L’aurore de Lathe of Heaven…

Issu de Brooklyn, Lathe of Heaven sortira son nouvel elpee « Aurora », le 29 août. Né d’un processus d'improvisation, cet opus est propulsif, captivant et structuré, abordant des thèmes lourds et incorporant des influences littéraires. En attendant, la…

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Le jeu d’échecs de Vera Daisies

Margaux Jaudinaud, illustratrice multi-casquettes et binôme du groupe Ottis Cœur, se lance en solo sous le nom de Vera Daisies. Après avoir ouvert pour The Libertines, Tess Parks ou encore le band londonien Sorry, elle dévoile un premier titre incisif, "Chess…

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Albert Hammond Jr

Yours To Keep

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Depuis le présumé ‘retour du rock’ et la phénoménale ascension des Strokes, on connaît les noms de chaque musicien du groupe new-yorkais, leurs habitudes, leurs couleurs préférées, leurs attirances sexuelles, etc. Ce sont nos meilleurs copains imaginaires. On a l’impression de les comprendre, d’entrevoir leurs envies, leurs ennuis. Mais aujourd’hui, cette vision de fan stroksien monomaniaque est compromise. En cause, l’arrivée de « Yours To Keep », premier album solo d’Albert Hammond Jr. Ce disque vient détruire nos certitudes à grandes pelletées de riffs futés. Les cheveux ébouriffés, la clope au bec, le froc trop court, le poil trop long, Albert Hammond chante. Il chante ! Oui... Et plutôt bien d’ailleurs. Sous son bras, l’indestructible Fender Stratocaster fait encore un malheur.

Pour son propre compte, Hammond signe dix chansons taillées dans le rock. Sans sonner comme de vulgaires photocopies des échappées soniques de ses célèbres coéquipiers, les compositions d’Albert Hammond tendent, au contraire, à démonter l’impact de ses trouvailles chez les Strokes. Pour finaliser « Yours To Keep », il s’est entouré de la basse de Josh Lattanzi et de la batterie de Matt Romano. Dans le contingent des participants de l’ombre, on reconnaît les figures de Julian Casablancas, l’incontournable chanteur des Strokes, de Ben Kweller ou encore, de Sean Lennon (oui, le fils de). Ce premier effort solo dissimule donc de belles ingéniosités : le sautillant « In Transit », le mélancolique « Blue Skies » ou le musclé « Back To The 101 ». Et pour la petite histoire : « Yours To Keep » sort uniquement en Europe. Moralité : c’est déjà ça de pris aux Américains !

The Grand Opening

This is nowhere to be found

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Sur ce premier « This is nowhere to be found », carte postale discographique ouverte sur une Scandinavie flottante, John Roger Olsson propose une photographie de nocturnes romantiques et de paysages écumés. Manipulant subtilement les ambiances polaires et un équilibre apporté par un Gulf stream rythmique, Olsson s’élance dans l'indie rock à travers un projet fait maison, vernissage d’un travail imagé, portant la bannière de « The Grand Opening ».

Enregistré en grande partie par Olsson, sorti sur le label allemand Tapete Records, se nourrissant principalement d’indie, « This is nowhere to be found » impose une douceur colorée sans pour autant se distinguer. Non sans nous rappeler les mélodies nostalgiques d’Ed Harcourt, de Gravenhurst, les ambiances à la Bonnie Prince Billy ou encore Tortoise, John Roger Olsson s’inscrit dans une tradition de folk indie, abondamment peuplée et proliférant dans une lignée tendant quelque peu vers une certaine créativité consanguine.

The Blow

Paper Television

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A l’échelle humaine, une demi-heure ne représente qu’une petite portion temporelle. Après tout, que faire en trente minutes ? Tuer le temps ? Face à l’ennui profond du quotidien, l’option a de quoi séduire. Tuer le temps, c’est plus amusant que de jouer au puzzle, certes. Mais à l’écoute du premier album de The Blow, la traditionnelle demi-heure prend une autre dimension. Surréaliste, forcément hors norme. En quelques beats croustillants, The Blow fait sursauter l’establishment. A l’intérieur de ce « Paper Television », les sonorités mainstream s’accoutument des petites astuces électroniques de cette clique ludique. En provenance de Portland, le duo féminin Jona Bechtolt/Khaela Maricich s’amuse à devancer la pop, à l’effrayer (chez The Blow, c’est tous les jours Halloween !) par quelques délires arty franchement bien sentis. Leurs mélodies sont entêtantes (le génial « Parentheses »), leurs roulements de tambour jouissent du pouvoir d’affoler un bataillon de Gilles de Binche assoiffé d’oranges sanguines (l’improbable tube R’n’B « The Long List Of Girls ») et leur français se chante toujours la tête à l’envers (« Bonjour Jeune Fille »). L’électronique lo-fi déjantée de The Blow se joue ainsi des genres et du temps. Une demi-heure à perdre ?

