Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

logo_musiczine

La vie explosive de Fine Lame

Groupe de rock poétique incisif, enflammé, tumultueux, exalté, tranchant, Fine Lame convoque le rock français à appétence littéraire et la tradition du spoken word anglo-saxon. Le groupe a sorti un premier Ep 5 titres le 29 novembre 2022 qui évoque tant le…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (26653 Items)

Oasis

Don´t believe the truth

Écrit par
Depuis la confection des superbes “Definitely Maybe " en 94 et « (What’s the story) Morning Glory » l’année suivante, Oasis cherche désespérément son second souffle. Sixième opus, « Don’t believe the truth » constitue donc la quatrième tentative de réoxygénation. Bien sûr, on n’est pas au bord de l’asphyxie ; mais il faut reconnaître que l’air se fait de plus en plus rare. Pourtant le groupe a tenté d’innover. En invitant Zak Starkey, le fils de Ringo Starr, aux drums. Confirmant que les frères Gallagher font toujours une fixation sur les Beatles. Et puis en permettant à Andy Bell (NDR : ex Ride, ex Hurricane) et à Gem de participer à l’écriture des chansons. Pour ce qu’il faut considérer comme les meilleures plages du disque. Andy nous réserve ainsi une excellente intro (« Turn up the sun ») et un épatant « Keep the dream alive”, qu’on aurait vu d’un bon oeil dans l’oeuvre de Ride voire des Stone Roses. Alors que Gem poursuit dans la même veine son « A bell will ring », tout en partageant avec Liam la signature d’une sémillante compo acoustique intitulée « Love like a bomb ». Même que ce dernier n’y miaule pas. Il chante. Et bien en plus ! Il a également écrit deux autres morceaux (« The meaning of soul » et « Guess God thinks I’m Abel ») qui ne tiennent pas trop mal la route. Et puis rideau ! Les cinq fragments issus de la plume de Noël accumulent les clichés et les stéréotypes. Si Lyla réverbère de vagues échos du Beggars Banquet des Stones, tout au long de « Mucky finger », on croirait entendre Dylan chanter « Writing for the man » du Velvet. Enfin, apparemment de bonne facture, « Past of the queue » est un peu trop pompé (NDR : et le mot est faible !) sur le « Golden Brown des Stranglers.

Nim Vind

Fashion of Fear

Écrit par
Nim Vind est un power trio fortement dominé par son chanteur/guitariste, lequel donne son nom au groupe. Il nous offre un CD bien torché, plein d'énergie et d'enthousiasme. Douze plages courtes et sobres allant toujours droit au but. Elles évoquent tour à tour le Joe Jackson des débuts (« Blue Movies »), Pearl Jam ou encore le Squeeze le plus énergique (période « Argybargy »). Le tempo est le plus souvent rapide, la rythmique imparable, les riffs acérés et efficaces. Très fluide, le chant est assuré par une très bonne voix, et la plupart des refrains accrocheurs sont facilement mémorisables. Quelques chœurs festifs par ici, un soupçon de sophistication par là, un solo exaspéré ici ou là : la recette fait mouche. On pourrait cependant reprocher une certaine stéréotypie des compositions, ponctuées d'une seule séquence acoustique. Mais Nim Vind décoche ses dards avec assez de finesse et d'élégance. En outre, il a l'intelligence de clôturer cet elpee, bien avant de lasser, par deux de ses plages les plus ambitieuses et atypiques. Plutôt une bonne galette. Que je vous conseille.

Johnny Nicholas

Living with the blues 2005

Écrit par
Johnny est né en 1948. Du côté de Rhode Island. En 1963, il crée les Vikings, une formation spécialisée dans les reprises de R&B à la sauce Stones et Merseybeat. En 66, il assiste à un concert de Howlin' Wolf. A New York. Il est interpellé et décide de monter le Black Cat Blues Band en compagnie - excusez du peu - de Duke Robillard, Fran Christina et Steve Nardella. On le retrouve à Chicago, en 1972. Il accompagne alors Big Walter Horton. Il commet son premier elpee à cette époque. Chez Blind Pig : "Too many bad habits". De retour à Rhode Island, il fonde les Rhythm Rockers flanqué de Kaz Kazanoff, Terry Bingham, Sarah Brown et Ronnie Earl. En 78, il émigre à Austin, dans le Texas, pour y rejoindre la formation Asleep at the Wheel. Vers 1979, on le retrouve dans le projet Guitar Johnny & The Rhythm Rockers. Un collectif responsable d’un elpee… qui ne sortira qu’en 1992, chez New Rose. Pas étonnant qu’en 1981 il soit dégoûté de la scène musicale et décide alors de s’installer dans le Hill Country, avec sa nouvelle compagne. Le couple ouvre un restaurant : le Hill Top Café, près de Fredericksburg. Mais en 1991, il refait surface et enregistre "Back to the country" flanqué de Johnny Shines. En 94, il grave "Thrill on the Hill" (sur Antones), immortalisant un set live exécuté dans son restaurant. Il forme ensuite le Texas All Stars, un combo en compagnie duquel il multiplie les tournées. En 2000, il rend hommage à Doug Sahm, à travers l’album "Rockin' my blues to sleep". Nicholas n'est franchement pas n'importe qui. Il a du vécu.
 
