Il n’existe pas de ligne droite pour The Beths…

The Beths, un groupe néo-zélandais composé de la chanteuse Elizabeth Stokes, du guitariste Jonathan Pearce, du bassiste Benjamin Sinclair et du batteur Tristan Deck, annonce la sortie de son nouvel elpee "Straight Line Was A Lie", le 29 août 2025. En avril,…

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Farfouiller dans la Pure Carrière…

Après des années de chaos et de réinvention, Pure Carrière revient avec « Farfouiller », une ode brute, étouffante mais libératrice à l'ennui, au chaos et à la mort. Née des racines du slacker punk, cette pièce marque un nouveau départ et un retour en force.…

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Me First & The Gimme Gimmes

Love their country

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Me First And The Gimme Gimmes, c´est l’All-Star Band du label Fat Wreck Chords. On y retrouve ainsi Dave Raun et Joey Cape, batteur et guitariste de Lagwagon, Spike, bassiste des Swingin´ Utters et chanteur pour l´occasion, Jackson alias Chris Shiflett, guitariste des Foo Fighters, et enfin à la basse, Fat Mike himself, frontman de NOFX et patron de Fat Wreck (NDR : est-il encore nécessaire de le rappeler ?)

Formé en 1995, le projet se voulait un cover-band punk des ‘meilleures pop songs’ toutes époques confondues. L´opus précédent, « Ruin Johnny´s Bar Mitzvah » ( ! ) s’est ainsi fait un plaisir de détourner « Stairway To Heaven », « O Sole Mio », « Strawberry Fields Forever » ou « Hava Nagila » ! Tout au long de « Love Their Country », les cinq trublions s’attaquent au country/western et se livrent à un réjouissant jeu de massacre sur les œuvres de Garth Brooks, The Dixie Chicks, Willie Nelson ou Johnny Cash. Douze covers déjantées parmi lesquelles on retrouve un « Ghostriders In The Sky » atomisé, un hilarant « I´m So Lonesome I Could Cry » (il fallait oser mélanger country, skate punk et cornemuse !), le « Jolene » de Dolly Parton - déjà repris sur scène par les White Stripes - ou encore « Desperado » des Eagles. Le tout avec un entrain et une bonne humeur indéniable.

En revanche, on peut reprocher à l’elpee de ne faire que vingt-cinq minutes ; ce qui paraît assez limité… Mais au-delà, le délire ne serait-il pas devenu rapidement ennuyeux ? Il est évident que l´on n´est pas face à un disque se prenant au sérieux. Le joyeux bordel dans lequel se terminent certains morceaux en est la plus parfaite démonstration ! Le concept est drolatique, même s´il a déjà été mis à d’autres sauces – notamment via les covers country/bluegrass de standards du rock par les Hayseed Dixies ou nos Moonshine Playboys nationaux – mais l´auditeur appréciera d´autant plus la chose s’il possède les références musicales nécessaires. Dans le cas contraire, il aura tout de même entre les mains une réjouissante série de punk songs.

 

 

Moby

Go - The Very Best Of

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Richard Melville est un de ces sentimentaux modernes qui puise son inspiration dans une musique chargée d’émotions. Adoptant divers pseudos sur la scène électro new yorkaise, Melville reste fidèle à ses racines et particulièrement à son ancêtre Herman Melville, l’auteur du roman fantastique Moby Dick. Et c’est en remontant jusqu’aux sources qu’il y rapporte des trésors incontestables du blues et ses dérivés. On l’aura compris, Moby privilégie les émotions fortes, la sensibilité d’un piano et la beauté d’une musique soul qu’il réarrange sur des beats électro. Ce travail de sampling lui aura valu une certaine renommée mais aussi une étiquette. Le revers d’une médaille vendue à des millions d’exemplaires, inondant les foyers et frappant de plein fouet les radios ressassant les tubes « Natural Blues », « Porcelain » ou encore « Find my Baby », si ce n’était pas l’album 'joué' en entier.

Ce "Very Best Of", fontaine de jouvence sonore, a une autre spécificité : celle de faire connaître Melville sous un autre angle. Celui du guitariste qui a fait ses premiers pas dans le rock alternatif et retrouvant une deuxième jeunesse sur son tube interplanétaire « We are all made of stars ». Ou celui de DJ, accumulant les résidences dans les clubs new yorkais, balançant des galettes techno-dance à la « Feeling So Real », « Go » ou encore « Move », trois titres issus de ses albums non reconnus du grand public (« Everything is Wrong » et « I like to Score »). Moby accumule ainsi les hits, se montre dans les charts occidentaux, mais demeure malgré lui affublé d’une étiquette depuis "Play". Certaines tentatives de décrochage finissent même par l’enterrer. On pense, notamment, à l’élaboration du thème de James Bond et à quelques featurings (Mylène Farmer, Debbie Harry) peu convaincants. Une compilation pour les nostalgiques, les aficionados d’une musique électronique, les groupies des icônes Farmer et Harry. Rien de plus.

