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Le parfum de vie de Goudi

Pierre Goudesone, alias Goudi, trace son chemin musical depuis la fin des années 80. Après s’être fait connaître en compagnie des groupes Flesh & Fell et Speaking T, il poursuit aujourd’hui une carrière solo. Son univers musical riche et profond l’a conduit à…

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Portugal. The Man

Waiter : "You Vultures !"

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Ouf ! On a eu chaud. Les premières notes de « How The Leopard Got Its Spots » évoquant des riffs à la Interpol, on craignait être tombé sur un énième émule de Joy Division. Le premier essai de Portugal. The Man est avant tout une cours de récréation anarchique, un grand foutoir mélodique. Melting pot d’influences, Mars Volta et Blonde Redhead en tête, « Waiter : "You Vultures !" » passe du coq à l’âne sans ménagement (le tendre « Waiter » bousculé par la hargne dispensée sur « Chicago »). Venu tout droit des plaines de l’Alaska et de l’Oregon, Portugal. The Man intrigue de la même manière qu’une fiction à suspense dont on voudrait connaître le fin mot. Et l’auteur de refuser de divulguer celui-ci, même une fois son œuvre achevée. Fascinés, on se perd encore et encore dans les méandres du scénario, espérant découvrir un semblant de réponse. Le seul aboutissement de cette recherche étant une profonde addiction, on finit par s’abandonner volontairement aux expérimentations orchestrées par des entités créatives et inspirées. Entre indie et emocore, « Waiter : "You Vultures !" » est, surtout, une œuvre culte.

 

Oh No

Exodus Into Unheard Rhythms

A l’instar de son funk soul brother Madlib, Oh No aime fouiller les greniers à la recherche de la perle rare, ces disques que personne n’écoute mais qui recèlent des pépites à sampler. Si son frère s’est déjà distingué dans le ‘crate-digging’ en sortant il y a trois ans l’exaltant « Shades of Blue » (un album à base de samples Blue Note), il s’agit d’une première pour Oh No, qui s’attaque quant à lui au patrimoine musical de Galt MacDermot. Le compositeur de la BO de « Hair » a dit ‘oui’ à Oh No, et voilà le résultat : 22 tracks groovy à mort, comme quoi c’est dans les vieilles casseroles qu’on fait les meilleures soupes. Alors que « The Disrupt », son premier album, faisait la part belle aux ambiances cafardeuses, « Exodus » sonne davantage uptempo. D’autant qu’au micro on retrouve une belle brochette d’invités de marque : Buckshot, Cali Agents, Vast Aire (en petite forme), Posdnuos (DE La Soul), MED, Wildchild, Dudley Perkins, Murs,… Qui font tous preuve d’un enthousiasme contagieux : une vraie fête foraine ! Personne ne sait s’ils ont maté ensemble cette histoire de provincial qui monte à New York pendant le Summer of Love et goûte aux joies du patchouli, mais peu importe : big up à MacDermot, et ‘let the sunshine in’ !!!

 

Paolo Nutini

These Streets

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Géographiquement, Paolo Nutini sort déjà de l´ordinaire - malgré son nom, il est né en Ecosse - mais ce n’est pas l´aspect le plus remarquable de sa personne. Du haut de ses dix-neuf printemps, ce jouvenceau étonne. A cause de son timbre rauque, puissant et émouvant, et puis de son sens mélodique incroyablement développé. Initié par son grand-père aux géants Noirs tels que Ray Charles, il s´est très tôt révélé un excellent chanteur, développant une voix évoquant Otis Redding, Marvin Gaye, Rod Stewart ou Van Morrison, et aiguisant son songwriting. Il a ainsi offert quelques apparitions remarquées au sein de célèbres programmes de la BBC - Top of The Pops, Late Night With Jools Holland - et partagé la scène avec quelques grands noms tels que Robert Plant, Solomon Burke ou Ben E. King. Bref, le poulain idéal pour Atlantic Records.

« These Streets » aligne une dizaine de titres naviguant entre pop, folk et soul, à la mélancolie communicative. ‘A la base, cet album est comme le journal intime de mes trois dernières années’, déclare l’intéressé. Episodiquement, quelques petites touches électriques assurent le relief nécessaire à l´ensemble. A l’instar du Stonien « Jenny Don’t Be Hasty » ou de « Loving You » parcouru de chœurs très soul. « Alloway Grove », la dernière plage, laisse même transparaître quelques tonalités countrysantes et recèle un sympathique ghost track : « Last Request ». Un des morceaux-phares de l´album, proposé sous une version dénudée où la voix ne s´accompagne que d’un piano et d´une guitare acoustique.

