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Stephen Malkmus

Face the truth

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Ainsi donc le célèbre cas Frank Black n’est pas une exception… Leader d’une formation adulée, aux portes de la gloire, le gros chanteur à la voix de porcinet avait espéré, en dissolvant les Pixies, se garder les minettes et les bifetons pour lui tout seul. Désastreuse initiative s’il en est puisque le rejeton boiteux né de ces amours interdites (Frank Black and the Catholics pour ne pas le nommer) ne parvint jamais - c’est un euphémisme - à atteindre les sommets enneigés hantés par les petits lutins l’espace de quatre albums… Dans un monde idéal cette bien triste aventure aurait pu, aurait dû, servir de mise en garde.... Mais il faut croire que l’histoire (et pas que celle du rock) aime à se répéter jusque dans ses aspects les plus sombres… Et voici donc qu’arrive Stephen Malkmus… Leader d’une formation adulée, aux portes de la gloire, …et c’est reparti. Une fois encore le serpent se mord la queue alors que le brave Stephen, lui, peut carrément se bouffer l’intégralité des phalanges… Mon Dieu, Steph, qu’as-tu fait ? Pavement mon vieux, Pavement ; tu as foutu Pavement en l’air !!! Et pour produire quoi ? Une espèce de pop alambiquée, mal embouchée, empêtrée jusqu’à la moelle dans d’insupportables manies saupoudrées de guitares dégoulinantes... Seigneur, quel gâchis ! T’aurais mieux fait de te fier à la tristesse de ton ami Mark Ibold, tiens. Te souviens-tu, lors du concert d’adieu de cette petite merveille extraterrestre qu’était ton ancien groupe. Te souviens-tu comme ton comparse de toujours avait pleuré à chaudes larmes ? Plût au tout puissant que, à la vue de ce désolant spectacle, tu te sois rendu compte que l’ego trip ne paie jamais et qu’un groupe, c’est bien plus qu’une personne… C’est une alchimie mon pote… Au lieu de ça tu t’es entêté. Après avoir commis un premier elpee éponyme potable (« Stephen Malkmus »), t’as remis le couvert par deux fois ; et nous laisse ce « Face the truth » sur les bras. Un titre bien à propos d’ailleurs. Parce qu’il faut te rendre à l’évidence mon vieux, c’est pas de la balle ton album… Un ou deux morceaux (« Freeze the saints », « Baby c’mon ») viennent peut être nous empêcher de le briser en deux de rage mais pour le reste, c’est le désert… Les plus sceptiques nous diront que « Twilight terror », le dernier album de Pavement, sentait déjà la fin de règne. Peut être… Mais comparé à « Face the truth », c’était un sacré chef d’œuvre… Qu’as-tu fait, cher vieil ami, de ces mélodies sibyllines qui venaient nous prendre les tripes ? Qu’est-il advenu de ta voix mal assurée dont la fragilité nous faisait fléchir les jambes d’émotion ? Où est passée la joyeuse insouciance foutraque qui émanait de chacun de tes morceaux et nous donnait envie de sauter dans tous les sens pour finir par aller attraper la jolie fille du fond et l’emmener faire des galipettes dans les fourrés ? Parties… « Gone with the wind » comme dirait l’autre… « Face the truth », c’est la fin d’une époque, d’une certaine forme de naïveté… « Wowee zowee » est bien loin… Quelle tristesse !

