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jeudi, 12 juin 2014 01:00

Facebook ? Du tape-à-l’œil !

Admiral Freebee vient donc d’enregistrer un nouvel album, « The great scam ». Traduisez : la grande arnaque. Il s’agit de son quatrième. Un disque enregistré sous la houlette de John Agnello, à New York ; et pour lequel il a reçu, entre autres, le concours de Steve Shelley (Sonic Youth), J. Mascis (Dinosaur Jr) et surtout de David Mansfield (NDR : au cours des seventies, il a milité au sein du backing group de Bob Dylan puis de T-Bone Burnett). Bonne surprise, ce nouvel elpee est excellent (voir chronique de l’album ici). Il méritait au moins que son géniteur, Tom Van Laere, nous en parle. C’est ce qu’il a accepté, et dans la langue de Molière. Sympa !

C’est donc John Agnello qui s’est chargé de la mise en forme du long playing. A la production et aux manettes. Pas n’importe qui, puisqu’il a notamment bossé pour Sonic Youth et Dinosaur Jr., mais aussi pris soin du dernier opus de Kurt Vile, « Wakin on a pretty daze ». C’est d’ailleurs après avoir écouté l’elpee du Philadelphien, que Tom a conclu que c’était le meilleur choix. Il s’explique : « J’aime beaucoup Kurt Vile et War on Drugs (NDR : l’ex-groupe de Vile). Et évidemment, le dernier album de Kurt. Mais John a réservé un traitement personnel au mien. J’apprécie quand un producteur sent ce qui colle le mieux au climat de tes chansons. » D’accord, mais en matière de prod, Agnello a un son bien à lui. Perso je me souviens d’une formation américaine –excellente, par ailleurs– que j’avais interviewée il y a une quinzaine d’années, et qui répondait au patronyme de Cell. Et John avait enregistré leur long playing dans une église en bois, près de Woodstock. Faut croire qu’il a un secret de fabrication… « Le secret, c’est qu’il utilise les même effets pour tous les instruments. Que ce soit les guitares, les claviers ou la batterie. » Les sessions d’enregistrement se sont déroulées à Hoboken, près d’Anvers. Amusant, quand on sait qu’il existe un autre Hoboken au Sud d’Anvers. Tom revient sur cette coïncidence : « Je lui ai raconté, mais il n’a pas vraiment compris. Par contre, c’était aussi sympa de savoir que Frank Sinatra est né à Hoboken… »

Quatre ans sans sortir d’album ! Panne d’inspiration ou envie de créer un effet de manque chez les fans ? Il se justifie : « Pas tellement une absence d’inspiration, mais oui peut-être afin de créer un manque. Cependant, quand tu enregistres un album, il faut au moins une bonne année avant qu’il ne sorte réellement. Et je suis entré en studio, à New York, en juin 2013. En outre, lors de la sortie du disque précédent, je suis de nouveau parti en tournée ; et deux ans passent vite sur la route. Enfin, il faut aussi vivre un peu ; rencontrer beaucoup de femmes et connaître de nouvelles aventures (rires). Il n’y a pas que la musique dans la vie… »

Tom a un jour déclaré qu’il était fan des erreurs brillantes. Lors d’une interview un peu folle, qui s’était déroulée en compagnie de tous les musiciens d’Ozric Tentacles, l’un d’entre eux m’a tenu le même langage. Car ces dérapages leur permettaient d’improviser. Notre interlocuteur approuve : « J’aime également les erreurs, car je suis un petit peu une erreur (rires). Si je n’aime pas les erreurs, je ne m’aime pas moi-même. Quand je me trompe, je dis toujours à mes musiciens, qu’au bout de la troisième fois, ce n’est plus une erreur… »

Le dessin est très important dans le processus de composition chez Tom. Il est étroitement lié à l’écriture. Il approuve : « Pour composer les chansons de cet album, j’ai beaucoup dessiné. Des visages. Et ces croquis m’inspirent pour jeter les bases d’une chanson que je consacre à la personne que j’ai dessinée. »