Blowfly

Blowfly´s Punk Rock Party

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Digne représentant du mouvement Porn Rap aux cotés de Rudy Ray Moore que l'on considère comme les parrains de l’X-Rated Rap, Reid Clarence, aka Blowfly, est une sorte d’antihéros mutilant les tubes de soul, R'n'B, funk, rap et autres standards du rock en hymnes porno. Papy provoc donnant dans le mauvais goût, endossant un nom de scène aux relents de mouche à merde, et paré de ses costumes à la sauce kitsch, Reid débite des parodies classées X avec une rythmique textuelle le plaçant en précurseur d’un genre, notamment sur son tube « Rap Dirty ».

Dans le même temps compositeur R'n'B pour quelques formations mythiques (Betty Wright, Sam & Dave, KC & the Sunshine Band) et Blowfly, rappeur pornographe et légende d’une scène underground, Reid remue les foules et dérange l’opinion publique. Après avoir charcuté tous les genres pendant une vingtaine d’album, Blowfly revient plus inspiré que jamais tout au long de son « Blowfly's Punk Rock Party », une collection de tubes punk revisités sortie chez Alternative Tentacles », le label indépendant de l’ancien leader des Dead Kennedys, Jello Biafra.

Ouvrant le bal de son dernier album par ce qui pourrait être un hymne porno freak ("Punk cock is rock"), Blowfly le ‘World Baddest Nigger’ réchauffe les classiques punk rock des Stooges ("I wanna fuck your dog"), des Clash ("Should I Lay This Big Fat Ho"), des Ramones ("I wanna be fellated"), d'Offspring ("Gotta keep her penetrated") et d’autres Turbonegro, Devo, Black Flag, Billy Idol, Circle Jerks, sans oublier les Dead Kennedys lors d’un spécial "R. Kelly in Cambodia", réarrangé en compagnie de Biafra. Cover dirigé par un Weird al Jankovic du Porn Rap, « Blowfly's Punk Rock Party » demeure un plat énergétique aux textes pétris d'‘explicits lyrics’ et d'un humour bien salé. A consommer sans pudeur.

Robbie Williams

Rudebox

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Depuis son éviction des Take That et sa cure de désintoxication, Robbie Williams s’est montré impitoyable à l’égard des radios. Elles n’en dorment plus... C’est simple, Robbie ne chante que des tubes au potentiel radiophonique surdimensionné. Par ailleurs, sa sortie discographique annuelle engendre un sentiment sécuritaire total chez ses fans. Avec Robbie, ils ne sont jamais seuls. Dès lors, le constat s’impose : Robbie Williams demeure une insatiable machine événementielle, un homme taillé pour le succès. Pourtant, l’Amérique semble encore lui résister. « Rudebox », septième album studio du gigolo de Stoke-on-Trent, s’évertue à convaincre l’autre partie du globe d’adhérer à sa cause. Pour l’épauler dans cette tâche délicate, Robbie peut compter sur l’expérience des Pet Shop Boys et l’énergie juvénile de Lily Allen. L’apport de ces deux recrues fait souffler un véritable vent de fraîcheur sur cette nouvelle production : la petite Lily laisse éclater sa candeur à travers les chœurs, les Pet Shop Boys posent leurs voix sur « She’s Madona » (ou comment conquérir les States en un volume).

Sur « Rudebox », Robbie explore les genres tel un conquistador en quête de nouveaux territoires : dance, pop, ballades à l’eau de rose, world, tout y passe. Et tout est bon ou du moins, loin d’être mauvais. A bien y regarder, la carrière de Robbie Williams s’apparente de plus en plus à celle d’Elton John. A celle d’un artiste extrêmement populaire, courant après les Etats-Unis comme une poule aux œufs d’or cavale derrière un lingot, toujours en mesure de taper dans le tubesque sans jamais être pris au sérieux. Pas simple la vie de star...

