Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

Un diptyque pour Then Comes Silence

Le trio post-punk suédois Then Comes Silence s'apprête à publier « Requiem Ballroom ». Ce huitième long playing est attendu pour le 20 novembre 2026 sous la bannière de Metropolis Records. Pour faire patienter l'auditoire, la formation menée par Alex Svenson…

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Dernier concert - festival

Gary Numan
Ora Cogan

Indochine

Intergalactique…

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Indochine est reparti pour la seconde phase de son ‘13 Tour’, un périple qui passait deux jours de suite par le Palais 12. Les deux dates sont soldout. Ce qui n’est guère une surprise. Pas de supporting act. Attirant un public multigénérationnel, la formation fêtera ses 4 décennies de carrière en 2021. Faut dire que sa musique est devenue intemporelle et va bien au-delà de l’étiquette new wave qu’on lui a collée. On ne reviendra pas trop sur l’historique, mais simplement rappeler que Nicola Sirkis est le chanteur et le leader de ce groupe qui a vendu plus de 10 millions d’albums. Qu’il est responsable de nombreux tubes. Que son frère, Stéphane, également impliqué dans l’aventure du band depuis les débuts, est décédé le 27 février 1999. Et enfin que c’est le public belge qui a relancé la carrière du combo, début du nouveau millénaire. Un public fidèle qui est devenu de plus en plus conséquent au fil des interminables tournées, périples au cours desquels, Indo s’est toujours évertué à choyer son auditoire, en proposant des shows généreux, impeccables, enrichis de visuels, de décors ainsi que d’éclairages soignés. Le tout entretenu par des supports musicaux élégants et des clips recherchés.    

Avant l’heure de mise à feu, des clips consacrés aux légendes du rock’n’roll défilent. Ils mettent notamment en scène Bowie, Blondie et Patti Smith. Puis le sigle d’Indochine apparaît soudainement en laissant un message : ‘dans 15 minutes’. De quoi faire patienter l’auditoire…

Lors de la tournée précédente, des écrans à 360 degrés cernaient la foule. Pour ce nouveau circuit, certains sont suspendus au plafond. Un énorme dispositif circulaire –baptisé ‘le monstre’ par les artistes et les techniciens– surplombe la fosse. Un peu comme une soucoupe volante. Et elle va littéralement faire décoller les 20 000 spectateurs, dès que les lumières s'éteignent. Les images qui y sont reproduites donnent effectivement l'impression qu'un vaisseau spatial s'apprête à plonger dans l'espace. Et alors que la galaxie défile, les planètes passent à toute vitesse pendant qu’un autre écran géant s'allume sur la scène. Impressionnant !

Vêtu rituellement de noir, mais la chevelure blonde, Nico est soutenu par ses fidèles musicos. En l’occurrence le guitariste/claviériste Oli De Sat (NDR : qui a pris une place de plus en plus importante chez Indochine depuis 2002, notamment dans la composition) et le second gratteur Boris Jardel, le bassiste Marc Éliard et le drummer Ludwig Dahlberg, planté au centre. Une longue avancée de podium traverse la fosse en son centre. Elle est destinée à créer le meilleur contact entre Sirkis et l’auditoire, au cours du set. 

« Black Sky » nous plonge au sein d’un univers futuriste. « 2033 », « Station 13 » et « Henry Danger », titres issus du nouvel elpee, « 13 », sont repris en chœur par la foule. Pendant « Station 13 », le plafond sis au-dessus de la fosse se transforme en immense kaléidoscope multicolore. Nico se charge alors des claviers. Il signale que tous ses héros sont morts ; et à cet instant l’image de Bowie apparaît sur l’écran arrière. Place ensuite à « Gloria », compo au cours de laquelle Asia Argenta et Nicola chantent en duo. Mais le duo est reconduit virtuellement. Asia est enfermée dans ce vaisseau spatial transparent. Les images sont hypnotiques, incroyables. Nicola est allongé à l’avant de l’estrade, et la regarde en l’air. Tout au long de « La Vie Est Belle », clip pour lequel elle a également participé, les images défilent sur les écrans aussi bien au plafond que derrière les artistes. Sirkis s’adresse à ce public qui l’a toujours soutenu, même dans les moments les plus difficiles. Un aficionado lui remet un drapeau noir-jaune-rouge que l’artiste s’empresse d’endosser…

