L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

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Tommigun fait de vieux os…

Les vétérans belges de l'indie pop signent un retour marquant. Dix ans après la parution de Wooden Son, Tommigun rompt un long silence et dévoile « Heavy Bones ». Ce morceau inaugure un nouvel elpee éponyme, dont la sortie se profile pour le 20 novembre 2026…

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Chroniques

The Hickey Underworld

I'm under the house, I'm dying

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Il aura fallu trois années à The Hickey Underworld pour donner un successeur à leur très réussi premier album éponyme. Trois années au cours desquelles la formation anversoise s’est forgée une belle notoriété, tant en Belgique qu’à l’étranger, en multipliant les concerts ; dont de nombreux supporting acts. Et en particulier pour des groupes tels que The Bronx, dEUS ou encore Dinosaur Jr.

« I’m under the house, I’m dying » s’ouvre sur un ton paisible. Des premières mesures qui laissent imaginer que le band s’est assagi et peut-être même converti au pop-rock. Cependant, il ne faut pas très longtemps pour que Younes Faltakh hausse le ton. De son timbre graveleux et déchirant. Et rapidement The Hickey Underworld renoue avec son style si particulier. Un mélange de punk et de stoner qui libère toute sa puissance. Et en particulier sur « Whistling », « The Frog » ou encore « Thierry ». Les guitares dégoulinent d’intensité. Les rythmes sont énergiques et marqués. Ce qui n’empêche pas, et c’est neuf, le band de réserver l’une ou l’autre plage plus ‘langoureuse’, comme « Martian’s Cave » ou encore « Pure Hearts In Mind ».

On ne peut pas dire que The Hickey Underworld  soit parvenu à innover sur « I’m under the house, I’m dying ». En outre, l’elpee ne recèle pas de piste aussi excitante que « The Nation of Ulysse ». Mais le long playing se révèle néanmoins de bonne facture. A l’instar de Drums Are For Parades, combo issu de la même métropole, The Hickey Underworld demeure une valeur sûre du rock noir/jaune/rouge… 

 

Ansatz Der Maschine

Heat

Écrit par

Si le mot ‘intellectuel’ ne risquait de desservir le propos, j’utiliserais volontiers ce qualificatif pour illustrer cette œuvre.

Doté d’une ouverture d’esprit remarquable, dans la mesure où rien ne semble freiner l’élan créatif de sa tête pensante, le très doué Mathijs Bertel, Ansatz Der Mashine explore avec bonheur de multiples terrains, loin de tout sentier battu.

Plus organique et moins abstrait que ses précédents elpees, ce disque ne semble craindre aucune audace.

Chant dans la langue de Molière (exercice périlleux dans le genre, mais au fait, de quel genre parle-t-on ?), incursions subtiles de divers univers et immersions sensibles dans différents coloris, « Heat » est un pari audacieux, qui renvoie autant à Fennesz qu’à Dead Can Dance.

Abordant des thèmes historiques ou littéraires, rendant hommage ici et là à des personnages marquant l’imaginaire de son auteur (son épouse sur « The Desert Story » ou encore le regretté Mark Linkous sur « … »), ce disque explore et ose sans perdre en crédibilité.

Une invitation au voyage et à la réflexion, à l’échappée belle toutes voiles dehors.

Seul bémol, la typographie risque malheureusement d’effrayer l’amateur de musique, car rien qu’en observant la pochette, on pourrait s’imaginer devoir se farcir le dernier… Take That !

 

Betty Wright

The Movie

Écrit par

L’Américaine Betty Wright affiche déjà une longue carrière derrière elle. La diva R’n’B de Miami a en effet très tôt rencontré le succès, en alignant des hits tels que « Clean Up Woman » ou « Tonight is the Night », dans les années 70, alors qu’elle n’avait pas 20 ans. Elle a également accompagné Bob Marley et Alice Cooper en concert ; et n’a donc pas peur des grands écarts…

