Light Asylum lève le voile sur un nouvel album

Peu de groupes peuvent se targuer d'avoir le statut de 'groupe culte', mais c'est clairement le cas pour Light Asylum. Emmené par la voix énigmatique de Sharon Funchess, le projet basé à Portland, dans l'Oregon, a secoué le petit monde de la musique…

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Tinez Roots Club

Have you heard?!

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Fondé fin 2008, Tinez Roots Club est un quatuor réunissant des musiciens belges et hollandais. Martijn ‘Tinez’ van Toor en est le leader. Il se consacre au saxophone ténor et au chant. Avant d’enregistrer ce "Have you heard?! ", le groupe avait déjà publié "Something you got", en 2009, suivi de "Almost nasty", l'année suivante. Mais Tinez décide de s’accorder une parenthèse, en 2014 pour, entre autres, participer à l’aventure de Little Steve & The Big Beat. Et en 2016, il remonte son Roots Club, qui implique désormais Evert Hoedt (saxophone baryton), Rob Geboers (orgue Hammond) et Andreas Robbie Carree (drums). Cette formation est notoire pour sa musique particulièrement dynamique, vivifiante. Une expression sonore essentiellement instrumentale alimentée par le r&b, le swing ainsi que le rock'n'roll ; et destinée à la danse. Chez ce combo, pas de guitare, ni de basse! Van Toor signe les treize plages du long playing.

Dès "JL Boogie", l’orgue Hammond est parfaitement intégré et assure les parties de basse. Soliste principal, Tinez ne tient déjà plus en place, lorsqu’il souffle dans son saxophone ténor. Tout comme pour "Please tell me" et "This cat". Passé l’intro indolente de "Have you heard", les percussions prennent le relais et nous entraînent dans le monde du gospel, alors que les saxophones et la trompette de Pier Borkent opèrent des interventions de haute volée. "Ant eater" est imprimé sur un mid tempo et se distingue par les sorties successives des solistes : ténor, baryton et claviers. "Goin' to the church" met une nouvelle fois en exergue les qualités de Rob Geboers à l'orgue. Plus rock'n'roll, "Rock baby rock" et "We're gonna rock" sont charges de swing et jump. Van Toor se consacre au micro pour deux plages, le r&b "Cast away your spell" et le superbe blues lent, "So hard to love you". Et cet opus de bonne facture s’achève par le jazz/blues flemmard, "Indeed I do", une compo qui baigne au sein d’une ambiance nightclubienne. Entretenue par les cuivres elle incite à rejoindre les couples enlacés, sur la piste de danse...

 

Arcade Fire

Un concert épique accordé au cœur d’un théâtre antique...

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Tout mélomane possède, quelque part dans le coin de sa tête, le souvenir d’un groupe ou un artiste particulier qui a bercé son adolescence et donné envie d’approfondir ce magnifique art qu’est la musique. Pour votre serviteur, il s’agit d’Arcade Fire. En septembre 2004, la formation canadienne publiait « Funeral », un bijou de rock baroque considéré comme l’un des meilleurs albums des années 2000. Alors depuis la sortie de cette pépite, comment ne pas la suivre à la trace. Jalonnée de trois opus d’excellente facture. Ne pas encore l’avoir applaudie en ‘live’ créait, quand même, un manque. Treize années après les débuts du collectif, l’opportunité s’est donc présentée. Et pas n’importe où. Au Théâtre Antique de Fourvière. Existe-t-il meilleur endroit que cette splendide arène limitée à 4 000 âmes ? pas sûr ! Une chose est sûre, la course a été impitoyable pour se procurer le précieux sésame ; car la billetterie s’est vidée en moins de 5 minutes. Quel bonheur d’être passé à travers les gouttes.

Mais bref, revenons au spectacle. L’excitation est évidemment à son comble. Plus de 4 heures avant le début de la représentation, une file se forme déjà devant l’entrée du site. A 19h, on y pénètre enfin. Vers 22h15, alors que le soleil se couche, la bande à Win Butler entre en scène. Discrètement. Alors que les haut-parleurs crachent une version moderato d’« Everything Now », son dernier single, gravé quelques jours plus tôt ! Le band attaque le set par « Wake Up », l’hymne qui sert de finale pour tous ses concerts, depuis plus de 10 ans ! Audacieux ! Et surprenant. Le public est déjà au bord du délire et nul doute, il est constitué de connaisseurs.

