Light Asylum lève le voile sur un nouvel album

Peu de groupes peuvent se targuer d'avoir le statut de 'groupe culte', mais c'est clairement le cas pour Light Asylum. Emmené par la voix énigmatique de Sharon Funchess, le projet basé à Portland, dans l'Oregon, a secoué le petit monde de la musique…

Un diptyque pour Then Comes Silence

Le trio post-punk suédois Then Comes Silence s'apprête à publier « Requiem Ballroom ». Ce huitième long playing est attendu pour le 20 novembre 2026 sous la bannière de Metropolis Records. Pour faire patienter l'auditoire, la formation menée par Alex Svenson…

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The Cure
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Roger Hodgson

Une impression de déjà vu… et entendu…

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Roger Hodgson et Rick Davies étaient les leaders de Supertramp, une formation responsable d’une dizaine d’albums (NDR : dont les incontournables « Crime Of The Century » et « Even In The Quietest Moments ») de rock dit progressif. Roger Hogdson est sans conteste l’un des auteurs/compositeurs les plus doués de sa génération. La voix légendaire de tous les hits de Supertramp a notamment chanté́, écrit et composé « Give a Little Bit », « The Logical Song », « Dreamer », « Take the Long Way Home », « Breakfast in America », « It’s Raining Again », « School » et « Fool’s Overture » Des compositions devenues intemporelles ; et certaines, des tubes, encore diffusés aujourd’hui en radio. En outre, au cours de son existence, le groupe a vendu plus de 60 millions de disques. Un véritable phénomène mondial !

Pas de supporting act ce soir. Mais il fallait quand même débourser 50€, outre son sésame, si on souhait assister au soundcheck et y poser pour une photo en compagnie de l’artiste, avant qu’il ne la dédicace. Ah, ce marketing !

Le retour de Roger Hodgson constitue toujours un évènement particulier. L'artiste est très apprécié par le public noir-jaune-rouge et il lui rend bien, en ‘live’. Chaque fois qu’il se produit en Belgique, c’est sold out ! D’autant plus qu’il aime, tout particulièrement, se produire au Cirque Royal. Il le déclare dès qu’il grimpe sur le podium. Il est alors précisément 20h15. Il sait également qu’il bénéficie d’une fanbase plus que conséquente. Et il le signalera à plusieurs reprises. Roger est un artiste attachant, sympathique et d’une simplicité déconcertante. Sur le podium, le décor est sobre. On y retrouve les habituelles plantes vertes placées dans le dos des musiciens (NDR : à force d’être trimballées aux quatre coins de la planète, elles ne doivent d’ailleurs plus être très fraîches) ! L’éclairage est subtil et se focalise sur les artistes. Hodgson chante et se consacre tour à tour aux claviers, au piano (à queue), à la gratte acoustique ou électrique. Il est épaulé par quatre fidèles partenaires : le multi-instrumentiste Aaron Macdonald (saxophone, mélodica, fifre, flûte traversière, harmonica, synthétiseur etc.), le drummer Bryan Head, le bassiste David J Carpenter et le préposé aux synthés Kevin Adamson.

Le show est partagé en deux parties séparées d’un entracte de 15 minutes. Et la setlist réunit la plupart des hits de Supertramp. Qui a dit nostalgie ?

Le premier acte s’ouvre par « Take The Long Way Home », un extrait de l'elpee « Breakfast in America », paru en 1979. Si le light show privilégie alors les teintes bleues et roses, un faisceau de couleur blanche se focalise sur Aaron, lorsqu’il souffle dans son harmonica. Pour cette chanson, Roger siège derrière ses claviers. Son intervention aux ivoires est épatante. Une excellente entrée en matière. Résultat des courses : il est déjà longuement et chaleureusement applaudi par l’auditoire. A plus de 67 piges, il assure encore. Et malgré le temps, limpide, sa voix est restée intacte.

