La manille pour bébé de Panic Shack

Fondé en 2018, Panic Shack eéunit Sarah Harvey, Meg Fretwell, Romi Lawrence, Em Smith et Nick Williams. La formation a décidé de défier l'atmosphère exclusive des scènes indie et punk dominée par les hommes. Sa musique est décrite comme explosive et…

Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare,…

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La couleur intérieure de The Intemperate Sons…

The Intemperate Sons a fait irruption sur la scène rock alternative de Dallas (Texas), à l'été 2019, se distinguant immédiatement par un son mêlant riffs de guitare brûlants, mélodies obsédantes et profondeur émotionnelle brute. En 2021, son talent…

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Oxmo Puccino

Lipopette bar

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Oxmo Puccino sur Blue Note : de quoi mettre l’eau à la bouche. Pour ceux qui ne sont pas coutumiers du Black Mafioso, sachez que le sieur Puccino est une des plus fines lames du rap français. Je sais, l’expression ‘rap français’ peut faire fuir. Jetez une oreille attentive à « Opéra Puccino », son premier album, et vous verrez que Fun Radio n’a rien compris à rien. Que les choses soient bien claires : nous parlons ici d’un véritable parolier, au timbre de voix servant une histoire de gangsters que ne renierait pas Guy Ritchie (celui de « Arnaques, Crimes et Botanique », la bonne période, et non pas la suivante…)

Surtout, le président du Club des Black Millionnaires, ex-fer de lance de la mythique écurie Time Bomb. Il a le don de la narration. Embarquement immédiat pour le « Lipopette Bar », un bouge douteux où se croisent différents personnages hauts en couleurs. Oxmo nous conte les mésaventures de Tito, Pile Ali, Billie, Yago, Barbie, Tookie et bien d’autres, accompagné de main de maître par les Jazzbastards, Aristochats des temps modernes. Ca sent les volutes de cigares et les vapeurs de whisky, le tripot et les magouilles. Le Lipopette Bar, c’est un peu le repère de Rattigan, en plus dangereux. Ca tire dans tous les sens, ça parie gros. Ca s’embrouille et ça trahit. Puis tout à coup, le cd s’arrête, je reviens à la réalité. Sur un coup de poker, Oxmo et les Jazzbastards ont raflé la mise. Coup de bluff ? Détrompez-vous, tout a été savamment calculé. Et ils n’ont même pas payé leurs consommations.

Nery & Belgistan

Nery & Belgistan

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Le Belgistan est un pays où il fait bon vire, sorte de village de Schtroumpfs où les petits hommes bleus seraient remplacés par des petits hommes belges. Un pays qui aime la fête et la tradition, les fanfares et les trublions. Un pays plat dont la religion est essentiellement sonore et promet monts et merveilles à quiconque s’y aventure en espérant être surpris. Le Belgistan, c’est aussi un ensemble de musiciens à l’humeur noire, jaune ou rouge (selon la saison) qui, par un beau matin, a séduit les oreilles d’un dénommé Néry, enfant de tout pays et parolier vagabond. La rencontre a été intense. Le vœu de convoler en justes noces était sincère. Inévitablement, ils se sont mariés et ont eu un enfant qu’ils ont appelé… « Belgistan ». Dans leur jolie maison, ils ont installé une trompette, une guimbarde, un harmonica ou un saxophone, autant d’objets fascinants qui n’allaient servir qu’une seule cause : décorer la hargne poétique de monsieur Néry. Il ne restait plus qu’à celui-ci à lâcher ses mots touchants et à murmurer ses impressions sur ce temps qu’on ne rattrape jamais, ‘à la dérive, aux lois des foules’. Vu de l’extérieur, leur petit univers ressemblait tantôt à celui de Daniel Hélin, tantôt à celui de Thomas Fersen. Mais il fallait regarder un peu plus loin et observer la liste des invités pour enfin tout comprendre. Car pour rendre le lieu aussi agréable qu’incontournable, ils avaient invité Mathieu Chédid et Olivia Ruiz à leur table. Ensemble, ils se sont mis à refaire le monde. Un monde où les hirondelles font le printemps, l’été, l’hiver et l’automne, improvisant leur voyage et leurs naufrages. Néry et le Belgistan ont décidé qu’ils étaient faits l’un pour l’autre et ont fini leurs jours ‘comme des amants banals’...

My Brightest Diamond

Bring Me The Workhorse

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Shara Worden se cache derrière My Brigtest Diamond. Le diamant véhicule ses nombreuses représentations : brillance, intensité, richesse et consistance. De tous temps, ces attributs ont fait rêver les femmes et débourser les hommes. Certes. Mais qu’en est-il de la pierre précieuse proposée par Shara Worden ? Sur « Bring Me The Workhorse », son premier album, la jeune femme se pose à la croisée du rock et de la musique classique. Sa section rythmique, très rock, la pousse à hausser le ton. Puissante, parfois criarde, sa voix évoque l’emphase de Jeff Buckley, la théâtralité d’Amanda Palmer (The Dresden Dolls). Au final, son goût immodéré pour le dramatisme d’opérette la rapproche davantage d’Anthony And The Johnsons que de CocoRosie. Accompagnée d’un véritable orchestre (violon, violoncelle, contrebasse, flûte, guitare, batterie, etc.) Shara met en lumière une impressionnante palette d’émotions, trop souvent poussée à l’extrême. Certaines chansons véhiculent ainsi une mélancolie colérique captivante (« Golden Star »). D’autres, au contraire, ressemblent à des comptines chantées pour un Walt Disney halluciné (« Disappear »). Bref, même si les diamants sont éternels, My Brightest Diamond ne nous laissera pas un souvenir impérissable.

