La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

logo_musiczine

Bénabar les regarde danser…

Bénabar est de retour et nous propose un nouveau single intitulé « Elles dansent », un titre fondamentalement pop, joyeux et émouvant, qui raconte une histoire de famille ou d’amis dans laquelle chacun pourrait se reconnaître : un moment de joie et de liberté…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (26653 Items)

Ol' Dirty Bastard

The Definitve Story

Écrit par

On ne le dira jamais assez, le Wu-Tang Clan fût un des collectifs hip hop les plus excitant et novateur des années nonante. Du premier album à la première vague d’albums solos (réécoutez « Liquid Swords » de Gza), le collectif de Staten Island touchait souvent au génie grâce aux beats de Rza et aux flows magiques d’une série de Mc’s. Russel Jones aka Ol’Dirty Bastard était sûrement le plus fou de tous, et son style de vie hectique l’a mené à la tombe plus tôt que prévu. Navrant lorsqu’on sait qu’il préparait l’album de son come-back pour le label de Jay Z. Cette galette résume donc les deux albums concoctés par l’homme de son vivant et épingle quelques collaborations commises en compagnie d’autres artistes. Une introduction parfaite au monde étrange de notre homme : hargne, folie, sens de l’humour potache, références politiques et religieuses se déversent sur les beats de RZA, des Neptunes où sur des improbables remixes de Mariah Carey. Les tubes de l’homme sont tous présents : le génial « Shimmy Shimmy Ya », « Got Your Money », « Brooklyn Zoo » ou « Ghetto Supastar ». Hormis les hits, vous pourrez découvrir le très bon « Nigga Please », une reprise de Rick James (« Cold Blooded ») - au cours de laquelle ODB chante dans son style inimitable - ou encore le jazzy « Good Morning Heartache ». De quoi nous rappeler que sous les frasques de ce personnage, se cachait un artiste éminemment original. A découvrir absolument, si vous aimez le hip hop sans concessions.

Lô Cheikh

Lamp Fall

Écrit par

Enregistré entre Bahia, Londres et Dakar, le troisième album de ce musicien sénégalais est tout entier dédié à l’Afrique. Une œuvre polymorphe où plusieurs styles font bon ménage : tango, reggae, percussions brésiliennes, funk, musique cubaine et le m’balax, genre musical numéro un au Sénégal. Comme d’habitude chez World Circuit, la production du disque est parfaite, un son chaleureux et direct qui met le travail des musiciens en valeur. « Lamp Fall » n’est pas un disque facile d’accès et il nécessitera plusieurs écoutes pour en découvrir les beautés. Ceux et celles qui fourniront cet effort ne le regretteront pas. Le disque s’ouvre par « Sou », une superbe ballade à la sensibilité argentine mais illuminée de percussions africaines. Caractérisée par ses parties de tama (tambour ‘parleur’), « Kelle Magni » évolue dans un univers très proche du funk. L’étrange et puissant « Sénégal-Brésil » mélange afro beat et percussions de Bahia. Le traitement quasi dub administré aux cuivres de Pee Wee Ellis (James Brown) et aux voix en font un des grands moments de l’album. Imprimé sur un rythme cubain, le poignant « Sante Yalla » rend hommage aux défunts. L’opus recèle également des chansons plus douces et ensoleillées : « Toogayu M’Bedd », la rumba congolaise de « N’Galula » et la déclaration d’amour de « Sama Kaani Xeen ». Le très beau « Zikroulah » clôt ce disque, entièrement focalisé sur les voix et les percussions. Une œuvre à la fois belle et discrète qu’on vous recommande chaudement.