L’opus s’ouvre par "Froggy bottom". Balayée d’un léger zydeco, la concentration de grenouilles nous rapproche sensiblement de la Louisiane voisine. L’accordéon est discret. Le sax ténor de Greg Piccolo accorde un joyeux solo. La guitare est bien intégrée dans le contexte musical. Instrumental, "Hill Top" (NDR : évocation du restaurant de Johnny) porte les accents du western swing. L’échange de cordes opéré entre Johnny, Ray Benson (NDR : le leader intemporel d'Asleep at the Wheel) et la lap steel de Miss Cindy Cashdollar est impérial. Signé Roosevelt Sykes, "You can't be lucky all the time" est une ballade gracile, languissante, canalisée par la voix graveleuse du leader. La rencontre entre les cordes et le piano de Riley Osbourn nous garantit une cure de relaxation. La version d’"I'll be around" (NDR : un blues lent signé Howlin' Wolf) est imprégné d’une sensibilité texane, downhome. Stephen Bruton se réserve la mandoline, Osbourn le piano et Cindy la lap steel. "Dirty people" élève le tempo. Une plage caractérisée par le solo très incisif de Johnny, découpé au rasoir, inspiré sans doute de Jimmie Vaughan. Il ne distille que peu de notes tout au long de "Teardrops on my window pane", un blues royal, superbe, à fleur de peau ; mais elles sont brillantes. Les silences valent leur pesant d'or. Proche d'un Otis Spann des grands jours, Floyd Domino (Asleep at the Wheel) se consacre au piano dans le même esprit. Le "Living with the blues" de Brownie McGhee est interprété comme un shuffle texan ; un fragment enrichi par l'accordéon de Joel Guzman (NDR : il a beaucoup joué pour Joe Ely) et l'orgue de Red Young. La même équipe participe à "Need your love so bad", une autre ballade lente qui flaire bon le Sud. Johnny y partage le chant avec la longiligne Marcia Ball. R&B, "Honeydrippin' baby" remue et swingue sous l’impulsion des cuivres de Piccolo et Kaz Kazanoff, ainsi que du piano et de l'orgue. Issue de la plume de Tommy McLain, "Texas drifter" est une autre ballade sudiste. Nonchalante, d’une grande beauté, elle permet à Johnny de s'envoler, tel le Guitar Slim des 50s, dans un univers sonore balayé par l’orgue Hammond, l’accordéon et les cuivres. Johnny, Ray Benson et Marcia Ball se partagent le chant tout au long d’"I'm from Texas", un pur Western swing au cours duquel chaque musicien s’évade : Domino, Joel et la batterie. Cet excellent elpee s’achève par "Down in the alley", un blues dédié à la mémoire de Doug Sahm. Piccolo, Osbourn, et Bruton à la slide y participent. Du beau monde pour clore cet opus…

Nine Inch Nails

With teeth

Écrit par
Six longues années se sont écoulées depuis la sortie du double opus de NIN, « The fragile ». Un disque remarquable mais tourmenté, sombre et douloureux au sein duquel Trent Reznor (le seul membre permanent de Nine Inch Nails) épanchait tout son spleen. Une œuvre luxuriante voire alambiquée mais terriblement créative. Depuis 1999, Reznor ne s’est quand même pas tourné les pouces. D’abord, il a participé aux projets Tapeworm et Jakalope. Ensuite, il a suivi une cure de désintoxication. Et enfin, a accompli une tournée. En compagnie de quelques musiciens, histoire de ne pas souffrir de solitude… Plus accessible voire pop, « With teeth » se caractérise d’abord par le soin tout particulier apporté aux vocaux. Trent chante, hurle ou chuchote en modulant son timbre et ses inflexions suivant le climat de la chanson. Bien sûr, les lyrics sont toujours aussi poignants, traitant de la perte, du désir ou encore de la désolation. Les 13 plages de cet opus se révèlent tour à tour lancinantes ou agressives, excitantes ou inquiétantes, planantes ou minimalistes. 13 fragments terriblement accrocheurs qui ne négligent pas pour autant les sonorités indus ni les guitares tranchantes, saturées. Lorsqu’elles ne sont pas hantées par un piano spectral. Mais qui tâtent aussi du funk, de l’électro, du punk et même du disco ! Lorsqu’ils ne voguent pas au gré d’un piano sonore. Et pour le groove, pas de souci, puisque Dave Grohl (Nirvana, Foo Fighters) est préposé aux drums et percussions pour la moitié de l’elpee. Il participe donc activement à la confection de ces rythmes tribaux, hypnotiques, si caractéristiques chez NIN. Un bien bel album !