Matmos

The Rose Has Teeth In The Mouth Of A Beast

Pour Drew Daniel et M.C . Schmidt, musique = politique. Depuis leurs débuts, ces deux agitateurs sonores n’ont jamais cessé d’interroger la société en usant de la musique comme vecteur intellectuel, historique, physique. « The Rose… » se veut une série de portraits en hommage à quelques-uns de leurs idoles, de Ludwig Wittgenstein au Roi Ludwig II de Bavière. Pour arriver à leurs fins postmodernes, Daniel et Schmidt ont rassemblé des objets de la vie de ces personnalités pour en extraire la sève musicale. Une sorte de grand raout à base de sampling, de bruitages divers et de ‘mickeymousing’, dont la méthode interpelle davantage que le résultat. « Roses And Teeth For Ludwig Wittgenstein » se construit ainsi sur base d’une phrase déclamée extraite d’un livre du penseur, selon laquelle une ‘rose aurait des dents’. On y entend la phrase, sur un lit de samples de roses et de dents manipulées par le duo. « Steam And Sequins For Larry Levan » se révèle le morceau le plus dansant du lot, à la Metro Area. Rien de plus normal, puisque Larry Levan est une figure légendaire du disco, l’un des premiers DJ’s en tant que tel. La structure rythmique de « Tract For Valerie Solanas » repose sur des bruits de ciseaux, de couteaux, de vagins en plastique et d’utérus de vache. Pour rappel, Solanas voulait ‘détruire le sexe masculin’ (c’est répété dans le morceau), d’où l’utérus de vache : quand tu souffles dedans à pleine bouche ça fait un son bizarre, ici catalogué. CQFD. L’hommage à James Bidgood (le réalisateur de « Pink Narcissus », film gay culte) est construit à partir de piano, de cordes (de l’American Contemporary Music Ensemble) et du bruit amplifié du sperme de Daniel qui tombe sur une feuille. C’est Antony (d’Antony & the Johnsons) qui chante. « Snails And Lasers For Patricia Highsmith » ? Des escargots traversent un tube de glace, transpercé par des lasers connectés à un theremin. Quand la bête entre en contact avec le laser, il enclenche le theremin. L’auteur adorait les escargots, et si le morceau évoque du ‘jazz noir’ (dixit Matmos), c’est évidemment parce que Highsmith écrivait des polars. « Germs Burn For Darby Crash » se base sur des bruits de brûlures : celles de cigarettes, sur le bras de Daniel. C’est Don Bolles, l’ancien batteur des Germs, qui le torture. Un bel hommage à ce jeune punk de Darby, mort à 20 ans d’une overdose volontaire. « Solo Buttons For Joe Meek » mixe cordes sépulcrales (du Kronos Quartet) et surf music, tandis que « Rag For William S. Burroughs » rappelle la transe des Jajouka (et donc ses voyages africains). Détail amusant : le morceau commence comme un ragtime (piano et bruits de machine à écrire), avant d’être interrompu par un coup de revolver et de virer tribal. Ce coup de revolver renvoie sans doute au morceau qui le précède, puisque Joe Meek s’est suicidé en 67 en se tirant une balle dans la tête… Elémentaire, mon cher Watson ! Dommage que Matmos ne soit pas fan de Sherlock Holmes (pourtant gay refoulé) : avec des pipes (sic), un manteau de tweed et quelques sachets d’Earl Grey, ils auraient pu signer un tube.

Mekon

Something Came Up

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L’electroclash est mort. Place au revival Big Beat. Et bordel, ça décrasse ! Si t’as toujours voulu organiser une rave party dans ton salon ou dans ta chambre à coucher, « Something Came Up » est l’accessoire idéal pour faire trembler les murs ! Croisement parfait entre un Leftfield déjanté et un Prodigy au plus haut de sa forme, Josh Gosling alias Mekon et ses invités (et non des moindres) balancent une suite de beats bourrus à souhait qui n’ont absolument plus rien à voir avec le hip hop de « Relax With Mekon » (2000). La respiration haletante de Philipa Horan, ouvrant les hostilités sur « Boy Bitten » annonce la couleur : il va falloir retenir votre souffle, les amis.

Bobby Gillespie et Alan Vega rejoignent ensuite le DJ pour un « Blood On The Moon » schizophrénique avant de laisser place au gros dossier de ce recueil. « Yes Yes Y’all », mené au fouet par Roxanne Shante (déjà présente il y a six ans sur l’indémodable single « What’s Going On ? »), est tout simplement un condensé d’énergie pure, une orgie de sons bruts. Sa basse hallucinatoire ferait passer la plus psychotrope des pilules pour un tic-tac. Que ce soit seul (« G.S.E. », « Show Mercy ») ou en compagnie d’invités de marque (Marc Almond sur le bien nommé « Delirious »), qu’il fasse dans le neuf ou dans le recyclage (« D-Funktional », collaboration entre l’artiste et Afrika Bambaataa datant de 2004), Mekon maîtrise avec génie un genre trop longtemps laissé pour compte. Se clôturant par un étonnant et décalé « K.Blues » aux limites du country blues, « Something Came Up » s’inscrit certainement comme la chose la plus intéressante, voire la seule chose, qui soit arrivé au Big Beat depuis « Fat Of The Land » et « Dig Your Own Hole ». Fatboy Slim, The Chemical Brothers ou encore Prodigy peuvent tranquillement aller se rhabiller.

 

 

Janet Jackson

20 Y.O.

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Il était une fois, dans le lointain et merveilleux pays du R’n’B, une jeune princesse nommée Janet. La fillette, petite dernière d’une lignée de 9 rejetons, rêvait en secret d’une vie de star où, comme ses frères, elle crèverait l’écran et ferait crépiter les flashs. Mais il n’est point aisé de briller dans pareille famille. Chez les Jackson, on court vers les feux de la rampe avant même d’apprendre à marcher, et la pauvre Janet peine à décoller. Ses deux premiers albums passent à la trappe, elle est la risée de tout le royaume, mais elle s’accroche… Son destin sera fait de strass et de paillettes ou ne sera pas !

L’année 1986 marque l’envol de sa carrière avec `Control´, troisième essai finalement concluant. Le rêve de notre petite princesse devient réalité et la voilà catapultée au devant de la scène ! La belle enfant, naïve et innocente, avance en sautillant sur le chemin de la gloire. Elle fredonne « When I think of you », ses yeux pétillent, elle est heureuse et bientôt riche… Son succès la porte vers un second album (« Rhythm Nation 1814 » en 1989), puis un troisième (« Janet » en 1993). Les tubes s’enchaînent et squattent les hauteurs du Top 50 : « Miss You Much », « Love Will Never Do (Without You) », « That's The Way Love Goes », « If » et le fameux « Together Again »… La petite Janet Jackson a réussi ! La princesse est désormais sexy voire sulfureuse. Elle est devenue reine.