Tout au long de « Kimono Dans L’Ambulance », titre qui a été écrit après les attentats de Bruxelles et de Paris, « Un Eté français » et « Trump Le Monde », une compo qui vilipende le nouveau président des Etats-Unis, le light show et les images déferlent au point de devenir accablantes. Pendant « Tes Yeux Noirs » Sirkis en profite pour traverser la fosse sur l’avancée en touchant des mains et en se faisant filmer par les portables.

Régulièrement les morceaux sont allongés pour le ‘live’, et puis en fin de parcours, Indochine va mettre son medley à la sauce électro. Imparable !

Le premier rappel sera dispensé en version acoustique. Cinq titres, dont « J’ai demandé à la lune » et le classique « Trois nuits par semaine ».

Lors du second encore on aura encore droit à l’inévitable « L’Aventurier », « Karma Girls » et surprise, « Rose Song », un morceau que le groupe n’a plus interprété depuis 2003. Un dernier cadeau à la Belgique… A l’issue des 150’ de concert, les spectateurs avaient plein de petites étoiles dans les yeux… (pour les photos, c'est ici)

Setlist : « Black Sky », « Ceremonia », « 2033 », « Henry Darger », « Station 13 », « Alice And June », « A L’Assaut (Des ombres sur l’O) », « La Vie Est Belle », « Tes Yeux Noirs », « Gloria », « Kimono Dans L’Ambulance », « Trump Le Monde », « Rose Song », « Little Dolls », «   Song For A Dream », « Un Eté Français », « Medley : Club 13 : Canary Bay / Les Tzars / Paradize / Adora / La Machine A Rattraper Le Temps / Kill Nico »

Premier rappel : « J’ai demande à la lune », « Salombo », « 3ème Sexe », « College Boy », « Trois Nuits Par Semaine »

Second Rappel : « L’Aventurier », « Karma Girls ».

(Organisation : Greenhouse Talent en accord avec 3S et KMS Live)

Photo : @ Karel Uyttendaele

 

Tunng

Comme si une vague de bonheur se propageait jusqu’au sein du public…

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Il s’agit déjà de la quatrième fois que Tunng se produit dans la capitale de l’Europe. Suite au retour de Sam Genders (Diagrams), le line up du band retrouve son format originel. Celui de 2007. Et c’est l’ensemble des musicos qui signe l’intégralité du dernier elpee, "Songs You Make At Night ", paru en août dernier. Une forme de retour aux sources auquel on était impatient d’assister, et surtout de savourer en retrouvant les fameuses harmonies vocales échangées entre Mike Lindsay, Ashley Bates et Sam Genders, le revenant.

Malgré une discographie épatante, il faut bien reconnaître que le combo anglais ne parvient toujours pas toucher le grand public. D’ailleurs, la Rotonde est loin d'être remplie et une partie de l’auditoire va rester assis, tout au long de la soirée. Ce qui arrange bien votre serviteur, puisqu’il disposera de plus d’espace pour profiter pleinement du show.