Green Day

Bullet in a Bible

Écrit par

Après sept albums, le trio de Berkeley s’offre un live : « Bullet in a Bible », enregistré devant quelque 65 000 fans sur la verte prairie anglaise de Milton Keynes. Suite à leur opéra rock engagé, signé le point levé contre l’establishment de l’Oncle Sam, Tré Cool, Billie Joe et Mike Dirnt se sont lancés dans une tournée contre la guerre, les décisions alambiquées d’un gouvernement redouté et surtout, contre la neurasthénie ambiante qui, chaque jour, menace plusieurs milliers d’adolescents à travers le monde. Green Day, par un beau jour de 1988 voyait le jour. Plus de 15 années se sont écoulées et le trio balance toujours son mélange de punk, de pop et de rock sautillant. A l’époque, les mauvaises langues avaient perçu chez Green Day une énième resucée des Clash, Ramones et autres Pistols. Certains se souviendront même de les avoir ballottés dans le même sac puant qu’une horde de ploucs pseudo-punks innommables. Mesdames, messieurs, en 2006, reconnaissez votre erreur, interrogez jeunes et moins jeunes. Green Day est là, fringuant, assoiffé d’activité et de riffs aux relents sociaux. Depuis l’inusable « Dookie » (1994), les albums se sont enchaînés. Dans les salles de concerts, l’audience n’est jamais retombée. La clef du succès de la bande de Billie Joe est également à chercher de ce côté. Ces types sont de véritables bêtes de scène, toujours animés par la même nervosité juvénile qu’à leur début. Le DVD, accompagnant gracieusement le disque, le démontre ; reprenant toutes les chansons jouées ce soir-là. La performance est agrémentée d’interviews intéressantes et d’interventions cocasses de nos protagonistes. On y découvre un Billie Joe soucieux de son public et de l’importance sociale de ses chansons. Pitre de service, Tré Cool se présente en définitive comme un excellent batteur, fidèle serviteur de ses deux amis et grand amateur de substances psychotiques. Pour sa part, Mike Dirnt révèle sa peur permanente de monter sur les planches. « Bullet in a Bible » est donc une source intarissable d’informations et d’anecdotes. Aussi, ce double objet (album et DVD) dépasse-t-il largement l’image et le son, se voulant riche d’enseignements. Aujourd’hui, Green Day est un truc immense, une machine à tubes (« American Idiot », « Holiday », « Brain Stew », « Basket Case », « Minority », « Longview », etc.), certes. Mais conscience éveillée de son succès, le groupe prend soin d’un auditoire, sans cesse renouvelé. Oubliés les petites clubs et espaces enfumés d’antan, Green Day a grandi, prenant exemple sur ses plus illustres prédécesseurs, pionniers d’un punk politisé, The Clash en tête. Joe Strummer aimerait-il discuter politique en compagnie de Billie Joe Armstrong ? Aucun Américain ne le saura un jour. Idiot ou pas. Mais dans son for intérieur, le fan tente de se convaincre qu’une rencontre entre les deux personnages aurait esquissé les périphéries d’une musique pour laquelle mélodie et société n’auraient plus aucun secret.

 

Gogogo Airheart

Rats ! Sing! Sing!

Écrit par

Signé sur le label de Mars Volta, ce groupe au patronyme sorti tout droit de l’imagination farfelue de Mel Brooks est un sacré numéro. Déjà, en comptant un membre répondant au doux prénom de Ashish, cela en promettait de bien belles. Nos zigotos débutent leur album sur un ton désabusé, le genre de mélodie que l’on compose en fin de soirée entre deux bonnes taffes d’insouciance, cadavres de bouteilles jonchant le sol et cendriers débordés. Mais pas question de se prendre au jeu, de se vautrer dans son fauteuil en attendant que ça tangue. S’ensuit un petit tube, sec et dansant, riff parfait qui vous fait bondir de votre paillasse, les yeux lourds mais le corps gracile devant tant d’évidence. Mais que font les radios ? Et il en va de la sorte tout au long du disque. Pauses rocking-chair, la tête à l’envers et morceaux nerveux et tendus à l’assaut des guibolles les plus réticentes. Parfois même au sein d’un unique titre, ce qui nous permet de danser couché (si, si, nous l’avons testé pour vous). En un mot comme en cent, un album cool. Comme Kim Deal. A faire tourner sans modération.

Various Artists

A Southern Records Compilation / When the cat returns, the m

Écrit par

Œuvrant depuis douze ans pour le meilleur et souvent ... le meilleur, Southern Records s’est efforcé de promouvoir des artistes en marge. Le genre de bonshommes que les radios fuient comme la peste, allez savoir pourquoi (Todd sur Classic 21, ça le ferait, non ?). Fervents défenseurs d’une musique éclectique : Punk, Roots, Indie, Avant-Garde, tant que ça fait du bien par où ça passe, pourquoi se priver ? Le label s’offre le luxe d’une compilation non pas rétrospective mais plutôt de nouveau matos, histoire de prouver qu’elle brûle toujours du même feu. Le tout dans un digipack du plus bel effet. Alors, mangez vous dans la face : Darediablo, les enfants illégitimes de Booker T. et d’AC/DC (Apache Chicken), un Karate plus apaisé que jamais (« Water »), le slowcore envoûtant de Slow Loris (« Jimmy Chicken Island »), le post-rock cramé de Dianogah (« Good One Buck »), l’amour vache de Tornavalanche (« Man, I Love The Beatles ») ou encore les déflagrations soniques de Todd (« Butler’s Portion »). Say your prayers, Vermin !

Ps: Aucune souris ne fut blessée durant la rédaction de cette chronique.

The Blue Voodoo

Sparkle and shine

Écrit par

The Blue Voodoo (Delta Acoustic Blues Band) nous vient de Vancouver, au Canada. Une formation drivée par les chanteurs/guitaristes Ted Tosoff et Rick Dalgarno. Un line up complété par le drummer black Chris Weekes et le bassiste Daniel Ross. « Sparkle and shine » constitue leur deuxième opus ; il fait suite à "Ride", paru en 2003. Le Blue Voodoo pratique un blues rock teinté de roots music. Un style bien américain, à la fois rafraîchissant et original. Les quatre musiciens chantent. Leurs timbres sont sensiblement différents. En outre ils se partagent toute une panoplie d'instruments. La production est judicieuse et permet de découvrir un monde musical souvent très personnel. Si le blues est omniprésent, parfois même classique, dans un registre qui oscille du Delta à Chicago, les références roots sont incontestables, lorgnant le plus souvent vers Little Feat ou The Band.

