Les rituels étranges de This Is The Kit

This Is The Kit sortira son septième opus studio, « Ghost Coat », ce 15 janvier 2027. En attendant, il a partagé le single et « Skim a Stone ». Enregistré au cœur des Rockfield Studios dans la vallée de la Wye, au sud-est du Pays de Galles, ce disque place…

Tommigun fait de vieux os…

Les vétérans belges de l'indie pop signent un retour marquant. Dix ans après la parution de Wooden Son, Tommigun rompt un long silence et dévoile « Heavy Bones ». Ce morceau inaugure un nouvel elpee éponyme, dont la sortie se profile pour le 20 novembre 2026…

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Guns N Roses
Biohazard 8/8/26

Anthrax

Du métal en fusion dans la cité ardente…

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Certains évènements sont à voir pour les croire : le concert d’Anthrax programmé ce soir en fait partie. Et pour cause, les pionniers américains du Thrash sont devenus, grâce à leurs 36 années de route, des habitués des grosses audiences. Mais, très étonnant, ils se produisent, aujourd’hui, face à un parterre largement réduit. Et pour cause, le Reflektor ne peut accueillir que cinq cents âmes ; et les places étaient vendues, près de deux mois avant le show. L’occasion de passer un moment survolté, hors du cadre habituel, en compagnie de ce band qui a marqué et influencé pas mal de monde, dans l’univers du métal. Plongée dans la fournaise de la salle liégeoise...

Léger come-back : sous une froide nuit de février dernier, Anthrax débarque dans le nord du pays afin d’interpréter intégralement « Spreading the Disease », son second elpee gravé en 85 ; un disque qui a forgé sa notoriété. Quatre mois plus tard, le vent piquant a laissé la place à la canicule. Anthrax n’est plus venu pour un revival de ses heures de gloire mais bien afin de brosser un tableau de sa carrière. Une seule constante : toujours autant de peuple. Le premier parking couvert à proximité du lieu de rendez-vous affiche complet. Direction la gauche, pour s’engouffrer au sein d’une ruelle étroite qui conduit à proximité de la seconde aire. Il semble rester des places, au quatrième étage. Cap ensuite vers le Reflektor, après s’être frayé un chemin entre les badauds étanchant leur soif, jusqu’à finalement débarquer dans la salle de concert. C’est petit, il y a du monde : l’espace risque de vite devenir étouffant.

Il revient aux Londoniens de The Raven Age d’ouvrir le bal. Ces derniers pratiquent un Heavy new-school qui se révèle rapidement répétitif. Les morceaux démarrent généralement de manière assez soutenue mais retombent finalement, tel un soufflé, pour adopter une même architecture dans la composition. La voix Michael Burrough est monotone. Il semble blasé. Une attitude qui n’est pas de nature à aider les morceaux à sortir de l’ornière. Bref, ce n’est pas mauvais, mais après trois morceaux, la lassitude commence à vous envahir. Comme quoi, être un ‘fils de…’ n’est pas toujours miraculeux. En effet, quand on y regarde de plus près, un des deux guitaristes n’est autre que George Harris, le fils de Steve, gratteur intemporel chez Iron Maiden. Rien que ça ! Un élément pas tout à fait anodin, qui a notamment permis au band d’ouvrir à plus d’une reprise pour le mythe insulaire. C’est également la seconde fois qu’il assure le supporting act pour une tournée d’Anthrax. Pas sûr, que ces opportunités se soient présentées, s’il s’était agi d’un autre sixcordiste…

Break d’une demi-heure avant que la tête d’affiche ne prenne d’assaut les planches. Vu le monde présent, mieux vaut ne pas trop s’éloigner, au risque de se voir relégué au fin fond de la salle. Le Reflektor est à présent plein, du pit aux balcons. Alors que l’ambiance était totalement décontractée une grosse semaine auparavant, lors du concert d’Agnostic Front –les musiciens se baladaient tranquillement parmi les spectateurs– un membre de la sécurité garde vaillamment la porte conduisant aux backstages. Et quand cette dernière vient à s’ouvrir, il s’empresse de la refermer aussitôt. Interdiction de voir les stars de ce soir avant qu’ils ne montent sur l’estrade. La musique d’ambiance diminue de volume, la foule s’exclame, imaginant que le show va bientôt commencer. Fausse alerte : ce n’est qu’un morceau pour chauffer les esprits. Et pas n’importe lequel : « The Number of the Beast » d’Iron Maiden. Ah ben oui, tiens… quel hasard ! Les voix s’élèvent, des poings se lèvent. Iron Maiden appartient définitivement à l’ADN des metalheads. Un tel titre, c’est une partie de sa moelle.

Extinction des feux. Et c’est parti ! La petite scène liégeoise est plongée dans le bleu foncé. Les enceintes crachent le « Can’t Turn You Loose » des Blues Brothers. Le batteur est le premier à grimper sur le podium ; et… déception, ce n’est pas Charlie Benante mais bien son substitut, Jon Dette, qui siège une nouvelle fois derrière le kit. En effet, depuis maintenant quelques années, Benante souffre du syndrome du canal carpien. Ce qui lui provoque de fortes douleurs au poignet et l’oblige à se faire régulièrement remplacer. En fond sonore résonne le riff d’ouverture d’« Among the Living », un des plus gros titres du band. Scott Ian, guitariste et boss du team, s’installe à l’avant de l’estrade. Il fait claquer sa guitare et prend possession du morceau. Comme d’habitude, il arbore cette mine si expressive, comme si chaque mouvement d’onglet sur les cordes le transperçait de part en part. Question expression faciale, le bassiste Frank Bello n’est pas en reste. Si son épaisse chevelure noire masque partiellement son visage, il articule les paroles de chaque morceau, tel un être possédé par une quelconque force maléfique. A ses côtés, Jonathan Donais, second gratteur, se montre beaucoup plus discret. Dernier arrivé de la formation (en 2013), il semble souffrir de la chaleur ambiante. Il n’a en effet pas fallu trois tintements de cymbales pour que la fosse s’emballe, se bouscule, joue des épaules, provoquant une augmentation de la température de quelques degrés. Le solaire vocaliste Joey Belladona débarque enfin, vêtu sobrement d’un jean noir et d’un t-shirt à l’effigie de la tournée du band. Les légendes du Thrash se sont déjà emparées de la scène.

