Light Asylum lève le voile sur un nouvel album

Peu de groupes peuvent se targuer d'avoir le statut de 'groupe culte', mais c'est clairement le cas pour Light Asylum. Emmené par la voix énigmatique de Sharon Funchess, le projet basé à Portland, dans l'Oregon, a secoué le petit monde de la musique…

Enregistré sous Ex:Re

Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

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Celso Salim

Mama's Hometown

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Brésilien, Celso Salim a chopé le virus du blues, très jeune. Il n'a pas encore vingt ans, lorsqu’il décide d’émigrer aux States où il va vivre pendant plusieurs années. Il va y découvrir différentes facettes de styles musicaux : roots, blues, country, folk et jazz, notamment. Ce chanteur, guitariste, compositeur et producteur a enregistré son nouvel opus du côté de Los Angeles, un disque qu’il a coproduit en compagnie de son bassiste Mike Hightower, alors que l’essentiel des parties vocales est assuré par son compatriote sud-américain, Rafael Cury.

Véhiculant des accents sudistes, néo-orléanais, plus exactement, "Mad dog" ouvre l'album. Les interventions au piano de David Fraser entretiennent cette impression. Celsa colore l’ensemble de sa slide dans un climat rappelant le Little Feat originel. Une superbe entrée en matière ! Une atmosphère qui baigne également "Got to find that babe". Darryl Carriere souffle dans son harmo et Lynn Coulter (ex-Rita Coolidge Band) imprime parfaitement le tempo sur ses fûts, lors du Chicago shuffle classique, "Locked out in misery". Ivoires et slide opèrent de solides et vigoureux échanges tout au long du boogie décapant "Let it burn". Le long playing recèle deux blues lents et dépouillés. En l’occurrence "No need to be alone", une plage caractérisée par un bel envol de cordes que tapisse l'orgue Hammond de Mo Beeks. Puis "Mama's hometown", une piste tracée par un dobro magique. Celso explore cependant d’autres styles, et notamment le jug band sur "Down the aisle" et le blues/jazz cool sur "Best of luck", un morceau au cours duquel la guitare est manifestement hantée par T-Bone Walker. La reprise du traditionnel "In my time of dying" (NDR : il remonte aux années 20) est respectueuse du blues originel ; Celso en profitant pour distiller ses dernières notes étranges et métalliques sur son dobro…

 

Kim Wilde

Une belle nuit avec Kim Wilde...

Ce soir, Kim Wilde nous a fixé deux rendez-vous. Contrairement à Laurent Voulzy, qui se lamentait pendant ses ‘nuits sans Kim Wilde’, nous allons passer ‘une belle nuit en sa compagnie’… Lors du concert, bien sûr, accordé dans la salle De Roma, à Anvers, mais grâce aussi, juste avant, lors d’une entrevue exclusive que la reine de la synth-pop des années 80 a accordée à Musiczine. Encore un peu de patience avant de découvrir cette interview qui sera publiée prochainement. Par contre, vos yeux impatients lisent, pour l’instant, le compte-rendu de sa performance 'live'…

Après avoir aligné une multitude de hits entre 1981 et 1985, puis traversé une période de repli dans le calme de sa propriété sise au cœur du Hertfordshire, Mrs Smith (NDR : c'est le vrai nom de Kim Wilde) opère pour l'instant une seconde carrière étonnante, déplaçant les foules dans l'Europe entière. Pour se rendre compte de sa popularité, il suffit de regarder les premiers rangs. Plusieurs centaines de fans sont massés devant le podium de la Roma dès l'ouverture des portes, attendant impatiemment leur idole.

C'est une véritable ovation que reçoit la chanteuse au moment où elle monte sur l’estrade. Elle porte une tenue noire de 'space warrior', chamarrée de pépites qui scintillent sous les 'sunlights'. Evidemment, les années ont passé et la jeune fille élancée est devenue une femme mûre aux formes plus rondes. Mais le caractère est toujours bien là : Kim Wilde est souriante, enjouée même. Dès les premiers morceaux, « Stereo Shot » et « Water On Glass », elle s'amuse avec le public et ses musiciens. Dans le groupe, on retrouve bien entendu son frère Ricky, co-compositeur et producteur, que la chanteuse présente comme celui sans lequel rien ne serait arrivé. A côté d'elle, figure également la fille de Ricky, Scarlett, qui s'acquitte des 'backing vocals' et virevolte sur scène comme une jeune polissonne un peu gothique.

