Un dixième album studio pour Idlewild

Idlewild sortira son nouvel opus – un éponyme – ce 3 octobre 2025. Il s’agira de son dixième. En attendant, il a partagé le single intitulé "Stay Out Of Place". Le chanteur Roddy Woomble explique que la chanson traite de la multiplicité des voix et de la…

logo_musiczine

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (26653 Items)

Sport Doen

We are Sportdoen and you are not

Écrit par

« We are Sport Doen and you are not » constitue le deuxième album des Bruxellois de Sport Doen. Ce quatuor est bien connu dans le milieu punk. Leurs concerts semblent être incontournables et leurs titres sont diffusés sur de nombreuses radios dédiées au genre partout dans le monde (Serbie, Etats-Unis, Pays-Bas, France, Australie, Angleterre, Canada et, bien sûr, Belgique). Il est vrai que les sept morceaux de cet elpee, enregistré à la Soundstation, rappellent les meilleurs groupes de la scène punk, à l´instar des Ramones, des Clash, des Sex Pistols ou encore de MC5. Le cd recèle des hymnes fédérateurs (comme dans « Kevin Spacey ») et des solos de guitare puissants d´une grande qualité.

« We are Sport Doen an you are not » est donc une œuvre bien ‘crade’, qui sent la bière, une œuvre destinée à ces aficionados qui se plantent des épingles à nourrice dans le nez et se coiffent ( ?!?!?) les cheveux en crête. Punk´s not dead !

 

 

Scissors For Lefty

Underhanded Romance

Écrit par

Scissors For Lefty n’est pas une formation britannique, mais américaine. Issue de San Francisco, en Californie, très exactement. Pourtant, le quatuor est manifestement influencé par la musique insulaire. Celle de Pulp, pour être plus précis. A cause de la voix de Bryan Garza dont les inflexions théâtrales sont manifestement empruntées à Jarvis Cocker, même si le timbre oscille entre celui de Ray Davies, Robert Smith et Ric Ocasek (Cars). Et puis de la musique également. Un peu cabaret, glamoureuse, capricieuse, très souvent dispensée sur un ton insouciant (NDR : les claviers ‘cheap’, le kazoo, les sifflotements et surtout les mélodies contagieuses), parfois même dansant, malgré les lyrics souvent torturés et des cordes de guitare qui peuvent se révéler incisives, dans un style proche des Killers. Particularité, à l’instar de The National et du défunt Immaculate Fools, Scissors For Lefty compte deux paires de frangins. Multi-instrumentistes ! Tout d’abord Bryan et Robby respectivement chanteur/guitariste et guitariste/bassiste. Et puis Peter et James Krimmel. Le premier préposé aux claviers et à la guitare, le second à la basse et aux drums. C’est trop rare pour ne pas le souligner. Bref, si « Underhanded Romance” n’est que le deuxième elpee du groupe, il est très réussi, particulièrement rafraîchissant, et mérite qu’on lui prête une oreille attentive…

 

Made out of Babies

Coward

Écrit par

Fervents adeptes d’un style noise rock qu’ils défendent à la perfection, les membres de Made out of Babies dégurgitent une musique abrasive sans ambiguïté sur les pas des Jesus Lizard. Une explosion viscérale à laquelle participe activement Julie Christmas, tête pensante d’une conspiration détonante, entourée de ses complices Brendan Tobin (guitare), Cooper (basse) et Matthew Egan (Batterie). Un quatuor de névrotiques new-yorkais qui se débarrasse du superflu tout au long de son nouvel album « Coward », produit par le non moins excellent Steve Albini. Sorti de l’écurie Neurot Recordings (fondée par les membres de Neurosis) cet opus débordant d’agressivité marque davantage les esprits par sa maturité musicale, s’inscrivant ainsi dans la continuité de leur premier LP « Trophy », accouché en 2003. Et c’est tout un déchaînement frénétique auquel joue Christmas qui, par un charisme vocal évocateur de Brody Dalle des Distillers et un timbre vibratoire à la Katie Jane Garside (Queen Adreena), décharge avec force et conviction une énergie dévastatrice, laissant entrevoir ses entrailles sur tout un épisode musical de noise acharnée. De prime abord un album percutant, déconseillé à un public non averti, où s’impose une brutalité sans merci. Le ton désossé agrémenté de saturations irrégulières et d’un souffle rythmique accidenté marque au fer rouge quiconque tend l’oreille. « Coward », album assaisonné de variations atmosphériques efficaces, prend aux tripes et dégage les bronches, opérant un véritable coup de tronche auditif.

 

Pierre Lapointe

La forêt des mal-aimés

Écrit par

Pierre Lapointe est la dernière sensation québécoise. En 2003, il sort son premier album. C´est le début d´un joli succès. Les récompenses pleuvent et l´œuvre est rapidement disque d´or.