‘The great scam’ se traduit par ‘La Grande Arnaque’. Tom réagit : « C’est la traduction en français ? C’est bon à savoir ! Alors, quand je vais causer avec des journalistes francophones, je vais pouvoir leur déclarer que je suis le Monsieur de la Grande Arnaque. » Par rapport à la symbolique du titre, est-ce bien l’image, l’apparence qu’il considère comme une grande arnaque ? Ce qu’on appelle vulgairement de la com’. Très présente dans l’univers de la politique, par exemple. Afficher un visage différent de celui que nous devrions montrer ? Considérer l’authenticité comme un produit ? Mais est-ce la raison pour laquelle il a déclaré que le monde serait meilleur s’il était plus vulnérable ? Il commente : « Le plus bel exemple de tape-à-l’œil, c’est certainement Facebook. Ah oui, le commun des mortels affirme que la solution de tous nos problèmes passent par les réseaux sociaux ; que grâce à eux, tout baigne. Mais ce n’est pas la réalité. Aujourd’hui, il est de bon ton de nager dans le bonheur. C’est pourquoi j’ai écrit la chanson ‘I don’t want to feel good today’, car j’estime que quand tu n’es pas heureux, ce n’est pas grave. Tout le monde traverse des moments difficiles. Mais pourquoi simuler un état de bonheur quand on ne le vit pas ? Pour faire croire à ton entourage que tu es constamment heureux ? C’est un peu difficile de l’exprimer en français, mais l’authenticité est devenue une façade. Le paraître a pris le pas sur l’être. Et ça c’est la plus grande arnaque. Donner l’illusion que tu es sincère, alors que tu ne l’es pas. Et être convaincu de ta sincérité. Perso, j’estime qu’il est quand même préférable de savoir quand tu joues la comédie… »

Il a aussi déclaré que ses chansons étaient à la fois un testament et une résurrection. Là manifestement, on entre dans le domaine de la religion. Tom confesse : « Simplement, je ne suis pas particulièrement religieux, même si je crois en Dieu. Lorsque je regarde une femme noire très belle, je pense réellement que Dieu en est le créateur. C’est aussi comme quand j’écris une bonne chanson ; ce n’est pas moi l’auteur, mais Dieu… »

En écoutant son album, trois références me viennent à l’esprit : Ryan Adams, Chuck Prophet et Lloyd Cole. La réponse fuse : « Lloyd Cole, je l’ai beaucoup écouté. Tu es le premier qui m’en parle, et tu as raison. Mon album de chevet, c’est… il est de couleur bleue, je ne reviens plus sur son titre… » (NDR : ‘Broken Record’ ?)

David Mansfield, un ancien et illustre collaborateur de Bob Dylan s’est chargé de la mandoline et surtout de la pedal steel, lors des sessions d’enregistrement. « Il est incroyable. A l’âge de 15 ans, il tournait déjà en compagnie du band de Bob Dylan. Il était très jeune et côtoyait déjà des vétérans. Il a participé à l’enregistrement de 7 elpees de Bob Dylan, et a également bossé pour Tom Waits et T-Bone Burnett. » On suppose que c’est John qui a eu l’idée de l’inviter. « Oui, il le connaît très bien. Il travaille beaucoup avec lui. Mais le plus impressionnant, c’était sa rapidité d’adaptation. Je voulais lui expliquer les accords et lui me répondait que ce n’était pas nécessaire. Il les écoute et les reproduit instantanément. Et quasi à la perfection. Il se plante rarement… »

John Mascis joue sur un des titres de son nouvel album, « Finding my way back to you ». S’il a joué aussi fort en studio qu’en live, toute l’équipe devait se protéger à l’aide de boules Quiès… Tom précise : « Sa collaboration s’est effectuée via internet. Il ne s’est pas déplacé à Hoboken. On a d’abord communiqué via skype ou e-mail. Puis il a exécuté sa partition dans son home studio. C’était mieux ainsi, car il était loin de nous ; mais c’était déjà trop fort pour nos oreilles. » (rires)

Tom a tourné aux States, il y a un quelque de temps, en compagnie de Neil Young. Un musicien dont il apprécie particulièrement la musique. Mais comment est-il parvenu à concilier son agenda et le sien, souvent considéré comme démentiel, quand on sait que l’Anversois n’aime pas trop faire le forcing lors des tournées, pour y privilégier, notamment, le contact avec l’habitant. Tom clarifie : « Cet été je vais encore tourner avec lui. Non, mais pas de souci, je n’ai accepté que trois ou quatre dates. »