Les hits sont interprétés dans des versions plus 'rock' que les originaux ; et pour cause ce soir le line up implique deux batteurs et deux guitaristes. Les arrangements très 'power-pop' permettent de passer un petit coup de baume sur les « View from A Bridge » et autre « You Came ». Seul le morceau « Cambodia », enrichi de superbes sons de synthétiseurs, conserve ses arrangements originaux. Au fur et à mesure que les hits se succèdent, la ferveur est de plus en plus palpable dans la fosse. Vers le milieu du show, Kim s'offre une petite session en acoustique pour interpréter des versions touchantes de « Hey Mr Heartache » et « Four Letter Word ».

Mais dès la fin de cette séquence, le rouleau compresseur se met en marche. Les volumes grimpent dans le rouge pour la version remixée de « Cyber Nation War », le puissant et efficace « Chequered Love », ainsi que la reprise du « You Keep Me Hanging On » des Supremes, dont le refrain est repris en chœur par tous les fans, du premier au dernier rang. Un grand moment ! 

Mais interpréter « 1969 », en fin de concert, constitue une petite erreur stratégique. Enfin, à notre humble avis. En outre, l'ambiance retombe d’un cran lorsque Kim raconte sa rencontre avec un OVNI, une expérience vécue en 2009. D’autant plus que le morceau, extrait du dernier album « Here Come The Aliens », ne déclenche pas l'hystérie escomptée. Au contraire, le traitement scénographique du thème ‘ufologique’ est par trop ironique pour ne pas dire dénigrant ; les effigies d'aliens imprimées à l'arrière des vestes des musiciens et les lasers ‘martiens’ accentuant cette impression. Dommage, surtout quand on considère le sérieux et la sincérité la chanteuse par rapport au thème des objets volants et phénomènes aérospatiaux non identifiés (NDR : on en reparlera dans l'interview).

Heureusement, lors du rappel, un autre nouveau morceau, « Pop Don't Stop », remet les pendules à l'heure grâce à son refrain imparable et le final est, comme on s'en doutait, consacré à « Kids In America », un bijou sorti en 1981.

Sur les planches, d'une gentillesse et d'une sincérité remarquables, Kim Wilde est tout simplement lumineuse. Sa voix est impeccable et, malgré quelques petites imperfections, la magie du concert a opéré, ravissant, finalement, tous les fans, dont votre serviteur…

Pour regarder les photos de David Alexandre, c'est ici

Organisation : De Roma

Merci à Kim et Ricky Wilde, à Sean chez Mixdown Management, à l'émission WAVES (Radio Vibration) et à De Roma.

Setlist Kim Wilde :

Stereo Shot
Water on Glass
Never Trust a Stranger
Kandy
Krush
Cambodia
Birthday
Yours 'til the End
Solstice
Words Fell Down
Bladerunner
Hey Mister Heartache
Four Letter Word
Rosetta
Cyber Nation War
View From a Bridge
Chequered Love
You Came
You Keep Me Hangin' On (The Supremes cover)
1969

Encore:

Pop Don't Stop
Kids in America

En supporting act, un jeune duo hollandais répondant au patronyme de Pyn nous a réservé un set sculpté dans un style indie-pop électronique et minimaliste…

Lydmor

Un partage des émotions…

Écrit par

Dans le cadre de son projet ‘Live Europe’, l’Ancienne Belgique a décidé d’aller à la découverte d’artistes ou de groupes émergents. Lydmor figure parmi les heureux élus et elle est venue défendre son second elpee, « I Told You I'd Tell Them Our Story », paru en septembre dernier.

Issu du Nord de la Belgique, Amery est programmé en supporting act. Ses singles y cartonnent. Notamment « I need lovin », « So good » et « Blame ; et son dernier, « You Know », devrait suivre le même chemin. Soutenu par Studio Brussel, il compte Elton John parmi ses admirateurs.