Après un départ aussi inattendu, place à la version normale d’« Everything Now ». Et celle-ci surclasse, manifestement, celle du studio. D’ailleurs, au cours de tout le concert, ce sera une quasi-constate : les adaptations en ‘live’ magnifient les originaux. Sauf peut-être pour « Haïti », titre un peu trop paisible, à mon goût. Mais dès « Here Comes The Night Time », la machine reprend de plus belle. La foule reprend le refrain du classique « No Cars Go ». De quoi vous flanquer des frissons partout.  

Les membres du band (NDR : ils sont 10 sur les planches) adoptent tous une attitude différente. Si Win, le leader, se révèle particulièrement introverti, son frère Will se déchaîne littéralement. Il harangue l’auditoire constamment. La violoniste Sarah Neufeld est plutôt discrète, mais efficace. Mais mon coup de cœur s’adresse néanmoins à Régine Chassagne, l’épouse de Win. Son charisme et sa sensualité sont tout bonnement incroyables. Tout au long de « Sprawl II », le public semble médusé par sa performance. A tel point, qu’il est resté silencieux. Cette petite brune piquante se saisit même de guirlandes offertes par les spectateurs et s’en sert pour entamer une danse. Et pendant « Neon bible », elle se dirige derrière la troupe, afin de feuilleter une bible lumineuse, qu’on peut voir à travers des vitres translucides…

Moment particulièrement intense pendant l’interprétation de « Reflektor ». Et pour cause, feu David Bowie y avait apporté son concours au chant, en studio. Et lorsque Win doit interpréter le passage qui était réservé au légendaire Londonien, on le sent clairement bouleversé. Une émotion bien palpable, même si le titre est dansant…

Le set s’achève en puissance par le mégatube « Rebellion (Lies) ». Et le band accorde en rappel « In The Backseat », une composition également émouvante, mais chantée par Régine. De quoi clore une soirée, parfaite en tous points. Un concert épique accordé au cœur d’un théâtre antique ; que demande le peuple ? Et votre serviteur, pour qui il s’agissait d’une première. Arcade Fire revient à Werchter. Ce sera donc la deuxième. Et pas la dernière… 

(Organisation : les Nuits de Fourvière)

Bagdad Rodéo

Trois

Bagdad Rodéo revendique l’héritage laissé par Bérurier Noir, Coluche et autres frondeurs en tous genres, car il poursuit le combat contre l’aseptisation de la parole. Ce qui explique pourquoi il demeure un des derniers piliers du rock indépendant et rebelle, outre-Quiévrain.

« Trois », son dernier elpee, a été mis en forme par la formation. Tant la production que les arrangements. Découpé en 15 plages, il constitue probablement le projet le plus abouti du band, à l’instar du politiquement incorrect « Tes idées », un titre qui a bénéficié d’un clip vidéo (voir ici) parfaitement adéquat…

Les textes véhiculent un vocabulaire bien fleuri (NDR : pour ne pas dire licencieux) qui se focalise sur les organes génitaux (bite, couilles, chatte, nichons) et les actes sexuels ; et tout particulièrement, la sodomie, afin d’exprimer des idées qui tiennent parfaitement la route. Et qui dézinguent notre mode de vie pseudo démocratique…

Une porte grince et c’est « Le Retour Des Enfants Prodigues » ou des enfoirés du rock. Entrée en matière géniale.

MGR de la Tourette déclare la guerre à « Tes Idées ». Le vocal est hargneux. Le refrain, fédérateur. Les grattes son bien agressives. Ces sales gosses le prennent de haut sous prétexte que tu serais raciste, chômeur, rmiste ou homophobe. Que fait-on de la liberté d'expression, alors ? Point d'éloge à la liberté ici, où tes opinions pueraient donc la pisse et que toi-même tu serais fini à la pisse (rime riche dans le texte). ‘Si c'était un sport d'être con, tu s'rais un putain de champion’ glisse-t-il dans un refrain rageur où tout le monde en prend pour son grade : les gauchistes, les flics, les chinois, les barbus et les anchois.

