrement présente tout au long des plages retenues de « DDJMX », notamment à travers les accords surf/funk de sa gratte (« Attack dogs achieve », « We’re slipping and sliding »), alors que le plus cool « New normality » baigne au sein d’un climat cinématique digne d’Ennio Morricone, une piste introduite par des accords de cordes jouées en picking. 

Hormis l’EBM électrifié « Money back », « 3DFLY » privilégie une forme de disco. Excellent, l’enlevé « How much more » lorgne même vers Pet Shop Boys.

Reste les deux extra tracks. Le premier est expérimental, alors que le second emprunte plutôt un profil indus/funk.

The Little Red Rooster Blues Band

Lock up the liquor

Écrit par

Fondé en 1988, The Little Red Rooster Blues Band nous vient de Philadelphie. Son premier LP, "Homecooked blues", remonte à 1989. Et son dernier, "Highjinx and Tomfoolery", est paru en 2016. "Lock up the liquor" constitue son huitième long playing. Il est sorti dans le cadre du 30ème anniversaire de la formation. Ce quatuor implique le chanteur/guitariste Kevin McCall, l'harmoniciste Dave Holtzman, le bassiste Jeff Michael et le batteur Bob Holden. Lors des sessions d’enregistrement, il a reçu le concours du claviériste Anthony Geraci, pour sept plages. Le band signe l’intégralité de son répertoire. Il reconnaît pour influences majeures, le blues issu de Chicago, du Texas, de la Louisiane et le West Coast Jump.

Shuffle instrumental, "Pitchin' woo" ouvre la plaque, une piste cool au cours de laquelle harmo et piano sont bien mis en exergue. Bob Holden imprime de ses percus, le r&b néo-orléanais "Drinkin' wine on my dime". Autre instru, "Cotton mouth" constitue le sommet de l’opus, une compo qui rend hommage au légendaire harmoniciste, James Cotton ; et Dave Holtzman se révèle digne du challenge. Dans le même registre, ce dernier brille encore et toujours sur le Chicago Westside, "Livin' at Jerry's House". Les interventions d’Anthony aux ivoires sont bouleversantes, hantées par Pinetop Perkins (Muddy Waters Band) même, tout au long de "Nothin' left between us", un blues lent qui baigne dans le Chicago Southside cher à Muddy Waters. Blues lent, "4 o'clock in the morning" bénéficie du concours du chanteur/harmoniciste Steve Guyger, un spécialiste du genre. Le titre maître clôt ce long playing. Un jump blues saignant caractérisé par la rencontre percutante entre le piano boogie d'Anthony et les cordes de Kevin. Bien que de toute bonne facture, les morceaux de cet album prennent une toute autre dimension, lorsque Geraci est de la partie…

 

Dennis Herrera

You stole my heart

Écrit par

Dennis est originaire de San Jose, une ville ancrée dans la baie de San Francisco. Ce chanteur/guitariste californien drive son band depuis une bonne dizaine d’années. Pourtant, si son premier elpee, "Blues well done!", remonte à 2007, son deuxième, "Livin' life not worryin'", est seulement paru l’an dernier. Son savoureux cocktail de blues, il le puise aussi bien à Chicago, au Texas qu’en Californie. Il signe les 11 plages de ce troisième LP. Une œuvre dont les sessions se sont déroulées aux studios Greaseland de Kid Andersen, dans sa bonne ville de San José, ainsi qu’au sein de l’Ardent de Los Angeles. Pour la circonstance, il a reçu le concours de redoutables musiciens. 

Quatre plages ont été mises en boîte à Greaseland, dont l'ouverture "You stole my heart". Très rapide, ce boogie blues est un véritable brûlot. Sid Morris se déchaîne sur ses ivoires, alors que le notoire Jack Sanford (NDR : il a notamment côtoyé Rick Estrin & The Nightcats, Mark Hummel, Chris Cain ou encore Nick Moss) brille au saxophone. R&b classique, "Look out" se distingue par ses échanges entre l'orgue de Rich Wenzel et le sax. Les cordes de Dennis et le piano de Sid sont bien mis en exergue tout au long de l’instrumental très West Coast, "You can name it".