Mangala Vallis

Lycanthrope

Écrit par
Vu ses qualités, le premier album de Mangala Vallis portait en lui une promesse. La promesse que, sevré de son encombrant aîné (en l'occurrence Genesis à cinq), ce groupe était en mesure de nous offrir un opus majeur. Soyons bref: c'est chose faite. Il est vrai, Genesis montre encore furtivement le bout de son nez. On a aussi droit à quelques gimmicks à la Yes, à l'une ou l'autre séquence de claviers façon Emerson ; mais ces hommages sont tellement marginaux qu'ils font figure de clin d'œil. Pour leur deuxième essai, soyons juste : ces gars font du 'Mangala Vallis'. Et le tour de force est d'autant plus admirable compte tenu du postulat de départ (revival seventies à tout berzingue). Après trois écoutes, ce CD devient indélébile. Il synthétise toutes les qualités des plus grands initiateurs du genre sans jamais démériter. On y retrouve tout ce qui fait la beauté d'un prog de haute volée ; c'est-à-dire l'esthétique, la sophistication, la passion, l'ambition et l'esprit d'évasion. Et surtout des compositions en béton, arrangées de main de maître et interprétées avec talent et sans aucun nombrilisme. Fait plus rare, dans ce registre musical, l'ensemble ne manque vraiment pas de pêche. Mangala Vallis maîtrise à merveille cette faculté d'associer à des couplets et refrains imparables et faciles à mémoriser, des séquences instrumentales complexes ou torturées. Le groupe exploite la répétition et la redondance à merveille, menant tension et émotion à leur paroxysme, là où beaucoup lasseraient. Ses incursions dans le domaine obscur mettent d'autant en évidence son propos lumineux. Mangala Vallis a tout simplement le génie des évidences. Entre morceaux de bravoure, 'Call me Alias' est d'une simplicité désarmante. Une plage ample et ruisselante de mellotron. Un chaudron émotionnel semblable à un chef-d'œuvre inédit des Moody Blues revu et corrigé par Yes. Peut-être le chant systématiquement chevrotant de Lanzetti (dont la belle voix évoque autant Roger Chapman de Family que David Surkamp de Pavlov's Dog) en agacera-t-il certains. Sinon, le talent est à tous les étages. Pour les progueux radicaux, on tient sûrement ici l'album de l'année. Boulversifiant!

The Mannish Boys

That represent man

Écrit par
Producteur, organisateur de concerts et musicien, Andy Chortkoff vit à Los Angeles. Mais avant tout, ce bluesman est harmoniciste. Dans un style très affûté. Sa carte de visite mentionne la mise en forme d’albums de King Ernest, Billy Boy Arnold, Finis Tasby, Roy Gaines, Kirk Fletcher et Frank Goldwasser. Chortkoff connaît du beau monde. Ce qui lui a permis de monter ce projet, ma foi, fort original puisqu’il réunit des bluesmen confirmés (NDR : notamment Finis Tasby, Gaines et Johnny Dyer) et une plus jeune génération très talentueuse. C’est ainsi que sont nés les Mannish Boys. Tasby est ici épaulé par les guitares du jeune noir Kirk Fletcher et de Frank "Paris Slim" Goldwasser. June Core (ex Little Charlie & the Nightcats) siège derrière à la batterie, Ronnie James Weber (ex-Nightcats et aujourd'hui Fabulous Thunderbirds) se réserve la basse et Leon Blue le piano.
 