Nosfell

Pomaïe Klokochazia balek

Écrit par
Nosfell est l’inventeur du Klokobetz, une langue imaginaire qu’il utilise d’ailleurs très peu sur ce premier album, mais dont on parle de plus en plus. Flanqué de Pierre Le Bourgeois, multi-instrumentiste et arrangeur de talent, il a créé une musique éminemment originale et hors format. Le registre vocal de l’homme est assez impressionnant. Il monte tellement dans les aigus qu’on a parfois l’impression d’être en présence d’une femme au chant ; et lorsqu’il descend dans les graves, sont timbre évoque… Tom Waits. Entièrement acoustique, la musique est rehaussée par les cordes de Pierre Le Bourgeois qui accomplit un travail d’arrangeur assez impressionnant. Heureusement les mélodies n’ont pas été oubliées et sauvent le disque de la pure démonstration de virtuosité. A la croisée de Tom Waits et Jeff Buckley, cette œuvre baroque et exagérée inspire autant le respect qu’une irritation profonde ; une réaction largement due à la voix multiforme de l’ami Labyala Nosfell, un peu dure à supporter sur la longueur d’un disque.

Nourallah Brothers

Nourallah Brothers

C’est écrit en ces pages : Faris et Salim Nourallah sont d’excellents songwriters pop, et leurs disques solo des bijoux qui ne cessent de briller. A leurs côtés, dans la voie lactée, scintillent les étoiles (filantes) des Beatles et des Byrds. Ainsi au firmament, leurs mélodies magiques irriguent de leur splendide éclat notre terre en déroute. Il s’agit d’un miracle, mais personne ne l’a vu : d’où cette réédition, du seul album commun qu’ont écrit les deux frères. Un chef-d’œuvre, pas moins : 16 chansons aux harmonies tranquilles, aux délices extatiques. De la pop enchanteresse aux focales grandes ouvertes, comme dans les beaux westerns : à l’horizon le ciel est dégagé, la vie est presque belle. Il s’agit sans doute d’un des trésors les mieux cachés de ces dernières années : deux frères qui valent un Elliott Smith, surtout qu’ils sont vivants. En bonus, un disque d’inédits, et ils sont très jolis. Autant vous dire qu’il s’agit là d’un « must » en terme de pop altière. On ne le répétera pas.

Salim Nourallah

Polaroid

Une belle famille, The Nourallah Brothers : alors que vient d’être réédité leur seul album commun (« Nourallah Brothers »), un magnifique recueil de complaintes bucoliques, sortent coup sur coup deux albums séparés du duo fraternel. « King of Sweden » pour Faris, et ce « Polaroid » pour Salim… Et que dire d’autre aux fans de soft rock et d’harmonies pop qu’il s’agit forcément de deux petites merveilles ? Tout ici transpire la mélancolie sourde, l’extase naïve d’un bel été sans fin. Parfois se profile un orage (les textes sombres), mais sous le parapluie on rit, parce que comme dirait Brautigan, ‘il pleut – toujours - en amour’… « Everybody wants to be loved » est justement le titre d’une chanson. Elle est belle, on a envie d’aimer. On les passe toutes en boucles, pour y croire un instant.

Numbers

We´re animals

Écrit par
Lorsqu’au loin, on perçoit l’ombre des écuries « Kill Rock Stars », nos oreilles frétillent, notre cœur s’alourdit, nos yeux balaient l’horizon à la recherche d’une nouvelle pochette, d’un nouveau projet. Aujourd’hui, nous voici en compagnie des Numbers. Après les Magic et les Large, c’est un retour traditionnel aux choses simples, élémentaires. Ils sont donc au ‘nombre’ de trois : Indra Dunis (batterie et chant), Dave Broekema (guitare) et Eric Landmark (moog, chipotages et vocaux). Indra est belle. Flanquée derrière ses fûts, elle chante. Nonchalamment, alternant escapades mélodieuses et mélopées déstructurées. Musique déjantée aux recoins bien foutus, « We’re animals » se pose comme une remise en cause. De la conformité, bien sûr, mais aussi de l’aspect mélodique inhérent au format chanson. Ici, rien de tout ça. La liberté créatrice du trio souffle en rafale sur tous les préceptes et s’invite à un grand festin auquel sont conviés les meilleurs amis des Numbers : Les Georges Leningrad, Quintron, Erase Erata Deerhof et tous ces déconstructivistes ambulants qui grattent les couches superflues pour innover sur des fondations primales, animales. Nous l’ignorons mais au fond, nous sommes tous des animaux. Et la bête n’attend qu’à être lâchée…

The National

Alligator

Écrit par
Originaire de l’Ohio, mais établi à Brooklyn (New York), The National nous propose son troisième album. Un disque qui a reçu le concours de Peter Katis – personnage qui a mis en forme les deux premiers elpees d’Interpol – à la production. Pas une surprise, parce qu’il était déjà venu donner un petit coup de main, lors de la confection du deuxième opus, « Sad songs for dirty lovers », en 2003. Et puis de Padma Newsome, invité pour la circonstance à jouer du piano et de l’orgue, en sus du violoncelle ou du violon. Une participation bien plus conséquente. Dégoulinant de mélancolie et suintant d’émotion, les douze fragments de cet « Alligator » oscillent entre luxuriance et austérité, douceur et gravité, développant des mélodies qui s’inscrivent insidieusement dans votre subconscient, à l’aide d’une encre sonore indélébile. Changement radical : les petites touches d’électronique ont été gommées au profit d’une plus grande consommation d’électricité. Post punk, « Abel » évoque même le mythique Joy Division. D’ailleurs, la voix de Matt Berninger y vocifère comme le regretté Ian Curtis. Une exception qui confirme la règle, car le baryton de Matt est un peu le métronome chez The National. Son timbre peut faire penser tour à tour à Michael Gira, feu David Mc Comb (Triffids) ou encore Kevin Weatherall (NDR : le vocaliste du défunt Immaculate Fools). Et puis de ses lyrics. Qui narrent des contes douloureux de matérialisme, de sexe, de solitude, de désenchantement, de rupture et bien sûr de mort (NDR : vous vous en seriez doutés !). Parfois avec un fatalisme teinté d’humour voire de cynisme. La rencontre entre l’homme et sa réflexion. Un must, tout simplement.