Sur l’estrade, il est épaulé par un drummer et un préposé aux synthés. Bien que timide, le chanteur possède une voix puissante. Influencée par Rihanna et Michael Jacskon (NDR : ses idoles), sa musique baigne dans une forme de néo-soul au relents électro, une expression sonore dynamisée par des percus caribéennes produites par des samples. Curieux, entre les morceaux, il ne s’exprime qu’en anglais. Il se balance de gauche à droite agrippé à son pied de micro. Un artiste à suivre, c’est une certitude…

Originaire des îles Féroé (NDR : de Aarup, très exactement), Lydmor (NDLR : un patronyme plutôt morbide), aka Jenny Rossander, est chanteuse/compositrice/interprète/musicienne. Mais c’est également une djette. Elle intègre sa vision du monde à travers une électro/pop dansante et créative. En outre, ses textes traitent aussi bien de sexe que de drogue. Très jeune, elle s'est initiée à la musique de manière créative. Elle s’est établie à Shanghai, depuis déjà quelques années. C’est là qu’elle a trouvé son sound électro rythmique, en compagnie duquel elle parcourt à présent la planète, du plus petit club au plus branché des festivals. Et c’est en Asie qu’elle a été découverte par John Rohan et Hendrick d’Arsenal, lorsqu’ils ont ébauché leur projet « Furyo ».

Lydmor est seule sur les planches et se sert d’un synthé, d’un ordinateur et d’un MPD. Un espace rectangulaire lui est réservé pour ses évolutions scéniques. Cet espace est délimité par une dizaine de lampes néons placées verticalement sur trépied dont la lumière va varier suivant les beats électro dispensés par les machines. Douce et délicate, sa voix s’intègre parfaitement à la musique. Très interactive, la Scandinave se promène régulièrement dans la fosse, n’hésitant pas à caresser un crâne ou le torse des spectateurs. Pas de distinction de sexe, tout le monde a droit à ses égards. Tout dans son show est lié : l'éclairage, la musique, le chant. Chaque chanson raconte une histoire qui la touche personnellement et elle cherche à partager ces émotions avec le public. Au bout de 60’, elle tire sa révérence, à l’issue d’un set qui n’en a certainement pas manqué… 

(Organisation : Ancienne Belgique)

Whispering sons

Une blonde qui exorcise ses démons sur une musique post-punk…

L'automne 2018 est sans nul doute une période charnière pour Whispering Sons. Ce jeune groupe belge a sorti, en effet, son premier album 'long playing', intitulé « Image ». Originaire du Limbourg, Houthalen-Helchteren pour être précis, et maintenant établi dans la capitale de l’Europe, il comptait déjà à son actif un Ep, « Endless Party », publié il y a 3 ans par Wool-e-Tapes et Minimal Maximal, puis deux singles, « White Noise » et « Performance », gravés par Weyrd Son Records. La formation pratique un post-punk teinté d'influences shoegaze et indie-rock. « Image » est paru au Benelux sur le label PiaS. Un début de carrière fulgurant pour cette formation, décrite comme 'the next big thing' sur la scène indie orientée 'dark'. Nous avons rencontré Fenne Kuppens, la chanteuse/parolière et Kobe Lijnen, le guitariste/compositeur, à Bruxelles...

Vu sa distribution est internationale, ce premier opus est très important pour vous...

Fenne : Oui, l'album est signé par [pias] au sein du Benelux, SMILE pour le reste de l'Europe et Cleopatra Records aux Etats-Unis. C'est donc quasiment une distribution mondiale, ce dont nous sommes très fiers.

Quelle est l’évolution entre « Image » et vos productions précédentes ?

Fenne : La grande différence, c'est qu'on a enregistré « Image » au sein d’un studio professionnel, le GAM à Waismes, près de Malmedy, dans les Fagnes. C'était comme une retraite de 10 jours dans la nature en plein mois de janvier. Il neigeait beaucoup donc nous sommes restés confinés dans cet espace limité du matin au soir. Ce qui explique d'ailleurs pourquoi l'album sonne aussi cohérent. Nous voulions proposer quelque chose de fort, avec une 'image' homogène.

On décèle en tout cas une progression dans le 'scope'. Le rayon d'action s'est étendu, la technique musicale a progressé surtout sur deux compositions, « Waste » et « No Image », qui proposent de nouvelles perspectives.

