Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

The Lemonheads rendent hommage à Townes Van Zandt

Un jour, on réalisera un film sur Townes Van Zandt – ce troubadour à part qui a inspiré tout le monde, de Bob Dylan à Willie Nelson en passant par Emmylou Harris et Evan Dando des Lemonheads. Sorti le 9 septembre, le nouveau single « Rake » est le premier…

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Dernier concert - festival

The Cure
Viagra Boys

The Furious Seasons

Now residing abroad

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The Furious Seasons est un trio qui vit dans les collines sises autour de Los Angeles. Il implique les frères Steinhart. Soit David au chant et à la guitare ainsi que Jeff à la contrebasse. Une fratrie soutenue par Paul Nelson aux guitares.

Son style ? Du jazz-folk-roots acoustique. Un style harmonieux, empreint de sensibilité et toujours mélodieux. On compare régulièrement son expression sonore à celle de Paul Simon. Et le titre d’ouverture, "Expo line", au cours duquel les cordes acoustiques sont à la fois délicates et cristallines, en est une belle illustration. Une compo qui donne le ton à cet opus. En outre, lorsque le chant se conjugue en duo, on ne peut s’empêcher de penser à Simon & Garfunkel ; et notamment sur le superbe "Marathon", une plage caractérisée par des cordes belles à pleurer… Ce sont même trois voix qui reprennent en chœur le refrain d’"Understood", alors que les grattes s’intègrent parfaitement à l’ensemble. Magique ! Tout au long de ce long playing, on est littéralement scotché par cette musique qui dégage tant de beauté. Et le titre final, "Come to LA", en est une dernière démonstration…

 

In Layman Terms

Strong roots

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A l’origine, In Layman Terms réunissait un frère et une sœur. En l’occurrence le chanteur-bassiste Logan Layman et le guitariste Cole. Etablis en Virginie, ils ont monté ce projet, alors qu’ils avaient à peine 20 ans. Le duo publie un premier elpee, intitulé "Tangled". Puis rencontre l’étonnant trompettiste Hamed Barbarji qui rejoint la fratrie. Et en 2017, le batteur Nick Davidson complète le line up. Cette formation représentera le River City Blues Society lors du prochain International Blues Challenge de Memphis, en janvier 2019. En peu de temps, I.L.T. a acquis de l'expérience, de la présence et surtout, depuis l'arrivée d’un trompettiste, sa musique a pris une autre envergure… 

R&b léger et dansant, le titre maître se distingue par les premiers envols des cordes de Cole et les interventions à la trompette d'Hamed. Un échange de voix sur fond de percussions amorce "I'm somebody", une forme de work song séculaire, avant que le rythme ne s'impose. Caractérisé par ses accents métalliques, la cigar box, bientôt soutenue par la trompette aux éclats feutrés, nous entraîne au cœur du Delta. Amorcé par les sonorités primaires de cette cigar box, "Make me yours" est imprimé sur un tempo lent. Si la voix de Miss Logan est sereine, mordante et féline, la trompette s’incruste et finit par s’imposer. Orignal et déconcertant ! Empreintes de douceur, les cordes alimentent "Ain't gonna fake it no more", un autre blues lent, mais plus classique ; cependant c’est une nouvelle fois Barbarji qui tire son épingle du jeu, grâce à ses interventions réservées, mais chargées de feeling. "Heartbroken" emprunte la rythmique à Howlin' Wolf. Harmonieuse, la voix de Logan colle parfaitement au tempo, alors que les solistes en profitent pour prendre leur envol. Une seule reprise, le notoire "Fever" de Cooley et Blackwell, une compo que Little Willie John avait traduite en succès dès 1956. In Layman Terms en réalise une version jazzyfiante parfaitement adaptée à la voix et la trompette. La basse de Logan introduit le funky "Way too far", une plage qui vire à la jam, concédant les ultimes soubresauts des cordes et de la trompette…

 

Bring Me The Horizon

Plein la vue et les oreilles…

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Ce soir, c’est le grand retour de Bring Me The Horizon, dont la nouvelle tournée a été baptisée ‘First Love Tour’. Cette formation insulaire, issue de Sheffield très exactement, est née en 2004. Et sa musique a constamment évolué. A l’origine deathcore, elle est passée par le metalcore avant d’embrasser un rock plus alternatif, à la limite du popcore, généreusement nourri par l’électronique. Et son dernier opus, « That's the Spirit », paru en 2015, en est certainement la plus belle illustration. Son nouvel elpee, « Amo », devrait paraître en janvier 2019.