Mais le bonheur est éphémère et le succès difficile à apprivoiser. « The Velvet rope », son quatrième opus, est accueilli avec moins d’enthousiasme, tout comme les suivants d’ailleurs. Les singles « Whoops now » et « Got 'til it's gone », bien qu’assez sympathiques, n’y changeront rien… Janet n’a plus la cote. Au pays du R’n’B, la nouvelle se répand en un souffle et les prétendantes au trône de la diva déchue ne tardent pas à se presser au portillon. Parmi les plus remontées on trouve, entre autres, Britney et Christina, la fée Beyoncé et ses Destiny’s Child, la bombe Jennifer Lopez, ou encore Diam’s (euh…) ! L’affrontement est inévitable… Les deux blondasses se ruent sur la coiffe de Janet et lui arrachent ses extensions ! Au même moment, J-Lo surgit derrière elle et lui assène deux claques sur le haut de l’oreille. La cadette des Jackson a beau se démener, les petites nouvelles sont trop nombreuses et elles en veulent. Elle signe « All for You » puis « Damita Jo » mais rien n’y fait, la raclée continue. Sans crier garde, Beyoncé assoit son ‘bootylicious’ sur la tête de Janet, les Pussycats Dolls la ruent de coups et Rihanna, dernière venue sur le marché, lui griffe les implants. Notre héroïne n’en peut plus, sa vie lui échappe, elle est méconnaissable… Son sein droit en vient même à faire une tentative de suicide, en direct à la télévision et en plein Superbowl ! Dans un dernier soupir, elle sort un « 20 Y.O. » insipide. Même Nelly, venu l’aider sur le single "Call On Me", se fait rosser par les furies du R’n’B et ressort la joue égratignée. La légende raconte que cette dernière phrase de Diam’s a été fatale à Janet : ‘Rien que tu ris, rien que tu teases, rien qu'tu te prends pour Alicia Keys…’ Sale temps pour les princesses !!!

Jawbone

Hauling

Écrit par

Alias Jawbone, Bob Zabor est issu de Detroit, la Motor City. Un ‘one man blues garage punk band’, une définition qui correspond bien au personnage. Dont le style sauvage, primaire, caractérisé par un son garage, libère une fameuse dose d’énergie punk. Bob définit sa musique comme du ‘post-last war pre-next war blues’. Ce qui ne veut pas dire grand-chose. La toile de fond appartient pourtant bien au blues. Il avait commis un premier album en 2003 : "Dang blues", un opus qui avait attiré l’attention du célèbre et regretté DJ anglais, John Peel. Cette situation allait lui permettre de signer sur le label anglais Loose Music responsable de la distribution de ce premier elpee ; et puis d’un second deux ans plus tard : "Hauling".

L’homme-orchestre ne se prend pas trop sérieux. Il se secoue pour créer ses propres percussions. Sa voix est directe, très présente, nullement sophistiquée. Il joue nerveusement de sa guitare déjantée. Son harmonica hurle à la première alerte. Dès les premiers accords de son "Dose of powder", nous entrons de plein pied dans l'univers chaotique de Jawbone. Il ne s’accorde guère de répit tout en célébrant son mal être à tue-tête. Des cris furieux traversent "Doney holler". L'harmonica détonne. Un peu comme si Sonny Terry avait fumé une bonne partie de la moquette. C'est pourtant le 'whoopin' sound’ de ce dernier qui définit la référence de cette attaque en règle. L'artiste ajoute - mais est-ce encore possible ? - une dose de fureur et martèle son bottleneck pour livrer un puissant "Bullcat", un delta blues psychotique! Parfois, Jawbone concède l’une ou l’autre compo plus abordable. Et je pense tout particulièrement à "Jump jump", un instrumental magnétique, irrésistible, dynamique et participatif. Au cours de cette plage il démontre qu’il est un musicien habile et doué. Signé Roger Miller, l'excellent "Chug a lug" est de la même veine. Il y manifeste l’enthousiasme qui hantait les Stones originels, mais sur le rythme d'un Jimmy Reed dopé! Il peut également manifester de la tendresse. Et notamment lorsqu’il chante "John said" en s’accompagnant à la guitare acoustique. Il l’interprète comme un vieux bluesman devant son pavillon minable et poussiéreux du Mississippi, d’une voix de fausset, plus proche de Mick Jagger que de Muddy Waters! Son côté primaire est chez lui un gage d'authenticité. Il pourrait pénétrer dans n'importe quel juke joint de Clarksdale et y mettre le feu à l’aide de son bottelneck. A l’instar du savoureux "Trouble on my doorstep". Mais toute l’intensité manifestée par ce musicien éclate dès qu'il met un pied dans son garage. Faites le plein d'oxygène avant d'écouter des brûlots comme "Long dang discount Jesus teenage blues" ou encore le boogie métallique à la simplicité désarmante, "Saucy sauce". L’excitation y est à son comble. Personnellement, je me passe en boucle le monstrueux "Reap what you sow". Et je ne suis pas encore repu…

Frank Goldwasser

With the Alastair Greene Band

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Frank est sans aucun doute le pus célèbre des guitaristes de blues français. Il a fondé sa première formation début des 80’s : les Blues Blasters. Il est né à Paris. Mais en 83, à l’âge de 23 ans, il émigre aux Etats-Unis. En Californie, à Oakland très exactement. Il y rencontre Troyce Key, musicien et patron d’un club notoire du coin : l’‘Eli's Mile high Club’. Frank accompagne Big Mama Thornton, Charlie Musselwhite, Elvin Bishop, Sonny Rhodes, Jimmmy Mc Cracklin, Lowell Fulsom et quelques autres. En 1988, il commet son premier album : "Blues for Esther". Un disque édité sur le label belge Blue Sting. Mais sous le sobriquet Paris Slim ; un surnom qui lui a été attribué outre-Atlantique. En 96, il embraie par l'excellent "Bleedin' heart" (NDR : chez Globe), un disque co-produit par Joe Louis Walker. En 1998, Frank s'établit dans le sud de la Californie, du côté de Los Angeles. Il y côtoie d’excellents gratteurs locaux et collabore à la confection d’une flopée d’albums pour le label Fedora de Chris Millar. En 2001, il grave "BluJu" (Delta Groove/Crosscut), son meilleur album à ce jour. Philip Walker, Alex Schultz, Kirk Fletcher et quelques autres participent à son enregistrement. Depuis, notre Français s’est fixé à Portland, dans l'Oregon. Ce qui ne l’empêche pas de partir, régulièrement en tournée. Et de nous faire découvrir de nouveaux talents. Lors du Spring Blues Festival d'Ecaussinnes notamment, un festival au cours duquel il nous avait permis de remarquer le guitariste Lloyd Jones et le claviériste D.K Stewart. Il sévit souvent en Europe. Fin août, il était à l’affiche du Festival ‘Blues en Loire’. Soutenu par des musiciens français, il s’était produit sous le patronyme de French Blues Initiative. Frank adore partager la scène avec d'autres musiciens. Il a ainsi opéré un périple flanqué des Mannish Boys, un aréopage de talents issus de Los Angeles et du Down Home Super Trio, en compagnie de RJ Mischo et Richard Innes. Paru en 2003 sur Crosscut, l'elpee "In the house" en est le plus beau témoignage.