Kobe : C'est juste. Auparavant, on enregistrait des tracks qui avaient été élaborés en 'live' alors qu'ici, on a pris le temps de structurer les morceaux en studio. Par exemple, « No Image » était à l'origine une composition traditionnelle, avec une base rythmique et on s'est rendu compte qu'il y avait trop de matière ; donc on a déconstruit la chanson afin d’obtenir un résultat complètement différent du reste de l'album.
Fenne : Oui, on a eu le temps et la volonté de se consacrer au son, ce qui explique pourquoi on a travaillé en compagnie d’un producteur. On a veillé à structurer les couches de sons pour que l'ensemble sonne parfaitement.

Il y a deux ans, vous aviez défini votre groupe comme ‘une blonde qui exorcise ses démons sur de la musique post-punk’. Fenne, tu exorcises toujours tes démons aujourd'hui?

Fenne : Oui, et c'est même pire qu'il y a deux ans ! (rires)

« Waste » est devenu l’un de vos titres phares. Lors du concert 'release' à l'AB Club, il a provoqué une ovation incroyable du public.

Fenne : Oui, à la fin de la chanson, c'était fou. On a senti une énorme vague de cris et d'applaudissements, qui a duré plusieurs minutes. On s'est regardés, éberlués, en se disant ‘qu'est ce qui se passe?’ Le show dans son ensemble a été très intense. Tout s'est mis en place à la perfection du début à la fin : un moment parfait. 

Parlons maintenant de ta voix, Fenne. On mentionne souvent les références à Nico, Siouxsie, Larissa de Lebanon Hanover, mais en assistant au concert, à l'AB, quelqu'un d'autre m’a traversé l’esprit. Pour la voix mais aussi pour l'attitude. En alternant les moments calmes et les moments de folie totale, mais aussi à cause des paroles que tu écris, j'ai pensé à Patti Smith. Quand on la voit perdre son self control sur les planches en interprétant « Rock'n Roll Nigger » et s'étriper littéralement la voix, c'est le genre d’attitude que tu adoptes, toutes proportions gardées, bien sûr. 

Fenne : Oh merci ! J'adore tout ce que Patti Smith fait. C'est un très beau compliment. Ceci dit, je ne me suis jamais fixé comme objectif de chanter comme quelqu'un d'autre. C'est venu naturellement dans le processus d'écriture et au fil des concerts.

Parce qu'en fait, tu es quelqu'un de très timide...

Fenne : Oui, c'est sans doute pourquoi je dois monter sur scène pour sortir tout ce qu'il y a en moi.

Kobe, dans le titre « Skin », ta guitare évoque quelque peu les Chameleons. Comment décrirais-tu ton style ? 

Kobe : J'ai développé mon style en empruntant quelque peu à des guitaristes que j'aime, comme John Mc Geoch. J'apprécie son travail chez Siouxsie et Magazine, mais aussi au sein de The Armoury Show, particulièrement sur l'album « Waiting for the floods ».

Ton style est également très mélodique. Dans les compositions, en général, on retrouve deux mélodies, celle de la voix et de la guitare.

Kobe : Je veux compenser la faiblesse de ma voix, donc quand je compose, d'une certaine manière, je chante avec ma guitare.

Le job de Sander Hermans aux claviers est très discret mais ses soundscapes et ses séquences constituent un élément indispensable à votre son.

Fenne : Les claviers sont comme 'the glue', le ciment du son. Quand on réalise un soundcheck sans les claviers, c'est comme s'il manquait l'atmosphère, les fondements.

Aux drums, Sander Pelsmaeker impressionne. Notamment parce qu'il utilise la grosse caisse de sa main gauche sur un tom, debout ; une manoeuvre très difficile à exécuter…

Kobe : Au début, il se servait d’un drumpad, qui se joue debout. Puis il a troqué le pad contre une vraie batterie ; ce qui offre davantage d’alternatives en studio.
Fenne : Et en ‘live’, plus de variations de dynamique ; et puis, visuellement c’est mieux…

Quel thème développe « No Image » ?

Fenne : Celui de l'image que les gens ont de nous, et projettent sur nous et avec laquelle il faut vivre ; alors qu'en fait, elle ne correspond pas à notre véritable personnalité.