« Movie » constitue le premier album de la Floridienne depuis 10 ans. Elle s’est payé le luxe de recruter les excellents The Roots (qui avaient déjà sévi pour le compte de cette vieille canaille d’Al Green) pour l’accompagner et a invité des stars telles que Snoop Dogg, Lil’ Wayne ou encore Joss Stone ! Betty Wright n’a rien perdu de ses aptitudes vocales et ses compositions R&B teintées de soul parviennent à faire mouche, grâce aux interventions des musicos issus de Philadelphie et de sa voix hors du commun. « Surrender » est un véritable hit soul et « Grapes on a Vine » une pépite R’n’B. L’ambiance  s’apparente à l’univers cher aux fans de l’écurie ‘Stax’ et se révèle nostalgique à souhait (« Whisper in the Wind », « Old Songs »), les claviers vintage se chargeant d’alimenter ce climat…

Ecouter « The Movie » et se retrouver comme par magie dans un vieux film de blaxplotation…

 

Tom Williams

Teenage Blood

Écrit par

En 2007, Tom Williams tourne en rond dans son Kent natal. Il n’en peut plus de jouer seul… Il décide alors de recruter un backing band, qu’il baptise The Boat, destiné à la suivre dans son aventure musicale. Et, loin de sombrer, l’embarcation a plutôt fière allure, puisqu’elle a déjà donné naissance à une première cargaison en 2011.

Sur « Teenage Blood », l’équipage insulaire nous propose une forme de folk/pop savoureux, classieux même, hanté par Nick Cave et Leonard Cohen, mais aussi passionné que celui de Micah P. Hinson. La voix de Tom Williams est sépulcrale et profonde. Dominée par les guitares électriques et les violons, l’instrumentation est puissante. Mais le plus éloquent sur cet opus, ce sont ces émotions qui remontent constamment à la surface. Ces compos empreintes de romantisme, réminiscentes de Noah and the Whale qui n’auraient pas encore réalisé leur triste mue commerciale. Et les magnifiques « My Bones » et « Trouble with the Truth » en sont certainement les plus belles illustrations. Cap « Teenage blood », la mer est d’huile…

 

Sleigh Bells

Reign of Terror

Écrit par

Du hardcore de Poison The Well à la folie pop de Sleigh Bells, Derek Miller n’a pas pour habitude de faire dans la dentelle. Après « Treats », un premier essai aussi réussi qu’horripilant, le duo de Brooklyn a récemment signé chez Sony et en a profité pour dévoiler une nouvelle collection qui porte son titre à merveille ! Difficile, en effet d’écouter « Reign of Terror » d’une traite. Maintenant, tous les goûts sont dans la nature. Si vous appréciez les murs de guitares sursaturées et explosives, déstructurés par les pédales de distorsion, pourquoi pas. D’autant plus que la voix d’Alexis Krauss n’est pas de nature à modérer le climat. Perso, après avoir écouté « Crush » et « Leader of the Pack » (NDR : des hits ?????), je suis largement rassasié. Mais davantage comporte des risques. Mon cerveau se met alors à bouillir et mes tympans à fondre. Trop spartiate ! C’est une certitude, le ‘règne de la terreur’ s’imposera lors de la bande-son jouée non-stop par les allumés de Sleigh Bells ! Un concept original mais éreintant comme doit l’être Kate Perry sous ecstasy !

 

The Internet

Purple Naked Ladies

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WTF ?  Le hip-hop psychédélique ! A l’heure où OFWGKTA publie son « The OF Tapes, Vol. 2 », deux membres du turbulent collectif tirent leur épingle du jeu en proposant un premier LP original, rétro et planant à mort. The Internet, collaboration entre la gamine Sydney Bennett, alias DJ Syd Tha Kid et le producteur Matt Martians, se démarquent largement de leur bande de potes tout au long de ce « Purple Naked Ladies » hallucinogène alliant un Hip Hop langoureux à des sons R’n’B plutôt orienté fin des eighties et un Trip Hop vaporeux à souhait aux relents jazzy. Syd Tha Kid, seule demoiselle de l’équipée Odd Future, en a autant dans le ventre que ses camarades (et une tout aussi grande gueule). On est ici loin de l’Urban music commercial à deux balles. The Internet fournit un travail de recherche manifeste qui risque fort d’en influencer plus d’un.