Neutral Milk Hotel

In the aeroplane over the sea

Écrit par
Formation particulièrement énigmatique, Neutral Milk Hotel constitue une référence de choix dans l’univers du néo-psychédélisme. Disparue vers 1999, elle a quand même laissé une discographie fort intéressante. Pas la peine de vous mettre à la recherche des quelques démos immortalisées sur l’une ou l’autre cassette : elles sont aujourd’hui introuvables. Mais outre 4 eps ou singles, le groupe est surtout responsable de deux albums incontournables : « On Avery Island » en 1996 et « In the aeroplane over the sea » en 1998. Sans oublier la multitude d’apparitions sur les compilations les plus diverses. Plusieurs bouquins se sont même intéressés à ce phénomène. Mais NMH, c’est avant tout Jeff Mangum. Il s’était enfin décidé à fonder un véritable groupe peu de temps avant la sortie de son premier opus. Engageant pour la circonstance Jeremy Barnes aux drums, Scott Spillane aux cuivres, Julian Koster au banjo et le multi-instrumentiste Robert Schneider (NDR : producteur par ailleurs !) Avant de se lancer dans cette aventure, Jeff militait chez Olivia Tremor Control ; un combo avec lequel il ne coupera jamais le cordon ombilical, revenant régulièrement leur filer un coup de main. Dernièrement, le label Orange Twin a laissé sous-entendre qu’une reformation était dans l’air. Mangum s’est empressé de démentir cette information. En fait l’artiste semble fuir tout ce qui lui semble conventionnel, privilégiant l’expérimentation. Il lui arrive même de se produire sous un pseudonyme. Ce qui ne l’empêche pas de multiplier les collaborations. Il a ainsi joué en compagnie de Chris Knox des Tall Dwarfs. N’hésitant pas à se rendre en Nouvelle-Zélande pour lui apporter son concours lors d’un show. Chris Knox et Jeff Mangum semblent d’ailleurs beaucoup s’apprécier. Ce qui n’est finalement pas trop étonnant, car la démarche créative des deux comparses semble assez proche… Mais venons-en à ce « In the aeroplane over the sea ». Un disque sombre, mélancolique, parfois même douloureux. A l’instar des compositions les plus dépouillées (« Two-headed boy », « Oh comely » et « Two-headed boy pt. Too ») que Jeff chante en s’accompagnant d’une sèche. De son timbre de crécelle, il dispense des lyrics cryptiques, parfois incompréhensibles, sur la mort ou le sexe. Parfois autobiographiques, parfois empruntés à l’histoire. A l’instar de « Holland 1945 », qui relate l’épisode le plus pénible de la vie d’Anne Frank. Mais le plus intéressant procède de son approche du psychédélisme ou de la noisy. A cause du recours aux cuivres. Une rencontre qu’on peut franchement décrire comme novatrice. Sans pour autant négliger le sens mélodique, qui peut même se révéler contagieux (« The king of carrot flowers pt.one »). Des cuivres qui se muent en fanfare sur le funèbre « The fool » (NDR : Jeff a quand même vécu toute sa jeunesse - 26 ans ! - en Louisiane). En outre, la trompette apporte très souvent un vent de fraîcheur à des compositions pourtant complexes, mais tellement agréables…

New Order

Waiting For The Sirens´Call

On les avait retrouvés en grande forme il y a quatre ans, lors de la sortie du furieux « Get Ready » et sa belle poignée de singles. Plus rock, comme si l’âge leur avait redonné de l’orgueil – malgré l’ambiance monolithique qui finissait par se dégager à force de trop d’écoutes. Pour leur prochain, ils claironnaient alors vouloir revenir au son plus club de « Technique », leur album « Ibiza » de 1989… Constat : « Waiting For The Siren Call » n’est ni vraiment taillé pour le dancefloor, ni trop sculpté dans l’électricité à la « Crystal ». Au fond, c’est mieux, puisqu’on retrouve ici les différentes couleurs dont New Order s’est servi pour teinter sa musique, tout au long d’une déjà longue carrière. New wave, rock, dance, voire reggae : aujourd’hui New Order peut se permettre le grand écart, les acrobaties s’étant révélées chez eux une constante depuis la mort de leur pote Ian Curtis. Un peu d’eurodisco ? Les ex-Joy Division prennent le pari et pondent « I Told You So », « Jetstream » (Ana Matronic des Scissor Sisters au chant !) et « Guilt Is A Useless Emotion ». Sortez la boule et le T-shirt fluo ! Un peu de cold wave façon « Lowlife-Brotherhood » ? « Who’s Joe » et le titre éponyme sont là pour exaucer ce vœu (quand on aime on ne compte pas). A chaque fois c’est pareil : New Order nous surprend, à contre-pied des modes, et du reste d’ailleurs. Vingt ans déjà aux Ordres ? Ca forge le caractère.

