La manille pour bébé de Panic Shack

Fondé en 2018, Panic Shack eéunit Sarah Harvey, Meg Fretwell, Romi Lawrence, Em Smith et Nick Williams. La formation a décidé de défier l'atmosphère exclusive des scènes indie et punk dominée par les hommes. Sa musique est décrite comme explosive et…

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Wholes passe son chemin…

Wholes (ex-The Van Jets, Hypochristmutreefuzz, Pink Room, Elefant, etc.) a partagé une première chanson torride. Brute, non filtrée et chargée d’émotion. "Till We Don't Meet Again" est une collision de guitares tordues, de rythmes implacables et de voix qui…

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Soilwork

Stabbing the Drama

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Paru il y a juste deux ans, « Natural born Chaos » a été salué par la critique comme un incontestable chef d’œuvre. En commettant « Stabbing the Drama », Soilwork démontre qu’il n’évoluera pas durant toute sa carrière dans l’ombre de sa discographie passée. Car ce nouvel opus est tout aussi réjouissant que la plaque produite à l’époque par le génial Devin Townsend. Plus technique que son prédécesseur, il bénéficie de l’apport de Dirk Verbeuren, batteur belge venu prêter main forte aux Suédois, qui martèle ses fûts avec rage et précision. Björn Strid, vocaliste inépuisable, est la clef de voûte qui chapeaute l’ensemble, loin des clichés qui caractérisent le death techno-mélodique dont il est pourtant un des instigateurs. Férocement actuel et diablement efficace, le trash contemporain de Soilwork est agrémenté d’atours électroniques bien sentis, à l’image d’un Strapping Young Lad dont il est le plus digne héritier.

South San Gabriel

The Carlton chronicles : not until the operation´s through

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Pour pouvoir écouler son stock de chansons, Will Johnson n’a guère le choix : multiplier les formules. Ce qui explique pourquoi il commet des albums pour Centro Matic, South San Gabriel ou en solitaire. Mais au lieu de vider ses fonds de tiroir, Will prend un malin plaisir à écrire (NDR : ça rime !). Donc, pour concocter « The Carlton chronicles : not until the operation´s through », il s’est fendu de toutes nouvelles compositions. C’est pas demain la veille qu’il épuisera ces fameux stocks ! Une plaque pour laquelle il a reçu le concours de toute l’équipe de Centro-Matic. C'est à dire Matt Pence, Scott Danbom et Mark Hedman. Ainsi que de toute une série de collaborateurs, dont Matthew Stoessel à la pedal steel et à la slide. Non seulement, Will est un lyriciste prolixe, mais surtout il compose des chansons à thèmes qui suscitent la réflexion. Il a cependant recours à un langage simple pour dépeindre des images abstraites. Ainsi, pour ce nouvel elpee, il s’est mis dans la peau d’un chat pour traiter de sujets aussi universels que le conflit, le succès, la solitude ou la cohabitation. Avant de les transposer sur le plan humain. La plupart des plages de ce disque évoluent sur un tempo lent, parfois même extrêmement lent, dans un registre alt country dépouillé, que Will interprète de sa voix fatiguée, austère, rongée par la douleur. Mais si on a souvent l’impression que ses compos naviguent dans un style proche d’Iron & Wine, de Sufjan Stevens voire de Smog, les harmonies vocales cristallines, extrêmement soignées, sont tout à fait dignes de Crosy Stills & Nash. Seuls « The dark of garage », déchiré entre piano et boîte à rythmes, le pseudo tango « Sicknessing », ainsi que l’allègre « I feel too young to die » ou encore l’opulent et excellent « I am six pounds of dynamite », balayé d’oscillations de claviers et de harpe, sortent quelque peu de cette léthargie visionnaire, pour ne pas dire hallucinatoire…

Chris Spedding

One step ahead of the blues

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Christopher John Spedding est né en 1944. A Sheffield, en Angleterre. Au cours de sa jeunesse, il joue du violon. Mais il tombe sous le charme du rock'n'roll et acquiert une guitare électrique. En 1959. L’année suivante, il émigre à Londres. Et fait en quelque sorte ses armes, en se produisant régulièrement, dans des groupes obscurs. En 68, il joue en compagnie du vibraphoniste Frank Ricotti avec lequel il enregistre un long playing. Il sévit également chez les Battered Ornaments du poète Pete Brown. Et participe à la confection de l’elpee "A meal you can shake hands with in the dark", en 69. La même année, il collabore à l’enregistrement de l'album de Jack Bruce, "Songs for a taylor". En 1970, il rejoint la formation de jazz rock, Nucleus. Puis commet enfin son premier album solo, "Backwood progression". En 71, Chris et Peter Green apportent leur contribution à la confection de l’elpee de Memphis Slim, "Blue Memphis Suite". En 72, il participe aux sessions d’enregistrement des opus de Chris Youlden (ex-chanteur de Savoy Brown) et de Dick Heckstall-Smith. Il milite ensuite chez les Sharks, combo monté par l'ancien bassiste de Free, Andy Fraser. Son premier single, "Motorbikin", paraît en juillet 75. Puis un album éponyme. En 1976. Une plaque dont sera tiré le hit single "Guitar Jamboree", un savant brassage de guitaristes qui portent pour noms Albert King, Chuck Berry, Hendrix, Clapton, Page et Beck. Chris tâte ensuite au mouvement punk. Il produit même les Sex Pistols, fin 76. Il enregistre "Pogo dancing" en compagnie des Vibrators ; un 45 tours qui récolte un certain succès. En mars 1979, la critique ne tarit pas d’éloges son album "Guitar Graffiti". Chris devient alors un musicien de session très sollicité : Robert Gordon, Dick Rivers, Nick Mason, Nina Hagen, John Cale, Roger Daltrey, Johnny Halliday, Elliott Murphy, Willy DeVille, Mylène Farmer et bien d’autres le réclament En 86, il enregistre "Enemy within", une plaque qui paraît chez New Rose. Et enfin, en 2002, pour la toute première fois de sa longue carrière, Spedding ose un opus aux accents très blues.
 