« No Time » est un bel exemple de composition plus complexe tant au niveau de la structure que de la rythmique.

Kobe : Oui. Les autres membres du groupe, surtout le batteur et le bassiste, étaient d'ailleurs un peu fâchés sur moi parce que les parties rythmiques sont assez difficiles à exécuter.

A cet égard, on peut également féliciter Tuur Vanderborne, le bassiste, dernier arrivé dans le line up.

Kobe : Tuur a très vite comblé le vide et pris sa place au sein du band. Dans « No Time », la section rythmique accomplit un mouvement différent par rapport aux autres musiciens et, en plus, c'est parfois dans le beat ou 'off beat'. C'était la chanson la plus 'challenging' sur l'album.
Fenne : Kobe a tendance à placer le groupe devant des défis mais bon, on y arrive (rires).

Je propose que vous choisissiez un ou deux titres qui ne figurent pas dans votre répertoire. Des coups de cœur, en quelque sorte. Il y a deux ans, vous aviez plébiscité « Second Skin » des Chameleons, « Whispering Sons » de Moral et « Insides » de The Soft Moon. Vous aviez d'ailleurs mentionné The Soft Moon comme un bon exemple à suivre vu qu'il (NDR : Luis Vasquez) fait son truc sans compromis et récolte un grand succès. Deux ans plus tard, croyez-vous avoir bien suivi cet exemple ?

Fenne : On n'a pas fait de compromis mais on doit encore beaucoup travailler avant d'atteindre le niveau d'un Soft Moon. Il faut promouvoir l'album, accumuler les concerts et peut-être après 2 ou 3 ans, on pourra dire : ça y est, on y est arrivé. Luis est un artiste qu'on adore. On a d'ailleurs assuré la première partie de The Soft Moon, il y a quelque temps.

Alors, vos sélections pour aujourd’hui ?

Kobe : Je choisirais « Superior State », du groupe français Rendez-Vous, extrait de son dernier album.
Fenne : Et moi, un titre de beak>, le projet de Geoff Barrow, de Portishead, c'est la plage « Brean Down ».

Pour écouter l'intégralité de l'interview en version audio, rendez-vous sur la page mixcloud de l'émission radio WAVES ici 

Whispering Sons se produira en concert dans le cadre du Sinner’s Day, à Genk, le 1er décembre, le 8 décembre à Turnhout et le 14 à Gand.

Un grand merci au groupe, à Eric Didden, leur manager, à Amandine (PiaS) et aux premiers labels qui ont supporté la formation : Dimitri (Wool-e-tapes), Dirk Ivens (Minimal Maximal) et Michael Thiel (Weyrd Son Records).

Photo par Karim Hamid : https://www.facebook.com/karimhamid2

 

 

Paul Filipowicz

Unfiltered

Écrit par

Né à Chicago, Paul Filipowicz vit dans l’Illinois depuis des lustres. Ce chanteur, auteur, compositeur, guitariste et harmoniciste, a chopé le virus du blues, il y a plus de 50 ans ! C'est au contact d'artistes notoires issus du Westside qu'il a forgé son propre style, et notamment en côtoyant Otis Rush, Magic Sam, Jimmy Dawkins et Luther Allison. Ce désormais vétéran est soutenu par son propre backing group pour dispenser sa musique ‘non filtrée’ (unfiltered), à l'état brut si vous préférez, produite par le groupe…

Il reconnaît pour influence majeure le regretté Magic Sam ; et on s’en rend compte dès le premier titre, "All my whole life baby". Mais également tout au long du célèbre "Everything's gonna be alright". La voix est âpre, malsaine. L’intensité est produite par l’ensemble des musicos. Et quand Paul s'attaque à son "Brand new hat", la guitare demeure bien ancrée dans le Chicago Westside. Les cordes poursuivent en permanence le chant. Les cuivres et l'harmo sont constamment à l'affût. Le long playing recèle deux instrumentaux. Tout d’abord "Unfiltered", un Chicago shuffle largement cuivré. Puis "Canal Street", un slow blues primaire alimenté par la guitare largement amplifiée et l'harmonica de Benny Rickun. Deux véritables perles ! Paul nous réserve des reprises de titres notoires. En l’occurrence le "Howling for my darling" de Willie Dixon et Howlin' Wolf, le "I found a new love" de Little Milton, et le "Reconsider baby" de Lowell Fulsom. Excellent r&b, "Riding high" clôt l’opus. Rythmé, fiévreux, dansant, il est entretenu par les cuivres ainsi que la voix âpre et féroce du leader tout en baignant au sein d’une sacrée ambiance. Un album chargé de passion !