Dès le premier titre, la formation plante le décor et s'engage sur les pistes bien poussiéreuses du Sud. Superbe entrée en matière, "Walkin' shoes" est balayé par la slide acoustique de Rick. Le chant est bien posé, puissant. Bryon Tosoff a apporté son concours au piano. Une compo qui évolue dans un registre proche d'Elmore James, lorsqu’il était encore biberonné par son Mississippi natal. La même équipe s’attaque à "In the end", une ballade très roots, plutôt folk. Les instruments acoustiques dominent inévitablement leur sujet ; et en particulier les guitares à six et douze cordes. Elles se conjuguent sur des chemins qui mènent à la Nouvelle Orléans, pendant que le piano roule. Les deux guitaristes abordent "Like it that way". Toujours sous une forme acoustique, nonobstant l’intervention toute en subtilité des percus de Weekes. Incontestablement, "Railway blues" plonge dans l’univers étrange et syncopé de Little Feat. Plutôt écrasants, les percussions et le djembé de Chris évoluent à l’avant-plan. Rick et Ted chantent à l'unisson. Au sein de cet univers sonore en expansion, les guitares éclatent de partout. "Full circle" observe une démarche semblable ; mais avec davantage de simplicité. A cause des sonorités limpides du dobro et puis de l’orgue dispensé par Ted. Les trois comparses chantent cet hymne du Sud. Ils s’échangent questions et réponses, sous une forme presque tribale. Et le résultat est excellent! Le trio s'enfonce dans le pays des bayous pour implorer le vaudou. Un "Voodoo man" au cours duquel les musiciens troquent leurs instruments : guitares, claviers, harmonica. Un cocktail sonore qui rayonne au contact du timbre d'outre-tombe de Papa Slim. Magique ! Ted Tosoff chante le titre maître. Un morceau au cours duquel énergie, électricité et rock'n'roll font bon ménage. De sa voix nasillarde, Ted interprète "Come Tom baby", un blues lent presque classique. Rick se réserve la slide. Dan et Chris échafaudent une base rythmique particulièrement solide. Episodiquement, un dobro, un orgue, un djembe ou un harmonica font leur apparition."Goddam thing" emprunte un riff stonien. Don Ross (le bassiste !) a empoigné la guitare solo ; mais ce sont les cordes acoustiques qui prennent le large. Superbe ! La voix de Chris a pris une intonation plus grave, ténébreuse, pour affronter "Today", une ballade roots rock quasi pop. La voix rocailleuse de l'énigmatique Papa Slim revient hanter "Wake up", un morceau imprimé sur un Bo Diddley beat. Cet elpee de très bonne facture s’achève par "Tower of love". Le dosage entre blues et roots s’avère toujours aussi savoureux. Les voix et les guitares ne demeurent jamais en place. Et si vous voulez assister à un set de Blue Voodoo, sachez qu’ils ouvriront leur tournée ce 27 janvier à Leiden, aux Pays-Bas…

 

The Brimstone Solar Radiation Band

Solstice

Écrit par

Deuxième album pour cette formation issue de Norvège, de Bergen très exactement. Et à l’instar de son premier opus, elle puise son inspiration dans la fin des sixties et le début des seventies. En particulier dans le psychédélisme de la West Coast (les Doors, Jefferson Airplane, Iron Butterfly), la prog (Genesis de l’Archange Gabriel), la Canterbury School (Caravan, pour la voix du chanteur R. Edwards, dont le falsetto est fort proche de Richard Sinclair ) et le space rock du Floyd - tant de l’époque « The Piper At the Gates of Dawn » (NDR : Syd Barrett oblige !) que de « Meddle » (NDR : pensez à « Echoes »). Le tout saupoudré de multiples nuances. Depuis la sortie de leur elpee éponyme, le line up a été enrichi d’un cinquième musicien ; un certain Erling Halsne Juvich qui avait d’ailleurs participé à la confection du précédent Cd. Et il ne déroge pas à la règle multi-instrumentiste, puisqu’il joue aussi bien de la guitare, du clavier, du banjo, de la mandoline que de la lap steel. Pour concocter cette plaque, T.B.S.R.B. a encore reçu le concours de quelques invités. Et en particulier d’un violoniste. Un certain Oystein Fosshagen qui apporte une coloration différente à la solution sonore. Et pas nécessairement country/folk. Parmi les cinq compos auxquelles il participe (NDR : le futur cinquième membre du band ?), figure ainsi deux des meilleurs fragments. Deux plages space rock qui réverbèrent des inévitables échos ( ?!?!?!) empruntés au « Meddle » du Floyd. Si « Back in the days » creuse en même temps dans le jardin de Porcupine Tree, le presque exclusivement instrumental « Norwaii Five-0 » - une plage allègre, humoristique - évoque davantage un Stackridge cosmique. Mais la sommet de l’œuvre est atteint par « Back in the days II ». Une plage savoureusement revivaliste qui fait la part belle aux guitares chatoyantes, croustillantes ; mais surtout aux claviers rognés. Un peu comme Ray Manzarek le faisait si bien sur « Riders on the storm », titre mythique des Doors. Curieusement le tracklist recèle une longue compo de 9 minutes qui répond au titre de « The spirit of the Airborne Hogweed ». Ne me demandez pas s’il s’agit d’un clin d’œil au « Return Of The Giant Hogweed » qui figurait sur l’elpee « Nursery Cryme » de Genesis en 1994. Mais la similitude est troublante. N’empêche, dans le style, c’est un superbe album !

