Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

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La fresque de Vincent Delerm

Six ans après « Panorama », le chanteur cinéaste au cœur battant Vincent Delerm élargit encore son travelling sentimental en gravant « La Fresque ». Un huitième album dont la chanson-titre parlée, sur un arrangement tout en palpitations électroniques et…

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Wixel

Heart

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Nous étions prévenus. Un ami bien avisé s’était déjà emballé : ‘Eh, faut écouter Wixel ! Impossible de passer à côté de cet album quand on aime Manyfingers ou Explosions In the Sky. Eh, faut vraiment écouter Wixel ! Ce sont des Belges en plus. Franchement... Faut écouter Wixel !’ Impossible de le raisonner. Alors, comme demandé, nous avons écouté Wixel. Et, de fait, on s’est trouvé face à un très bon disque. Séduisante rencontre entre post-rock instrumental et electronica ingénue, la musique de Wixel étend ses chaleureuses textures à l’infini. « Heart » est un disque somptueux, fruit de l’acharnement et de la méticulosité sonore de Wim Maesschalck, son auteur. Revenir à ce disque, c’est s’épanouir, se réjouir de nouvelles subtilités acoustiques. Redécouvrir des sons. Parfois, une guitare électrique vient chatouiller les tissus électroniques de Wixel. Mais sans jamais les effrayer. Les mélodies mélancoliques demeurent la marque de fabrique de cette reposante entreprise. Fermez les yeux, oubliez-vous, écoutez Wixel !

 

 

 

The Victorian English Gentlemens Club

The Victorian English Gentlemens Club

Écrit par

Du rock tranchant, bien cramé, servi à point par un gars et deux filles énervés à souhait, voilà le programme mis en place par ces natifs de Cardiff. Le rock’n roll et le Pays de Galles font bon ménage. Ou, plutôt, leur rock’n roll déménage. Aujourd’hui, on ne peut d’ailleurs s’empêcher de songer aux combustions électriques des incroyables (et regrettés) McLusky. Au chant, Adam Taylor trempe ses textes dans une fièvre chaotique proche des coups de semonce assenés par les premiers ébats des Pixies.

Chez The Victorian English Gentlemens Club, personne ne se pose de questions. On fonce, tête baissée, poing levé. Derrière les élucubrations vocales de Taylor, Louise Mason (basse) et Emma Daman (batterie) s’en donnent à cœur joie. Quel bonheur de s’arracher les amygdales ! Quel plaisir de rugir au nom du rock’n roll ! Un nom de scène formidable, une musique qui déménage des quartiers entiers, The Victorian English Gentlemens Club tient son destin en main. Leur album éponyme a la rage au ventre et de la hargne à revendre. Avis aux consommateurs.

 

Daan

Les bons états Daan !

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Même s'il y a déjà quinze ans qu'il arpente la scène musicale belge (dont une sacrée période au sein de Dead Man Ray), Daan Stuyvens n'a jamais paru aussi en forme qu'aujourd'hui !  Peut être parce qu'il semble avoir trouvé bonheur et équilibre dans sa vie… Daan vient tout juste de sortir « The Player », son quatrième opus en solo. Un disque, en effet, pétant de forme, très mélodique, diversifié et inspiré. Le registre électro-pop-rock-dance n'a pas changé mais il semble encore mieux exploré.

C'est vrai que je me sens bien. Je rencontre moins de soucis qu'avant et ma vie privée m'intéresse de plus en plus. C'est sans doute la raison pour laquelle il y a vraiment beaucoup d'énergie et de joie de vivre dans le nouvel album…

« The Player » est un album très accrocheur. As-tu voulu élargir davantage ton audience, après le succès de « Victory » ?

Avant, j'avais un peu une réputation de 'marginal', aux yeux du public. « Victory » a fait évoluer les appréciations dans la mesure où il a beaucoup mieux marché que mes autres albums et cette situation m'a forcément ouvert des portes et octroyé un statut plus relevé. On écoute donc peut être plus facilement mes disques. Ce que j'ai cherché à faire ici : créer un lien entre ma vie personnelle et la musique. Depuis que j'habite Bruxelles, je rencontre plein de monde, je vis plus de moments parfois inattendus. Tout cela m'a beaucoup inspiré et quand j'avais une idée, je la chantais sur la boîte à messages de mon GSM. Ce disque c'est donc un peu le contenu de ma boîte, si tu veux.

L'album file un peu dans tous les sens. C'était voulu ?

J'ai toujours travaillé très vite. Je pars dans un trip et il en sort des idées. Après, j'opère un certain tri, mais forcément il y a des tas de couches différentes qui restent. C'est très bien, c'est justement ce dont j'ai besoin. Je ne me flanque pas automatiquement derrière un instrument pour écrire une chanson ; je laisse libre cours à mon inspiration. J'ai besoin de ces conditions un peu chaotiques.

Le disque est aussi ton plus fort sur le plan simplement mélodique. Y as-tu apporté une attention particulière ?

Une approche assez binaire, en somme : laissons les belles choses être belles. J'ai simplifié mon jeu mais sans méthode scientifique, juste à l'esprit !

Ton clip tourné à Berlin ?

Juste une idée un peu folle. Ce sont souvent les meilleures !