Nick Moss

Sadie Mae

Écrit par
Etabli à Chicago, Nicky Moss est un chanteur guitariste blanc. Naguère, il a joué en compagnie de Jimmy Rogers, Jimmy Dawkins, Willie Smith et le Legendary Blues Band. Le blues pratiqué à Chicago, des années 40 à aujourd’hui, n’est pas ou plus un secret pour lui, tant il a écouté toutes les générations qui l’ont alimenté. A la fin des années 90, il fonde son groupe : les Flip Tops. Une formation responsable d’un premier opus, "First offense", suivi de "Got a new plan" en 2001 et enfin de "Count your blessings" en 2003.
 
Pour concocter cet elpee, il avait reçu la collaboration d'invités prestigieux : Sam Myers, Anson Funderburgh, Willie Smith, Curtis Salgado et Lynwood Slim. Son nouvel album réunit la production scénique du groupe. Nick fréquente très souvent les meilleurs clubs ; et en particulier le House of Blues et le Buddy Guy's Legends. Pour la circonstance, il est soutenu par Gerry Hundt à harmonica et la guitare rythmique, Bob Welsh (NDR : un ex membre du Charlie Musselwhite Band et du backing group de Rusty Zinn) au piano et à l’orgue, Dave Wood à la basse et Victor Spann aux drums. Nick Moss a écrit douze des seize plages. Il a mis en forme et mixé les plages de ce disque, concocté dans son propre studio.
 
"Sadie Mae" est le nom de sa fille, un nom qu'il a choisi en s’inspirant de compos écrites par Hound Dog Taylor et John Lee Hooker. Et c'est ce titre maître qui met le feu aux poudres. Le son des cordes est très primaire. Le chant libéré. Mais la guitare sort de sa torpeur en dispensant un son très sourd, incendiaire, agressif, rappelant certaines époques de Jimmy Dawkins. Du blues comme on n'entend guère plus en ce début de siècle pourri. Ce son de guitare est toujours aussi torturé tout au long d’"I never forget". Un Chicago blues très westside, également proche de Magic Sam. Moss a la peau et l'âme d'un bluesman. Il a tout compris et ne manque pas l’excellente occasion qui se présente pour goûter à une telle représentation de classe. "Check my pulse" est un shuffle qui sent la poudre. Le piano sautillant de Bob Welsh se manifeste, tandis que le son paisible de la guitare évolue dans les hautes sphères. Le tempo est toujours aussi enlevé pour aborder "Just like that". Welsh est passé à l'orgue tandis que Hindt souffle puissamment dans l'harmonica, comme un Little Walter déjanté. Plage instrumentale, "Ridin' at the ranch" démontre le savoir-faire des musiciens. Nick développe son solo avec une facilité désarmante. "One eyed Jack" marque un changement de décor. Pour la circonstance, Nick emmène ses Flip Tops dans le Southside profond, au cœur du blues de Muddy Waters. Et se sert d’un bottleneck. Une technique qu’il maîtrise à la perfection, pendant que Welsh se prend pour Otis Spann. "Grease monkey" nous ramène de l'autre côté de la ville. Empreint d’une grande sensibilité, le toucher de guitare de Moss est ici emprunté à Dawkins. Le son est plus contemporain. L'orgue et le piano cohabitent. "Feel so ashamed" persévère dans ce style! "The money I make" opère un retour dans le blues urbain. Celui des années 50, lorsque les thèmes étaient encore largement empruntés au Delta. L’occasion pour Gerry Hindt de se consacrer à la guitare solo. Bob Welsh se réserve le boogie woogie instrumental "The coldcut stomp". Blues lent tapissé sur fond d'orgue, "The bishop" constitue certainement une des meilleures plages de l’elpee. Le phrasé de guitare glisse quelque part entre l’univers de Dawkins et celui de Magic Sam. Les reprises sont concentrées en fin d'album : "You got to love" d'Earl Hooker, "If I could get my hands on you" de Lefty Dizz – s’autorisant de solides envolées instrumentales proches de Junior Wells, Hindt s’y montre particulièrement expressif à l'harmonica - et "Crazy woman blues" de Jimmy Rogers. Un très long blues, lent, très intense. En fermant les yeux on se croirait revenu un demi-siècle en arrière. Ce superbe album s’achève par "Gone hoggin", un instrumental dominé par la slide. Ce « Sadie Mae » est certainement une des meilleures productions de 2005. Et je vous invite à vous procurer ce disque. Vous ne serez pas déçus !