Rien de bien révolutionnaire ici cependant, mais on doit admettre être en présence d’un très grand talent en devenir…

 

 

-M-

Ne le dis à personne

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L’histoire est loin d’être simple. L’émotion est à son comble. Mise en musique par Matthieu Chédid improvisant devant des images perturbantes, la bande originale du deuxième film de Guillaume Canet (adapté du best seller de Harlan Coben) émeut. A condition de connaître les scènes, à condition d’avoir été pris par les personnages et par leur situation. Une musique de film donc, réalisée en une journée de studio, et des sonorités qui évoquent une certaine tristesse, une angoisse qui se fige et se noue en plein estomac. M surprend par sa capacité d’ingérer ce malaise, de le traduire en musique et de le faire ressentir. A savoir que Canet vise les sentiments au-delà de toute chose, les amplifiant à travers les somptueux morceaux d’Otis Redding, Jeff Buckley, U2 ou Groove Armada. C’est toute une incitation à la nostalgie dont il fait preuve. A condition de se laisser aller, à condition de fermer les yeux et de s’échapper. Premier rôle d’interprète pour Chédid - qui réalise là son fantasme à la Neil Young visionnant Dead Man - le fils prodige nourrit la trame par des accords de base autour desquels se pose le thème musical. L’instrumentation choisie (guitare baryton, violoncelles, piano, sampling et backing vocal) pleure ce film au scénario non moins troublant, percutée cependant par des dialogues qui coupent l’atmosphère et la refroidissent. Le morceau éponyme à la durée étirée, sur lequel Chédid pose sa voix, résume parfaitement la situation, malgré un dénouement décevant, trop arrangé et par conséquent décalé par rapport au reste. En gros, une absorption d’émotions vives, une bande sonore intime et épurée, sans pour autant être unique. L’appréciation pourra se faire néanmoins à condition d’aimer le film. A condition d’être prêt.

The Magic Numbers

Those the brokes

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Un an après la sortie acclamée de son album éponyme, le quatuor dodu et moustachu (salut les filles !) signe un retour séduisant mais moins fracassant. Le folk-rock lumineux de nos quatre hippies urbains s’est mué, recroquevillé sur un folk baladeur, nettement plus branché ‘ruptures sentimentales’ et ‘déceptions morales’ que sur ses guitares. « Those the brokes » n’est pas un mauvais disque. Loin s’en faut. Néanmoins, Romeo Stodart et ses confrères (consoeurs) ont opté pour un tournant attendu, moins truculent, plus prudent.

Inutile de chercher un titre euphorique de la trempe de « Morning Eleven » sur ce disque. Terminé les cheveux au vent et les refrains candides. Cette fois, on chantera dans sa barbe, en cherchant à ralentir le tempo. Le propos reste, quant à lui, identique. Cœur brisé ou retrouvailles inespérées, tous les mots sont bons pour faire jaillir l’émotion. Quelques titres accessoires font également leur entrée dans l’univers des Magic Numbers (« Slow down (the way it goes) » ou le soporifique « Take me or leave me »). Mais Sean, Angela, Michele et Romeo n’ont pas tout perdu de leur superbe. La formation délivre encore de belles trouvailles harmoniques (« This is a song », « You never ha dit », l’impeccable « Take a chance »). Malheureusement, sur la longueur, les morceaux de « Those the brokes » ont une fâcheuse tendance à traîner la patte. Pour le prochain album, il faudra éviter la surcharge pondérale. Sous peine de rester sur place...

Motor

Klunk.

Un gros beat caucasien déchire l’air, tandis qu’une nappe acid se traîne lentement vers la surface, avant l’explosion sourde : « Black Powder » ou la suprématie du BPM, le règne du TB 303, une histoire de boucles qui surgissent du néant et prennent bientôt toute la place, empêchant l’homme de respirer sous l’assaut des machines. Mr. Nô et Bryan Black, déjà connus sous le nom d’XLover (sur Gigolo), tentent ici de retranscrire la décadence féroce de notre monde digital. Tels des Speedy J encore plus speed, du Nitzer Ebb qui aurait mis de l’X dans son EBM (Douglas McCarthy chante sur « 1X1 »), les deux Motor n’hésitent pas à balancer la sauce dès qu’on appuie sur ‘Play’ (les frénétiques « King of USA » et « Yak »). Parleraient-ils un autre langage que celui de la techno ? Non. « Klunk. » tabasse du début à la fin, point barre. Et contient bien un hymne dancefloor à se taper la tête contre le mur : l’effréné « Sweatbox », qui porte bien son titre. 7 minutes de BPMs qui montent qui montent, avant le pétage de plombs certifié sans effets secondaires. De la came de première qualité, à s’enfiler fissa avant d’avoir les rotules en compote !