Le reste a été immortalisé à LA. Dont "Recovery", un blues/jazz aux accents latinos, caractérisé par des notes de guitare singulières. Blues nerveux, "Backed-up" est le fruit de la rencontre entre l'harmonica de Denis Depoître et le piano de Rich Wenzel. Deux titres sont exécutés en formule trio, guitare/batterie/orgue Hammond (NDR : les parties de basse sont jouées à l’aide des pédales). Tout d’abord le blues lent classieux, "My past time". Puis le shuffle rythmé classique, "Run with the losers". Enfin, Dennis Herrera est seul pour attaquer le morceau final "Bittersweet", un titre acoustique au cours duquel il se consacre au chant et aux cordes…

 

The Proven Ones

Wild again

Écrit par

The Proven Ones est un supergroupe réunissant des musiciens qui ont milité au sein de formations notoires. Que ce soit Fabulous Thunderbirds, Ronnie Earl & the Broadcasters, Sugar Ray and the Bluetones, Rod Piazza Mighty Flyers, James Harman Band ou Radio Kings. Il implique de grands noms issus à la fois de la Côte Est et de la Côte Ouest des States. Côté East Coast, figure le remarquable chanteur Brian Templeton (ex-Radio Kings) et le claviériste Anthony Geraci (ex-Little Anthony and the Loco-Motives, Sugar Ray, Ronnie Earl). Côté West Coast, le guitariste Kid Ramos, le bassiste Willie J. Campbell et le batteur Jimi Bott, trois musicos qui ont, à un moment ou un autre, sévi chez les Fabulous Thunderbirds. Expérimentés, ces musicos viennent de graver "Wild again", un disque enregistré au sein du studio Roseleaf, à Portland, dans l’Oregon. Les dix plages sont partagées entre propres compos et reprises.

Une intro majestueuse tramée dans les accords d’orgue Hammond et de piano prélude "Cheap thrills", avant que la voix de Brian s’impose, soutenue par les cordes de Kid Ramos qui s’autorise néanmoins déjà, son premier billet de sortie. Toujours aussi entraînant, "City dump" est enrichi de cuivres et se distingue par les envols de la guitare et du sax ténor de Renato Coranto. "Don't leave me this way" baigne au sein d’un climat néo-orléanais, un blues lent cuivré signé Fats Domino et Dave Bartholomew. Lorsqu’il militait chez Fleetwood Mac, Peter Green avait composé "If you see my baby". Quel bonheur d’écouter cette nouvelle version, au cours de laquelle Kid Ramos, bien épaulé par les ivoires d’Anthony, démontre avoir parfaitement assimilé le style et les tonalités immortalisés par Green. Geraci signe "Why baby why", un shuffle qui baigne au sein d’une atmosphère brûlante, ponctué par une nouvelle intervention classieuse sur les cordes. Le "Right track" de Kim Wilson (NDR : extrait de son elpee, "Smoking joint") est un r&b coloré par les interventions au saxophone de Chris Mercer (NDR : ce musicien britannique a participé à l’aventure des Bluesbreakers de John Mayall, au cours des 60’s). La guitare largement amplifiée du Kid balise "Wild again", un blues/rock texan. Très long blues lent, le "Loan me a dime" de Fenton Robinson brille de mille feux. Un excellent opus qui permet à Kid Ramos de démontrer tout son talent dans le style…


 

Rolling Blackouts Coastal Fever

Hope downs

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Après avoir commis deux superbes Eps, ce quintet australien nous propose son premier opus. Un disque remarquable, qui s’inscrit dans la lignée de la scène ‘Dunedin sound’ du label néo-zélandais Flying Nun, dont les artistes ont marqué la scène indie des 80’s. Pensez à JPS Experience, The Chills, The Verlaines, Bailter Space ou encore Able Tasmans. Tout en intégrant quelques références puisées chez Go-Betweens, il faut le souligner ! Vous vous en doutez, la musique du band fait la part belle aux guitares (deux grattes électriques et une sèche), mais aussi aux superbes mélodies qui peuvent se révéler contagieuses, un peu comme chez REM (« Talking straight »). Drums métronomiques et basse caoutchouteuse communiquent un feeling post punk à certaines compos. Les trois gratteurs se consacrent aux vocaux, et leurs voix sont totalement complémentaires. Parfois elles se colorent subtilement de hip hop quand elles n’adoptent pas des inflexions empruntées à Robin Proper-Sheppard (Sophia) et tout particulièrement sur « Exclusive grave ». Dans le style, c’est un des albums de l’année !