Vedette

Vedette

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La patience est une qualité. Elle est surtout indispensable pour écouter les 16 plages composant la larmoyante et plaintive combinaison musicale de cet album. Vedette, artiste signé chez Stilll, apporte la sensation, dès l'ouverture du premier morceau, d'avoir peint au goudron sur un panneau signalétique : `Vous écoutez ceci à vos risques et périls !' Périls, il en est question plus d'une fois tout au long de cette succession de bruits `électros' proche de la techno et de `breakbeats' inconsistants, mal placés. Volontairement dérangeant comme la menthe dans l'After-Eight, les premiers fragments forts courts -heureusement- et forts lourds -malheureusement- ressemblent à des battements de coeur qui s'arrêteraient net, comme pour en rajouter au malaise. La noirceur dégouline de chaque plage et la témérité est recommandée pour l'apprécier. On éprouve la pluie, le froid et le vent ; ce qui en cette période hivernale ne fait pas partie de mes ambitions. De temps à autre des voix amicales et l'apparition furtive de sons chaleureux donnent l'impression de n'être là que pour terrifier, tel un appel à l'aide face auquel on se sent impuissant. La volonté de vouloir s'immerger à l'intérieur de ce conduit chaotique se mue en peur et oblige nos émotions exacerbées à garder leurs distances. Le label Stilll, habitué à quelques douceurs, surprend en accrochant au clou cet opus peint en noir lugubre et fragmenté façon puzzle. Puzzle dont l'assemblage des pièces ne forme pas, au final, un beau paysage, mais plutôt un conglomérat d'expériences sonores indigestes. Vedette ? Bof !... sans paillettes alors.

Liars

Drum’s not dead

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Liars. Déjà, le nom claque. Les New-yorkais sont violents, sauvages, sexy et insaisissables. Après un premier album punk-funk couillu, un deuxième effort arty au possible, incompréhensible pour 99 pour-cent des oreilles de la population mondiale, voilà que déboule le grand trip cosmique, psychotique à souhait. Probablement influencés par le krautrock ou un groupe comme les Silver Apples, le groupe ne fait aucune concession. La gloire ? Rien à cirer ! Les radios ? Et puis quoi encore ? Céder, c’est mourir. Les leçons de « White Light White Hea »t ont enfin été tirées. Et le projet porte bien son nom, « Drum’s Not Dead » s’exprime essentiellement par la batterie, colonne vertébrale autour de laquelle serpentent voix et guitares incandescentes. Le chant, désormais, est psalmodié. Cris, mantras obsédants, hululements drogués donnent le tournis. La rythmique est répétitive jusqu’à la transe, le chaman déclame des incantations menaçantes, vous prend à la gorge et vous relâche pantelant dans un dernier sursaut de pitié. L’hombre se rapproche. Le sang se glace. Ici, l’indifférence n’a pas cours. On ne peut en sortir indemne. C’est une mer de lave en fusion à laquelle on fait face, un territoire inexploré dont l’Annapürnä est ce « Drum And The Uncomfortable Can », crescendo symphonique d’une intensité brutale et salvatrice. Et au moment où on s’y attend le moins, une berceuse hypnotique en diable « The Other Side Of Mt. Heart Attack », le calme après la tempête, qui vous trotte dans la tête des heures après avoir quitté le disque, comme désarmé devant tant de beauté. Les Liars représentent le passé, le présent et le futur. Les Liars font peur. Et franchement, il y a de quoi. Jamais rien ne sera plus pareil.

 