Luna

Best of

Écrit par

La séparation de Luna, en 2004, était prévisible. Bien sûr, lorsqu’on a un petit faible pour un groupe, on a comme un petit pincement au cœur. Mais il est vrai qu’après 12 années d’existence et sept albums, la formation drivée par le chanteur/compositeur/guitariste/lyriciste Dean Wareham avait peut-être fait le tour du sujet. En outre, les changements de line up successifs et la tendance plus atmosphérique des derniers elpees a certainement eu une incidence sur cette décision. D’autant plus que le succès commercial n’a jamais été au rendez-vous. Même lors de la sortie de leur troisième opus, « Penthouse », sacré meilleur album des 90’s par le magazine Rolling Stone. Ce « best of » fait d’ailleurs la part belle aux quatre premiers cds. Dix-huit titres de pop visionnaire, cosmique, parmi lesquels figurent les inévitables « Tiger lily », « Slide » (NDR : Grasshopper de Mercury Rev était venu apporter un petit coup de guitare), « Superfreaky memories » ainsi que « 23 minutes to Brussels » et « Moon palace », deux morceaux qui avaient bénéficié de la participation de Tom Verlaine. Le disque contient un booklet de 24 pages abondamment illustré. L’histoire de chaque plage est détaillée et vous permet ainsi de découvrir les noms des multiples collaborateurs qui ont apporté leur concours au groupe, lors des sessions d’enregistrement. Cette splendide épitaphe est enrichie d’un deuxième cd exclusivement consacré à des reprises opérées par Luna. Des compos dont le band était particulièrement friand, mais qu’il réservait aux singles (NDR : ces disques sont de véritables raretés !), des Eps, des tributes ou autres morceaux destinés à des compiles en tous genres. Dix-sept titres sont ici réunis dont deux versions différentes de « Bonnie and Clyde », le « Jealous guy » de Lennon, « La poupée qui fait non » de Polnareff, « Season of the witch » de Donovan, « Dream baby dream » de Suicide et « Thank you for sending me an angel » de Talking Heads. Un régal pour les oreilles !

 

The Lords of Altamont

To Hell With The Lords

« Lords Have Mercy » : il y a quelques mois on priait le Saint-Rock’n’Roll qu’il sauve notre âme, dévergondée à force d’écouter gueuler Jake Cavaliere et ses amis bikers, baptisés « Lords of Altamont » dans un hommage douteux aux Stones et à leurs potes des Hell’s Angels. 1969, fin de la mythologie hippie : après le drame d’Altamont, plus rien ne sera jamais pareil. 2006, Fargo réédite le premier album des Lords, sorti il y a quatre ans sur le label Sympathy For The Record Industry. La bonne nouvelle ? C’est qu’il n’y en a pas, puisque les Lords of Altamont ne savent rien faire d’autre que jouer du rock garage à fond les manettes, sans regarder dans leur rétroviseur. C’est là qu’on distingue un bon groupe de rock garage d’un mauvais groupe de rock garage : le bon groupe de rock garage ne se renouvelle pas, et se fout bien des modes et du temps qui passe inexorablement. Le mauvais groupe de rock garage ne se renouvelle pas non plus, sauf dans la médiocrité. Nuance. So quid ? Eh bien si vous aimez les Sonics et les Cramps, vous aimerez les Lords of Altamont, qui manient avec entrain l’orgue et les guitares fuzzzzzzz. Dans le cas contraire, passez votre chemin : de toute façon les Lords n’en ont rien à caler, ils vivent dans un monde où les iguanes chantent et les prunes sont électriques.

 

Mitch Kashmar

Wake up & worry

Écrit par

Mitch Kashmar est un brillant harmoniciste qui jouit d’une solide réputation chez lui, en Californie. Agé de 46 ans, il est originaire de Santa Barbara, au nord de Los Angeles. Dans les années 80, il avait conduit les Pontiax, responsables d’un album sur le label belge Blue Sting. L'équipe du label Delta Groove et en particulier son boss Randy Chortkoff (NDR : également producteur), l’ont accueilli à bras ouverts. Ils lui avaient d’ailleurs déjà permis de graver "Nickel & dimes", l’an dernier.