 

Power Shake

Go wild!

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Power Shake nous vient de Wallonie picarde, un jeune groupe responsable d’une musique agrégeant, mais sans filtre, boogie, blues, garage, rock et surf. Il réunit le chanteur/harmoniciste Fred ‘The Reverend’ Janus, le contrebassiste Jon Beat, le guitariste/chanteur Jérôme ‘Mister G’ Rasson et le batteur Peyo. Le quatuor roule régulièrement sa bosse, sur les routes wallonnes (NDR : il a ainsi ouvert l’édition 2017 du festival Roots & Roses), mais se produit également à l’étranger ; ainsi l’an dernier, il a tourné en Martinique. Il s’agit de son premier opus, un disque qui a bénéficié du concours de Mathis Dalle, alias the Goon Mat (Boogie Beasts), à la mise en forme…

"You got" ouvre la plaque. Un morceau très rythmé, percutant, stimulé par les claquements de mains. Le Révérend souffle dans son harmo, alors que MJ crache ses premières flammes à travers un riff conquérant. Boogie sans concession, "Boogie House" s’illustre par un son volontairement sale. Cordes et interventions à l’harmonica entrent en osmose pour nous conduire vers la mythique demeure de Doctor Boogie. Appuyé par les accords de Jérôme –qui pour la circonstance se réserve également le chant– le shuffle "Hunting wolf" est marqué au fer rouge par la section rythmique. "Lies" constitue un des sommets de l’elpee. A cause de ce rythme hypnotique, transique, hanté par Howlin' Wolf. Mister J y signe une intervention brillante, allumée, propice au voyage acide et déjanté. Roots, "5 O'clock" est une compo construite en crescendo. "Save my soul" est à la fois écrasant, menaçant et torturé. Réverbérées, les cordes finissent par prendre leur envol. La voix de Fred se détache en nous plongeant au sein d’un passé fréquenté assidûment par Rocky Erickson voire Alice Cooper. Elle est aussi irrésistible pour nous apprendre à exécuter les pas de la "Guacamole dance". Un surf ludique aux cordes métalliques. Les quatre musicos semblent particulièrement soudés tout au long du boogie/rockabilly "The way you love", une piste que Mister G chante habilement, mais frénétiquement. Efficace, "She's so" nous entraîne au cœur du pays des collines du Mississippi, tout en adressant un clin d’œil appuyé au Delta. Une version alternative de "Boogie House" clôt cet LP. Le rythme est totalement différent. The Goon Mat en profite pour pimenter le morceau de percus et de slide. Un nouvel album de Power Shake est déjà attendu, et ne devrait d’ailleurs pas tarder…

 

Xavier Rudd

Un cow-boy rasta dans la peau d’un kangourou…

Écrit par

Xavier Rudd est programmé trois jours à l’AB. Et tous les concerts sont sold out. Ce lundi 17 septembre constitue sa première date. Pour cet Australien, le monde est sa maison. Engagé et sensible à l’environnement, il a conscience que notre planète, à qui il voue un profond respect, doit nous survivre pour toute une éternité. Multi-instrumentiste, il joue aussi bien des percus, de l’harmo, de la gratte (NDR : de préférence une Weissenborn) que du didgeridoo (NDR : plus exactement le yirdaki). Il vénère d’ailleurs la culture aborigène…

Newton Faulkner assure le supporting act. Ce Londonien milite dans la tradition de troubadours, comme Jackson Brown ou James Taylor. Mais il est davantage atypique. D’ailleurs, il lui est arrivé de jouer dans une montgolfière.