Le public québécois répond à nouveau présent pour la sortie de son deuxième cd, « La Forêt des mal-aimés ». En effet, pas moins 48 000 exemplaires sont vendus en deux semaines dans la Belle Province. Il faut dire que le talent et l´originalité caractérisent cet artiste multidisciplinaire (diplômé en arts plastiques, il a également étudié le violon, le piano et l´interprétation théâtrale). Réalisé par Jean Massicotte (qui a entre autres travaillé sur le dernier album d´Arthur H), « La Forêt des mal-aimés » est un conte musical qui nous immerge dans un univers poétique et créatif. Un brin mélancolique aussi. Il suffit d´écouter des morceaux tels que « Tous les visages » ou « Moi, je t´aimerai » pour s´en rendre compte. Grâce aux divers bruitages inclus tout au long de l´album, à ses mélodies gracieuses et ses personnages singuliers (« Le lion imberbe », « Au pays des fleurs de la transe »), l´auteur-compositeur-interprète arrive à créer une ambiance bucolique, qui nous transporte au cœur de cette mystérieuse forêt. Instrument de prédilection de l´artiste, le piano est bien sûr très présent. Un titre lui est même entièrement consacré (« 25-1-14-14 »). Mais l´artiste et son œuvre se veulent éclectiques. On peut dès lors trouver sur cette plaque un morceau aux accents sixties (« Deux par deux rassemblés »), des touches d´électro (comme dans « Qu´en est-il de la chance ? » qui débute comme « Here comes the rain again » des Eurythmics) ou encore des rythmes folks (« Nous n´irons pas »).

Les compositions du jeune homme évoquent tour à tour Michel Berger, Barbara et Michel Polnareff. Ses textes sont touchants et justes. Quant au timbre vocal, si le léger accent étonne quelque peu au début, l´oreille s´y habitue rapidement. On trouve même qu´il apporte un charme supplémentaire à l´ensemble de l´œuvre. Bref, un album imaginatif et romanesque qu´on verrait bien adapté en comédie musicale.

 

 

King Khan

What´s for dinner

Écrit par

Depuis le carton des White Stripes, on a l´impression de voir fleurir avec un bonheur inégal les formations en duo : The Kills, The Black Keys… Du moins les maisons de disques ne rechignent-elles pas à les mettre en avant dans le grand revival Garage de ces dernières années. Chez The King Khan & BBQ Show, on s´éloigne fortement du format le plus commercialisé de cette mouvance. Mark Sultan (guitare, batterie, voix) et A.A. Khan (guitare et voix), originaires de Montréal, forment une sérieuse paire de ravagés (surprenant de la part d’anciens membres de groupes qui répondaient aux patronymes de Les Sexarrenos ou encore The Spaceshits ?!) bien décidés à secouer leur auditoire à grands coups de garage punk abrasif. Punk, blues, doo-woop, riffs à la Chuck Berry, toutes ces influences assumées sans complexe se conjuguent pour former un mélange détonnant à faire inévitablement remuer les hanches…

 

Draft

Slow motion suicide

Écrit par

Draft est une formation française née en 1999. Issue du Havre, très exactement. « Slow motion suicide » constitue son second elpee (NDR : le premier « Stockholm Syndrome » était paru en 2002). Influencé par les Chevelles, Nada Surf et Faith No More, le groupe définit sa musique comme le fruit de la rencontre entre émocore intense et rock’n roll furieux.

L’album s’ouvre par « Failure of dialectic ». Les guitares claquent mais les drums ne s’emballent jamais. Imaginez Nada Surf s’il s’était converti au hardcore. Totalement différent, « Anus Mundi » permet à la voix plus travaillée du chanteur de se poser. Une voix qui devient même céleste sur le titre maître. Probablement la plage la plus aboutie. L’œuvre laisse aussi la place à l’expérimentation. Les morceaux en profitent pour s’allonger et prendre une forme plus atmosphérique. A l’instar de l’intimiste « Xanax and alcohol helped me to get there » qui s’achève par une explosion libératrice. Morceaux plus incisifs, « Drunk and lost in LH » et « Love is a black orchid » produisent une forme de violence assez déconcertante. Et manifestement, cet opus est loin d'être accessible. Les morceaux peuvent se révéler douloureux ou dramatiques, mais ils sont toujours le résultat de réelles combinaisons déroutantes D’ailleurs, si vous pensez que « Slow Motion Suicide » se résume à « Failure of dialectic», vous pouvez retourner vous coucher. Tout en baignant dans un univers cathartique, « Slow motion suicide » pousse le néo métal au-delà des frontières traditionnelles. Ce qui explique pourquoi, pour bien s’en imprégner, il est indispensable de l’écouter dans son intégralité. Draft évolue déjà sur une autre galaxie musicale, et prouve ainsi que pendant qu'un genre se meurt ou disparaît, un autre est déjà occupé de prendre sa place…

Various Artists

Wereldcafédumonde

Écrit par

Le Solid´Art festival est né d´une envie de créer un évènement associant culture et solidarité. Son but est d´utiliser cette culture afin de mettre à l´honneur des initiatives solidaires et porteuses d´avenir. Par exemple, la première édition de ce festival, en 2004, était consacrée à la campagne d´Amnesty international contre l’enrôlement d’enfants soldats. L´édition 2006 s´est déroulée, à Bruxelles, les 6 et 7 octobre derniers, dates choisies par les organisateurs afin de clôturer la semaine belge du commerce équitable et de lancer le mois de la Solidarité Internationale de la ville de Bruxelles.

Cette compilation réunit donc des morceaux interprétés par différents artistes qui se sont produits durant ces deux jours. La sélection est éclectique, proposant une grande variété de courants musicaux. Le cd s’ouvre par Aidan responsable de rythmes latino. Il nous plonge ensuite dans l’univers du rock (Jelly, Elvis GhettoBlaster, Hemlock Smith), puis du rap (Hydra). La compile fait ensuite la part belle à la chanson française (Guillaume Ledent et Dîne à 4 Orchestra, Philmarie, Bertrand avec D, Pascale Delagnes, Mary M, Jaune toujours, Lè Vangle), pour terminer par du folk (No Mad ?, Follia !) et de l´électro (Technically Normal).