Il est 21h lorsque les lumières s'éteignent. Les trois chanteurs/guitaristes (Genders, Lindsay, Bates) et le vocaliste/percussionniste Becky Jacobs se plantent à l’avant-plan. Derrière, quoique bien cachés, on peut discerner la présence de batteurs/percussionnistes. Dès les premiers morceaux, on identifie ce qui a toujours fait le charme de Tunng ; en l’occurrence ces harmonies vocales douces et entraînantes posées sur des lignes de guitares acoustiques, stimulées par les percus et pimentées de touches électroniques loufoques. Mais ce qui saute aux yeux lors de ce concert, c’est le plaisir manifesté par les musiciens en interprétant leurs compos. Comme si une vague de bonheur se propageait jusqu’au sein du public… D’ailleurs, la majorité des spectateurs arborent un large sourire. Faut dire que les morceaux de leur dernier opus sont particulièrement allègres. Ce qui n’empêche pas le combo de piocher au sein de son ancien répertoire, dont le tube « Hustle ».

Au bout d’une petite heure, les membres du groupe vident les lieux, sauf Mike Lindsay. Celui-ci s'installe derrière les claviers et nous réserve un intermède particulier se démarquant de la folk/electronica à laquelle émarge depuis des lustres. Il enfile une tête de girafe sur la tête et se lance dans une compo électro particulièrement originale. Au bout de quelques minutes, il ôte son masque, et laisse apparaître un visage d’enfant qui s’amuse avec son nouveau jouet. De quoi entretenir cette ambiance propice à la bonne humeur. Ses comparses le rejoignent ensuite pour dispenser « Bullets » et « Jenny Again », certainement deux des meilleurs titres de Tunng. On ne pouvait rêver plus belle conclusion.

La folk-electronica de Tunng a illuminé la Rotonde l’espace d’un concert. Et les mélomanes ont quitté la salle le cœur léger et le sourire aux lèvres…

(Organisation : Botanique)

Vanished Souls

Vanished Souls

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Vanished Souls est une formation hexagonale, issue de Chantilly très exactement, qui pratique ce qu’on pourrait qualifier du neo-prog. Après avoir gravé un Ep en 2012 et un premier elpee, l’année suivante (« CiTies R real »), il nous propose donc son deuxième opus. Et il est éponyme. Cinématographique, atmosphérique, mélancolique, hypnotique, la musique de ce quintet navigue au confins des univers explorés par Archive, Pink Floyd post « Dark side of the moon » et Yes. Une expression sonore à laquelle, le groupe a pris le soin d’ajouter des ingrédients électroniques, histoire de la rendre la plus contemporaine possible. Il y a même un flow rap sur l’étonnant « Am your shadow ». Enfin, dernier titre du disque, le complexe et majestueux « Silencio » lorgne vers le Radiohead de la mi eighties. Vivement conseillé aux amateurs du style…

 

The Oscillation

Wasted Space

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Certains groupes cherchent constamment à se réinventer afin d’exploiter tout le potentiel dont ils disposent. Parfois brillamment, parfois sans grand succès, certains s’égarant au sein d’étranges nébuleuses, là où d’autres se redécouvrent en s’émerveillant.

Jonglant admirablement avec le facteur risque, The Oscillation livre un cinquième elpee bigrement audacieux et passionnant de bout en bout, parsemé de trouvailles sidérantes et de sonorités bigarrées…

Non content de sonder les travers du psyché/rock sous ses angles les plus captivants depuis 2007, Damien Castellanos explore encore et toujours de nouveaux terrains de jeux, emmenant dans son sillage la traînée étoilée d’un ciel teinté de couleurs vives, mais au climat sombre et inquiétant.

Kraut revisité, dub régurgité, Damien nous plonge au sein d’un univers vertigineux sous hypnose en escaladant, avant de dévaler à vive allure, les rails d’une montagne Russe qui conduisent directement à l’embouchure d’une gorge monstrueusement déployée.

Dansant, extatique, perturbant et follement excitant, les adjectifs ne manquent pas pour qualifier ce « Wasted Space » qui occupe tout le champ spatial, auditif et cognitif à la fois. Génial !