 

Cult Of Scarecrow

Cult Of Scarecrow

Écrit par

Cult of Scarecrow révèle sa prophétie et notre destin : la destruction de notre planète, l'extermination de l'humanité et la fuite inéluctable vers l'espace sombre et glacial… 

Ce combo belge réunit des musicos issus de différentes formations de metal qui ont notamment sévi au cours des 80's. Et tout particulièrement chez Innerface, Explorer, Dead Serious, Di Sinner Die, Battering Ram, Ramses et Mindruin. Le line up réunit le chanteur Filip De Wilde, les guitaristes Jan Van Der Poorten et Ivan De Strooper, le bassiste Gunther ‘Gunny’ Poppe, le préposé aux synthés Eddy Scheire et le drummer Jeannot Schram. La formation pratique une forme de doom metal mélodique et emphatique.

D’une durée de 9’, « The Hour Of Blood Run » prélude une fin du monde proche et… sanglante.

« The Cult Of Scarecrow » ressuscite un ancien culte religieux qui remonte à la nuit des temps. Dieu de la prospérité, de la fertilité et de la richesse, cette divinité nordique (NDR : Vanes ou Vanir en anglais) protège celles et ceux qui lui vouent un culte exclusif. Et ce rituel consiste en un sacrifice annuel au cours duquel un couple, après son dernier repas, un soir de préférence, sert d’offrande. Ce dieu prend leur vie et en échange, apporte ses faveurs à cette communauté.

Caractérisé par ses superbes arrangements, « Last Words From Black Birds » nous réserve un bel envol de grattes, alors que la section rythmique est en parfaite osmose...

« Adrift And Astray » clôt cet Ep. Un titre qui navigue aux confins des univers sombres et âpres des bands suédois Ghost, Electric Wizard et Kvelertak…

 

Terry Blersh

Play it all day

Écrit par

Chanteur, guitariste et compositeur, Terry Blersh est issu de Toronto. A ce jour, il n'avait publié qu’un seul elpee. Et il a fallu attendre quelques années avant qu'il ne grave un second. Son blues est teinté de rock'n'roll, r&b, tex-mex, jazz et même reggae. De nombreux amis du Canadien ont participé aux sessions d'enregistrement, qui se sont déroulées au studio Wreckhouse. Si son répertoire est particulièrement éclectique, les compos sont de toute bonne facture…

Inspiré par Albert King, "Treat me right" ouvre l’elpee. Voix, piano et orgue passent bien la rampe avant que chargé de feeling, un premier envol de cordes se dessine. Explosif, "It's all right" pénètre dans l’univers r&b dansant de Ray Charles. Terry et John Finley (ex-Rhinoceros) se partagent les vocaux, alors que Gene Hardy (Ronnie Hawkins Band) prend un billet de sortie sur son saxophone ténor. Michael Fonfara siège derrière son orgue Hammond, alors que la guitare se révèle inventive tout au long du jazz/funk magistral "Play it all day". Caractérisé par le retour au sax ténor de Hardy et le piano de Lance Anderson, "It's just you" nous entraîne à la Nouvelle-Orléans. Denis Keldie se charge de l’orgue Hammond en intro du remuant "It ain't too late", un shuffle r&b qui libère énormément de groove. Un régal ! Keldie (NDR : elle a côtoyé Etta James et Jeff Healey, dans le passé) se consacre à l'accordéon sur l'exotique "The girl outside my window", une plage imprimée sur un rythme caribéen. Terry et le regretté John Mays (Fathead) se partagent le micro. Cordes, piano et sax dominent le "King Creole" de Leiber et Stoller, un chouette rock'n'roll. Jimmy Bowskill (28 ans), jeune prodige canadien, se réserve la mandoline sur deux plages. Tout d’abord lors de la reprise du "Early morning rain" de Gordon Lightfoot, une piste colorée par l’accordéon. Puis, sur "I'll see you in my dreams", un morceau traditionnel. Enfin, piano et basse acoustique entretiennent "Only one", un jazz empreint de douceur et de subtilité.