A l’instar de Metallica, Slayer et Megadeth, Anthrax appartient au Big 4 of Thrash, à savoir ces quatre plus grands groupes américains qui ont lancé et popularisé le Thrash Metal, au début des années 80. Même s’il est aussi reconnu dans le milieu que ses trois comparses, Anthrax n’est jamais parvenu à prendre un même envol. Habitué des festivals mais bénéficiant dès lors d’une durée de set réduite, le combo new-yorkais a pu, ce soir, déployer tout son talent et sa hargne en une heure et demi de show. Pas de temps à perdre entre les morceaux, excepté pour se rafraîchir à grands coups de rasade d’eau. Le groupe préfère se focaliser sur la communication avec son public lors des morceaux que pendant les breaks. L’aura de Belladona irradie la salle ; le chanteur est visiblement heureux d’être sur les planches. Il échange des regards complices avec le public, frappe dans les mains de ceux qui tentent tant bien que mal de faire du crowdsurfing et distribue à tout va les onglets de Frank Bello (qui, d’ailleurs, n’en utilise pas pour sa basse !) Si les tubes ultra-connus tels que « Caught in a Mosh », « Madhouse » ou encore « Indians » viennent électriser la foule, il faut reconnaître que « Breathing Lightning » ou encore « All of Them Thieves », une plage extraite de son dernier elpee « For All Kings », ont davantage de mal à déchaîner les âmes. L’âge d’or est derrière eux et les musiciens le savent ; en témoigne la liste résolument old school proposée lors de ce set.

Vu la contiguïté des lieux, on se demandait si la formation allait se livrer à fond ? Alors que les musicos auraient pu sortir la carte de l’indifférence, forcés de se produire dans une si petite salle, ils ont heureusement préféré sortir le grand jeu et en s’investissant totalement. Et le public leur a largement rendu. Alors que la fin du show pointait le bout de son nez, la reprise d’« Antisocial » de Trust, mais dans la langue de Shakespeare, viendra mettre un énième clou sur le cercueil des plus sceptiques. Le sol est aussi détrempé que les bustes. Ceux qui glissent sont de suite rattrapés. La déshydratation guette. Les derniers riffs sont expulsés des grattes, les mines des musiciens témoignent de l’effort nécessaire afin d’exécuter ces treize morceaux au cœur du volcan de la cité ardente. Mais peu importe le nombre de metalheads leur faisant face (NDR : Scott Ian ironisera quand même en affirmant avoir dispensé ce soir le plus gros show de la tournée et que l’année prochaine, le Graspop se déroulerait certainement lieu dans cette salle), les Américains ont offert tout ce qu’ils avaient dans le ventre. Et ça, c’est Metal !

Setlist : “Among the Living”, “Caught in a Mosh”, “Got the Time”, “Madhouse”, “Fight 'Em 'Til You Can't”, “Breathing Lightning”, “Intro to Reality”, “Belly of the Beast”, “All of Them Thieves”, “Medusa”, “Be All, End All”, “Antisocial”, “Indians”

(Organisation : Reflektor)

Open’er 2017 : mercredi 28 juin

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Il s’agit déjà de la 16ème édition de l’Open’er, un festival polonais auquel participe votre serviteur pour la 5ème fois. L’événement a déjà décroché, à deux reprises, le très prisé ‘European Festival Awards’, dans la catégorie ‘Best Major Festival’. Ainsi que de nombreuses autres nominations. Toutefois, sa localisation excentrée attire un public, en grande majorité, local. Soit bien loin de celui du Sziget, qui en constante évolution, draine un auditoire international…

Notre journée débute par le set de Royal Blood, dont la carrière a démarré en force, dès 2014, lors de la sortie de son premier elpee. Un éponyme. Il vient de publier son second. Intitulé « How did we get so dark », il est d’aussi bonne facture, mais ne réserve plus guère de surprise. Les refrains y sont même plus pop et inévitablement accrocheurs. Le concert sera d’ailleurs accordé dans cet esprit. Mais ce n’est pas la cohue face à la grande scène. Pourtant, généreusement tatoué, le drummer –dont le matos est surélevé sur une estrade, du côté droit du podium– n’hésite pas à se lever pour inciter les spectateurs à taper dans les mains. Les riffs sont lourds et semblent calqués sur ceux de Queens of The stone âge. Mais la mayonnaise a du mal à prendre. Le public débarque au compte-gouttes. Faut dire que les nombreuses formalités et autres contrôles de sécurité retardent l’arrivée des festivaliers. Si les organisateurs se félicitent d’avoir introduit en primeur une montre qui sert de moyen de paiement électronique, il faut avouer qu’avant de se la procurer, il faut patienter dans une première file, et puis dans une seconde, pour la charger…

Il y a déjà un peu plus de monde pour James Blake. Son entrée en scène est à la fois sobre et discrète. Il s’installe seul, derrière son clavier, pour aborder la reprise du « Vincent » de Don McLean. Puis, il est rejoint par un drummer et un deuxième claviériste, avant de balancer son tube, « Limit to your love ». Ses longues ballades sont autant de berceuses. Mais au fil du temps, elles deviennent carrément… soporifiques. Et même l’excellent « Retrograde » ne parvient pas à sortir la fosse de sa léthargie. Aussi, progressivement, le public se disperse afin de mettre le cap sur Tent stage au sein de laquelle, la température devrait grimper d’un cran…

Et pour cause, Solange Knowles y est programmée. Après être restée dans l’ombre de sa grande sœur Beyoncé (NDR : elle était d’ailleurs simplement danseuse chez les Destiny’s Child), son heure de gloire est arrivée, lors de la sortie de son troisième opus, "A Seat At The Table". Paru à l’aube de ses 30 ans, cet elpee a reçu un excellente critique auprès de la presse. Qui s’est concrétisée par une première victoire aux Grammy Awards, en 2017, dans la catégorie ‘meilleure performance R&B’. Une belle leçon de persévérance pour cette jolie métisse qui avait déjà gravé sa première plaque, à l’âge de 16 ans. Ce soir elle est flanquée d’un band exclusivement afro. Afro, pas affreux, loin de là, car les deux jolies choristes sont particulièrement sexy. En outre, sveltes et élégants, les six musicos semblent avoir été triés sur le volet. Dès leurs premiers pas sur l’estrade, la belle et ses acolytes entament une chorégraphie. Et elle est particulièrement soignée. On se croirait presque au spectacle de son aînée. Mais les compos sont bien plus profondes. Et les refrains autrement puissants. Très juste, sa voix est digne d’une grande chanteuse de gospel. Elle ne cesse de nous bluffer tout au long d’un show parfait, mais un peu court. Seule ombre au tableau, le son. Les infra-basses sont trop écrasantes et étouffent la voix ainsi que la section des cuivres, déjà discrète, au demeurant…  

Retour sur la grande scène pour la première grosse tête d’affiche de ce festival : Radiohead. Pas de problème, le son est parfait. Comme d’habitude, pourrait-on ajouter. Et les morceaux interprétés ne souffrent d’aucune faille. Pourtant, on aimerait qu’un contretemps ou une improvisation bouscule ce set impeccablement rôdé. Que ce soit les introspections, au cours desquelles les artistes se montrent très concentrés sur leur sujet, ou les dérapages sauvages voire déjantés, tout est strictement maîtrisé. La fusion entre rock électrique et électro épileptique est infaillible. Thom Yorke vit profondément chacune de ses compos. Le light show et les vidéos nous en mettent plein la vue. Les morceaux s’enchaînent à un rythme hallucinant, ne laissant guère le temps à la foule de reprendre son souffle. Et la set list n’a qu’un seul objectif : déconcerter. Pas question de tubes, comme « Creep ». La notoriété du band n’est plus à faire, aussi, il trace sa voie à sa guise. Et qui peut lui donner tort ?