 

Goat Girl

Goat Girl

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Goat Girl et un quatuor féminin londonien dont le premier elpee est éponyme. Découpé en 19 plages dont cinq interludes instrumentaux, l’album ne dure cependant que 40 minutes. Pas étonnant, dès lors que les morceaux ne vont jamais au-delà des 3’. Produit par Don Carey, l’opus prône une forme de philosophie post punk chère aux Raincoats ou aux Slits. Les textes sont décalés, sombres, sarcastiques et reflètent une forme d’exaspération lorsqu’ils dépeignent leur ville, sous un angle peu élogieuse, une City dont les habitants souffrent de plus en plus des inégalités de classe, de race et de sexe. Et c’est souvent dans un climat sociopolitique difficile que le rock renaît de ses cendres et redevient un moteur de la contestation des masses…

Mais revenons à ce long playing, dont les pistes, tour à tour effervescentes, lancinantes, percutantes, envoûtantes, mystérieuses, spasmodiques, épiques ou impétueuses sont interprétées d’une voix désabusée par Lottie Cream. On même droit à des interventions de violon jazzyfiant sur l’obscène « Creep », de la slide sur le bien enlevé et légèrement bluesy « The man » alors que « Lay down » adopte le tempo d’une valse. Mais même en y ajoutant un zeste de folk, de surf et une bonne dose de psychédélisme, vous ne serez pas au bout de vos (bonnes) surprises. Fascinant, le bien enlevé « Little liar » en est une. Mais également les deux versions d’« I don’t care » ainsi que « Country sleaze. Des plages réminiscentes de l’indie rock pratiqué sur la scène de Boston, début des eighties. Respectivement hantées par Throwing Muses et les Pixies circa « Sufer Rosa ». Excellent !

 

Idles

Taillé pour le ‘live’…

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En à peine deux ans et autant d’albums, Idles est parvenu à se hisser au sommet du mouvement punk. Et plus exactement du post-punk énergique et jouissif qui véhicule des textes caustiques signés par Joe Talbot, le leader de ce quintet. Issu de Bristol, il est parvenu à conquérir l'Europe ainsi que le Nouveau Continent, en y multipliant les concerts. Des concerts à ne manquer sous aucun prétexte, tant il s’y est forgé une réputation irréfutable. Et la présence d’un nombreux public ce soir, parmi lesquels figurent un fort contingent de convaincus, en est la plus belle démonstration. En quelque sorte, les Anglais sont donc en territoire conquis…

C’est le duo guitare/batterie John qui ouvre la soirée. Malheureusement, malgré une évidente bonne volonté, le punk sauvage du tandem insulaire ne semble guère intéresser l’auditoire. En fait, il attend surtout la tête d’affiche…

Et c’est à 21 heures que le quintet monte sur l’estrade. Réunissant de nombreux fans, le public est chauffé à blanc. Plusieurs aficionados sont déjà dans les starting-blocks afin de se lancer dans les pogos. Joe Talbot se plante au milieu du podium. Le bassiste Adam Devonshire et le guitariste –chevelu– Lee Kiernan optent pour le côté gauche alors que le gratteur –moustachu et torse nu– le droit. Enfin, le drummer Jon Beavis s’installe en retrait, derrière ses fûts.

La formation britannique entame les hostilités par « Colossus », c’est-à-dire le morceau qui ouvre son dernier elpee, « Joy as an Act of Resistance ». De quoi donner le ton d’un set qui ne baissera jamais d’intensité. Les deux sixcordistes prennent beaucoup de plaisir en arpentant les planches de droite à gauche ou inversement. Joe Talbot débite ses paroles en y mettant beaucoup de cœur. Idles enchaîne les morceaux issus de ses deux long playings. Il dédie « Danny Nedelko » aux migrants. Ce qui provoque les acclamations de l’auditoire. Mais également un autre titre, à sa fille. La foule est apparemment ravie du spectacle et si la température monte au sein de la fosse, les odeurs de transpiration se répandent inéluctablement. Le pogo et le crowdsurfing s’y déroulent sans interruption. Véritables boules d’énergie, les deux gratteurs –armés de leurs instruments– prennent régulièrement un bain de foule. Ils vont même ramener plusieurs fans sur le podium, lors de cet exercice. On peut donc comprendre qu’au bout de 90’, après avoir donné tout ce qu’ils avaient dans les tripes, les musicos soient éprouvés. D’ailleurs, en fin de parcours, Talbot signale qu’il s’agit du dernier morceau du concert et qu’il est inutile d’espérer un rappel.