Starsailor

On the outside

Écrit par
Pour le commun de mortels, Starsailor se résume à une resucée du single “Four to the floor (Thin White Duke Remix)”. Mis en forme par le célèbre Phil Spector, ce tube avait fait un véritable tabac dans les discothèques. Pourtant, Starsailor est avant tout un groupe de britpop. Responsable de trois elpees à ce jour. Après le relativement acoustique « Love is here » et le très pop « Silence is easy », la formation a décidé de sculpter son « On the outside out » dans un style plus rock. Encore que les nuances sont tellement ténues, qu’il est parfois difficile d’être formel à ce sujet. Bref, pour enregistrer ce nouvel opus, Starsailor a reçu le concours de Rob Schnapf (Beck, The Vines, Elliott Smith) à la production. Ce qui n’empêche pas la voix de James Walsh d’être toujours aussi envahissante. On a souvent l’impression qu’il veut chaque fois en remettre une couche. Constitués d’excellents instrumentistes, Starsailor est aussi capable de composer de superbes chansons, des chansons dominées par un flux d’électricité ondoyant et fluidifiées par un clavier vivifiant. Malheureusement, on a l’impression qu’elles se contentent de végéter dans l’ombre d’un Coldplay, tout en cultivant une certaine nostalgie de Simple Minds. Seuls les lyrics, qui surprennent par leur contenu politique, méritent une attention particulière. Mais je crains fort que ce soit largement insuffisant pour éviter au groupe de disparaître dans le plus pur anonymat…

Two Star Hotel

Two Star Hotel

Écrit par
Groupe liégeois, Two Star Hotel est parvenu à réaliser l’exploit (NDR : non négligeable) de se faire signer sur l’excellent label allemand Soundsofsubterrrania. Impliquant quelques vétérans issus de la scène de la scène punk hardcore locale (Unhinged), les gaillards se sont lassés du manque d’ouverture de leur congénères pour se lancer dans ce funk punk bien raide susceptible de réveiller les fantômes des premiers Talking Heads et le Pop Group. Un disque énergique et simple centré sur le trio basse-batterie-guitare. Un opus qui rend bien l’énergie transmise par le groupe lorsqu’il se produit en concert. Construits sur des lignes de basse hypnotiques et des guitares grinçantes, les morceaux sont souvent dansants. Sortent du lot les très bons « Success », le disco crépusculaire de « Sunday Morning » et l’imparable country disco de « Knife Edge ». Un chouette disque qui mérite donc votre attention, même si on regrettera le manque de folie dans la production. A cet égard, en bénéficiant d’une mise en forme judicieuse, cet opus aurait pu nous pu nous transporter dans d’autres galaxies….

Why ?

The Sanddollars, The EP

Écrit par
La musique semble tellement facile ! A l’écoute des huit titres proposés par Jonathan Wolf alias Why ?, la délectation pop atteint des sommets, culmine à son paroxysme. Plus hop que hip, plus indie que country et décidément plus pop que rock, Why ? bricole huit nouvelles chansons mâtinées de folk lo-fi, un domaine original imaginé par Beck, exploité par de vaines tentatives et récemment réinventé par les Islandais de Gisli. Malingres petites subtilités sonores, les compositions de Why ? trouvent un terrain de jeu à leur taille, un univers bigarré et foutument jouissif. Catchy à souhait, la première perle de ce disque s’incarne dans la chanson éponyme du EP : « Sandollars ». Why ? maîtrise l’art mélodique et ne se prive pas de le faire savoir : « Mutant John » marque définitivement nos esprits. C’est tubesque ! Le genre de paroles anodines qui s’éparpillent dans toutes les cavités du cerveau et qui bataillent sévère pour ne plus jamais en sortir ! Et le mieux dans toute cette histoire est encore de savoir que cet EP nous est offert en apéro, juste de quoi patienter sagement avant la sortie de « Elephant Eyelash », nouvel album de cet intenable garnement. Pourquoi pas ?