Le long chemin du retour se profile déjà, car le programme de demain est plutôt chargé…

(Organisation Open’er)

 

The Dillinger Escape Plan

Pas de nostalgie, mais plutôt de la sueur, de l’énergie et de la chaleur animale…

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Ce soir, l’Ancienne Belgique est configurée en mode Box pour accueillir God Mother, Warsawwasraw et surtout, en tête d’affiche, The Dillinger Escape Plan. C’est la tournée d’adieu du combo américain. Fondé en 1997, il est responsable de 5 elpees, dont le dernier, « Dissociation », est paru en octobre 2016. Bien yankee, contemporaine, violente, sa musique est considérée comme le fruit de la rencontre entre heavy metal et mathcore, tout en intégrant des éléments de jazz et de prog. Les structures rythmiques sont souvent complexes et les tempos rapides. Si DEP a influencé de nombreux groupes, il s’est lui-même inspiré –et notamment– de Refused, Mahavishnu Orchestra, King Crimson, Black Flag et Cynic. Le New York Times a défini le groupe comme suit : ‘Si vous voulez vraiment connaître ces chansons, ce métal passe par le filtre jazz-rock d’Allan Holdsworth et Mahavishnu Orchestra’.

L’ouverture des portes est prévue à 18h30. Il ne sera décrété qu’une heure plus tard. En fait, le bus de DEP est tombé en panne sur la route. Les musicos seront donc contraints à se produire sur scène sans avoir réalisé leur soundcheck. A l’entrée le climat est lourd. Les gens parlent de l’attentat manqué, qui a secoué, la veille, la gare centrale…

A 20 heures, God Mother ouvre le bal. Un quatuor suédois. Issu de Stockholm, très exactement. Peu de monde dans la fosse. Si le drummer, le guitariste et le bassiste restent bien plantés sur les planches, le chanteur est vraiment déchaîné et rejoint l’auditoire, en emportant son micro relié à un fil (NDR : il aurait tout intérêt à s’en procurer un sans, pour ne plus s’entortiller dedans). Le band pratique un metalcore percutant et manifeste une énergie débordante. Hurlé le chant et particulièrement efficace. Convainquant !

Warsawwasraw embraie. Un duo parisien réunissant le chanteur/guitariste John Anthony Huss et le batteur Mathieu Luckas Betard. Ce dernier va se servir des fûts de son prédécesseur. Le chant est hurlé. Les sonorités sont lourdes et expérimentales. Pas trop ma tasse de thé. La salle commence à se remplir ; et elle sera comble pour la tête d’affiche.

Place ensuite à The Dillinger Escape Plan. Le drummer est installé sur une estrade surélevée juste devant une tenture noire sur laquelle est imprimé le nom du band. Le light show se distingue par quatre rangées de trois stroboscopes qui vont mitrailler la fosse, chauffée à blanc. Aux premiers rangs, l’atmosphère est suffocante. Votre serviteur migre vers le fond de la salle. Hurleur de service, Greg Puciato est épaulé par le bassiste Liam Wilson, installé en retrait devant le batteur, ainsi que Ben Weinman et Kevin Antreassian, qui se démènent comme des diables en boîte.

Après un élégant ‘Welcome Motherfuckers’, le show démarre sur les chapeaux de roues, par « Panasonic Youth ». Greg Puciato est omniprésent sur les planches. Il est partout et grimpe sur les baffles placés en front de scène. Son chant hurlé est assez mélodique, mais ‘testonérisé’. Endiablé, le set conjugue intensité et brutalité. Débordante, l’énergie libérée est terriblement électrique. Puciato incite à créer un circle pit et le rejoint. Les musiciens embraient par « Milk Lizard », comme si de rien de n’était, alors que Puciato remonte sur les planches. Pas sûr que la set list ait été respectée. Et l’intensité du show a atteint son paroxysme, lors du rappel, un encore de 3 morceaux.

Etonnant, mais la formation n’a pas abordé le sujet de la fin de son aventure. Et vu la réaction de la foule, on ne peut pas dire que l’ambiance était à la nostalgie, mais plutôt chargée de sueur, d’énergie et de chaleur animale. L’Ancienne Belgique a encore servi de temple du metal…

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

Eddie Vedder

Manque de consistance…

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On approche les quarante degrés à l’extérieur. Des bouchons consécutifs à un accident de la circulation. 1h35 de trajet auquel il faudra ajouter deux heures à patienter dans les embouteillages. En débarquant à Anvers, il ne reste que plus ou moins 50 emplacements de parking. Ouf, il ne faudra pas se taper 5 km de marche avant d’atteindre la Lotto Arena. Qui accueille ce soir, Eddie Vedder, le chanteur du mythique Pearl Jam. Et, bien entendu, c’est sold out !

Le supporting act est assuré par Glen Hansard. Ce chanteur/compositeur/guitariste/acteur irlandais était le leader de The Frames, un groupe rock fondé en 1990. C’est en 2006 qu’il a embrassé une carrière individuelle. A son actif en solo, trois elpees : « A Season On The Line » (2016), « Didn’t He Romble » (2015) et « Rhythm And Repose » (2012).

La scène est réduite à sa plus simple expression. Le Dublinois s’installe tout devant. Il s’assied sur un siège haut et entame son concert armé de son unique gratte semi-acoustique. Le son est bon. L’artiste signale qu’il reviendra se produire dans la salle Roma, sise dans la métropole, en automne prochain. Pendant quarante bonnes minutes, il va essayer de mettre de l’ambiance. Parfois on a l’impression qu’il s’arrache les cordes vocales, pour essayer d’y parvenir…

Il entame le set par « Her Mercy », son dernier single. La version ‘live’ est autrement dépouillée que celle diffusée par les radios. En général, les morceaux s’ébrouent paisiblement et s’emballent en fin de parcours. La foule apprécie son récital. Votre serviteur, un peu moins. Sa prestation est trop fébrile. Ce qui lui fait perdre de son charme. A épingler quand même, une excellente reprise de « Vigilante man », un titre bien country, signé par le légendaire Woody Guthrie…

Eddie Vedder grimpe sur le podium à 21h30. Il y rejoint ses différentes grattes, électriques, acoustiques, semi-acoustiques et son ukulélé. Pas de grunge, ce soir, mais un concert qui sera largement ‘unplugged’. D’ailleurs, le natif de l’Illinois est seul sur les planches.