Ce nouvel opus a été enregistré au cours de l'hiver 2004. A Sante Barbara. Pour la circonstance, il a été épaulé par l'Alastair Greene Band. Alastair est également chanteur et guitariste. Un musicien davantage influencé par le rock. En particulier par Jimmy Page, Eddie Van Halen et Stevie Ray Vaughan. En 2002, il concocte un opus solo : "A little wiser". L'année suivante, il rejoint le célèbre batteur anglais Aynsley Dunbar en compagnie duquel il décide de remonter Retaliation, un blues band anglais que Dunbar avait fondé après avoir quitté John Mayall au cours des 60’s. Fin 2003, il grave un autre elpee solo : "Official bootleg : Live in L.A". En 2004, il partage régulièrement la scène avec l'harmoniciste Mitch Kashmar. Frank Goldwasser et sa section rythmique - Jack Kennedy à la basse et Tom Lackner aux drums – l’épaulent.

L'album s’ouvre par un instrumental alerte. Un boogie dynamique au cours duquel Frank laisse déborder ses accords de slide, à la manière des groupes instrumentaux nés au cours des sixties. Une leçon de réalisme ! L'album n’a guère été mis en forme. Le son est brut. Restitué tel quel par les musiciens. Et le résultat est tout fait convainquant. Reflétant parfaitement le blues qui les hante. Frank et Alastair sont sur la même longueur d’ondes, c’est évident. Franck chante comme jamais sans doute il ne l'a fait. Les protagonistes prennent leur pied. Et le "She's gone" de Hound Dog Taylor en est la plus belle illustration. Greene est debout sur les pédales pour attaquer le funky "I'm gonna wait", une compo signée Eddie Kirkland, l'ancien gratteur de John Lee Hooker. Les musiciens ne brident pas leurs impulsions. On sent très bien que la préparation a été sommaire, histoire de laisser libre cours aux improvisations et aux envolées des cordes. Et dans cet exercice, Goldwasser et Greene sont à leur affaire. Ils libèrent même une orgie de notes lors de "Wish I had never". L'album ne suscite jamais l’ennui. "Guitar Rumba" et le caressant "Sleepwalk" émargent à la surf music. On a même droit à une version paisible du rock'n'roll classique "Be bop a lula". Frank est un véritable prince de la slide lorsqu’il adopte la formule du blues lent électrique. Et tout particulièrement lors du "Too poor to die" de Louisiana Red. Il se révèle inventif également. A l’instar de "Goldwasser'sd dysfunctional blues #36" ou de "Jodie's back on the scene". Une œuvre sans grande prétention, mais loin d’être déplaisante.

Vincent Eyr

Duo Acoustique (Ep)

Écrit par

De son véritable nom Reneveyn Vincent Eyr est auteur-compositeur-interprète. Originaire de Bretagne il est influencé par divers courants musicaux (métal, gospel, soul, rock…). Après avoir commis un premier album en 2004 (« Alter ego »), un disque accueilli très favorablement par la critique, il nous propose « Duo acoustique ». Comme son titre l´indique, ce cd est constitué de compos jouées uniquement par deux guitares sèches. Des plages enrichies par la riche et agréable voix de l´artiste. Les mélodies des quatre titres proposés sont essentiellement sculptées dans le folk, même si elles nous emmènent parfois vers des rivages orientaux (comme dans « Tchao »). Les thèmes abordés sont aussi différents qu´intéressants : la tolérance (« Bizarre »), la rupture (« Tchao »), l´hypocrisie des dirigeants politiques (« Messie ») et l´absurdité du train-train quotidien (« Vide »). Un elpee haut en couleurs donc, à la rythmique nuancée et à l´écriture soignée. Et si vous avez envie de vous remuer et de chanter, je vous invite à vous plonger au sein du très bel univers sonore de Vincent Eyr…

Ecstatic Sunshine

Freckle Wars

Écrit par

Deux humains, deux guitares, une kyrielle de possibilités. Voici résumé le programme prôné par Ecstatic Sunshine. Originaires de Baltimore, dans le Maryland, ce duo américain opère l’improbable rencontre entre la technique de John Fahey et les déflagrations sonores de Mogwai. Agrippés à leurs six cordes tels des koalas cramponnés à un morceau de bambou, Matthew Papich et Dustin Wong se livrent un combat de tous les instants. Fender contre Fender. Cette bataille instrumentale débouche sur une musique hystérique, foutrement nerveuse. Les douze titres de « Freckle Wars » adoptent un schéma simple, bruitiste. Dans un premier temps, les guitares entament les hostilités à l’eau claire. Quelques arpèges viennent ainsi nous chatouiller les tympans. Trente secondes plus tard, l’embardée approche. Comme déchirées au LSD, les guitares écrasent le champignon. Toujours plus rapides, elles laissent échapper des distorsions délirantes. On frôle souvent le bad trip. Mais jamais trop longues, les chansons évitent habilement l’overdose. En compagnie d’Ecstatic Sunshine, nous célébrons une version punk de John Fahey. Et les effets de cette musique sont dévastateurs. La bouille hallucinée du chat posté sur la couverture du disque en atteste.

Errors

How Clean Is Your Acid House ?

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Electro dance punk ? Indie rocktronic ? Autant d’interrogations soulevées par la musique de quatre férus de post-punk en manque de sensations électroniques. James Hamilton, Stephen Livingstone, Greg Paterson et Simon Ward ressemblent à des étudiants modèles d’une Art-School de Glasgow. Chemise cintrée, frange peignée, col en ‘V’, futal moulant. Plutôt élégant. Leur premier mini album s’intitule « How Clean Is Your Acid House? » La question est posée. Mais sous acide, la réponse se passe de commentaires. Le trip sera donc instrumental. A ce jeu là, nos petits smileys hésitent entre la chaleur des guitares et la rigueur des laptops. Erigée en mode d’action, cette hésitation apporte aux Errors un flux créatif récréatif : pédales fuzz et riffs de guitare nerveux anesthésiés par quelques touches electro sorties de l’esprit cybernétique d’un laptop déjanté. En sept titres et moins d’une demi-heure, ces rejetons de la pilule ne commettent aucune erreur (Errors ?) notable. Ça vaut bien un petit coup de 'Klaxons', non ?