L'atmosphère baigne dans les swamps louisianais pour ouvrir le "Cajun moon" de JJ Cale. Même la guitare semble imprégnée de ce climat humide. Une compo qui évolue dans un registre très JJ. La voix également. Le ton nonchalant est naturellement laidback. La production de Philippe Rault lui rend justice. Chris double au clavier. Constituée de Reggie McBride à la basse et Tal Bergman aux drums, la section rythmique joue parfaitement son rôle. Nonobstant le solo découpé sur le fil du rasoir, la sonorité paresseuse envahit également "I wouldn't treat a dog" (NDR : une compo popularisée par Bobby Blue Bland). Le ton demeure laidback pour le "No expectations" des Stones (NDR : époque "Beggars Banquet" !) et le "Remember" de Jimi Hendrix. Chanté par Lee Dorsey, "Riverboat" a été composé par Allen Toussaint. La version de Spedding navigue dans le même climat voodoo qui parfume les bayous. De nombreux effets de reverb alimentent les cordes. Chris remet le cap sur la Nouvelle Orléans en abordant le "Go to the Mardi Gras" de Professor Longhair. Une version particulièrement réussie qu’impriment des instruments aux rythmes saccadés. Après avoir reproduit note pour note le célèbre "Albatross" de Peter Green, il attaque le titre maître. Un rock blues très mélodique, contagieux même, souligné par une ligne de guitare conquérante. Slow blues rock très ‘british’, "Mother Earth" est issu de la plume de Memphis Slim. Il est ici traité de manière très électrique par Mr Spedding. Blues rock doux et convivial, "Dollar on my pain" aurait pu être chanté par Tony Joe White. Faut dire que la sonorité de la guitare est tellement agréable à l’oreille. Une sensibilité bayou, lugubre hante le "Young man blues" de Mose Allison. A cause du toucher de slide à la fois sensuel et tourmenté. Enfin le "Lonely avenue" de Doc Pomus, (NDR : cette plage figurait au répertoire de Ray Charles) achève cet opus, ma foi, très agréable ; même si je viens de le découvrir trois années après sa sortie. Un nouvel elpee de Spedding est prévu pour ce mois de juillet. Baptisé "Click Clack", il devrait paraître sur le label allemand SPV. Cet été, il tournera en compagnie de Roxy Music ; et en septembre de Robert Gordon.

The Spherical Minds

Fern

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Quintet français, The Spherical Minds pratique un rock atmosphérique aux fortes influences post-rock. Teintées également d’un psychédélisme fleurant (bon ?) les seventies, les compositions quasi exclusivement instrumentales du groupe se révèlent agréables à défaut d’être exceptionnelles. Aériennes et soignées, agrémentées de cordes bienvenues, les piécettes présentées ici trouveront sûrement nombre d’oreilles attentives auprès des amateurs du Pink Floyd voire de Hood… Un regret : une certaine uniformité risque, sur la longueur, de lasser les moins aguerris à ce type de disque. Certains tics propres au genre (extraits de dialogues de film dans les moments les plus calmes, etc.) sont aussi à mettre au rang des réserves d’usage. Pour le reste, des titres comme « Don’t play the scene » ou « Fern (or much closer) » devraient largement satisfaire les fans de ce style musical.

Spoon

Gimme Fiction

Écrit par
5ème album pour les texans de Spoon et, enfin, le succès… En effet, par la grâce d’un seul single, ces Américains au passé mouvementé (débarqués d’Elektra Records en 1998 pour ventes insuffisantes, ils passèrent à deux doigts du split) semblent aujourd’hui en mesure d’assurer leurs arrières pour les 30 années à venir. Il faut dire que le morceau en question est plutôt réussi. Funk glacial à la basse tendue comme le fil du rasoir, « I Turn my camera on » est de plus servi par une production minimaliste qui a le mérite de mettre en avant le chant énamouré de Daniel Britt, leader attitré du combo… On en connaît qui vont s’en mettre plein les poches… Ce constat posé, qu’en est-il du reste de « Gimme Fiction », dont on parle tant de l’autre côté de l’Atlantique ? Eh bien il faut avouer qu’il n’est franchement pas désagréable… Articulé autour de morceaux pop/rock de facture beaucoup plus classique, l’album offre son lot de bon moments : « « Two sides/Monsieur Valentine », « I summon You » ou encore « The Beast an Dragon, adored » viennent ainsi nous rappeler que Spoon, en plus de lorgner vers le haut des charts, entend aussi travailler sur la longueur. Et si les influences proclamées du groupe semblent lorgner du côté de Hüsker Dü ou de Television, on ne peut s’empêcher de penser, à l’écoute des ces quelques titres, que nos nouveaux amis ont décidemment beaucoup écouté les Beatles quand ils étaient petits…