En début de show, les compos sont aussi dépouillées que le décor. L’image d’une rue est projetée en arrière plan. Eddie parle longuement avec l’auditoire entre chaque chanson. Quand un spectateur l’interpelle, il lui répond immédiatement. Et franchement, l’artiste ne manque pas d’humour. Qu’on pourrait même qualifier de décapant. Dans la salle, le service de sécurité fait la chasse aux smartphones et appareils photos. C’est moins marrant…

Une bande préenregistrée diffusant la B.O. de Batman précède l’entrée en scène de l’artiste. Qui entame son show par le « Brain damage » du Floyd, après avoir accordé sa gratte. Il enchaîne par deux compos issues du répertoire de Pearl Jam, « Sometimes » et « Wishlist ». Sa six cordes est offensive, vrombit. Sa voix décolle. Excellent ! L’auditoire apprécie.  

Le panorama a changé. Place à l’illustration d’un cirque, pendant la cover étonnante et légère du « The Needle And The Damage Done » de Neil Young. Tout au long de « I’Am Mine », « Off He Goes » et « Can’T Keep » de Pearl Jam, le public se lève, chante et applaudit l’artiste. La voix si caractéristique d’Eddie est superbe. Mais privées de la sauvagerie et de l’électricité du grunge, les nouvelles versions manque de consistance. Issu de « Ukulele songs », « Sleeping By Myself » est interprété à l’aide de cet instrument à cordes. Dont il se sert encore pour deux morceaux, « Satellite » et l’adaptation du « Again Today » de Brandi Carlile, mais soutenu par un quatuor à cordes constitué de 3 violonistes et d’un violoncelliste. Ce Red Lima String Quartet vide alors les lieux et est remplacé par un insert à l’alcool vendu dans tout bon ‘Brico’. Tout au long du « Better Man » de Pearl Jam, le public est invité à un exercice de karaoké. Nouveau changement de décor. Une toile tendue, censée représenter un ciel étoilé, laisse transparaître de petites lumières. La set list ne néglige pas la B.O. du film « Into the wild », et nous en réserve « For Behind », « Setting Forth », « Guaranteed » et « Rise ». Mais à l’issue des versions folk d’« Immortality » et de « Lukin » de Pearl Jam, votre serviteur commence à se lasser. Sans doute à cause de la chaleur, de la fatigue, du parcours pour arriver à destination et de celui qui lui reste à accomplir pour regagner ses pénates. Et il s’éclipse, sur la pointe des pieds…

(Organisation : Live Nation)

 

Agnostic Front

L’esprit hardcore de l’underground new-yorkais au Reflektor…

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Alors qu’il se produisait la veille, face à plusieurs milliers de personnes, Agnostic Front a aujourd’hui rendez-vous devant un parterre nettement plus réduit –environ 400 personnes– mais néanmoins gonflé à bloc. Un moment musclé mais convivial en compagnie des légendes du Hardcore Punk. Ce détour par la Belgique est devenu une habitude pour cette formation yankee qui laisse toujours derrière elle un souvenir indélébile. Et puis… ce n’est ni plus ni moins qu’une tournée d’anniversaire : trente-cinq années de planches à célébrer vigoureusement dans le pit !

Dimanche fin d’après-midi, un soleil de plomb prend Liège en otage. Les rues sont calmes, le centre-ville est plutôt désert… à l’exception d’un petit attroupement qui s’est formé aux abords du Reflektor. Et pour cause : face à la salle de concert trône fièrement une magnifique Chevy datant de 1953. La bête a été amenée par le chapitre français du Rumblers Car Club, un collectif de passionnés dont le credo est de réparer, reconstruire et faire rouler d’anciennes voitures américaines. Autre détail intéressant : le responsable de cette association, née à New-York en ’96, n’est autre que… Roger Miret, le leader d’Agnostic Front. Il était donc naturel que le vocaliste, flanqué du reste du band, vienne inspecter le bolide. Accolades viriles, moments photos, échanges de compliments, la soirée s’annonce plutôt bien.

La fosse est plutôt clairsemée, si pas quasi-vide, lorsque les Liégeois de Surge of Fury entament leur set. ‘Allez les gars, on se rapproche… Que chacun fasse deux pas en avant, je veux pouvoir vous sentir’, lâche Tito à l’auditoire qui se densifie petit à petit. Les coreux comptent vingt années d’expérience acquise en ‘live’ ; ils connaissent donc bien les ficelles afin de bouter le feu au public. ‘Montrez vos culs…’, ose un spectateur. ‘En tout cas, nous, on se le bouge…’, lui rétorque de suite, le vocaliste. Il n’en faut pas moins pour que quelques esprits commencent à s’échauffer, les poussant à marteler le sol à coups de pieds et à mouliner les bras dans les airs. En une demi-heure de show, malgré un public relativement calme encore à cette heure anticipée de la soirée, Surge of Fury a offert un show carré et sans concessions. N’ayant jamais sa langue en poche, Tito remerciera Chris (vocaliste du groupe Do or Die et, pour l’occasion, organisateur de la soirée) mais également, un peu amer, tous les participants ‘qui ont été prêts à dépenser un tel prix, exorbitant pour ce style de musique…’ (NDR : le sésame s’élevait à un peu moins de trente euros).

Un espace contigu, des températures estivales : le cocktail idéal pour assoiffer les gosiers. La Chevy est mise en sécurité dans un parking proche de la salle de concert. C’est désormais une horde en t-shirts noirs et treillis de rigueur qui occupent la Place Neujean. Le temps de s’en jeter une ou deux, les martellements de la batterie de Wendy’s Surrender sifflent la fin de la récré. Originaires de Besançon, les Français ont entraîné leur fan club (vous vous rappelez, les fans de vieilles voitures US ?) Sous la bannière ‘East Side Hardcore’, les artistes bénéficient d’un quart d’heure de plus que le band précédent (même s’ils écourteront quelque peu leur prestation). La sauce a un peu de mal à prendre lors des premiers morceaux. D’ailleurs le public est assez statique. Wendy’s Surrender finit néanmoins par imposer son style typiquement old school mais agrémenté d’un petit côté groovy des plus appréciables. La fin du show approche et Cyril, le vocaliste, remercie Chris pour l’accueil. Jean Rem se lève derrière ses fûts, plante une baguette dans le flan du chanteur et lui montre l’arrière du podium. Cyril se retourne et se reprend illico : ‘… et on remercie également Roger d’Agnostic Front. On lui dédie d’ailleurs ce morceau !’ En toute simplicité, Roger Miret et son bassiste Mike Gallo s’étaient en effet glissés en coulisses afin de profiter de la prestation des Français. Au vu des hochements de tête approbateurs et des applaudissements, les artistes ont eu plutôt l’air de passer un bon moment. Une impression également partagée par la fosse, acclamant généreusement le groupe à la fin du concert.