Depeche Mode

Touring The Angel - Live in Milan (DVD + Cd)

Vous étiez plus de deux millions à les voir sur scène enchaîner nouveaux titres et vieux tubes : la tournée promo de « Playing the Angel », le dernier album de DM sorti l’année dernière, s’est révélée comme à chaque fois (tous les 4 ans, en somme) une belle machine à thune. « Nous n’avons jamais connu autant de succès », confie d’ailleurs Andrew Fletcher dans le documentaire en bonus... Si DM vend moins de disques que dans les années 80, chacune de ses tournées est un triomphe : on parle de « music for the masses » - ce nouveau DVD en témoigne. Vous le trouverez donc en tête de gondole chez le disquaire du coin, avec dessus le live de Milan, un docu de 20 minutes, un CD compilant les huit titres de « Playing » interprétés ce soir-là, et deux-trois gadgets visuels pour les fans hardcore. La setlist est la même que celle du concert donné au Sportpaleis d’Anvers, comme ça tout le monde est content, on peut presque dire que nous aussi on y était, même si on ne comprend que pouic à la langue de Botticelli. Martin Gore, justement, ressemble un peu à un vieil angelot de la Renaissance qu’on aurait dégivré : avec ses plumes et son bonnet il a l’air un peu bête, mais on lui pardonne – c’est lui le songwriter. Evidemment, quand il chante seul « Macro » et « Home », on appuie sur « Fwd », parce que c’est ennuyeux. Bonne idée d’ailleurs d’avoir relégué en « bonus tracks » ses deux autres prestations, « A Question of Lust » et « Damaged People », pour pas casser le rythme de ce live agréable, surtout dans sa deuxième partie. Le début du concert demande ainsi beaucoup de concentration, le temps que le groupe (les 3 DM, Christian Eigner à la batterie, Peter Gordeno aux claviers) s’échauffe et lâche la purée. Il faut en fait attendre « I Feel You » (le 12ème titre), qui manque pourtant de pêche, pour enfin retrouver le DM qu’on aime, bref celui de « Behind the Wheel », d’« Enjoy the Silence » (gros carton niveau ambiance) et d’« Everything Counts ». Contrairement au public belge qui semblait davantage dormir qu’acclamer ses idoles, les Milanais se révèlent d’excellents fans, reprenant en chœur « Goodnight Lovers » (chapeau) et « Personal Jesus », les larmes aux yeux et la gorge serrée. Moment à chaque fois inoubliable : la mer de bras qui tangue pendant « Never Let Me Down Again »... Et « Just Can’t Get Enough » (!!!), que DM n’avait plus interprété en live depuis la saint-Glinglin (« C’est un cadeau pour les fans », dixit Gore, l’air crispé). On peut toujours arguer sur le fait qu’ils ne sont plus tout jeunes et que ça commence à se voir et à s’entendre (surtout en ce qui concerne Gore et l’impayable Fletcher), mais un live de DM reste pour l’instant une expérience unique, de « foi et de dévotion ». Certes, on a connu Anton Corbijn plus créatif question décors (la boule, les synthés : on dirait du « Blade Runner » de carton-pâte), mais l’essentiel reste les tubes, l’ambiance, et Gahan qui mouille toujours autant sa chemise. En fin de documentaire, le chanteur se dit rasséréné, « en paix avec DM et avec lui-même »… Traduction : ça sent quand même un peu le sapin. « It’s just a question of time » ? Restons confiants, on verra dans cinq ans.

Various Artists

Homerecords.be volume one

Écrit par

Ce vaillant label liégeois s’attache à présenter le mariage de musiques folkloriques du monde entier, « Home records » compile ici quelques travaux qui ont émaillé ses premières années d’existence. On passe ici de l’ambiance moyenâgeuse des Tisserands et de Soetkin Collier au tango arabo jazzifiant de Karim Baggli, sans oublier des moments plus théâtraux comme Aurélia et Ambrozijn ou le jazz ultra (trop) technique de Turlu Tursu. Bref, on passe souvent du coq à l’âne, mais avec un bonheur inégal (tout n’est pas toujours passionnant). Un fil rouge : la fidélité à l’acoustique et aux métissages culturels. Mes palmes personnelles iront vers le jazz indien aventureux de Jugalbandi Trio, dont l’album a été chroniqué sur ces mêmes pages il y a quelques temps d’ici. Pour les fans des musiques folkloriques transfrontalières.

Various Artists

Ibiza Sessions - Tom Novy - Nouveau Niveau Volume Two

Mousse T, Backstreet Boys, Lou Bega, Snap, Jimmy Sommerville, Sonique,… La liste des artistes remixés par ce Teuton vaut mieux que tous les discours : on a affaire ici à un de ces DJ’s bidons qui se la pète, alors qu’il ferait bien de s’acheter plutôt une bonne paire d’oreilles. Extrait de sa bio : ‘You just can't be mad at him: champagne, nipple slips and frenzy belong to every music event. Still, Tom Novy seems to attract them in a very special way’. Sic. Qu’il ait mixé au Ministry of Sound et présente des émissions pouet pouet sur MTV (Deutschland ?) ne le sauvera pas de la caricature (au contraire !) : ce type est à la musique électronique ce que le cassoulet en boîte est à la fine cuisine. Alors en ce qui concerne cette compile, on évitera de traîner en longueur en précisant tout bonnement que ce machin marqueté est destiné au touriste lambda qui se défonce à Ibiza en buvant du Bacardi Breezer. Evitez de détenir ce disque sur vous à la douane espagnole : on pourrait vous coffrer pour ‘délit de goûts de chiotte’.

Bonnie Prince Billy

The Letting Go

Après la parenthèse country-rock « Superwolf » (feat. Matt Sweeney), la compile de covers avec Tortoise, le live et le « self-tribute » album concocté en l’honneur de son ex-groupe Palace, Will Oldham revient enfin aux choses sérieuses, trois ans après « Master and Everyone ». D’entrée de jeu, « Love Come To Me » donne le ton : délicat, pacifié, d’une pureté qui d’abord étonne, puis séduit. Rarement dans le passé avait-on pu entendre Will Oldham chanter d’une voix si veloutée, sur un folk qui évoque cette fois davantage le « Pink Moon » de Nick Drake que la lo-fi souffreteuse dont il était l’apôtre dans les années 90. Si Will Oldham semble réconcilié avec le genre humain, c’est sans doute parce qu’il connaît les ténèbres, pour les avoir vues (« I See A Darkness », disque hanté). Aujourd’hui il chante comme s’il était en paix, avec lui-même et son prochain. Enregistré en Islande sous l'égide de Valgeir Sigurdsson (un disciple de Björk), « The Letting Go » pourrait bien être l’album le plus consensuel de Bonnie ‘Prince’ Billy, autrement dit le plus accessible. D’abord parce qu’il est plein de cordes (c’est beau, ça rassure), ensuite parce qu’il y a une femme à ses côtés. Et pas n’importe laquelle, puisqu’il s’agit de Dawn McCarthy des Faun Fables, duo acid folk coincé dans le trip Appalaches, tendance « American Anthology of Folk Music » de Harry Smith. En renfort vocal, elle accompagne Oldham sur chaque titre, ou presque : ça donne un drôle de couple au poil rebelle, à la psyché country un tantinet carte postale (« The Seedling », pénible). Il n’empêche que le duo fonctionne, et qu’on se prend au jeu. « The Letting Go » sonne ainsi comme l’album le plus romantique de Bonnie ‘Prince’ Billie. A condition d’aimer les sérénades à deux (NDR : et Faun Fables). C’est James Blunt qui va être content !