Seul sur les planches, il se sert de deux guitares semi-acoustiques et d’une loop machine. Sa voix est capable d’osciller du grave à l’aigu. Son humour décontracte instantanément l’auditoire. Barbu à dreadlocks, il pratique le picking à 3 doigts. C’est sa spécialité ! Il est venu défendre son dernier et sixième opus, « Hit The Ground Running ». Tout au long des deux premiers morceaux, il étale sa technique à la six cordes ; et son toucher est imparable ! Il frappe sur le bord de sa gratte et l’insère dans une boucle pour « Smoked Ice Cream », et en couches, le résultat est impressionnant. C’est d’ailleurs suivant cette méthode qu’il construit chaque piste, à tel point qu’on a parfois l’impression qu’il est soutenu par un véritable orchestre. Dans un français hésitant mais tellement touchant, il lance ‘Bruxelles, bonjour, ça va, une petite chanson. OK.’  Ce qui déclenche l’hilarité dans la fosse. Le sommet de son set est atteint lors de sa version du « Bohemian Rhapsody de Queen (voir vidéo ici)

A vous flanquer des frissons partout ! Une excellente mise en bouche… (Pour les photos, c’est là)

Trois musicos montent sur l’estrade. Terepai Richmond, une jolie drummeuse (percus organiques et pads électroniques), le bassiste Yosef Haile et le claviériste/ Ian Peres. Avant que ne débarque à son tour Xavier Rudd, pieds nus, sous un tonnerre d’applaudissements. Tout au long de ses 2h40 de show, il va nous entraîner au cœur des déserts et bush australiens, mais également sur les plages ensoleillées de Kingston ainsi qu’au Far West. En quelque sorte un cow-boy rasta dans la peau d’un kangourou…

« Honeymoon Bay », extrait de « Storm Boy », son dernier album, ouvre le concert. La scène est plongée au sein d’une pénombre bleutée, mais passe au rouge dès les premiers accords de gratte. La foule frappe déjà dans les mains. Chaleureux, souriant, Xavier attire immédiatement la sympathie, et lui demande : ‘How are you feeling ?’. Les faisceaux lumineux inondent alors la fosse. En fin de morceau, il empoigne un didgeridoo, l’exhibe devant l’auditoire qui s’enthousiasme déjà, et en extrait des sonorités sourdes ou stridentes. Xavier lève le poing vengeur. Terepai et Yoseff frappent sur des percus. Rudd semble cependant apprécier les moments de pause. « Rusty Hammer » nous transporte vers les plages ensoleillées de la Jamaïque, et ce morceau met ‘La Faya’. Et lorsqu’il souffle dans son harmo, alors que Ian tapisse l’ensemble de son orgue Hammond, on ne peut s’empêcher de penser au regretté Bob Marley, flanqué de ses Wailers. L’auditoire reprend le refrain en chœur, alors que Rudd cale sa gratte dans son dos et invite le public à battre des mains. Dans le même registre, mais sur un tempo plus paisible, direction Kingston pour « Come let go ». Le natif de Torquay s’assied, pose sa gratte sur les genoux et la joue en slide, l’harmo toujours au bord des lèvres. Un titre qui communique de bonnes vibrations et l’artiste le souligne. Il demande alors de lever les bras…

En général, ses compos originales sont étirées et les versions ‘live’ peuvent atteindre 8 bonnes minutes. Faut dire que les musiciens improvisent régulièrement. L’expression sonore dérape même parfois dans le psychédélisme. Et lorsqu’elle est découpée dans les riffs graisseux et huileux, le spectre de Jimi Hendrix se met à planer. Outre Bob Marley, c’est une des ses références majeures, Ben Harper et Jack Johnson constituant ses deux autres. Tout au long du set, le bassiste va brandir un drapeau aborigène. Xavier profite de « Follow The Sun », morceau de clôture, pour présenter ses musiciens, moment choisi par chacun d’entre eux pour se réserver un long solo. Mais également, au cours duquel la claviériste s’installe derrière les fûts, alors que Terepai exécute une danse africaine en se consacrant au djembé.