Jeronimo

12h33

Écrit par
Franchement, j'avoue ne pas avoir aimé le premier elpee de Jéronimo. Son écriture me paraissait trop automatique à mon goût. Et puis il déclamait plus qu’il ne chantait, donnant à l’ensemble du premier essai un ton trop uniforme qui finissait par lasser. J’ai donc été agréablement surpris en écoutant ce « 12h33 ». La plupart des médias ont décrété que cet opus est plus mélancolique, introverti, cynique, désabusé. Personnellement, j’estime qu’il est surtout beaucoup plus profond et contient en outre, quelques chansons à la fois belles et bouleversantes. Jérôme a vécu des moments difficiles (NDR : une séparation douloureuse, le suicide d’un ami et le décès de son grand-père). Ses chansons lui ont donc servi de thérapie. Enfin, ses compères Thomas Jungblut (drums) et Sacha Symon (basse) ont davantage participé à l’écriture. Des compos qui ont été concoctées lors des deux années qu’il a passé à tourner au Canada, en Suisse, en Espagne et en France. Un opus sur lequel figure l’adaptation d’une complainte negro-spiritual immortalisée par Bob Dylan sur « The freewheelin », « Corrina, Corrina ». Un final post-rock de près de 9 minutes (« Pour partir »). Et puis surtout deux titres puissants et douloureux : « Tous les gens que tu aimes vont mourir un jour » et « Comme par miracle ». Des messages qu’il adresse - peut-être involontairement - à celles et ceux qui ont perdu un être cher… L’album est assorti d’un livret contenant photos, textes, notes et commentaires de ses chansons. Et si vous voulez en savoir davantage, je vous invite à prendre connaissance de l’interview consacrée à l’artiste…

The Kills

No Wow

Ils ont sans aucun doute ‘gardé leur côté méchant’ (le titre de leur premier album, sorti il y a deux ans), mais pour la circonstance VV et Hotel ont décidé de tremper leur rock écorché dans l’acide de l’électro la plus pourrave – Suicide avant tout. On a toujours dansé sur The Kills, mais cette fois les guitares s’attaquent directement aux jambes : reptiliennes, elles les enlacent jusqu’à les étouffer – et c’est groggy qu’on tente un pas de côté, avant de s’écraser sur le dance-floor. Brut et rêche comme du papier de verre, le rock de ces deux faux tourtereaux (« I Hate The Way You Love », pierre angulaire - et titre anguleux - de l’album) prend comme d’habitude aux tripes mais s’amusent désormais avec elles à jouer à l’élastique. Si les cinq premiers morceaux rappellent l’ambiance surchauffée de « Keep On Your Mean Side », la deuxième partie du disque s’aventure sur des terres plus friables, moins tendues. Où l’on découvre une VV déballant ses hantises (l’amour, la mort) avec davantage de ferveur et de féminité, telle une Patti Smith SM qui aurait grandi à l’époque de Cabaret Voltaire. Beatbox et guitare même combat, d’ailleurs qui fait l’un qui fait l’autre ? VV et Hotel ne tranchent pas, d’ailleurs leur musique c’est du rock de tranchée. On s’y planque pour éviter la quille, en dansant sous les bombes. Un grand disque salvateur, à écouter en pleine débâcle.

Liar

Murder Manifesto

Quatre ans que les fans l’attendaient, pétrifiés dans leur short militaire : le cinquième album des Liar, sans doute un des meilleurs groupes de metalcore (hardore, metal, trash) de notre plat pays. Où il est toujours question de violence, de haine, d’anticléricalisme et de bidoche sanglante. Où les guitares crissent comme du papier de verre sur le canon d’un revolver, où le chant se confond avec une extraction des amygdales, où le batteur se prend pour Dave Lombardo. Le posse flamand du H8000 n’a jamais fait dans la dentelle, sauf qu’ici c’est encore pire. Tu veux du sang, tu aimes Bolt Thrower, Congress et Bleeding Through ? Prépare les sparadraps, et surveille tes tympans : s’ils bourdonnent, tu es sur la bonne piste.

M.I.A.

Arular

On en parle beaucoup depuis des mois, de cette M.I.A. : une jeune Anglo-sri-lankaise des ‘suburbs’ londoniens, fille d’un révolutionnaire tamoul et fan de 2 step et de Missy Elliott. Sur disque, ça donne forcément une tambouille rarement très élégante : un truc vaguement groovy qui mixe à tout va r’n’b, UK Garage, chip tune, Timbaland, calypso, ragga et DIY. Manque plus que le parka fluo, des fish and chips et un sifflet d’apache pour donner l’impression que M.I.A. est la nouvelle artiste à suivre. Sauf qu’« Arular » n’est pas le chef-d’œuvre escompté, dont tout le monde parle mais que personne ne semble avoir bien écouté. Même pas chic mais bien toc, ce disque est un pétard mouillé. Et mon c.., c’est du poulet ?