Le concert embraie par « School », un des titres phares de l'album « Crime Of The Century » ; et déjà la machine tourne à plein régime. Le leader a ainsi rapidement mis le public, son public, en poche…

Roger s’installe derrière le piano à queue pour « Lover In The Winds ». Moment propice au recueillement. A cet instant on a l’impression que l’auditoire boit les paroles du maître de cérémonie. Il revient vers son clavier placé à l’avant-scène pour « Breakfast in America », une pièce maîtresse. Les oreilles sont en extase ! Cette chanson a traversé les décennies sans perdre de son intensité. Et Aaron s’y révèle magistral aux cuivres.

Entre deux pièces, l'Américain d'adoption s'efforce de causer en français et ne manque pas de glisser quelques blagues pour détendre l’atmosphère. C'est ainsi, qu'en prélude à « Breakfast In America », Roger raconte que, lorsqu'il vivait en Angleterre, il rêvait de la Californie, tout simplement. « Hide In Your Shell » figure sur « Crime Of The Century », ce fameux long playing paru en 1974. Le véritable départ de la carrière de Supertramp. Cette compo évoque les thèmes du repli sur soi et de la folie.

Plus pop et caractérisé par ces claviers symphoniques en couches, « Puppet Dance » rappelle quelque part le Barclay James Harvest.

En 2000, Hodgson gravait l’elpee « Open The Door », dont il nous propose « Along Came Mary ». Il prétend que c’est la première fois qu’il la joue en live. C’est faux, il l’a déjà jouée, deux ans plus tôt, au même endroit. Mais la chanson a été revue et corrigée. En fait, on se demande, quand même, si on n’a pas déjà vécu un même spectacle. « A Soapbox Opera » (« Crisis? What Crisis? ») est vraiment excellent. Mais il y manque, quand même, un orchestre philharmonique. Et la première partie s’achève par « The Logical Song », moment choisi par Roger pour revenir aux claviers. Il emporte sa tasse et annonce un break de 15 minutes… 

Second acte. Dès le retour du band, la foule applaudit chaleureusement. Puis, le combo attaque deux extraits de « Breakfast In America ». Tout d’abord, « Child Of Vision » ; puis l’étrange et tendre « Lord Is It Mine », au cours duquel Roger siège derrière son piano. « Death And A Zoo » (« Open The Door ») est une plage construite comme un opéra rock. Si la mélodie est soignée, l’instrumentation est plutôt emphatique. Du Pink Floyd à la sauce Hodgson ! Le célèbre « Event In The Quietest Moments » n’est pas oublié; et après les inévitables tubes « Only Because Of You », « Had A Dream et « Dreamer », le concert se termine par l’incontournable « Fool's Overture », au cours duquel Roger est littéralement divin aux ivoires. Mais j’ai de plus en plus l’impression de regarder le même film, pour la deuxième fois…

En rappel on aura droit à « Two Of Us » et « Give A Little Bit ». Une petite dernière pour la route ? C’est ce qu’il nous déclare en introduction de cet avant-dernier titre. Il n'est que 22h30. Car il concède encore « It's Raining Again ». Pas de parapluie, cette fois-ci ouvert, au premier rang, comme en 2015, mais près de la sortie. Il ne sera pourtant pas cette fois, nécessaire de l’ouvrir, dès qu’on mettra le nez dehors. Heureusement, sans quoi, cette sensation de ‘déjà vu’ aurait été vraiment inquiétante. Pas vraiment envie de faire un voyage spatio-temporel…

(Organisation : AA Productions SPRL + Next- Step)

Setlist :

Première partie : « Take The Long Way Home », « School », « Lovers In The Wind », « Breakfast In America », « Hide In Your Shell », « Puppet Dance », « Along Come Mary », « A Soapbox Opera », « The Logical Song »

Deuxième partie : « Child Of Vision », « Lord Is It Mine », « Death And A Zoo », « Event In The Quietest Moments », « Only Because Of You », « Had A Dream», « Dreamer », « Fool’s Overture

Rappel : « Two Of Us », « Give A Little Bit », « It’S Raining Again »