Ce disque libère un punch incroyable. Et l’ouverture, "I got no reason" en est une belle démonstration. Conduite par l'harmo de Mitch et dynamisée par la guitare enthousiaste de Junior Watson, cette entrée en matière royale est sculptée dans le jump pur et vigoureux. En outre, il y a du beau monde derrière : Fred Kaplan au piano, Richard Innes des Hollywood Blue Flames aux drums et Rick Reed à la basse. Mitch est bien dans son élément lorsqu’il reprend le "Dead presidents" de Willie Dixon. Il y manifeste ici la présence et la puissance créative d’un Sonny Boy Williamson. Mitch empoigne les shakers pour entretenir les rythmes exotiques de "Green bananas", pendant que les claviers de Jim Calice lui confèrent une ambiance festive et joyeuse. Les percussions sont encore bien présentes tout au long de "Funky dee". Le tempo oscille du funk au jazz. Le souffleur empoigne son instrument chromatique et érige, tout en finesse, une bien agréable pièce instrumentale. Mitch jouit d’une excellente plume. Il a écrit plus de la moitié des plages de ce nouvel opus. Le titre maître est soutenu par une section rythmique qui transpire le swing. Un excellent jump blues au cours duquel la sobriété et l’inventivité de John Marx, un ancien collaborateur de William Clarke, fait merveille. Au chant, Kashmar se montre régulièrement à son avantage. En outre, il est capable de dispenser de petites phrases assassines dans les aigus à l’aide de sa musique à bouche. Et le blues vivifiant "Night creeper" en est la plus parfaite illustration ; un fragment au cours duquel Watson en profite pour se déchaîner sur son manche. La joie envahit les cœurs de tous ses musiciens. Le bourbon coule à flots. La folie semble avoir envahi les studios. On a même parfois l’impression de retrouver la chaleur d'un club de L.A. Tous les amis sont venus rejoindre l’équipe pour assurer les chœurs de "Half pint a whiskey", un titre complètement déjanté au cours duquel Watson ne tient plus en place! Notre souffleur se réserve un espace roots, lorsqu’il ne tolère plus derrière lui que l'éclatant Alastair Greene préposé à la National steel guitar. Le duo vire à l’unplugged pour un "Black dog blues" efficace et tonique. Chortkoff est également un harmoniciste talentueux. Il adore mettre son grain de sel sur les œuvres de ses poulains. Il chante donc son "You dogged me", un morceau qui rappelle étrangement le répertoire de Jimmy Reed. Il expire dans les aigus de la même manière, pendant que Kashmar assure les parties de basse sur son instrument. Son maître à souffler est incontestablement Little Walter. Sans surprise, Mitch reprend son "Up the line". Il fait honneur à son ancien maître du Southside de Chicago. Il est hanté par son génie. Et c'est limite si on se rend compte de la présence de Junior Watson et de Rusty Zinn sur la même scène.

 

Jackie Payne Steve Edmonson Band

Master of the game

Écrit par

Jackie Payne est originaire de Georgie. Il s’est converti au blues il y a bien longtemps. Lorsqu’il vivait à Houston. Aujourd’hui il compte déjà plus de 40 années d'expérience au sein de l’univers musical. Il a chanté pendant 15 ans au sein du Johnny Otis Revue. Il a notamment accompagné T-Bone Walker, Pee Wee Crayton, Lowell Fulsom et quelques autres. Steve Edmonson est un guitariste qui compte également une longue carrière derrière lui. Il a ainsi apporté son concours aux cordes pour James Cotton Syl Johnson et Luthrer Ticker. Ces deux comparses s'étaient retrouvés chez les Dynatones, à San Francisco, avant de décider de faire route ensemble. Un premier elpee, "Partners in the blues", était paru en 2003 sur le label Burnside. Le backing band bénéficie d’une solide section rythmique, dont Nick Otis, le fils de Johnny. Mais aussi des Sweat Meet Horns, du saxophoniste Green, du trompettiste John Middleton et du claviériste John Thomas.