Keltia

1666

Écrit par

Keltia est une jeune artiste belge dont l´univers musical est atypique. Cette auteur-compositeur-interprète, a accompli ses premières armes seule, en s´accompagnant simplement à la harpe celtique. Elle a également assuré les premières parties d´artistes tels que Louisa John-Krol, Francesco Banchini (GOR) ou le groupe Iona. Intitulé « 1666 », son premier opus plonge au sein d’une ambiance inquiétante, étrange, digne d´un conte de fées. Son mélange de folk, de rock et de sonorités celtiques et orientales s´inspire des œuvres de Kate Bush, Bjork, Enya ou encore Dead Can Dance. L´originalité de sa musique séduit et rappelle effectivement l´univers de ces différents artistes ; mais également celui d’Emilie Simon. Malheureusement, son timbre peut se révéler irritant, surtout lorsqu´il est poussé dans les aigus. Pourtant, la qualité de cette œuvre va crescendo. En effet, elle ne prend réellement son envol qu´après les deux premiers titres (NDR : un peu trop longs) et s’achève par son meilleur fragment : le titre maître. Quoique difficile à aborder, ce cd ne manque pas d’intérêt.

 

 

 

Bert Jansch

The Black Swan

Écrit par

‘Bert Jansch est à la guitare acoustique ce que Jimi Hendrix représentait pour la guitare électrique’. Cet éloge provient de la bouche de Neil Young, loin d’être un manchot lui-même. Jansch, personnage légendaire s’il en est, a influencé et inspiré, au cours des années, tellement de musiciens qu’il serait bien trop long et fastidieux de les énumérer ici. Ce qui nous intéresse par contre, c’est de constater que son aura illumine aujourd’hui encore le faciès poupon de nombre de nos contemporains et pas des moindres. Ainsi, Devendra Banhart, Beth Orton, David Roback (Mazzy Star) ou Otto Hauser (Vetiver, Espers) se sont bousculés au portillon pour avoir le plaisir tant convoité de figurer au dos de la pochette de leur idole. Bien leur en a pris, car le moins que l’on puisse dire, c’est que Bert Jansch n’a perdu ni la main, ni l’inspiration. Une seule écoute de « High Days », où le maître et sa guitare se retrouvent en tête à tête, suffira à convaincre les tympans les plus bouchés des environs. A tomber ! Voici donc venu le moment de saluer le boulot de Noah Georgeson (Banhart et Newsom) à la coproduction (et à la basse gironde sur l’entraînant « Texas Cowboy Blues »). Un travail d’orfèvre digne de celui de Rick Rubin pour monsieur Cash. Les musiciens sont dans la pièce avec nous. Sans blague, il suffit de tendre la main pour toucher les fesses de Beth Orton.

La demoiselle honore d’ailleurs d’une vraie présence (Devendra n’assure qu’une dispensable deuxième voix sur un titre) trois des moments les plus flamboyants de l’album. Pour le plus grand ravissement des oreilles, non pas un mais deux banjos (aah, le banjo) pointent le bout de leur nez en fin de parcours et c’est tout le chemin qui s’éclaire. Coup d’œil par dessus l’épaule, de bout en bout le voyage ne fut qu’allégresse et la guitare, faut-il le préciser, une compagne d’une rare beauté. Un plaisir de tous les sens.

 

 

I Am Kloot

BBC Radio 1 John Peel Sessions

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Nous sommes le 25 octobre 2004. Il pleut sur Londres. A l’instar de nombreuses formations britanniques, I Am Kloot pleure le décès de John Peel. Le célèbre DJ de BBC Radio 1 nous a quittés. L’homme avait consacré sa vie à la musique, s’efforçant de pousser les esthètes du moment, de dénicher quelques lumineux ignorés. Aujourd’hui encore, le deuil se poursuit. Ici et là, les groupes exhument leurs meilleurs souvenirs en compagnie du sympathique barbu. Pour l’heure, I Am Kloot ressort ses « BBC Radio 1 John Peel Sessions », superbe collection de chansons jouées avec application. Le son de l’enregistrement est parfait. Le répertoire d’I Am Kloot voyage paisiblement entre ses deux premiers albums. Directement tirés de « Natural History » (2001), « Storm Warning », « Stop », « Twist » et « 86 TV’s » nous rappellent aux bons souvenirs de la formation mancunienne. Quelques titres de l’album éponyme (2005) fleurissent également sur cette plaque (« From Your Favourite Sky », « Life In A Day » et « Proof »). « Titanic », face B du single « To You » (absent de ces sessions) se retrouve aussi au programme. Le disque s’achève par « Untitled », un morceau sans titre donc. Quelques années plus tard, cette composition s’intitulera « Coincidence » et grossira les rangs de « Gods and Monsters », dernier album en date d’I Am Kloot. « BBC Radio 1 John Peel Sessions » constitue un bel aperçu de l’œuvre du groupe. Et démontre que, même mort, John Peel conserve toute son influence.