Sur « The Player », tu chantes aussi en français (« Le Vaurien ») et en allemand (« Adrenaline »)!

Oui, c'est un peu inattendu aussi. Mais je trouve que le résultat sonne bien. Alors pourquoi pas ? Mes proches ont été un peu surpris. Le ton général de l'album pas du tout, par contre. D'ailleurs, il y recèle beaucoup de références qu'ils ont comprises tout de suite !

Le Daan 2006 a-t-il des idées expansionnistes ? Genre faire le forcing pour marquer le coup à l'étranger ?

Comme tout le monde, je ne dirais pas non. On partira d'ailleurs donner quelques concerts à droite et à gauche en février/mars prochains. Mais bon, chaque chose en son temps. J'ai vraiment envie de profiter de ce que je vis. Plus que jamais !

Ton approche des concerts évolue ?

Elle se complète, je dirais. Je peux désormais aborder plusieurs formules. En festival, je joue les morceaux les plus dansants ; en salle, je peux introduire plus de nuances et je donne des 'concerts piano' pour m'amuser aussi avec le reste. Chaque pièce a sa place dans le puzzle ! 

 

 

 

 

Nerina Pallot

Le feu sacré

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On est forcément suspect quand on est branché 'pop rock' et qu'on cartonne en radio et dans les charts ? Sans doute, oui. Et pourtant, il existe parfois de vraies qualités derrière les frais minois jetés en pâture sur MTV. Tiens, prenez Nerina Pallot, dont le « Everybody's Gone To War » a fait un carton magistral il y a peu : il semble évident que la fille a autre chose en tête que la prochaine plage sur laquelle elle ira se vautrer en compagnie de son nouveau boy-friend, après avoir pris le soin de faire passer le message aux paparazzis du coin… De père franco-anglais et de mère indienne, la (très) jolie Nerina manie même l'humour avec beaucoup d'à propos, comme pour le clip de son hit planétaire, vraiment bien taillé ! Cela ne marche pas toujours, notez…

J'ai sorti un premier CD, « Dear Frustrated Superstar », en 2001. Mais aujourd'hui, quand je repense au titre de cet album, j'ai honte ! J'ai voulu faire de l'humour mais je crois que personne n'a compris, à part moi !

Tu as donc pris un départ un peu loupé et les choses se sont compliquées…

Je me suis plantée sur différents points pour ce disque. Ce qui m'a permis d'acquérir une certaine expérience de manière à ne plus reproduire les mêmes travers par la suite, mais bon... Au niveau business, les événements ne se sont pas trop bien déroulés non plus puisque ma firme de disques de l'époque (Polydor) et moi avons rompu le contrat signé. Je suis donc repartie à zéro, ou presque, et j'ai donc repris des études, tout en continuant à écrire des chansons.

Pour un second album qui est sorti quatre ans après. C'est long…

Peut être, oui, mais j'avais envie de faire quelque chose de franchement bien. « Fires » est sorti sur mon propre label et on ne disposait que d'un budget modeste octroyé par la société d'édition qui a toujours travaillé avec moi (NDR : Nerina a même du hypothéquer sa maison pour payer une partie des frais). On a fait le tour des potes pour enregistrer l'album. Il est sorti, initialement, début 2005. Trois singles en ont été extraits et ils ont, au moins, attiré l'attention. Mais quand il est re-sorti l'album, début de cette année, le label 14Th Floor Records (qui est aussi celui de Damien Rice) a décidé de le remasteriser et de changer quelques arrangements.

Formule gagnante puisque l'album a cartonné !

Oui. « Everybody's Gone To War » a été relancé par le clip, et l'opération a marché. Les télés et les radios ont accroché et, à partir de là, tout s'est précipité (NDR : le single a été Top 14 en Angleterre et l'album est devenu disque d'or).

« Fires » affiche de belles qualités mélodiques. Tu voulais vraiment les mettre en évidence ?

Pour moi, il n'y a pas de bonne chanson, même bardée de guitares, sans une bonne mélodie à la base. Je suis, effectivement, très pointilleuse à ce propos.

« Fires » a été produit par des gens qui ont bossé avec Prince, Tori Amos ou les Smashing Pumpkins. Est-ce pour favoriser la diversité ?

J'estime important de bosser en compagnie de gens qui ont du métier et qui savent te faire progresser tout en prenant le soin de ne rien dénaturer. C'est ce qui s'est produit. Lorsque les événements de déroulent de cette manière, c'est forcément profitable.

Apparemment, tu joues de différents instruments depuis un bout de temps ?

J'ai suivi des cours de violon et de piano quand j'étais gosse. Je me suis achetée une guitare quand à l'âge de onze ans. Lorsque j'ai vraiment commencé à pouvoir en jouer, j'écoutais Bon Jovi et j'admirais ce qu'il faisait alors. Il a enregistré des trucs incroyables ! « Livin' On A Prayer », j'adore ! 

Ton sujet de prédilection pour les textes ?

Il n'y en a pas un qui soit inévitable mais je suis très concernée par les relations entre les êtres humains. Elles m'interpellent !