Nada Surf

The Weight is a Gift

C’est bien que Matthew Caws ait pu arrêter son boulot de disquaire, grâce au succès de « Let Go », l’excellent troisième album de Nada Surf. En même temps, un boulot de disquaire, c’est formidable : être plongé dans ce qu’on aime le plus (NDR : la musique) toute la journée, moyennant dividendes, forcément on aurait tort de se priver. En même temps, se coltiner le fan de Véronique Sanson ou l’aïeul sourd et malpropre qui coche dans sa vieille liste pourrie le 189e disque de Bach qu’il vient d’acheter, les yeux fébriles, la langue pendante, le crâne qui pellicule… Ca le fait déjà moins. D’où l’intermède musical, le groupe de potes qui ‘boeufent’, voire mieux : qui connaît la gloire, puis le succès critique. Nada Surf, donc ? Le malentendu « Popular », la retraite commerciale, le deuxième album perdu dans les limbes de la distribution, le retour inattendu, puis cet album, « The Weight is a Gift »… Un cadeau de poids. Une écriture limpide, pop au sens noble du terme. De la mélancolie, parfois même énergique. Le truc « High Fidelity », en somme… Pas étonnant que Matthew Caws était jadis disquaire ! Alors, quoi ?!?, faut-il être terriblement heureux pour écouter de la musique pop, ou profondément désespéré ? Le mieux est de rester gentil, surtout avec les ‘bons clients’.

The New Pornographers

Twin Cinema

Écrit par
Après “Mass Romantic” en 2000 et “Electric Version” en 2003, les New Pornographers nous proposent leur troisième opus. Le leader Carl Newman nous avait quand même permis de patienter en commettant, l’an dernier, un excellent album solo intitulé « The slow wonder ». Et l’attente n’aura pas été vaine, car cet elpee est tout bonnement remarquable. Remarquable, mais extrêmement difficile à décortiquer. Il a d’ailleurs fallu une bonne dizaine d’écoutes pour pouvoir en dessiner les caractéristiques majeures. Petit rappel : The New Pornographers n’est pas un véritable groupe, mais un collectif à géométrie plus ou moins variable au sein duquel militent - notamment - David Bejar (Destroyer), Neko Case et A.C. Newman. Plus d’une dizaine de musiciens issus du Canada - de Vancouver très exactement - rejoints depuis peu par la nièce de Newman, Kathryn Calder. Mais si la formule est très proche d’Arcade Fire ; musicalement on pénètre dans un tout autre monde. Ce qui frappe d’abord chez les N.P., ce sont les harmonies vocales. Limpides, hymniques, contagieuses ou glamoureuses, elles peuvent évoquer tour à tour les Beach Boys, Chumbawamba, Squeeze ou encore les Sparks. Exception qui confirme la règle, « Falling through your clothes » échafaude des chœurs cycliques, comme chez Gentle Giant dans sa phase la plus prog. Et puis les mélodies. Capables d’épouser un profil aussi baroque que chez les frères Mael. A cause des sonorités allègres, si particulières du piano. Et je pense tout particulièrement au titre maître, à « Use it » ou encore au superbe « Jackie dressed in cobras ». Deux titres lorgnent cependant vers la power pop complexe, convulsive d’XTC : « Star bodies » et puis « Three of four », même si tout au long de ce dernier fragment on perçoit des réminiscences de Tubeway Army. Enfin si en finale, le disque (NDR : découpé en 14 plages) recèle en « Stacked crooked » une compo plutôt insolite impliquant électronique, trompette mariachi, intonations vocales laconiques à la Ian Brown et chœurs diaphanes, le reste de la plaque ne manque pas d’allure. Mieux encore, la richesse et la cohérence de ce « Twin Cinema » ne peuvent déboucher que sur une seule conclusion : un must !

The Raveonettes

Pretty in black

Écrit par
Lors de l’enregistrement de leurs deux premiers albums, les Raveonettes s’étaient imposé des contraintes : pas plus de 3 minutes pour une chanson (ou exceptionnellement), un maximum de trois accords, en si bémol pour le mini elpee (« Whip it on ») et en si bémol majeur (« Chain gang of love ») pour le deuxième. Lors de la confection de « Pretty in black », hormis la durée des chansons, toutes les autres règles ont été balayées. En outre, le line up s’est étendu à un quintet. Ce qui a permis à Sharin Foo de délaisser sa basse, pour se concentrer sur le chant. De nouveau produit par le mythique Richard Gottehrer (Blondie, Go-Go's), cet elpee a également bénéficié du concours de Martin Rev (Suicide) et de Ronnie Spector sur la très jolie symphonie juvénile « Ode to LA », titre auquel participe également Moe Tucker ; la drummeuse du légendaire Velvet Underground apportant également son concours à « The heavens », une ballade semi acoustique hantée par l’esprit d’Elvis Presley et « Red tan », une compo imprimée sur un mid tempo new wave. Découpé en 13 fragments, l’opus puise toujours ses influences dans les 50’s et les 60’s. Et tout d’abord la pop bubblegum des groupes de filles de cette époque. Les Raveonettes reprennent même un hit de 1963, popularisé par les Angels et signé Gottheher : « My boyfriend’s back ». Une version revue et corrigée par l’électro pop. Tout au long de cet elpee la guitare surf est beaucoup présente. A contrario, hormis « Sleepwalking » et son flux frénétique de sonorités de guitares noisy, bringuebalantes, les références à Jesus & Mary Chain sont bien plus diluées. Et quoique baignant encore et toujours au sein d’un climat rétro (NDR : le design de la pochette ne trompe pas !), cinématique (David Lynch, of course !), le style se révèle beaucoup plus éclectique, oscillant de la ballade sensuelle au western spaghetti (‘enniomorriconesque’ mais enlevé « You say you lie » évoque une chevauchée dans le désert du Colorado), en passant par le paso doble (« Uncertain times ») ou le disco (« Twilight »). Sculpté dans le folk rock sudiste,« Somewhere in Texas », aurait pu naître d’une rencontre hypothétique entre Calexico et le REM de l’album « Chronic Town », alors que « Here comes Mary » ressemble étrangement à « All I have to do is dream » des Everly Brothers ». Et il serait injuste de ne pas mentionner la présence de « Love in a trashcan », probablement un des singles de l’année !