 

Boney Fields

We play the blues

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Boney est issu de Chicago. Du West Side, très exactement. Il y est né voici près d'un demi-siècle! Très tôt contaminé par le virus de la musique, il commence par jouer de la batterie avant de passer à la trompette. Son créneau ? Le funk et le jazz. Et des influences qui oscillent de James Brown à Earth Wind & Fire, en passant par Louis Armstrong. Mais aussi le blues. Et en particulier celui de Buddy Guy et de Junior Wells. Ce sont d’ailleurs des bluesmen qui vont l’engager au sein de leurs bands. En l’occurrence Jimmy Johnson, Smokey Wilson ainsi qu’Albert Collins, lorsqu’il vivait à Los Angeles ; et puis, d’une manière plus conséquente, James Cotton. Ce trompettiste de couleur s’est depuis installé en France où il a monté son groupe : le Bone's Project, une formation constituée de musiciens du terroir, dont sa compagne, Miss Nadège Dumas, une solide saxophoniste.

Pour chauffer l’ambiance, le Bone's Project se frotte au funk. Mais un funk de très bonne facture, qui déménage et vous donne l’envie de remuer. Un funk traversé d’accents jazz, R&B, et de chœurs repris par les musiciens. Une entrée en matière qui suscite la curiosité. Le blues est pourtant bien au programme. A l’instar du tonique et bien rythmé "Don't call me local". Invité, Jean-Jacques Milteau prend un immense plaisir à souffler dans son harmonica, pendant que Jerry Leonide assure le tempo au piano. Le timbre vocal de Boney n'est pas très puissant, mais bigrement harmonieux, et se fond parfaitement dans l’instrumentation. Dans me registre blues, il se révèle précis et subtil. A l’instar du superbe "I wanna get funky". Martha High (NDR : cette ancienne choriste et coiffeuse de James Brown avait commis "Live at Quai du Blues" en 2003) partage les vocaux. Lucky Peterson brille à la six cordes face aux cuivres. Ses soli sont absolument savoureux, lorsqu’il n’en remet pas une couche. "Don't let it get you down" est une ballade judicieusement élaborée. A premier abord paisible, elle monte en puissance lorsque l’ensemble de cuivres et des vocaux revient à la surface. Le résultat est assez impressionnant. Surtout si vous avez l’envie d’étreindre passionnément votre partenaire, sur la piste de danse. Une situation reconduite lors de "Tough pill". Ballade soul, "We play the blues" est soutenue par la section rythmique (NDR : assurée par le bassiste Mike Armgogum et le batteur Kiko Matiolli). Boney peut enfin prendre son envol à la trompette. Et il est remarquable ! Une véritable signature apposée par un véritable seigneur de cet instrument! Les musiciens qui l’accompagnent sont également très talentueux. Et ils le démontrent tout au long du funkysant "Never fall on your face". Olivier Caron y fait exploser son trombone. Hervé Samb se révèle généreux sur les cordes. Mais également inspiré et saignant. Il se montre même très offensif, en l'absence des cuivres, sur "Girl insane". Une intervention largement amplifiée et pas vraiment éloignée d’un Allison au sommet de son art. La machine du Bone's Project tourne à plein régime, lorsqu’elle produit du rythme. Leur R&B est alors dans sa phase la plus intéressante. A l’instar de "Your good thing is about to run out", marqué par le retour de l'ami Lucky Peterson. Soigneusement ciselé, le refrain ne manque pourtant pas de sensibilité. Agiles, félins, les cuivres font monter la pression. Signé Jimmy McCracklin, "I wanna know" est imprimé sur un mid tempo. Un blues qui baigne au sein d’une atmosphère paresseuse et langoureuse. Boney n’a pas volé sa réputation de shouter des cœurs. En observant le graphisme de la pochette, on remarque le sourire des spectateurs ; une attitude qui en dit long sur la qualité de l'ensemble. Mr Fields empoigne une nouvelle fois sa trompette pour opérer une sortie empreinte de charme. Unique plage instrumentale, "Revelation" bénéficie du concours du tromboniste Fred Wesley, un personnage longtemps impliqué au sein du groupe de James Brown. Une compo particulièrement jazzyfiante qui démontre – mais le faut-il encore ? – que la complicité entre musiciens de qualité peut produire des sensations fortes. Cet elpee d’excellente facture s’achève par le "You got to move" de Fred Mc Dowell. L’ambiance roots est entretenue par les voix conjuguées de Boney Peterson, Milteau et… Correy Harris. Elles ne tolèrent que le bottleneck du même Harris et la musique à bouche de Jean-Jacques. Et dans le style c’est vraiment superbe !