Bruce Springsteen

Devils & dust

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Trois ans après avoir commis “The rising”, en réponse aux attentats du 11 septembre, Bruce Springsteen nous revient sous une formule plus intimiste. “Devis & dust” n’est cependant pas tout à fait un nouvel elpee, puisque les compositions ont été écrites il y a une dizaine d’années. Elles constituent même, quelque part, une suite à The ghost of Tom Joad », paru en 1995. Pas d’E Street Band donc, mais quelques collaborateurs. Et notamment le producteur/bassiste Brendan O’Brien, le drummer Steve Jordan (NDR : un pote à Keith Richards), la violoniste Soozie Tyrell et la choriste (NDR : son épouse !) Patti Scialfa. Sans oublier la section de cordes. Tout un éventail de collaborateurs qui finalement n’interviennent que très parcimonieusement. Histoire de mettre d’abord en exergue la guitare sèche du boss et sa voix tantôt nasillarde mais douce, tantôt rugueuse et écorchée, narrant des textes qui traitent de thèmes spirituels. Histoires de vie, de deuil, de foi, de rédemption et d’amour qui déchirent la conscience de l’Amérique et des Américains. L’opus est accompagné d’un DVD paru en France et aux States sous le format ‘dual disc’, c'est-à-dire un support associant les deux technologies, en proposant le compact disc sur une face du disque et le DVD sur l’autre.

Staff

If it ain´t Staff it ain´t worth a fuck

Écrit par
Premier mini elpee pour ses Ricains à la musique particulièrement percutante. Staff réunit deux musiciens qui militent chez Fuck : le chanteur/ guitariste Tim Prudhomme et le drummer Geoff Soule. Un line up complété par le bassiste des Grifters, Tripp Lamkins et le guitariste de Quickspace, Sean Newsham. En 25 minutes, le quatuor nous offre toutes les facettes de son rock'n'roll bien trempé dans le ‘garage’. Et des compos engagées mais non dénuées d’humour comme "Teenagers Wearing Blazers" ou " We Do Weddings" vous frappent au ventre, vous remuent les tripes et ne vous lâchent plus!!! Un opus que vous écouterez avec beaucoup de plaisir, même s’il ne risque pas de révolutionner la scène rock contemporaine.

Stuart A. Staples

Lucky dog recordings 03-04

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Pour enregistrer son premier album solo, Suart A. Staples a bien sûr reçu le concours de musiciens de son groupe ; et en particulier de Neil Fraser, Al Macaulay et David Boulter. Mais également le trompettiste Terry Edwards (un ex Tindersticks) ainsi que les Françias Thomas Behom et Yann Tiersen ou encore Adrian Huge et Adrian Stout des Tiger Lilies. Sans oublier la choriste Gina Foster. Tout un petit monde qui vient tour à tour poser délicatement sa petite touche personnelle (NDR : un piano, un saxophone, de l’orgue, un glockenspiel, des chœurs, quelques lignes de basse, un zeste de guitare, un chouia de percus, quelques maracas ou encore un trombone) dans cet univers sonore minimaliste et bien sûr mélancolique. Pas d’orchestrations fastueuses, luxuriantes, comme sur les disques de Tindersticks. D’ailleurs, Dickon Hinchlife, le préposé aux arrangements de cordes n’a pas été invité. Mais dix compositions (dont deux instrumentaux) qui se consument lentement, impression accentuée par le baryton profond, velouté, caressant, unique et si reconnaissable de Stuart A. Staples. Ce qui n’empêche pas une grande diversité dans les styles. Ainsi, bossa nova (« Friday night »), alt-country (« I’ve come a long way »), jazz (“People fall down”), blues urbain ‘cavesque’ (“Shame on you”), et même britpop abordé dans l’esprit des Smiths (“Say something now”) émaillent un très bel opus empreint d’une grande tristesse. Et pour que votre information soit complète sachez que Ian Caple assure la production de l’elpee !