A propos de concert, votre serviteur avait eu l’occasion d’assister à un set d’Admiral Freebee, en 2005. Tom me demande : « C’était en trio ou dans un groupe avec deux ou trois guitaristes ? » C’était en compagnie d’un groupe. Il ajoute alors : « Et maintenant, c’est un nouveau line up, et il y a des cuivres. » Pour donner une coloration plus swing et r&b ? Comme sur ‘Do your duty’, un titre un peu festif, abordé dans l’esprit de la Nouvelle-Orléans ? « On va le jouer au Cactus (NDR: ce samedi 12 juillet 2014). Et la présence de cuivres nous entraîne un peu dans l’univers de la Nouvelle Orléans, un peu comme chez Dr. John. Tu connais la série télévisée américaine ’Treme’ ? Elle baigne dans ce climat musical louisianais… »

Tom chante, joue de la guitare et de l’harmonica. Or, en général, un harmoniciste est disciple d’un maître du jazz ou du blues. Tom avoue : « J’aime beaucoup le blues. Et ma référence est Little Walker. On va également se produire au festival de Peer, cette année. Pour y jouer du blues. Une majorité de compos de blues… »

 

vendredi, 13 juin 2014 14:43

The great scam

Pour enregistrer son nouvel album, Tom Van Laere a de nouveau enregistré aux States. A Hoboken, près de New York, très exactement. Et sous la houlette de John Agnello. Un producteur notoire qui bosse ou a bossé régulièrement pour Sonic Youth, Dinosaur Jr, Kurt Vile, et bien d’autres, dont Cell, un quartet qui avait publié deux elpees épatants au tout début des 90’s.

Lors des sessions, l’Anversois a bénéficié du concours de quelques grosses pointures. Dont le drummer du défunt Sonic Youth, Steve Shelley, des guitaristes Jeff Bailey (Phosphorescent) et J Mascis (Dinousaur Jr), ainsi que de David Mansfield, à la mandoline et surtout à la pedal steel, un musicien qui a milité, au cours des 70’s au sein du backing group de Bob Dylan.

A l’écoute de cet opus, on ressent la patte d’Agnello. Le son est chaud. Typiquement américain. Un climat qu’on retrouve également dans la musique de Lloyd Cole (NDR : il est pourtant britannique, mais vit aux States depuis plus d’un quart de siècle). Tom possède une voix rauque parfaitement adaptée à ce type de répertoire, une voix qu’il ponctue épisodiquement d’interventions à l’harmonica.

Enrichi de cuivres et caractérisé par ses arrangements luxuriants, l’hymnique « Nothing else to do » évoque plutôt Ryan Adams. Bien balancé, « Walking wounded » lorgne vers Chuck Prophett (NDR : deux artistes bien yankees !) Un titre au cours duquel on a envie de danser ou tout au moins de taper du pied. J Mascis vient donner un bon coup de gratte sur « Finding my way back to you ». Et particulièrement offensif, « No one here » nous communique irrémédiablement la bougeotte. Vous avez sans doute déjà entendu le single « Breaking away », sur l’une ou l’autre station radiophonique, une compo contagieuse dont les cordes de guitare tintinnabulantes évoquent The Church.

Mansfield dispense ses interventions à la pedal steel sur les pistes les plus alanguies. A l’instar de « The land of lack » ou du mid tempo « Don’t want to feel good today ». Autre piste mid tempo, « Making love in 2014 » est parcourue de sonorités de guitare bringuebalantes ; un morceau dont la mélodie semble ficelée à la manière de feu John Lennon. Conjuguant bossa nova et country & western, « In spring » constitue la plage la plus ensoleillée du long playing. A contrario, « Sad old light » l’achève sur un ton plus ténébreux ; une plage crépusculaire, presque martiale, rythmée par le glas d’une cloche et enveloppée de chœurs. Enfin, on épinglera encore l’émouvant « The poet’s words », une compo caractérisée par la participation d’une section de cordes ainsi que d’une harpiste ; puis l’étonnant « Do you duty », un morceau discrètement épicé de swing qui lorgne subrepticement vers la Nouvelle Orléans…