 

Alice on the Roof

Madame

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Remarquée à The Voice Belgium, où elle atteint la demi-finale, Alice On The Roof peut se targuer d’être devenue une artiste à part entière…

Drivée par Marc Pinilla, le charmeur du groupe Suarez, la belle a réussi à imposer un style qui n’appartient qu’à elle, notamment grâce à « Easy Come Easy Go », un titre issu d’un premier opus baptisé « Higher », largement diffusé sur les ondes noir-jaune-rouge...

L’évidente qualité des compositions lui a permis de conquérir une critique médiatique et populaire unanimes bien utiles pour (s’) expérimenter et acquérir un crédit scénique hors du commun.

Cependant, son caractère un peu trop formaté pouvait légitimement laisser craindre que la jeune femme continue de se cantonner dans une certaine zone de confort.

Pourtant, il n’en est rien. « Madame », deuxième elpee, recèle une palette de chansons colorées, subtiles et efficaces. Surprenantes même ! De la chrysalide, cette ‘Dame’ s’est transformée en papillon !

Alice versus ‘2.0’ s’émancipe enfin et s’y livre sans concession dans un exercice de style qui lui va comme un gant…

On est loin d’une narration primitive de ses relations amoureuses relatées sur son précédent opus. Les textes sont nettement plus matures, la plume davantage incisive (« T’as quitté la planète ») lorsqu’ils ne lorgnent pas vers une ode à la femme sur la plage éponyme (‘Madame a le droit de dire/On ne peut freiner madame/Madame a le droit de vivre/Demain sera madame’).

Elle se focalise cependant sur l’instantané, sur des sujets qui lui tiennent à cœur, à l’instar de « Malade », fable faussement pudique, mais autobiographique, écrite à quatre mains avec Vianney, dans laquelle elle clame à qui veut l’entendre, et dans la langue de Voltaire s’il vous plait, que ‘ma maladie, c’est tout simplement d’être moi!’. De quoi devenir schizophrène…

Assurément, le français permet d’ajouter une dimension supplémentaire fort intéressante. Gageons qu’elle exploite ce terrain un peu plus dans le futur !

Le clip (très second degré) tourné chez ses grands-parents (qui y font une apparition remarquée) laisse même entrevoir, durant quelques secondes, un Arno ahuri, affublé d’un déguisement étrange et attablé à un bar… De là à conclure que ce rôle lui colle parfaitement à la peau, il n’y a qu’un pas que l’on n’oserait franchir…

Madame Dutoit n’oublie pas pour autant l’anglais qu’elle pose parfaitement (elle a vécu une année en Oregon) ci et là sur des lignes mélodiques parfois parfumées d’une électro-pop léchée (« On my own »), tendre (l’excellent « La fille sur le toit »), drôle (« T’es beau comme t’es ») ou encore pétillante (« How long »).

Bref, de quoi satisfaire les mélomanes les plus exigeants…

Sa voix éthérée et candide, presque timide, se pose délicatement sur chacune des chansons avec une pudeur telle, qu’elle en devient presque humble.

C’est tout simplement joli. A lui seul, ce disque transgresse toutes les théories sur le sujet…

Cerise sur le gâteau, en guise d’au revoir, elle se réapproprie en toute fin de parcours une version particulière, improbable et inattendue de la chanson de CloClo, « Le téléphone pleure », évoquant un père divorcé parlant au téléphone à sa fille qui ne le connaît pas.

Devinez quoi ? Mister Hintjens réincarne Frédérique Barkoff qui jouait le rôle de la petite fille à l’époque. Iconoclaste non ?

A écouter sans modération !