Yonoka assure le premier supporting act. Lorsque le combo grimpe sur l’estrade, la salle est encore clairsemée, et surtout les gradins. Au fil de la soirée, elle va se remplir…

Issu de Brighton, ce quatuor implique la chanteuse Theresa Jarvis, le guitariste George Edwards, le bassiste/claviériste Alex Crosby et le drummer Robert Mason. Une tenture est tendue derrière le drummer et un immense ‘Y’ de couleur rouge est imprimé au milieu de la toile. C’est le sigle de reconnaissance du groupe. La chanteuse est vêtue d’un legging gris à paillettes et d’une large veste rouge genre ‘grosse doudoune. Lors de son concert, le band va puiser généreusement dans ses deux Eps, « Teach Me To Fight » et « Creature », gravés cette année, ainsi que « Heavy », en 2016…

Le radiophonique « Own Worst Enemy » ouvre le show. Fruit d’un cocktail entre électro et métal, l’expression sonore est censée être dynamisée par la voix puissante et mélodieuse de Jarvis. Mais elle peine à s’en extraire. « Waves » (« Teach Me To Fight ») libère des envolées davantage pop que métalliques. « She's Not There » (NDR : ce n’est pas la célèbre chanson des Zombies, mais une reprise des Cranberries) est truffée de beats électro. En milieu de parcours, la section rythmique devient sauvage alors que la voix survole enfin l’instrumentation. Eclectique, « Creature » se nourrit d’indie et d’alt rock ainsi que de punk. Malgré des critiques favorables en Grande Bretagne, Yonoda n’a pas vraiment convaincu ce soir… (pour les photos, c'est ici)

Setlist : « Own Worst Enemy », « Ignorance », « Waves », « Drongo », « She's Not There » (The Cranberries cover), « Creature », « Fire Up », « F.W.T.B. ».

The Fever 333 est un projet qui réunit le chanteur Jason Butler (Letlive), le guitariste Stevis (The Chariot) et le drummer Aric Improta (Night Verses), un trio qui va littéralement tout écraser sur son passage… A son actif, un album. Intitulé « Made In America », il est paru en mars 2018. 

La salle est maintenant comble lorsque le combo débarque sur l’estrade. Tatoué, Butler a enfilé une salopette. Il s’est forgé une réputation de showman imprévisible. La théâtralisation de ses attitudes implique des mouvements non-stop à haute énergie, des routines de danse, la destruction d'objets sur la scène et un surf fréquent au sein de la foule.

Avant d’aborder « Burn it », le premier titre, il est seul sur le podium, immobile, un sac de jute noir recouvrant sa tête. Des images défilent. Celles de manifestants défiant les forces de l’ordre. Du Führer saluant ses partisans. D’un drapeau américain en décomposition et en flammes. Pas de son. Cette intro se poursuit par le célèbre discours de Charlie Chaplin dans ‘The Great Dictator’, puis par celui prononcé lors d’une réunion du Ku Klux Klan. Puis il enlève et jette cette cagoule au loin. Il s’avance alors vers le bord de la scène et le band attaque « We Are Coming In ». Jason lance son micro en l’air et le rattrape. Il quitte l’avant de l’estrade, qu’il va régulièrement squatter, pour traverser la foule, monter sur le bar, escalader les barrières avant d’atteindre les gradins. Le roadie chargé de le suivre éprouve alors d’énormes difficultés à libérer le fil de son micro. Il achève sa compo, et décide de poursuivre son périple dans les gradins et la fosse, tout au long de « Made An America ». Il revient sur les planches pour « One Of Us ». Stevis tournoie avec sa guitare. Sans câble, heureusement, alors que le batteur se lève de son siège afin d’haranguer l’auditoire et l’inciter à lever les bras, applaudir et jumper. Pendant que Butler exécute une danse tribale, un carton s’élève de la foule sollicitant des sticks. Jason en pique au drummer et les lance au quémandeur. Puis lors du titre suivant, en récupère d’autres, et replonge dans la fosse. Il les frappe sur le bord du podium, remonte dessus afin de récupérer un tom bass qu’il cogne alors sauvagement. Puis le balance en direction du batteur. Il entame ensuite une série d’exercices de human beatbox. Ce qui provoque une montée de la température dans la salle. Les smartphones s’allument pour immortaliser ce moment magique. Pendant « Walking In My Shoes » (NDR : non, ce n’est pas une cover de Depeche Mode), sa voix emprunte les mêmes intonations que celles du Chester Bennington (Linkin Park). Hanté par Rage Against The Machine et POD « Hunting Season » clôture ce spectacle au cours duquel les musicos ont livré tout ce qu’ils avaient dans les tripes. Le rapcore super communicatif de The Fever 333 a vraiment mis le feu aux poudres… (pour les photos, c'est là)