The Sparks

Hello Young Lovers

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Increvables Sparks. Il y a plus de trente cinq ans et vingt albums que les deux frères Mael conduisent leur collaboration artistique. Incroyables Sparks. Alliant depuis toujours audace, humour, singularité et créativité, le duo a connu son heure de gloire vers 73-74, le temps de deux 33 tours : « Kimono my House » et « Propaganda ». Puis il a poursuivi une carrière plus discrète, glissant du rock au pop sans jamais totalement faire taire son élégante extravagance. Improbables Sparks. Après des productions électro-funk glamour émaillées d'expérimentations, il nous revient flanqué d’un CD qui donne des leçons d'originalité aux plus jeunes artistes de ce début de XXIe siècle. Prodigieux Sparks. Avec une effarante économie de moyens (pour l'essentiel, les claviers de Ron et la voix de Russell démultipliée), ces magiciens ont bâti une œuvre où le symphonique côtoie l'absurde, où l'esthétique sophistiquée devient hypnose et l'autodérision une arme de séduction. Ils ont exploité jusqu'à la corde des techniques timidement expérimentées précédemment (« I thought I told You to wait in the Car », par exemple, sur « Gratuitous Sax and Senseless Violins »), transformant l'anodin en péplum grandiloquent et le quotidien en drame à la Kafka. Inclassables Sparks. Ce disque complètement décalé, où les outrances du chant commandent à une musique sobre, malicieuse et irréprochable, agacera les uns et envoûtera les autres. Vous l'aurez compris, je suis l'une des victimes consentantes de ce rapt mondain. Indispensables Sparks!



Squarepusher

Hello Everything

« Hello Meow » déroule d’entrée de jeu son tapis rouge de snare drums et de lignes de basse congestionnées : rapide, acide, crispant à l’extrême, on retrouve en quelques secondes l’univers frappadingue de Tom Jenkinson, le faux frère jumeau de Richard D. James. Rien n’a changé depuis « Ultravisitor », son précédent album, et sans doute que rien ne changera jamais vraiment pour notre homme aux multiples casquettes (la pochette), qui depuis plus de dix ans nous tanne le cortex de son IDM sans détours. Et même si « Theme For Sprite » sonne quasiment comme du jazz de ferry-boat, ce n’est que pour mieux nous mettre en garde, une fois de plus, à ce qui va suivre : du « Hard Normal Daddy » puissance dix, de la drill’n’bass à plein tube qui balance ses bleeps casseroles sans demander son reste (« Bubble Life », « Planetarium »). Autant dire qu’après l’étirement noisy de « Vacuum Garden », le cerveau crie à l’aide, persuadé qu’un breakbeat de plus pourrait menacer sa routine sensorielle.

Soulagement : « Circlewave 2 » tente l’accalmie en osant faire sonner une guitare acoustique et même un piano satien. On dirait presque du Savath + Savalas à la mode latino, de la bossa-nova à l’ère du digital fractal. La tempête, évidemment, était juste partie recharger ses batteries : au milieu de son œil en spirale qui nous nargue bêtement, nos oreilles essuient vite un revers certain. Les cymbales tombent comme des hallebardes (« Rotate Electrolyte »), il pleut des nappes acides en plein retour vers le futur (« Welcome to Europe »). Schizophrénique en diable, « Hello Everything » n’a rien du disque d’apéro à siffler sous une douche écossaise (l’éreintant « The Modern Bass Guitar »). A la fin des percus en écho nous font croire qu’il existe une soupape, un ailleurs plus serein (« Orient Orange » et ses stridences bouddhistes), mais il est un peu tard : dans notre caboche ça crépite comme dans un bol de Rice Krispies, on ne comprend plus rien, c’est la bérézina.

Adrienne Pauly

Adrienne Pauly (CD+DVD)

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Adrienne Pauly, comédienne de formation, rêvait de chanter depuis des années. Il lui aura fallu quelques rencontres musicales (en compagnie, entre autres, de Camille Bazbaz) avant de sauter le pas. On peut dire qu´elle a eu raison de le franchir ! En effet, ses textes audacieux, ses mélodies pop-rock-folk réussies et sa voix de titi parisien lui donnent une véritable empreinte. Sur cet album éponyme, Adrienne Pauly chante les hommes, l´amour qui ne vient pas, l´alcool, le cafard… Nous sommes tour à tour emmenés dans un café glauque, dans une chambre ou encore dans la rue. Tantôt drôles (« J´ai fait l´amour avec un con »), tantôt attendrissants (« Chut », « Dans mes bras »), les différents morceaux de cet opus nous révèlent l´incroyable talent de cette jeune auteur-compositeur-interprète. Une reprise de Serge Gainsbourg (« L´herbe tendre ») vient clôturer en beauté et délicatesse ce cd bourré de charme et d´originalité, qualités partagées par son auteur. Ce charme a d’ailleurs déjà fait mouche: la demoiselle compte ainsi parmi ses musiciens et admirateurs le génial M, Mathieu Rabaté et Philippe Paradis, tous deux fidèles collaborateurs de Zazie. Sûr que nous entendrons parler de cette artiste à l´avenir…