 

Dave Fischoff

The Crawl

Écrit par

‘Chaque son porte en soi un noyau de sensations déjà connues et usées qui prédisposent l’auditeur à l’ennui et ce, malgré les efforts des musiciens novateurs’. Rédigée en 1913 par Luigi Russolo, cette analyse traverse les décennies comme une comète voyage autour du soleil, transperçant l’espace d’une longue traînée lumineuse. Cette référence à l’auteur de « L’Art des bruits » trouve donc écho dans « The Crawl », troisième chapitre de l'œuvre de Dave Fischoff. Son nouvel album demeure exemplaire sans jamais, pourtant, parvenir à heurter les mémoires. La faute, sans doute, à l’exploitation de sons largement consommés par d’autres rêveurs électroniques. Oui, cette électro-pop mélancolique a depuis longtemps trouvé ses maîtres : The Postal Service et Her Space Holiday siègent en seigneurs sur ces terres. Comme eux, Dave Fischoff aime à collectionner les samples, fractions sonores à manipuler soigneusement pour composer une belle mosaïque harmonique. « The Crawl » est truffé de petites symphonies électroniques s’oubliant bien souvent au gré du temps. Voilà donc un bon disque dénué de véritables coups d’éclats...

 

 

 

Duo Varial

Rue Champagne

Écrit par

Duo Varial est né de la rencontre entre deux musiciens talentueux issus d’univers musicaux radicalement différents. D´un côté, Olivier Cima. Ce guitariste aux goûts musicaux très éclectiques a fait ses premières armes au ‘jazz studio’, une école de jazz anversoise réputée. Il développe, à la même époque, un intérêt particulier pour le flamenco. Il se produit ensuite au sein de plusieurs formations (Amistad, Rasali, Mickael & The black Beat, Chico y Altamira) et accompagne de nombreux artistes (Marka, Christian Merveille, Marisol Valderrama, Miguel Fernandez). De l´autre côté, Olivier Grégoire alias DJ Gregg. Accro aux platines depuis l´âge de 14 ans, il est membre du groupe de breakdance, les Namur Break Sensations (NBS). Leur premier opus s’intitule « Rue Champagne », en référence à la rue où est domicilié DJ Gregg. A Bruxelles. Si la tendance dominante est résolument lounge, la réunion des multiples influences de ses auteurs autorisent des sonorités drum´n´bass, jazzy, funky ou encore latino. Quatre titres accueillent des invités Rue Champagne : Enaïd sur « Fly away », Julie pour « Pretty places », Sandrine Collard sur « Ton sax » et Djerom pour « Lounge amant ». L´ensemble est original et délicieusement agréable. Un opus sans aucune fausse note, à écouter d´urgence pour pétiller de plaisir !

 

 

 

Various Artists

Do It Again / A Tribute To Pet Sounds

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Aaah Pet Sounds, cette œuvre… mystique. Eternellement placée dans les trois premières places de tous les classements des meilleurs disques de tous les temps. Ce qui, bien sûr, est certainement faux. Mais un tel plébiscite ne naît pas du hasard et cet album marque les esprits comme le fer rouge marque la peau. C’est un ticket sans retour. Quarante ans plus tard, l’heure de l’hommage a une fois de plus sonné. Déjà, l’exercice de la reprise s’avère souvent périlleux. Le tribute, c’est carrément la chronique d’une mort annoncée. Mais celui-ci, sans pour autant afficher un sans faute, s’en sort assorti de quelques honneurs. Au rayon des bonnes surprises, citons le spleen de Centro-Matic (« Don’t talk (Put Your Head On My Shoulder) »), Dayna Kurtz et « Sloop John B. » (la préférée de votre serviteur sur l’album original) en version slide, Patrick Wolf (« I Just Wasn’t Made for These times ») parfait en crooner anémique et The Wedding Present qui offre un traitement lo-fi d’une sombre mélancolie à « Caroline, No ». Comment ne pas citer Daniel Johnston qui chante plus faux que jamais et massacre allègrement « God Only Knows » mais de façon si touchante que c’en devient tendrement jouissif. Mais les plus franches réussites du disque sont à mettre à l’actif de Micah P. Hinson qui confère à « I’m Waiting For The Day » un coté folk roots absolument transcendant et aux Oldham Brothers, qui ouvrent les hostilités par une superbe version dépouillée de « Wouldn’t It Be Nice » à peine enjouée. Il était, il faut le signaler, bien difficile d’embrayer après ces performances de choix. Bonnet d’âne donc pour Vic Chesnutt et son vocodeur à gerber (à vouloir éviter à tout prix l’exercice de style). Les autres se contentant d’être sages et de passer inaperçus. Mais comme développé plus haut, gageons que l’ensemble des participants était en possession du précieux sésame en aller-simple.

 

 