En ouverture, les Mannish Boys impriment un "Going crazy over TV" sur un rythme que n'aurait pas renié Jimmy Reed. D'ailleurs, tout au long de ce blues très authentique que chante Finis Tasby, Randy souffle dans les aigus comme l'aurait fait le vieux Jimmy. Chicago blues typique, le "Come on rock little girl" de Smokey Smothers est absolument superbe. Le son de la guitare dispensé par Kirk Fletcher est un pur bonheur ; et la section rythmique constituée par les drums de June Core ainsi que la guitare rythmique de Goldwasser tient bien la route. Signé BB King, "Partin' time" est un blues mid tempo. Leon Blue est venu en renfort au piano. Kirk Fletcher a placé la barre très haut aux cordes. Leon Blue est un trésor caché. Il a participé à l’aventure de la ‘Ike and Tina Turner Revue’. Il a joué pour Lowell Fulsom et Albert Collins. Paradoxalement, il accomplit ici ses débuts discographiques. Soutenu par Frank à la guitare solo, il chante "You been goofin". Finis Tasby (NDR : né au Texas, il aura 65 ans cette année) reprend "Easier said than done" de Mighty Joe Young. Goldwasser assure les parties de guitare très rythmiquement, sur ce R&B aux accents empruntés de toute évidence à Albert King. Chrotkoff nous réserve un sémillant, saignant même, "I'm a lover not a fighter". Dix-sept plages figurent sur cet opus au tracklist très homogène, nonobstant la présence d’un grand nombre de musiciens et d'invités. Johnny Dyer est un adepte depuis toujours de Little Walter. C’est pourquoi le vieil harmoniciste à choisi d'interpréter et de chanter "Temperature" ainsi que "You're sweet". Autre Texan, Roy Gaines est venu pointer le bout de son nez. Sa voix puissante et sa guitare volubile emballent "I had a dream last night". David Woody Woodford s’y réserve le saxophone. Le blues lent n’a pas été exclu. Finis Tasby chante ainsi merveilleusement le "Lost your good thing now" de BB King pendant que Fletcher joue de la guitare avec beaucoup de finesse et de sensibilité. Cet excellent gratteur remet aussitôt le couvert pour le "It's too bad" d'Eddie Taylor, une compo imprimée sur un tempo élevé. Tasby chante tout aussi brillamment "It's too bad", un autre slow blues signé Freddie King que Paris Slim sculpte parfaitement de sa la guitare solo, et puis le "Lonesome bedroom blues" de Curtis Jones, rehaussé par la présence du piano frétillant de Leon Blue. Chanteuse au timbre vocal extraordinaire, Mickey Champion chante comme si sa vie en dépendait le "The eagle is back" de Jonny Watson. Elle chante le blues depuis 50 ans. T-Bone Walker et Roy Milton figurent parmi ses nombreux collaborateurs. Plus surprenant, Paul Oscher (NDR : un ancien harmoniciste du Muddy Waters Band) se charge de la slide sur son "Blues and trouble". Je vous conseille vivement de vous procurer cet album. Et vous pouvez me croire, vous ne serez pas déçus. Une œuvre incontournable, à l’instar du "BlueJu" de Frank Goldwasser, de "Shades of blues" de Kirk Fletcher ainsi que d’"In the house" de Down Home Super Trio, trois elpees parus chez Crosscut. Les Mannish Boys, c'est également un projet ‘live’. Ils se produiront cet été au festival Blues Passions de Cognac et comptent opérer différentes combinaisons, vu que certains musiciens qui ont participé au présent projet seront indisponibles ; et notamment Kirk Fletcher qui tournera au même moment en compagnie des Fabulous Thunderbirds! Par contre, Kid Ramos vient de rejoindre les Mannish Boys…

The Mannish Boys

Live & In demand

Écrit par
Parmi les nouveaux labels blues nés au cours des derniers mois, il faut reconnaître que Delta Groove Productions s’est particulièrement mis en évidence. Une boîte californienne responsable de la sortie de quelques excellentes plaques ; et notamment celles Rod Piazza flanqué de ses Mighty Flyers, des Hollywood Blue Flames, de Mitch Kashmar et de Kirk Fletcher. Une série complétée bien sûr par les Mannish Boys. Ce collectif d'excellents musiciens est sans aucun doute l'enfant chéri de Randy Chortkoff, le boss de cette écurie. Concocté en studio, "That represent man" constituait une heureuse surprise. Depuis, les Boys ont beaucoup tourné. Et en particulier en 2005, périple qui est passé cet été, par le Festival Blues Passions de Cognac. Cet opus a été immortalisé le 17 juillet dernier, lors de la 19ème édition du festival R&B de Winthrop, une manifestation qui se déroule chaque année dans cette région du Sud Ouest américain. Pour la circonstance, le line up des Mannish Boys impliquait trois musiciens noirs. Chanteurs par ailleurs. Le remarquable vocaliste Finis Tasby, l'harmoniciste Johnny Dyer et le pianiste Leon Blue (NDR : ce dernier a longtemps sévi dans la Revue d’Ike & Tina Turner et puis a également côtoyé les 3 Kings du blues : BB, Albert et Freddie. Et cinq blancs. Le guitariste Kid Ramos (James Harman Band, Fabulous Thunderbirds) est le plus notoire. Frank "Paris Slim" Goldwasser, le plus fameux des gratteurs de blues français, a également participé à l’aventure. Tout comme le maître drummer Richard Innes (Hollywood Fats, Kim Wilson) et le bassiste Tom Leavey (un personnage qui a milité auprès des plus grands noms du blues). Et quelle section rythmique ! Véritable patron, Randy Chortkoff se consacre à l'harmonica.
 