Marsmobil

Minx

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La Marsmobil est en marche. Si le Gainsbarre était encore en vie aujourd’hui, il se serait certainement plu à produire le second album des Italo-teutons… après avoir engagé avec Air une petite bataille pour les manettes. Une collaboration plus ou moins amicale serait ensuite née de cette discorde. Et « Minx » aurait alors été la parfaite résultante de cette coopération. Traversé par une brise délicieusement 70s, « Minx » fait la part belle aux atmosphères spatiales, presque trip hop (« Reversed Mantra », « Astralbody »…). Menée par Roberto Di Gioia, multi-instrumentiste aux influences incalculables, cette formation au nom improbable est connue en Allemagne pour avoir composé « Munich Loves You », hymne de la dernière coupe du monde de foot. Si ce « Minx » a le potentiel d’élargir ce succès à l’ensemble de l’Europe, il le doit, entre autre, aux vocalises lisses et rassérénantes de Martine Rojine. Inégalable lorsqu’elle susurre quelques mots doux en italien (le single « Mangia amore ») ou se confesse en français (« Je suis lâche »). « Sovatex 2055 » et « From Elsewhere To Nowhere », les deux titres d'electronica instrumental clôturant l'album, se marieraient à merveille à une éventuelle B.O. d’un hypothétique remake de « 2001 : A Space Odyssey ». Même en l’absence du single « Munich loves You », Marsmobil marque un joli but.

Amos Lee

Supply And Demand

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« Supply And Demand ». Un titre peut-être trop révélateur. Après un chaleureux premier essai éponyme (sorti en 2005), Amos Lee revient avec ce qui ressemble de près à un album de commande. On imagine facilement son entretien avec les grands pontes de chez Capitol : 'Bon, Amos, tu dois te dépêcher de nous sortir un petit disque.' Lui : 'Ouais mais hé, je sors à peine de la promo du précédent…'. Eux : 'On s’en fout. Ce n’est pas ça qui arrête Robbie Williams, non ? Allez hop, au travail !' Du coup, Amos se hâte, compose quelques titres afin de répondre au plus vite à cette demande. Au final, le travail est bâclé. Pas le choix. Juste histoire d’avoir au moins une invitée sur son nouvel album, il dégote Lizz Wright (qui traînait certainement dans les bureaux le jour de l'entretien). Evidemment, ce n'est pas Norah Jones, mais c’est déjà ça. 'En plus', se dit-il, 'mes nouvelles compos ressemblent aux précédentes, donc si je dois la réinviter celle-là, je suis mal barré côté critiques.' Et, en deux temps trois mouvements, « Supply And Demand » et son folk jazzy teinté de soul se retrouvent dans les bacs. Les fans se précipitent sur les bornes d’écoute. L’effet est immédiat : 'Heu… Excusez-moi, monsieur du magasin, je crois qu’il y a une erreur. C’est le premier album que vous avez glissé dans le lecteur.' Le monsieur du magasin : 'Non, non, c’est vous qui faites erreur.' Désarçonné, le client dépose les écouteurs et continue sa balade dans le magasin avant de revenir à la charge, incrédule : 'Etes-vous certain ?' Et oui, mon gars. Y’a vraiment pas d’erreur...

The Ladies

They mean us

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Que faire ? Oui, que faire en présence d’un tel album ? L’écouter en boucle dans l’espoir de comprendre, enfin, où ses géniteurs voulaient en venir ? Ou bien le mettre de côté en se disant qu’il n’est finalement que vanité et prétention artistique ? Bien malin qui pourrait le dire tant, en effet, « They mean us » s’avère déroutant… Cependant, et c’est suffisamment rare pour le mentionner, ce ne sont pas ici les compositions, le chant ou encore la production qui effraient nos oreilles… Non, c’est la batterie… Martelées habilement (?) par Zach Hill, membre honoraire de Team Sleep (side-project de Chino Moreno, le chanteur de Deftones), les caisses et autres cymbales sont jouées, sur cet album, avec un tel non-sens rythmique et une telle décharge d’oripeaux que les morceaux en deviennent complètement indigestes. Que ceux qui aiment les doubles pédales mal calées et les doubles-croches à gogo se ruent sur cette plaque ! Pour les autres, il ne reste qu’à s’interroger sur le but recherché par les deux compères (Rob Crow, le leader de Pinback, et Zach Hill) responsables de cette œuvre qu’on aurait presque pu qualifier de pop, s’il n’y avait ce délire de batteur frustré… On dit souvent que Max Roach est l’inventeur du jeu de batterie moderne. Un jour, peut-être, Zach Hill sera-t-il lui aussi considéré comme un musicien avant-gardiste… Toujours est-il que, pour l’instant, on peine à comprendre le sens de sa démonstration…

