Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

Aidan Moffat (Arab Strap) en featuring sur le nouveau single de ĠENN

ĠENN dévoile aujourd'hui « Jaguar Sun », un nouveau single en collaboration avec Aidan Moffat d’Arab Strap. Le titre sort au format digital ainsi qu'en 12’’ sur le label Rock Action Records, fondé par Mogwai, et accompagne l’annonce d’une tournée européenne…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Editors
The Cure

The Beach Boys

Good vibrations…

Écrit par

Les Beach Boys –enfin ce qu’il en reste– sont donc repartis en tournée, un périple baptisé ‘Wild Honey 2017 World Tour’. On va donc entrer dans la machine à remonter le temps. Ou plus exactement accompagner Dr Emmet Brown à bord de sa DeLorean DMC-12 pour un voyage qui va débuter en 1961 et se terminer 150 minutes plus tard, soit en 2017. 56 ans de carrière pour les derniers dieux vivants du surf rock. Ca ne nous rajeunit pas ! Pas de supporting act, sans quoi, il y aurait du retard à l’allumage. Mais une expédition partagée en deux épisodes, séparés par un entracte de 15 minutes.

Les Beach Boys ont vendu plus de cent millions d’albums. On ne va pas vous refaire l’histoire de ce combo californien, mais on ne peut passer sous silence l’incontournable single « Good Vibrations », qui a révolutionné la technologie en studio, et puis l’album culte « Pet Sounds », paru en 1966. Et on n’en n’oubliera pas pour autant le rôle joué par le producteur Phil Spector, au cours de leur carrière, ainsi que ces fameuses harmonies vocales, très souvent imitées, mais jamais égalées.

Des frères Wilson, il ne reste plus grand monde. Le drummer Dennis Wilson est décédé en 1983 ; ivre, il s’était noyé en sautant de son bateau. Et le gratteur Carl Wilson, des suites d’un cancer du poumon, en 1998. Quant à Brian (NDR : c’est quand même lui qui signe la plupart des hits du band), il ne participe plus à l’aventure, depuis 2011, privilégiant une carrière solo. Du line up original, ne figure donc plus que le chanteur Mike Love. Le chanteur/claviériste Bruce Johnston, n’a (!?!?) débarqué qu’en 1965.  

Sur les planches, le tandem est soutenu par une solide équipe. Brian Eichenburger, Scott Totten et Jeffrey Foskett se consacrent aux grattes. Ce dernier, aussi bien électriques qu’acoustiques. John Cowsill et John Stamos (NDR : cet ami de Mike Love, depuis belle lurette, incarnait le rôle de l’oncle Jesse, dans la série américaine, ‘La fête à la maison’), dont le matos est séparé par un plexiglas, siègent derrière les fûts. Encore que Stamos apporte également et circonstanciellement son concours à la six cordes et au micro. Tim Bonhomme est préposé aux claviers et Randy Laego aux cuivres (saxes, clarinette, flûte à bec) ainsi qu’aux percus. Toute l’équipe participe aux vocaux, mais à des degrés divers. Des plantes vertes disséminées sur le podium sont éclairées par des spots de couleurs différentes.

Les lumières s’éteignent. Il est 20h00. La première partie du show peut commencer. Mais elle ne dépassera pas l’heure. Projetées en arrière-plan, sur un écran géant, des vidéos nous replongent dans les années 60 ; ces fameuses golden sixties vécues par le combo : concerts, foule, filles en délires, tubes et tout ce qui a forgé sa notoriété...

Les musicos prennent tout leur temps avant de grimper sur l’estrade. Ils saluent la foule et ouvrent le set par « Surfin’ Safari ». Bruce et Mike sont coiffés d’une casquette frappée du nom de la formation. Ce dernier débarque le dernier, micro à la main. Souriant, il est accueilli par un tonnerre d’applaudissements. Constamment à l’avant-scène, il adresse régulièrement un signe de la main à l’auditoire.

Complexes, mais très mélodieuses, les harmonies vocales se superposent en couches. Les chansons durent entre 2 et 3 minutes. La setlist réunit 19 titres notoires. « Catch A Wave » émerveille. Les 8 voix qui se conjuguent en harmonie, c’est vraiment dingue ! Randy ne se sert pas encore de ses instruments à vent. Il a saisi une couronne à cymbalettes de couleur bleue dont Mike va se servir, très régulièrement, par la suite…

Durant « Little Honda », l’image de Dennis Wilson apparaît sur l’écran. Et « Kiss Me, Baby », de jolies filles surfant sur des vagues. Moment particulier, lorsque Mike est entouré des quatre gratteurs qui pointent leurs manches dans sa direction. Les hits s’enchaînent. Jeff a abandonné le rôle de soliste aux jeunes sixcordistes. Il se concentre sur la rythmique et remplace le regretté Carl Wilson lors de certaines parties vocales, comme sur « Kokomo », en fin de concert. « Getcha Back » privilégie les percus et les ivoires. Les envolées vocales successives affrontent les cordes pendant « Good To My Baby ». Armé de son saxophone, Randy défie Scott. Mister Foskett empoigne une semi-acoustique avant d’aborder « Kiss Me, Baby ».

Place ensuite aux covers. Le « Why Do Fools Fall In Love » de Frankie Lymon and The Teenagers est dominé par les ivoires et magnifié par les harmonies vocales. Elles sont tout simplement divines. Randy s’avance pour accorder un autre solo au sax. Plus rock, le « Cotton Field » de Lead Belly met en exergue la technique des gratteurs. Mike loupe volontairement son intervention vocale pendant « Be True To Your School ». De quoi provoquer l’hilarité dans la foule. Randy y a troqué son sax contre une flûte traversière. Tout au long de « Little Deuce Coupe », des voitures de collection défilent sur l’écran. La première partie du show tire à sa fin, et après les rock’n’roll « 409 » et « Shut Down », elle s’achève par le grandiose « I Get Around ». Entracte !

Welcome in California ! Car la célèbre reprise du « California Dreaming » de The Mamas and The Papas ouvre le deuxième volet. Le drummer s’impose au chant, tout en assurant aux drums. Ce qui n’empêche pas Randy Laego de se réserver un nouveau solo au saxophone et de s’avancer au bord de l’estrade, comme chaque fois qu’il souffle dans ses instruments. Et le classique « California Girls », une compo qui fait l’éloge de la drague, du surf, de la plage tout en célébrant la joie de vivre sous les rayons de soleil, confirme cette invitation. Surf aussi comme les sonorités de grattes dispensées par « Then I Kissed Her ». En 1966, les Beach Boys gravaient l’incontournable elpee « Pet Sounds ». « Would’t It Be Nice » en est extrait. Place ensuite au karaoké. Les paroles défilent sur l’écran. Le public se prête à l’exercice, bien aidé –et joyeusement– par la troupe. « Forever » honore John Stamos. Il est vraiment impérial derrière ses fûts. Mais également très à l’aise derrière sa gratte ou au chant. La version du « Rock And Roll Music » de Chuck Berry rend hommage au célèbre guitariste, récemment disparu. Tout en s’accompagnant à la semi-acoustique, Jeffrey s’impose aux vocaux tout au long de « Kokomo ». Et le voyage s’achève par d’inévitables « Good Vibrations ». Un final d’enfer au cours duquel le public est debout.