 

 

 

Grizzly Bear

Reprendre du poil de la bête

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Entre folk et pop, chorales et orchestrations symphoniques, l'ombre de ce gros nounours new-yorkais se dévoile. En provenance du district de Brooklyn, il y a quelques mois que les quatre musiciens de Grizzly Bear traversent le monde pour propager leur bonne nouvelle. Aussi, le samedi 11 novembre, l'équipée fait-elle étape à Bruxelles. Ce soir-là, comme toujours, le concert  du quatuor est magnifique. Encore une fois, on frôle le rêve éveillé. Mais dès le lendemain, le désenchantement supplante l'émerveillement. En cause, la réception d'un communiqué officiel du label hébergeant le groupe : 'Les Américains de Grizzly Bear ont été contraints d'annuler le restant de la tournée européenne. En effet, dans la nuit de samedi à dimanche des malfaiteurs ont dérobé l'entièreté de leur matériel entreposé dans leur véhicule, garé à quelques pas de leur hôtel bruxellois.' Dans ces conditions, il y a fort à parier qu'ils se souviendront longtemps de leur passage en Belgique. Pas pour de bonnes raisons, certes. Mais ils s'en souviendront. Aujourd'hui, Grizzly Bear doit retrouver des instruments et repartir de l'avant... Récit d'une rencontre antérieure à cette étrange péripétie.

Le grand public connaît encore mal Grizzly Bear. Pouvez-vous nous retracer votre histoire, vos premiers ébats musicaux ?

Trois ans auparavant, seul dans sa chambre, Edward a réalisé quelques enregistrements sur le logiciel Pro Tools. A l'origine, il se faisait plaisir, ne défendant aucune ambition mercantile. Ses chansons étaient pour lui, tout simplement. Une petite structure indépendante a finalement décidé du publier son travail. C'est à partir de ce moment que l'idée de former un groupe a commencé à germer dans son esprit. Nous sommes donc arrivés à ses côtés pour défendre ce premier album artisanal  (« Horn of Plenty ») sur scène. Mais, en concert, la texture sonore des chansons était fort différente. Nos représentations scéniques ont largement contribué à l'évolution du projet. Cette première tournée a donc engendré les bases d'une nouvelle direction artistique pour le groupe. A partir de là, chacun a contribué aux avancées du projet. Après avoir défendu ce premier album, nous avons entrepris l'enregistrement de « Yellow House » en commençant à travailler sur nos divers apports. En écoutant les deux albums, on peut aisément percevoir les deux facettes de la formation : le Grizzly Bear solo et le groupe Grizzly Bear.     

Sur scène, jouez-vous encore les morceaux de « Horn of Plenty », votre premier cd ?

Nous jouons toujours ces chansons sur scène. Mais, musicalement, on s'éloigne considérablement des versions proposées par ce premier album. A la base, ce disque était le projet personnel d’Edward. Finalement, c'est devenu sa principale obsession. Personne ne l'a vraiment poussé à former un groupe. Mais la volonté de donner vie à sa musique était très forte. Désormais, chez Grizzly Bear, chacun apporte son savoir-faire. Toutes les chansons d'Edward traitent de sujets intimes. Mais étrangement, ses textes nous parlent également. Chaque membre du groupe ressent ainsi une implication personnelle au niveau du message véhiculé par une chanson. 

Sur ce deuxième album, Grizzly Bear s'est mué en une belle chorale expérimentale. D'où vous vient cette sensibilité ?

Quand Edward a commencé à travailler sur les bases du premier album, il expérimentait énormément. A la base, il est surtout un chanteur ou un vocaliste, c'est sans doute le terme le plus approprié... Il a grandi dans une famille au sein de laquelle la musique tenait une place essentielle. Pourtant, il n'a jamais vraiment étudié la musique. Mais il baignait dans un univers musical permanent. Alors voilà, on retrouve peut-être dans nos structures des couches sonores entendues chez les Beach Boys ou Van Dyke Parks. Nous avons toujours été fascinés par ce genre d'orchestration. Nous aimons enjoliver la pop. Grâce à la technique du 'multi-tracking', Grizzly Bear prend des allures d'orchestre. On cherche à accumuler les couches sonores : six ou sept parties de guitare, trois parties au piano, trois parties à la batterie, etc.

Chaque écoute de votre dernier album permet de déceler de nouvelles subtilités, des détails harmoniques passés inaperçus quelques minutes auparavant ? Est-ce la conséquence d'une approche musicale maniaque et méticuleuse ? 

Lors de la production de « Yellow House », nous avons accordé une importance démesurée à des questions de détail. Nous étions vraiment impliqués dans l'objet de notre création. Certaines personnes nous ont pris pour des fous, des détraqués. Nous étions réellement obsédés par le moindre détail touchant aux structures de nos chansons. Ce qui explique en grande partie le sentiment ressenti à l'écoute du disque. Cette recherche sur le son constitue certainement une des clefs de ce nouvel album.

Comment décririez-vous votre style musical ? Certains journalistes vous collent une étiquette de formation folk. Quelle est votre vision des choses ?