Sherwood

Sing, but keep going

Écrit par
Amateurs de “She’s all that”, “The Breakfast club”, “Dazed and confused” ou de tout autre College Movie américain, cet album est pour vous. Si, de surcroît, vous avez pour habitude de vous rendre au cinéma en skateboard avec Jimmy Eat World à fond la caisse dans les écouteurs de votre lecteur MP3, n’hésitez plus une seconde… Groupe américain pratiquant un College Rock tendance MTV tout ce qu’il y a de plus classique, Sherwood devrait également plaire aux ados qui, en proie aux premières turpitudes de l’amour, cherchent désespérément de quoi meubler leurs longs moments de solitude durant les vacances d’été… Pour les autres, ceux qui s’approchent de la trentaine et dont le menton se couvre tous les matins de poils revêches, un bon conseil : les voix geignardes présentes sur « Sing, but keep going » ne sont pas pour vous. Allez plutôt vous taper un bon « Ma vie en l’air » en écoutant Devendra Banhart.

Rod Piazza

For the Chosen Who

Écrit par
Delta Groove est un label extrêmement dynamique Ses bureaux sont établis à North Hollywood, en Californie. Une boîte drivée par un certain Randy Chortkoff. Un musicien, mais surtout un grand amateur de blues. Pour l’instant l’écurie se concentre sur le blues californien. Contemporain aussi (NDR : ça rime !). Et ne semble guère enclin à faire des concessions. Après avoir enchaîné trois excellentes sorties (Mitch Kashmar, les Hollywood Blue Flames et Kirk Fletcher), Randy s'est tourné vers une des plus célèbres formations locales : Rod Piazza et ses Mighty Flyers. Le résultat est excellent. En outre, non seulement l’œuvre est habillée d’une pochette cartonnée très séduisante, mais elle enrichie d’un DVD.
 
Rod Piazza est un vétéran qui a passé les quatre dernières décennies sur les routes du blues. Il a fait ses débuts en 1965. Au sein du Dirty Blues Band. Il atterrit ensuite chez Bacon Fat, en compagnie de son mentor, Georges Smith. Il a passé la majeure partie de ces trente dernières années aux commandes des Mighty Flyers en compagnie de son épouse Honey Alexander, devenue Piazza. Il a commis une multitude d’excellents albums, notamment sur Black Top et Tone Cool. Sans oublier le dernier, "Keepin' it real", pour Blind Pig. Aujourd'hui, Rod et Honey sont épaulés par l'inamovible Bill Stuve à la basse, Paul Fasulo aux drums et Henry Carvajal à la guitare.
 