Outre le rappel, Mike explique la raison de ce bout de tissu qui est accroché à son pied de micro. Souvenirs, souvenirs ! George Harrison et Mike étaient amis. Ils ont pratiqué la méditation transcendantale, ensemble. Puis vendu ces foulards afin de récolter des fonds ; des fonds destinés à une association caritative en Inde. Ils les exhibaient déjà en 1971 ! Et Love n’oublie pas d’adresser un petit clin d’œil aux ladies, quand il leur demande d’allumer leurs i-phones et de les balancer, en cadence, au-dessus de leurs têtes…  

Setlist

Première partie : « Surfin’ Safari », « Catch A Wave », « Little Honda », « Do It Again », « Surfin’ USA », « Sufer Girl », « Getcha Back », « Good To My Baby », « Aren’t You Glad », « Kiss Me, Baby », « Why Do Fools Fall In Love » ( Frankir Lymon And The Teenagers cover), « When I Grow Up (To Be A Man)», « Cotton Field » (Lead Belly cover), « Be True To Your School », « Don’T Worry Baby », « Little Deuce Coupe », « 409 », « Shut Down », « I Get Around »

Seconde partie : « California Dreaming » (The Mamas And The Papas cover), « California Girls », « Then I Kissed Her », « Sloop John B » (traditionnel cover), « Would’T It Be Nice », « Disney Girls », « I Can Hear Music » (The Ronettes cover), « All This Is That », « Forever », « God Only Knows », « Pisces Brothers », « Summer In Paradise », « DoYou Wanna Dance ? » (Bobby Freeman cover), « Rock And Roll Music » (Chuck Berry cover), « Help Me, Rhonoa », « Kokomo », « Good Vibrations »

Rappel : « Wild Honey », « Barbara Ann » (The Regents cover), « Fun, Fun, Fun »

(Organisation : STLIVE)

 

Roger Waters

Is This The Life We Really Want ?

Musiczine est un des premiers médias belges (et en tout cas, le premier site web) à publier une chronique du nouvel album de Roger Waters. Il sort officiellement dans deux jours. Nous avions déjà eu le privilège de participer à une pré-écoute chez Sony Music Belgium ; mais aujourd'hui, c'est le précieux cd que nous avons dans les mains.

Nous ne vous ferons pas l'injure de vous présenter Roger Waters, le fondateur et co-leader du légendaire Pink Floyd, actif en solo depuis 1985. Intitulée « Is This The Life We Really Want ? », la nouvelle production studio de l'artiste anglais est la première depuis « Amused To Death », parue il y a 25 ans.

Produit et mixé par Nigel Godrich (Radiohead, Beck,...), « Is This... » recèle 12 nouvelles compositions qui marquent clairement un retour à un certain classicisme 'floydien'. Exit les extravagances et les 'featurings' de stars (Eric Clapton, Jeff Beck) qui émaillaient les opus précédents. Place à des chansons plus calmes et davantage dépouillées.

« Smell The Roses », le premier titre dévoilé il y a déjà quelques semaines, évoquait déjà et irrémédiablement « Have A Cigar ». Les autres plages nous replongent avec bonheur dans les chapitres calmes de « Dark Side of The Moon », « The Wall » ou « Animals ». Les thèmes sont, on s'en doutait, à nouveau très engagés politiquement ; et en toile de fond on retrouve ce climat pré-apocalyptique au sein duquel l'artiste a forgé sa marque de fabrique.

Place maintenant à une chronique impressionniste des plages, rédigée dans le style ‘stream of consciousness’, cher à James Joyce.

Un tic-tac d'horloge ouvre la plaque... « Time », un des chefs-d'oeuvre du Floyd, nous traverse l’esprit. Waters déclame, en 'parlando', quelques phrases qu’il mélange à des samples de conversations. Cette intro dure une minute et demie.

La seconde plage. « Déjà Vu ». « Déjà entendue », vu qu'elle a également été publiée sur le web. La guitare acoustique et les premières notes nous replongent dans l'atmosphère d’une ballade lente digne de « Mother » (« The Wall »). Waters chante ‘If I had been God’ ou ‘If I were a drone’. Il exprime sa vision politique et sociale d'un monde qu'il aurait voulu meilleur. Puis il monte dans les tours et éructe toute sa hargne et sa douleur dans une explosion de missiles. Dans la grande tradition de ses folles diatribes 'walliennes'. 

Le rythme ralentit encore quelque peu pour « The Last Refugee », une divagation sur le thème de l'enfant réfugié échoué sur la plage. Quelques extraits d'une radio ouvrent la voie à une lente mélopée enrichie par des paroles ici très poétiques. La compo enfle comme une vague de cordes et de synthés, pour retomber ensuite sur des cris de mouettes...

« Picture That ». Un rythme lancinant, répétitif, menaçant. Une basse pulse et un synthé cristallin scintille... Une batterie 'krautrock' lui sert d’écho... Ou plutôt « Echoes », tant la référence est insidieuse. Débarquent alors les choeurs féminins. L'habillage floydien est alors complet. ‘Wish You Were Here in Guantanamo Bay’ adresse un autre clin d'oeil au titre qui ouvrait ce fameux « Echoes ». Le morceau est puissant, progressif et surtout... excellent ! Sans doute la meilleure compo… jusqu'à présent!

Un loup hurle au loin. « Broken Bones » est tramé par une guitare acoustique à la tonalité rassurante. Mais, à nouveau, ce n'est qu'une douceur apparente. Waters déplore la direction adoptée par notre société après la seconde guerre mondiale. ‘Mistress Liberty, oh we abandoned thee...’ Waters est bien le digne successeur de Bob Dylan.

Après quelques fragments de bavardages, place au titre maître. Il déploie doucement ses harmonies subtiles en arpèges électriques. Un goût de Steven Wilson... Juste renvoi d'ascenseur... La répétition d’« Every time... » réveille en nous le souvenir du final d’« Eclipse » sur « Dark Side of The Moon » ; mais malheureusement, la piste n'atteint pas les sommets épiques de ce classique intemporel.

Des sonorités industrielles amorcent « Bird In A Gale ». Comme une machine à vapeur. Welcome to the machine ! Au-dessus de cette pulsion, Waters construit un univers sonore à nouveau parfaitement floydien, combinant la batterie robotique aux nappes de synthés analogiques (Oberheim!). Sa voix est ici criarde, incantatoire, pour ce qui ressemble fort à un règlement de compte sentimental, transcendé par une dimension sociale. Le final est étonnant : la pulsation mécanique prend de l'ampleur et l'ensemble devient hypnotique, hallucinant, et... BOUM : le son d'un jet passe juste au-dessus de nous et des voix soufflent un ‘wow !’ Saisissant ! Comme dans un film, en 'surround sound'...

Retour à une ambiance plus introspective pour « The Most Beautiful Girl ». Le piano mène le bal tout au long de cette lente et sombre évocation du destin tragique de la beauté, ponctuée de voix angéliques.