Yo La Tengo

I Am Not Afraid Of You And I Will Beat Your Ass

‘Ils n’ont peur de personne et ils vont vous botter le cul’ : un sacré titre d’album (le douzième), qui prêterait à sourire si le trio d’Hoboken ne venait pas de pondre un des disques de l’année, peut-être leur meilleur. 78 minutes, 15 morceaux, rien à jeter : à l’heure de la culture-kleenex un tel constat ne peut qu’imposer le respect, surtout quand on sait qu’Ira Kaplan, Georgia Hubley et James McNew ne sont pas nés de la dernière pluie. Il y a vingt ans que ça dure, et voilà qu’ils signent un disque d’une qualité, et d’une variété (NDR : !) exceptionnelles. Tout le spectre pop-rock y est passé en revue, comme si l’on assistait en direct à une leçon de musique, sans les clichés et les rodomontades trop souvent en vigueur. « Pass the Hatchet, I Think I’m Goodkind » inaugure le disque en misant sur le psychédélisme : gros son, voix calcinée, schéma répétitif. On se rappelle alors que le trio s’est amusé par le passé à reprendre du Sun Ra, et là tout devient limpide. Par contraste, « Beanbag Chair » louvoie du côté pur de la pop sautillante : rondouillards, les cuivres jouent à saute-mouton avec la basse, pour le coup bien mutine. On dirait du Ben Folds Five sans le côté collège : une pop-song comme on en rêve la nuit, et c’est pareil pour le titre suivant, « I Feel Like Going Home ». Georgia s’y réserve le chant. On my mind ? On lui dédicacerait nos nuits, et tout le reste, mais déjà le soleil pointe ses dards, ça groove (« Mr. Tough », soul à mort), c’est l’extase kinksienne (« Black Flowers »). Après le vaporeux « The Race Is On Again » (« For the Prize » ?), le Rhodes se chamaille aux percus, pour un trip sous acide entre Stereolab et les Silver Apples (« The Room Got Heavy »). « Sometimes I Don’t Get You » est une autre pop-song parfaite (ce falsetto rieur !), avant l’instru « Daphnia », une ode bucolique qui sonne comme du Rothko joué par Virginia Astley. Aaaargh ! Pas la peine de vous frotter les oreilles en signe d’hébétude : oui, ce disque est un sans-faute. Du garage-rock qui trépigne, du rock’n’roll à la Trashmen ? « I Should Have Known Better » et « Watch Out for Me Ronnie », jouissifs. A la fin, Yo La Tengo boucle la boucle, retourne au kosmische rock (« The Story of Yo La Tango ») et nous envoie pour de bon en orbite. Maximum bamboule !

Various Artists

La Compil de la fête 2006

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Les 22 et 23 septembre derniers, Bruxelles a accueilli la Fête de la Communauté française au sein de ses lieux culturels phares tels que le Botanique, la Raffinerie, les Halles de Schaerbeek, etc. ; mais également sur l´esplanade de la Cité administrative pour la grande soirée de clôture. Le but de cette initiative, née en 1981, est de mettre à l´honneur le talent de divers groupes issus de la Communauté française. La « Compil de la Fête 2006 » propose donc une sélection de onze titres d´artistes qui se sont produits sur ces différentes scènes durant ces deux jours. Parmi ceux-ci figurent les ‘grosses’ révélations belges de 2006, à l´instar d´Eté 67, Malibu Stacy, Montevideo, Saule ou plus récemment, The Tellers. Des morceaux de groupes plus expérimentés tels que Venus, My Little Cheap Dictaphone, ou encore Showstar sont également inclus. Beaucoup de pop/rock donc, sur ce cd. Mais pas uniquement. On y retrouve également du rap (Akro), de la chanson française (Samir Barris) et de la musique du monde (Hallo Kosmo). Une compile sympathique qui se révèle donc comme un présentoir de ce qui se fait de mieux côté musique, en Wallonie, pour le moment. Un catalogue de talents dont notre Communauté peut être manifestement fier !

The Fine Arts Showcase

Radiola

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Projet solo d’un songwriter au nom imprononçable, The Fine Arts Showcase livre un second et brillant cocktail pop. Sorti en février dernier dans sa Suède natale, « Radiola » déploie sur le reste de l’Europe une armada de compositions agréablement courtes (rarement plus de trois minutes) et incroyablement efficaces. Certainement marqué par la discothèque de ses parents, Gustaf Kjellvander ravive le souvenir d’une époque où les Byrds (« Or So I’ve Hyrd ») et, plus tard, Jesus & Mary Chain (« The Shoplifter’s Union », « The Voice Of Goldstein ») régnaient sur les ondes. Ne se limitant pas uniquement à quelques sempiternelles nostalgies, le suédois jongle avec le temps, lorgnant parfois du côté plus contemporain des Flaming Lips ou des abonnés absents Neutral Milk Hotel (« Frida & I », « Don’t Worry », « Danish Light »). Si d’aucuns affirmeront que Gustaf et son Fine Arts Showcase surfent sur une vague déjà surencombrée, ils ont toutefois l’indéniable et grand mérite d’arborer une certaine classe. Ici, ni promesses vaines, ni la moindre prétention. « Radiola » survole avec intelligence les clichés de la scène pop-rock sans tomber dans l’irritant mimétisme gangrenant un genre qui s’essouffle. S’il ne faut voter que pour un seul disque pop cet automne, votez intelligemment. Votez The Fine Arts Showcase.

Lloyd Cole

L'âge adulte...