Plus l’heure passe, plus l’air ambiant devient humide. Le temps de sortir d’un état proche de l’apnée, de se faire apostropher par la garde (‘on ne sort plus devant l’établissement avec des boissons après 10h !’), de se rafraîchir autant la gorge que les poumons, et il est déjà venu le moment de regagner le théâtre des opérations. Le décor est planté : le fond de la scène est tapissé par un drapé à l’effigie du dernier album d’Agnostic Front, « The American Dream Died », représentant la charmante statue de la liberté au visage squelettique. Tout le beau monde réuni pour l’occasion occupe à présent la salle, les plus motivé-e-s sont collé-e-s à l’estrade. Il faut dire qu’au Reflektor, il existe une grande proximité entre le groupe (ou l’artiste) et la foule, une simple petite barrière séparant le pit du podium.

Obscurité, cris, spots rouges projetés à la face du public, la B.O. du film ‘Le Bon, la Brute et le Truand’ (NDR : ça y est, vous l’avez aussi en tête à présent ?) est diffusée dans les haut-parleurs. Fidèle à sa réputation de mascotte, Vinnie Stigma entre triomphalement sur les planches, tout en torse bombé, vêtu d’un maillot du Standard et brandissant sa guitare retournée, au dos de laquelle sont inscrites en capitales les lettres STIGMA. Craig Silverman et Mike Gallo, respectivement guitariste et bassiste du band, prennent position derrière leur micro de part et d’autre du podium. Toujours très sobre et discret, Pokey s’assied derrière sa batterie, suivi finalement de Roger Miret, éternel bandana sur le crâne descendu jusqu’au niveau des yeux, et vêtu d’une ample chemise noire et short de la même couleur. Tous les poings sont levés. « The Eliminator », tiré de l’album « Cause for Alarm » de ’86, claque, tel un coup de fusil, le début du round. La contiguïté des lieux décuple la puissance des bousculades viriles dans la fosse. Les torses s’entrechoquent, certains tombent mais sont de suite relevés. Hardcore spirit.

L’ambiance est empreinte d’une franche camaraderie, le combo a l’habitude du plat pays et son public lui est fidèle. Un lien manifestement palpable. Les esprits s’échauffent, les plus hardis se font porter au-dessus de la foule pour finalement atterrir sur l’estrade, taper une accolade à un des musicos pour finalement se relancer de plus belle dans le pit. Certes, l’alcool aidant, certains abusent de cette ascension sur la stage ; ce qui finira par sensiblement énerver Roger Miret et Mike Gallo. Mais bon, ce rituel fait partie du jeu. Les morceaux s’enchainent pendant une heure, pour un set plein et condensé. Un ‘We love you Agnostic’ émane d’un des spectateurs adossé à la barrière et vient interrompre le vocaliste, alors qu’il était occupé à remercier le public de sa présence en ce dimanche soir. Ni une, ni deux, Roger Miret dédicace alors « For My Family » à ce fan visiblement heureux d’être là. En guise de remerciement, la formation invitera également (encore !) Chris de Do or Die à les rejoindre pour attaquer « Peace », avant de, quelques morceaux plus tard, relancer l’invitation cette fois-ci au vocaliste de Wendy’s Surrender, pour s’époumoner ensemble sur « A Mi Manera ». Un juste retour d’ascenseur.

Même si la moyenne d’âge tendait plutôt vers les trentenaires et les quadras, le public recensait quand même quelques jeunes pousses. ‘Vous êtes la nouvelle génération’, signifie Roger Miret à de jeunes enfants proches des barrières, avant de les inviter à monter sur l’estrade pour le dernier morceau du set, l’incontournable reprise des Ramones, « Blitzkrieg Pop ». Pendant que l’un s’accapare le micro de Craig Silverman afin d’entonner le refrain, un autre, plus jeune, cheveux longs et casque insonorisé sur la tête, pousse la chansonnette auprès du vocaliste, avant de se lancer dans la fosse, sous le regard médusé mais amusé des musiciens. ‘Vous savez, c’est aujourd’hui la Fête des Pères aux Etats-Unis… Mike est papa, Craig est papa, je le suis aussi… Vinnie lui est déjà grand-père (NDR : ce qui déclenche des rires de la salle). Et Pokey… lui c’est notre adopté, il est notre gamin à tous (accentuant cette hilarité). On est une grande famille…’, avait lancé Roger un peu plus tôt. Après avoir passé de bras en bras dans la fosse, le petit garçon revient sur les planches. Le chanteur le hisse sur ses épaules et clôture le set. Tout le monde est hors d’haleine. Les sourires parlent d’eux-mêmes : les légendes new-yorkaises du Hardcore-Punk ont une nouvelle fois mis le feu, en toute modestie, en tout simplicité, leur expérience et leur vécu transparaissant naturellement dans leur jeu de scène. Un esprit de fraternité, d’échange sincère avec leur public –peu importe le nombre qu’il soit– qui ne naissent et ne se déploient que dans ce type de concert. Longue vie au Front !

Organisation : Reflektor & Nuclear Blast

Jasper Steverlinck

Eblouissant !

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Ce soir, le Zik Zak accueille l’ex-chanteur/guitariste d’Arid, Jasper Steverlinck. Il a entamé une carrière individuelle, il y a maintenant trois ans. Il s’agit d’une des plus belles voix issue du Nord de la Belgique. Le Gantois bosse actuellement sur un nouvel opus, qu’il viendra défendre, notamment, au Botanique et à l’Ancienne Belgique, dès l’automne prochain.

Julie Jeavons aka Folk Vagabond assure le supporting act. Elle est aussi grande que son talent. Son goût pour le folk issu des 70’s, elle le doit à ses parents. Et tout particulièrement son père, qui est anglais. Sa mère est française. Julie vit d’ailleurs aujourd’hui, à Lille… Elle milite également au sein de The Lonely Free, qui s’était d’ailleurs produit, en première partie de Bai Kamara Junior, dans la même salle, il y a quelques semaines. Ce soir, elle se produit en solitaire, avec sa voix, son harmonica, ses sifflements et sa gratte semi-acoustique, sur laquelle sont imprimés les mots ‘This Machine Travels’. Fin du mois de juin, elle publiera son troisième elpee, « Heart Of The Matter ».