Un cigare ? Il « Smell The Roses », dont l'intro, la rythmique puissante et les riffs bluesy évoquent clairement « Have A Cigar ». Retour du tic-tac dans le break central avant le premier solo de guitare depuis le début ! Il est bref mais tant le son que le glissando devraient sans doute faire sourire David Gilmour ! L'imitation est bluffante, au bord de la caricature... Un esprit de revanche ? ‘Pink Floyd, c'est moi !’, semble vouloir affirmer Waters.

« Wait For Her » et « Oceans Apart » ouvrent des parenthèses paisibles avant la plage finale : « Part of Me Died », que l'on espère en apothéose. Mais c'est juste un final délivré en forme d'espoir. Sur une musique épurée, Waters rappelle que seul l'amour permet d'obscurcir la part sombre de l'être humain. ‘When I met you, that part of me died...’

A 73 ans, Roger Waters est parvenu à créer un véritable classique, qui a parfaitement sa place à côté des chefs-d'oeuvre de Pink Floyd. Les thèmes sont ambitieux, les compositions solides et les arrangements, subtils et très riches. Discrète mais efficace, la production de Nigel Godrich est mise au service de la musique. Waters est multimillionnaire ; il n'avait aucune obligation de graver cet opus ; il aurait pu se contenter de pomper la machine à nostalgie ad vitam... Non : il démontre ici sa vitalité et la constance de son inspiration. Keep shining, crazy diamond...

Pour commander l'album : voir ici

Pour écouter « Smell The Roses » : c’est là

 

Tracklist :

1. When We Were Young
2. Déjà Vu
3. The Last Refugee
4. Picture That
5. Broken Bones
6. Is This the Life We Really Want?
7. Bird in a Gale
8. The Most Beautiful Girl
9. Smell the Roses
10. Wait for Her
11. Oceans Apart
12. Part of Me Died

Line up :

Roger Waters – vocals, acoustic guitar, bass guitar
Nigel Godrich – keyboards, guitar, sound collages, arrangements
Gus Seyffert – guitar, keyboards, bass guitar
Jonathan Wilson – guitar, keyboards
Roger Joseph Manning, Jr. – keyboards
Lee Padroni – keyboards
Joey Waronker – drums

Jessica Wolfe – vocals
Holly Laessig – vocals

The Experimental Tropic Blues Band

Le mot ‘Experimental’ prend ici tout son sens…

Écrit par

Fasciné par le cinéma underground des seventies, Jérôme Vandewattyne avait déjà bossé en compagnie des Tropics, pour « The Belgians », un concept consacré autant à l’album qu’aux projections destinées aux spectacles. Il a donc remis le couvert, mais ici, pour un véritable long métrage. Son titre ? ‘Spit’n’split’. Une référence à une pratique sexuelle dans l’univers du porno. Jérémy, Jean-Jacques et David ont participé comme acteurs à ce tournage. Mais également composé la B.O.. En fait, ce jeune réalisateur a suivi la tournée du trio, pendant deux ans. Et il en relate les aventures et les mésaventures rencontrées par la formation, sous la forme d’une fiction. Dont la démesure conduirait à l’évasion et à l’amour. Enfin, presque. Jérémy et Jean-François ont accepté d’accorder cette interview à Musiczine, juste avant le set du band, accordé dans le cadre du Roots & Roses. Et il faut le reconnaître, en ce qui concerne ce film, qu’il n’est pas toujours facile de leur tirer les vers du nez…

On dirait qu’aujourd’hui, vous avez besoin de thématiques, pour écrire de nouvelles compos. A l’instar de « The Belgians ». Puis maintenant, à travers ce « Spit’n’Split ». Une explication ?

Jeremy : pas vraiment une thématique, mais on ne souhaite plus reproduire la même routine : sortir un disque, faire une tournée, sortir un disque, etc. On préfère quand l’exercice est moins classique et plus complexe.
Jean-Jacques : Nous cherchons à explorer de nouveaux horizons. Celui-ci,
cinématographique, est tout à fait inédit pour nous.

J : il s’intéresse à l’amour dans tous ses états. Finalement, c’est un bon moyen pour évoquer un sujet… différemment.
J-J : c’est un prétexte. Parler d’autre chose. De plus profond.

Sur la pochette figurent des personnages dans leur plus simple appareil. C’est une manière de promouvoir une idéologie naturiste, nudiste… ?

J : non, on a voulu que le projet reste cohérent en montrant l’affiche du film pour lequel on a composé la musique. Et on l’a reproduite sur la pochette.
J-J : être nu, dans la nature, c’est un retour aux sources. En fait, si on observe bien les personnages, ils portent tous des masques de nos visages. Ils nous réincarnent. Bien sûr, c’est un peu morbide…
J : la fin du film est proche et il reflète une forme d’évasion…

Une envie de retour à la nature ?

J-J : exactement.
J : le retour à tout ce qu’il y a de plus simple en nous, quoi.

En préambule à ce long métrage, vous citez une phrase d’Alfred de Musset, ‘Tout le réel pour moi n’est qu’une fiction’. Poète et dramaturge, il était un grand romantique, mais aussi un débauché et un alcoolique notoire, comme Rimbaud…

J : ta réflexion confirme qu’il s’agit bien d’une fiction. Sans trop dévoiler le scénario. Et ce choix communique davantage de saveur. Parce qu’on piste des alcooliques et des débauchés, pendant au moins une heure et demie.

Vous avez intitulé un morceau de l’elpee, « Divine Comedy ». Ce n’est quand même pas un clin d’œil adressé à Neil Hannon ?

J-J : non c’est plutôt un hommage au romancier Dante Alighier. A son œuvre littéraire.
J : du coup, cette référence résume un peu le film. La Divine Comédie. Une approche quand même globale...

Le premier titre du long playing, « Le culte », évoque un rite païen. Tribal. Celui des aborigènes australiens ?

J-J : c’est la secte des Tropics !
J : il a surtout été écrit pour le film. La scène est importante et le réalisateur nous avait demandé d’imaginer une musique qui corresponde à cet état d’esprit. Celui d’une secte. Nous sommes entrés en studio sans un seul riff, mais en se servant uniquement des souvenirs de souhaits émis par Jérôme. Mais on avait aussi envie de composer des chansons à la Tropics, parce qu’il en fallait pour l’album. Ce soundtrack est donc également devenu notre nouveau disque. Qui est enrichi par des tas d’autres morceaux, pour lesquels on a vraiment pu expérimenter. Le mot ‘Experimental’ prend ici tout son sens.

Ce qui explique sans doute aussi pourquoi un titre comme « Baby Bamboo » semble s’inspirer de Swans. Il est chamanique, obsessionnel et hypnotique, sauf en fin de parcours, lorsque des interventions de claviers vintage font leur apparition…

J-J : jamais trop apprécié la musique de Swans…
J. : tu vas découvrir ce morceau, et après on se fera une orgie de « Baby bamboo » (NDR : une pipe psychédélique ?) En outre, je suis le gourou de cette secte…

J’ai lu que dans le film, il y avait des répliques qui tuent.

J : en fait, non, il s’agit plutôt de phrases cultes.

Tout au long de « Straight to the top » et « Power of the fist », le spectre de Jon Spencer se remet à planer. Comme lorsque vous avez publié « Liquid love », long playing qu’il avait produit…

J-J : c’est l’aspect punk du groupe. La face destroy. Le côté Pussy Galore. Ce sont des morceaux qu’on a composés instinctivement, sans réfléchir. Tous les matins on bossait dans ce climat. Pendant une demi-heure à quarante-cinq minutes, on faisait n’importe quoi. Le riff vient ou pas, peu importe. Et on chantait ce qui nous passait par la tête, dessus.