Stars

Set Yourself On Fire

Des Canadiens (Montréal/Toronto) signés sur Arts & Crafts (le label de Broken Social Scene, dont on retrouve ici 2 membres) : jusqu’ici rien d’anormal. Mais qu’ils jouent plutôt de la pop à la La’s, c’est déjà davantage surprenant. En fait, on pense aussi aux Boo Radleys, à Magnapop, voire aux Go-Betweens… De l’art de la préciosité, ce petit truc qui touche droit au cœur, même s’il peut entraîner le diabète : Stars arrive à point du Canada pour réchauffer nos longues soirées d’automne… En sortant ce « Set Yourself On Fire », leur troisième album (mais le premier à se voir correctement distribué chez nous), les Stars (1 fille, 4 garçons) ne devraient donc avoir aucun mal à décrocher les étoiles. Si le jeu de mots est facile, il n’est ici pas galvaudé : ce disque scintille vraiment d’une aura pop en tous points (chants, mélodies) confondante. Du charmant « Ageless Beauty » au pétillant « What I’m Trying To Say » (ces « I Love You ! » extatiques !), du corrosif « Celebration Guns » à l’éthéré titre éponyme, « Set Yourself On Fire » plaira à tous les amateurs de mignardises pop (mais pas idiotes). De quoi bouter le feu au spleen, s’il vous arrive de déprimer.

Static Films

Love of light

Écrit par
Dès l’entame, le sentiment d’écouter un disque crépusculaire, rempli de ces bons mots poétiques chers aux romantiques de tous poils vous prend à la gorge. Static Films fait partie de ces groupes possédés, habités. Portant à bout de bras une sensibilité à fleur de peau, le duo Mark Trecka / Douglas Tesnow enfile les moments de bravoure comme d’autres les inepties. L’Angleterre se pavane devant Radiohead ; les Etats-unis ne sont pas des seconds couteaux. Et les territoires ici visités valent tous les longs discours. Frères d’armes de Black Heart Procession, Static Films navigue de fait avec la crème du songwriting américain actuel : Bright Eyes et Davendra Banhart pour ne citer que les plus en vue. S’entourant d’une section à cordes à faire pleurer les Tindersticks, le groupe transperce les coeurs à coups d’a capella, de noisy rock (Ride) et d’orgue à damner les plus gothique. Ajoutons-y une sincère accointance avec le label Secretly Canadian (Antony and the Johnsons, Swearing at Motorists, Songs : Ohia) et Jim Zespy pote de Rapider Than Horsepower (sur le site) et vous êtes face à un de ces disques qui use votre touche ‘repeat’.

Eric Steckel

High action

Écrit par
Eric Steckel est un musicien surdoué. Très jeune. Plus jeune encore que les Jony Lang, Mike Welsh et autre Joe Bonamassa. Et pour cause, il vient de fêter ses quatorze ans. Un musicien qui aime se frotter au blues. Il n'en avait pas encore douze, lorsqu’il commettait son premier elpee, "A few degrees warmer". En 2002. Originaire d'Allentown, en Pennsylvanie, il s’est fixé aujourd'hui à Jacksonville, en Floride. Eric est parvenu à taper dans l’oreille du bon vieux John Mayall. Ce vétéran doit certainement se rappeler les bonnes années soixante, lorsqu’il incarnait une véritable institution pour les jeunes bluesmen anglais. Steckel a donc pu rejoindre John sur les planches, lors de plusieurs concerts.
 
Cet opus était paru chez ESB, l’an dernier. Munich Records le distribue aujourd’hui chez nous. Adepte des ‘Fender Stratocaster’, Eric est ici épaulé par Nick Franklik à la basse et Wayne Smith aux drums. Ce dernier double aussi à l'orgue Hammond. L'album réunit répertoire personnel et reprises de classiques notoires.
 
En ouverture, "Funky C funky Do" nous signifie qu’Eric a beaucoup écouté le regretté Stevie Ray Vaughan. Le gamin est déjà à l’attaque sur cet instrumental très électrique et donne l’impression de vouloir épater la galerie. Avec un talent indéniable, il faut le reconnaître ! "Slow train" repose sur un riff classique, appuyé. La légèreté n’est pas au rendez-vous. Comme au bon vieux temps du british blues célébré au cours des sixties. Mais lorsqu’il essaie de poser sa voix, on se rend bien compte qu’il s’agit d'un enfant. Et dans l’univers du blues, ce type de timbre soulève d’inévitables réserves… Néanmoins, il y met un aplomb certain, forçant au passage ses cordes vocales. Son solo est bien en place. Manifestement, il est parvenu à assimiler la patte de ses maîtres. Il me semble davantage dans son élément, lorsqu’il aborde les instrumentaux. A l’instar d’"Esperita" doté d’évidentes saveurs latines. Il est même ici proche de Carlos Santana, mais sans pour autant en pomper le style. La guitare est parfaitement maîtrisée pendant que l'orgue Hammond donne une coloration chaleureuse à l’ensemble. Eric a beau se démener et connaître son répertoire, il me fait sourire lorsqu’il se met à chanter. Mais il vit sa musique, le diable ! Que ce soit à travers le funky "Blues is a feelin" ou son autobiographique "Some people tell me", mélodiquement proche du "Thrill is gone" de BB King . Les instrumentaux se taillent quand même la part du lion. A l’instar de "Oh yeah!", du très SRV "Char broiled" ou encore de "Born under a bad sign" qui ne fait pas dans la dentelle. En fin de parcours, les reprises se bousculent d'ailleurs ; et notamment un "Further on up the road" caractérisé par une sortie des cordes de toute bonne facture ou encore "Lucille". Munich a même ajouté deux bonus tracks. Deux extraits du premier album issus du répertoire de Freddie King : "Hideaway" et "The sad nite owl". Je rappelle qu’à l’époque, il n’avait alors que 12 ans. Une chose est sûre, Eric Steckel est un excellent guitariste. Il possède la technique, affiche de la maîtrise et manifeste beaucoup de feeling. Avec le temps, il deviendra sans doute moins démonstratif. Mais peut-on lui en vouloir? Personnellement, je répondrai par la négative. ! Suffit de réécoutez donc son impressionnant solo accordé lors de son "Never run from the rain" pour en être convaincu…