Pierce Brothers

Un kangourou poursuivi par un cow-boy…

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Soirée ‘kangourou’ à l’AB, ce mercredi 7 juin. Au programme, en supporting act, Coby Grant ; et en tête d’affiche, les jumeaux Pierce. Les frères Pierce sont issus de Brisbane, mais c’est à Melbourne qu’ils ont fait leurs débuts artistiques. Dans la rue. Ils reconnaissent pour influences majeures John Butler Trio et Mumford and Sons. Ces multi-instrumentistes privilégient, en outre, le DIY. Ce qui ne les a pas empêché de vendre plus de 50 000 copies de leur premier Ep, sur une structure indépendante. Depuis, ils ont signé sur un label major…

Le supporting act est assuré par une plantureuse blonde aux cheveux longs. Simplement vêtue d'une robe à fleurs, Coby Grant est armée d’une gratte semi-acoustique. Elle est seule en grimpant sur l’estrade. Suave et sucrée, sa voix évoque celle d’Alanis Morissette. Sa musique nous entraîne au cœur du grand bush australien. Elle va puiser au sein de ses deux elpees, « I Was Young », paru en 2014, et « Is In Full Colour », en 2012, pour opérer ce périple. Pas de nouvelles compos prévues dans sa set list. Coby signale qu'elle va interpréter quelques chansons d'amour. Elles seront tendres et agréables à l’écoute. D’ailleurs, en une demi-heure, elle va charmer la foule –qui enfle, au fil des minutes– recueillant de chaleureux applaudissements…

Place ensuite aux Pierce Brothers. Jack se consacre aux percus (tom basse, tambour africain, cymbales), mais aussi au didgeridoo (instrument à vent aborigène) ainsi qu’à l’harmonica. Pat se réserve la guitare, qu’elle soit sèche, électrique ou semi-acoustique. Et imprime le tempo à l’aide d’une grosse caisse, en appuyant sur une pédale, posée devant son pied gauche. Le tandem va nous présenter de larges extraits de « The Records Were Ours », un Ep huit titres sorti en mai dernier.

Dès son entrée en scène, la fratrie est vivement acclamée. Faut dire que la diaspora australienne a débarqué en nombre. Et elle va mettre de l’ambiance, pendant ce concert. En 2015, le tandem avait assuré le supporting act d’autres compatriotes, The Cat Empire, dans la grande salle de l’AB. Et il avait fait belle impression, malgré la bronchite de Jack. Qui se soir, confesse avoir une petite extinction de voix. Décidément !

Jack salue le public, en français, en anglais et en néerlandais. Le set s’ouvre par « It's My Fault ». Pat excelle à la sèche. Jack le soutient aux backing vocaux et frappe ses mains sur les bords de la guitare. Il est vraiment hanté par les percus, mais nous balance déjà un aperçu de ses aptitudes à l’harmo. Il souffle ensuite dans son didgeridoo. Tiens, Marcus Mumford assiste au spectacle, dans la salle. Et paradoxalement, à cet instant, la musique des frangins me fait plutôt penser à celle de… Mumford and Sons voire de The Lumineers… Jack cogne ses baguettes, tour à tour sur son tom basse ou sur la caisse en bois de la guitare de son frangin.

Après ces 4 minutes de folie pure, le duo attaque « Amsterdam », une compo écrite en hommage à cette ville où il est particulièrement populaire. Les percus sont généreuses, la gratte est incisive. « Follow Me Into The Dark » vous pénètre en douceur et en profondeur (NDR : comme le signalerait si bien Arno). Le public reprend en chœur les onomatopées du  refrain…

« Black Dog » nous entraîne de l’autre côté de l’Atlantique. Dans les grandes plaines, plus précisément. Jack souffle dans son harmonica alors que Pat se concentre sur sa gratte lors de ce titre aux accents country/americana. Chaque fois que Jack met la gomme aux percus, l’intensité et la température montent d’un cran. Alors, chaud boulette, le public frappe des pieds et dans les mains. Pendant « Overdose », Jack cumule micro et percussions. Il tapote à nouveau ses baguettes sur le bord de la gratte de son frère. Mais énergique, ce morceau de folk adopte un profil davantage yankee (NDR : pensez au boss !) qu’antipodal. Jack pique la sèche de son frère pour aborder le plus paisible « Blind Boy Run ». Ce dernier n’a plus qu’une alternative : récupérer une six cordes électrique. A cet instant, l’expression sonore baigne au sein d’un americana classieux. Véritable bête de scène, Jack s’approche du bord de l’estrade et tape du pied, pour mettre l’ambiance. Tout le public réagit au quart de tour. Jack vient se mêler au public et il martèle les baffles en bord d’estrade.