Morrissey

Live at Earls Court

Écrit par
Après le succès commercial rencontré par “You are the quary”, son dernier opus solo, Morrissey nous propose cet elpee ‘live’. 18 fragments sélectionnés lors de sets accordés à Londres, Glasgow, Birmingham, Brighton et Dublin ; c'est-à-dire au cours de sa dernière tournée opérée aux Iles Britanniques. On y retrouve des compos issues de son dernier essai, mais surtout quelques covers des Smiths, dont les célèbres « How soon is now ! », « Bigmouth strikes again », « Shoplifters of the world unite » et « Last night I dreamt that somebody loved me ». Ainsi qu’une reprise signée Patti Smith/Lennye Kaye/Richard Sohl, « Redondo Beach ». Et il faut reconnaître que Mozz est parvenu à réaliser un excellent équilibre entre les deux répertoires. Bien sûr, il n’a pu éviter de dispenser ses sempiternelles remarques acerbes, entre ses interprétations. Faut dire qu’il est coutumier du fait. Bref, pour revenir à ce morceau de plastique, Morrissey prouve à nouveau qu’il a la voix, le style et la présence pour rejoindre le panthéon des grands crooners. Une voix qu’il module suivant son pathos, la passion ou sa colère. Faudrait peut-être maintenant qu’il retrouve l’inspiration pour concocter de grandes chansons… comme à l’époque des Smiths…

Mother & The Addicts

Take The Lovers Home Tonight

Écrit par
On s’attend à se ramasser une énième resucée de rock’n’roll. Et puis, c’est la surprise ! Une petite claque de glam-rock, de funk électrisé, agressif et foutrement enjoué. Mother and The Addicts claque sur le dance-floor, frime en boîte de nuit et tend son doigt en direction des vilains chérubins du rock. Embrigadé par un Delgados retraité (la mère en chef ?), les quatre petits Addicts (on se demande d’ailleurs ce qu’ils prennent) suivent les bons conseils maternels et s’en vont aligner 12 brûlots, shootés à la guitare, speedés à la mélopée joyeuse. Et lorsque cette bande de délinquants juvéniles marque une pause (« Father In Heaven »), l’album renforce l’intérêt de son propos en grattant le psychédélisme incrusté sur les cordes de la Fender. L’album nous rappelle aux bons souvenirs des Libertines et des La’s pour l’urgence des chansons, à Electric Six pour la fougue et le ton hardi. Et le tableau resterait incomplet sans une dose syncopée de Funkadelic. Mais n’a-t-on pas déjà fait le tour de la question ? Certainement. Mother and The Addicts se contente de reprendre ses délassements favoris, de réécrire une histoire connue avec ses propres mots. Ces garçons sont donc des sortes de scribes du rock. Mais au fait, scribe, c’est une bonne situation ? De ce côté on ne pense pas qu’il existe de bonnes ou de mauvaises situations. Si Mother and The Addicts devait résumer sa vie, il dirait que c’est d’abord des rencontres : des gens qui se sont tendus la main à un moment où ils étaient seuls chez eux. C’est curieux de se dire que le hasard des rencontres forge une destinée… »

Ms Dynamite

Judgment Days

Écrit par
Exit les Ciara, Rihanna, Pussycat Dolls et autres pétasses du dancefloor. Ms Dynamite est de retour. Et à contrario des écervelées susmentionnées, elle a des choses à dire. Certes, les thèmes sont ceux déjà défendu quelques milliers de fois auparavant par les artistes d’Urban Music : abandon d’un des parents, la violence des ghettos, lettre ouverte aux dirigeants du monde et le reste. Mais la différence avec les autres artistes du genre, c’est la verve poétique qui parcourt le second album de cette jeune fille de 24 ans. Du poignant single « Judgment Day », traitant - entre autres - de la pédophile, au rap acoustique de « Mr Prime Minister », Ms Dynamite nous donne une bonne leçon d’humilité. Aînée d’une famille de 11 enfants, l’ancienne MC réussi le défi difficile de faire passer les paroles au premier plan en nous faisant presque oublier la musique. De ce recueil, on retiendra surtout l’enivrant ragga de « Fall In Love Again. » Quelques zones d’ombre, cependant, ternissent ce qui aurait pu être un album R’n’b impeccable. Ainsi, on aurait aimé être dispensés de « You Don’t Have To Cry » ou « Back Then », qui n’apportent pas grand-chose au disque. Plus convaincante qu’une Alicia Keys, Ms Dynamite est au R’n’B ce que Leela James est à la Soul : un second souffle pour le genre.

Maria Muldaur

Sweet lovin´ ol´ soul

Écrit par
Maria D'Amato est originaire de New York. De Greenwich Village, très exactement. Elle y est d’ailleurs née. En septembre 1943. Au début des 50’s, elle s’intéresse surtout au country & western ; et en particulier à Hank Williams. Mais au fil du temps ses goûts commencent à changer ; et elle élargit son champ de vision à la roots music, au blues, au gospel, au folk, au jazz et au bluegrass. Sans le savoir, elle devient membre d’un mouvement dont émergeront John Sebastian, Bob Dylan et John Hammond Jr. Maria écoute aussi beaucoup des artistes ou des formations comme le Rev Gary Davis, Mississippi John Hurt, Son House et Victoria Spivey. Et puis, se passionne pour les jugs bands. Si bien qu’en 1964, elle rejoint le Jim Kewskin Jug Band, en compagnie desquels elle enregistrera 3 albums pour Vanguard. Elle se marie même au chanteur de cette formation : Geoff Muldaur. Mais en 1972, le couple se sépare. Maria entame alors une carrière en solitaire. Et commet un opus patronymique qui paraît chez Warner. En 1974. Ce sera le début d’une longue série… Dont les sorties les plus récentes comptent quand même deux elpees sur Black Top et trois pour Telarc. En 2000, elle concocte un opus pour Stony Plain : "Richland woman blues". Taj Mahal, Bonnie Raitt, Tracy Nelson et Alvin Youngblood Hart y participent. Rendant hommage aux bluesmen d'avant-guerre, cette œuvre reçoit une critique favorable. Ce disque lui vaudra deux W.C Handy awards. En 2004 enfin, elle enregistre en compagnie de Rory Block et d’Eric Bibb, "Sisters and brothers". Un elpee qui paraît chez Telarc.
 