rinôçérôse

Schizophonia

Écrit par
Le troisième album des rockeurs électro de Montpellier aligne dix morceaux calibrés pour les pistes de danse. Quelques chanteurs et chanteuses (dont l’ex Ride Mark Gardener) prennent leur tour de rôle tout au long de cet opus bien produite mais qui ne brille sûrement pas par son originalité. On n’est d’ailleurs jamais bien loin du pastiche. A l’instar de « Fiction Dancer », dont le refrain est carrément pompé au « Love Like Blood » des Killing Joke, au très Phoenix « Body to Body » ou encore de « Bitch » qui sonne comme un remix d’AC/DC. Entre les beats disco et le rock le plus électrique, les Français préfèrent ne pas choisir ; et dans certains cas ça marche, comme sur « Cubicle », morceau totalement couillon mais qui va sûrement faire un malheur à la radio et dans les soirées. Vous l’aurez compris, la musique dispensée sur ce « Schizophonic » n’est pas vraiment à écouter dans votre salon, mais va sûrement faire danser tous vos amis à votre pendaison de crémaillère ou à la prochaine soirée Rock’n’Brol. Du bon boulot quand même, surtout au niveau de la production (les guitares et les beats sont magnifiques) ; et de toute façon bien plus drôle que le dernier opus de Daft Punk ? Non seulement, le duo essayait de semer sur le même champ sonore, mais avec encore moins d’inspiration… Allez Karoutcho, fais péter !

Alasdair Roberts

No Earthly Man

La lande écossaise, au XVe siècle : un barde mélancolique traîne ses savates de châteaux en villages, troquant quelques chansons (de Roland ?) contre de la bonne pitance. L’estomac souvent vide et le cœur écorché, il brave vents et tempêtes pour répandre la bonne parole, sa seule compagne étant une vieille guimbarde taillée dans le bois le plus coriace. Son public : de vieilles sorcières, quelques enfants, parfois une jolie dame. Pour ces spectateurs à l’attention fragile, notre homme chante des histoires d’amour, de vengeance et de voyage. Parfois, il dédie une de ses chansons aux (rares) filles qui le regardent : « Molly Bawn », la mère Michelle et celle Denis, aussi. De ses passages au Sussex et dans l’Ulster, il rapporte des airs, qu’il arrange à sa manière (« Lord Ronald », « The Cruel Mother »). De temps en temps, il rencontre… La suite est au rayon : « Archives » (cliquez dans le bas, à gauche, et tapez « Farewell Sorrow »). Sur ce nouvel album, Alasdair Roberts continue donc son bout de chemin dans les landes : personne ne dit s’il a rencontré des lycanthropes, mais en tout cas il est toujours coincé au XVe siècle. La viole de gambe, ça vous tracasse ? Ecoutez donc ce disque, en vous laissant pousser la barbe.

Rocket Science

Eternal Holiday

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Quand les kangourous quittent leurs troupeaux (ben oui, ces animaux vivent en troupeaux !) et rentrent au garage, ils en ressortent chargé de très bons disques : « Stranded » de The Saints (NDR : vieux et dé-canonisés depuis leurs glorieuses seventies) et « Radios Appear » de Radio Birdman demeurent à cet égard de pertinentes illustrations de la dextérité sonore de nos amis les marsupiaux. Et, s’il vous plaît, que personne ne nous parle des Vines ! Parce qu’il y a rire et rire mais pisser dans le dos de sa grand-mère et soutenir qu’elle transpire, décidément ça ne nous fait plus rire ! Car soyons clairs : depuis le fabuleux « Highly Evolved », Craig Nicholls et sa bande de ficus humanisés sont morts et enterrés. Evaporés, fous et certainement dissous. Mais nous ne sommes pas ici pour assister à l’enterrement des Vines mais bien pour apercevoir le décollage de Rocket Science, quatuor australien à double guitares acérées. A première vue, Eternal Holiday, leur nouvel album, porte drôlement bien son nom : les onze morceaux proposés ont tous été enregistrés entre octobre et novembre 2003 (?). Ainsi, le groupe semble avoir prolongé les vacances de son enregistrement. Les disques australiens mettent un temps dingue à débarquer sur notre continent, on s’en souviendra… Et cet album, alors ? Un brin consensuel, une pop déguisée sous des airs de rock, on se souviendra également que Rocket Science n’a pas inventé l’eau chaude. Les prétendus hymnes s’intitulent « Eternal Holiday », « Sex Call » et « Dressed To Kill » : ils forment un triptyque, une solide rampe de lancement pour cette Rocket scientifique. Ne reste plus qu’à la charger de dynamite…