Pat a conservé sa gratte électrique pour « Take A Shot ». Jack reprend son harmonica. Pour aborder « Self Portrait », Pat s’assied afin de se focaliser sur la semi-acoustique. Jack ne tient plus en place. Et ses interventions au didgeridoo font mouche. Il passe ensuite aux percus africaines et vient ensuite aider son frère en appliquant ses doigts sur le manche de sa gratte. A cet instant, on a l’impression de voir un kangourou poursuivi par un cow-boy. Et « Genevieve » (NDR : c’est leur frangine) est du même style. Si les harmonies vocales sont savoureuses, la compo vous incite surtout à esquisser un pas de danse.

« Golden Times » constitue le sommet du spectacle. Pat est à la sèche. Jack empoigne son didgeridoo et colle l'harmo devant la bouche de son frère. Tonnerre d'applaudissements dans l’auditoire ! Jack martèle le plancher à l’aide de ses baguettes. Et avant de souffler derechef dans son didgeridoo, il replace l’harmo devant les lèvres de Pat. Le show se termine par « Brother ».

Pas la peine d’insister, il y aura un rappel. Au cours duquel le duo va nous réserver « The Records Were Ours », le titre maître du nouvel Ep. Et puis en final, « Flying Home ». Sculpté dans la country, il nous invite à retraverser les grandes plaines de l’Ouest…

Pierce Brothers se produira en concert ce 6 août à Floreffe, dans le cadre du festival Esperanzah, et le lendemain, à Bruxelles, dans celui du BSF.

(Organisation: Ancienne Belgique)

Watermelon Slim

Golden Boy

Écrit par

Bill Homans, alias Watermelon Slim, est originaire de Boston. Ce vétéran de la guerre du Vietnam foule les planches depuis plus de quarante années. Il puise ses racines musicales, essentiellement dans le delta du Mississippi. Le dobro, la slide et l’harmonica sont ses instruments de prédilection. De l’Oklahoma à l’Oregon, l'artiste a beaucoup voyagé ; mais depuis 5 ans, il s’est établi au centre névralgique du delta blues, Clarksdale, dans le Mississippi. Il avait publié l’excellent "Bull Goose Rooster", en 2015. Les sessions d’enregistrement de ce "Golden Boy" se sont déroulées au Canada, à Winnipeg très exactement. Bill y a reçu le concours de nombreux amis musiciens. L’elpee recèle dix plages, dont sept compositions personnelles et trois reprises !

Taillé dans les riffs de gratte bien électriques, "Pickup my guidon" ouvre la plaque. Un Delta blues au cours duquel, épaulée par des chœurs, la voix est relativement ravagée. Le piano de Jeremy Rusu est le premier à sortir de sa réserve, bientôt rejoint par la slide. "You're going to need somebody on your bond" est une compo signée Blind Willie Johnson. Un country/blues acoustique, particulièrement roots, que chante le leader, d’une voix grave, en s’accompagnant au dobro. Des sonorités spatiales étranges introduisent le lugubre "WBCN", fruit d’un cocktail entre country et folk celtique. Les percussions de Joanna Miller s’intègrent impeccablement au sein de cette texture sonore tramée par les ivoires et l’accordéon. Un chant tribal, de nature amérindienne, amorce le puissant "Wolf City". Singulièrement amplifiées, les cordes sont soutenues par les percus… tribales. Slim et des chœurs masculins interprètent "Barrett's Privateers", a capella. Imprimé sur un mid tempo, "Mean streets" est un boogie dépouillé. La voix est talonnée par la slide. Les percus de Miss Collins sont sommaires. Big Dave McLean souffle dans son harmo. Country/roots, "Cabbage town" est une très belle chanson caractérisée par le dialogue établi entre la voix extrêmement grave et les chœurs. Minimaliste, l’instrumentation se résume au piano, à l’harmonica et à la mandoline. Watermelon Slim et Scott Nolan coproduisent l’opus. Ce dernier se consacre aux percus, à la guitare et assure les backing vocals sur "Winners of us all", une composition issue de sa plume, alors que Rusu se réserve la clarinette. Très roots, cet LP intimiste se conclut par "Dark Genius", une autre fort belle composition, illuminée par cette slide si bien maîtrisée.