"Wereldcafédumonde" est donc, comme son nom l´indique, un disque aux multiples couleurs destiné à nous permettre de découvrir quinze artistes originaux et talentueux.

 

Various Artists

Back To The Bus: Baby Shambles

Écrit par

Si tout ce qu’on raconte est vrai, ‘Pete Doherty est un toxico. Pete est un salaud. Pete est un escroc. Pete est un séducteur. Pete est un poète. Pete est ce qui est arrivé de mieux à l’Angleterre depuis les Beatles... Pete risque de crever.’ Dans son ouvrage, intitulé et radicalement consacré à Pete Doherty, Busty, journaliste-groupie idéaliste chez Rock&Folk, tente de cerner la personnalité de son idole. Loin de parvenir à ses fins, elle tend à s’embourber dans les bas-fonds d’une adoration sans nom. Dommage. Mais peut-on lui en vouloir ? Le plus difficile chez ce Doherty étant de déterminer la frontière entre son mythe et la musique. Pour éviter de se perdre dans des considérations subjectives, mieux vaut se pencher sur les origines de la saga Doherty : sa musique. Si notre traîne-toxines préféré s’est fait connaître de tous par ses exploits (musicaux et autres) au sein de The Libertines et Baby Shambles, on s’attaque ici à quelque chose de radicalement différent, les chansons favorites d’un groupe en tournée. Oui, tiens, qu’écoute Baby Shambles dans son tour bus ? Qu’écoute Pete Doherty en roupillant entre un concert annulé et une prestation chaotique ? De la très bonne musique : The Creation, The Clash (forcément...), Bert Jansch, Johnny Thunders (évidemment...), Devendra Banhart, Love, The Social ou Belle & Sebatian. Rien à faire, il nous étonnera toujours !

 

William Clarke

My last goodbye (Dvd)

Écrit par

Consacré à William, ce Dvd est un témoignage d’amour manifesté par sa veuve, Jeannette. La première partie est consacrée à un album photo présenté par Jeannette, une séquence entrecoupée d'extraits musicaux et d'entretiens. On peut y revoir William aux côtés de Shakey Jake Harris, Johnny Dyer, George Smith, Philip Walker, Junior Wells, Smokey Wilson, Charlie Musselwhite, Ronnie Earl, Alex Schultz,… Le document recèle une interview accordée par William, dans sa période Alligator, le tout ponctué d’extraits d'un concert accordé au club Rosa's de Long Beach. On a ensuite droit à une vingtaine de minutes de set exécuté dans ce qui semble être un magasin. Pour la circonstance, il est soutenu par deux guitaristes particulièrement affûtés : un jeune Rick Holmstrom et Zach Zunis. Quarante minutes ont été immortalisées lors d’un spectacle concédé au Larry Blake's Club de Berkeley, en Californie. Un autre sommet ! Tournées en noir et blanc, les images sont cependant un peu trop sombres. Heureusement, la musique est d’excellente facture. Elle met même en exergue le talent du gaucher et handicapé Steve Samuels ainsi que celui de l’extraordinaire John Marx. Près d’une demi-heure semble avoir été tournée dans un autre club : le Coors? La prise de vue est assez lointaine. Elle a même été filmée derrière la piste de danse où se pressent de nombreux couples émoustillés par la musique du merveilleux William Clarke. Le Dvd s’achève par un "My last goodbye" en fond musical, une plage extraite de l’elpee "Groove time" (Alligator). D’une durée de près de deux heures, ce testament visuel est un véritable must pour le fan du regretté harmoniciste.

Ces trois albums sont disponibles par e-mail chez Jeannette Lodovici ou chez sa fille Gina.
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

De très intéressants documents sont accessibles sur le site www.angelfire.com/blues/williamclarke

Vous pouvez aussi entendre William chanter le blues en s'accompagnant à la guitare, le 1er janvier 1988, en cliquant sur le lien suivant :
http://www.youtube.com/watch?v=r6m1T_EyTq0

 

 