Les critiques sont donc incendiaires. Elles mêlent très souvent religion, politique, environnement et système économique. A l’instar de « Love Religion and Sodomie ». Les dieux sont des barbares. Doit-on prôner l'horreur au nom de sa foi ? Provocation, vulgarité et grossièreté servent cependant de méthode pour asséner quelques vérités bien senties sur l'inadéquation de la lutte personnelle contre les extrémistes. « Un monde idéal » ? Quel héritage ce monde pourri va-t-il laisser à nos enfants. C’est ça le rêve américain ? Certaines multinationales sont responsables de la fabrication des pesticides. Comme Monsanto. Alors, dans l’esprit de Jésus, 2 000 ans plus tôt, « Laissez Pourrir Nos Corps »… MGR se demande même si le corps du Christ serait encore consommable aujourd’hui, son sang buvable et sa dépouille biodégradable. « Jésus revient » encore. MGR ne souhaite plus aller au catéchisme, car il craint encore de se faire défoncer le cul par le curé… Cette adaptation de Patrick Bouchitey figure dans le film cultissime ‘La vie est un long fleuve tranquille’ d'Etienne Chatiliez. La piste s’ouvre par une intervention déglinguée à l’orgue et la participation d’une chorale, avant de virer vers une musique davantage West Coast. Il faut davantage de messes participatives au cours de laquelle les choristes sucent des bites. A se tordre de rire !

« Ouest Coast » vilipende certains rappeurs comme Maître Gims, PNL, Jul ou SCH, car ils ne sont que de bêtes clones de ceux qui sévissent outre-Atlantique. Véritable exercice de haute voltige, « Charlie 2.0 » vilipende les réseaux sociaux. Le patron se demande dans « C'est ma vie », pourquoi son existence est si difficile. Et donc, quel est l’intérêt se faire chier en s’imposant un régime alimentaire.

Et si on parlait d’amour ? « Aime Moi Si Tu Veux » ou « Toi C'est Pas Pareil ». De la naissance de l'amour et de la raison de rester ensemble, car nos défauts… on s'en branle... Comment se débrouiller pour vieillir ensemble, se regarder moisir ; sauf si on trouve un(e) meilleur(e) partenaire…

Le combo conclut le long playing par « Les Bagdad Rodeo sont toujours des cons ». Une bonne manière de court-circuiter l’avis conservateur des disciples de l’establishment. Qui n’achèteront certainement pas (NDR : ni ne l’écouteront d’ailleurs) ce disque, car il est trop emmerdant, et pas seulement parce qu’il ne respecte pas, une pensée unique.

Depuis les politiciens délinquants aux attentats débiles, en passant par les drames écologiques et la mondialisation effrénée, manifestement, rien n’a changé…

Low Society

Sanctified

Écrit par

Low Society est une formation née à Memphis, dans la Tennessee. Elle est drivée par la vocaliste Mandy Lemons et le guitariste Sturgis Nikides. Son premier elpee, "High time", avait été enregistré à New York, en 2011. Et le deuxième, l'excellent "You can't keep a woman down", est paru en 2014. Surprise pour le troisième, car l’essentiel des sessions s’est déroulé au Closed Session Studio, à Roulers, en compagnie d’une section rythmique du cru, réunissant le bassiste Jacky Verstraeten et le drummer Bart De Bruecker, deux membres du Raw Blues Experience. Le reste a été réalisé chez eux, à Memphis. Et le claviériste de Lucero, Rick Steff, est venu apporté son concours aux claviers. L’opus recèle huit compos signées par le duo et deux reprises.

Country/folk, "Angel from Montgomery" est un titre issu de la plume de John Prine. Cette cover bénéficie de superbes arrangements. Le climat est serein et épanoui. La voix de Mandy se détache, se déchaîne même. Le piano de Rick Steff et la slide de Sturgis sont à la fois discrets mais efficaces et constituent la structure du morceau. Brian Hawkins produit des sonorités étranges à l’aide de sa Jew Harp (guimbarde) tout au long de "Racoon song". La voix est presque hypnotique face au flux et au reflux de la slide. Balisée par l’orgue, "The Freeze" est une plage indolente au climat énigmatique, anxiogène, une atmosphère entretenue par les cordes. La guitare slide nous entraîne dans le delta. Le rythme est dansant. Et la voix brille alors que les sonorités traitées au bottleneck s'emballent devant les percussions de Bart. Low Society tire parfaitement son épingle du jeu tout au long des ballades r&b lentes. A l’instar de "River of tears", dont les interventions à la slide sont belles à pleurer. Ou de la cover du notoire "I'd rather go blind" d’Etta James, bien balisée par l'orgue de Steff. Sous un profil folk, donc essentiellement acoustique, on épinglera la très belle conjugaison de cordes réservée au long titre "Nina" ou le concours d'un accordéon sur "New York City Boy #3". Les rythmes syncopés, les percussions et le piano préludent le climat musical institué à la Nouvelle Orléans, sur "Here comes the flood", une ville qui a déjà tellement souffert des dégâts causés par les eaux. Le chant devient un cri. Rick Steff joue encore de l'accordéon. Blues/rock, "Drowning blues" baigne au sein d’un climat proche du Led Zeppelin ; une piste taillée pour les voix de Mandy et de Sturgis. Bien structurée, elle est parfaitement alimentée par la guitare, l'orgue et de la section rythmique.