Une forme de brainstroming ?

J-J : exactement ! Et puis, parfois quand on écoute, on se dit, ouais, ça marche, t’as entendu, c’est super. Mais c’est vrai qu’il y a cette énergie Blues Explosion, en plus.
J : et puis on les a laissés, tels quels. Même les voix. On chantait, « Power of the fist ».
J-J : tout était improvisé.
J : La puissance du poing. Lors d’un sport de combat. Le morceau est sorti naturellement et on n’y a plus touché. Et souvent quand tu composes, ce sont les premiers instants, les premières prises, qui sont magiques. Ces instants de magie, on voulait vraiment les capter.
J-J : Quand tu débarques avec des morceaux construits, tu perds quelque chose au moment où tu les enregistres. Des tas de trucs s’égarent en cours de route.
J : Le studio était un laboratoire sonore. On n’avait rien écrit. Toute la journée était consacrée à la recherche sonore. Et à expérimenter. Donc là on se retrouve, on joue, on est devant l’ordinateur. On écoute ce qu’on a fait, puis finalement, on n’en isole qu’une partie. On duplique, on rejoue dessus. Et on peut même ajouter un peu de synthé. On avait plein de matos, et on s’est laissé aller. Et finalement, au bout des sessions on disposait de 40 morceaux. Il a fallu faire le tri de toute cette masse de travail, et Jérôme y a participé. On n’a jamais été aussi productifs, alors qu’on est arrivés en studio, sans rien. Jérôme a pioché dans ce répertoire et s’en est servi pour le film. Il y a même plus de musique dedans, que sur le disque. On n’est pas parvenu à tout inclure.

Vous avez eu recours à une certaine forme d’écriture automatique ?

J : si on veut !
J-J : ce n’était pas intentionnel. C’est arrivé (NDR : près de chez vous ?)

« Ultra erectus » est un titre manifestement post punk, mais on y décèle des traces de r&b. A la limite on pourrait parler de r&b post punk.

J : il me fait plutôt penser aux années 90. A fond. A Lenny Kravitz (rires)…
J-J : à cause de ce côté fusion… ce morceau est encore complètement involontaire. Il n’a pas tellement sa place hors du film, en fait. Je n’aime pas le jouer en live (NDR : les musiciens de The Scrap Dealers débarquent et on se salue…) C’est un morceau qui me fait aussi penser à « Satisfaction » des Stones (NDR : il imite le riff). Oui, c’est vrai le côté r&b, tu n’as pas tort.

« Alas alas » est un slow. Curieux quand même, cette guitare surf et ces cris d’enfants qui semblent émaner d’une cour de récréation.  

J : tout à fait. J’habite à côté d’une école. J’ai emporté mon enregistreur et puis voilà. Les paroles évoquent la relation entre un papa et son fils.
J-J: c’est inspiré d’une séquence que j’ai vue dans « Interstellar ». Qui met en scène Matthew McConaughey. Au cours de ce film, il prétend qu’il deviendra le fantôme de ses enfants. Et c’est un truc qui m’a fort marqué. Le fait de savoir que tu seras le futur fantôme de tes enfants. Cela m’a brisé le cœur. Mais finalement, c’est le contraire qui se produit. Son enfant vieillit avant lui, parce qu’il voyage dans une autre dimension, etc.

Une bonne raison pour aller voir le film ?

J-J : très spécial. Inattendu. Riche. En même temps, trash. C’est un film qui va loin. Dans les tabous. Il brise beaucoup de tabous.

C’était l’objectif ?

J : non, pas vraiment, parce que le film s’est écrit au fur et à mesure de la tournée et Jérôme nous a suivis pendant les deux ans de ce périple. Et après, on a eu besoin d’un an de montage. Un an de boulot. Ca s’est fait comme ça, parce que nous on n’est pas des acteurs et il a fallu jouer la comédie, quoi. C’est vraiment un long processus. Comme réalisateur, il a vraiment été très bon, parce qu’il a nous a pris tels qu’on étaient. Pour créer une fiction qui est ultra réaliste. Ma mère y croyait dur comme fer. Mais après l’avoir vu, elle s’est dit : ‘ce n’est pas possible, je n’ai pas enfanté un monstre pareil’. Et à la fin, un élément remet tout à plat et on en conclut : ‘OK, je me suis fait avoir’. Même si je le dis, tu te feras quand même avoir.

Ce soir, on vous a demandé de reprendre l’hymne du festival, ‘Roots & Roses’. La cover devrait être psyché/noisy, enfin dans le genre.

J-J : psyché oui… noisy, certainement.
J : chaque année les organisateurs invitent un groupe à tenter l’exercice de style, et c’est tombé sur nous. Et la version qu’on va interpréter ce soir, n’est pas vraiment celle diffusée sur Internet.

(Photo : Ludovic Vandenweghe)

 Sortie de l'album "Spit'n'Split", ce 1er mai. Et à l'achat de l'album vous disposerez d'un code pour visionner le film, une seule fois, en streaming.

 

Warpaint

Heads Up

Écrit par

Considéré comme un véritable hype à ses débuts, Warpaint est devenu une valeur sûre de l’indie rock. En à peine six ans, le quatuor féminin (NDR : il est issu de Los Angeles) a pris une autre dimension. Il a écumé les plus grands festivals mondiaux et partagé la scène avec, notamment, The XX. Depuis la sortie de son deuxième elpee, et malgré la participation à de nombreux concerts, certaines d’entre elles ont monté des projets parallèles. Et notamment la bassiste, Jenny Lee Lindberg, en solo ; ou de la guitariste, Theresa Wayman, chez BOSS, en compagnie de membres de Yeasayer et de All We Are.

« Heads Up » constitue le troisième opus des Californiennes. Plus de trace de Flea ou Flood (Depeche Mode, U2, PJ Harvey) derrière les manettes, mais bien Jake Bercovici. C’est lui qui avait déjà produit le premier Ep. Découpé en 11 plages, ce long playing propose une musique complexe, mélodieuse et chargée de groove. Les rythmes semblent empruntés au r&b ou au trip hop. Il émane une forme de sensualité de ces pistes. Les riffs de basse sont hypnotiques. A l’instar de l’excellent morceau qui ouvre la plaque, « Whiteout ». Percutant, « By Your Side » parvient à mêler rock et hip hop. L’elpee recèle bien sûr quelques titres plus pop, comme « New Song » ou « So Good », des compos stimulantes qui devraient ravir les festivaliers, cet été. D’autres pistes adoptent un profil plutôt atmosphérique. Et « The Stall » en est certainement la plus belle illustration…

« Heads Up » confirme le potentiel de ce grrl band qui rencontre aujourd’hui un succès amplement mérité. Il se produira à Werchter, le dimanche 2 juillet, date à laquelle sont également programmés Foo Fighters, Alt-J, Soulwax, Benjamin Clementine et bien d’autres…

 

Moonface & Siinai

My best human face

Écrit par

Depuis la sortie, en 2013, de « Julia with blue jeans on », un superbe album qu’il a interprété en solo, en s’accompagnant uniquement au piano, Spencer Krug (aka Moonface) n’a pas chômé. Outre les quelques concerts accordés en compagnie de son ancienne formation, Wolf Parade, il est retourné en Finlande, dès 2014, pour y retrouver ses potes de Siinai. Un combo de krautrock. Ensemble, ils avaient déjà publié un premier opus baptisé « Heartbreaking Bravery ». Ces retrouvailles vont déboucher sur l’enregistrement de démos, qu’il va rapatrier, chez lui, à Montréal, afin d’exploiter cette matière première. C’est ainsi qu’est né « My best human face », un troisième LP tout au long duquel Spencer Krug démontre, une nouvelle fois, son talent de songwriter.