Le PE Band démarre fort en imprimant un rythme boogie sur "Mean evil woman". La voix riche de Jackie Payne interpelle immédiatement. Soutenu par l’ensemble des cuivres, il se montre très à l’aise sur ce tempo emballé. Le titre maître place définitivement l'ensemble sur orbite. La formation s’y montre déjà au sommet de son art. Un R&B qu'on n'entend plus guère de nos jours. L'orgue Hammond et les cuivres sont bien présents. Edmonson est sur la bonne rampe de lancement. Il en profite pour dispenser un solo très incisif, dans l’esprit de l'Electric Flag de Mike Bloomfield et Barry Goldberg, une formation emblématique de la fin des 60s. "The real deal" entretient ce répertoire musclé. Un blues tout en rythme au cours duquel les musiciens respirent la joie de vivre. John Thomas est passé au piano. Carl Green se révèle impérial sur son saxophone ténor. Payne possède une voix susceptible de s’adapter à tous les rythmes et tous les styles. Plus atmosphérique que celle d'Otis Redding, elle s'adapte facilement au Memphis R&B, coloration Stax, sur la ballade "A fool named me". Signé Steve Cropper et Eddie Floyd, "Just the one" nous remémore de grands moments du passé. Ou plus exactement des mythes. Et en particulier ceux d’Otis, de Wilson Pickett et d’Eddie Floyd. Inspiré par le blues urbain chicagolais des fifties, "Woman in Kansas City" est introduit par un riff saignant cher à Elmore James. Un exercice de style particulièrement réussi. Faut dire que la cohésion manifestée par les musiciens est absolument remarquable. De Chicago, la musique s'enfonce dans le Westside pour épingler "Sweet landlady". Il est vrai que la voix magique, naturellement soul de Jackie Payne est parfaitement adaptée à ce style. Soutenue par les cordes d'Edmonson, cette plage est hantée par l’esprit du légendaire Magic Sam. "Black cat roun' my do" opère un retour dans le R&B de première classe. La machine est parfaitement huilée. La voix est ici au sommet de son art. Un organe également taillé sur mesure pour chanter le blues lent, brûlant, torride. A l’instar de "Wake me up in San Francisco". Plage instrumentale, "Cabranito" est calibrée sous un format proche du BB King band des 60s. Fred Kaplan est installé derrière le piano. Edmonson y étale tout son bio hérité en ligne droite de BB et Clarence Gatemouth Brown. Cet excellent opus de blues et de R&B s’achève par le "I'll take care of you" de Brook Benton, une plage lente, savoureuse, royale même, qui figurait au répertoire du Bobby Blue Bland…

 

 

Jaune Toujours

cluB

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On a beau dire ce que l’on veut. La Belgique unie à encore de beaux jours devant elle, comme en témoigne l’admirable collectif néerlando-francophone Jaune Toujours. Bilingue dans le texte, multiculturel dans l’âme, la formation bruxelloise répond à la demande de ses fans en leur offrant leur première œuvre enregistrée en public. Du son et de l’image. D’abord le son. Belle entrée en matière, « cluB » est introduit de la plus festive manière qu’il soit par un morceau (quasi) instrumental sobrement intitulé « Intro » où saxophones, clarinettes et autres trompettes se déchaînent. Enregistré en mars 2006 au… Club de l’Ancienne Belgique, ce live invite bien entendu à la fête, mais également à l’ouverture d’esprit sur des textes tendrement belgo-belges (« An Der Lecht », « Ici Bxl ») et des ambiances que ne renieraient pas les Ogres de Barback. En 18 morceaux à la fois dansants et touchants, le combo prouve qu’il n’a pas volé sa réputation. Côté image, le DVD bonus contient la version visuelle de quelque uns des titres audio du CD, ainsi que trois clips vidéo dont l’amusant et spontané « Ici Bxl » enregistré dans les rues de la capitale. Pour tous les brusselaires et, surtout, les autres !

 

 

 

Johann Johannsson

IBM 1401, A User´s Manual

Après avoir concocté deux opus pour le compte du label anglais Touch (« Englabörn » en 2002 et « Virthulegu Forsetar » en 2004), l’Islandais Johann Johannsson ose l’album concept : une histoire d’intelligence artificielle, d’ordinateur capable de jouer de la musique sans soutien extérieur, bref de machine et d’âme, à la « 2001 », avec à la place de HAL l’IBM 1401, l’un des premiers ordinateurs importés en Islande, dans les années soixante. A l’époque l’ingénieur chargé de sa maintenance s’appelait Johann Gunnarsson… le père de Johann Johannsson. C’est lui qui se rendit compte du potentiel musical de l’IBM 1401, avant qu’il ne devienne obsolète et soit détruit en 1971. En hommage à son père et à son travail de technicien mélomane, Johannsson s’est donc amusé à juxtaposer réminiscences électroniques de l’IBM 1401 et strates orchestrales qui rappellent Gorecki et Gavin Bryars. Le résultat sonne comme une longue pièce mélancolique qui laisse rêveur, malgré les interférences désuètes d’une voix digitale supposée d’un autre âge (« Printer », « The Sun’s Gone Dim And The Sky’s Turned Black »). Ballet mécanique aux confins de la musique contemporaine et de l’ambient électronique, ce ‘manuel de l’utilisateur’ est à manier prudemment. S’il évoque la fameuse thématique de l’ordinateur capable de réfléchir sans l’aide de l’être humain, il n’en reste pas moins un disque composé par l’homme, pour l’homme. 2006, odyssée de l’espace RAM ? Un petit back up et la vie continue !