 

Mr. Sipp

Knock a hole in it

Écrit par

Mr Sipp est originaire du Mississippi. Il a même été baptisé, Mississippi Blues Child. De son véritable nom Castro Coleman, il est chanteur et guitariste. S’il pratique le blues, depuis 2012, son enfance a été marquée par le gospel. En 2014, il a remporté l'International Blues Challenge de Memphis. Il a publié son premier opus, "It's my guitar", en 2013 et son deuxième, "The Mississippi Blues Child" (NDR : ce qui explique son pseudo !), en 2015. Les sessions se sont déroulées au sein du studio Malaco, chez lui à Jackson. Il y a reçu la collaboration de ses musiciens ainsi que des Jackson Horns. Il signe l’ensemble de son répertoire et assure la production. Si sa musique est largement amplifiée, on peut avancer que son blues est vraiment contemporain…

Le titre maître ouvre la plaque. Et dès les premiers accords, le spectre du dieu Jimi Hendrix plane. Puissante et bien à l’avant-plan, sa voix est très modulable. L’expression sonore est particulièrement électrique. Tapissé par l’orgue, le morceau met bien en exergue les grattes. Elles sont trafiquées, torturées, saturées, mais surtout bourrées de feeling. Se distinguant par leur versatilité, tout au long de l’excellent "Bad feeling". "Stalking me" est un R&B légèrement parfumé de funk. Les cordes sont aventureuses. Elles décollent à une cadence de plus en plus folle, libérant un flux de notes, mais toujours sous contrôle. Mr Sipp apprécie les ballades atmosphériques et mélodieuses. A l’instar de "Sea of love", un morceau alimenté par le piano, les cordes acoustiques et amplifiées ; bavarde, gourmande, ces dernières adoptent de toute évidence, le style fusion. Et encore de "Baby your mine", caractérisé par son envol tout en délicatesse et raffinement. Mais également de "Love don't live here anymore', au cours duquel la voix soul se love dans de superbes arrangements. Une voix qui demeure toujours aussi expressive tout au long du tendre r&b "Strings attached". Blues/rock classique, "Gotta let her go" est à nouveau tapissé par l'orgue de Carrol McLaughlin. Et quoique offensive, la guitare ne distille que les notes nécessaires. Le fantôme d’Hendrix refait surface sur "Going down"'. Castro torture ses cordes à l’aide de ses pédales. Il ne tient pas en place et ne manque jamais une opportunité pour s'évader, à la moindre occasion ! "Juke Joint" nous entraîne dans le delta Mississippi. L’artiste est en terrain connu et son funk rythmique, hypnotique, est attaqué à la manière d'un Howlin' Wolf… contemporain. De toute bonne facture, cet LP s’achève par une longue reprise du "Little Wing" de Jimi Hendrix, une superbe aventure, un hommage parachevé, sans réelle surprise, par l'adaptation de l'hymne américain…

 

Nada Surf

Peaceful Ghosts

Écrit par

D’une précision de métronome, ces orfèvres ès power rock nous proposent une nouvelle livraison de toute bonne facture, qui vient gonfler –et pas artificiellement !– une discographie quasi-exempte de faute de goût… Enregistré en 2016, « Peaceful Ghosts » constitue le  9ème elpee du band new-yorkais qui revisite ici habilement une partie de son répertoire, flanqué de l’‘ORF Radio Orchestra’ viennois ainsi que du ‘Babelsberg Film Orchestra’ berlinois.

Propulsé en 92 par son tube, devenu planétaire, « Popular », Nada Surf a progressivement étoffé sa discographie et de manière… remarquable. Les versions proposées sur « Peaceful Ghosts » sont inévitablement plus ‘soft’ et paisibles. Soigneusement réarrangés, aussi. Et enrichies de cuivres et de cordes, des plages comme le très classieux « Blizzard of 77 », « Blonde on Blonde » ou « Inside of Love » tissent une remarquable texture autour de la voix claire de Matthew Caws, tout en proposant des mélodies discrètes, mais tellement chargées de feeling (NDR : arrache cœurs ?) Après avoir initialement commis un hold-up, dans les charts, début des nineties, la formation a décidé qu’elle ne Nada Surf(erait) plus sur la vague commerciale. Depuis, elle a privilégié une carrière à l’œuvre sincère et véritable, en la jalonnant de compos irréprochables. Ce petit détour orchestré lui offre, néanmoins, une belle cure de jouvence…