Various Artists

Springs

Écrit par

Les premiers rayons de soleil refont surface, accueillis par une flore fatiguée de la veille hivernale, caressant de sa lumière les tiges encore fragiles et humectées sous une rosée matinale tamisée. Le réveil. Sa musique. De légers frôlements végétaux s’éparpillent ça et là sur le rythme fin de la marche des arthropodes, éveillés par le souffle des cuivres. Le printemps. Orchestre organique dirigé par le multi-instrumentiste Ryan Francesconi. Son arrangement. L’éclatement en diverses phrases remixées par ses invités. Familiar Trees, .Tape, He Can Jog, Sora, Greg Davis, Filfa, Sawako, Midori Hirano, Rdl. : la clique spécialiste de l’ovulation synthétique. Pratiquants minimalistes, ces nomades jouent sur un mode épuré quelques accords électroniques, numériques, s’aventurant jusque dans un bloc opératoire jazzy pour Sora « A Very Lucky Year ». Dans une simplicité absolue. Tel est le maître mot. Simplicité. Des voix discrètes se posent sur un cordon où circulent des notes fraîches et lascives dans la sensualité des archets. L’opus apparaît telle une incitation à l’apesanteur. Francesconi, programmateur hors pair de rêves éveillés, synthétise et développe ses fréquences vibratoires, dont les ondes ont été apprivoisées sur son propre logiciel (Spongefork) fabriqué à cet effet. Cette uniformité sonore assimilée par ses arrangeurs sur Springs, complète le schéma electronica ambient du label de Francesconi, Odd Shaped Case. Une première et pas la moindre pour ce dernier, dans les remix version renaissances polychromatiques.

 

 

The Bullfight

One was a snake

Écrit par

« One was a snake ». Un titre qui annonce la couleur de l’album. « That’s you, Charles ». Première chanson. Froncement de sourcils. Est-ce pour la musique, prenante, ou pour les paroles pesantes? Qu’importe, la musique prend le dessus. Le morceau touche à sa fin. Des chœurs appuient les paroles déjà dures. Frissons. Titre suivant: « The ballroom blitz ». L’air festif soulage, détend. L’histoire, celle d’amoureux, est attendrissante. Mais très vite, elle dégénère. Et avec elle, la musique. La voix se fait glauque. Le rythme n’a pas changé et pourtant, il semble s’être accéléré. L’atmosphère est lourde. On aimerait en changer mais trop tard, on est pris dans la cadence. Pire: on bat du pied. Et les thèmes de s’enchaîner, plus sombres les uns que les autres : mort, folie, viol, désespoir, meurtre, tromperie, … La mélodie, quant à elle, soutient parfaitement les paroles. Si l’ensemble caresse un côté malsain qui peut déplaire, la qualité des compositions est telle qu’il est dur de ne pas accrocher. Bullfight est une véritable corrida où la morale est mise à mort. Les funérailles promettent d’être grandioses…

Peter, Björn and John

Writer´s Block

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Sifflements. ‘If I told you things I did before, told you how I used to be, would you go along with someone like me’. Et Victoria Bergsman (des Concretes) de répondre par l’affirmative. Difficile, en effet, de résister à “Young folks”, le premier single de Peter Bjorn & John, un véritable hymne indie-pop. Sensation faite, une urgence s’impose : découvrir les autres plages de « Writer’s Block », troisième album du trio de Stockholm. La première écoute est plutôt déroutante : la magie s’efface et une certaine nostalgie s’installe. Pop seventies ou rock eighties, ces Suédois cultivent l’art de la mélodie propre au Grand Nord. Des titres tels qu'“Objects of my affection” et « Roll the credits » rappellent The Smiths tandis que le disque s’achève sur “Poor cow”, une virée à San Francisco que les frères Gallagher ne renieraient pas. Les voix habitées s’imposent sur fond de guitares noisy, claviers et chœurs, au rythme soutenu de maracas et bongos. Le mélange est soigné, presque aérien mais le résultat déçoit parfois (la confusion de « Start to melt » et la politesse de « Paris 2004 » lassent vite). Un album varié et inégal. Mais nul doute : on sifflera encore.

 

The Black Crowes

The Lost Crowes

Écrit par

Deux Cd’s des Black Crowes pour le prix d’un. Qui dit mieux ? Des fonds de tiroirs remis au goût du jour grâce à un remixage de derrière les fagots signé Paul Stacey. Ce double effort réunit en fait deux albums enregistrés par les corbeaux fumeurs de joints, à des périodes différentes de leur carrière, mais jamais sortis des studios.

« The Tall Sessions » date de 1993. Et si à cette époque les Crowes séduisaient les fans de hard rock, cette première plaque dévoile une autre facette du combo, beaucoup plus proche d’un Bob Dylan, des Beatles et même d’un Marvin Gaye. Alors, amateurs de métal, abandonnez de suite la lecture de cette chronique et cliquez plutôt sur la pochette de The Answer ! Bien entendu, certaines plages sont marquées par l’empreinte du dirigeable et des Stones, mais l’ensemble sonne résolument folk.

Enregistrées quatre ans plus tard, les compos du second CD « The Band Sessions » sont un tantinet plus musclées et lorgnent manifestement vers Lynyrd Skynyrd et l’Allman Brothers Band, soit le southern rock. Souvent mélancoliques et plaintives, parfois tirées en longueur, ces ‘nouvelles’ chansons des Black Crowes ont toutes les qualités pour réveiller les glandes lacrymales des nostalgiques de Woodstock. D’ailleurs, j’en vois déjà qui vont réenfiler leur pantalons à ‘pats d’ef’, et se mettre à rêver des soirées grattes sèches, herbe bleue et pinard à deux balles autour du feu de camp.