Ce soir, Idles a prouvé que sa notoriété n’était pas usurpée. Il s’agit bien d’une formation taillée pour le ‘live’. L’auditoire a été littéralement électrisé et surtout conquis par l’énergie libérée tout au long du concert par le combo. Le punk est loin d’être mort et enterré. On a même l’impression qu’il renaît de ses cendres…

(Organisation : Aéronef, Lille)

Vance Joy

Un peu trop sur rails…

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De son véritable nom James Keogh, Vance Joy est de nationalité australienne. Agé de 29 ans, cet auteur, chanteur et compositeur –à la gueule d’ange– pratique de l’indie/folk/pop. Paru en 2014, son premier album, « Dream our life » a décroché plusieurs disques de platine. Et on ne compte plus les hits publiés, dont l’énorme tube « Riptide », en 2013. Il a gravé son deuxième opus, « Nation of two », en février dernier. Ses textes mélancoliques et poétiques racontent avec sincérité, ses histoires d’amour douloureuses, des ballades ensoleillées qui sentent bon le pays des kangourous. Deux premières parties sont prévues : les sœurs Wyld Roses et Scott Helman.

A 19h15, Wyld Roses entame la soirée. Il s’agit d’un duo belge réunissant deux sœurs et c’est leur premier concert. A leur actif, un Ep 4 titres, paru deux jours plus tôt et baptisé « Let go ». L’une d’entre elles se sert d’une gratte semi-acoustique. Les deux jeunes filles ont de belles voix, mais qui ne se conjuguent pas toujours en harmonie. Elles ont du potentiel, mais il y a encore du pain sur la planche. Le public est sympa, car comme c’est l’anniversaire d’une des deux frangines, il entonne en chœur un inévitable ‘Happy birthday’…

Setlist : « Let go », « Immerge », « Cold On Eart », « Moroccan Streets », « Feather Necklace ».

Second supporting act, Scott Helman est issu de Toronto. Il revendique pour influences majeures Bob Dylan, Neil Young, Ray La Montagne, Damien Rice, The Cure et Pink Floyd. Il s’était illustré en 2017, à Montréal, lors d’un hommage vibrant rendu à Leonard Cohen, à travers son interprétation de « Bird on the Wire », devant 50 000 personnes. En outre, au Canada, il a déjà décroché plusieurs récompenses individuelles…

Après avoir gravé l’Ep Scott « Augusta » en 2014, il a sorti son premier long playing, « Hôtel De Ville », l’an dernier.

Sur les planches, il est soutenu par un drummer et un guitariste. Le set s’ouvre par son nouveau single, « PDA », une chanson rafraîchissante qui traite de jalousie et tout particulièrement la sienne. Ses interventions à la gratte semi-acoustique sont nerveuses. Interactif, c’est un excellent showman. A l’écoute de « Cry Cry Cry », la foule commence à avoir des fourmis dans les jambes, une compo spasmodique au cours de laquelle, il a troqué sa guitare contre un ukulélé. Démontrant, au passage qu’il est habile sur ces deux types de cordes…

Setlist : « PDA », « Bungalow », « Cry Cry Cry », « Kinda Complicated », « Ripple Effect », « Hang Ups ». 

La salle est comble pour accueillir Vance Joy qui, ce soir, va nous proposer de très larges extraits de son nouvel LP, « Nation Of Two ».