 

Big Time Bossmen

Working on a plan

Écrit par

Le Big Time Bossmen est une formation belge qui pratique du roots rock. Pourtant, à l’origine, sa musique baignait exclusivement dans le rockabilly. Au fil du temps, elle a donc évoluée. Issu de Wetteren, ce groupe réunit David Bauwens (chant, sèche), Piet Vercauteren (guitares), Bruno Dierick (basse) et Rien Gees (batterie). Et signe les douze des treize compositions de cet opus.

Une seule reprise, celle du "5-10-15 hours" de la chanteuse Ruth Brown. La version originale remonte à 1952, et l’adaptation est excellente. En ouverture, "Make my way" rappelle l’époque rockabilly du combo. Mais encore "Wouldn't that be great", morceau au cours duquel Piet Vercauteren brille aux cordes, le titre maître, et "The effect I have on women", une piste davantage roots, qui met en exergue le violon de Dirk Naessens. Les Bossmen sont également à l’aise dans l’univers du swamp rock. A l’instar de "Baby what's wrong", une plage tapissée par l’orgue Hammond de Pieter Akkermans, mais aux accents Creedence. Ainsi que de "Sneaky messaround", un morceau qui creuse dans la même veine. Le long playing recèle également des compos plus enlevées, proches du boogie. Le puissant "The last fuck", caractérisé par des cordes caustiques et la finale "Take no prisoners", en sont de belles illustrations. Ballade roots, "Wolfman" est de toute beauté. La voix est impeccable. Les sonorités métalliques et réverbérées de la guitare et celles de la slide (Dirk Lekenne, un disciple de Ry Cooder, s’y consacre) font alors vraiment la différence. Infiltré par l’orgue Hammond, "Bartender" adopte un profil swamp r&b à la Slim Harpo ; et Piet Vercauteren signe ici sa plus brillante sortie…

 

Boogie Patrol

Man on fire

Écrit par

Fondé en 20017, ce quintet est issu de l'ouest du Canada. Pratiquant une forme de cocktail entre blues, rock'n soul et funk, il a acquis une solide notoriété, pour son énergie débordante, sur les planches. Le line up implique le chanteur/harmoniciste Dan Shinnan (NDR : c’est également le leader !), le bassiste Nigel Hase, le drummer Emmet VanEtten ainsi que les gratteurs Chad Holtzman et Yuji Ihara (NDR : il est de nationalité japonaise !) A l’actif de ce band, trois elpees : "Groove on or bug out", paru fin 2009, "I try and I try and I don't know what to do", en 2011, et enfin, "Alive", en février 2016.

En ouverture, "Players Blues" est tapissé par un véritable mur de cuivres. Une densité sonore qui évoque le style Chicago. Eraillée, pour ne pas dire ravagée, la voix de Shinnan traverse rapidement ce rempart. Qui laisse s’infiltrer l'orgue de Marc Arnould. Le premier billet de sortie est accordé à une guitare dont les sonorités acérées, évoquent inévitablement Carlos Santana. "Whole lotta gravy" élève le tempo. Un funky boogie au cours duquel les chœurs des musicos épaulent la voix du leader, pendant le refrain. Talonnée par l’harmonica, la guitare finit par s'incruster et surtout prendre son envol. Des cuivres marchent sur les traces de riffs bien rythmiques en intro de "Foolish mind", une plage qui ne manque pas de charme. Bien enlevé, "Shaker down below" est sculpté dans du funky blues. L’harmo se libère des cuivres. Graveleuse, la voix semble hantée par feu Joe Cocker. Shinnan se déchaîne sur son harmo tout au long du boogie ravageur, "Easy to see". Puis il se réincarne en James Brown pour attaquer "Get one on ya". Cet LP s’achève comme il a commencé. Un mur de cuivres amorce "Man on fire", avant de céder le relais aux guitares… allumées.