 

Richard Thompson

13 Rivers

Écrit par

Richard Thompson est l'un des fleurons du folk-rock anglais. Et pour cause, ce moteur du mouvement acid folk britannique de la fin des sixties est également un des membres fondateurs de Faiport Convention, aventure qu'il avait entamée à l'âge de 18 ans. Originaire du quartier de Notting Hill Gate, à Londres, il peut se targuer d'avoir vécu une carrière exemplaire, tout d’abord en compagnie de sa compagne Linda, puis en solo, à partir de 1983. Ce chanteur/guitariste/compositeur vit aujourd'hui à Los Angeles et c'est dans la grande cité californienne, au Boulevard Studio qu'il a enregistré les treize chansons de ce superbe opus, des sessions au cours desquelles il a reçu le concours d’une remarquable section rythmique composée du bassiste Taras Prodoniuk et du batteur Michael Jerome ainsi que du gratteur Bobby Eichon, qui n’est autre que le propre préparateur de guitare de Richard.

La plage d’ouverture, "The storm won't come", est un véritable joyau. Un morceau riche, sculpté dans un le folk/rock celtique, mais dynamisé par des percussions tribales. La guitare est créative, saisissante, explosive, libérant des sonorités réminiscentes de Dire Straits mais qui laisserait Mark Knopfler aux vestiaires. Toutes les compos reflètent des émotions intenses éprouvées par l'artiste, dans le tourbillon d'une période sombre de son existence. "The rattle within'" est tout aussi riche. Les percus sont implacables et les cordes corrosives. Davantage blues, "Her love was meant for me" se distingue par son envol de cordes majestueux. Mais si les notes torturées s’accumulent, Richard garde une maîtrise parfaite de l'ensemble. Grandiose! Désespérée, la voix véhicule des accents lugubres tout au long du blues lent, "The dog in you", alors que les cordes se libèrent progressivement tout en maintenant un feeling permanent. A 69 ans, Richard Thompson signe sans doute son elpee le plus rock. Le plus puissant également. Il a même l’audace de nous réserver un envol déjanté sur "Do all these tears belong to you". Si "You can't reach me" se révèle très rock'n'roll, il déconcerte aussi par son originalité lors des pistes plus folk. A l’instar d’"O Cinderella" et de "Pride" qui célèbrent un flirt entre cordes de mandoline et de gratte bien électriques et insatiables. D’excellente facture, cet LP s’achève par le tendre "Shaking the gates".

 

The Ragtime Rumours

Rag'n'Roll

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Ce quatuor batave pratique un cocktail de ragtime traditionnel, de jazz manouche et de blues tout en adoptant une attitude rock'n'roll. Ce qui explique le titre de cet opus : "Rag'n'roll". En mars dernier, il a décroché le 8ème European Blues Challenge. Il représentera donc l'Europe lors du prochain International Blues Challenge de Memphis. Sa musique est essentiellement acoustique. Le line up réunit Tom Janssen (chant, banjo, guitare acoustique et slide), Miss Nikki van der Schuren (basse, sax baryton, flûte et chant), Thimo Gijezen (guitare électrique, accordéon et piano) et Sjaak Korsten (batterie et frottoir). Sous-titré "Comic and other songs for smoking concerts", cet opus est propice à la bonne humeur…

La fête débute par "Way too smart", une plage qui baigne au sein d’une ambiance ragtime et gypsy, dans l’esprit de Pokey Lafarge. Incisive et inventive, la guitare se détache de cette vague swing. Une voix austère hante "Turn every dollar", une piste qui met en exergue banjo et frottoir. Deux titres adoptent un profil spécifiquement blues, "Faker" et "Humanity", même si le premier véhicule des accents empruntés au tango avant que Thimo Gijezen ne libère délicatement ses cordes. Des cordes qu’il tisse habilement sur le second. Country/blues acoustique, "Hookman" met en exergue l'harmonica de Willem Veldman. Tom et Niki se partagent les vocaux, Thimo est passé au piano et Jeroen Verberne s’est invité au trombone pour "Stop that train", une piste qui adopte le rythme du chemin de fer. Régulièrement, les musicos se réservent d’excellentes sorties sur leurs instruments. A l’instar de Niki à la flûte sur "Holly Woedend" ou encore au sax baryton et Thimo à l'accordéon tout au long de "Everywhere I go". Dernier morceau de l’elpee, "Rag-blues song" nous plonge au cœur d’une ambiance dixieland jazz. Et comme les musiciens vous le diraient, ‘Let the ragtime's roll’…

 

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