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Lorsqu'on évoque Lloyd Cole, on pense immédiatement à ses Commotions. Une formation responsable en 1984, d'un remarquable album intitulé « Rattlesnakes ». Un disque qui ne recèle que des classiques ! La suite de sa carrière ne rencontrera malheureusement plus jamais le même succès, nonobstant la sortie de l'un ou l'autre single d'excellente facture tels que « Brand new friend », « Lost weekend », « No blue skies », « Downtown », « She's a girl and I'm a man » ou encore « Sentimental fool ». Une carrière qu'il va poursuivre essentiellement en solitaire, nonobstant une nouvelle aventure - mais de brève durée - vécue en compagnie des Negatives. Ce qui ne l'empêchera pas de continuer à sortir des disques. Comme cet « Antidepressant », qui vient juste de paraître… Une bonne occasion de rencontrer ce chanteur littéraire à l'humour raffiné…

Lorsque la cote de popularité d'un artiste chute au fil du temps, il a le droit de se poser des questions. Le journaliste aussi. Le tout, c'est d'aborder le chapitre de la manière la plus élégante qui soit. Par exemple, pour Lloyd, en lui demandant si son tout premier album (NDR : « Rattlesnakes ») n'était pas trop parfait… « Trop parfait ? C'est comme si tu me disais que parce qu'une fille est trop belle, je n'ose l'aborder. Ni lui parler. De peur de me voir ramasser une veste. Non franchement, on a eu la chance d'enregistrer une œuvre de cette envergure. Et malgré le recul, je n'y changerai rien. Tu as déjà vu un album qui te rejette ? » En 2004, lors du vingtième anniversaire de l'enregistrement de ce fameux « Rattlesnakes », Lloyd et ses potes s'étaient réunis pour accomplir une tournée en Grande-Bretagne et en Irlande. L'idée d'une reformation ne lui trotterait pas dans la tête ? Et puis surtout celle de l'enregistrement d'un elpee, en leur compagnie ? Lloyd répond : « A cette époque, nous sommes entrés en studio pour immortaliser quelques sessions. Peut-être sortiront-elles un jour. En fait chacun d'entre eux exercent leurs propres activités. Donegan vient de remonter un groupe et il est occupé d'enregistrer. (NDR : c'est un scoop !) Neil et Blair collaborent régulièrement à l'enregistrement de mes chansons. Stephen (NDR : Irwin) n'est plus un musicien full time. Cette réunion était un événement sympa. Mais on n'avait vraiment pas envie de prolonger l'aventure. Merci. » La transition était donc belle pour demander des renseignements complémentaires relatifs à la confection de 'Anti-depressant', son nouvel opus. Ni l'advance cd, ni la bio ne fournissant la moindre indication à ce sujet. « En fait, toutes les infos figureront sur le livret de la pochette officielle. Les sessions d'enregistrement ont commencé en 2000 et se sont achevées mi 2006. La grande majorité a été accomplie dans mon studio en Angleterre. Seul. Les arrangements vocaux ont été ajoutés en fin de parcours. A Bath en Angleterre. Et dans les studios de Mick Glossop, sis au nord de Londres. A Shepherd Bush. De tous nouveaux locaux. Parmi les collaborateurs figurent Neil Clark des Commotions. Il joue de la guitare sur quelques chansons. C'est le personnage le plus notoire qui a participé à la confection de mon disque. Les arrangements de cordes ont été réalisés par un type qui habite à Londres, dans un magasin d'instruments de musique, près de chez moi. Il a fait un super boulot. C'est un certain Peter Boldon qui s'est chargé des parties de basse. Il milite au sein de son propre groupe. Je lui ai proposé de rejoindre ma formation, mais il termine pour l'instant un 3ème cycle d'études à l'université. Et il n'est pas disponible. Dave Derby et Jill Souboule, impliqués il y a encore peu de temps chez les Negatives, assurent les backing vocaux. Et la plupart de ces collaborations se sont opérées par e-mail… » L'enregistrement implique également des éléments électroniques. Une expérimentation que Lloyd avait développée sur un disque d'ambient instrumental, quelques années plus tôt, 'Plastic Wood'. Cette aventure lui aurait donc donné des idées… Lloyd clarifie : « Oui, probablement. J'ai dû m'inspirer quelque peu de ces expérimentations. Mais pas uniquement celles qui figurent sur cet album. Egalement celles qui m'ont permis d'établir une connexion entre musique acoustique et électronique. Exercices que j'avais déjà tentés auparavant… »

Lloyd a intitulé son album 'Anti-depressant'. C'est également le titre d'une des chansons de l'elpee. Se poserait-il des questions sur ce type de médication ? A la fois thérapeutique et addictive. D'autant plus que dans les lyrics, il clame 'Avec cette médecine, je me sens bien…' « En fait, dans cette chanson, je ne parle pas vraiment de dépendance. Elle raconte l'histoire d'un type qui se croit invisible parce que personne ne remarque sa présence. Et cette situation, au départ privilégiée, finit par devenir angoissante… » 'The young idealists' ouvre l'album. Cette compo aurait-elle une signification autobiographique ? D'autant plus qu'un jour, l'artiste a déclaré qu'il aimait l'idée de devenir, un jour, une pop star. Et à une autre occasion que sa motivation était, rétrospectivement, de devenir célèbre. Lloyd réagit : « Ma motivation était de devenir une pop star célèbre et pas seulement de devenir uniquement célèbre. Je voulais me produire sur scène. Enregistrer des disques. Des disques qui seraient appréciés. Pas nécessairement des disques qui récoltent du succès. Appréciés non pas pour l'attrait populaire de mes chansons. Mais je ne voulais pas composer des chansons que les gens n'entendent pas. Ma réponse vous semble étrange ? Le but était de trouver dans la célébrité la motivation d'écrire de meilleures chansons. Mais ce raisonnement n'est pas sain pour un jeune artiste. Aujourd'hui la motivation est différente. Parce que je suis passé à travers des périodes de succès et d'échecs. J'essaie simplement de réussir. Je ne fais pas de corrélation immédiate entre un bon album et un album à succès. Il y a de bons albums qui récoltent du succès et d'autres qui n'en ont pas… » Qui sont ces jeunes idéalistes alors ? « Tu sais, je n'écris pas seulement des chansons pour qu'on y trouve un sens. J'écris des chansons dont les caractéristiques principales reposent sur l'esthétisme. Je dispose parfois de beaucoup d'idées différentes à injecter dans mes chansons. Mais je dois aussi laisser une place pour l'instrumentation. Et c'est l'harmonisation entre les textes et la sonorité des instruments que je recherche. Et pas nécessairement un message. Je cherche à opérer un bon équilibre entre les mots et les sons. Entre le fond et la forme. Pour qu'ils soient agréables à l'oreille. C'est une forme de quête à l'esthétisme. Vous savez, que dans une même chanson des personnes différentes peuvent y trouver des significations différentes. Et c'est ce qui fait la beauté de la musique. J'essaie de concocter une chanson comme on fait une blague. Et il n'est pas étonnant que certaines personnes y perçoivent davantage que ce que je veux exprimer au départ… Vous me parlez d'idéalisme. Mais vous pouvez l'être à 15 ans comme à 75. Ce n'est pas spécifique à la jeunesse. Je l'espère. Je le pense. Le plus bel exemple procède des activistes. Lors des manifestations pacifiques, il y a plus de personnes adultes que de jeunes… » Dans le même ordre d'idées, Lloyd avait également déclaré, dans le passé, qu'il n'avait jamais été un rebelle. Qu'il était simplement un fan des rebelles. Partage-t-il encore la même philosophie aujourd'hui. « J'ai fait cette déclaration ? Alors, il y a bien longtemps. Dans la carrière que je mène, je réalise les albums que j'ai envie de faire. Pour un indépendant comme moi, je ne vois rien de rebelle là-dedans. Même si certains rebelles peuvent réaliser des projets intéressants. Mais la rébellion pour la rébellion, incarnée par un type comme Pete Doherty, est très juvénile. Stupide même. Finalement tu perds ton temps… »