Lors du premier rappel, Rudd va démontrer que c’est un virtuose du didgeridoo, mais qu’il est également capable de jouer des drums en même temps, tout au long de « Lioness Eyes » (NDR : pour vous en rendre compte, vous pouvez cliquer ici). Un concert dont l’intensité émotionnelle atteint alors son paroxysme et vous communique une bonne dose de bonne humeur pour le reste de la semaine… (Pour les photos, c’est ici)   

Setlist : « Honeymoon Bay », « Rusty Hammer », « Come Let Go », « The Mother », « Feet On The Grand », « Come People », « Fly Me High », « Storm Boy », « Messages », « Gather The Hands », « True Love », « Walk Away », « Bow Dawn », « Follow The Sun ».

Rappel : « Lioness Eyes », « Best That I Can », « Spirit Bird ».   

Catherine Ringer

Chroniques et fantaisies

Écrit par

Catherine Ringer et Fred Chichin ont marqué les esprits à bien des égards ! Le duo formé au sein des ‘Rita Mitsouko’ était l’un des plus populaires dans les années 80’, grâce à des titres  totalement décalés tels que « Marcia Baïla », « C’est comme ça » ou encore « Andy ».

Une décennie après la mort de son comparse en 2007 et une vie intensément vécue, la taulière n’a pas pour autant délaissé le micro.

Bien au contraire ! Son deuxième album solo, « Chroniques et fantaisies », résume parfaitement toute l’amplitude incongrue, libertaire et hétéroclite de l’ouvrage.

Se muant en véritable chef d’orchestre, Cath signe les douze chansons de l'album, paroles et musiques. Lorsqu’elle ne joue pas aussi de la gratte, du piano, de la flûte, de la basse tout en accueillant son fils, Raoul Chichin, guitariste du groupe Minuit, aux cordes électriques sur les morceaux les plus rock. Simone Ringer, sa fille, a également participé aux sessions…

Explorant différents genres musicaux rappelant parfois joyeusement les années prospères et aiguisées, à l’instar de "Intermitent Lover", dont l’accent est encore mal maîtrisé, mais copieusement léché par Azzedine Djelil (producteur et ingénieur du son) ou encore un « Senior » vif et fougueux entre musique électronique et funk hésitant à propos duquel on apprend qu’elle a ‘peur de souffrir et de s'enlaidir’.

Le disque emprunte parfois des détours plus mélodiques comme sur « La Petite Planète » ersatz de pamphlet sur l’état de notre terre, lorsqu’il ne surfe pas sur une vague plus rock (« Fier-À-Bras (Essaouira - Paris) ».

Celle qui affiche désormais la soixantaine aime se laisser transporter au gré d’une plume légère, mais profonde. La force de Miss Ringer réside clairement dans la puissance des textes et une musicalité hybride. Cette frénésie favorise des thématiques parfois drôles, parfois croustillantes ou encore caustiques, mais toujours poignantes.

Plutôt lumineux dans l’ensemble, l’ouvrage se laisse assombrir timidement par une pointe de tristesse mélancolique ; ainsi le formidable "Tristessa" rend un hommage poignant à l’intemporalité des sentiments pour un alter ego disparu trop tôt.

Sans véritable fil conducteur, on se laisse bercer par ce livre ouvert, témoin d’une réflexion, en nous offrant un synoptique intransigeant d’une intensité rarement égalée qui va à l’encontre des standards actuels. Parce que clairement, n’y recherchez pas de tubes, vous n’en trouverez pas ! Ou éventuellement « Como va » ! Mais encore faudrait-il qui soit diffusé sur les ondes radiophoniques…

Cette soupe épaisse devrait plaire aux fans les plus avertis. Quant aux autres, l’anticonformisme de la gonzesse pourrait ne pas faire mouche. Elle affiche une singularité qui n’appartient qu’à elle. Vous êtes prévenus !