Les hostilités débutent par un instrumental très jump : "Kid's jump". Une plage qui met déjà en exergue le talent déjà bien mesuré de Kid Ramos. Le "I'm ready" de Willie Dixon est interprété en hommage à Lester Butler. Randy Chortkoff assure personnellement le chant et l'instrument chromatique. Soutenu par le tempo en béton de Richard Innes, Kid Ramos se révèle à nouveau très en verve. Randy introduit alors le pianiste Leon Blue. Il chante le "She wants to sell my monkey" de Tampa Red. Déjà tombé sous le charme du band, le public participe massivement et chaleureusement à la fête. Johnny Dyer, l'homme de Rollin' Fork (Mississippi) monte sur les planches pour rendre hommage au plus célèbre de ses concitoyens : Muddy Waters. Un hommage accordé à travers la plage patronyme du groupe : "Mannish Boy". Affichant d’excellentes dispositions vocales, Dyer poursuit dans le registre Chicago blues des 50s. Et le vieil homme sort son harmonica pour attaquer le très Southside "You're sweet". Il prend même son pied face à un Léon Blue qui apporte une collaboration active au rythme, mais aussi Frank Goldwasser, enfin décidé à mettre le nez à la fenêtre. Le team adapte encore un slow blues issu de la plume de Muddy Waters. Un fragment intitulé tout simplement "Howlin' Wolf". Goldwasser y démontre avoir parfaitement intégré la technique de Waters, à la slide. Il s’y montre même brillant! Dyer quitte alors les planches pour céder le relais à Finis Tasby. Cet excellent vocaliste de couleur noire ne les quittera plus avant la fin du set. Chortkoff est revenu souffler dans son harmonica diatonique. Il le pousse dans les aigus, un peu à la manière de Jimmy Reed, tout au long de "Goin' crazy over TV". Le "Mystery train" de Junior Parker est imprimé sur un tempo enlevé. On y reconnaît sans peine le style caractéristique de Paris Slim sur les cordes. Totalement mis en confiance, ce dernier se déchaîne pour attaquer "It's too bad" de Freddie King, un blues lent qu’il parsème d'insolentes grappes de notes. C’est le moment choisi par Kid Ramos pour reprendre les rennes. Et il le fait avec panache sur le légèrement funky "Strangest blues". Mais le Kid est également capable de retenir ses cordes. A l’instar d’"As the years go passing by", un fantastique blues lent, auquel il injecte toute la sensibilité nécessaire et indispensable pour soutenir Tasby…

Marah

If You Didn´t Laugh, You´d Cry

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Jouissant pourtant d’un considérable succès d’estime aux States, Marah ne bénéficie pas d’une éminente aura en nos contrées. Les voici débarquer de Philadelphie, cinquième album sous le bras, virile bourrade destinée à changer la donne. Une plaque enregistrée dans les conditions du live, brut de décoffrage, privilégiant l’énergie à la technique, à la manière des Replacements. Influences ricaines totalement assumées, de Springsteen à Tom Petty, sous baxter Dylan. La Highway 61 est bel et bien revisitée, comme sur « The Dishwasher’s Dream” où ils parviennent à faire sonner l’harmonica aussi approximativement que le Zim en chef. Un album jamais désagréable, jamais passionnant non plus, mais interprété avec une telle dose de poigne et sincérité (« So What If We’re Outta Tune With the Rest of the World ») qu’il évite de justesse toute dérive bassement passéiste. En un mot comme en cent, une galette qui ravira les fans de cette musique typiquement américaine alors que les autres y verront une énième resucée d’un héritage usé jusqu’à la corde. Choisis ton camp, l’ami !

Eddie Martin

Play the blues with feeling

Écrit par
Bien que vivant à Bristol, Eddie Martin est un londonien de pure souche. Depuis une bonne dizaine d’années, il est considéré comme un des meilleurs bluesmen, outre-Manche. Il est d’ailleurs un des rares à ne pas rougir de la solide concurrence américaine. Eddie vient déjà de commettre son huitième album.
 