« Purple Naked Ladies » souffre tout de même de quelques remplissages (« Lincoln », « Gurl »). Mais ces défauts donnent d’autant plus de valeur à des morceaux trippants comme « Ode To A dream », « Cocaine » ou « Fastlane ». La voix fluette de Syd Tha Kid communique autant de sensualité à l’ensemble que les beats lascifs de son partenaire. En publiant une galette dont toute la force réside en son originalité, The Internet fait la nique aux autres membres de la troupe, Tyler, The Creator en tête. Le duo signe d’ailleurs dans « The OF Tapes, Vol. 2 », l’un des morceaux les plus intéressants de la compile. S’ils continuent sur cette lancée, Tha Kid et Martians ont de quoi changer les règles du genre.

Cet été, les sales gosses d’OFWGKTA, et par conséquent The Internet, sont à l’affiche du Pukkelpop. A manquer sous aucun prétexte !

 

The Civil Wars

Barton Hollow

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Que ceux qui se languissent inlassablement d’une seconde collaboration entre Alison Krauss et Robert Plant lèvent la main ! Ceux qui ne jurent que par ce duo ou les combos paritaires du genre The Swell Season, Angus & Julia Stone ou encore Damien Rice et Lisa Hannigan vont mouiller leurs culottes. La relève s’appelle The Civil Wars et propose un premier LP honnête et quasi irréprochable., rendant ainsi ses lettres de noblesse à la country, genre snobé –souvent à juste titre– par le public européen. « Barton Hollow », l’œuvre d’introduction de Joy Williams et John Paul White, est initialement apparue dans les bacs américains en février 2011. Buzz grandissant oblige, Sony et le couple –sur les planches et pas à la ville– rééditent le disque cette année pour le plus grand bonheur des Européens qui ont droit à 7 morceaux bonus.

Souvent chantés à l’unisson, les mélopées country-folk de The Civil Wars jouent la carte du romantisme, mais pas trop. Le duo fait donc vibrer la corde de l’émotion, notamment lors des délicats « C’est La Mort » et « Girl With The Red Balloon » (NDR : référence au fameux graff de Banksy) ou un « Poison & Wine » d’excellente facture bien qu’un poil moins poignant que le « Falling Slowly » de The Swell Season, dont il se rapproche pas mal. Mais les deux points forts de « Barton Hollow » sont sans conteste le colossal americana du titre-maître et l’instrumental « The Violet Hour », taillés pour épouser la touche ‘replay’. De quoi renouer avec la Country sans discuter.

En guise de bonus dans cette nouvelle mouture de « Barton Hollow », The Civil Wars propose un petit hommage à Michael Jackson lors d’une reprise plutôt correcte de « Billy Jean » et une autre plus originale d’« I Want You Back ». Le duo enchaîne ensuite avec une jolie réinterprétation du « Dance Me To The End Of love » de Cohen.

Le duo se produira en concert le 13 novembre à l’AB. Pas à l’ABClub où ils devaient jouer initialement, mais à l’AB Flex. Et pour sûr qu’on y sera.

Ceremony

Zoo

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La Californie était le terrain de prédilection, fin du XIXème siècle, des groupes de punk-pop responsables d’une musique entraînante et ensoleillée. Un concept parfaitement illustré par Blink 182 et consorts. Enfin, c’est ce que l’Europe a toujours imaginé. Les clichés ont la vie dure ; et pourtant, cet Etat sis à l’Ouest des States a également enfanté des formations de punk garage aussi malsaines que révoltées, à cette même époque…

Et Ceremony, combo issu de Rohner Park (NDR : c’est près de San Francisco) en est un parfait exemple. « Zoo » constitue leur troisième opus, mais le premier publié par le label Matador (Spoon, Guided by Voices, Stephen Malkmus, …) Le band puise notamment ses influences chez les Cramps et Gang of Four pour régurgiter une expression sonore frénétique, qui sent la sueur et flirte avec le hardcore. Les guitares crissent. La basse est caoutchouteuse, hypnotique. Il règne un climat menaçant tout au long de cet elpee, un climat entretenu par la production de John Goodmanson (The Blood Brothers, Girls, Weezer, …) Sans oublier les interventions vocales de Ross Farrar qui oscillent entre chant et hurlements. Pour y dénoncer nos structures sociales, au sein desquelles il n’est pas facile de s’échapper. Ce qui explique le titre du long playing. 

L’œuvre ne dure que 36 bonnes minutes et concède l’un ou l’autre titre dispensable ; mais elle recèle également quelques morceaux d’excellente facture propices au défoulement. A l’instar du survitaminé « Quarantine » ou du languissant « Hotel ».

 

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