William Clarke

The Early years – Volume 1

Écrit par

Ce premier volume revisite les années 1978 à 85. Dès les premières notes du morceau qui ouvre l’elpee, "Hittin' heavy", nous reconnaissons la présence - excellente par ailleurs - de l'inoubliable Michael Mann, alias Hollywood Fats. Il est même soutenu par son band de l’époque pour cet instrumental bien nerveux ainsi que lors des six plages suivantes. Tout d’abord sur "Blues afterwhile", un autre instrumental très fin de soirée. Déjà une leçon de ce que Smith avait appris à Clarke. Il y manifeste énormément de sensibilité. Mais c’est bien le souffle brûlant du blues qui est ici répandu. Fats et le pianiste John Detherage conjuguent avec bonheur ce blues de l'âme. Le "Diggin' my potatoes" de Leadbetter est imprimé sur un tempo alerte. William chante ; cependant c'est surtout son talent fou à l'harmonica qui nous souffle! Un fantôme passe : la voix chaude de George Smith interprète son "Teenage girl", véritable sommet de cette collection. Smith a conservé sa musique à bouche dans la poche. Ce diable d'homme sait que le souffleur rêvé pour le seconder est bien Bill Clarke. Il se montre insatiable dans l'arrière scène et se réserve un solo dans les aigus vraiment pas piqué des vers. Un privilège qu’il nous accorde l’espace de cinq bonnes minutes! "So all alone" démarre sur un mode funky avant de s'emballer dans le meilleur des Chicago blues. Les fans d'Hollywood Fats seront aux anges en découvrant "Come on baby". Du pur west coast jump qui n'a pas pris une ride. La musique pratiquée par ces jeunes blancs à L.A., fin des 70s, est décidément d'un niveau très élevé. George Smith est à nouveau présent pour chanter "Teardrops fallin', un nouveau slow blues très Chicago Southside, parcouru par la slide de Craig Printup. William est étincelant tout au long de "Blowin' my nuts", pendant que la section rythmique - constituée de Al Bedrosian à la basse et Matt Goodwine à la batterie - produit un groove incroyable. Fats revient gratter ses cordes sur "The little girl I'm lovin", un blues lent généreux au cours duquel Clarke chante vigoureusement face au piano de James Borden. Les quatre dernières plages remontent aux années 80. Plusieurs invités de marque y collaborent. Une belle preuve que Clarke était un musicien confirmé qui faisait autorité dans les milieux branchés blues de L.A. Smokey Wilson se réserve les vocaux sur l’excellent "Fine little mama", une compo puissante mais festive. Une véritable propagande pour le blues à laquelle participent Rick Holmstrom, alors très jeune guitariste, Fred Kaplan au piano, Willie Brinlee à la basse et Eddie Clarck aux drums. William chante autoritairement et avec assurance le slow blues "Give me back that wig" face aux ivoires de Kaplan. Son jeu à l’harmonica amplifié est d'une puissance impitoyable. Dernier invité, Cardell Boyette pose la voix sur son "I miss you so" soutenu par Zach Zunis et Steve F'dor. Cette collection fort intéressante s’achève par "Gina's Groove", un instrumental probablement dédié à Gina, la fille de Bill. Une compo qui réunit toutes les caractéristiques inhérentes au génie de ce souffleur légendaire.

 

William Clarke

The early years – Volume 2

Écrit par

Ce second volume est consacré à la période sise entre 85 à 91. Un autre recueil épinglant une nouvelle fois des plages remarquables, pour la plupart rares ou inédites et impliquant des invités prestigieux. Au dos de la pochette figure une photo qui date de 1982. Elle réunit William et son meilleur ami, Joe Lodovici, un autre brillant harmoniciste qui a aujourd'hui épousé Jeannette, la veuve de William.

L’opus s’ouvre par "Early in the mornin", un blues d’une grande richesse. Slow blues, "The feeling's gone" se singularise par son dépouillement. Le booklet ne signale pas le line up des musiciens qui constitue le backing group. Pourtant, le piano se révèle primordial dans le décor sonore. Très zélé, Bill dispense un divin souffle sur son harmonica chromatique. "Give me mine now" évolue sur un tempo assez proche du feeling rencontré à la Nouvelle Orléans, une sensation accentuée par le piano très rythmique. William est sur scène, derrière son idole George Smith. Ce dernier chante. Les deux hommes soufflent à l’unisson. La prise de son n'est guère brillante, mais l'émotion est bien présente. La profondeur aussi. Ils sont à nouveau soutenus par des illustres inconnus. Jeannette a retrouvé toute une série de bandes dans un tiroir. Mais elle ne fournit autre information à ce sujet. Ni le lieu, ni l’époque, ni l’identité des collaborateurs. Cependant, quel rare bonheur de découvrir ces musiciens qui jouent avec cœur. Rasheed Abdallah manifeste beaucoup d’enthousiasme pour chanter "Should kept on runnin". Clarke en profite pour exploser comme bien peu d'autres harmonicistes rêveraient de le faire. Mais ce musicien ne se contente pas de s’acharner ; il se révèle largement au dessus du lot. On a même l’impression que lui et son instrument miniature ne font plus qu’un. Le "Lookin for trouble" d'Eddie Taylor est sculpté dans le Chicago Blues le plus pur. A cause de l’orgue et puis du piano joué dans ce bon vieux style d'Otis Spann. "Bloody tears on my pillow" est un très long blues lent. Le jeu inventif, créatif, brillant du guitariste se détache. Ce qui n’est guère étonnant lorsqu’on sait qu’il relève de Ronnie Earl. Il porte même William vers les sommets sur son harmo chromatique. La reprise du célèbre "Ice cream man" de John Brim est un autre grand moment. Un Chicago shuffle qui bénéficie du concours d’un très bon pianiste (Fred Kaplan?). Deux plages mettent en présence deux harmonicistes. Tout d’abord Johnny Dyer. Il pose la voix avec beaucoup de sensibilité sur le "So glad I'm livin" de Sonny Boy Williamson. Mitch Kashmar, ensuite. Il est flanqué de ses Pontiax pour attaquer l'instrumental "Horn of plenty". William rivalise avec ce dernier. Les échanges de notes d'harmo évoluent à très haut niveau. Les trois dernières plages immortalisent un concert remarquable accordé au Starboard Attitude de Redondo Beach, le 11 avril 1987. Des enregistrements qui figuraient sur l'album "Rockin' the boat", paru en 88 sur Rivera. Pas la peine de vous faire un dessin, Bill est épaulé par des musiciens très talentueux : Joel Foy à la guitare, Fred Kaplan au piano, Willie Brinlee à la basse et Eddie Clarck aux drums. Toute cette équipe est responsable du torride shuffle "Deal the cards". Et puis du tonique "Boogie woogie woman". De la pure dynamite!