Un elpee qu’il ouvre par "Someone's making money". Sa voix est puissante et rauque. L'instrumentation évolue à un très bon niveau. Le leader joue de la guitare tout en soufflant vigoureusement dans son harmonica. Le jeune Paddy Milner siège derrière le piano. Eddie sort son bottleneck. Hanté par l'esprit d'Elmore James, il le fait glisser le long de ses cordes électriques pour produire un blues lent de haute facture. Tout au long de "Selfish guy", le jeu de slide est remarquable. Eddie chante. La slide répond avec une intensité toute dramatique. Martin est un bluesman complet. Il n'a pas froid aux yeux. Il est capable d’affronter le public seul en s’accompagnant uniquement de sa guitare. Il chante d'une voix chevrotante et autoritaire ; mais surtout avec beaucoup de conviction, de réalisme et de crédibilité le "My black Mama" de Son House. Pour "Bubble blues", il est flanqué d’un groupe au complet. Il fait sonner ses cordes comme BB King. Constituée de Marion Dalton à la basse et de Michael Wiedrich à la batterie, la section rythmique remplit son rôle à la perfection, pendant que l'orgue Hammond de Gary Baldwin tisse la trame à l'arrière. Les cuivres participent également au rythme. Tout un ensemble qui permet à la guitare de s'envoler sans jamais susciter l'ennui. Eddie est également à l’aise à l’harmonica. Dans un style proche de Sonny Terry. Il étale toute sa vivacité sur l'instrumental galopant "Bristol shakedown". Il reprend la slide pour attaquer le titre maître, un fragment empreint de passion et de feeling pour lequel il a reçu le concours de Tony Caddle à la basse et de Michael Hoddinott aux percussions. "Tell me why" démontre à nouveau toute l'envergure du bluesman anglais. Du west coast blues proche de celui que pratique Rod Piazza. Eddie souffle même dans l’harmonica chromatique tout en délivrant un solide solo sur les cordes. Et sans la moindre faille dans son intervention ! Mr Martin a beaucoup écouté Dr Ross et Joe Hill Louis. Il apprécie de jouer le rôle du ‘one man blues band’ en conjuguant voix, cordes, harmonica et percussions. Et il s’exécute sur l'émouvant "One man band rag". Lors de ce voyage au pays du blues, Eddie s'attarde dans les swamps louisianais. Le climat y est humide et terrifiant. Une atmosphère lourde qu’il reproduit tout au long du mystérieux "Barbed wire". La guitare s'enveloppe autour d'un manteau de réverbération bien inquiétant. Une plage qui ne laissera personne indifférent. Cet excellent opus s’achève par « Bone Shaker », un instrumental roots à l’ambiance relaxante et tellement riche.

Melissa Martin & The Mighty Rhythm Kings

On the Mark

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Jump blues band, The Mighty Rhythm Kings nous vient du côté de Philadelphie, en Pennsylvanie. Fondée en octobre 1994, cette formation accompagne la chanteuse Melissa Martin. Un line up au sein duquel militent deux guitaristes (David Sagherian et Neil Taylor), un pianiste (Paul Matecki), un contrebassiste (Jeff Michae) et un drummer (Robin Poggi). « On the Mark » constitue leur premier album! Pas de composition du groupe sur cet opus, mais uniquement des covers. Tantôt notoires, tantôt méconnues.
 