Un tonnerre d’applaudissements accueille Julie sur les planches. Elle est armée de sa gratte semi-acoustique. Ses nombreux voyages inspirent ses lyrics. « Edge Of Your World » ouvre le set. Une compo hantée par Dylan, même si la voix évoque davantage Joan Baez. Le toucher de cordes est empreint de subtilité. On a l’impression de partir le cœur léger, à l’aventure, en emportant pour tout bagage, son sac à dos. Un doux sifflement traverse l’atmosphère... Les cordes sont toujours aussi délicates et tout en retenue, tout au long de « Child Of The Universe ». Elles s’agitent quelque peu pendant « Lifetime », une nouvelle compo, alors que la voix de Julie devient graveleuse. Un morceau dont l’écoute serait idéale, en bord de mer, devant un feu de camp. « Life Of A Vagabond » adresse un clin d’œil au « Like A Hobo » de Charlie Winston. « Tale Of The Fallen Princess » est un inédit. Autre composition récente, « I’ll Be Your Clown » figurera sur le prochain opus. Libérant des ondes positives, elle bénéficie d’un refrain contagieux et pourrait facilement squatter la bande FM. Retour des sifflements pour « Utopia », un morceau qui fait du bien au cœur et à l’âme. Bref, ce récital folk était vraiment judicieux pour oublier les tracas de la vie quotidienne…

Le concert de Jasper Steverlinck sera également acoustique ; mais l’artiste est accompagné par Valentijn Elsen, aux claviers. Il fait de plus en plus chaud. Quelques ventilateurs au plafond seraient les bienvenus… Si jasper est très apprécié en Wallifornie, en Flandre, il est considéré comme une star. Pas étonnant que de nombreux aficionados issus du Nord du pays aient fait le déplacement. En s’accompagnant à la gratte semi-acoustique, Steverlinck attaque immédiatement plusieurs titres de son prochain long playing, dont « Our Love Got Lost » et « So Far Away From Me ». Sa voix est atmosphérique, céleste même. Jasper avait annoncé sur son compte Facebook, qu’il y avait longtemps qu’il s’était produit en live, et que ses doigts étaient impatients de toucher un manche de guitare. Nouveau single, « That’s Not How Dreams Are Made » enthousiasme l’auditoire. L’artiste n’en oublie pas pour autant son répertoire plus ancien, à l’instar de « Things That I Should Have Done ». De quoi vous flanquer des frissons partout. Et puis de reprendre magistralement le « Life On Mars » de Bowie, en prenant soin de descendre dans la fosse. Bref d’une durée de 120 minutes, ce concert réunissant nouvelles et anciennes compos a ébloui l’auditoire, malgré la fournaise…

Photo : focale2.8

(Organisation : Zik Zak)

Slayer

Personne ne vient défier un Roi, au risque d’en perdre la tête…

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‘Vous n’auriez pas une place à revendre ?’ Face à l’Ancienne Belgique, la question se répète inlassablement. Des négligents et des malchanceux cherchent à se procurer quelques chers sésames pour le show de ce soir. Et pour cause, la mythique salle de concert bruxelloise affiche sold out depuis quelques mois déjà. Il faut dire que programmer Slayer n’était guère risqué. Malgré trente-six années de présence sur scène, les pionniers du Thrash Metal attirent toujours autant les foules, celles d’hier et même d’aujourd’hui.

L’été approche à grandes enjambées. Les gosiers ont besoin d’être désaltérés. Le bar de l’AB est en coulée continue. De houblon ! Ça discute, ça parle, ça rigole. Quelques grosses voix beuglent : ‘Slaayyyeeerr’. Un cri de ralliement, nourri à la testostérone et à la virilité. Slayer, c’est pas pour les rigolos ! Une troupe s’affaire autour du stand de merchandising et agite des billets de dix et vingt euros pour ramener un précieux souvenir de guerre qui s’annonce. Bien que… quelle que soit la renommée du groupe ou l’importance de la bataille, débourser trente euros pour une casquette ou vingt euros pour un bracelet/éponge peut très vite faire mal à l’arrière-train. Business is business, messieurs, dames ! Mais direction l’arène, où le spectacle va bientôt commencer…

Il faut manifester une belle dose de confiance en soi –ou d’inconscience !– pour ouvrir la soirée des vétérans du Thrash. Un défi héroïque relevé par The Charm The Fury, un combo batave pratiquant un Groove Metal à la sauce Metalcore. La fosse est encore clairsemée, seul-e-s les plus curieuses et les plus curieux sont proches de l’estrade. Caroline Westendorp a enfilé un t-shirt noir moulant et transparent ainsi qu’un jeans troué de rigueur (un dress code du band apparemment). Elle se débat comme une belle diablesse et alterne habilement chant clair et hurlé. Le groove des morceaux ainsi que certains breaks provoquent quelques hochements de tête, d’abord timides puis progressivement assumés. Rolf Perdok attaque une reprise de Metallica à la gratte. Les autres musicos embraient. Ce qui agite quelque peu les esprits. Il n’empêche que face aux monstres qui s’apprêtent à leur succéder… le set, s’avère finalement, inoffensif. La vocaliste laisse même parfois l’impression de s’excuser d’être là, incitant plus d’une fois la fosse à crier en l’honneur de Slayer. Il aurait peut-être été plus judicieux de dénicher un supporting act davantage caustique, afin d’astiquer, comme il se doit, les metalheads avides de blasts et riffs endiablés.

Il reste à présent vingt minutes. Le temps nécessaire pour permettre au band orange de remballer son matos et l’équipe technique de Slayer, de dresser le théâtre des opérations. Du moins… les armes létales de chaque artiste ; le reste de l’espace scénique se limitant à un large backflag frappé en son centre d’une représentation christique et implorante de la cover de son dernier elpee, « Repentless ». Un Dieu terrorisé, au regard niché dans le plafond qui n’ose pas braver ses détracteurs sur scène. Les guitares sont accordées au poil. Surélevée, la batterie trône au milieu de la scène. J-2 minutes, un dernier coup de chiffon est appliqué un peu maladroitement sur le micro. Les haut-parleurs crachent quelques morceaux du répertoire d’AC/DC. De quoi tuer le temps. Les minutes s’égrènent. Les esprits s’échauffent. Quelques t-shirts commencent à tomber. Immersion dans l’obscurité. Des spots bleus blafards éclairent l’arrière-plan apocalyptique. La guitare ronde et délicieusement ironique de « Delusions of Saviour », morceau d’introduction du dernier LP, prélude l’arrivée des artistes sur le podium. Tapie dans l’obscurité, la silhouette imposante du vocaliste Tom Araya commence, petit à petit, à se dessiner. Épaisse chevelure sombre, barbe grise généreusement fournie. Il se plante devant son micro, visage empreint d’un sourire énigmatique. Son rictus figé entre la possession maligne et l’ironie légèrement présomptueuse. Il est sobrement fringué d’un t-shirt et d’un pantalon en cuir noirs. À sa gauche, Kerry King, armé de sa B.C. Rich conçue spécialement pour lui, détonne par davantage d’extravagance : crâne fraîchement rasé et tatoué à l’arrière, épaisse barbe réunie par plusieurs élastiques, singlet à l’effigie du band laissant apercevoir ses imposants tatouages, pantalon de cuir noir surmonté d’une grosse chaîne ramassée sur elle-même. Les deux survivors du line up originel. À la droite du Père Araya, Gary Holt, successeur du regretté Jeff Hanneman, visage mangé par d’importants favoris, cou de taureau dopé au headbanging forcené, t-shirt frappé d’un grand pentagramme, veste à patchs et jean noir. Le musicien ne manque d’ailleurs pas de rappeler –que ce soit par un des bracelets éponge qu’il porte ou par un des patchs cousus à l’arrière de sa veste– qu’il est également toujours le maître à bord d’Exodus, autre combo yankee de Thrash des premiers jours. Le batteur Paul Bostaph, quant à lui, est entièrement dissimulé derrière son kit de batterie. Seules quelques mèches de cheveux flottantes confirment qu’il existe, en arrière-plan, une trace de vie.