Certaines chansons de « Anti-depressant » rappellent la période postcard d'Aztec Camera. Et je pense tout particulièrement à « Rolodex indicent » et « New York sunshine ». A cause de la sensibilité manifestée par les cordes de la guitare semi-acoustique, jouée en picking. Lloyd a l'air surpris : « Vraiment ? Non, non, pas du tout. Sincèrement je ne vois pas. A l'époque des Commotions, j'étais très branché par ce style de musique. Mais ne me dites pas que cette sensibilité resurgit. Là je suis pris par surprise. C'est une coïncidence…» Deux titres émargent à la country : 'Every song' et 'Travelling night'. Surtout la deuxième. Un peu dans le style de feu Johnny Cash. Lloyd acquiesce : « J'aurais aimé effectivement qu'il la chante. Le tempo est semblable, mais les arrangements sont différents. Et en plus il y a du synthé. Mais absolument. C'est même un compliment. » Plus délicat, 'How wrong can you be ?' me fait plutôt penser à Al Stewart, un folk singer qui avait récolté un certain succès au début des seventies. Lloyd ne semble pas surpris : « En fait, tu n'es pas la première personne qui me fait cette réflexion. Oui, c'est plausible. Non, cette réflexion ne m'embarrasse pas du tout. » Début de cette année Camera Obscura, une formation écossaise à enregistré la chanson 'Lloyd, I'm ready to be heartbroken', en réponse à son hit commis en 1984, 'Are you ready to be heartbroken'. Un hommage ? « Oui, oui, absolument. C'est une bonne chanson. Elle m'enchante. Tout à fait charmant. Il est sympa de se retrouver dans la chanson de quelqu'un d'autre. Ou même de voir l'une de tes compos reprise. L'important, c'est l'intention… » Deux mythes de la musique psychédélique sont décédés cette année : Syd Barrett et Arthur Lee. Quels sentiments éprouve-t-il face à la disparition de ces deux excentriques ? « Je possède des albums de Pink Floyd et de Syd Barrett ; mais je ne les écoute plus guère. Non, Barrett n'est pas une référence pour moi. Arthur Lee, davantage. J'ai même évoqué sa personne dans mes lyrics. Il a composé beaucoup de chansons d'amour. Je n'ai pas grand-chose à ajouter sur le sujet. » Et écoute-t-il encore T Rex et Television aujourd'hui, formations qui lui ont donné l'envie d'embrasser une carrière musicale ? « Lorsque je suis d'humeur, pourquoi pas ? Je m'étais procuré un enregistrement en public de Television, 'Live at the old Waldorf', il y a deux ans. Je viens seulement de l'écouter. Un enregistrement assez amusant. Au début le son n'est pas exceptionnel. Mais au fur et à mesure, il s'améliore et le set finit par devenir excellent. T Rex ? Occasionnellement. Pour l'instant je le fais découvrir à mon fils. » A ses débuts, Lloyd était largement influencé par la littérature, en particulier Norman Mailer et Truman Capote ; ainsi que le cinéma. Qu'en est-il aujourd'hui ? « Je demeure toujours émerveillé par ces écrivains qui rédigent des bouquins. Et je leur voue une grande admiration. Depuis que j'ai eu mes enfants, j'ai beaucoup moins de temps à consacrer au cinéma. En fait, je les accompagne voir des films de leur âge. Du style 'Les pirates des Caraïbes'. Plus de films adultes… »

Lloyd est né en Angleterre. A Buxton, très exactement. En 1961. A l'âge de 20 ans il s'est établi à Glasgow. En 1989, il s'est exilé au nord de New York. Il y a vécu quelques années avant de revenir vivre à Londres avec sa famille. L'interview se déroulant le 12 septembre, soit le lendemain du 5ème anniversaire de la destruction des tours jumelles, je n'ai pu m'empêcher de lui poser la question relative au sentiment éprouvé par les Américains depuis qu'ils ont vécu ce drame : « J'ai observé la réaction de ce peuple en tant que non Américain. Il est divisé sur la question. Il pense que l'Amérique domine le monde d'un point de vue militaire. Et chaque fois utilise son droit de veto en faveur d'Israël. Il faut savoir qu'aux States, la moitié de la population pense le contraire. C'est comme si on vivait dans deux pays différents. A cause de la fracture de la pensée. Malheureusement, je ne vois pas de développement positif là-bas, actuellement. Le problème est qu'il n'y a plus de gauche aux Etats-Unis. Il n'y a plus que la droite et l'extrême droite… »

Merci à Vincent Devos.

Yohm

Sur le fil de la gouttière

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De son passé au sein d’un groupe pop rock anglais, Yohm garde le sens de la mélodie. Vient alors l’électrodrum, et enfin le jazz manouche dont il tire l’art du rythme. Fort de ces expériences, il revient aux sources : la chanson française et… ses textes. Crooner parfois (« Latine Lover »), charmeur souvent (« Toi et Moi »), toujours conteur (« James »), Yohm dépeint la vie, celle des comptoirs de bars où ‘on refait le monde à coups d’espoir’ (« Rue de la Crèche »). Suivant la voie de Saule, quelquefois la voix de M, jouant la chaleur des plages ensoleillées de Lafontaine (« Bungalow »), Yohm propose un répertoire dynamique, tant ludique qu’authentique. Accompagné de Martin Michiels (pour un duo de guitares), on l’imagine écumant les cafés, égayant les piliers de bars. Chauffe, Yohm, chauffe !



Carnaud

Le bal des éclopés

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Fondé en 2005, Carnaud est le fruit de la rencontre entre Pascale Del-Arco, auteur/interprète fortement inspirée par Renaud, et Eric Antigny, compositeur ayant milité au sein de diverses formations musicales. Un an après la naissance du groupe, il nous propose son premier opus. Quoique de tendance pop-rock, la musique lorgne nettement du côté de la variété française. Et si les textes sont intéressants, abordant divers problèmes de société, les compos manquent manifestement d´originalité. En outre, le timbre vocal du chanteur est plutôt disgracieux. Néanmoins, il faut rappeler que « Le bal des éclopés » n´est que le premier essai de ce jeune groupe. Laissons donc lui encore un peu de temps pour faire ses preuves…