Henry Rollins

Shock & awe

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Le tour de force des spoken word de Rollins est de partager équitablement les salles. Autrement dit autant des filles que de garçons. En concert, la donne n’est pas exactement la même. Car malgré les ‘fuck’ mis à toutes les sauces aussi bien en live qu’au théâtre, c’est un Rollins souriant, presque décontracté qui se présente face à son public (assis). Nous sommes bien loin ici du taureau tatoué qui harangue les foules lors des concerts ou des festivals. Et puis, l’humour les fait toutes craquer, c’est bien connu. Bon, Rollins n’est pas Seinfeld. Sa Stand Up Comedy - même si bien huilée et bien sentie – semble satisfaire pleinement les zygomatiques du public. Nous imaginons mal Seinfeld se lancer dans l’une ou l’autre interprétation d’un des classique de « The end of silence ». Alors qu’à chaque fois que Rollins approche le micro de ses lèvres, on espère l’espace d’un instant que résonnera « Low self opinion », « Tear It » ou « Almost Real ». Les chiens ne faisant pas des chats, Rollins s’attaque tous biceps dehors à JP2, à Bush, aux médias... Maîtriser la langue de Shakespeare est préférable ; mais l’option sous-titres en anglais permet de goûter tant bien que mal à l’humour tout en finesse du plus grand rocker à tout faire de l’histoire du rock tout court.

Roomful Of Blues

Standing room only

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Fort de ses 36 années d’existence, le R.O.B. est sans aucun doute une des plus anciennes formations encore en activité aujourd’hui. J’ignore si le line up implique encore un des membres originels : une chose est sûre, le guitariste Chris Vachon semble s’être imposé comme le nouveau leader du combo. Et il est également producteur ! Quoique talentueux, Chris n’est cependant pas encore parvenu à faire oublier Duke Robillard et Ronnie Earl. Mais il n’en demeure pas moins un gratteur de première classe! La formation implique toujours Rich Lataille aux saxophones ténor et alto ainsi que Bob Enos à la trompette ; encore deux ‘anciens’ ! Les autres ont rejoint le band relativement récemment. Tout d’abord le chanteur/harmoniciste Mark Duffresnes. Et puis surtout le claviériste Travis Colby, seul nouveau depuis la sortie de l’elpee "That's right".
 
Les R.O.B. démarrent à plein régime. L’allure est très vive, en effet, dès le "She put a spell on me" de Little Milton. Une compo dominée par la voix très juste mais au timbre si particulier, nasillard de Mark. Une courte plage dénuée de solo, mais qui ne manque pas sa cible. Un élan qui se prolonge par le mambo "I can't stand you no more". Un autre fragment de brève durée, mais pour la circonstance conduite par la guitare de Vachon. Elle imprime même le rythme ; mais toujours pas de solo à l’horizon, comme si ces vétérans voulaient retrouver leur place sur des 45 tours destinés aux juke-boxes d’autrefois. Le tempo demeure vif pour "Boomerang". La voix de Duffresne se prête merveilleusement à la sonorité furieuse du big band. Les cordes de Chris Vachon concèdent une tonalité éclatante et précise à la fête du rythme. La guitare ouvre royalement le slow blues "The love you lost on the way". Tous les instruments sont bien en place. L’espace sonore est tapissé de cuivres ; mais également par l'orgue et la section rythmique constituée de Brad Hallen et de Jason Corbiere. Vachon se réserve son premier grand solo de l'album. Les notes sont distinctes, bourrées d'effets. Drivé par les cuivres et l'orgue Hammond de Travis Colby, le rythme adopté tout au long de "Just keep on rockin" est toujours aussi enlevé. Hormis (NDR : enfin !) une bonne sortie du sax ténor de Rich Lataille, l'absence de parties instrumentales est quand même fort surprenante. C'est le moment choisi par Mark pour empoigner son harmonica et interpréter une de ses compositions : "Two for the price of ten". Sur le tempo tracé par les quatre cordes de Brad, l’instrumental jazz "Straight Jacquet" offre l’opportunité aux trois cuivres de mettre le nez franchement à la fenêtre. Blues lent, "Sufferin' with the blues" baigne au sein d’un climat jazzyfiant. Une ambiance fin de soirée tramée sur l'orgue Hammond ; même si au cours de ce track, Lataille se réserve un magnifique tour de sax. On croirait qu’il a même été confectionné sur mesure. Mark chante ici avec beaucoup de classe. Il laisse étaler la richesse insoupçonnée de ses cordes vocales. Sur un tempo vif, le big band s'engouffre dans "Jona Lee" ; une chanson écrite par le claviériste Colby. Il en profite pour se montrer très persuasif au piano. Enfin, le "Love grown cold" de Lowell Fulsom atteint un des sommets de l’opus. Un fragment qui évolue sur un rythme syncopé. Tout est parfait : depuis la guitare de Chris à l'orgue de Travis. Décidément remis en selle, ils embraient par le "My mind in trouble" de Little Milton. Chris sort de sa réserve et aligne des notes irrésistibles. L’elpee nous réserve encore un dansant "Flip flap Jack" ainsi que le tonique et renversant "Up jumped the devil". Quoique de bonne facture, « Standing room only » n’est certainement pas la meilleure œuvre du groupe.