Plus rock que le long playing précédent, le dernier essai va droit au but. Il ne recèle d’ailleurs que 7 plages en une demi-heure. « The Nightclub Artiste » ouvre judicieusement la plaque. Le Canadien y pose sa voix sur des lignes de nappes de claviers et de guitares. Chargée d’émotion, elle est soulignée de chœurs. En chœur, comme le mélomane risque fort de reprendre le couplet, absolument irrésistible. Plus énergique, « Rist’s Riff » claque comme un bon coup de fouet. Spencer Krug rend hommage à Montréal à travers « City Wrecker », une plage qui baigne au sein d’un climat froid et mélancolique. « Prairie Boy » adopte un riff carrément math-rock. Et ces fameux chœurs refont surface tout au long de « Queen of Both Lightness and Dark ».

Qu’il soit seul derrière son piano ou flanqué d’un véritable groupe (NDR : Wolf Parade, Sunset Rubdown ou encore Swan Lake), Spencer Krug a un talent fou. Et pourtant, il n’est toujours pas reconnu à sa juste valeur. Ce qui ne devrait tarder. Enfin, on l’espère. En attendant, n’hésitez pas à vous intéresser à son œuvre, vous pourriez être favorablement surpris…

 

Thee Oh Sees

Live in San Francisco

Écrit par

Les aficionados de rock/garage aux relents psyché n’ont certainement pas pu échapper à la déferlante US qui s’est abattue sur la côte Ouest –du côté de San Francisco particulièrement– incarnée par des figures stakhanovistes comme Ty Segall et Thee Oh Sees, une formation drivée par John Dwyer, véritable parrain de la scène locale ! Elle vient donc de publier un opus ‘live’. Un set immortalisé en 2015, dans son fief mythique et tout particulièrement en la salle ‘The Chapel’. Une prestation accordée dans l’esprit des enregistrements publiés sur son propre label, Castle Face (White Fence, Fuzz, Useless Eaters)…

Le groupe est considéré comme un des meilleurs au monde sur les planches. Cet elpee ‘live’ prend donc tout à fait son sens et permet une belle introduction dans l’univers diablement rock et détraqué de Thee Oh Sees. Depuis le quasi-punk « I Come From the Mountain », piste qui ouvre le long playing, au très fuzzy et caoutchouteux « Tidal Wave », en passant par le plus stoner « The Dream » et l’ode psyché « Tunnel Time », cet LP devrait ravir les inconditionnels, mais également permettre aux novices de découvrir les brûlots de ces Californiens, dans leurs versions les plus sauvages. On pourrait revenir sur chaque titre de ce ‘live’ endiablé, au cours duquel figurent des extraits issus de la discographie impressionnante du band ; mais le plus pertinent est de plonger tête baissée, et en apnée, dans la solution sonore… chargée de riffs électriques, et en ressortir lessivé… mais heureux. Prêt à en découdre avec la terre entière !

Thee Oh Sees est un titan. Tout ce que le groupe touche depuis un bon moment se transforme en or ou plutôt, est immédiatement tr...

 

Dorja

Target Practice (Ep)

Écrit par

Girl band atypique, Dorja est responsable d’un hard rock mélodique. Le line up réunit la drummeuse Anna Mylée (NDR : issue de Silly, elle est de nationalité belge), la vocaliste Aiym Almas (NDR : établie à Los Angeles, elle est originaire du Kazakhstan) ainsi que trois Britanniques ; en l’occurrence la bassiste Becky Baldwin et les deux guitaristes, Rosie Botterill et Holly Henderson.

Les filles se sont rencontrées à LA. Et elles ont mis en boîte le single « Fire », sous la houlette d’Erich Gobel (Black Sabbath, John Mayer, Ray Charles), au West Triad Studio. Mais c’est en Angleterre, et tout particulièrement au studio Ten21, dans le Kent, que la formation a achevé l’enregistrement de « Target Practice », un Ep 4 titres.

Vitaminé, « Fire » ouvre la plaque. Les guitares sont huileuses. Les percus, incisives. La voix est grave, rocailleuse. Et la musique trempe dans le metal mélodique. Idéal pour un single ! (NDR : la vidéo de cette compo est à découvrir ici)

« Not In Your Shadow » démarre en douceur. Les accords de grattes sont plus lents et méthodiques. La voix d’Aiym adopte un timbre davantage bluesy, puis est emportée par le mouvement, lorsque les riffs prennent leur envol…

« Reaching Out » nous plonge dans les seventies. L’électricité puise ses sources chez Gun’s et Led Zep. Manifestement, Anna a assimilé la technique du maître Bonham. 

Le titre éponyme clôt cet Ep. Et il est superbe ! La ligne de basse s’impose et se met à frémir. Les grattes se conjuguent et montent progressivement en puissance.

Belle carte de visite, « Target Practice » devrait inciter les métalleux à aller découvrir le band féminin sur les planches. Non seulement les filles ont de l’énergie à revendre, mais elles le dispensent à bon escient. Dorja part en tournée, dès juillet 2017, en Angleterre, pour y participer à plusieurs festivals. On espère quand même quelques dates en Belgique. Stay tuned !!

 

Les Nuits Botanique 2017 : mardi 23 mai

Les Nuits Botanique ont refermé leurs portes dimanche dernier, mais le programme prévoit quand même un prolongement exceptionnel : un concert d'An Pierlé est organisé dans le cadre exceptionnel de l'Eglise Notre-Dame de Laeken, l'édifice néo-gothique dont la crypte abrite les tombes de la dynastie royale belge. Un an après avoir accordé un set sublime au sein de l’église des Dominicains, l'artiste gantoise est donc de retour aux Nuits ; et pour l’occasion, afin de célébrer la sortie, chez PiaS, du deuxième chapitre de son diptyque 'stellaire' : « Cluster ».

A l’instar du premier chapitre, « Arches » a été enregistré en partie dans une église et réserve une place prépondérante aux grandes orgues. C'est donc tout naturellement au sein d’édifices religieux qu'An Pierlé a choisi de faire vivre sa musique. A Laeken, étrangement, les grandes orgues ne seront pas utilisées et le podium sera installé non pas en dessous du jubé, comme d’habitude, mais sur l'hôtel. Les raisons de ce choix sont d'ordre logistique, l'entrée principale ne permettant pas l'installation de la scène à l'arrière de l’édifice. En outre, les dimensions gigantesques des orgues ne correspondent pas à l'atmosphère intimiste au sein de laquelle la musique de l’artiste baigne.