La plaque s’ouvre par le "Jump with you baby" de BB King, une compo qui remonte au début des 50s. Tout au long de cette adaptation remuante, Melissa démontre qu’elle est une bonne chanteuse. Pas pour rien qu’elle cite volontiers comme principales influences, Ruth Brown, Etta James, Wynnonie Harris et Big Maybelle. Son backing group est solide. Et la guitare de David est bien mise en évidence. Le rythme ne faiblit par pour "Baby baby every night". Les Mighty Rhythm Kings répliquent vocalement à leur chère Melissa. La six cordes est encore très présente ; mais elle est rapidement talonnée par le piano de Paul. Le tempo ne fléchit toujours pas. Les parties syncopées confèrent une ambiance festive au "You don't love me no more" de Roscoe Robinson. Particulièrement solide, la section rythmique permet aux solistes de s’évader. Et en particulier le talentueux Matecki sur les ivoires. Le "Want me some love" de Johnny Guitar Watson laisse enfin un peu d’espace au blues lent. Melissa dispose de toute liberté pour extérioriser ses facultés vocales. Un des deux gratteurs (NDR : Lequel ? Difficile à dire. Une chose est sûre, les sonorités de sa Gibson sont bien grasses) tire parfaitement son épingle du jeu. Par contre, ils sont bien deux pour conjuguer leurs râpes tout au long d’"I want you to be my baby". La voix de Miss Martin entretient la montée en puissance de cette plage qui éclate lors de la sortie du piano de Paul. Les Kings sont taillés sur mesure pour faire danser leur public. A l’instar du léger "Boogie woogie daddy", tout en jump et swing. Le célèbre "Let the good times roll" de Louis Jordan permet aux musiciens de s'éclater d'une manière moins sophistiquée. Le naturel constitue une des vertus de ce style musical ; et c'est tant mieux. "It's love 24 hours a day" est imprimé sur un mid tempo. La situation est alors idéale pour embarquer les deux gratteurs au sein d’une lutte bien fratricide. Paul Matecki chante "Lovin' machine" tout en s’accompagnant au piano ; un boogie qui correspond parfaitement à son jeu sur les ivoires. Signé Big Joe Turner, "Get on right track baby" est sculpté dans le rockin' R&B, une excellente adaptation dominée à nouveau par le piano ; juste avant qu’une des guitares ne décide de s’aventurer dans un univers bien jazzyfiant. Cet opus se révèle bien plus percutant en fin de parcours. Et le conclusion, "Much later for you", en est la plus parfaite illustration...

The Masonics

Outside looking in

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« Alleluia, Jesus loves me! My name is Maria and I want to tell you that he saved me from Sex, Drugs and Alcohol!!! ». Ben tiens, en voilà une qui doit solidement s’emmerder, la pauvre… Le pire c’est qu’elle n’est pas la seule. Voilà en effet plus d’une heure qu’une bande d’illuminés échappés des meutes extrémistes du JMJ danse la sarabande en bas des fenêtres de votre humble serviteur dans un boucan hystérique invraisemblable… « Jésuuuus, lalala, he loves meee, lalalaaa !!!». Et c’est reparti… « Vos g…, bon sang ! J’arrive pas à écouter quoi que ce soit de ce foutu CD !!!». Vite, du Rock and Roll, je sais pas quoi, un truc qui puisse passer par-dessus les hurlements du gros barbu qui, affublé d’une immense croix chromée, tourne maintenant en rond un porte voix à la main. The Masonics ? C’est quoi ce truc ? Du garage rock 60’s ? OK, c’est vendu ! Viiite, appuyer sur ‘play’ ou c’est la crise de nerfs assurée !!! P…de barbu… Haaa, le premier morceau commence… ‘John the Busker was always Drunk/Everyday He leaves town/Guitar on is back, long hairs hanging down…’ Z’entendez ça, bande de jouvenceaux frustrés ? Voilà des gars qui ont tout pigé, contrairement à votre copine mal fagotée ! Allez, on enchaîne sur la deuxième plage… ‘You don’t know what you’ve done when you smiled at me/In my mind I know loving you can never be justified/But inside my heart there’s this desire that can’t be denied…’. Nom de Dieu, chouettes paroles, juste ce qu’il fallait. Encore heureux d’ailleurs, parce que du côté de la musique et des voix, on aurait presque envie d’aller se joindre aux excités d’en bas avec leurs guitares et leurs pieds en sandales/chaussettes ; c’est dire…Pourtant, on sent l’envie de bien faire ; mais The Masonics a oublié de pondre de vraies chansons. Un péché par omission, pas capital, mais suffisant pour aller au purgatoire en attendant la rédemption par la grâce d’un meilleur album… Quant aux hystéros chantants, c’est sans espoir… Amen.