 

Collapse

The Sleep in me

Écrit par

La musique de Collapse est instrumentale et navigue à la croisée des chemins, du métal du post rock et de la prog. Des références ? Mogwai, Opeth, Porcupine Tree, Archive. « The sleep in me » constitue le troisième album de ce quatuor grenoblois qui réunit un batteur, un guitariste, un bassiste et un claviériste. Une œuvre qui propose sept longues plages plus climatiques et mélancoliques que vraiment cinématographiques (NDR : ce que revendique pourtant la formation). Les contes fantastiques d’Edgar Allan Poe et de Maupassant hanteraient ces titres inquiétants qui s’inspirent également des effets violents de la parasomnie (NDR : un trouble du sommeil). Le mastering de cet opus a été réalisé aux studios Abbey Road. Le son est nickel, les arrangements raffinés et les différents musicos talentueux. Mais pour apprécier 50 minutes ce type de musique instrumental, il faut vraiment être un inconditionnel. A quand une nouvelle révolution punk ?

 

Samantha Fish

Chills & Fever

Écrit par

Agée d'à peine 28 ans, Samantha Fish est une jeune femme particulièrement séduisante. Née à Kansas City, dans le Missouri, elle compte déjà une belle carrière comme chanteuse, guitariste et compositrice. Son univers de prédilection ? Le blues/rock ! Il y a quelques années, elle a signé chez le label allemand Ruf, pour lequel elle a déjà publié trois albums solos, "Runaway" en 2011, "Black wind howlin'" en 2013 et "Wild heart" en 2015. Début de cette année, elle a tourné en Europe en proposant un répertoire énergique, taillé dans le rockin' blues, s’autorisant même des moments de bravoure, réminiscents de Jimi Hendrix.

Ce "Chills & Fever" adopte un registre radicalement différent, intégrant des éléments de soul, r&b, country et americana. Les sessions se sont déroulées à Detroit, au studio The 45 Factory, sis non loin de la Motor City, en compagnie de musiciens locaux. Tout d’abord le guitariste rythmique Joe Mazzola, le bassiste Steve Nawara et le drummer Kenny Tudrick, soit des ex-membres de The Detroit Cobras. Mais aussi le claviériste Bob Mervak ainsi qu’une section de cuivres néo-orléanaise constituée du trompettiste Mark Levron et du saxophoniste Travis Blotsky. Et pour enregistrer cet elpee, Samantha s’est réincarnée en chanteuse de musique soul/pop des années 50 et 60. Pourtant, même si on ne comprend pas trop la soudaine reconversion (temporaire?) de Miss Fish, il faut confesser que cet opus découpé en 14 reprises, tient parfaitement la route…

La cover du "He did it" de Jackie DeShannon, un morceau de pop rock'n'roll vintage, est une belle réussite. Les Ronettes l’avaient traduite en tube, dès 1965. Savoureux, "Chills & Fever" trempe dans le r&b. La rythmique est légèrement ska et la guitare, bien allumée. Piano électrique et sax baryton participent activement à la texture de l’expression sonore. Barbara Lewis a décroché un hit, en 1963, en gravant "Hello stranger", une ballade soul/pop atmosphérique. Samantha se concentre sur son chant. Swamp r&b bien nerveux, "It's your voodoo working" est une chanson que Charles Sheffield avait publiée sur le légendaire label Excello, en 1961. Caractérisé par ses envols de gratte très rythmiques, "You can't go" est un excellent r&b. Tout comme "Little baby", mais dans un registre davantage Tamla Motown. Les derniers titres de ce long playing sont certainement les plus intéressants. A l’instar du blues/rock "Crow Jane", une composition du légendaire Skip James, remise au goût du jour. Littéralement dévastatrices, les sonorités de guitare sont manifestement contemporaines.