 

Hector Anchondo

Roll the dice

Écrit par

Originaire d’Omaha, Hector Anchando a passé sa jeunesse près de Salem, dans le Missouri. Eduqué à la guitare, il se convertit au blues, à l’écoute de Jimi Hendrix, Eric Clapton et Stevie Ray Vaughan. Ce qui ne l’empêche pas d’être sensible à la country ; et tout particulièrement à Johnny Cash ainsi que Hank Williams. En 2000, il décide de revenir chez lui, à Omaha, dans le Nebraska où il monte son groupe Anchando ! Il publie alors son premier opus, "Rookies of the year". Il se produit ensuite en formule duo acoustique, en compagnie de son cousin, George Keele. Il devient le leader naturel de son combo, qu’il rebaptise Hector Anchondo Band. Qui grave alors en 2012, l’Ep "Kickin' up" et en 2014, le long playing "Young guns". Comme représentant de la Nebraska Blues Society, il est finaliste de l'International Blues Challenge de Memphis, en 2016. Il avait déjà été demi-finaliste l'année précédente! Pour ce tout nouvel LP, Hector est épaulé par le bassiste Josh Lund, le drummer Khayman Winfield et l’harmoniciste Justin Shelton.

Boogie, "Dig you baby" est souligné par l'harmonica de Justin. Hector est relayé au chant par Amanda Fish (NDR : issue de Kansas City, elle est la sœur aînée de Samantha). Et sa voix ne manque pas de punch. Au cours de ce brûlot, le leader s’autorise un solo particulièrement créatif. Shuffle à la texane, "Masquerade" plante la section rythmique à l'avant-plan. Le schéma est simple, classique, mais d’une redoutable efficacité. Oscillant entre funk et r&b, le titre maître est caractérisé par les envols des deux solistes! Et coincé entre blues et rock’n’roll, "Face it down" concède des accents latinos. Les interventions à la gratte d’Anchondo y sont à la fois passionnantes, passionnées et particulièrement personnelles. Empreinte de douceur, "Sometimes being alone feels right" est une ballade très mélodieuse. La voix d’Hector n’est pas vraiment envoûtante, mais elle est très musicale et s’intègre complètement dans son environnement. Le leader est très à l’aise sur les compos imprimées sur des rythmes exotiques. A l’instar de "That's how it all goes". Les interventions de guitare semblent hantées par Otis Rush et Peter Green. Et pourtant, la plage lorgne vers la rumba. Puis du plus pop "On your Mic, get set, sing", une piste entraînante aux accents délicieusement latins. Une seule reprise, le classique de Peter Green, "Black Magic Woman. Surprenante, l’intro est de nature symphonique. Original ! Une démarche différente de celle proposée par Green ou Santana, même si elle reste très latine, Winfield apportant un formidable concours aux percus. "Here's to me giving up" clôt le long playing, un blues lent classique, chargé de feeling…  

 

Chris Antonik

Monarch

Écrit par

Chris Antonik est canadien. Issu de Toronto, très exactement. Ce chanteur/guitariste a remporté, en 2011, l’award du Maple Blues, comme 'meilleur nouvel artiste", après la sortie de son premier opus. Un éponyme. Et le second, "Better for you", a été plébiscité meilleur album de blues/rock pour l'année 2013, au pays de la feuille d’érable. L’artiste nous propose donc le 3ème chapitre de sa discographie, "Monarch", un LP découpé en treize plages dont onze sont signées par Chris ! Très à l’aise dans l’exercice du r&b, cet excellent gratteur possède, en outre, une bonne voix.