Mass Hysteria

Mass Hysteria

Écrit par
Quatre longues années d'attente pour les uns, quatre belles années de détente pour les autres: l'heure du nouvel album de Mass Hysteria a sonné. Véritable pilier du métal hexagonal, le quintette est rapidement devenu une référence pour de nombreux ados. Principale raison de cet engouement tricolore: une puissance de scène rageuse et maîtrisée. Le quatrième album de Mass Hysteria souffre indéniablement du même mal que ses prédécesseurs: l'intrépide énergie de leurs concerts s'est encore perdue en studio. Pire, le groupe semble faible, en bout de course. Même la voix de Mouss commence à tourner en rond. Pourtant, Mass Hysteria a cherché à innover. Notamment en invitant Miossec (certainement un illustre inconnu pour la fourmilière néo-métal) à l'écriture de cinq titres ou en lissant sensiblement la totalité de la production. Mais rien n'y fait: Mouss et les siens ont débrayé, ralenti la cadence et passé un cap de l'existence. Oui, Mass Hysteria a vieilli. Et malgré quelques bonnes échappées ("La Permanence", "Laissez penser"), ce disque flétrit dans une sorte d'adolescence artificielle, un plan business où les grands jouent les enfants pour plaire aux parents. Rien ne va plus. ‘Salut les furieux, salut les furieuses’: rentrez chez vous !

Maxim

Fallen Angel

Écrit par
Maxim doit sa notoriété au fait d’avoir été le chanteur/danseur de Prodigy, l’un des groupes électro les plus célèbres des années nonante. Pour ce nouvel opus solo, il reste bloqué dans le trip électro-punk qui a fait de lui une star. En compagnie de son compère J. Fortis, il a d’ailleurs produit la plupart des titres présentés ici. Le problème est qu’il n’a pas le talent de Liam Howlett pour composer des morceaux qui tiennent un tant soit peu la route. Hormis « Heart Sing », ses beats minimalistes manquent singulièrement de pêche. Son chant use et abuse de tics qui rendent l’écoute de cet l’album difficile. Bref, dans le monde des musiques urbaines, il se fait dépasser par les petits jeunes du style de Dizzee Rascal, bien plus radicaux et fous dans leur démarche que notre rentier de la dance.

Maxïmo Park

A certain trigger

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On ne peut pas dire que Newcastle ait donné naissance à un grand nombre de formations ou d’artistes rock/pop notoires. Il y a bien eu Penetration, The Lighthouse Family et Prefab Sprout. Et puis rideau. Maxïmo Park pourrait bien devenir le premier grand groupe de cette cité du nord-est de l’Angleterre. Une hypothèse soulevée lors de la sortie de leurs deux premiers singles, « Apply some pressure » et « The coast is always changing ». Hypothèse confirmée par la sortie de leur premier elpee, « A certain trigger ». Un disque produit par Paul Epworth, personnage qui travaille également avec les Futureheads. Et curieusement les médias britanniques ont décrété que les deux ensembles étaient très proches. A vérifier ! Et en particulier lors de la sortie de l’opus de ces derniers cités. Mais revenons à « A certain trigger ». Le quintette reconnaît avoir été inspiré par une multitude de groupes britanniques : depuis les Smiths à Roxy Music, en passant par Joy Division, XTC, Pulp, Gang of Four, mais pas avoir été influencé. Cherchez la nuance ! J’ajouterai Jam. Ou encore les Sparks, pour le glamoureux « Now I’m all over the shop ». Et même Peter Gabriel, sur la composition la plus énigmatique et lancinante du morceau de plastique : « Acrobat ». D’ailleurs, si vous voulez en savoir davantage, je vous invite à prendre connaissance de l’interview accordée par Tom English (le drummer) et Paul Smith (le chanteur). Mais en général, les compositions sont taillées dans une sorte de cocktail post/new wave – post/punk – power/pop aux mélodies contagieuses, rafraîchissantes et convulsives. Un style enrichi par des lyrics empreints de profondeur et d’émotion chantés d’une voix superbe mais unique par Paul Smith. Un must !

Maxïmo Park

Apply some pressure / Fear of Falling

Écrit par
Comment ne pas tirer la langue jusque par terre après avoir écouté le deuxième single de Maximo Park ? Déjà que “The night I lost my head” et “The coast is always changing” nous en avaient mis plein la vue, mais « Apply some pressure » et « Fear of falling » méritent les mêmes éloges. Dans un style très britannique qui doit autant à la new wave des Smiths, de XTC et des Undertones, qu’à la pop glamoureuse de Pulp. Deux plages contagieuses, allègres, contaminées par des riffs de guitare croustillants, caustiques, agitées par un tempo convulsif et vivifiées par le vocal enfiévré de Paul Smith. Bon, et cet album, c’est pour aujourd’hui ou pour demain ?