« For the Chosen Who » se consacre essentiellement aux reprises! L'album s’ouvre par "I'm a love you", une plage nerveuse issue de la plume de Jimmy Reed. Un blues teinté de soul. La nouveauté pour les Flyers procède de la présence de chœurs féminins pour soutenir la voix (NDR : toujours aussi convaincante) de Rod. Avec Kid Ramos en renfort. Cette manière de colorer le son est reproduite avec bonheur sur la reprise du "You make it if you cry" de Ted Jarett. Un joyau taillé dans la soul music. Amy Keys, Cynthia Manley, Jessica Williams et Robbyn Kirmsee donnent la réplique vocale à Rod. Le "Broken hearted blues" de Jimmy Rogers permet aux Flyers de renouer avec leur propre style : du Chicago blues largement teinté de West Coast. Les cordes de Kid Ramos sont acérées, saillantes et incisives. Son toucher caractéristique. La version du "She made my blood run cold" de Ike Turner évolue dans un univers sonore très soul et R&B. Une marque de fabrique indélébile pour cet elpee. Les voix féminines sont bien présentes. Mais pour la circonstance, la guitare de Henry Carvajal sort de sa réserve pendant que le sax de David "Woody" Woodruff se joint au rythme. Le "Shoestring" de Red Prysock est une envolée instrumentale saignante. Rod souffle dans l'harmonica chromatique et dialogue quelque peu avec le sax baryton de Woodruff. Le retour à la tradition s’opère lors de la reprise acoustique du classique de Sonny Boy Williamson I : "Ground Hog blues". Impressionnant ! On y mesure tout le naturel de l’interprétation. L'harmonica est léger et sautillant. Le piano de Miss Honey plante le décor. Les Flyers abordent enfin un morceau signé Rod : le funky "Description of a fool". Chaque musicien se met au service du rythme. Y compris Honey et Woody Woodruff. Finis Tasby se réserve la basse et James Gadson (ex Aretha Franklin, Marvin Gaye, BB King) les percussions. Mais accrocheuse, la guitare de Phil Guy prend le dessus, dans un style vivifiant, immédiatement reconnaissable. Honey a écrit - en toute modestie - "Honey's blues". Un merveilleux blues lent qu'elle introduit et colore de son toucher de piano, inspiré du grand Otis Spann. La version du "Got to find my baby" de Little Walter bénéficie de somptueux échanges de vocaux opérés entre Piazza et un Johnny Dyer particulièrement en verve. Lors des deux dernières plages, les invités sont réunis. Tasby, Gadson et Guy se retrouvent d'abord pour le "Call me dangerous" de Randy Chortkoff ; une plage dont le riff nous replonge dans l’ambiance du fameux "Help me" de Sonny Boy Williamson 2. Surprise, Randy a empoigné l'harmonica, dans un style très différent de celui de Rod, bien sûr. Mais son intervention tient la route ! Ensuite pour "Blues player", un titre autobiographique signé Rod Piazza. Le DVD concentre un album photo, le catalogue Delta Groove, mais surtout des images et interviews prises en studio de tous les intervenants. Il épingle également deux des meilleures plages du CD : "You can make it if you cry" (NDR : un grand moment d’émotion !) et un duo échangé avec Honey pour "Ground hog blues". Les Mighty Flyers ont encore commis un très bon album!

Zop Hopop

Mangrovia

Écrit par
Sideman très estimé (Dominique A, Françoiz Breut, Yann Tiersen), Sacha Toorop continue depuis quelques années une carrière solo. Après un album de reprises pour le peu anecdotique, il nous propose aujourd’hui une œuvre plus ambitieuse qui a nécessité deux ans de travail. On commence par « The Mad Club », mélopée jazzy/western assez prenante qui évoque les atmosphères inquiètes de dEUS (période « In A Bar… »). « Broken by Faith » est une belle mélodie emmenée par la voix fragile et limitée de notre homme. L’arrangement de cuivres transporte la chanson dans une autre dimension et en accentue la mélancolie contagieuse. La belle mélodie de « Love Itself » évoque un peu les années de gloire du rock flamand tel qu’il était pratiqué par Zita Swoon et consorts : des arrangements décalés (instruments à l’envers, cuivres, orgue, chœurs quasi africains) qui doivent aussi beaucoup au Tom Waits de la période « Rain Dogs ». « Don’t Want To Dance » est riche en ambiances cinématographiques mais souffre des limitations vocales de Sacha. Dans la même lignée hantée, « The Waiting Song » fait lui aussi penser au dEUS le plus sombre, mais de nouveau la voix est le maillon faible. Changement d’ambiance lors du chouette « Midday @ Midight » : les guitares hawaïennes et les sifflements guillerets présents ne jureraient pas dans un film de Jaco Van Dormael. On passera sur la reprise de « To Love Somebody » et le rock lourdingue de « Jesus Bells », deux chansons qui brisent un peu l’homogénéité de l’ensemble et dont on soupçonne fort d’avoir été rajoutés à la va-vite. Malgré ces défauts, « Mangrovia » a des qualités indéniables et contient des excellentes choses. Un disque attachant, une sorte de résumé en épitaphe de tout ce qui a compté dans le rock indé belge ces dix dernières années, mais est désormais définitivement révolu.

Controller.Controller

History

Écrit par

Le Canada perpétue sa globalisation musicale. Dans des genres variés, courant de l’americana psychédélique (Broken Social Scene), au romantisme exacerbé (The Dears) en passant par Arcade Fire, divination incarnée dans le projet énamouré de Win Butler et Régine Chassagne. Pour le coup, c’est Toronto qui est à l’ordre du jour. En compagnie de Controller.Contoller, quintette électro-rock dansant et vivifiant. « History » ne présente que sept compositions et revêt déjà l’accoutrement d’un album. L’habit ne fait pas le moine mais Controller.Controller fait la chanson. Emmenés par l’étincelante Nirmala, les quatre garçons du groupe marchent au pas, se déhanchent et distordent leurs cordes, tendues entre Sonic Youth et The Rapture. A noter : trois titres expéditifs, insouciants, galvaudant ardemment les codes de la facilité. Les excellents « History », « Sleep Ove It » et « Disco Blackout ». En moins de 25 minutes, la messe et dite. Elle sera redite. Controller.Controller ne prêche pas dans le vide. L’Europe attend sagement ces pépites électro-disco-rock décapitées à grandes tranchées de cutter (cutter ?). « History » ou le début d’une genèse à classer entre Pretty Girls Make Graves, Talking Heads (NDLR : et Au Pairs !)