Le superbe « I Feel For The Child », issu de « Arches », ouvre le spectacle sur des claquements de doigts. Karel De Wilde, l'organiste, côtoie, une fois n'est pas coutume, les autres musiciens sur l’estrade. Et les sonorités digitales de son instrument, un Nord C2D customisé, ainsi que la voix nous transportent d'emblée au cœur d’une dimension mystique. Le break incrusté au milieu de la compo est d'une intensité et d'une puissance incroyables. ‘And you drown yourself in silence...’ Enfin, elle s’achève comme elle a commencé, en douceur, a capella…

L’auditoire, qui occupe complètement la nef centrale et les ailes, est déjà conquis. Dans la foulée, An Pierlé entame « Road To Nowhere », le premier extrait de « Cluster ». Aux côtés d'An, on reconnaît son partenaire à la scène comme à la ville, Koen Gisen (guitare, saxophone, percussions). Les harmonies vocales des deux choristes, Loesje Maieu et Kaat Hellings, sont d'une extraordinaire délicatesse, tout comme leurs interventions aux claviers et aux percussions.

Après « Vibra », An Pierlé présente son nouveau 'single', « Golden Dawn ». D’un ton humoristique, si caractéristique, elle propose à chacun d'écrire aux radios afin qu’il soit diffusé plus fréquemment ! L'interprétation est superbe. Sublime, le refrain vous saute au cou et vous enlace sans jamais plus vous lâcher : ‘The Golden Dawn is on its way. We dream... Keep dreamin' on...’ C'est lent, voluptueux, déchirant de beauté. 

« Huntifix » s’inscrit dans la même veine. Empreinte de tendresse, cette chanson d'amour est construite autour de quelques notes d'orgue et de piano, soutenues par le va-et-vient d’une maraca. Le saxophone et les notes d’ivoires apportent ça et là des couleurs plus 'free jazz'. La composition virevolte lentement, telle une danse sensuelle : ‘Do you want to undress me, Do you really want to see, Would you like to caress me, Do you want me entirely…’

Un petit bémol cependant : les choeurs féminins sont trop envahissants pendant ce morceau ; on aurait préféré être en tête-à-tête, virtuel bien sûr, avec la belle An.

S'ensuit l’épatant single « Birds Love Wires », qui figure également sur « Arches », une des plus belles compositions de ces deux dernières années. Avant d'interpréter « There Is No Time », An Pierlé invite quelques spectateurs à monter sur le podium afin de participer au tournage d'une vidéo. Sous la direction de l'artiste, et le temps d'une chanson, votre serviteur se retrouve à ramper sur le tapis du podium avec deux amies tandis que d'autres dansent et qu'une petite fille s'assied au piano à côté de l'artiste. Un moment comique, étrange et inoubliable !

La dernière partie du show se déroule dans la perspective d'une montée en puissance, alignant l'imposant « Sovereign », le sexy « Bedroom Dust » (qui rappelle Lana Del Rey, me confie judicieusement ma voisine, Charlotte) et enfin, le très sombre « Dragon JM ».

On épinglera également les superbes jeux de lumière qui exploitent à merveille l'architecture de l'église. Les faisceaux viennent jouer sur les voûtes et l'effet est féerique. Au fil des harmonies gothiques, on peut apercevoir les ombres de Lisa Gerrard et de Kate Bush qui ondulent dans les travées…

L'épique « Changing Tides » entame le rappel. Un tambour martial guide la composition dans une farandole enivrante, qui débouche sur un final époustouflant à trois voix.

Après avoir chanté une pub pour faite la promo de son nouvel album (encore un moment cocasse), An Pierlé prend enfin congé de l’auditoire sur une reprise à nouveau fabuleuse de « Such A Shame », le classique de Talk Talk. Il ne faut pas oublier que ce groupe anglais est une de ses références majeures ! L’approche est ici minimaliste : juste quelques notes de piano et les voix. Le public est crucifié de bonheur.

En conclusion : le nouvel album réussit brillamment l'épreuve du 'live', recueillant dans l'édifice gothique un superbe écho. Ce soir, nous étions invités par Notre-Dame de Pierlé... pour un joli point... d'orgues aux Nuits Botanique. (Voir aussi les photos ici)

Pour lire l'interview d'An Pierlé, c'est là.
Pour écouter l'émission spéciale WAVES consacrée à « An Pierlé », c'est ici.

Setlist:

Feel for the Child
Road To Nowhere

Vibra
Golden Dawn
Huntifix
Birds Love Wires
It's Like
Monkey
We Gravitate
There Is No Time
Sovereign
Bedroom Dust
Dragon JM

Encore:

Changing Tides
Such a Shame (Talk Talk cover)

En première partie, La Jérôme, alias Christa ‘Kiù’ Jérôme, auteur/compositrice belgo-haïtienne, franco-néerlandophone et bruxelloise se produisait en duo avec son guitariste. D’une voix très jazzy, elle a proposé un répertoire 'bluesy' à la fois épuré et émouvant. (Pour les photos, c’est là)

An Pierlé + La Jérôme duo

(Organisation: Botanique + Ancienne Belgique)

 

 

 

 

Mustii

Mustii président?

Écrit par

Afin de célébrer son ‘Printemps 2017’, la Province de Hainaut avait mis les petits plats dans les grands : défis, dégustations, performances, gaming, bien-être... soit plus d’une soixantaine d’activités. Il y en avait pour tous les goûts !
Mais pas seulement, puisque afin de fêter dignement cette sympathique manifestation, Mustii se produisait sous le dôme multifonctionnel et avant-gardiste du Lotto Mons Expo.
Des consignes avaient été stipulées quelques jours au préalable. Sous peine de se voir refuser l’entrée, il fallait être présent suffisamment tôt. Les organisateurs craignaient un sold out.
Faut dire que Mustii commence à se tailler une solide réputation dans l’univers musical noir-jaune-rouge…

Call me Lia assure le supporting act. Une très jolie surprise ! Ce quintet est mené tambour battant par la toute frêle Alice Spapen et son comparse Arthur Bochner.

L’histoire de ces chevilles ouvrières est d’une banalité exemplaire. Une rencontre au célèbre ‘Jazz Studio’ d’Anvers, une complicité musicale qui s’amorce, un amour de la musique et une amitié naissance. Les ingrédients sont réunis !

Très vite, le duo cherche à se diversifier et propose un spectre musical plus large, davantage structuré et coloré. Il recrute trois autres jeunes musiciens, encore élèves au Conservatoire Royal de Bruxelles : Louise Andri (claviers), Victor Goldschmidt (batterie) et Pierre Louis Barthélémy (basse).

La formation –dont les musicos sont originaires de Bruxelles et du Brabant Wallon– prend véritablement son envol, suite à sa participation en 2015, au concours ‘L’Envol des Cités’. Elle est finaliste. Ce qui lui permet de signer chez Rox Records, un label distribué par Moonzoo music.

Sucrée, sa pop emprunte parfois des accents rock et se teinte circonstanciellement de tonalités jazzyfiantes ou funkysantes. Cosy, feutré même, l’univers sonore est plutôt proche d’un Black Lilys.

Les refrains sont envoûtants et entêtants. Les riffs de guitares sont faussement nonchalants dans la progression rythmique. Sans oublier cette vocalise ensorcelante qui annonce chaudement le printemps. Une tessiture susceptible de faire frémir de bonheur !