Son meilleur album à ce jour. Il figurera certainement parmi mon Top made in Belgium pour 2014. Si pas davantage…

 

Le ‘Rallye chantons français!’ change de nom, il s’appellera dorénavant le Festival FrancoFaune, à cause de sa biodiversité musicale. Il se déroulera les Vendredi 10, samedi 11 et dimanche 12 octobre à Bruxelles. 30 artistes se produiront pendant 3 jours, en 12 lieux différents.

Les premiers noms : Saule pour son dernier concert à Bruxelles de sa tournée, Barcella pour la première date belge du ‘Puzzle Tour’ et la révélation canadienne Peter Peter. Sans oublier les nombreux concerts découvertes du festival, artistes sélectionnés pour la Biennale de la Chanson française : Barbarie Boxon, Denis K, Exodarap, Kouzy Larsen et les Blablabla's, l'Age Nu, La Cécité des Amoureux, Laid comme vous, Les Filles de Hirohito, Mathias Bressan, Matthieu Thonon, Mon Real, Sages comme des Sauvages, Teme Tan, The Bridge et Tout Finira Bien.

De nouveaux noms seront annoncés dans les prochaines semaines.

http://francofaune.be/

 

vendredi, 30 mai 2014 16:24

Mick Harvey joue Gainsbourg à Tilburg!

Mick Harvey vient de rééditer ses deux albums consacrés à Serge Gainsbourg ; et il viendra interpréter ces chansons au Theaters de Tilburg le 14 juin.  

Pour plus d’infos voir ici

 

 

 

 

Les Flaming Lips se produisaient donc ce samedi 24 mai au Cirque Royal de Bruxelles, dans le cadre des Nuits Botanique. En entrant dans la salle, on remarque la présence de câbles suspendus au plafond, accrochés un peu comme à la foire, au stand du tir à la ficelle. Souvenirs d’enfance… Il s’agit de la troisième fois que votre serviteur assiste à un set du combo issu de l’Oklahoma. La première fois, il était chargé d’hémoglobine et la deuxième digne du carnaval. A 8 heures pile, Young Knives, supporting act, ouvre les hostilités. La salle est à moitié remplie et ne le sera complètement, hormis le poulailler, apparemment resté fermé, que lorsque la tête d’affiche entamera son set…

Young Knives est un trio issu du Leicestershire, en Grande-Bretagne. A ce jour, il a publié une dizaine de singles, 4 Eps et 6 albums, dont une réédition du premier mini LP, enrichi de trois titres. Après avoir changé à deux reprises de patronyme, le band a finalement décidé d’opter pour Young Knives, en 2002. Le line up réunit deux frères, Henry et Thomas ‘The House of Lords’ Dartnall. Ils se partagent le chant. Le premier se réserve la guitare. Le second, la basse ainsi que les claviers/synthés/programmateurs. Un troisième larron, Oliver Askew est préposé aux drums. Vêtu d’une combinaison orange, Thomas, monte sur l’estrade, la tête enveloppée dans un globe à l’effigie d’un personnage cartoonesque, globe qu’il ôtera dès le second titre de la setlist. La formation va dispenser un set assez complexe, davantage truffé de bidouillages électroniques que sur leurs premiers elpees. Une forme d’alt/prog/electro/punk versatile qui nécessiterait une meilleure connaissance de leur discographie pour être apprécié à sa juste valeur ; d’autant que le fil mélodique va se révéler quasi insaisissable sur presque l’intégralité du set, avant un dernier titre beaucoup mieux équilibré et diablement accrocheur. On retiendra également de leur prestation le déploiement d’ailes de chauve-souris opéré par Henry sur « Something awful ».