 

 

Angra

Aurora Consurgens

Écrit par

Après s’être cherché le temps de deux albums, Angra s’est enfin relevé. Et puis a entamé sa reconstruction autour de son nouveau chanteur, Edu Falaschi. L’ère séparatiste « Shaaman » semble appartenir au passé, et la créativité a finalement repris le dessus. Passionnés d’histoire et en particulier de celle du Moyen-âge, les Brésiliens nous emmènent sur les traces de Saint-Thomas d’Aquin et de ses études sur la connaissance intellectuelle et le psychisme. Mais qu’on ne se méprenne pas, «Aurora Consurgens » n’est en rien un concept-album. D’ailleurs, l’ambiance qui en émane n’est pas tellement éloignée du metal progressif et puissant de Fates Warning et surtout des Allemands de Vanden Plas. Le son, à la fois tranchant et épuré, est le fruit du travail du producteur Denis Ward.

Alliant tradition et modernité, Angra, fidèle à sa réputation, ouvre les hostilités par un titre ultra speed, mais inévitablement mélodique. « The Voice of Commanding you » est plus ramassé et donne l’occasion à la paire de guitaristes Loureiro/Bittencourt de se consacrer à l’art du duel à la six cordes. Imprimé sur un mid tempo diablement bien maîtrisé, « Ego Painted Grey » s’illustre par des grattes bien plus lourdes. Tandis que le refrain de « Breaking Ties » est franchement hard FM, « Salvation Suicide » mobilise plutôt l’artillerie lourde et rappelle, sous certains aspects, le « Walls of Jericho » de Helloween. Les autres titres s’enchaînent judicieusement, à tel point qu’on en oublie presque qu’Angra est un groupe à peine sauvé de la tourmente. D’ailleurs peu de métalleux croyaient encore en l’avenir des plus dignes représentants du Brésil, après Sepultura et Soulfly. C’est André Matos qui doit se mordre les doigts. Sa riposte devra être solide face à un « Aurora Consurgens » qui sent bon l’harmonie et le renouveau.

 

The Answer

Rise

Écrit par

Annoncé comme la nouvelle sensation hard rock n’roll, The Answer est la nouvelle réponse aux Datsuns et autres Wolfmother. Un véritable concentré de guitares acérées responsable d’un son ‘hénaurme’. « Rise » réunit onze titres. Onze claques dans la tronche ! Un premier album d’une maturité exceptionnelle pour ces jeunes gaillards dont les parents se sont connus bien après la sortie de « In Rock » et de « Powerage ». Héritiers naturels de combos tels que Cactus et Led Zep, AC/DC et UFO, le combo semble tout droit sorti des années 70, sans pour autant tomber dans les clichés les plus classiques. Energie à l’état brut et mélodies accrocheuses, « Rise » secoue nos enceintes et donne un coup de karcher dans les cages à miel ! Même si le groupe a parfois tendance à s’empêtrer dans la démonstration, il redresse vite la barre en alignant ses riffs implacables. Son hard rock authentique, parfois teinté de blues, navigue quelque part entre passé, présent et, espérons le, futur. Car la concurrence est rude dans le domaine du ‘rock classique’ et certaines formations pressenties à un avenir brillant sont tombées totalement dans l’oubli. Actuellement en tournée dans toute l’Europe, The Answer sera à la Lintfabriek de Kontich le 15 décembre prochain.

 

 

 

You Say Party ! We Say Die !

Hit The Floor!

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Accrochez-vous, préparez-vous à grincer des dents, à enfoncer vos ongles dans vos fauteuils, à festoyer et à mourir. En provenance de Vancouver, les Canadiens de You Say Party ! We Say Die ! ne se chauffent guère au même bois que leurs compatriotes de The Arcade Fire, Death From Above 1979 (R.I.P.) et autres Wolf Parade. Le rock furibond de ces cinq énervés prend davantage la direction du dance-floor (You Say Party ?), rejoignant un créneau braillard (We Say Die ?) déjà initiée au pays par Metric. La sauvageonne Becky Ninkovic prend donc un malin plaisir à rugir sa révolte sur une toile de fond déchirée par des riffs férocement aiguisés. Ce premier album de punk-rock, sans doute accouché sous les sunlights, est plutôt à l’avantage de la formation. La hype auréolant l’extravaguant patronyme trouve ainsi une certaine légitimité. Malheureusement, sur scène, You Say Party ! We Say Die ! culbute facilement dans le grand-guignolesque, plongeant ses hymnes électriques dans un tintamarre généralisé. Rien que d’y (re)penser, l’envie de balancer l’objet dans la poubelle la plus proche se fait méchamment (res)sentir. « Hit The Floor! » demeure donc bien plus captivant que les apparitions scéniques de la formation.

 

Dionysos

Spectacle total...

Écrit par

Le rock déjanté de Dionysos s'en est allé à la conquête de l'Aéronef. C'était ce jeudi 30 novembre 2006. Dès la montée sur les planches, le décor est planté! Ça saute, ça virevolte, ça se roule par terre ; le tout dans un cadre à rendre jaloux un certain Tim Burton. Le spectacle est magique. Le public hurle sa joie. Matthias où vas-tu chercher ton énergie ? Le groupe se lance dans un set de folie, où se marient poésie et humour. Plus de 2 heures d'histoires délirantes. Le groupe passe en revue tous les instruments à cordes imaginables : mandoline, guitares, violon, violoncelle et même ukulélé !