 

 

Isis + Aereogramme

In the Fishtank 14

Quatorzième volume des sessions In The Fishtank, dont l’objectif est d’inviter dans un studio des musiciens d’horizons (plus ou moins) différents, qui se doivent ensuite d’écrire des morceaux ensemble, a priori pour le meilleur (mais parfois pour le pire). On aurait pu croire qu’entre les Américains d’Isis et les Anglais d’Aereogramme le ton allait vite monter et donner naissance à un monstre… Pas de bol : ces vingt minutes de collaboration s’avèrent plutôt mid-tempo, comme si les types de Konkurrent avaient versé du Xanax dans leur thermos pour éviter que l’enregistrement vire au pugilat metal. Les trois titres ici présents sonnent donc comme du post-rock à peine atrabilaire, qui peine à décoller malgré les vocalises de Craig B. (« Low Tide ») et d’Aaron Turner (« Delial »). S’ils n’y allaient pas de leurs envolées quasi lyriques on aurait d’ailleurs beaucoup de mal à discerner qui a fait quoi, tant l’univers respectif de chacun des deux groupes semble s’être effacé au profit du collectif. C’est bien là le principe d’In The Fishtank, et on ne va pas s’en plaindre. Dommage qu’ici le résultat soit si vaseux et l’ennui bien palpable : au lieu de se chercher des poux et de se pousser l’un l’autre dans leurs pires retranchements, Isis et Aereogramme ont préféré opter pour le consensus mou. Dommage.

 

 

Mito Hatori

Ecdysis

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Après s’être illustrée au sein de Smokey & Miho participé en tant qu’invitée chez Gorillaz (sur l’éponyme) ou Beastie Boys (sur « Hello Nasty »), la jolie moitié de Cibo Matto, Miho Hatori délivre un premier album solo 100% organique et tout en subtilités. « Ecdysis » est une invitation à pérégriner dans un monde naturel, où forets et autres espaces verts refusent de céder leur place à d’immondes buildings. Un monde où les insectes font la loi et peuvent procéder à leur ‘ecdysis’ (synonyme de mue) sans se soucier des humains. Occasionnellement, ces derniers se rassemblent pour célébrer leur liberté au son des psaumes qui rassérènent : « Sweet Samsara Part I », « Today Is Like That » ou encore « The River Of 3 Crossings ». Si, vocalement, Miho Hatori fait irrémédiablement penser à Björk, leurs univers sont cependant incomparables. Accompagnée de Sebastian Steinberg et Mark de gli Antoni, deux ex-musiciens des regrettés Soul Coughing, la Japonaise fredonne tantôt en anglais, tantôt dans sa langue maternelle (« A Song For Kids » et une partie de « Amazona »). « Ecdysis », inclassable et magnifique offrande à la nature, suscite une impérieuse envie de ballade interminable, loin des villes…

 

Hellwood

Chainsaw of life

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« Thank You, Lord ». Premier titre de « Chainsaw of life ». Voix rauque. Mélodie prenante. Les chœurs qui débarquent font l’effet d’anges déchus venus s’emparer de vous. Augmentez le son et vous obtenez un aller simple pour le royaume des ténèbres. Deuxième titre: « Fireworks Factory ». Envoûté, vous vous apprêtez à y mettre les pieds. Vient alors « A man Loves his wife ». Changement de décor. Les voix se font douces, enivrantes. C’est que Hellwood, supergroupe formé de Johnny Dowd, Jim White et Willie B, sait surprendre. Chansons cauchemardesques, mélancoliques ou plus délirantes (« Alien Tongue », « Chicken Shack » ou « Spider in the bed ») s’enchaînent de manière presque naturelle. Les thèmes récurrents ? Dieu, le diable, la mort. De quoi aider à la noirceur du disque. Johnny Dowd le dit lui-même dans un de ses textes en hommage à Thomas Dorsey et en référence au gospel: ‘devil music is all that I know’ (« Thomas Dorsey »). Fidèle à lui-même, le trio nous sert quelques derniers moments sombres pour terminer par le succulent « Dream On ». Quelques notes discrètes de banjo, des voix douces et mélodieuses. La nuit touche définitivement à sa fin. Mais quelle nuit!

 

 

 

Hey Willpower

P.D.A.

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Imaginez TLC, Justin Timberlake, Ciara et Prince invités à une sex party organisée par Gravy Train!!!! et Le Tigre. Une soirée bien arrosée où le mot d’ordre serait le mélange des genres, dans tous les sens du terme. Impossible ? C’était sans compter sur les pouvoirs lubriques de Hey Willpower, quartet queer mené au fouet par Will Schartz. « P.D.A. », concentré d’indietronica et de pop lascive à tendance curieusement R’n’B, caresse dans le sens du poil et léchouille là où ça fait du bien. S’ouvrant par « Hundredaire » et une intro à la Cure qui dévergonderait la plus frigide des âmes, « P.D.A. » se poursuit sur des aphrodisiaques « Not Trippin’ », « Silent Ring » et « Too Hot ». « Uh-Uh-Uh », climax de cet œuvre charnelle, résume parfaitement celle-ci en quelques mots : ‘Everybody get on the floor ! / Everybody wanna Uh-Uh-Uh !’. Le temps d’une infidélité à Imperial Teen, Will Schwartz, accompagné de son musicien Tomo Yasuda et de ses danseurs Erin Rush et Justin Kelly, balance donc une orgie auditive étonnamment détonante, forcément jouissive et agréablement obsédante. Bref, de quoi passer l’hiver bien au chaud sous la couette. Et plus on est de fous…