Ce nouvel album rend hommage aux femmes qui ont, dans le passé, porté le flambeau du blues : Bessie Smith, Lucille Bogan, et tout particulièrement Memphis Minnie dont elle reprend de nombreuses compositions. Elle est le plus souvent soutenue par deux brillants guitaristes : Steve James et Del Rey. Ce qui lui permet de recréer l'atmosphère des chansons de Minnie à une époque où préposée à la guitare, elle était accompagnée d'un de ses ex-maris, Kansas Joe.
 
L’elpee s’ouvre par "I am sailin". James se réserve la mandoline pour "Long as I can see you smile". Bien jolie complainte traditionnelle, le titre maître bénéficie du concours de Taj Mahal au banjo et surtout de Suzy Thompson, son ancien(ne) acolyte du Jim Kewskin Jug Band, au violon. Ce climat suranné se maintient tout au long d’"Ain't what you used to have", une plage enrichie par le chant complice de Taj Mahal et le piano de Dave Matthews, un piano dont les sonorités rappellent l’époque du cinéma muet. Mais Maria est vraiment au sommet de son art dans l’interprétation du répertoire de Memphis Minnie. A l’occasion, sa voix devient même rauque. Epaulée par James et Del Rey elle démontre tout son talent sur "Lookin' the world over", "Crazy cryin' blues" ou encore le "Tricks ain't walkin" de Lucille Bogan. J’épinglerai également la cover du "Empty bed blues" de Bessie Smith, caressé par un trombone très fin de nuit, "She puts me outdoors" qu’elle chante en duo en compagnie d’Alvin Youngblood Hart, et puis l’exquis "Decent woman blues", un slow blues rehaussé par la présence de Pinetop Perkins au piano et de Steve Freund à la guitare électrique. Elle échange deux autres duos pour ponctuer cette œuvre d’excellente facture : "I'm goin' back" tout d’abord. Elle est alors flanquée de Tracy Nelson ; et les deux voix se complètent divinement. Le gospel "Take a stand" ensuite. Taj Mahal lui donnant la réplique. Cette plaque rend hommage au blues authentique et traditionnel. Un troisième volet devrait bientôt paraître. Il s’intitulera, "Naughty, bowdy & blue".

Jean-Louis Murat

Mockba

Écrit par
Murat, le Woody Allen de la chanson française ? A voir le calendrier du chanteur pour cette première partie de l’année, pas doute : 3 disques complétés par une tournée vont mettre tout le monde d’accord. 2005 sera l’année du fringuant Auvergnat. Quelques mois après la légèreté pop d’ « A bird on a poire », Murat revient à ses premiers amours : poésie, séduction et romantisme. Poésie d’abord, car Murat nous livre ici certainement ses textes les plus beaux depuis (au moins) l’album précédent. Sentiment renforcé par l’adaptation en musique de 3 poèmes d’un chansonnier français du XIXème, Pierre-Jean de Béranger. La frontière entre la prose de Murat et de ce chanteur bien connu de tous est troublante. Qualitativement donc, l’habituel hermétisme ‘vieux français paysan’ de Murat est ici dépouillé, limpide. « Les fesses en jus de cerise », franchement fallait y penser... Murat poursuivra son travail à la croisée des chemins par la confection d’un cd et d’un dvd consacrés à ce chansonnier, en mettant en musique un poème de 1000 vers. Objet en vente sur www.jlmurat.com. Séduction ensuite, car un disque de Murat sans invitée féminine, n’est pas un vrai disque de Murat. Pour la circonstance, il revient à Carla Bruni de s’y coller pour un single sympathique et à priori anticonformiste. Nous retrouvons encore Camille, copine depuis quelques années maintenant. Romantisme enfin vu l’omniprésence de la section des cordes finement arrangée par Dickon Hitchliffe (Tindersticks) et la pianiste Marie-Jeanne Séréro, rompue aux exercices de style que sont la mise en musique de poésies. Le tour de force réside dans ce constat très simple : de ce 14 nouvelles chansons aucune ne ressemble à ce que Murat à pu déjà composer. Ca change des ces musiciens qui sortent tous les 2 ans le même disque.