Lambchop

Damaged

Le titre le dit bien : Kurt Wagner a connu l’année dernière un accès de déprime, qui a failli l’envoyer au tapis. Dès lors, quoi de mieux comme catharsis d’enregistrer un nouveau disque de Lambchop, le neuvième, deux ans seulement après le double « Aw C’mon / No, You C’Mon » ? Personne n’est à l’abri d’une petite baisse de tension, c’est bien connu... Que Kurt Wagner nous raconte ses déboires en évitant de tirer sur la corde lacrymale, voilà la bonne nouvelle… Mais si « Damaged » sonne comme l’album le plus apaisé du groupe de Nashville, il n’en est pas le plus éblouissant. Aux oubliettes les envolées soul-folk du magnifique « Nixon », et si les cordes subsistent, elles crient ici un peu famine. Enregistré par le fidèle Mark Nevers en compagnie du duo électro Hand Off Cuba, « Damaged » ne laissera sans doute pas de grandes traces dans la discographie du groupe, sauf peut-être dans la tête de Wagner. Après les crépitements introductifs de « Paperback Bible » et sa mélodie profil bas, on attendra en vain un sursaut mélodique de la part de Lambchop. Las : « Damaged » pêche par gracilité, et on se surprend à bâiller aux corneilles devant ces dix titres aux ambiances frelatées. Unicolore et redondant, « Damaged » manque un peu de cette fougue qu’on aimait chez Lambchop. « Damaged » ? Plutôt « dommage », oui... Mais n’est-ce pas là le lot de toute mélancolie existentielle ?

Isis

In The Absence Of Truth

On pourrait dire, certes, qu’Isis est un groupe de 'metal' qui pourrait plaire aux filles. Sous cette chape de riffs lourds et d’'harsh vocals' qui plombent gentiment « In The Absence Of Truth », se trame peut-être quelque chose d’étrangement féminin. C’est presque romantique, ce mélange de post-rock épique et de doom 'priapique'. Son écoute peut se révéler, au lit avec une femme, d’une étonnante ductilité. 'Qui peut être allongé, étendu, étiré sans se rompre' : sous la couette les éléments se déchaînent, jusqu’à l’essoufflement post-coïtal. C’est ce qu’on écrivait à propos d’Isis, il y a deux ans. Depuis lors de l’eau a coulé sous les ponts, et l’on se dit que le nouvel album d’Aaron Turner et de ses potes pourrait encore bien davantage plaire aux filles. Parce que les filles aiment Tool quand elles n’aiment pas le 'metal', et que ce disque s’en approche (« 1000 Shards »), tout en sonnant de plus en plus post-rock. « In The Absence Of Truth » pourrait bien être ainsi l’album le plus accessible d’Isis, autrement dit le moins atrabilaire. D’autant que Turner, quand il évite de cracher ses poumons, chante comme… Layne Stanley, l’ex-(feu) chanteur des bouseux grunge d’Alice in Chains. Autant dire que ça vous casse un morceau de la trempe de « Dulcinea », qui malgré sa puissance rythmique et sa furie heavy donne juste envie de ressortir le T-shirt de Cobain en bramant les paroles de « Would ? ».

Certes, chacun des neuf morceaux de cet album (le quatrième) fait montre d’une technicité jamais mise à mal, d’un sens de la construction a priori inébranlable… Mais qui finissent par ennuyer à force d’être sans cesse dupliqués, un peu comme à la chaîne. Chaque titre se voit ainsi divisé en autant de parties calmes/brutales. Turner chante puis hurle, et ainsi de suite : autant dire qu’à la fin on sait d’avance ce qui va se passer, et c’est là que le bât blesse. Le parfait disque anti-climax, puisqu’il sonne comme bloqué sur la touche 'repeat'. Vous avez raté la chanson 2, en plein assoupissement ? Pas grave : écoutez donc la chanson 7 ! Isis, ou le metal Duracell. Que ceux qui le décrivent comme 'progressif' achètent un dictionnaire.