Lorsque les Flaming Lips montent sur l’estrade, on remarque la présence de deux drummers, dont l’un est également percussionniste. Ce n’est plus Kliph Scurlock, présent depuis 2002, qui siège derrière les fûts, puisqu’il a été viré du band, récemment, par Wayne Coyne. Ils portent une perruque jaune enserrée par un bandeau. Steven Drozd, co-compositeur et ex-batteur, présent au sein du line up depuis 1991 (NDR : il nous avait accordé une interview en 1999 voir ici), se réserve les claviers et la guitare. Mais c’est surtout le petit nouveau, Derek Brown, également préposé aux mêmes instruments qui se charge des backing et parfois même le lead vocal. Du line up initital, il ne reste plus que le bassiste Michael Ivins –qui joue la plupart du temps assis– et le chanteur, Wayne Coyne.

Coyne a enfilé un costume de Musclor, mais de couleur rouge, recouvert de paillettes argentées sur les bras et le dos. Et dès le premier titre, il envoie trois énormes ballons dans la foule, dont l’un va finir par se coincer dans le plafond. Au cours des premiers morceaux, des poupées géantes font leur apparition. Elles symbolisent soit des chenilles prêtes à devenir papillons, une étoile, un soleil ou encore des martiens. Martiens qui finiront même par se garnir de paillettes. D’après Wayne, ils sont bourrés ! Et tel un rite, une pluie de confettis s’abat sur l’auditoire. Jusque là, pas vraiment de surprise, dans le chef de la bande yankee. Quant aux titres, ils flirtent avec une mélancolie réminiscente de Mercury Rev, même si parfois on a l’impression que le timbre vocal de Coyne, souvent en falsetto, manque de puissance. Et curieusement, il lui arrive d’emprunter certaines inflexions à feu John Lennon. Le tempo monte d’un cran sur « Yoshimi battles the pink robots part 1 », moment au cours duquel les sonorités vintage du clavier me font curieusement penser au long métrage mettant en scène Sophie Marceau, « La Boum ». Puis, dès la fin du morceau, un roadie vient débarrasser le micro de Coyne. Très rapidement, on se rend compte, qu’il va y avoir du changement. Et pour cause, un cube de plus ou moins 2m50 de hauteur se détache du fond de la scène et se déplace jusqu’au bord du podium. Les techniciens commencent alors à déployer de multiples câbles depuis le haut de ce cube aménagé en estrade, et plus exactement à mi-hauteur d’un pied de micro. Des câbles qui ressemblent étrangement à ceux suspendus au plafond. Un écran de fumée plus tard, Wayne apparaît en haut de ce mirador. Il s’est changé et berce une poupée d’enfant dans les bras. Et un véritable déluge de lumières commence à déferler le long de ces fameux câbles, un peu comme sur un sapin de Noël. Multicolores ou blancs, selon les morceaux. Et le tout est balayé de lasers. On en aura plein les yeux jusqu’au bout du spectacle. D’autant plus que si sur le panneau arrière, constitué de plaques perforées de petits trous, n’étaient alors projetées que des lumières psychédéliques, on a alors également droit à des dessins animés, représentant des jeunes filles nues qui dansent au son de la musique. Comme sur le plus indus « The W.A.N.D ». Le tempo devient même parfois frénétique sur « Silver trembling hands », une compo dont le climat et les harmonies vocales me rappellent furieusement le Floyd originel. Wayne se prend pour un chef d’orchestre, mais souffle aussi paradoxalement dans une trompette en plastique. De ses gestes, il invite constamment le public à enflammer l’ambiance. Mais quoique ravi, l’auditoire manque quand même de répondant. On ne voit pas le temps passer… Aussi on est assez étonné de voir arriver la dernière chanson, « A Spoonful weighs a ton », au bout de laquelle Wayne termine son texte par les mots « Love », répétés en boucle et affichés sur l’écran. Il descend alors de son piédestal et prend congé de la foule...

Un seul rappel, la cover du « Lucy in the sky with diamonds » des Fab Four. Coyne est remonté sur son cube et le public reprend en chœur le refrain même si, vu la puissance du son, on n’entend pratiquement rien de sa participation. Le light show est à nouveau activé sous sa forme la plus paroxystique, pendant que de petits papiers dorés sont projetés dans le Cirque Royal. Bonjour le service de nettoyage ! Puis, c’est le vide. Il est 23 heures. Les lumières se rallument et on reste sous cette impression de spectacle multicolore auquel je ne me souviens pas avoir un jour assisté… Lumineux !