 

Carolyn Fe

Sugat KO

Écrit par

Cette chanteuse/compositrice/actrice est originaire de Manille, dans les Philippines, mais elle vit à Montréal au Canada. Danseuse professionnelle au départ, elle devient actrice, tout en se consacrant à une carrière musicale, en drivant DD Swank, un groupe pour lequel elle choisit comme pseudo Mama B. Elle chante alors en français, anglais ou espagnol. Dès 2009, elle tente l’aventure en solo, comme chanteuse de blues, et publie l’Ep "Carolyn Fe 100%". En 2011, son album "Original Sin" décroche plusieurs prix, chez elle, au Québec.

"Sugat KO" constitue son quatrième opus. En dialecte philippin, "Sugat KO" signifie ‘ma blessure’ !

"One minute to midnight" ouvre paisiblement l’elpee, une chanson folk tissée dans les cordes  acoustiques et –plus discrètement– électriques, que se réserve Jean-François Hemel. Une formule reconduite tout au long de "Nothin' doin'". Changement radical de style pour "I can't breathe" et "Bring you water", deux blues/rock classiques, largement amplifiés. Tapissées d’arrangements atmosphériques, les deux pistes se distinguent par leurs excellents échanges de cordes. "Sugar" et "Howzat" constituent les deux meilleures plages du long playing. Sur la première, Miss Fe déclame au cœur d'un environnement déjanté au sein duquel s’enfoncent les deux guitares bien allumées. Blues/torturé, la seconde semble tourner au ralenti. La voix émerge d’un faisceau de grattes tourmentées et déglinguées, au cœur duquel une slide meurtrière finit également par jaillir. "Jerusalem's thorns" est interprété presque a cappella par deux voix féminines ; seules les percussions lugubres de Brandon Goodwin plantent le décor sonore. Le très lent "All that matters" baigne paradoxalement au sein d’une forme de douceur, mais aussi de torpeur, un morceau dépouillé qui laisse cependant filtrer des cordes subtiles et fragiles…

 

Alastair Greene

Live from the 805

Écrit par

Alastair Greene s'est forgé une solide réputation au cours de ces dernières années. Il drive avec bonheur son propre trio de blues rock, au sein duquel il chante, compose et joue de la guitare. Il vit à Santa Barbara, en Californie. Agé aujourd’hui de 47 ans, il est passé du piano au saxophone, avant d’opter pour la gratte. Il a côtoyé le célèbre producteur anglais Alan Parsons. Son Alastair Greene Band compte désormais plus de vingt années d'existence. Son dernier elpee, "Dream train", date de moins d'une année. Et son nouvel essai est live et double. Il a été immortalisé au Soho Music Club, chez lui, à Santa Barbara et réunit vingt titres, pour la plupart, issus des deux derniers opus studio, "Dream Train" et "Trouble at your door". Son backing group implique le bassiste Jim Rankin et le drummer Austin Beede. La formule trio favorise des envols d'un bout à l'autre du concert. Un set homogène, mais d’où émergent quelques titres. 

Et tout particulièrement, sur le premier compact disc, "Big bad wolf", un boogie dominé par la voix, mais dont les interventions de guitare sont très susceptibles de rappeler un autre trio, mais notoire, ZZ Top! Lors de "Say what you want", le tempo est imprimé sur celui du célèbre Bo Diddley, par Austin Beede. Il est mid tempo sur le "Love so strong" d’Albert King, et Alastair s'y révèle aussi insatiable qu’infatigable. Enfin, la slide est vraiment impressionnante tout au long de "Down to Memphis". 

Les musicos sont maintenant ‘chaud boulette’. Blues/rock, "Dream train" est emporté par le rythme du chemin de fer ; et la slide est à nouveau indomptable. "Back where I belong" est sculpté dans du boogie pur et dur. Blues lent, "Last train around the sun" lorgne à nouveau vers ZZ Top. Swamp blues rock, "Love you so bad" se signale par ses cordes intarissables, trempées dans la reverb. Sommet de l’œuvre, "The other way" se distingue par une longue intro exécutée par la basse de Jim Rankin, avant que singulières, les cordes pénètrent au sein d’un univers, autrefois hanté par les Doors, à l’époque de "L.A Woman". Superbe!

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