In Kata

Farewell Masquarade

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Bâti sur les cendres du groupe Quetzal (le batteur s'en est allé), le vrombissant bataillon belge In-Kata n’est pas là pour rigoler, mais bien pour nous en mettre plein les tympans. Sans détour ni fioriture, il claque un rock expérimental pour le moins déjanté qui, dès les premières notes, nous fait comprendre que le plus étonnant reste à venir. Evoluant sur un sol impalpable que les extraterrestres de The Mars Volta fouleraient volontiers (d’ailleurs, puisqu’on en parle, Quetzal avait autrefois partagé la scène avec un certain At The Drive In), les musiciens s’adonnent à un méthodique dérangement des styles et des ambiances, débordant de hargne quand il s’agit de battre le grain. Un grain de folie. Un grain qui se transforme progressivement en champ de chansons tordues, parfois glauques et éprouvantes, mais jamais éreintantes. L’implication, en tant que producteur, de Tom Pintens (notamment complice de Zita Swoon) est perceptible dans chaque recoin de cette intrigante implosion sonore dominée par des guitares lunatiques. A découvrir les yeux fermés.

D´Stephanie

Dropin´It !

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Les pistes de danse belges sont bien tristounettes. Le peuple de la nuit qui était venu s’éclater n’a pas d’autre option que de se la jouer lounge. Du coup, il s’emmerde ferme, les fesses gluées au canapé du club. C’est qu’on en attendait bien plus du premier album de notre petite Didjette nationale, Stephanie D’Olieslager alias D’Stephanie. Après avoir sévi dans tous les clubs branchouilles d’Europe et même d’Afrique, et sorti quelques EPs et singles, D’Stephanie sort un premier album très inégal. Grande déception, « Droppin’ It ! » semble se perdre entre des rythmes electro acrimonieux (« Shake It Down », « Rum N Bass ») et une lounge trop facile (« Funk Up My Day », « Won’t Fall »). L’ensemble manque de compositions réellement accrocheuses, à l’image de l’instrumental « If We… », seul titre à sortir du lot. Trop stérile, « Droppin’It ! » n’a pas grand-chose à offrir. Un beau gâchis.

Captain

This is Hazelville

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'Doit-on maintenir le cap sur l’Angleterre mon Captain ?' Oui, oui, mes braves, à fond les pistons ! Nous allons courser Keane, les couler et empocher le pactole. 'Très bien mon Captain !' Premier album de la discographie des Londoniens, « This is Hazelville » joue des coudes pour se frayer une place sous les gouttes de pluie de la pop britannique. Produites par Trevor Horn (Lisa Stansfield, Tom Jones, Pet Shop Boys, Belle and Sebastian, etc.), les onze chansons de cet album se noient (étrange pour un Captain n’est-il pas ?) dans une mer d’arrangements. La simplicité et la spontanéité relayées dans les cales, Captain fait preuve d’enthousiasme lorsqu’il s’agit d’écrire des tubes potentiels pour une hypothétique nomination au Mercury Music Prize. « Broke », « Glorious » ou « Frontline » font alors figure de porte-drapeaux (de corsaire ?). Le seul point fort de Captain repose sur cette complicité vocale, unissant les timbres de Rik Flynn et Clare Szembek. On notera même un bon moment passé à l’écoute de « Wax », un joli morceau égaré dans ces flots surproduits. L’ensemble du disque ne suscitant en définitive que trop peu d’intérêt. Bref, sur ce coup là, le Captain est accroché...

Clark (Chris Clark)