Il entame son set en solo, armé de sa semi-acoustique, par « Call If You Need Me ». Ses musicos le rejoignent avant d’attaquer le deuxième morceau, « Mess In Mine ». En l’occurrence un trompettiste, un saxophoniste/guitariste, un drummer et une bassiste dont les interventions sont aussi discrètes qu’efficaces. Et le public reprend en chœur le refrain de ce morceau populaire, une réaction qui sera reproduite lors d’autres chansons connues. « Like Gold » émarge à l’indie folk/rock. Les sonorités de cordes sont limpides tout au long d’« I'm With You », un titre particulièrement mélodieux. A l’écoute de « Fire and the Flood », on s’imagine autour d’un feu de camp au milieu du désert australien, une compo qui libère énormément de chaleur humaine. Avant chaque chanson, Vance prend le temps de l’introduire par un bref commentaire. Il empoigne un ukulélé et attaque le « Bonnie and Clyde » de Gainsbourg, mais se rend compte de son erreur et reprend sa sèche. En fait, ce ukulélé est prévu pour le morceau suivant, « Wasted Time ». Il n’en oublie pas ses classiques, dont « From Afar » et « Lay It On Me », un titre qui évoque Mumford And Sons, mais en plus allègre. Il nous réserve un enchaînement entre le « All Night Long » de Lionel Ritchie et le « Sorry » de Justin Biber, un exercice de style qui transforme l’immense fosse en dancefloor. Sans oublier l’inévitable « Riptide », qui achève un show de 75 minutes de bonne facture, mais un peu trop sur rails…

Setlist : « Call If You Need Me », « Mess In Mind », « Like Gold », « Take Your Time », « Fire And The Flood », « I’M With You », « From Afear », « Fire In The Flood », « Bonnie And Clyde », « Little Boy », « Bonnie And Clyde », « Wasted Time », « Georgia », « We’re  Going Home », « All Night Long – Sorry » (cover) », « Saturday Sun », « Lay It Time On Me », « Riptide »

(Organisation : Live Nation)

Femi Kuti

Femi n’a toujours pas viré sa Kuti…

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C’est le dernier jour du festival. L’afrobeat (NDR : cocktail explosif de jazz, de funk et de musique africaine traditionnelle) a toujours reçu une place de choix au Festival des Libertés. Et c’est à nouveau le cas pour cette édition. Femi Kuti est devenu le porte-parole contemporain de ce style musical. Il est d’ailleurs aussi engagé que son père, Fela, dont il a repris le flambeau. A travers sa musique, il dénonce les injustices, la tyrannie et les oppressions des pouvoirs politiques sur les peuples. Tout comme son paternel, il critique virulemment la corruption et de l'incompétence de l'ancien régime militaire nigérian. Son combat, il le mène pour davantage de justice et de liberté. Et il n’est pas prêt à virer sa cuti. C’est la deuxième fois qu’il se produit dans le cadre de cette manifestation. Au sein d’un Théâtre National comble.

Sur scène, Femi Kuti est soutenu par The Positive Force, un baking group réunissant un guitariste, un bassiste, un drummer (perché sur une estrade), un percussionniste, un préposé aux synthés et quatre cuivres, dont deux saxophonistes (baryton et alto), un trompettiste (à coulisses) et un joueur de bugle. Soit 9 musicos habillés de costumes traditionnels nigérians de couleur jaune chamarrés de formes géométriques symboliques et de pantalons en toile de teinte bleue. Sans oublier les trois choristes/danseuses en petites tenues ethniques (jupettes, bustiers et rubans sur les jambes de couleur rouge et jaune, maquillage tribal). Femi Kuti a enfilé un deux pièces africain de teinte noire, tapissé de signes indigènes de couleur blanche, sur la face de sa chemise. Il va se consacrer au sax et aux synthés, suivant les morceaux. Bref, ils sont treize sur les planches.  