Le set démarre sur les chapeaux de roue par « Giant Jack ». Défilent alors « L'homme qui pondait des œufs », « Miss acacia », « La métamorphose de mister chat », « Le retour de Bloody Betty », et l'incontournable single « Tes lacets sont des fées », sans oublier « Old child ». La version acoustique de « Neige » est touchante. On prend également plaisir à redécouvrir les classiques, tels que « Wait », « Thank you Satan » ou encore « Song for Jedi », probablement le meilleur titre du groupe! Au fil du temps, la formation est parvenue à élargir son audience. Mais s'il y a la musique, on assiste surtout à un spectacle unique auquel le public participe, sans la moindre réticence. Car l'Aéronef en a vu de toutes les couleurs, au cours de cette soirée… Matthias monte sur les enceintes et se laisse porter par le public (littéralement et physiquement !) Il monte sur la mezzanine. Il rampe sur la marée humaine ou 'slamme', si vous préférez. Une performance qu'il va accomplir à plusieurs reprises. Mais n'est-ce pas également la marque de fabrique de Dionysos ? Faut dire que chez cette formation, la fête est permanente. Et Matthias en est l'électron libre. Babette est toujours aussi charmante. Et puis elle possède une voix très douce qui ne peut que faire fondre les cœurs. Est-ce du rock, de la pop, du show, de la poésie ou une forme artistique nouvelle inventée par la formation d'outre-Quiévrain ? On n'en sait trop rien. Une chose est sûre, le numéro proposé est total, stupéfiant. Ereintant aussi. D'ailleurs, les spectateurs sont repartis épuisés… mais surtout heureux. N'est-ce pas là l'essentiel ?

Trust (France)

Trust, plus antisocial que jamais

Écrit par

Le plus célèbre groupe hard français se reforme ! Pour assurer la promo d'un album live et d'un DVD, six dates - seulement - ont été programmées dans l'Hexagone. Depuis la dissolution de Trust, Bernie Bonvoisin s'est essayé, parfois avec succès, à la chanson française, mais aussi au cinéma - l'excellent « Hiver 54 : l'abbé Pierre » - et à l'écriture de bouquins revendicatifs. Libre de certains engagements, et séduit par la proposition alléchante d'un promoteur français, le leader de Trust a rappelé ses anciens complices pour un unique concert qui s'est déroulé le 8 juillet dernier lors du festival de Bobital. Provoquant un raz-de-marée chez les fans de la première heure qui ont redécouvert sur scène un groupe dont les riffs acérés et les textes révoltés ont accompagné leur jeunesse.

De passage au Splendid de Lille, Bernie et son guitariste Nono nous ont décrit le contexte de cette reformation tout en évoquant quelques anecdotes. « Cela avait quelque chose de vertigineux de jouer devant autant de monde après autant de temps », confesse le chanteur. « L'alchimie entre nous était parfaite, et en plus, nous avons joué avant nos idoles Chuck Berry et Jerry Lee Lewis. Ce concert à Bobital a été le déclic. Nous nous sommes dit que c'était un peu bête d'avoir répété pour un seul concert, alors nous avons décidé de nous reformer pour quelques dates, avec la sortie de ce dvd en perspective ».

Les auteurs de l'‘Elite’, de ‘Bosser huit heures’ et de l'indémodable ‘Antisocial’ gardent des souvenirs amers d'une soirée pour le moins agitée en Belgique, un pays que les membres de Trust ont visité au début de leur carrière. « Je me souviens d'un concert que nous devions donner en 79 ou 80 dans une salle pourrie à Mouscron ». (NDLR : après recherches, il s'agissait en fait d'anciens locaux de l'Union Industrielle, sis au quartier Saint Piat de Tournai). « Nous sommes arrivés et rien ne fonctionnait. L'endroit était insalubre, des fils électriques pendaient de partout et le compteur était dans un état pitoyable. Impossible de jouer dans ces conditions. Nous avons donc décidé d'aller jouer au foot sur un parking aux alentours. La récréation a vite dégénéré et les flics nous ont embarqués. On a passé la nuit au poste ! ».

Malgré cette fâcheuse mésaventure, Bernie, authentique timide comme toutes 'les grandes gueules', dresse un portrait plutôt flatteur d'un pays dont il semble bien connaître certains de ses aspects culturels. « En Belgique il existe une ouverture d'esprit qu'on ne retrouve pas ailleurs. Vous avez une scène très riche au niveau musical, mais aussi sur le plan cinématographique. Il y a des concerts tout le temps, et les cinémas programment des films d'auteurs. Malheureusement nous ne jouerons pas en Belgique cette année, mais j'espère que les Belges se déplaceront à Lille. J'ai déjeuné récemment en compagnie de Benoît Poelvoorde, un type que j'adore. On aimerait bien bosser ensemble ! » En dépit de notre insistance, nous n'en saurons malheureusement pas plus sur l'éventuelle collaboration entre les deux fortes personnalités.