Et il le démontre dès le morceau d’ouverture, "I'd burn it all down". Il est soutenu par une section de cuivres au grand complet. Sa voix est autoritaire. Et acérés, ses accords de gratte son volontiers agressifs. Dans le style, sa reprise du "You're killing my love" de Nick Gravenites est parfaitement réussie (NDR : cette compo ouvrait "My labors", un elpee gravé par Nick Gravenites, en 1969 ; et figurait également sur "Live at Bill Graham's Fillmore West", un opus signé par Michael Bloomfield, la même année). Antonik a fort bien assimilé la technique et le feeling du légendaire gratteur californien, disparu depuis bien longtemps. Ravagé, mais sevré de cuivres, "Slow moving train" émarge au blues contemporain. Les cordes sont déjantées et aventureuses. L'orgue Hammond de Jesse O'Brien est idéalement intégré. Quand la musique adopte un profil funk, une spécialité maison, Chris est assez proche d'un autre artiste californien, Tommy Castro. Et "Gold Star", "Forgiveness is free" ainsi que "A slip in the rain", une plage caractérisée par des envols de cordes qui reposent sur une base rythmique d'une solidité exemplaire, en sont de belles illustrations. Long western blues, "Love, Bettike" se distingue par une intervention immaculée, de toute beauté, alors qu’O'Brien cumule piano électrique, synthé et mellotron! Country/blues/rock, "All our days" est une jolie plage mélodieuse alimentée par les cordes acoustiques, le piano, les chœurs et traversée par les sonorités magiques de la pedal steel que se réserve Burke Carroll… Chuck Keeping tape dur sur ses fûts tout au long de "New Religion" alors que les cordes s’embrasent, mais dans l’esprit d’un Carlos Santana! Un excellent album !

 

Eric Bibb

Migration Blues

Écrit par

Ce chanteur/compositeur pratique une forme de folk blues traditionnel. C’est le fils de Léon Bibb, célèbre vocaliste de folk. Eric est originaire de New York. Il a vécu successivement à Paris, Stockholm et Londres. L'an dernier, il avait gravé "The happiest man in the world", en compagnie de North Country Far et Danny Thompson. Il est de retour au sein d’un trio, une nouvelle expérience qui implique l'harmoniciste français JJ Milteau et le chanteur/guitariste folk, Michael Jerome Browne. Les sessions d'enregistrement se sont déroulées au Québec.

En cette période où tant d’être humains fuient leur pays, théâtre d'atrocités et de souffrances, pour rejoindre un monde soi-disant meilleur, comme ont dû se résigner les Afro-américains, victimes de la ségrégation raciale dans le Sud rural des Etats-Unis, Bibb ose donc un "Migration Blues". Une œuvre qui s’ouvre par un dramatique "Refugee Moan", prêt à prendre la route de l'exil, que ce soit par train, en bateau ou sur la route! La voix d’Eric est profonde et terriblement expressive. Elle évolue au sein d’un environnement volontairement dépouillé. A l’instar de "Delta getaway","Diego's blues", le titre maître, caractérisé par les sonorités d’une grande pureté, dispensées par la Resophonic à 12 cordes, et "Blacktop". "Prayin' for shore" se penche sur le triste sort des migrants dont les embarcations n’arrivent jamais à bon port. Alors, l’harmonica sonne le glas. "Brotherly love" est un superbe hymne à la fraternité. "La vie c'est comme un oignon" est un duo instrumental partagé entre le violon de Michael et l'harmo de JJ. Il rappelle le Grand Dérangement, l'expulsion des acadiens francophones du Canada vers la Louisiane où ils vont devenir les cajuns! Eric est vraiment bouleversant quand il chante le "This land is your land" de Woody Guthrie ou lorsqu’il interprète, seul, le bref "Postcard from Booker", sur l'authentique guitare de Booker White! Cet opus acoustique d’une grande intensité, s’achève par "Mornin' train", un titre qui bénéficie du concours de d'Ulrika (NDR : Mme Bibb!) aux vocaux.

 

Blisterhead

Border Control (Ep)

Écrit par

Fondé en 1999, Blisterhead nous vient de Skövde / Göteborg, en Suède. Il réunit le bassiste Andreas Emanuelsson, le drummer Johan Carlsson ainsi que les guitaristes Erik Törnqvist et Kim Nilsson. Ces trois derniers se consacrent également aux vocaux. Son style ? Du ska/punk/rock. Mais à la sauce scandinave.

Caractérisé par ses accords de grattes basiques, « Border Control » baigne dans un punk réminiscent du Clash (NDR : pensez à « London Calling »).

Punk/rock celtique, « Valley Of The Dead » aurait pu figurer dans le répertoire des Pogues. Il est peut-être un peu plus sucré. Prudence, quand même, si vous ne voulez pas finir édenté, comme Shane MacGohan…

Davantage rock/garage « Blood On Your Face » évoque le conflit armé qui a secoué l’Irlande, entre 1968 et 1998…

« System Overload » en revient à un punk primaire, une piste tracée par un chant à trois voix particulièrement frénétiques. On attend le nouvel album impatiemment. Et puis que le combo se produise près de chez nous. En live, à mon humble avis, il doit déménager !

 

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