De grande taille, Femi n’est ni un chanteur extraordinaire (NDR : sa voix passe quand même bien la rampe, quand elle devient autoritaire) ni un saxophoniste génial (NDR : ce qui ne va pas l’empêcher d’accorder un solo de plus de 10’ sur son instrument). Mais c’est un fameux showman et un chef d’orchestre hors pair, qui sautille ou gesticule continuellement, la plupart du temps, dos au public. Il demande de lever les bras, de danser, de jumper et de reprendre des couplets de manière incantatoire. Cependant, pour mettre l’ambiance, il peut également compter sur sa section de cuivres. Ainsi que les choristes/danseuses qui, frénétiquement et sensuellement, remuent le popotin.

Pendant une bonne demi-heure, il va revisiter ses classiques, et notamment, le titre maître de l’album « Africa For Africa », une compo qui monte progressivement en intensité, mais également  le puissant « Politics Na Big Business », une piste qui figure sur l’elpee « No Place For My Dream ». Avant de passer aux titres du dernier opus, « One People One World », son dernier LP, paru en février dernier, dont les versions sont davantage développées que sur disque.  

A l’instar de Youssou N'Dour ce leader de revue (NDR : à l’américaine ou à l’africaine, selon) nous a réservé un spectacle plus grand que nature… un peu dans l’esprit de feu James Brown. La grande salle du Théâtre National s’est ainsi transformée en ‘Shrine’ (NDR : une boîte mythique ouverte par son père, mais qu’il a relancée à l’aide de sa sœur), le temps d’une soirée…

Au Nigeria, on se bat pour la justice et la liberté une guitare à la main (un saxo dans le cas de Femi) et on fait de la musique, comme on fait la révolution…

Femi Kuti and The Positive Force

(Organisation : Festival Des Libertés)

Tony Joe White

Disparition de Tony Joe White, icône du swamp rock…

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Victime d’une crise cardiaque, Tony Joe White est décédé ce 24 octobre 2018. Il avait fêté ses 75 ans en juillet dernier et encore participé à la dernière édition du Blues & Roots, à Lessines, le 1er mai de cette année.

Ce musicien blanc louisianais pratiquait du swamp rock, c’est-à-dire une musique sudiste inspirée du blues, du rock, de la country, de la soul et du gospel. S’il a décroché deux hits incontournables, « Polk Salad Annie » en 1969 –repris notamment par le King– et « Groupie girl » en 1970, il est également responsable une vingtaine d’albums studio. On retiendra son style si particulier, lancinant et syncopé, sur lequel il venait poser sa voix de baryton, mais aussi rappeler qu’il a écrit des chansons pour des tas d’artistes, et parmi les plus célèbres, figurent Elvis Presley, Ray Charles, Wilson Pickett, Tina Turner et Dusty Springfield.

En novembre 2006, votre serviteur avait eu l’honneur de le rencontrer, à l’issue d’un concert accordé au Handelsbeurs de Gand, moment inoubliable immortalisé par une interview que vous pouvez lire ou relire ici

R.I.P.

Nashville Pussy

Une véritable leçon de rock’n’roll…

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Originaire d’Atlanta, Nashville Pussy a été fondé par Blaine Cartwright et son épouse Ruyter Suys, au cours des nineties, un quatuor déjanté qui a toujours aimé jouer sur l’image provocatrice, à la limite de la pornographie. Au sein du line up, plusieurs drummers masculins et bassistes féminines ont déjà défilé. Le groupe a publié son nouvel elpee, « Pleased to eat you », en septembre dernier. Il s’agit de son septième ! 

Le supporting act est assuré par Scramjet, un combo issu de l’Est de la France, mais établi en Belgique depuis deux ans. Formé en 2009, ce power trio réunit Piero Mondeira (chant/guitare), Sturgis Rushmore (batterie) et Savatore Canicatti (basse) et reconnaît pour influences majeures Black Sabbath, Queens Of The Stone Age et MC5. Un album à son actif et un second en préparation.