(Organisation Botanique)

The Flaming Lips + Young Knives

 

vendredi, 23 mai 2014 10:49

Driftwood

« Driftwood » constitue déjà le quatrième opus de The Imaginary Suitcase, le projet solo de Laurent Leemans, également impliqué chez Ceili Moss, depuis 1996. Pas un néophyte sur la scène belge, puisque avant de se lancer dans ces deux aventures, il a milité au sein de La Vierge du Chancelier Rolin. De 1992 à 1999. En fait Laurent, est plutôt prolifique et ses compos les plus tourmentées, il les réserve à sa valise imaginaire.

Découpé en 11 plages, « Driftwood » baigne au sein d’une expression sonore mélancolique, qu’on pourrait qualifier de dark folk. L’elpee s’ouvre par le titre maître, une plage caractérisée par de superbes arpèges abordés dans l’esprit de Sophia. Et glisse vers « Three sisters » dans un même climat, avant de nous entraîner dans un délire apocalyptique à la 16th Horsepower, la voix de Laurent optant même pour un mode incantatoire à la David Eugene Edwards. C’est encore en picking que « Full moon lullaby » s’exprime, talonné par un glockenspiel, un morceau sur lequel Cecile Gonay (Seesayle) assure les chœurs. Une des compos s’intitule « Like rain », de quoi vous donner une petite idée du climat automnal qui règne tout au long de la chanson.

L’elpee recèle deux reprises. Deux titres que l’artiste apprécie particulièrement. Tout d’abord, une version minimaliste du « Bring on the dancing horses » d’Echo & The Bunnymen ». Qu’il ne parvient malheureusement pas à se réapproprier. Ensuite du « Ashes to ashes » de Bowie. Sur laquelle on se rend compte qu’il ne suffit pas d’avoir une bonne voix pour réussir un tel challenge, mais aussi et surtout une capacité à changer naturellement de registre, comme David Robert Jones est capable de le faire. Cette voix chaude et bien timbrée, il la met cependant en exergue tout au long de « Before I knocked », un poème de Dylan Thomas, qu’il chante a cappella.

Introduit par un harmonium (Nico ?), « Holy water » campe une valse autant latente qu’insolite. Et l’elpee de s’achever par « A plausible lie », un titre de folk punk qui aurait pu figurer sur un album de Ceili Moss.

Petite remarque quand même, le tracklisting du disque ne correspond pas du tout à celui mentionné sur la pochette. C’est ce qu’on appelle brouiller les pistes (?!?!?)

 

vendredi, 23 mai 2014 10:48

Histoires d’écailles et de plumes

Ce projet commun réunit deux amis, prénommés Guillaume. Ledent et Duthoit. Le premier est surtout connu pour son répertoire destiné aux enfants. Le second, alias Guillemot, c’est le chanteur de Thibor et de Coïncidence, formation au sein de laquelle militait Yves Barbieux, avant qu’il ne fonde Urban Trad. Il a également décidé de tenter une aventure en solitaire. Les deux artistes ont donc réuni leurs efforts sous un même (superbe) coffret en l’intitulant « Histoire d’écailles et de plumes ». Et en baptisant leur disque, respectivement « Marcher sur les murets » et « Je vole sous l’eau ». Mais le plus intéressant procède de la participation des deux artistes aux sessions d’enregistrement respectives. Tout en y impliquant les mêmes collaborateurs. Si l’album du premier est plus concret, il est plus difficile à cerner, car puisant au sein d’une multitude de références. Quant à celui du second, s’il est davantage porté vers l’imaginaire, son fil conducteur est paradoxalement plus palpable.