 

 

 

Epolo

Arrêter le temps

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Epolo est auteur-compositeur-interprète. Originaire de Kinshasa, il s’est installé en Belgique à la fin des années 70. Il nous propose son premier album, intitulé « Arrêter le temps ». L´artiste, que l´on a pu voir cet été aux Francofolies de Spa ou encore aux fêtes de Wallonie à Namur, dispense, tout au long de cet opus, de la variété française ‘classique’. Rien d´étonnant lorsqu´on sait qu´il avoue pour influences majeures des références du genre, à l´instar d´Edith Piaf, Georges Brassens, Francis Cabrel ou encore Jean-Jacques Goldman. Le titre « Avancer » nous rappelle d´ailleurs ce dernier. Hormis deux ballades (« Un jour sans partir », « Sans impair amer »), les mélodies, discrètement ponctuées de notes de reggae ou de soul, sont en général assez dynamiques. Les textes puisent leur inspiration dans des sujets tels que l´amour (« Code secret », « Je suis venu te dire »), la société (« C’est presque rien », « La droiture ») ou les épreuves à traverser (« Il faut oser », « Arrêter le temps », « Avancer »). Même si on tombe facilement sous le charme du timbre du chanteur, évoquant celui de Yannick Noah, l´ensemble manque quelque peu d´originalité et donne parfois la sensation de ‘déjà entendu’. Il faut, en outre, également déplorer la pauvreté de certains textes (« Envie de soleil », « Code secret »). Malgré ces bémols, on sent que l´artiste a du potentiel. Laissons lui donc encore un peu de temps afin de nous convaincre définitivement…

 

Deftones

Saturday Night Wrist

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Après le résultat mitigé de l’éponyme, trois ans auparavant, fans et critiques attendaient Deftones au tournant. Au vu d’une sortie sans cesse repoussée et d’un single porte-drapeau pas vraiment exceptionnel, additionné à l’un des plus mauvais clip vidéo jamais réalisé (« Hole in the Earth »), on aurait pu légitimement penser que le pire était à venir. Cette bonne blague ! Entre deux ou trois repas concoctés par sa jolie et tendre moitié, Chino Moreno a trouvé le courage de passer la porte du studio pour rejoindre ses quatre confrères californiens et créer l’une des plus belles œuvres du groupe. « Saturday Night Wrist » est ce qu’on pourrait qualifier de chaînon manquant entre « Around The Fur » et « White Poney ». Entre hymnes brut de décoffrage (« Rapture », « Rats!Rats!Rats! », « Combat ») et odes prodigieusement salvatrices (« Beware », « Cherry Waves », « Rivière »), les Deftones se renouvellent et surprennent sans cesse, là où d’autres stagnent lamentablement sur les mêmes notes et les mêmes thèmes (Korn, pour ne pas les citer). Vocalement, Moreno déploie plus que jamais un arsenal d’émotions toujours bien placées. Une simple écoute de l’époustouflante tirade d’adieu « Xerxes », belle à en pleurer, suffit à en témoigner. Ce cinquième ouvrage, agrémenté d’un magistral morceaux instrumental (« U,U,D,D,L,R,L,R,A,B,Select,Start »), compte la discrète mais dispensable présence de Serj Tankian (System Of A Down) sur un « Mein » efficace. Moins timide, Annie Hardy (Giant Drag) partage le micro de Chino sur le politiquement incorrect « Pink Cellphone », titre tièdement accueilli par les fans. En cause, un son trop Team Sleep-esque et le monologue final d’Annie Hardy, très cru mais pourtant hilarant (à condition d’être amplement second degré). Ayant pour sujet la sodomie à l’anglaise, ce dernier a tout simplement été amputé de la version finale du disque. Il n’est d’ailleurs inclus que dans la version ‘Parental Advisory’, disponible uniquement aux States et, roulement de tambours… en Grande-Bretagne. Si « White Poney » reste inégalable, « Saturday Night Wrist » devrait réconcilier les fans déçus de l’éponyme. Un joli 4 sur 5 pour la discographie d’un combo dont la virtuosité s’amplifie à la même allure que le tour de taille de son leader...