 

 

The Clientele

Strange Geometry

Écrit par

Est-il possible de pondre 12 fois le même morceau sur un seul album ? A cette question saugrenue, The Clientele répondra ‘oui !’. Auteurs d'un deuxième LP qui porte décidément bien mal son nom ("Strange Geometry"), nos petits amis originaires du Royaume-Uni auraient en effet tout intérêt à varier quelque peu leur songwritting... D'une linéarité somme toute assez évidente, les titres présents sur cette œuvre sont en effet tellement semblables qu’il est impossible de les distinguer les uns des autres... ! Les choses commencent pourtant assez bien, puisque "Since K Got Over Me", premier titre de l'opus, ouvre les débats de manière convaincante. Faisant la part belle à une voix nasillarde et à un concert de guitares cristallines, l'ensemble rappelle certains bon morceaux de Love pour ne citer que les influences avouées du combo... Le gros problème survient par la suite ; et en particulier lorsque The Clientele s’évertue à reproduire les même gimmicks, les mêmes enchaînements couplet/refrain, les mêmes tics d’interprétation pour finir par décourager un auditeur pourtant initialement bien disposé... S'il n'y avait un "Step Into the light" agrémenté de splendides cordes, véritable balise lumineuse au milieu de ce sombre océan, on parlerait presque de naufrage complet. Même la production, pourtant soignée par un certain Brian O'Shaugnessy - réputé pour ses collaborations avec Beth Orton - paraît bien pâle après quelques écoutes... Il est dès lors difficile de recommander cet album qui, paradoxalement, ne peut être qualifié de ‘mauvais’. Certains parleront de mélancolie. Nous serions plutôt tentés d'évoquer un manque d'inspiration...

 

 

Jarvis Cocker

Jarvis

Écrit par

Ma mère voici le temps venu d’aller prier pour notre salut, Jarvis est revenu. Bien sûr, certains pinailleurs nous dirons qu’il n’est jamais vraiment parti. Qu’entre l’épisode Relaxed Muscle, des chansons pour Harry Potter ou des textes pour la muse Charlotte, il n’a pas perdu son temps. Billevesées que tout cela ! Rien à secouer ! Le dandy maudit, le poète élégant, voilà celui que nous réclamions à corps et à cris, qui manquait tant à nos petites vies. Et le voici débouler, à nouveau soutenu par l’admirable Richard Hawley et le collaborateur de longue date Steve MacKey. Nouvel album sous le bras comme un présent sous la cheminée. Une plaque remplie jusqu’à la lie de mélodies renversantes, d’hymnes homériques et de tubes à la pelle. Pas forcément au sens radiophonique du terme mais plutôt d’instants à garder au creux des reins comme un amour caché. Qu’ils se fassent acerbes (« I Will Kill Again ») ou tendres (« Baby’s Coming Back to Me », déjà offerte à Nancy Sinatra tout comme « Don't Let Him Waste Your Time » d'ailleurs), Cocker et sa plume touchent au plus profond des âmes. Trop rarement souligné, notre homme est également un immense interprète et chante à présent mieux que jamais. Sérieusement, tout touche ici à la perfection, du crescendo tout en cordes de « Big Julie » à la merveille power pop « Fat Children ». Si l’on tente de reprendre son souffle et d’analyser froidement la chose, rien n’y fait. « Jarvis » est bel et bien l’album solo de l’année. Et on pèse nos mots.

 

The Curtains

Calamity

Écrit par

Etendu sur le sable de Californie, les pieds en éventail, Chris Cohen observe le ciel, songeant à The Curtains, son projet personnel. Rêveur, il se souvient de ses beaux jours en compagnie des autres musiciens de Deerhoof. Il s’interroge, se demande si, oui ou non, le choix de quitter sa formation après la publication de l’excellent « The Runners Four » était judicieux. Probablement pas... Pour concevoir « Calamity », quatrième album de The Curtains, Chris Cohen a préféré s’isoler, quitter définitivement Deerhoof et se recentrer sur ses tentations musicales les plus fortes. La pop fleur bleue, le jazz, le rock classique, le punk et le rock garage se mélangent ainsi dans le cerveau de cet artiste obnubilé par les harmonies défendues par un Brian Wilson légèrement fendu.

Treize compositions, une trentaine de minutes et une solide sensation de longueur plus tard, on peine à comprendre le but ultime de cette entreprise. Comment expliquer cette volonté contemporaine de réunir les Who et Miles Davis sur une planche de surf usée par les Beach Boys ? En équilibre instable, le timbre vocal enfantin de Cohen paraît bien vulnérable. « Calamity » glisse sur des vagues écumées depuis des années. Et de fait, c’est moins fun que prévu...

 

Badly Drawn Boy

Born in the U.K.