Body Riddle

Trois ans après « Empty The Bones Of You », Chris Clark a décidé d’étoffer son propos. On l’imagine avoir traîné sa figure élastique dans les clubs de gym IDM de l’Angleterre profonde. Quelques tractions aux espaliers de la drum’n’bass, un ou deux vols planés au-dessus du matelas de l’ambient, des pompes à la douzaine sur le formica de l’électronica : notre homme s’est chopé tellement de muscles qu’il a même décidé d’oublier son prénom, parce que « Clark » tout court ça claque mieux qu’une paire de bleeps entre deux nappes acides. Après un échauffement en règle (les trois premiers tracks), « Herzog » hésite un peu à balancer la sauce, mais pas longtemps. D’où les grosses basses, ce bourdonnement inquiet à la limite de l’explosion, qui donne du fil à retordre quand il s’agit de savoir s’il faut monter le son ou partir en courant. Trop tard : Clark a ramené ses potes, l’un s’appelle « Ted » et il n’est pas content. Ca part un peu en couilles (breakcore), mais heureusement pour notre pouls cardiaque il est l’heure de la pause 4 heures et du jingle de « library music » (« Mathieu Unburdened » et « Vengeance Drools », entre Boards of Canada et Four Tet). Puis c’est reparti pour un tour d’IDM benoît (« Night Knuckles », très AFX), avant la fin du cours et les dernières saturations (« The Autumnal Crush »). Clark n’a pas de souci à se faire : il tient une forme d’athlète. On ne peut en dire autant de la plupart des kadors warpiens… Allez hop, on fait ses 50 pompes et on mord sur sa chique !

Beach House

Beach House

Il s’agit d’un de ces disques qui vous prennent par surprise, puisqu’ils ne sortent quasi de nulle part. En gros la campagne US, Baltimore, mais encore ? On parle ici de « maison balnéaire », mais on pense moins à Miami qu’à Venise ; et de ces entrelacs de mélodies, qui n’ont l’air de rien, se dégage un plaisir diaphane, comme en automne où les feuilles se flétrissent et les rongeurs hibernent. De Victoria Legrand (chant/orgue) et d’Alex Scally (guitare) on ne sait pas grand chose, et à vrai dire c’est mieux ainsi. Car leurs chansons bancales, interprétées avec la foi d’un couple qui croit en la félicité d’une belle mélodie, même (et surtout) fragile, parlent pour eux davantage qu’une bio glanée sur internet.

Il n’y a pas de plan de carrière sous le plastique de ce disque magique : juste neuf ritournelles sans apprêts indigestes, jouées béatement sans recourir à aucun vice de forme. Une guitare cotonneuse, un orgue sépulcral, et deux-trois pulsations évadées secrètement d’une petite boîte à rythmes : il n’en faut pas bien plus à Beach House pour sonner le tocsin d’une pop surannée, aux gestes emprunts de solennité joyeuse. Proche en cela de l’onirisme déroutant d’Animal Collective et de First Nation (autrement dit l’écurie Paw Tracks), Beach House laisse une vague impression de chansons hors du temps et de ce monde cynique. Et peu importe si Victoria Legrand possède une voix fragile, en creux : les airs qu’elle chantonnent valent bien cet à-peu-près mystique (on pense aussi parfois à Nico, à Broadcast, au Goldfrapp de « Felt Mountain ») et nous laissent rêveurs. C’est beau, une plage en automne. C’est encore mieux en écoutant Beach House.

Benni Hemm Hemm

Benni Hemm Hemm

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Comment ? Comment est-il possible qu’un petit pays comme l’Islande, à peine peuplé de 300 000 habitants (l’équivalent du Luxembourg) soit en mesure de nous présenter de nouveaux artistes intéressants à peu près tous les ans ? Si répondre à cette question semble aussi difficile que de commencer à comprendre le premier mot de l’idiome parlé sur cette île bien étrange, le constat est là : Benni Hemm Hemm, alias Benedikt H. Hermansson, Islandais de son état civil, vient de pondre un bien bel album. Chantés, tour à tour, en anglais et dans la langue indigène (assez déconcertante, il faut bien l’avouer), les douze morceaux proposés sur cet opus éponyme sonnent comme autant de petits moments de fragilité dans ce bas monde décidemment bien cruel. Accompagné d’une fanfare, Benni Hemm Hemm dispense ainsi une musique calme et intimiste. Parfois, on serait tenté de comparer le projet aux plus belles productions de Calexico (le côté mariachi en moins). Résolument pop et agrémentés de touches folk, des titres comme « Fight », « I can love you on a wheelchair » ou « Ku-UI-Po » sont beaux, tout simplement. Ces compositions ont le mérite d’annoncer la couleur pour la suite des événements : l’expérience sera aussi calme et chaloupée qu’une soirée passée au coin du feu dans une maison de pierre sur la côte de Stykkisholmur… Assoupi et rassasié de morue, l’auditeur bienheureux s’y abandonnera également à l’écoute d’une myriade d’autres petites perles pop islandaises telle que « Til Eru Frae », splendide de calme et de mélancolie… Du beau boulot, Mister Hermansson !