Pour définir notre musique, le terme 'pop orchestrale' peut convenir. Nous avons une assise tournée vers le jazz. D'ailleurs, notre batteur, Christopher Bear (NDR : aucun lien avec le Grizzly !), est un musicien talentueux dans le domaine du 'free jazz'. La musique de Gil Evans nous impressionne également. Dans ses compositions, les arrangements sont naturels. C'est une musique précise, complexe mais cela n'entache en rien son accessibilité, son côté humain. D'autres éléments viennent aussi enrichir le spectre musical de Grizzly Bear. Parlons donc de 'pop orchestrale' !

Vous êtes originaires de New York, de Brooklyn précisément. C'est une métropole cosmopolite, extrêmement vivante, toujours en mouvement. Pensez-vous que cette atmosphère particulière a des répercussions sur votre musique ?

Sans doute, oui... En même temps, c'est une influence abstraite, quelque chose de difficile à cerner. A New York, les habitants sont quotidiennement exposés à la culture, à la musique. A chaque instant, il y a une ouverture sur l'art, sur le monde, des choses à apprendre. A force de tourner à travers le monde, on commence à apprécier cette facette de New York. Cette multiculturalité est très rare, très difficile à trouver dans d'autres villes. 

Cependant, vous avez décidé d'enregistrer votre album en dehors de New York...

Le disque a été enregistré à Boston, dans la maison de la mère d'Edward. En fait, cette maison, c'est la 'Yellow House' de son enfance. Dans le livret qui accompagne le disque, on trouve des photos d'une vieille bicoque. Il s'agit d'une représentation. Ce n'est pas la maison en question. La 'Yellow House' était beaucoup plus belle ! Nous sommes restés là-bas pendant un mois. Notre budget était trop limité pour passer autant de temps en studio... Pour revenir sur la potentialité d'influences externes sur notre musique, il est certain que cette maison a généré une atmosphère particulière, jouant incontestablement sur les ambiances sonores du nouvel album.

 

Pet

Rewind the sofa lady

Écrit par

Né à Berlin, ce quatuor a été fondé par un certain André Abshagen, un Berlinois qui a chopé le virus de la musique dès l’âge de 8 ans. Il a même fondé son premier groupe 6 ans plus tard, et fabrique ses propres instruments, dont les synthés. Sa partenaire, Miss Mono a bossé comme journaliste à la TV, avant de tout laisser tomber pour se lancer dans l’aventure musicale. Ensemble, ils ont alors commencé à composer des B.O. de films d’horreur. L’autre moitié de groupe s’est établie à Milan. Elle réunit Dodo NKishi, drummer chez Mouse On Mars, et Stefania Vacca (basse), une Sarde qui jusqu’alors avait trempé au sein de divers projets politico-artistiques. Tout ce petit monde avait déjà commis un premier opus en 2004, « Player one ready ». « Rewind the Sofa Lady » constitue donc tout naturellement le second elpee. Un disque découpé en onze plages qui hésitent constamment entre expérimentation et ‘mainstream’. Glam, pop, rock, electro, funk, psychédélisme, disco et ambient alimentent cette solution sonore qui puise ses influences tour à tour chez Roxy Music, The Sweet, TRex, E.L.O., Dandy Warhols, Lenny Kravitz, Gerry Rafferty, Air, Ladytron, Death In Vegas, Cornelius, Zoot Woman et même The Go ! Team, en compagnie duquel Pet partage le même ingénieur du son (Gareth Parton). Si « Whip my blue chip » est déjà paru sous la forme d’un single, « Out of the blue » constitue manifestement le titre le plus contagieux : autrement dit celui que vous siffleriez le plus spontanément sous la douche. Pour le reste, les compos sont plutôt sympa, bien équilibrées, parfois dansantes ; et même s’il n’y a pas de quoi crier au génie, elles passent toues facilement dans le lecteur Cd de votre autoradio.

 

Oxford Collapse

Remember the Night Parties

Écrit par

Chaque mois, la Grosse Pomme dévoile ses nouvelles sensations : quelques poignées de groupes faussement hypes et une meute de formations réellement captivantes. Face à cette agitation mensuelle, il convient de choisir son camp. A Brooklyn, les guitares d’Oxford Collapse commencent à se faire entendre. Une signature sur l’honorable label Sub Pop, un troisième album convaincant et quelques refrains mordants suffisent aux New-yorkais pour sortir de la mêlée. Balancés sans concession, les riffs du trio se rappellent aux bons souvenirs des premiers R.E.M. Sur « Remember the Night Parties », les mélodies se superposent, couche par couche, énergiquement. Et, tout naturellement, Oxford Collapse nous convie à chanter (l’excellent « Please Visit Your National Parks »), à pogoter (« Loser City »), à gigoter bêtement sur un air de flûte fumeux (« Molasses » renvoie l’auditeur aux jolis bordels lo-fi antérieurement orchestrés par The Unicorns), à se joindre aux chœurs d’une improbable chorale (« Kenny Can’t Afford It »). Certes, la voix brinquebalante de Michael Pace peut énerver. Mais elle plaira aux admirateurs de Wolf Parade et autres Pavement.