Écrit par

Elle semble bien loin l’époque de "The Hour Of The Bewilderbeast" et de ses exquises perles pop… Après un léger regain d’inspiration étalé sur la bande son du film « About A Boy » et le gentillet « Have You fed The Fish ? », l’homme au bonnet a foncé droit dans le mur. En cause, un album assurément inutile (« One Plus One Is One »). Du coup, « Born In The U.K. », hommage à Springsteen, apparaît comme une tentative désespérée de remonter la pente. Si une bonne partie du disque patauge dans une guimauve plate et visqueuse, Damon Gough alias Badly Drawn Boy arrive à s’y extirper de justesse sur quelques morceaux (« Nothing’s Gonna Change Your Mind », « Welcome To The Overground », « The Way Things Used To Be » et la plage titulaire). On ne peut pourtant pas parler de réelle déception, « Born In The U.K. » se révélant légèrement supérieur à ses deux prédécesseurs. Et à l’homme au bonnet de clôturer son œuvre en demi-teinte par « The Time Of Times » rappelant furieusement « The Shining », plage d’ouverture de son premier essai. S’il s’agit pour lui d’une autre manière d’annoncer que la boucle est bouclée, il est bien mal barré le bonhomme…

Aluminium

Aluminium

Écrit par

Fort d’une intensité majestueuse et d’une fidélité accomplie, le projet « Aluminium » de Richard Russell, à la tête du label des White Stripes (XL Records), demeure l'aboutissement d’une sublime réflexion musicale. Pour ce projet, Russell s’entoure des meilleurs musiciens classiques britanniques. Réalisé sans le concours du groupe et en collaboration avec le compositeur Jody Talbot, « Aluminium » a été enregistré entre août 2005 et février 2006 aux Studios Intimate, à Londres. Le projet revisite dix morceaux des White Stripes, réarrangés par un orchestre symphonique, donnant ainsi une nouvelle dimension à des compositions électrifiantes telles que « Astro », « The Hardest Button to Button », « Why Can't You Be Nicer To Me ? » ou, encore, « Aluminium ».

Edité à 3.333 copies CD et 999 copies vinyles, propre au fétichisme tertiaire de Jack White, l'album est surprenant de virtuosité. Aussi nous amène-t-il à porter un regard neuf sur des compositions existantes. L'initiative de Russell nous immisce dans un cercle inédit auquel on goûtera avec un plaisir non retenu. Le raffinement et l’élégance de l’ensemble, associés à l’énergie des progressions dynamiques, en font une œuvre inouïe. « Aluminium » repousse les limites instrumentales jusque dans leurs moindres subtilités, donnant un caractère précieux aux arrangements. Il s'agit là d'une véritable féerie sonore, mettant en scène deux univers musicaux, ouvrant la voie sur une nouvelle approche des genres. Eclatante de finesse, cette pièce est tout simplement monumentale.

Arker

Them & I

Écrit par

On tenait jusqu’ici Montevideo comme la grande success story de l’année 2006. Le peuple ayant tendance à s’emballer de façon éphémère, c’est au tour d’Arker de, déjà, prendre le relais. En témoigne « Humdrum Street ». A peine lâché sur les ondes qu’il devient le tube incontournable, obligatoirement playlisté dans le iPod des jeunettes en quête de cooltitude. Après avoir pris d’assaut les scènes du Suikerrock ou Nandrin l’été dernier, l’auteur-compositeur de 24 ans délivre « Them & I », première oeuvre à l’image de son single : frais, simple et résolument pop. Bénéficiant d’une production plutôt bien léchée, les douze pépites d’or incluses sur ce disque pourraient sans grand mal connaître la même destinée audiovisuelle que le single susmentionné. La voix ‘Stef Kamil-ienne’ d’Arker finira de convaincre les oreilles étanches à la pop issue de Wallonie. Un très bon point pour le nouveau label No Vice Music, dont Arker est la première signature.

The Walkmen

A hundred miles off

Écrit par

Non ce n’est pas Bob Dylan qui est venu prêter sa voix pour enregistrer cet album, mais bien Hamilton Leithauser. Il ne prête d’ailleurs rien du tout puisqu’il est le chanteur de The Walkmen, un quintet issu de New York. Pourtant, le constat est troublant. Et franchement, vous pourriez facilement mettre en couleur 99% de vos cobayes. Maintenant, pour la musique c’est quand même fort différent. Tout d’abord, la formation est manifestement influencée par le Velvet Underground. Le phrasé de guitare dispensé par Paul Maroon en est la plus parfaite démonstration. Encore que parfois il vire au psychédélisme (NDR : ou à la noisy). Celui (NDR : ou celle) de My Bloody Valentine, pour ne rien vous cacher. Ce qui ne l’empêche pas d’opérer l’une ou l’autre incursion dans le surf. Un peu à la manière d’Alan Price Set. Une structure bien électrique sur laquelle The Walkmen tisse alors de multiples nuances. Mariachi (voire cajun), dès que les cuivres entrent dans la danse ou que le piano bar résonne un peu ‘ragtime’. Garage quand les claviers entretiennent un climat ‘vintage’, spectral, malsain. A cet instant, on ne peut s’empêcher de penser à un Sir Douglas Quintet en moins r’n’b. On a aussi droit à de la lo fi et du punk. Parfois à des percussions tribales. Le dernier morceau de l’elpee (« Another one goes by ») épouse même le tempo d’un paso doble. Côté lyrics, les chansons abordent des sujets souvent décadents, éthyliques. Et de ses conséquences… On a parfois même l’impression que les chansons de ce disque ressemblent à autant de fresques peintes par Toulouse-Lautrec. Et il y en a douze sur « A hundred miles off », le troisième opus de The Walkmen…

 