Setlist : « Burn It », « We're Coming In », « Made An America », « One Of Us », « Beatbox & Drum Solo », « Trigger », « Walking in My Shoes », « Hunting Season ».

Bring Me The Horizon est de retour. Son chanteur charismatique, Oli Sykes, en est la figure de proue. Il est épaulé par le fidèle bassiste Matt Kean, le claviériste/percussionniste Jodan Fish, les gratteurs Lee Malia et John Jones (lead) ainsi que le drummer Matt Nicholls. La scène a été relevée de 70 centimètres sur toute sa surface afin d’y glisser des canons à fumigènes. Pour le light show, trois rampes rectangulaires couvrent toute la superficie du podium au dessus des musicos. Ils sont actionnés par des vérins qui montent ou descendent en fonction des morceaux. Et ce jeu de lumières est vraiment grandiose, mais aussi particulièrement aveuglant. Des spots de couleur blanche se focalisent sur Oli qui débarque, triomphant, le micro levé à bout de bras. Il pivote sur lui-même et le combo se lance dans son nouveau single, « Mantra ». Les smartphones sont déjà en éveil. Enthousiaste, la foule jumpe généreusement. Et les personnes assises aux balcons se lèvent dès la première déferlante de notes. Oli invite la foule à chanter « House Of Wolves », tout en jumpant. 10 000 âmes qui s’exécutent pendant plus de 5 minutes, c’est vraiment impressionnant.

Les riffs de grattes semblent émaner de l’enfer. Les canons à fumigènes se déclenchent. La formation abandonne ses sonorités metalcore et hardcore, pour adopter un style plus mélodique, proche du metal alternatif, du nu metal, du pop metal voire de l'électro-rock, tout au long de « Go To Hell, For Heaven’s » (« Sempiternal »). Un changement radical de style ! Les cordes se révèlent à la fois frémissantes et entêtantes. Les chœurs sont limpides. Jordan Fish se charge d’ailleurs régulièrement des backing vocals. Sykes accomplit des kilomètres sur planches, même s’il occupe surtout l’avant-scène. Tout au long de « It Never Ends », il s’arrache littéralement les cordes vocales. « Sleepwalking » ouvre une parenthèse plus paisible. Et dans un même climat, Sykes et Lee Malia nous réservent une version acoustique de « Drown », pour achever le set.

Et en rappel, le band va nous accorder deux titres, « Doomed » et « Throne ». Pour celles et ceux qui ont manqué ce concert, rappelons que BMTH se produira l’an prochain, dans le cadre du festival Rock Werchter, le 18 juin… (pour les photos, c'est ici)

Setlist : « Mantra », « House Of Wolves », « Avalanche », « Go To Hell, For Heaven’s », « Sake », « It Never Ends », « Wonderful Life », « Shadow Moses », « Happy Song », « Sleepwalking », « Can You Feel My Heart », « Follow You », « Antivis » , « Drown ».

Rappel : « Doomed », « Throne ».

(Organisation : Live Nation)

Parquet Courts

Tout avait pourtant bien commencé…

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Ce jeudi 15 novembre, le Botanique accueillait Parquet Courts. En une petite décennie d’existence, le groupe new-yorkais est devenu incontournable sur la scène rock alternative. Digne héritier des Talking Heads, Television, Sonic Youth et consorts, il a publié récemment, un remarquable troisième opus, intitulé “Wide Awake!”. Un album qui devrait intégrer, à juste titre, les tops de l’année 2019. Preuve de sa notoriété coiffant, l’Orangerie a été décrétée sold out...