Les voix masculine et féminine se conjuguent à merveille ! Elles convient le spectateur à une cérémonie très agréable, pleine de réminiscences qui nous ravissent.

D’une trentaine de minutes cette prestation a certes marqué les esprits, mais elle laissera comme un goût de trop peu.

Les applaudissements –hautement mérités– fusent de toute part. Les lumières tamisées s’éteignent doucement et la salle sort de sa pénombre.

Il faut attendre 22h30 avant que Mustii ne montre le bout de son nez. Il s’excuse d’avoir une demi-heure de retard. Faut dire qu’il était programmé à l’affiche d’un autre festival, quelques heures plus tôt.

Si habituellement, il est couvert d’un ersatz de peignoir à capuche de style ‘Boxer’, acheté aux fripes, il arbore une tenue un poil plus conventionnelle ce soir : soit un survêtement en toile de lin de couleur noire et des fringues en cuir.

Histoire de théâtraliser un peu plus l’évènement encore, les musicos qui l’accompagnent ont suivi le même rituel.

Thomas Mustin, à l’état-civil, s’est essentiellement illustré en publiant « The Golden Age » et « Feed Me », deux titres matraqués sur les ondes radiophoniques.

Jeune artiste belge, acteur, auteur, compositeur et interprète, son univers musical baigne au cœur d’une pop électro enivrante, sensuelle, douce et abrupte à la fois.

A même pas trente ans, le gamin diplômé de l'IAD possède déjà une sacrée expérience scénique ! Ces derniers mois, il a écumé des dizaines de salles de concerts et des festivals.

Son tour de chant commence lorsque deux comparses flanqués en arrière-plan frappent énergiquement sur deux cymbales gargantuesques. Tout est millimétré. Les sons synthétiques sortent des machines, posées ci et là, et inondent immédiatement les conduits auditifs des aficionados. C’est assez énergique, les premiers pas de danse de sioux sont perceptibles !

La salle est pleine à craquer ! Les quelques piliers de comptoir ont déserté le bar, déposé leur pinte et sont venus tendre l’oreille à moitié ivre.

Mustii interprète, bien sûr les titres de son Ep, « The Darkest Night », paru l’an dernier. De nombreux fans connaissent les textes et les reprennent en chœur.

Les chansons conventionnelles et de jolies ballades ténébreuses alternent. Elles figureront sur un elpee, qui devrait sortir très prochainement.

Etrangement, la puissance de sa voix contraste avec son physique de jeune premier tout droit sorti d’une sitcom française pour ados, diffusée pendant les années 90.

Les détracteurs estimeront le set, sans doute, trop lisse. Donc, sans relief. Si manifestement l’improvisation n’a pas sa place, il est au contraire fort dense.

Sa reprise du tube séculaire « Heroes » s’avère toujours un des moments forts du spectacle. Une compo très intelligemment réappropriée. Le regretté David Bowie aurait été très fier du travail accompli.

Sans relâche, le show est rythmé par une kyrielle de chorégraphies ! Le gaillard ne cesse de courir et d’interagir avec les spectateurs.

A plusieurs reprises, il descend dans la fosse et serre les mains. De quoi laisser de nombreux spectateurs, bouche bée. Le tout, en arborant un large sourire, malgré une chaleur particulièrement écrasante. Il perle de sueur. Mais, on le sent heureux d’être là ! Il communique son énergie. On se croirait en pleine campagne électorale. Un spectateur lui offrira même du ‘Babybel’ pour le remercier. Et ce fromage est aussitôt converti en trophée…

Dents blanchies, sourire ravageur, coiffure soigneusement peignée et yeux hypnotiques, il profite de sa plastique de mannequin pour lécher du regard sans trop de scrupules les plus jolies filles. Et apparemment, elles sont ravies.

Un concert d’une rare intensité ! Décidément, La Belgique regorge de bien plus de talents qu’on ne peut l’imaginer…

(Organisation : Province de Hainaut)

 

 

 

Les Nuits Botanique 2017 : samedi 20 mai

Le festival des Nuits Botanique touche bientôt à sa fin et se clôture en feu d'artifice. Avant la soirée des adieux, prévue au Cirque Royal, ce dimanche, la veille propose également un programme des plus alléchants : All We Are, Mountain Bike (release concert) et Warhaus au Cirque ; puis, ensuite, la nuit électro au Bota.

Quand votre serviteur débarque au Cirque Royal, All We Are termine son show. C’est même le dernier titre interprété par ce trio établi à Liverpool. Mais ce « Dreams » laisse une impression plutôt étrange. La musique est assez décousue, à la limite de la justesse, surtout dans le chef de la chanteuse. Il faut espérer que le début de set était de meilleure facture…

Enfin, après ce premier coup de pédale, place à Mountain Bike... Hum... Les jeux de mots sont faciles quand on évoque ce quatuor bruxellois. Depuis 2012, Etienne (chant, guitare), Charles-Antoine (guitare), Aurélien (batteur) et Stefano (bassiste) ont déjà publié un album éponyme sur Humpty Dumpty et aujourd'hui, c'est la soirée 'release' de la nouvelle plaque : « Too Sorry For Any Sorrow », qui sort sur le label bruxellois Humpty Dumpty et le franco-belge Teenage Penopause Records de nos amis Elzo Durt et François Abdel.

Dès les premiers titres, « Future Son » et « Absolutely », le ton est donné. Cette pop frontale, très 'british', énergique, psyché vire parfois carrément au 'post punk'. Post punk, à cause de ces sonorités de grattes légèrement désaccordées, mais bien cinglantes. On pense tour à tour aux Kinks, à Oasis, à Ty Segall, aux Stranglers ou encore aux Buzzcocks.

Déplorant que le parterre ait été disposé en mode places assises, Etienne s'empresse d'inciter l’auditoire à se lever : ‘On n'est pas là pour ramasser des champignons !’, exhorte-t-il, non sans une pointe d’humour. Le public s'exécute et l'ambiance monte tout de suite d'un cran.

La setlist privilégie les morceaux du nouvel elpee. « You'd Better Let Go » a de délicieux relents psychédéliques et « Escape Plan » est enrichi de superbes harmonies vocales. Issu du premier album, « I lost my hopes (in paradise) » n'a rien perdu de sa fougue et fait mouche comme à chaque concert du combo. Entre deux chansons, Etienne rend un hommage discret à Christophe Van Impe, le journaliste décédé il y a peu. Le set se termine en beauté dans la foulée de « Mean With You », « Torture » et « B+ B- ». Une prestation explosive et de très belle facture !

Votre serviteur n’a pas encore eu l’opportunité d’assister à un concert de Warhaus. Il est donc impatient de découvrir la suite du programme. Il faut dire que Maarten Devoldere, le 2ème chanteur de Balthazar, a fait très, très fort, en publiant « We fucked a flame into being », son premier LP solo. Pour la petite histoire, ce titre s’inspire de ‘Lady Chatterley's Lover’, le roman-brûlot de D.H. Lawrence.