The Vincent Black Shadow

Fears in the water

Écrit par

Emmené par Cassandra Ford, The Vincent Black Shadow nous vient de Vancouver, au Canada. Une formation conduite par Cassandra Ford, une vocaliste au timbre immaculé, tantôt puissant, tantôt mélancolique, particulièrement troublant. Et pour cause, il est tellement proche de celui de Gwen Stefani. Maintenant, pour la musique, TVBS évolue dans un tout autre registre, carburant à l’énergie et manifestant beaucoup de créativité. Faut dire que la diva charismatique bénéficie du soutien d’un excellent backing group. Impliquant les frères Kirkham (guitare, basse et batterie) et puis une claviériste (NDR : très talentueuse) qui répond au nom de Mary Ancheta. Au menu de ce « Fears in the water » une volée de hits potentiels. « Metro » tout d’abord. Une compo efficace, endiablée et mélodique qui ouvre l'album. On nage ici en plein soft punk au refrain énergique et enivrant. « Control » ensuite et ses riffs vibrants. Le contagieux "Bullet on the Tracks". Et enfin la ballade savoureuse, amère, tendre et raffinée "Don't go Soft". Une plage qui nous plonge dans un univers magnifique, empreint d’une grande mélancolie. Le climat de ce disque est d’ailleurs très souvent subrepticement sombre. Cet à cet instant qu’on se rend compte de la capacité du combo à explorer d’autres horizons sonores. Autres que pop, rock ou punk. Plus proche d’Evanescence même. A l’instar du grandiloquent « Valentine » ou encore de « Broken », probablement le meilleur morceau de la plaque. Voix superbe, conjugaison de guitare et de claviers, refrain d’enfer et rythmique implacable dominent parfaitement leur sujet. Et le final n’est pas en reste, TVBS terminant cet opus par un dantesque « Letter to no one » : les soli de guitares, les claviers et les drums s’en donnant à cœur joie. Et davantage qu’Evanescence, c’est à No Doubt qu’on pense alors, probablement l’autre influence majeure de The Vincent Black Shadow…

 

 

Phoenix

Catégorie machine à hits...

Le tennis peut donner des envies de musique : on se rappelle Philippe Dewulf, ce fameux joueur flamand qui réussit l'exploit, bien avant Justine et Kim, d'atterrir en demi-finale à Roland Garros… Un jour il chiala presque à l'idée de devoir jouer, alors que les Smashing Pumpkins donnaient un concert à la même heure. Car comme le déclare si bien Nelson Montfort, 'les raquettes sont des instruments à corde', d'où le support act de Phoenix ce soir à l'AB, les bien nommés Housse de Racket, en fait un duo batterie-guitare. Déguisés en tennismen à la Das Pop, ces deux Français jouent (en double) de la pop rythmiquement soutenue, comme une finale de grand chelem entre Federer et Nadal. Dommage qu'ici l'on pense avant tout à Thierry Hazard, voire aux Prototypes, à Bosco et aux zigotos de Ratatat. Triple faute, zéro pour-cent de premières balles, direction le vestiaire malgré deux-trois coups droits bien balancés qu'on mettra sur le compte de l'humour.

La dernière fois qu'on avait vu Phoenix c'était il y a des plombes, à l'époque de « United », bref il y a au moins 5 ans. Dans nos souvenirs tout ça manquait de pêche, d'où une légère appréhension à les revoir sur scène, même si leur dernier disque est une sacré tuerie. Le doute ne durera que le temps d'une petite « Ritournelle », le splendide morceau de Sébastien Tellier jaillissant des enceintes avant l'extinction des lumières. Surprise : les quatre Français sont accompagnés de deux musiciens supplémentaires, l'un en renfort batterie, l'autre aux synthés. Retentissent alors les premières notes de « Napoleon Says », le titre d'ouverture d'« It's Never Been Like That », autrement dit un tube. Auquel viennent s'accrocher d'autres, pour à la fin former une belle brochette de hits qui valent bien une grande farandole, de type 'C'est la chenille qui redémarre'. Il faut bien l'avouer : le Phoenix d'aujourd'hui n'a plus grand chose à voir (et surtout à entendre) avec celui d'hier. Le son est carré, la dynamique impressionnante, la classe folle. Quasi l'intégrale des dix titres d'« It's Never Been Like That » est passée en revue, du sautillant « Consolation Prizes » au groove instrumental de « North », qui évoque justement « La Ritournelle », version guitares. Côté vieux hymnes les Parisiens nous auront gratifié d'un « If I Ever Feel Better » enlevé - sans doute le climax du concert, tout en étirement rock - et de l'incroyable « Funky Squaredance », mix virtuose de proto-prog et de synth-pop eighties : une tuerie, qui laissera pourtant les nouveaux fans de marbre, plus à l'aise lors du rappel et d'un « Too Young » interprété vite fait. A l'issue de ce concert furibond, d'une élégance pop-rock jamais démentie, Phoenix peut prétendre à la distinction du 'meilleur groupe français' 2006, catégorie 'machine à hits'. Du travail de pro, qui en plus donne la banane : tu parles qu'on se sent mieux !