Rose City Kings

Holler out for more

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Les Rose City Kings sont issus du nord ouest des USA. De Portland dans l'Oregon, très exactement. Dan "Kingbee" Berkery en est le leader/compositeur/chanteur et guitariste. Et probablement un excellent showman. Une impression corroborée par l’écoute de cet opus. Il est épaulé par Ron Camacho à la basse, Roger E aux drums, Joe ‘Super’ Powers à l'harmonica et Jeff ‘El Nino’ Simonson à l'orgue. Après avoir commis "Delta Hop" en 2003 et "Up on it" en 2004, les RCK nous proposent cet elpee immortalisé ‘live’, le 1er avril dernier, aux studios Mississippi de Portland.
 
Une slide aux accents bien métalliques envahit l’espace sonore. Elle est bientôt rejointe par l'ensemble des musiciens, orgue et harmonica en tête ! Dès les premiers cris, la voix de Kingbee vous prend à la gorge. Une voix forte, perçante et fortement nasillarde. L'attaque est tranchante, assez agressive. Le chant domine sans discussion. Le son de la slide est largement amplifié, mais Kingbee dompte parfaitement cet instrument afin d’éviter le moindre égarement. Un jeu peu orthodoxe et inusité qui alimente un climat d'outre-tombe ; mais également empreint de violence. Le chanteur tempère quelque peu ses ardeurs sur "Devil in my shoes". Il récite plus qu'il ne chante. Le son produit par les cordes est toujours aussi amplifié. Mais il passe bien la rampe. Super sort enfin de sa réserve et passe à l'attaque sur l'harmonica. La vivacité du rythme réapparaît pour "Biscuits n' gravy". Le chant est toujours incisif. La slide - décidément mystérieuse - et l'harmo sonnent la charge. El Nino se met à y croire lui aussi derrière son piano. Afin de suivre le chant de leur leader, les Rose City Kings déploient une énergie peu banale. Les instruments sont malmenés en permanence. Pourtant, l'éventail des possibilités s'élargit sur "Up on it". Les vocaux du bassiste et du batteur rejoignent ceux du leader. L'harmo vagabonde, puis crève l'écran! "Tequila blues" est le long blues lent sur lequel Kingbee peut éructer ses vocaux perçants sur fond d'orgue Hammond ; un fragment qui autorise les sorties de la guitare et de l'harmonica. Rock un tantinet countrysant, "Baybelline" galope avec détermination. Berkery est manifestement un homme de scène. Il maîtrise son public à sa guise. Il reprend la slide. Elle émerge d’un magma sonore à la fois poisseux et poussiéreux. Nous sommes du côté de Chicago. Son "Coffee blues" est dispensé de manière brute, sans la moindre fioriture. Une formule qui plait au public ; surtout lorsqu’elle est émaillée de solides apparitions de la slide, de l'harmo et du piano. "Way down low" replonge dans le slow blues aux accents volontiers dramatiques. La voix de Berkery est toujours énergique et enthousiaste ; même en fin de concert. Il se fait shouter sur "Put a little wiggle in it", une plage au cours de laquelle une forme de passion gagne la foule. Un riff démoniaque hante "Double belly twist". Une plage meurtrière torturée par cette slide pas possible qui émerge au beau milieu des cris de l'harmonica. Nous ne sommes alors plus très loin de l’univers du Muddy Waters Band. Kingbee épile sa Fender Telecaster en picking tout au long de "Sweet nothings", un blues rythmé dominé par la voix ravagée. Lorsqu’ils quittent la scène, les Kings parviennent encore à nous surprendre, en interprétant "Reckless sinner", une jolie ballade chantée avec une infinie douceur. Les Kings ont déjà décroché plusieurs Awards auprès de la Cascade Blues Association (NDR : un groupement très actif à Portland et Vancouver). Nantis d’une forte personnalité, ils sont considérés comme un des grands espoirs de la Cité des Roses et en Berkery. Si vous êtes d’un naturel curieux, vous ne pouvez passer à côté de ce que je considère comme une véritable découverte…

Christina Rosenvinge

Foreign Land

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Star de la pop latino durant les années 90 au sein de son groupe Los Subterraneos, Christina Rosenvinge abandonna au changement de millénaire Buenos Aires pour New-York. Non contente de changer de continent, la délicate Christina en profita pour proposer une musique plus intimiste et personnelle. Et séduire ainsi l’écurie Smells Like Records et la tribu Sonic Youth. Après un 1er album « Frozen Pool » inégal, ce « Foreign Land » impose davantage l’univers de la belle Argentine. Les 8 titres de cet album sont autant d’épures sensibles, la voix fragile de la dame étant soutenue tout en nuances par Lee Ranaldo, Steve Shelley & Cie (le splendide morceau final « As the Stranger Talks »). De plus la production discrète garantit l’authenticité de titres comme « Dream Room » (le versant éclairé) ou « German Heart » (le versant sombre à la Stina Nordenstam). Cordes et électricité se marient merveilleusement tout au long d’un album certes court et donc d’autant plus dense. Une révélation !