 

Moistboyz

Moistboyz IV

Écrit par

Figure non négligeable collaborant dans la cour des grands (Queens of The Stone Age, Rob Vaughn ainsi que pour les B.O de X-Files, Road Trip etc.), Mickey Melchiondo - aussi connu sous le pseudonyme de Dean Ween - forme depuis 1984, en compagnie d’Aaron Freeman aka Sean Ween, le duo réputé de la scène alternative : Ween. S’éloignant des sonorités indie de cette première formation, Melchiondo s’exclame dans un heavy métal bien lourd en binôme avec Guy Heller (guitare / basse) pour en devenir les Moistboyz en 1992. Ce projet parallèle pourrait s’inscrire dans la rubrique des inclassables tants le fond comme la forme dérange. Responsables de textes crus politiquement incorrects, ces compères de l’anti militent ouvertement contre le gouvernement Bush, le public américain, l’industrie musicale et prônent le retour du rock n’ roll, le vrai, le sale, le puant. S’érigeant en caricatures d’un discours dénonciateur dans lequel l’alcool, les flingues et la sueur sont leurs armes, Mickey Moist et Dickie Moist s’aventurent dans une pseudo parodie tout au long de leur quatrième album : « Moistboyz IV ». Enregistré en 6 mois de temps au cours de l’année 2005, ce disque a été mixé par Howie Weinberg, connu pour ses collaborations auprès des très respectés Smashing Pumpkins, Nirvana, Sonic Youth et Ween ; mais également Sepultura et Pantera… Signés sur le plus gros label indépendant Sanctuary Records, les frères Moist n’inventent rien musicalement parlant, gerbant leurs riffs aux allures de Black Sabbath, Mötörhead et Iron Maiden. Leurs attitudes et principes, considérés comme homophobes ou racistes, en font la marque de fabrique Moistboyz. Responsable de titres ouvertement anti-Bush comme « I don’t give a fuck where the eagles flies », « Uncle Sam and Me », « Captain America » ou véhiculant une idéologie purement machiste (« Fuck You », « Everybody’s Fucked Her »), le combo flingue dans le rock dur. Un univers parcouru de textes à la pointe de la vulgarité, au sein duquel les soli - accentués par une rythmique lourde et une basse vrombissante - sont saturés de guitares métal. En bref, un album foncièrement testostéroné qui se rangerait parfaitement dans le kit gueule de bois entre les packs de bières, les mégots de clope et les vidéos porno. Et pour maintenir la forme, le DVD sorti en 2006 « Live Jihad ». Que du bourrin...

 

 

 

Jet

Shine On

Écrit par

Aaah, ce difficile exercice du second album… Certains groupes devraient vraiment s’abstenir. Après la salve de critiques dithyrambiques adressées à « Get Born », les Australiens de Jet ont sans doute imaginé remettre le couvert en nous pondant à nouveau le même canevas wok’n’wol. Le côté tranchant en moins. Pas de tube de la trempe de « Are You Gonna Be My Girl ? » ou « Cold Hard Bitch ». On ne s’en plaindra pas vu la surexploitation de ces morceaux. Mais, pris dans leur ensemble, « Shine On » et sa série de ritournelles tantôt sympathiques (« Rip It Up », « Eleanor », « Come On Come On »), tantôt casse-couilles (« Stand Up », « That’s All Lies », « Shiny Magazine ») ont, à la longue, une fâcheuse tendance à exaspérer. Bref, le genre de disque qui nous fait hurler ‘Ta gueule !’ avant de se rendre compte que l'on s'adresse à la chaîne hi-fi. S’habiller comme un Beatle et hurler à la AC/DC dans le micro, il en faut bien plus pour convaincre…

 

 

 

Home Video

No Certain Night Or Morning

Écrit par

Deux musiciens sinon rien ! David Gross et Collin Ruffino sont à l’affiche de cette soirée Home Video. D’emblée, le duo new-yorkais nous en met plein la vue. Comme au cinéma. Sauf que, cette fois, c’est à la maison que ça se passe. Les nouveaux meilleurs amis de ce brave Tim Goldsworthy, gourou dansant et membre fondateur de la secte DFA, agissent sur nos neurones tels des praticiens du beat malin. En provenance de Brooklyn, ces nouvelles pulsions électroniques s’accommodent aux goûts de tous, clubbers ou rockers. Les confessions inquiétantes du duo se couchent ici sur un lit de beats névrotiques. L’auditeur demeure sur les nerfs, comme dans un thriller. Bouche bée, les oreilles pointées vers les amplis, il se délecte des vibrations diffusées par Home Video.

Notre paire electro-pop flotte sagement au croisement des galaxies Depeche Mode, Boards of Canada, Radiohead et Junior Boys. Des titres comme « That You Might » ou « Gas Tank » ressemblent, à s’y méprendre, à une dérive électronique d’un Thom Yorke sous antidépresseurs. Sérieuse montée d’adrénaline, « Confession of a Time Traveler » a toutes les chances de remporter le titre du ‘tube officiel de l’hiver’. Et bientôt, la clique DFA se penchera plus sérieusement sur « Penguin » pour en proposer un remix nucléaire. D’ici là, on court à travers la maison, droit dans le salon : le Home Video, c’est si bon…

 

 