 

Festival les Inrocks 2006 : vendredi 10 novembre

Écrit par

Beaucoup moins de spectateurs lors de cette troisième journée. Faute de grosse tête d'affiche, plus que probablement. Aucune des formations programmées ce soir ne jouissant de la popularité des Kooks. Mais c'est souvent l'occasion de faire des découvertes…

On a retrouvé Blanche Neige ! D'origine pakistanaise, elle vit à Brighton, en Angleterre. En vérité, elle s'appelle Natasha Khan, drive un groupe qui répond au nom de Bat For Lashes et possède une voix remarquable dont le timbre rappelle tantôt Kate Bush, tantôt Björk, tantôt Sinead O' Connor. Et elle est très jolie (NDR : non, les membres de Spinto Band ne rôdaient pas dans les coulisses). Elle est fascinée par tout ce qui touche au surnaturel et le reflète à travers ses chansons qui relatent tantôt des contes de fées, tantôt des romances épiques. Elle est entourée de trois autres filles. Coiffées comme des indiennes, les quatre musiciennes se partagent une multitude d'instruments. Conventionnels (violons, basse, guitare, piano, claviers, accordéon, boîte à rythmes) et insolites (des percussions en tous genres et une mini harpe). Mais si la structure instrumentale tient parfaitement la route, les mélodies délicatement tissées nous plongeant au sein d'un climat où se mêle harmonieusement fantaisie, sensualité, innocence, mystère, inquiétude et passion, c'est surtout la voix de Natasha qui domine le sujet. Parfois on en a même la chair de poule. Le plus étonnant, c'est qu'elle avait pris froid, s'excusant auprès du public de son état de santé. Suis certain que dans la foule, il y avait centaines de chevaliers qui auraient accepté de jouer le rôle du Prince Charmant…

Fyfe Dangerfield s'assied au milieu de son armada de claviers. On dirait presque qu'il est dans un bunker, tant il est difficile de l'entrevoir au milieu de son attirail. Son timbre vocal âpre, chaleureux, légèrement opératique, vous hante, vous envoûte instantanément. Greig Stewart est aux drums. Sa manière un peu frénétique et désarticulée de jouer me fait parfois penser à Animal, le batteur fou du Muppets Show. MC Lord Magrão, le guitariste, ne tient pas en place une seule minute. On a même l'impression qu'il danse avec sa guitare, tout en la torturant. Aristazabal Hawkes se réserve la contrebasse. Elégante et sexy dans sa robe rouge moulante, cette très belle fille de type latino apporte une coloration jazzyfiante aux compos. Tout comme les deux cuivres, qui se sont postés à l'arrière de la scène. Et je dois avouer avoir été impressionné par leur set. Très en relief, énergique, riche, diversifié, il contraste totalement avec leur premier album (« Through the Windowpane ») dont la mise en forme a tellement été léchée, qu'il en est devenu insipide (NDR : à leur place j'irai casser la gueule au mec - le producteur ou l'ingénieur du son - qui a complètement bousillé leurs chansons). Alors surtout ne tenez pas compte de cet accident de parcours, Guillemots possède un potentiel inouï. Il l'a en tout cas démontré ce soir. Et si vous avez l'occasion d'aller les applaudir, ne les manquez sous aucun prétexte. C'est dit !

Love Is All est la formation dont toute la presse indie parle. Mais dont les journalistes n'ont pratiquement jamais rien entendu. Le quintet suédois vient pourtant de sortir un premier mini album (« Nine Times That Same Song »), mais pour l'instant, il n'est disponible qu'en import. Dirigé (NDR : et le mot est faible !) par la chanteuse Josephine Olausen (tout de noir vêtue, y compris la minijupe et les bas collants), une vocaliste/claviériste au timbre glapissant, strident, rappelant Karen O (Yeah Yeah Yeahs), Annabella Lwin (Bow Wow Wow), voire Poly Styrene (X-Ray Spex), L.I.A. implique également dans son line up un guitariste, un bassiste, un drummer et un saxophoniste. Combinant divers éléments qui oscillent du post punk à la new wave en passant par le Riot Grrrl et la no wave, leur musique ne manque ni d'énergie, ni d'enthousiasme. Dans ses moments les plus dansants, elle peut même faire penser aux B52's. Malheureusement, cette exubérance doublée d'excitation est tellement constante, qu'elle en finit par en devenir linéaire et surtout à lasser. Dommage, car l'ensemble pourrait franchement mettre le feu, s'il mettait un peu plus de variation dans son expression sonore. Ce n'est peut-être qu'une question de temps…

Il revenait à Midlake de clôturer cette soirée. Une formation texane (NDR : de Denton très exactement) dont les influences oscillent de Grandaddy aux Flaming Lips en passant par Coldplay. Enfin, c'est l'impression laissée par leur deuxième album, « The Trials of Van Occupanther », paru voici quelques mois. Sur scène le line up est constitué de cinq musiciens. Seuls le drummer et le claviériste se concentrent sur leur instrument. Les trois autres se partageant les claviers, la guitare électrique, la guitare sèche dont deux d'entre eux le chant (NDR : franchement le concert m'a tellement passionné que je n'en suis plus tellement sûr, mais la description doit être plus ou moins fidèle). Derrière le groupe, des clips vidéo sont projetés sur un écran. Certaines d'entre elles relatent des batailles de l'époque napoléonienne. Et régulièrement la pochette de leur dernier elpee s'intercale entre les minis films. L'essentiel de la concentration se focalise d'ailleurs sur cet écran, car la musique ne parvient pas à accrocher l'esprit. Et sans ses projections, on piquerait bien un petit roupillon. Vu la fatigue et l'heure avancée, si la salle avait été garnie de sièges cinéma, cela n'aurait pas fait l'ombre d'un pli. D'ailleurs aux deux tiers du set, j'ai pris la bonne décision de vider les lieux et de reprendre la route pour y retrouver mon lit…