Vers 21 heures, la salle est comble et la température commence à grimper. Le quatuor monte sur les planches. Le bassiste, Sean Yeaton, dont la coupe de cheveux rappelle celle de Mireille Mathieu, se plante au centre. Le chanteur/guitariste Andrew Savage opte pour sa gauche et l’autre guitariste/chanteur A.Brown (et occasionnellement claviériste), sa droite. Enfin, en retrait, l’autre frère Savage, Max, s’installe derrière ses fûts.

Le set débute par le titre qui ouvre le dernier LP, en l’occurrence l’énergique “Total Football”. Une excellente entrée en matière. Le light show nous plonge au cœur des 80’s. Des spots de couleurs vives projettent les ombres des musiciens sur un grand voile blanc tendu derrière eux. Génial ! Les musiciens enchaînent les morceaux les plus énergiques à grands coups de guitares tout en superposant harmonieusement leurs voix. Les Américains semblent se donner à fond. Avant d’attaquer le morceau plus atmosphérique “Before the Water Gets Too High”, A.Savage décide de troquer sa gratte contre un omnichord, un hybride entre accordéon et clavier. Si tout au long de la première partie du set, l’amplification est parfaitement réglée, au fil du temps, on a l’impression qu’elle perd de sa puissance. Et on s’en rend compte tout au long de “Wide Awake!”, une compo qui tombe à plat, malgré le concours d’un percussionniste. Une baisse d’intensité qui n’empêchera cependant pas les fans de la première heure de se déhancher tout au long du concert. Après avoir interprété l’intégralité de son dernier long playing et quelques compos plus anciennes, le combo new-yorkais commence à sentir l’écurie, et se lance dans des exercices de style qu’on pourrait qualifier de masturbation instrumentale. Ce qui n’est ni nécessaire et encore moins indispensable. Un choix qui incite une partie du public à mettre les voiles… 

Bref, en sortant de l’Orangerie, on avait le droit de se sentir frustrés. Et pour cause, on a eu le sentiment que Parquet Courts n’a jamais pu ou voulu exploiter tout son potentiel. En outre, comme les musicos ne transpirent pas vraiment la sympathie, se contentant de balancer à l’auditoire quelques formules d’usage, on doit malheureusement en conclure que le concert s’est soldé par une légère déception.

(Organisation : Botanique)

Mahalia Burkmar

Des choristes improvisées…

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Mahalia Burkmar a chopé le virus de la musique, dès son plus jeune âge. A 8 ans, elle écrit sa première chanson, à 11 commence à jouer de la guitare, à 13 signe déjà chez le major Atlantic Records UK -de quoi asseoir un avenir plus que prometteur- et à 14 assure le supporting act d’ Ed Sheeran. Elle affiche aujourd’hui 19 printemps et voue un grand respect à feu Amy Winhouse qu’elle considère comme une influence majeure. Elle est responsable de textes accrocheurs d’une grande maturité pour son âge dans un style qu’on pourrait qualifier de r&b/psyché/soul réminiscent des 90’s. Ses chansons, elle les interprète d’une voix suave, sorte d’hybride entre celles de Rihanna, Sade et Lauryn Hill. Son album, « Diary of Me », est paru au cours de l’année 2016. En mars 2018, elle avait rempli l’AB Club ; puis, dans la foulée, fait un tabac lors du festival Couleur café. Pas étonnant que l’Orangerie du Botanique soit sold out ce soir, devant un public, ma foi… juvénile…

Martha da Rossa Canga Antonio, aka Martha Da’ro, assure le supporting act. D’origine angolaise, cette actrice (NDR : elle s’était illustrée dans le film de Noel Clark, « Brotherhood », en 2015) et chanteuse est née à Mons en 1995. Avant de se lancer dans une carrière solo, elle a sévi au sein du groupe de hip hop, Soul'Art. Un style qu’elle mêle aujourd’hui à la soul et au funk, mais en imprégnant ses chansons rêveuses et intimistes de douceur. Son tout premier Ep, « Cheap Wine & Paris », devrait sortir en février prochain.