Le 13 décembre prochain, le public du Zénith retournera plus de vingt ans en arrière, à l'époque où les fans de rock français étaient partagés entre l'enthousiasme d'un Téléphone discipliné et la rage au ventre d'un Trust plus proche d'AC/DC que des Stones. « Nous jouerons nos classiques bien sûr, mais aussi quelques nouveaux titres qui apparaissent sur le CD et sur le DVD live. Et un hommage sera rendu à AC/DC. Je serai accompagné par Nono bien sûr, mais aussi par notre légendaire bassiste Vivi, le batteur Farid et le petit dernier, Easy Diop, un musicien noir qui apporte du groove à notre musique. Ce qui fait de Trust le groupe le plus multiculturel que je connaisse », se réjouit le chanteur dont la nouvelle devise est ‘Soulagez-vous dans les urnes’, titre du CD et du DVD disponible dans les bacs depuis quelques jours. Parmi les morceaux inédits, l'explicite ‘Sarkoland’ démontre à lui seul que le combo qui n'a jamais roulé pour aucun parti politique de l'Hexagone n'a rien perdu de son sens de la provocation.

 

Thallium

Prémices

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Thallium est le fruit de la rencontre entre la batterie de Nicolas Rameau, la basse de Thomas Echelard, le piano, les cordes, les textes et les musiques d’Hugo Galatioto. Mais c´est aussi et surtout la jolie voix, toute en clarté et en légèreté, de Virginie Léonce. Intitulé « Prémices », ce maxi single propose une ballade pop et trois morceaux jazzyfiants. Si les textes sont bien écrits et suscitent notre intérêt, les mélodies - trop banales pour attirer l´attention – font un peu tâche d’huile. Seul « Des espoirs » parvient à nous emballer vraiment… Ce qui n’est déjà pas mal pour un premier essai !

Under Byen

Samme stof som stof

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Etonnant! Alors que la plupart des groupes ou des artistes rendent leur musique plus accessible au fil de leurs albums, Under Byen prend le chemin totalement inverse. Troisième opus du collectif danois, « Samme Stof Som Stof » est en la plus parfaite illustration. Un disque imprévisible, aventureux, à la limite expérimental, qui tranche avec tout ce qui existe actuellement sur la scène pop/rock actuelle. Une seule constante : la voix d’Henriette Sennenvaldt dont le timbre velouté, sensuel, rappelle toujours autant Björk, mais sans les inflexions furieuses et énervées. Elle chuchote d’ailleurs davantage qu’elle ne vocalise. Dans sa langue natale. Mais c’est à peine si on s’en rend compte, tant sa manière de chanter se fond dans l’ensemble. Il règne une tension palpable, captivante, tout au long de cet opus, une tension entretenue par le flux et le reflux de l’instrumentation mystérieuse, riche (violon, violoncelle, marimba, basse, claviers, piano, theremin, trombone, percus, samples, etc.), complexe, ainsi que des arrangements squelettiques susceptibles d’exploser à tout instant en une multitude de débris soniques. Sculptées dans des couches voluptueuses de son et d’émotion, les douze plages de « Samme Stof Som Stof » intriguent, perturbent et finissent par vous envoûter. Si vous appréciez à la fois Thom Yorke, Björk, Godspeed You ! Black Emperor, Sigur Ros et Portishead, vous ne pouvez passer à côté de ce disque. En mon for intérieur, je suis de plus en plus convaincu qu’Under Byen est en passe de devenir une référence sur l’échelle de la musique contemporaine… Mais il est absolument indispensable de disposer d’un esprit particulièrement ouvert pour apprécier ce type de disque. Vous voilà prévenus !

 

Urlaub in Polen

Health and Welfare

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Fantaisie contemporaine et exotique, la dénomination géographique à délocalisation permanente est devenue très courante sur la scène indépendante. Après les Australiens d’Architecture In Helsinki et les valeureux Suédois d’Im From Barcelona, voici les Allemands d’Urlaub In Polen. Plus à l’est encore. Et toujours plus éclectiques. Le duo, originaire de Cologne, livre un troisième album tout en courbe. Les fluctuations sonores apportent à ce disque une touche hybride, tout bonnement insaisissable. D’un krautrock bidouillé au synthé, en passant par de l’électro calcinée aux riffs plombés, sans oublier la ballade lo-fi mâtinée de pop, Urlaub In Polen ne rejette aucune hypothèse. « Health and Welfare » réinvente de vieilles recettes par adjonction d’élégantes petites trouvailles. La troisième livraison des Allemands révèle leurs excellentes influences musicales sans contribuer à forger l’identité harmonique du projet. Chaque composition se trouvant finalement en opposition avec la précédente. En ce sens, Urlaub In Polen est un peu à l’image de son substantif polonais. Conservatisme ou progressisme, il faut choisir. La Pologne peine à trancher. Urlaub In Polen suit la tendance...