Découpé en 8 plages, l’opus de Guillaume Ledent s’ouvre par le titre maître, une compo allègre, imprimée sur un tempo new wave et s’achève par « Un escroc », un morceau qui colle davantage au répertoire destiné au jeune public, pour lequel l’artiste recueille, en Wallonie, un franc succès. Deux pistes sont construites sous la forme de ritournelles. Tout d’abord, « Nous », au sein de laquelle on retrouve un peu de prog, du rock et aussi du funk. Puis « Où est passé ma chanson », caractérisée par des interventions de guitare gémissantes. Rhodes et mélodica épicent « L’homme caméléon », un titre imprimé sur un tempo syncopé. Plus intimiste voire minimaliste, « Maddy in June » bénéficie d’une jolie mélodie, une compo champêtre, acoustique, traversée imperceptiblement par une flûte. Hymnique, balisé par des accords de piano élégants, « Adèle » semble plutôt hanté par Jean-Louis Aubert. Mais le meilleur titre de l’elpee est certainement, « Lulu bibulle ». Enrobé de chœurs soignés, éthérés, il met en exergue une prose récréative, volontairement badine, que ne renierait pas Richard Gotainer. Un moment précis au cours duquel il adopte même les inflexions du chanteur-humoriste français. Et dans cet exercice de style, il est particulièrement convaincant.

L’album de Guillaume Duthoit comporte 9 pistes. Au cours duquel on constate qu’il adore jouer sur les mots tout en nous plongeant dans le monde du fantastique. Mais abordons l’aspect musical. Première constatation, le rythme et le ton peuvent changer au cours d’un même morceau, sans que cela puisse nuire à l’homogénéité de l’opus. Certaines plages sont même assez complexes. A l’instar de « Charpie » ou de « Histoires de fapille », plage dont il partage un duo en compagnie de l’autre Guillaume. Un morceau au climat médiéval, caractérisé par des cordes de guitare ou de mandoline. Tout comme sur « Sam ». Des cordes très souvent pincées, en picking si vous préférez, qu’on retrouve tout au long de l’œuvre. Le disque s’ouvre par « Je vole sous l’eau », soit le titre maître. Une compo filmique, soulignée de choeurs angéliques, abordée dans l’esprit d’Ennio Morricone. Il règne d’ailleurs parfois une ambiance cinématographique et même énigmatique sur certaines chansons. Comme sur « Blanc comme neige », réverbérant des sonorités de xylophone, un peu comme dans un épisode de « Harry Potter », malgré ses éclats de saxophone. « Isodore » constitue probablement le meilleur titre de l’opus. Une ritournelle balisée par un banjo et enrichie de chœurs, et à nouveau parcourue d’interventions de mellotron. Le long playing s’achève par « Solitude », titre bien choisi, puisqu’il se résume à l’artiste, sa sèche, quelques chœurs et un sansula (NDR : piano à pouces). Guillemot a, en outre, une superbe voix, qui régulièrement évoque William Sheller, tant dans le timbre qu’au niveau des inflexions. Ce qui colle vraiment bien à son style de troubadour de l’imaginaire…

 

vendredi, 23 mai 2014 10:46

Croz

David Crosby est surtout connu pour avoir participé à l’aventure des Byrds et du supergroupe Crosby, Stills, Nash avec ou sans Young. Il a également publié l’un ou l’autre opus en duo, soit en compagnie de Stills ou Nash, puis milité au sein de CPR, à partir de 1996, un projet impliquant son fils, James Raymond ; mais en solo, il n’a gravé que quatre albums à ce jour. Et encore le précédent remonte à vingt longues années. Mais il est surtout responsable d’un long playing intemporel, « If I Could Only Remember My Name », une oeuvre incontournable pour laquelle il avait reçu le concours de toute la crème de la scène West Coast de l’époque.

Agé de 73 balais, David n’a pas eu une existence tranquille. Toxicomane, alcoolique, dépressif et paranoïaque, il a moisi quelques mois en taule pour détention d’arme prohibée. Il a également subi une transplantation du foie, financée par un certain Phil Collins, et plus récemment, une opération du cœur, qui l’a forcé à repousser sa tournée…

Pour enregistrer « Coz », il a de nouveau bénéficié du soutien de son fils, James Raymond. Mais également de quelques grosses pointures. A l’instar de Mark Knopfler, sur le titre maître. Et ses interventions sophistiquées, sculptées dans le blues, font merveille. Puis de Wynton Marsalis. A la trompette. Sur « Holding on to nothing ». Une plage empreinte de nostalgie, finalement assez proche de CS&N. Et enfin, Steve Tavaglione. Au saxophone, lors du final particulièrement élaboré, « Find a heart ». Des cuivres, qui entretiennent un climat jazzyfiant, sur ces deux morceaux. Un climat jazzyfiant finalement très présent sur l’opus, que ce soit à travers les ivoires ou la ligne de basse, même si ce feeling peut se révéler très subtil.