La version cd recèle deux bonus tracks. Tout d’abord le "Somebody's always trying" de Ted Taylor, un titre paru en 1964. Samantha chante passionnément ce r&b aux accents pop, dans l’esprit d’un Ray Charles au sommet de son art. Ce qui ne l’empêche pas de libérer frénétiquement ses cordes. Et puis "I'll come running over", une chanson que le célèbre producteur anglais Bert Berns avait écrite pour Lulu, de son véritable nom Marie McDonald McLaughlin, en 1965. Et la nouvelle version aurait pu figurer au catalogue du label Stax.

 

Foreign Diplomats

Princess Flash

Écrit par

Mis en forme par Brian Deck, le producteur de Modest Mouse, Counting Crows, Iron And Wine et des Shins, « Princess flash » a donc mis plus d’un an pour traverser l’Atlantique. Il est paru officiellement en octobre 20105 ! Un premier elpee qui fait suite à un Ep, publié en 2013. Foreign Diplomats est un quintet québecquois, issu de Laurentides, très exactement. Si sa musique est à la fois pop, dansante, allègre, mélodieuse et parfois hymnique, elle véhicule des textes sombres. Mais elle se colore de tonalités différentes en fonction des morceaux : électro, disco, rock, funk, jazz, etc. Un peu dans l’esprit d’Arcade Fire, mais en moins majestueux. L’originalité procède cependant du recours aux cuivres, sur certaines compos. Et si ce disque tient parfaitement la route, il n’est quand même pas révolutionnaire… Normal quand on est diplomate en matière d’affaires étrangères…

 

Hexenschuss

Gobbledegook

Écrit par

Hexenschuss est un mot allemand qui se traduit par lombalgie. Mais en le prononçant, ainsi que le titre de l’album, on ne peut s’empêcher de penser au bruit provoqué par l’expulsion de l’eau ingurgitée, après une longue immersion en apnée…

Réunissant Gil Luz (NDR : qui a notamment bossé en compagnie de Malka Spiegel) et Assi Weltz, Hexenschuss enrichit sa formule drums/synthés de samples (notamment de guitare), programmations, soundscapes, boucles et percussions électroniques, pour créer une musique expérimentale, répétitive, perturbante, radicale, pulsante mais captivante, qui doit autant au krautrock, à l’indus, au post rock, au post punk qu’à l’electro. Un peu comme si Faust, le Wire originel et Nine Inch Nails avaient décidé de bosser –sérieusement– ensemble. Tout en éliminant les vocaux.

Bref, instrumentales, ces 13 pistes instrumentales tournent comme des boucles infernales qui déferlent au sein d’un univers dark, mais propice à la transe. Surprenant !

 

Josy & The Pony vs The Poneymen

Hippodrome Club

Écrit par

Ben évidemment, vu le titre de l’album, celui de plusieurs compos et le patronyme du groupe, on ne peut qu’espérer gagner au tiercé. Et dans l’ordre ! Bref, cette formation chevauche une forme de poulain nourri au surf (le son de la guitare !), garage (l’orgue vintage !), yé-yé (le ton allègre !), punk (à la Lio) et à la new wave (à cause des envolées dansantes à la B52’s). Josy (ou Josette, selon) possède un timbre vocal qui navigue quelque part entre Brigitte Bardot et France Gall. Tiens curieux, « Let’s beer ? OK Pony ! », malgré des accents parfois noisy (NDR : qu’on retrouve lors du long final instrumental, « Xtra Smooth Liquid) », invite une voix masculine gainsbourgeoise (NDR : celle de Barako Bahamas). Les lyrics ne parlent pas seulement de chevaux, mais aussi d’écologie et de mauvais traitement infligés aux animaux. Dommage que cette voix soit trop souvent noyée sous l’instrumentation. Et pourtant, la prod est signée par Jacopo Andreani (L'enfance Rouge, Ovo, Le Singe Blanc) et Maxime Mathieu. Pas mal du tout quand même !

 

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