Dès le début du set on a l’impression de replonger au cœur des seventies. L’énergie est omniprésente. Les traces de blues malsain et de stoner graisseux sont bien perceptibles. Explosive, puissante mais mélodieuse, la voix s’autorise de belles envolées. Les morceaux libèrent, en outre, un excellent groove. Piero ne tient pas en place et est parfaitement épaulé par une solide section rythmique. Plus paisible, « Final Fight » nous réserve une jolie envolée aux cordes. Le spectre du Led Zeppelin plane tout au long de « Hangin’ On The Phone ». Pas étonnant que le band attaque une cover de « Kashmir ». Et elle est excellente. « Queen Of The Night » se caractérise par un changement radical de rythme en milieu de parcours. Et le set de s’achever par une autre reprise, mais de Jimi Hendrix, « Electric Ladyland »…

Setlist : « Intro », « Hangin’ On The Phone », « What I Saw », « Final Fight », « The Visionary », « Excuse Me », « Kashmir », « Queen Of The Night », « Electric Ladyland ».

C’est la reprise du « Kicked In The Teeth » d’AC/DC qui ouvre le set. Première constatation, le volume sonore a augmenté de quelques (?!?!?) décibels. Ruyter Suys, la guitariste, a enfilé un tee-shirt particulièrement échancré et un short en jeans au dessus de bas résilles. Blaine Cartwright, le chanteur/guitariste a toujours ce look de bouseux ventripotent. Coiffé d’un stetson de couleur noire, il ressemble de plus en plus à feu Lemmy Kilmister (Motörhead). A la basse, Bonnie Buitrago, est intenable. Mais pas autant que Ruyter Suys, hyperactive du début à la fin du show et dont la crinière blonde est constamment en mouvement. Elle s’agenouille régulièrement pour balancer ses solos ou aguiche les premiers rangs en affichant ses généreux attributs. Assoiffé, Blaine Cartwright vient régulièrement se désaltérer en lampant une bouteille de Jack Daniels, qu’il va vider en compagnie des deux gonzesses qui assurent le show. Le couple a beau friser la cinquantaine, il est toujours aussi déchaîné sur les planches. Enfin, le drummer va se révéler, à travers ses interventions imparables, mécaniques, sauvages voire tribales, un musicien techniquement balèze… 

La musique de Nashville Pussy se nourrit de racines sudistes, empruntées tour à tour à Lynyrd Skynyrd ou à ZZ Top, même si les riffs de gratte sont aussi meurtriers que ceux dispensés par Angus Young mais avec la fougue semblable à celle affichée par Airbourne…

Sex, fun and rock'n'roll est la devise du groupe. Mais un r’n’r graisseux, décomplexé et redoutable. Le tout sur fond de drapeau sudiste.

Pas de temps mort entre les titres. Les hymne primaires, grrovy, défilent ou déferlent, selon…

La voix de Blaine évoque pourtant aujourd’hui davantage Alice Cooper. Et c’est particulièrement flagrant tout au long du sémillant « Go Home And Die », une compo dont les lyrics auraient pu être signés par Vincent Funier, en personne.

Infernal, le concert s’achève par l’inévitable « Go Motherfucker Go ». Ce soir, face à un auditoire comble (250 personnes), Nashville Pussy a dispensé une véritable leçon de rock’n’roll…

Setlist : « Kicked In The Teeth » (AC DC cover), « Piece Of Ass », « Wrong Side Of A Gun », « PillBilly Blues », « We Want a War », « Rub It To Death », « Go Home And Die », « She Keeps Me Coming And I Keep Going Back », « CCKMP » (Steve Earle cover), « 5 Minutes To Live », « Low Down Dirty Pig », « First I Look At The Purse » (The Contours cover), « Go To Hell », « I'm So High », « I’M The Man », « Why Why Why ».

Rappel : « Struttin' Cock », « Till The Meat Falls Off The Bone », « Go Motherfucker Go ».

(Organisation : Zik Zak + Rock Nation)

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