Greetings From Tuskan

Lullabies For The Warriors

Écrit par

Joëlle Phuong Monh Lê, jeune vidéaste et productrice, se lance dans la création sonore. Son premier opus - fruit d’une ‘electronica’ très organique - est en tout cas révélateur d’une précision à couper le souffle. Cette Bruxelloise n’hésite pas à mettre des gants pour une expérimentation des plus troublantes, posant sa voix sur quelques titres, donnant un souffle de vie à une musique trop souvent qualifiée d’aseptisée. Les battements du cœur ou de fines pulsations comme beats, des sons synthétiques qui se matérialisent dans une contemplation séraphique, nappes aériennes et cristallines nous enveloppent dans une placidité tranquille. Le micro label berlinois d’electronica Iwari Records se distingue par cette nouvelle signature, un concentré de sérotonine dont le langage intemporel prend toute sa dimension dans des atmosphères éthérées. A travers 12 berceuses chargées d’émotions, « Lullabies For The Warriors » nous plonge dans une hypnose réparatrice. Loin de tout formalisme, modulant l’image et le son dans une délicatesse commune, Monh Lê s’associe pour l’occasion avec la photographe et vidéaste Ewo du collectif belge Plexiphonic, collaboratrice pour les labels Ninja Tunes, Shitkatapult, Rephlex ou encore Warp. Regard neuf sur une vision du monde belle et enfantine, aux couleurs des Boards of Canada, atmosphères évocatrices de Brian Eno et acuité affective à la Tujiko Noriko, Joëlle Phuong Monh Lê resplendit l’écoute, attendrit le regard et réalise une sublime rêverie sonore à déguster d’urgence.

 

Gong Gong

Laughing With The Moon

Écrit par

Un vent de fraîcheur souffle sur les musiques électroniques à la française. En sont les fiers responsables, Jean-Christophe Baudouin et Thomas Baudriller, musiciens-bidouilleurs acharnés et inventifs s’il en est. Gong Gong, nouvelle signature chez F Com, dépoussière intelligemment ce qu’il reste de la french touch et délivre un joyeux bordel électronique des mieux organisés. « Laughing With The Moon » témoigne en 9 morceaux son amour évident pour les musiques du monde (« Tzig », « Out », « Radiola ») et pour le sample bien placé. Quelque part aux limites du trip hop et de l’ambiant, Gong Gong déploie une inventivité qui n’est pas sans rappeler certains travaux de Tortoise (« Atone », « De l’air ») voire d’Aphex Twin. Là où certains auraient pu régurgiter une série de collages informes, le duo français pique là où il faut, quand il le faut. « Laughing With The Moon » est bien le genre de disque que l’on peut écouter une bonne dizaine de fois à la suite, sans se faire chier une seule seconde.

 

Electric

Coma

Écrit par

Je me suis plongée dans l’écoute de ce disque sans trop de conviction. Tout d’abord à cause du patronyme du groupe : trop simple, trop banal. Ensuite parce que les paroles sont exprimées en français. Et cette langue peut s'avérer rédhibitoire. Cependant, après le premier morceau (l’électro-pop « Superbusiness »), je me suis laissée entraîner dans cet univers sombre imaginé par Electric. Un quintet fondé en 2001 qui réunit les membres fondateurs Isa et Sylvain (respectivement chanteur et guitariste), Thomas (guitare), Fred (basse) et Philippe (batterie). Une formation parisienne qui a pris son temps avant d'enregistrer ce premier album, distribué par Musicast en France et Bang ! en Belgique ! Malheureusement, après être tombé sous le charme de la plage d’ouverture, le soufflé est rapidement retombé. Adapté d'un poème de Marion Donnelly, le titre maître passe complètement à travers. A cause du rythme qui ne suit pas, tout d’abord. Et puis de la chanteuse qui finit par agacer à force de crier. En outre, on ne peut pas dire que les lyrics soient toujours judicieux. Ils se révèlent même parfois totalement incompréhensibles, voire obscurs ou encore absurdes (« Frigo »). Pourtant, cette voix est capable, paradoxalement, de prendre de l'ampleur lorsqu'elle est murmurée. Et « Chamane » en est la parfaite illustration. A cet instant, l’équilibre entre les instruments - et en particulier les guitares - poussés à leur paroxysme et la voix sensuelle, susurrée, d'Isa semble retrouvé. Un des meilleurs titres de l’opus. D’ailleurs, cet elpee recèle de véritables perles. A l’instar de « Paresse » (dont les paroles sont, elles, bien senties) ainsi que « Plaisir ». Cette véritable bouffée d’air frais contraste avec les passages laborieux pour ne pas dire fatigants qui grèvent le début de l’œuvre. Tout au long de ce fragment énergique, Isa chante des phrases courtes entrecoupées d'un refrain primal et efficace.

Pas toujours convaincant, « Coma », se termine beaucoup mieux qu’il n’a commencé. Le groupe manifeste pourtant beaucoup de bonne volonté et même parfois d’originalité. Mais il est vrai qu’on a parfois du mal à séparer le grain de l’ivraie, tant les différents morceaux soufflent le chaud et le froid.