Le show démarre sur les chapeaux de roue par « Repentless ». Constatation immédiate : le son est particulièrement net et puissant. Pourtant, en festival, Slayer traîne la mauvaise réputation d’être plutôt brouillon. La soirée s’annonce vraiment très bonne. L’enchaînement des morceaux donne également le ton : les maîtres du Thrash ne sont pas venus pour se la couler douce, mais bien pour botter le cul de 3 000 personnes qui garnissent la salle. En plus de trente ans de carrière, ce n’est évidemment pas le choix des morceaux qui manquent. Bien que leur dernier opus soit en toute logique mis en exergue –à l’instar du dévastateur « Take Control », mais aussi du plus paisible, mais tellement malsain « When The Stillness Come »– le combo est allé repêcher des compositions plus anciennes, dont « The Antichrist » datant de 83 ou « Postmortem », de 86. La fosse est littéralement survoltée, et dès les premières notes, c’est le remue-ménage. Les grands classiques, tels que « Disciple », « Seasons in the Abyss » ou encore « South of Heaven » vont remettre une couche de déséquilibre. L’ambiance ne connaît pas de haut ni de bas : elle est en constante progression. Force est de constater que bon nombre de fans de la première heure ont fait le déplacement et eux aussi veulent en découdre. L’antre de l’Ancienne Belgique devient un défouloir collectif, où les gros bras se bousculent. Un vrai combat de coqs où les torses imbibés de sueur s’entrechoquent et s’envoient en l’air à coups de stage diving. L’adage selon lequel ‘je faisais ça quand j’étais jeune, mais plus maintenant’ ne tient pas la route. Slayer, catalyseur de violence depuis 1981, n’a rien perdu de son pouvoir.

Sur les planches la hargne est beaucoup plus canalisée et jaillit dans la précision et la qualité d’exécution. Telle une huître bodybuildée, Kerry King est renfermé sur lui-même, plié sur son instrument. Aucun contact avec le public, si ce n’est un rare échange visuel de temps à autre. Garry Holt, partage davantage avec la fosse, grimaçant au gré de ses riffs ciselés. Mais le plus impressionnant reste néanmoins Tom Araya, du haut de sa stature impassible, fermant les yeux pour concentrer son énergie à travers son instrument et hurlant tel un gorille possédé. Il existe quelque chose de malsain en lui ; et impossible de différencier dans son regard, l’humour de la saine folie. Lors d’un break, il prend un malin plaisir à, lentement, parcourir du regard les premiers rangs, avant de remonter sur les deux étages de balcons. Comme si le mâle alpha tenait à dominer, un par un, les metalheads qui le bravent. La batterie retentit trois coups. Les musiciens font face à la batterie. Seconde semonce de trois coups, accompagnée d’une giclée de larsens. Le public le sait, la tension monte de façon exponentielle : dans quelques minutes, tout va exploser. Troisième semonce, les musiciens tirent le suspense en longueur, jusqu’à ce que le riff diabolique de Raining Blood n’envahisse l’espace. Le drumming démarre. Le feu est mis aux poudres. L’onde de choc se répand de long en large. Ça cogne sec et dur. Mais ils n’en n’ont pas encore fini et tiennent l’audience par la carotide. Un « Chemical Warfare » vient se planter dans les côtes, avant de profiter d’une envolée céleste grâce à « Angel of Death ». Pas de rappel, le credo a été récité. Pas de doute : les Californiens connaissent leur statut. Ils savent qu’ils sont connus et reconnus, et ne s’en privent pas de s’en servir. Ce soir, sur scène, ils ont été les Rois. Et personne ne vient défier un Roi, au risque d’en perdre la tête.

À moins qu’on ne l’ait déjà toutes et tous perdue.

(Organisation : Live Nation – Nuclear Blast)

Setlist : “Repentless”, “The Antichrist”, “Disciple”, “Mandatory Suicide”, “Hallowed Point”, “War Ensemble”, “When the Stillness Comes”, “You Against You”, “Postmortem”, “Born of Fire”, “Dead Skin Mask”, “Hate Worldwide”, “Pride in Prejudice”, “Take Control”, “Seasons in the Abyss”, “Spirit in Black”, “South of Heaven”, “Raining Blood”, “Chemical Warfare”, “Angel of Death”

MEK

Breathe

MEK, c’est le projet musical de Koen Meirlaen. Il vient de publier un nouveau single, « Breathe », morceau pour lequel il a reçu le concours de Wanthanee. Finaliste lors de l’édition ‘De Nieuwe Lichting’, organisée par Studio Brussel, cette dernière a manifestement une voix épatante. Et conjuguées en harmonie, elles sont absolument superbes. Emouvantes et originales, les chansons correspondent, très souvent, à l’environnement au sein duquel elles sont enregistrées. Comme lors d’une expédition en Antarctique. Ainsi, pour « Breathe », les sessions se sont déroulées, non pas en studio, mais dans une salle de gym, afin d’obtenir le son de batterie le plus chaleureux et organique et possible. Et c’est le producteur Xavier De Clercq (Ivy Falls) qui s’est chargé de la mise en forme…

A conseilleur vivement aux aficionados de London Grammar et d’Asgeir ! Et on attend impatiemment la suite…

La compo fait également l’objet d’un clip. Il a été réalisé à Berlin et est disponible, ici

 

 

  

Suzanne Vega

Un set empreint de délicatesse et de fraîcheur…

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Quand on évoque Suzanne Vega, on pense immédiatement à ses deux tubes, « Tom’s Dinner » et « Luka ». Pourtant, cette auteure-compositrice-interprète américaine compte 9 albums studio à son actif, dont son dernier « Lover, Beloved: Songs from an Evening With Carson McCullers », est paru l’an dernier. Responsable de chansons introspectives, parfois autobiographiques, elle reconnaît pour influences majeures, Lou Reed, Bob Dylan et Leonard Cohen. Ce qui explique pourquoi, quoique fondamentalement folk, ses compos adoptent volontiers, un profil expérimental. Pour accueillir la Californienne (NDR : établie depuis quelques années à New York, quand même), l’AB est en mode semi flex. Mais c’est sold out !