Mickey Murray

Shout Bamalama

Mickey n’a eu qu’un hit, en 1967, et c’était un tube d’Otis Redding (« Shout Bamalama »). Un truc déchirant et funky, qui lui fît miroiter le temps d’un été ce rêve a priori inaccessible : lui aussi deviendrait une grande star de la soul, et à lui les pépettes. Avait-il le ‘mojo’, ou bien n’était-il qu’un chanteur de soul et de gospel destiné à racler le fond des hit-parades ? L’histoire en conclut qu’il tomberait dans l’oubli. Mais heureusement pour nous, l’excellent label Vampisoul ressort la totale du bonhomme : « Shout Bamalama », sous-titré « And Other Super Soul Songs ». Et pour une fois c’est vrai : tous ces titres (17) sonnent vraiment comme de la super soul, qu’elle minaude (« Lonely Room », « Pledging My Love »,…) ou qu’elle aboie (« Hit Record », « Are You Ready »,… à la James Brown). Mickey Murray, grand chanteur de deep soul ? Cette compile lui rend enfin justice, après plus de trente ans d’anonymat forcé. Merci qui ?

Music A.M.

My City Glittered Like a Breaking Wave

Écrit par
Un an après la sortie de son premier opus, “A Heart and Two Stars”, le trio germano-écossais nous revient avec un 5 titres qui enfonce le clou de leur formule électro-acoustique, au cours de laquelle des cascades éparses de sons électroniques télescopent les arpèges de la 6 cordes. Music A.M. résulte de l’association entre le chanteur/ guitariste Luke Sutherland (NDR : vocaliste des feu Long Fin Killie et Bows), Stefan Schneider (To Rococo Rot) et Volker Bertelmann, préposé aux claviers, boîtes rythmiques et loops. Outre 2 instrumentaux aériens, cet EP est l’occasion de retrouver la voix magique, au phrasé syncopé, de Sutherland. A pointer le titre d’ouverture, “Mermaid”, qui augure d’un deuxième album épuré et mélodique, serein et orageux…

My Diet Pill

My Diet Pill

Écrit par
Mon dieu qu’il est difficile de chroniquer un album comme celui-ci… Groupe au profil sympathique et à la musique soignée, My Diet Pill est le genre de combo que l’on rêverait encenser tant leur troisième album respire l’envie de bien faire. Tenants d’un rock à la fois calme et tendu, les membres du projet semblent en effet avoir mis tant de cœur à la confection de leur nouvelle plaque qu’il serait vraiment malvenu de la descendre en flèche. Elle ne le mérite pas d’ailleurs, puisque les 14 morceaux que l’on peut y trouver sont loin d’être mauvais et qu’ils contiennent même quelques chouettes idées (« General’s Crown », « Family »). Malheureusement l’ensemble sonne un peu trop scolaire et ne reste dans l’oreille que le temps nécessaire à son écoute. De plus, l’album souffre d’un trop plein d’interludes et de morceaux instrumentaux dispensables qui finissent par faire retomber une pression qui ne demandait pourtant qu’à monter… Un EP, regroupant les meilleurs titres présents sur ce disque éponyme, aurait peut être été de meilleur aloi. 14 plages, c’est beaucoup les gars… Faut pouvoir quelques fois couper dans la viande… Dommage, vraiment!

My Red Cell

13 in my 31

Écrit par
A Londres, en se baladant dans les rues de Hackney, le flâneur inconscient passe devant une façade estampillée "Toerag Studio". Pour le promeneur moyen, peu coutumier des frasques du rock’n’roll, il s’agit là d’une bicoque parmi tant d’autres. Erreur, grave erreur mon cher promeneur. Car sous cette enseigne se cache un studio d’enregistrement (déjà) mythique, responsable de plusieurs pépites de la résurgence du rock en ce début de millénaire. Fréquenté par The White Stripes, The Datsuns, The Kills ou The Black Keys, l’atelier sonore, géré de main de maître par l’ingénieur du son Liam Watson, n’a plus rien (ou presque) à prouver au reste du monde. Perfectionniste et féru d’anciennes technologies, Watson a passé une année entière, au début des années 90 à écumer le pays pour réunir le matériel d’époque qu’il cherchait. En quelques années, il s’est entouré des vieux équipements analogiques des meilleurs studios d’alors (BBC, Abbey Road, Decca). Toerag est ainsi devenu le nouveau fantasme des groupes de rock en quête d’un son chaud, habité, loin de la sophistication des logiciels niveleurs. Pour toute philosophie, ce matériel vintage allonge un doigt tendu en direction des procédés numériques. Excédés par un monde dominé par la répétition rigide de mécanismes automatiques, les rockers du vingt et unième siècle font table rase du passé et valorisent la spontanéité de l’être humain sur la machine. Nouvel recrue du studio Toerag, le quatuor My Red Cell enfonce le clou et crache son glaviot à la gueule du gigantisme de l’industrie du disque. Le groupe esquisse des représentations incongrues : Dolf Datsun en pleine crise d’adolescence ("Going out for nothing"), Jack White en vacance chez The Bronx ("Knick me down"), The Pixies bottant le cul aux membres de Mclusky pour les contraindre à rebrancher les amplis ("Whisper the fear"). Tout en arpèges aiguisés, l’entrée en matière explose en éructions maladives dans "In a cage (on prozac)" (NDR : un bon point de plus, nos Anglais ont le sens du titre subtil !). "Head in the ground" part en guerre, défendre fans et enfants du revival rock’n’roll. Seul accroc notable à la liste des douze brûlots balancés par My Red Cell, "Bullet (One day Closer) " et sa production lisse, aux confins du rock FM dénature quelque peu la vue d’ensemble de cette photographie viscérale.