Une Djette grimpe sur l’estrade et s’installe derrière une table sur laquelle sont posées des machines destinées à produire la musique. C’est cette collaboratrice qui va déterminer la setlist. Fluette, la boule à zéro, Martha débarque ensuite. Elle a enfilé une salopette rouge/orange sur un tee-shirt noir. Elle attaque le délicat « Summer Blues », son premier single. Sur un flow continu, sa voix fragile et enfantine évoque celle de Yolandi Visser (Die Antwoord). Elle chante tantôt en français ou en anglais. Et arpente le podium de gauche à droite, et inversement. Elle nous réserve un long monologue sur le kuduro, une danse angolaise, puis nous l’exécute à travers une compo imparable, qui agrège rap, hip hop, soul et r&b. Une première partie idéale pour chauffer la salle…

Mahalia monte sur les planches, accompagnée d’un drummer et d’un claviériste/bassiste. Chaque artiste a droit à son estrade, mais bien entendu centrale, celle de la Britannique est destinée à mettre en exergue ses talents de danseuse. « No Pressure » ouvre le set. La foule reprend le refrain en chœur. R&b, « One Night Only » est teinté de hip-hop et surtout de soul. La rythmique s’emballe pour le plus funky « Proud Of Me ». Dans la foule, trois jeunes filles s’égosillent. Mahalia se dirige vers elles et les remercie. Une voix samplée de rapper s’échappe des machines. Avant d’attaquer « Honeymoon », Mahalia empoigne une gratte semi-acoustique. Les hits « Seventeen » et « Silly Girl » sont dispensés dans des versions soul. Lors de la reprise du « Work » de Rihanna, elle est forcée d’adapter la hauteur de son pied de microphone. C’est ensuite le claviériste qui est victime d’un ennui technique. Mahalia improvise alors et entame « I Wish I Missed My Ex » a cappella. L’interaction entre elle et l’auditoire est alors totale. Elle slamme « Backup Plan », moment choisi par nos choristes improvisées de se distinguer lors du refrain. Pendant « Hold On », elle nous réserve une petite danse africaine, mais se froisse sans doute un muscle ; ce qui la force à exécuter quelques exercices d’assouplissement, tout en engageant la conversation avec le public. Qui demande à Mahalia d’interpréter « I Wish I Missed You » et « I Remmenber ». Après avoir jeté un coup d’œil vers ses deux musicos, elle acquiesce, réservant à l’auditoire des moments inoubliables. Et « Sober » d’achever le show.

Aucun rappel n’est prévu, mais Mahalia revient seule pour accorder deux morceaux, uniquement armée de sa gratte. Un concert plus cool que celui consenti l’an dernier à l’AB Club, face à un public jeune mais conquis par la prestation d’une artiste qui n’a pas eu peur de mouiller sa chemise…

Setlist : « No Pressure », « One Night Only », « Proud Of Me », « Honeymoon », « Seventeen », « Silly Girl », « Work (Cover Rihanna) », « I Wish I Missed My Ex », « Backup Plan », « Surprise Me », « Good Reason », « Hold On », « No Reply », « I Wish I Missed Ex », « I Remember », « Let The World See The Light », « Sober ».

(Organisation : Botanique)

Mortalcombat

Vacances en France (Ep)

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Beau contraste entre la douceur sucrée libérée par la musique du duo Mortalcombat et la violence cultivée par ‘Mortal Kombat’, un jeu vidéo culte sorti dans les années 90… Le couple bruxellois, réunissant Sarah Riguelle (Italian Boyfriend) et César Laloux (ex-BRNS et Italian Boyfriend), s’est lancé dans une nouvelle aventure pop au cours de laquelle les claviers sautillants et acidulés ainsi que la voix faussement ingénue prennent des « Vacances en France », sur un premier Ep. Mortalcombat y consigne 6 plages interprétées dans la langue de Molière qui fluctuent au gré des effluves synthétiques chères à Metronomy (« C’est L’Hystérie »). Le disque recèle, en outre, un hit empreint de mélancolique, judicieusement baptisé « Beau et Décadent ». Ce Mortalcombat risque d’être fatal à nos cœurs…

 

L.A. Witch

L.A. Witch

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A l’instar de la formation punk talentueuse –et féminine– Coathangers, qu’elle accompagne régulièrement en tournée, L.A. Witch partage une même prédilection pour les artworks… moches. Ici s’arrête la comparaison, car le trio de ‘sorcières’ féminines californien adopte un profil davantage psyché/rock voire surf/rock tout en affichant une morgue garage que n’auraient pas renié les Cramps. L.A. Witch donne le ton dès le morceau d’entrée « Kill My Baby Tonight », une piste sont les couches de guitares shoegaze semblent piquées à Jesus & Mary Chain, alors que la voix au timbre nonchalant –pour ne pas dire opiacé– de Sade Sanchez véhicule des textes joliment nihilistes (‘If I can’t Have You, No One Can’). Et finalement, cette belle virée psyché évoque la version ‘dark’ d’un obscur ‘girl band’ issu des sixties qui se serait cramé sous les rayons de soleil de la Californie…  