Le supporting act est assuré Emil Landman, un Néerlandais originaire d’Utrecht. Agé de 28 ans, c’est la première fois qu’il foule les planches de l’Ancienne Belgique. A son actif, deux elpees, « Colours And Their Things » paru en 2012 et « An Unexpected View », en 2014. Ce soir, il se produit en solitaire, armé de sa seule gratte semi-acoustique. Ses chansons sont sculptées dans un folk tendre et, ma foi, classique. En outre, il pince ses cordes avec énormément de subtilité.

Son set est de bonne facture, mais pas assez énergique à mon goût. Le nerveux « Need To Feel Loved » démontre cependant que si l’artiste était soutenu par un backing group, son répertoire prendrait une autre dimension. Tout au long de la vidéo d’« All Thats In Front Of Us », sa gratte sonne comme une pedal steel. Ce n’est pas le cas ce soir, elle adopte des tonalités davantage métalliques. Le Batave est interactif avec le public et attire toute sa sympathie. Il faut cependant attendre « Goodnight New Orleans » pour que l’ambiance décolle véritablement. Emil a énorme potentiel et pourrait recueillir un franc succès…mais à la tête d’une véritable formation…

Après une demi-heure d’attente, place à la tête d’affiche. Sur le podium, on remarque l’absence de drums. Seules trois grattes traînent à gauche de l’estrade. Le set devrait être essentiellement acoustique. Les lumières s’éteignent. Une voix caverneuse réverbère dans les haut-parleurs ‘From New York City, please welcome, Suzanne Vega’. Bien que vêtue de noir, elle est souriante. Et malgré ses 60 balais, elle affiche une beauté naturelle. Elle est soutenue par son fidèle guitariste, Gerry Leonard. Et à la gratte électrique, il est balaise. Suzanne alterne entre acoustique et semi-acoustique. Le concert va nous proposer de larges extraits du dernier long playing,  « Lover, Beloved : Songs From An Evening With Carson McCullers ». Suzanne a d’ailleurs écrit une pièce de théâtre s’inspirant de feu la romancière américaine, à qui elle voue un véritable culte. Et il s‘ouvre par « Fat Man & Dancing Girl ». Gerry électrifie généreusement « Marlene On The Wall ». La voix de Suzanne est toujours aussi candide. « Caramel » a un goût de sucré/salé. Suzanne sort de sa poche un chapeau haut-de-forme et le pose sur sa tête. Ce qui déclenche l’hilarité au sein de l’auditoire. Elle dialogue beaucoup avec ce public et en profite pour balancer l’une ou l’autre vanne. Et elle nous rappelle qu’elle a aussi un talent d’actrice, à travers « New York Is My Destination » et « Harper Lee ».

Il y a déjà 30 ans que l’album « Solitude Standing » est paru (NDR : « 99.9F° » remonte à un quart de siècle ; et ces deux elpees, elle reviendra les interpréter dans leur intégralité, cette année, lors d’une tournée électrique). C’est celui sur lequel figure les incontournables « Luka » et « Tom's Diner ». Le premier est littéralement hanté par la voix de Vega, le second boosté par des riffs électriques dispensés par son partenaire. D’ailleurs, les deux artistes semblent plutôt complices et prendre du plaisir sur les planches. Et avant d’attaquer « I Never Wear White », elle confesse… adorer le noir (NDR : Arno aurait ajouté, pour sortir le soir…), une chanson très appréciée par la foule. 

Lors du premier rappel, le duo nous réserve un « Carson's Last Supper » dépouillé. A cours duquel, Gerry se consacre également au chant. Enfin !

Et lors du second rappel, on aura encore droit à « Rosemary », un morceau à la fois sucré et atmosphérique. Suzanne Vega est une artiste attachante. Et on prend toujours autant de plaisir à la revoir sur les planches. Que ce soit en set électrique ou comme aujourd’hui, essentiellement acoustique, car empreint de délicatesse et de fraîcheur…

(Organisation : Ancienne Belgique)

Spoil Engine

Stormsleeper

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Spoil Engine, c’est la rencontre bienheureuse de pays voisins comme la Belgique et les Pays-Bas. Une vieille histoire d’amour entre ces deux terres où on se tire parfois la tête, mais où on finit toujours par quand même s’aimer. Mais c’est aussi, dans le cas présent, une rencontre qui a permis la création d’une alchimie particulièrement réussie en mélangeant du Thrash et du Groove, le tout lié à la sauce mélodique. Une rencontre fortuite qui n’en est plus à ses premiers balbutiements, vu que quintet à la bi-nationalité roule sa bosse depuis 13 ans, que ce soit en salles autant ou en festivals. Etiquetés comme premiers Belges à avoir été signés par Roadrunner (mais à présent chez Arising Empire et Nuclear Blast), les artistes reviennent à l’avant-plan en publiant un quatrième LP studio, intitulé « Stormsleeper ». Un nouvel opus qui n’en n’est pas tout à fait nouveau. En effet, récoltant un succès plutôt conséquent, ces derniers temps, au Benelux, le band a décidé de rééditer un précédent Ep du même nom, sorti il y a deux ans, en le boostant de quelques nouveaux morceaux afin de le transformer en véritable album… 

Mais entrons à présent dans le gras de la bête cybernétique… Pas de doute possible : dès les premiers morceaux, il apparaît que le groupe est assez fortement influencé par les Suédois d’Arch Enemy. Une inspiration dans le bon sens du terme, vu que les artistes en ont ici prélevé quelques facettes intéressantes –la hargne du chant féminin, la puissance directe des compos tout en les doublant de nappes mélodiques– mais en les refaçonnant à la sauce belgo-néerlandaise. Après une entrée en matière plus qu’honorable (« Disconnect »), nourrie de samples electros et de charmants ‘fuck you’, « Silence We Fall » révèle Iris Goessens sous un autre aspect que celui de la gueulante en registre vocal ; et pour cause, il possède, en outre, un chant clair très intéressant et tout aussi puissant. Mais le clou du long playing est atteint par le titre maître. Le rythme est soutenu. Mélodique et épique, il monte progressivement en puissance, alors que Matthijs Quaars anéantit tout sur son passage, par son drumming. En une composition, Spoil Engine déploie sa palette de savoir-faire, pour le plus grand plaisir auditif.

En un peu de moins de quarante-cinq minutes, les musiciens de Spoil Engine parviennent à expulser un bon moment de Metal pur jus, où on ne se lasse pas et qui, au fur et à mesure des écoutes, nous aspire dans leur univers aux relents futuristes. Finalement, il n’est pas étonnant que la formation ait été signée chez Arising Empire, un label lancé par des responsables de Nuclear Blast et People Like You, destiné à lancer de jeunes nouveaux groupes de Rock et de Metal aux sonorités hybrides. Bien expert(e) sera en effet celui ou celle qui parviendrait à déterminer dans quelle branche métallique évolue le groupe… Et franchement, c’est tant mieux !

 

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