 

 

Depeche Mode

Best Of Vol.1

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Il n’est plus besoin de présenter cette formation mythique, inspiratrice d’une époque avant-gardiste et révélatrice d’un son synthétique qui lui est propre. On ne présentera pas non plus la voix charismatique de Dave Gahan ni les compositions efficaces et accrocheuses de Martin L. Gore tant leur succès fut retentissant, tant leur discographie est saisissante. Une dizaine d’albums, des collaborations remarquables (le producteur Mark Ellis aka Flood sur les albums phares « Songs of Faith and Devotion » et « Violator » mixé par François Kevorkian) viennent s’ajouter aux multiples reprises de titres devenus cultes. Cette reconnaissance place la formation dans la cour des grands, dont certains (Johnny Cash, Marilyn Manson, Placebo, Rammstein etc.) les rebaptisent par des covers, « Personnal Jesus » figurant incontestablement en tête. Une popularité qu’ils atteignent grâce à l’élaboration d’hymnes authentiques tels « Enjoy The Silence », « Never Let Me Down Again » et le développement de sons synthétiques mélodiques, rythmiques et percutants comme le fameux « Just Can’t Get Enough ». Résultat d’un travail précurseur sur leur époque. Ce Best Of n’est que la première partie d’une rétrospective de la carrière du groupe depuis ses débuts en 1981 soutenu depuis toujours par Daniel Miller du label Mute Records. Résistant aux nombreuses fluctuations (les départs d’Alan Wilder, un des piliers du groupe, pour son projet Recoil ou Vince Clarke pour Erasure), le combo survit. Gahan et Gore continuent de perpétuer leur image et de sculpter davantage leur son en s’entourant de musiciens talentueux, notamment Peter Gordeno (synthés, guitare). La musique de Depeche Mode, c’est d’innombrables singles qui ont marqué la scène electropop et qui pérennisent malgré une certaine évolution musicale. Symbolisant une référence immortalisée dans le panthéon des groupes emblématiques d’une époque, Depeche Mode est indubitablement présent.

 

Various Artists

Nobody. Revisions Revisions : The Remixes 2000-2005

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Aux dernières nouvelles, Elvin Estrela, alias DJ Nobody, fricotait du côté de Mystic Chords of Memory (le groupe de son ami Chris Gunst). Aujourd’hui, on le retrouve producteur, seul derrière les mannettes, remixant amoureusement les travaux de quelques acolytes notoires. Busdriver, Her Space Holiday, The Postal Service, Clearlake et autres Clue To Calo écoutent ainsi leur morceau sous un jour nouveau.

« Revisions Revisions : The Remixes 2000-2005 » ne constitue pas réellement un album de Nobody. Il s’agit davantage d’une vaste compilation de remixes façonnés pour ses potes entre 2000 et 2005. Et si le garçon aime mélanger les sons (jazz, hip-hop et electro de préférence), ce disque ne reflète pas spécialement son côté aventureux et expérimental. Les remixes proposés par Nobody ne tentent jamais le grand écart. Ici, pas de folie. Mais de jolies chansons lustrées et gracieusement remodelées par cet artisan tout-terrain. L’univers des projets remixés n’est vraiment guère affecté par la touche de l’artiste. Voilà sans doute le (gros) point faible de ce « Revisions Revisions : The Remixes 2000-2005 ». Pour le reste, c’est une compilation idéale pour se détendre, la tête dans les étoiles, les doigts de pieds en éventail.

 

Various Artists

Thirsty Ear Blue Series Sampler

Il y a trente ans naissait aux States Thirsty Ear, d’abord société de distribution (pour des labels anglais comme Beggars), puis label à part entière dès 1990. ‘Blue Series’, sous-label dédié au jazz sous ses formes les plus aventureuses, est né d’une rencontre entre le pianiste ‘nu-bop’ Matthew Shipp et l’ex-Black Flag Henry Rollins. Leur volonté : dévergonder le jazz en le confrontant à d’autres genres musicaux, comme le rock, l’électro et le hip hop. A l’instar d’ECM dans les années 70 ou de Blue Note dans les années 60, Thirsty Ear parie donc sur l’innovation, l’échange et la transmutation. « The shape of jazz to come » : c’est donc ici que ça se passe, avec des artistes comme William Parker, Tim Berne, David S. Ware ou encore Nils Petter Molvaer. Sur cette compile l’on retrouve également Sex Mob, John Medeski, Meat Beat Manifesto, Carl Hancock Rux, Eri Yamamoto, DJ Spooky et Dave Lombardo, Mike Ladd, Beans (Antipop Consortium), The Yohimbe Brothers,… Bref du jazz, et bien plus, parce qu’il n’est pas question pour ces artistes de se laisser étiqueter et de tourner en rond... Il reste encore tellement de terrain à défricher !