 

Alton Ellis

I´m still in love with you (featuring Hortense Ellis)

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Dans la grande famille des crooners jamaïcains, on oublie trop souvent l’élégant Alton Ellis, auteur de l’immortel « I’m Still in Love With You », récemment remis au goût du jour par Sean Paul. Heartbeat, le seul label (avec Soul Jazz) à exploiter de façon légale le catalogue Studio One, nous propose à nouveau cette copieuse compilation des meilleurs titres enregistrés par Alton et sa sœur Hortense pour le compte du meilleur label de l’histoire de la musique jamaïcaine. Immortalisés en pleine période ‘rocksteady’ (un élégant mélange de soul et de reggae), les titres compilés ici recèlent pas mal de reprises de classiques de la soul américaine. Mais également des titres originaux qui ont fort peu à envier à leurs illustres modèles. Les deux voix sont magnifiques. Le son du groupe de Studio One est inimitable. La richesse mélodique et musicale incomparable. Sans oublier le rôle impérial du claviériste Jackie Mittoo. Un disque idéal pour rappeler une fois de plus que le reggae ne se résume pas aux rastas enfumés qui déblatèrent sans fin sur la mise à feu de Babylone. Comme dirait 10cc dans « Dreadlock Holidays » : « I don’t like reggae, I love it ! ».

 

Victor Davies

Hear the Sound

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Adepte d’une discrétion peu commune à notre époque, ce jeune chanteur anglais n’a pas encore dépassé le cercle des connaisseurs de la scène ‘soul’ actuelle. « Hear the sound » constitue pourtant son quatrième disque. Il paraît chez Afro Gigolo, structure que notre homme a créée pour se sortir des contraintes imposées par les gros labels. Dommage qu’on ne parle pas davantage de ce disque, car la musique proposée ici est de qualité supérieure. Un mélange subtil de soul et de funk dominé par les guitares et posé sur un tapis de percus. On pense à Terry Callier et Bill Withers pour la douceur des atmosphères, à Stevie Wonder pour certains refrains et on le comparera à la chanteuse Des’rée voire à Curtis Mayfield pour les affinités vocales. Si Bebel Gilberto s’invite sur la bossa pop de « Comigo », le reste est emmené par Victor Davies responsable d’une flopée de bonnes mélodies aux parfums tubesques : « Gold and Diamonds », « Day By Day », « Til You Come Home », « One More Time ». A découvrir.

 

Dd le malfrat

Chansons hétérogènes

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Conduite par le chanteur/compositeur André Drouet, cette formation française pratique un curieux mélange de variété française aux couleurs vieillies des années 80, de musique slave, de jazz, de dub et de flamenco. Le tout alimenté par des paroles absconses qui évoquent les pires moments d’Alain Bashung. Un univers au sein duquel on a bien du mal à pénétrer, même s’il n’est pas dénué de qualités musicales. Et je pense tout particulièrement à la version disco jazz de « Je pars ». Le manque manifeste de moyens est probablement le principal responsable de la froideur de l’atmosphère sonore. Elle n’invite pas vraiment à l’écoute, alors que la majorité des instruments acoustiques nécessitaient un traitement sonore plus chaleureux. Un disque guère séduisant donc ; la pochette peu engageante risquant même d’éloigner les mélomanes curieux.

 

Pascale Delagnes

Ma petite robe rouge

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Pascale Delagnes est une auteur-compositeur-interprète belge qui s’est illustrée en 2004. Elle a en effet remporté deux récompenses durant cette année. Lors de la finale de la biennale de la chanson française à Bruxelles, tout d´abord. Et ensuite à l’occasion du Festival International de la Chanson de Granby, au Québec, en tant que lauréate interprète.

Elle nous livre aujourd´hui « Ma petite robe rouge », premier album composé de quatorze titres. Même si l´ambiance ‘guinguette’ domine - logique lorsqu´on sait que l´accordéon est l´instrument de prédilection de l´artiste - cet opus se veut éclectique. Le piano et la guitare électrique ont également leur mot à dire. Et des morceaux comme « Ton silence » et « Mon petit destin » en sont la plus belle illustration. Les mélodies prennent tour à tour des accents jazzy (« Je veux »), orientaux (« Maleka ») africains (« Chanson pour Fidèle ») ou encore espagnols (« Soledad del desertio »). Quant aux sonorités elles évoquent de temps à autre la pétillante Olivia Ruiz. Les textes sont tout aussi variés. Ils nous emmènent à la rencontre de personnages (« Maleka », « Java du parc de Josephat ») ou nous font part des états d´âme de l´artiste tantôt amoureuse, tantôt nostalgique (« Seule », « Skwingo », « Mon petit destin »).

« Ma petite robe rouge » est donc une œuvre ‘à rebondissements’, hors du commun et dynamique, bien qu’un peu trop longue. Il faut dire que Pascale Delagnes dispose de plusieurs cordes artistiques à son arc. Outre ses talents musicaux, cette comédienne de formation participe à divers projets théâtraux. Ce qui laisse présager une jolie mise en scène de « Ma petite robe rouge » dont l´auteur déclare qu´‘elle s’adapte tant à la salle, dans une ambiance plus intime, qu´en plein air voire à la rue, au sein d’une ambiance plus festive’.