La voix de David Crosby est toujours aussi claire et atmosphérique, et les harmonies vocales (NDR : ces contre-voix !) sont d’une limpidité inégalable. Les cordes, acoustiques, semi-acoustiques ou électriques conjuguent élégance et sensibilité. Et le backing group est particulièrement solide. On aurait pu décerner un prix d’excellence à ce long playing, si à partir du 8ème morceau, le ton n’était pas devenu aussi mollasson. Pas que le reste soit de mauvaise facture, la dernière piste, s’abandonnant même au jazz rock, mais il finit par nous plonger dans un ennui certain.

 

vendredi, 23 mai 2014 10:45

Out among the stars

Encore un album posthume pour Johnny Cash. Quoique ! En fait, il s’agit de compositions enregistrées entre 1981 et 1984 qui auraient dû alimenter un long playing de l’artiste, intitulé « Out among the stars ». Et paraître entre « Johnny 99 » et « Rainbows ». C’est même Billy Sherill qui s’était chargé de la mise en forme, à Nashville. Mais Cash n’avait pas voulu le publier, car il l’estimait trop pop. Et puis, le label n’était pas davantage emballé, car à cette époque, la mode (?!?!?) était aux synthétiseurs. Bref, c’est son fils, John Carter, qui a retrouvé les bandes, dans les archives de son paternel et estimé qu’il méritait une gravure sur support.

Caractérisé par un son manifestement plus propre, sans pourtant tomber dans le formatage, cet opus se distingue également par le ton plus allègre de l’ensemble des compos. A l’instar des trois duos qu’il échange avec trois voix féminines. Deux auprès de son épouse June Carter : « Baby ride easy » et « Don’t you think it’s come our time », un bluegrass vraiment irrésistible. Un en compagnie de Waylon Jennings, pour « I’m movin’ on », une reprise du classique de Hank Snow, paradoxalement hantée par l’esprit d’Elvis Presley et des Beatles originels. Tout comme le judicieusement intitulé « Rock and roll shoes ». Quoique profond, le baryton de Johnny est chargé de nuances, ce qui rend les plages également beaucoup moins monocordes. L’opus recèle d’inévitables pistes country & western, enrichies par les interventions de banjo, de pedal steel, d’harmonica, et même des chœurs gospel sur « Tennessee ». On y rencontre également une valse (« After all ») et l’une ou l’autre ballade. Un bonus track. Soit une version terriblement contemporaine de « She used to love me a lot ». Une piste retravaillée par Elvis Costello et Steven Mandel, en 2013. Et ma foi, même si les puristes risquent de ne pas trop apprécier cette approche, le résultat est aussi étonnant que réussi…

 

dimanche, 31 décembre 1995 00:00

The Very Best Live

Alan Parsons a fait ses débuts comme assistant aux célèbres studios Abbey Road de Londres. Particulièrement doué comme technicien, il devient rapidement ingénieur du son, et participe à l'enregistrement de l'album des Fab Four qui porte le nom du célèbre studio. Puis collabore avec McCartney, les Hollies, le London Symphony Orchestra et surtout le Pink Floyd, pour lequel il reçoit un ‘Grammy’. Passé producteur, il fignolera les disques d'une multitude d'artistes, parmi lesquels figurent Steve Harley, John Miles et Al Stewart. Il crée enfin l'Alan Parsons Project en compagnie du parolier Eric Woolfson, et commence à accumuler les hits internationaux. Et sans s'en rendre compte précipite le prog rock à sa propre destruction...  Cette compile implique des tubes, et rien que des tubes en version (grand?) public. "Old and wise", "Don't answer me", "Even in the sky", "The Raven", etc. Un morceau de plastique exclusivement réservé aux nostalgiques du pop rock atmosphérique des seventies (NDR : qui a dit aux baba cools?)