 

The Chills

Snow bound

Écrit par

En 2015, The Chills publiait l’album « Silver bullets », dix-neuf ans après avoir gravé son précédent elpee. De toute bonne facture, cet opus célébrait le retour en forme de son leader Martin Philipps et surtout la stabilisation de son état de santé. Il n’aura donc fallu que trois années avant que le groupe néo-zélandais ne sorte son sixième LP.

Première constatation, la production est plus léchée et les arrangements particulièrement soignés. Ce qui rend les compos plus pop. Surtout les trois premières du long playing. Dont le contagieux « Time to atone », une plage idéale à siffloter sous la douche. Egalement le morceau d’entrée « Bad Sugar » qui tente d’expliquer pourquoi les gens se tournent vers la religion. Et puis la valse « The greatest guide », une piste désenchantée, subtilement glam, qui rend hommage aux icônes disparues, dont Bowie, Lou Reed et Prince. De valse, il en est également question tout au long du tourbillonnant « Lord of all I survy ». Très souvent autobiographiques, ses chansons évoquent les souvenirs de Martin ou abordent le sujet de la spiritualité, mais sous un angle paradoxalement optimiste. A l’instar du morceau final « In harmony », nonobstant son message politique. Uptempo mais aussi sauvage, c’est également un des meilleurs morceaux, par ailleurs. Tout comme l’excellent « Complex ». Et paradoxalement ces deux titres sont infiltrés de claviers fluides, ondoyants, rappelant ceux de Dave Greenfield chez les Stranglers.  

Sans quoi, on retrouve la voix bien timbrée de Martin, les sonorités de gratte chatoyantes et étincelantes spécifiques aux Chills, sans oublier ce sens mélodique imparable qui a fait sa notoriété…

Dommage, néanmoins, que la boule de neige ne soit pas plus serrée…

 

The Shovels

Spaced Out In Outer Space

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Fondée en 1995, The Shovels est une formation originaire de la région de Hasselt. Son leader, Erik Debny, reconnaît pour influences majeures –entre autres– les Beatles et les Kinks. « Spaced Out In Outer Space » constitue déjà son cinquième elpee. Et il s’ouvre par la très jolie chanson « Judy », une compo particulièrement accrocheuse qui aurait pu figurer au répertoire de Pierre Rapsat. Mais le reste de l’album s’avère plutôt étonnant. A cause des vocaux, qui tour à tour lorgnent vers Mercury Rev (parfois même les intonations), Brian Eno (souvenez-vous de « Back Water ») ou encore Syd Barrett. Et puis des textes saugrenus. Il y a même une compo dans la langue de Vondel. Et le tout est dispensé dans une ambiance de pub, digne des Pogues. Original !

 

MØ

Davantage qu’une machine à tubes…

Écrit par

Soirée scandinave ce soir à l’AB, puisque la Danoise Karen Marie Aagaard Ørsted Andersen, aka MØ, et l’Islandaise Alma sont à l’affiche. Agée de 30 ans, MØ vient de publier l’album « Forever Neverland », en octobre 2018. Elle s’est révélée au sein de son pays natal, à partir de 2012, grâce à des titres électro/pop imparables comme « Maiden », « Glass » ou « Pilgrim ». Elle a prêté sa voix à Avicii et d’Iggy Azalea pour des hits internationaux. Mais également à Major Lazer et Dj Snake, pour le méga tube planétaire « Lean On ». Elle s’est déjà produite aux quatre coins de la planète, que ce soit en salles ou lors de festivals majeurs comme Rock Werchter et Coachella (Californie). 