Quand les musiciens montent sur le podium, on reconnaît Michiel Balcaen, qui milite également derrière les fûts, chez Balthazar, et Jasper Maekelberg, le leader de Faces On TV, à la guitare. Le couple glamour par excellence débarque enfin : Maarten Devoldere est habillé de noir, et sa longue veste lui confère un look très classieux ; et, à ses côtés, Sylvie Kreush, sa compagne à la ville comme à la scène, est particulièrement sexy dans sa tenue sombre bordée de voiles. La rythmique chaloupée de « Control » s’élève. Le chanteur se saisit de sa guitare/basse hybride et égrène les quelques notes qui sont ensuite répétées à l'infini par sa pédale 'looper'. Après quelques accords de mélodica, il commence à chanter... et… on est tout simplement subjugué. Sa voix est désinvolte et lancinante, comme celle de Nick Cave. Ou alors proche d’un Leonard Cohen, plongé au sein d’une atmosphère lynchéenne. Derrière lui, la silhouette de Sylvie Kreush ondule et fascine. La guitare essaime quelques cinglantes notes tiraillées en mode 'bend'. Un climat moite de cabaret érotique, chargé d'une sensualité à fleur de peau, baigne alors le Cirque.

Pour attaquer « Beaches », le poulain de l'écurie PiaS passe à la trompette et sample une ligne légèrement dissonante reproduisant une sirène de paquebot. Pas étonnant quand on sait qu’il a enregistré les bases de son album, sur un bateau, près de Gand. Une embarcation qui a d'ailleurs donné son nom au projet Warhaus. S’ensuit le riff quasi-funky de guitare, qui provoque une réaction enthousiaste du public. « Against The Rich » enfonce encore le clou grâce à son rythme rétro irrésistible.

Après un titre interprété par Sylvie Kreush, Devoldere nous réserve une version en solo de « Memory ». Quand on observe le manche sa gratte, manifestement elle a été trafiquée. La corde supérieure est prévue pour une basse et les trois supérieures, pour des cordes de guitare électrique. Ce qui permet au musicien de jouer les deux parties sur un seul instrument via deux micros/pick-ups séparés. Ingénieux !

Retour à la formation au complet pour aborder l'envoûtant « Machinery » et, surtout, le voluptueux « I'm Not Him », un slow qui évoque –et c’est à s'y méprendre– « Elle et Lui » de Max Berlin. Tout y est, même la 'cow bell', le son de clochette. Rassurez-vous, ce mimétisme est délibéré : l'artiste reconnaît vouloir adresser un clin d'oeil à ce titre légendaire.

Le concert arrive tout doucement à son terme et après la chanson 'locale', « Bruxelles », interprétée en solo, Warhaus choisit de terminer le show par une nouvelle compo, « Mad World ». La partie finale a capella est reprise en choeur par un public conquis, qui continuera à chanter, même après le départ des musiciens…

En un mot comme en cent, Warhaus est une véritable révélation. Outre les références citées, on y décèle encore d’autres influences, puisées chez Serge Gainsbourg et Lou Reed. Mais surtout une ambiance et un son qui rappelle le chef d'oeuvre « Pop Crimes », signé par le regretté Rowland S. Howard, l'ancien guitariste de Birthday Party... Seule petite déception ce soir : la stature de Devoldere. Elle est respectable en ‘live’, mais n'impose pas comme celle d'un Nick Cave. Mais peut-on vraiment lui reprocher cela? En résumé, ce soir, si Mountain Bike a confirmé tout son potentiel, on a assisté à l'éclosion, si pas d'une star, à tout le moins d'un talent avec lequel il va falloir compter... 

Philippe Blackmarquis

Warhaus + Mountain Bike + All We Are

After Party – Nuit Electro

Après l'enchantement maléfique dispensé par Warhaus, au Cirque Royal, cap vers le Botanique pour la désormais traditionnelle Nuit Electro, qui est programmée lors du dernier samedi du festival.
 

Pour débuter, dès minuit, dans la Rotonde, on va prendre une véritable claque dans la figure. Ou plutôt, on a encaissé une boule de neige lancée par Ross Tones, alias Throwing Snow. Le producteur londonien a gravé son premier album, "Embers", cette année ; et le résultat sur scène est bluffant. Sa musique électronique est puissante, pulsée et son côté 'trance', hautement hypnotique. Elle recèle aussi des touches krautrock dans les séquences à la Tangerine Dream. Les ambiances sont sombres et mélancoliques, à cause du recours aux accords mineurs. La salle n’est pas encore comble, mais les têtes dodelinent, comme emportées par l'invitation au voyage. Jolie entrée en matière !

Gay Pride oblige, l'artiste suivant est 'queer' : Zebra Katz (Ojay Morgan). A la fois rappeur, danseur et performer, cette icône du mouvement ‘Hip Hop Queer’ crée d'emblée une atmosphère toxique et moite, au sein d’une Rotonde à présent pleine. Vêtu d’une combinaison ignifugée et d’un masque noir, il intrigue. Sa musique lorgne vers un hip-hop à la limite du trip-hop, rappelant par moments Tricky. Impressionnant !

Mais il et temps de quitter la Rotonde pour rejoindre l'Orangerie, où nous attend Factory Floor. Dès 2005, date de sa naissance, la formation londonienne brouille les pistes. Techno primitive ou post-punk aux relents industriels ? La question mérite d’être posée. D’autant plus qu’un titre comme « Bipolar » lorgne vers Joy Division et The Fall. Aujourd'hui, F.F. réunit Gabriel Gurnsey (synthés, programmation, batterie) et la jolie Nik Colk (synthés, voix, effets). Un duo ! Sur le podium de l'Orangerie, Gurnsey se consacre à la batterie et Colk s’est installé en vis-à-vis, derrière une table, sur laquelle on imagine concentrés des synthés, des contrôleurs et des boîtes à rythme. En 'live', le son de F.F. est très 'techno modulaire'. Il s’agit de séquences de basses synthétiques et de beats électroniques sur lesquels Nik Colk applique des effets sonores, élabore des progressions et parfois, injecte quelques voix trafiquées. La musicienne ressemble d'ailleurs un peu à Nico, mais qui aurait teint ses cheveux en roux. Elle a enfilé un t-shirt de sport vert parfaitement kitsch. Gurnsey intervient pour soutenir les beats à l’aide de ses drums. Le public est enthousiaste mais malheureusement le set est écourté après 40 minutes, à cause des retards accumulés au fil de la soirée.

On profite de l'interruption pour se désaltérer, zappant au passage le set de l'Anglais Babyfather ; puis hop, retour à l'Orangerie pour la tête d'affiche de la Nuit : Paula Temple. La carrière de cette productrice/DJ, établie à Berlin, couvre plus de 20 ans ! Puissante et hybride, sa techno est construite à l'aide de logiciels comme Ableton et de contrôleurs qui manipulent les tracks et les samples. Elle se plante debout derrière ses machines. Et il émane d'elle une forme de mystère. Sans soute à cause de ses cheveux couleur anthracite et puis de son regard sombre. Quant au public, il est venu pour danser et Paula Temple lui fournit la bande-son idéale pour son délire nocturne. Une prestation pas très originale, certes, mais oh combien efficace.

Throwing Snow + Zebra Katz + Factory Floor + Babyfather + Paula Temple

Philippe Blackmarquis

(Organisation : Botanique)

Page 211 sur 1356