 

Various Artists

My Definition / Nightmares On Wax

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Dans la grande famille des compilations où des artistes reconnus choisissent les morceaux qui les ont marqués, nous vous annonçons la naissance de la série « My Definition ». C’est à Nightmares On Wax que revient le privilège d’ouvrir le bal. Pour ceux qui l’ignorent encore, « Nightmares On Wax » est un projet électro imaginé par George Evelyn, un personnage souvent crédité pour avoir contribué à créer le style hip hop atmosphérique et enfumé que l’on a baptisé ‘trip hop’, au début des années 90. L’homme nous gratifie d’une agréable sélection qui lorgne énormément vers un hip hop (américain, anglais et même polonais) cool et décontracté ; mais la soul, le funk ne sont pas non plus en reste. Si le but de ce genre de compilation est de nous surprendre agréablement en découvrant des titres peu connus, il faut reconnaître que l’objectif est largement atteint. Les amateurs de sons funky et cool devraient donc trouver ici leur compte ; ce disque constituant un support idéal pour pavaner en voiture toutes vitres baissées, le son à fond, au milieu des gaz d’échappements et du froid.

 

 

Beirut

Gulag Orkestar + Lon Gisland Ep

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Fraîchement signé chez 4AD, Beirut et son nouveau label célèbrent cette collaboration par la réédition de son splendide chef d’œuvre « Gulag Orkestar » (NDR : voir chronique correspondante), enrichi de « Lon Gisland », un EP forgé à l’aide des mêmes ingrédients ensorcelants. 5 plage (NDR : 4 dans la version promo que nous avons reçue) qui ne font que confirmer l’incroyable talent de Zach Condon. De ces nouveaux titres, on retiendra surtout « My Family’s Role in the World Revolution », courte plage instrumentale étonnamment allègre et dansante. On l’a déjà dit et on ne se gênera pas pour le répéter : tant « Gulag Orkestar » que maintenant « Lon Gisland EP » constituent quelques unes des plus belles œuvres de l’année. On l’attend sur scène de pied ferme.

 

Blackstrap

Steal my horses and run

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Blackstrap est une formation suédoise réunissant une fille et trois garçons. Malgré les bonnes critiques, les ventes de leur premier album (« Ghost Children ») sont demeurées confidentielles. Faut dire que le groupe est quasi-inconnu hors de son pays d'origine. « Steal My Horses And Run » constitue donc le deuxième album de ce groupe réunissant Maria (chant, synthé, guitare), Jonatan (chant et guitare), David (batterie et percussions) et Henrick (basse).

Jonatan définit cette œuvre comme ‘du rock simple qui libère une grande énergie’ ; mais aussi ‘ un mélange de cris primaux et de belles sonorités’. Paru début 2006, cet opus nous entraîne bien loin de la Scandinavie. Il nous propulse même de l'autre côté de l'Atlantique. Il y a un côté psyché américain très prégnant tout au long de ce disque. Et des influences qui oscillent de The Jesus & Mary Chains à Spiritualized en passant par le Brian Jonestown Massacre. Un morceau comme « To Be Gone » aurait aussi bien pu être écrit par Newcombe en personne. Les sonorités atmosphériques sont cependant fluidifiées par la voix de Maria. A l’instar de « Still Soar ». Cette plaque ne se limite pourtant pas aux ‘belles sonorités’, certaines plages dispensant une intensité digne de BRMC. D'ailleurs, la ressemblance entre la voix de Jonatan et celle de Peter Hayes est frappante. Et je pense tout particulièrement à « By Down Low » et « The Bitter, The Sweet ». Blackstrap est vraiment un bon groupe. Et j’imagine que sur scène sa puissance doit être décuplée. Sans pour autant négliger de cultiver une sérénité à laquelle il semble viscéralement attaché. Car Blackstrap évite soigneusement de surcharger son expression sonore. Il cherche tout simplement l’équilibre le plus parfait possible entre rock purement électrique et feeling intimiste

 

 

Bless

Bless

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L’étymologie est parfois trompeuse. Blottie derrière Bless, Bénédicte rend hommage aux racines latines de son prénom. ‘Bénie de Dieu’ Bless ? Peut-être. En attendant, Béné s’est plantée. Car en se penchant sur son prénom, on constate que Bénédicte découle de la contraction de deux mots latins : ‘bene’ (‘bien’) et ‘dicere’ (‘dire’). Bless n’est donc pas bénie de Dieu. Mais nous ‘dirons’ ici tout le ‘bien’ qu’on pense de son premier album. De ce souffle de voix inspiré, la jeune femme rejoint une mouvance allant de Françoise Hardy à Keren Ann. En français ou en anglais, ses textes trahissent quelques désirs sexuels (« Ce plaisir (ne m’est pas donné) », « Monsieur X »), recherchent le réconfort (« Fais un vœu », « La raison pure ») et témoignent d’une écriture soignée, sophistiquée.

Sur cet album éponyme, Bless s’essaie à toutes les besognes. Son timbre, doux et fragile, s’expose ainsi aux émotions les plus diverses. D’une ritournelle mélancolique (« Anyway »), Bless se lâche, se donne corps et âme et s’abandonne dans un rock sulfureux (« Dusty Dirty Duty »). Sagesse apparente ou démence invisible, vrais mensonges et demi vérité, Bless se défile et défie les genres. A l’écoute de ce disque, on songe à la force tranquille d’Holden, à la désinvolture affranchie de Coralie Clément. On demeure ‘sans voix’ et c’est agréable. Un peu comme Bless finalement...