La salle n’est pas comble, ce soir. Le deuxième balcon est fermé et les places assises, hormis la première rangée, sont inaccessibles. Et c’est Alma qui sert de supporting act. Dès 20 heures, une djette blonde chaussée d’énormes lunettes fumées s’installe derrière une table et attaque « Intro », un morceau inspiré d’une B.O. de film signée Sergio Leone. A partir du second titre, deux autres filles débarquent. En l’occurrence Alma, autre blonde, mais plantureuse, et sa sœur jumelle Anna-Livia, mince pour ne pas dire filiforme, un capuchon sur la tête. Et ces deux MC’s vont littéralement mettre le feu pendant 40 minutes. Toute les compos sont samplées par des machines. La Djette est particulièrement remuante. Alma signale avoir bossé en compagnie de Martin Solveig et notamment pour « All Stars », un titre qui incite les premiers rangs à jumper, avant que le reste de l’auditoire ne leur emboîte le pas. MØ avait participé aux sessions de « Dance For Me » ; cependant, bien qu’en coulisses, elle ne rejoint pas le trio, pour la circonstance. « Cowboy », le nouveau single, s’emballe ; un peu comme si on était emporté à vive allure, par un traîneau tiré par des chiens d’attelage sur la neige et la glace, à travers le grand Nord. Et c’est « Bonfire » qui achève un set idéal pour, paradoxalement, chauffer la salle… (pour les photos, c'est ici)

Setlist : « Intro », « Dye My Hair », « All Stars », « Dance For Me », « Cowboy », « La Money », « Chasing High », « Bonfire ».

Entre ombre et lumière, MØ grimpe sur les planches, vers 21 heures. Grande, blonde, elle est coiffée d’un béret qu’elle gardera… le temps de deux morceaux. Elle a enfilé un shorty à froufrous sur des bas et endossé une chemise –le tout de couleur noire– sur laquelle elle a revêtu un corset à lacets d’une teinte blanche immaculée. Divisée en deux parties, une estrade occupe tout le podium. La première est destinée aux exercices physiques ou de danse exécutés par MØ. On y accède de chaque côté par quatre escaliers. L’autre est réservée à deux préposés aux synthés, machines, Mac et contrôleurs MPD, parfois reconvertis en bassiste ou guitariste. Le drummer se plante au centre. Enfin, devant la table de mixage, au fond de la salle, une mini scène de 3m2 a été dressée pour y accueillir une partie du light show mais également, en cours de show, la Danoise. Un light show conséquent, que ce soit en leds ou stroboscopes

MØ est très remuante et elle va nous réserver quelques beaux mouvements de danse. Même que parfois on a l’impression d'assister à un cours géant de Zumba combiné à du Body Attack. Mais également s’autoriser un bain de foule en interprétant quelques titres sur cette petite estrade sise devant la console de mixage. Elle s’y assied également, mais sur un flycase, pour dispenser un titre plus lent en parfaite communion avec l’auditoire. Elle y fracasse également une bouteille de vin sur le sol. Entre les titres, elle remercie très souvent la foule. Son répertoire va puiser généreusement dans son dernier elpee.

« Intro (Purple Like the Summer Rain) » ouvre le concert. Le funky « I Want You » et « Kamikaze » mettent le feu dans la fosse. Ballade, « Mercy » est dominé par des accords délicats aux ivoires. La voix de MØ est ample. Tour à tour claire, bien timbrée, puissante ou rocailleuse, elle est susceptible de se briser au fond de sa gorge. Ce qui communique davantage d’authenticité aux compos. Et le show de s’achever, au bout de 75’, par le notoire « Lean On » (NDR : sur disque, elle y est soutenue par Major Lazer et DJ Snake) ainsi que par le plus doux « West Hollywood », une chanson beaucoup plus calme.

En rappel, on aura encore droit à deux morceaux très attendus, « Don't Leave » et le judicieusement intitulé « Final Song »…

Ce soir, le public n’a pas seulement assisté au concert d’une machine à tubes, mais surtout a découvert une auteur/compositrice/interprète/danseuse talentueuse… (pour les photos, c'est là)

Setlist : « Purple Like the Summer Rain », « Imaginary Friend », « I Want You », « Kamikaze », « Get It Right », « Red Wine », « Trying To Be Good », « Nostalgia », « Nights Witt You », « Sun On Your Eyes », « Turn My Heart To Stone », « Beautiful Wreck », « Blur », « Mercy », « If It’s Over », « Way Down », « Lean On » (cover Major Lazer), « West Hollywood ».

Rappel : « Don't Leave » (Snakehips & MØ), « Final Song ».

(Organisation Live Nation)

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