RPWL

World through my Eyes

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Sous ces initiales parfaitement imprononçable officient quatre musiciens allemands amoureux du son et de la mélodie. Inspiration, finesse, élégance et émotion se retrouvent tout au long de ce quatrième opus, en faisant un must absolu. Sans conteste leur travail le plus abouti et le plus personnel à ce jour. Bien sûr, la filiation au grand Floyd est toujours évidente, brandie telle un étendard. Mais RPWL se distancie peu à peu de son illustre modèle. D'une part, le groupe a élargi ses horizons, intégrant l'influence d'autres muses. Ainsi on notera ici des senteurs orientales, là un clavier à la mode Manfred Mann, là encore une touche space-rock ou une approche plus moderne façon Porcupine Tree. Quant à 'Roses', le hit potentiel chanté par Ray Wilson, il a un petit air de … Mike and the Mechanics, romantisme et profondeur en plus. D'autre part, l'identité du band s'affirme bien mieux, même si c'est encore par séquences. Esthétiquement irréprochable, l'album comporte aussi quelques passages plus pêchus, même s’ils sont totalement dépourvus d'agressivité. La guitare volontiers psyché de Kalle Wallner est irrésistible. La voix chaude de Jürgen Yogi Lang est parfaite. Et ses claviers, qui trouvent ici plus d'espace que sur les trois opus précédents, enrichissent la texture musicale sans la moindre faute de goût. Album essentiel d'un groupe en pleine forme.

The Rakes

Capture / Release

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Décidemment, on ne parle plus que de Paul Epworth. Si son passage chez Lomax n’a pas laissé un souvenir impérissable, il faut reconnaître que depuis qu’il est passé à la production, il fait l’unanimité. Ainsi après avoir mis en forme les albums de Maxïmo Park, de Futureheads et de Bloc Party, il s’est donc consacré à celui des Rakes (NDR : traduisez les râteaux ou les ringards). Leurs trois premiers singles (« Strasbourg », « Retreat » et « 22 grand job ») avaient annoncé la couleur : un post punk incendiaire, implacable, hérité en ligne droite du Jam, de Joy Division, de Wire et même du Clash. La véhémence des vocaux et la frénésie de leur interprétation accentuant cette impression. Passé ces trois titres qui ouvrent l’opus, la musique de ce quatuor se révèle beaucoup plus subtile qu’elle ne paraît. D’abord, Alan Donohoe a travaillé sa voix pour la rendre plus ample. En pratiquant la natation (NDR : drôle d’idée !). Ensuite, l’aspect mélodique est tellement mis en évidence que les chansons en deviennent contagieuses. Enfin, si Matthew Swinnerton se révèle un guitariste très imaginatif, faisant parfois gicler son électricité comme certains groupes nés au cours de eighties (NDR : XTC ? Gang Of Four ?), Jamie Hornsmith entretient une de basse ligne menaçante, sur laquelle Lasse Petersen, le drummer, imprime son tempo au rythme de la course folle d’une rame de métro à Londres. Vous allez sans doute me dire que suite aux attentats perpétrés dans le tube, il y a quelques semaines, la comparaison peut paraître douteuse. Pas autant que vous ne le pensez, car sur la chanson « Terror », Donohoe évoque notamment la crainte de voir une attaque terroriste se produire sur le réseau souterrain de la capitale britannique. Et cette chanson a été écrite, il y a plusieurs mois. Traitant souvent du tissu social urbain, les lyrics ont d’ailleurs leur importance chez les Rakes ; rien que les titres (« 22 grand job », « Open book », « The guilt », « We are all animals », « Violent », « Work, Work, Work ») sont ainsi lourds de signification…

The Rakes

Retreat Ep

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“Retreat” constitue le 3ème single de cette formation insulaire. Produit par Paul Epworth, il est également paru sous la forme d’un Ep incluant le single précédent (« Strasbourg »), et leurs flips sides « Dark clouds » et « Just got paid ». Le tout ponctué d’une vidéo enregistrée à Amsterdam. Un clip qui nous montre le quatuor en ‘live’ pour deux morceaux et un succédané du film ( ?!?!) de leur journée avant de monter sur les planches. Les Rakes pratiquent un post punk incendiaire, implacable, hérité en ligne droite du Jam, de Joy Division, de Wire et même du Clash. La véhémence des vocaux et la frénésie de leur interprétation sont d’ailleurs un signe qui ne trompe pas. La formation ne néglige pas pour autant le sens mélodique. Simplement, en écoutant leur musique, on a plus envie de pogoter que d’écouter…