Paul McCartney

Chaos and creation in the backyard

Écrit par
Paul McCartney a beau être un monument, depuis la séparation des Beatles, il est toujours à la recherche de sa propre voie. Et ce après 20 albums commis en solitaire. Rien à faire, l’absence de son complice, John Lennon, lui fait toujours cruellement défaut. Ce qui ne l’a pas empêché de concocter l’une ou l’autre chanson bien sympathique ou même en 1991, de réaliser une elpee fort encourageant : « Driving rain ». Et puis d’accomplir une tournée mondiale couronnée de succès. Faut dire que Paulo n’avait pas hésité à inclure une bonne moitié de compos issues du répertoire des Fab Four. Un périple d’ailleurs immortalisé par un double opus ‘live’.
 
Pour concocter « Chaos and creation in the backyard », Mc Cartney a engagé un producteur émérite : Nigel Godrich (Radiohead, Beck, Air, etc.). Un type réputé pour être exigeant dans son travail. Il est même parvenu à convaincre Paul de se réserver l’intégralité de l’instrumentation. Et puis d’éliminer des tas de chansons jugées un peu trop ‘fleur bleue’. Mais vu la forte personnalité des deux personnages, la collaboration ne s’est pas faite sans heurts. Même qu’à un certain moment Paulo a voulu virer ce collaborateur un peu trop zélé à son goût. Finalement tout est rentré dans l’ordre et le disque a pu être bouclé. Mais je doute fort que les deux antagonistes retravaillent un jour ensemble. Oui, mais l’album alors ? En général très sobre, intimiste et fort attachant, il ne comporte pas de hit potentiel. En outre, il recèle quelques plages fort dispensables (« At the mercy », « This never happened before » et même la première partie d’« Anyway »), trois fragments qui n’auraient même pas trouvé grâce dans le répertoire des Wings au bord de l’asphyxie (NDR : pas encore assez intransigeant le Godrich !). Mais le reste demeure fort agréable à écouter. Depuis l’entraînant « Fine line », vaguement réminiscent de « Lady Madona » au superbe « Riding to Vanity Fair », plage légèrement jazzyfiante qui bénéficie de la participation d’un ensemble de cordes fort inspiré (le Los Angeles Music Players), en passant par le dépouillé « Jenny Wren », dont les arpèges - nonobstant la présence d’un duduk, instrument ethnique issu des régions d’Anatolie et d’Arménie - peuvent évoquer un certain « Blackbird », le délicieux et sauvage « Friends to go », le swinguant « Promise to your girl » et ses chœurs à la Queen, le latino « A certain softness » et puis le contagieux « English tea », que n’aurait pas renié Ray Davies des Kinks. Le tout interprété avec une simplicité désarmante qui sied parfaitement au formidable talent de mélodiste de Paulo. Peut-être pas le meilleur album de l’ex Beatles, mais sans doute celui où il y a mis le plus d’âme. C’est déjà ça !

Cass McCombs

PREfection

D’abord on se dit que Cass McCombs nous refait le coup de son premier album (« A »), et on prépare déjà nos vannes sur l’alphabet. Sauf qu’après quelques minutes de mise en jambe, on est bien obligé de constater que l’Américain a viré sa cuti folk pour embrasser à corps perdu la trilogie cold wave de Cure (« Faith », etc.). Une basse qui vrombit, une ambiance un peu malsaine, un synthé qui pleurniche, et - miracle ! - une guitare pleine d’allégresse : les Smiths, Echo & The Bunnymen, Felt. Ils sont là, à jouer au scrabble, et Robert Smith a tout cassé dans le salon. Tout le monde l’avait pourtant prévenu : pas de mascara sur le plateau de jeu, ça tâche. Alors il a pris sa guitare, et il s’est énervé : « Tourist Woman », il a dit, avant de balancer un riff bien garage. Un mec dans un coin, sans doute le type de Wedding Present, a lancé une sale vanne : « Putain ta chanson on dirait du Comets On Fire joué par I Am Kloot ! ». Tout le monde a bien ri, et Cass a empoché 157 points parce qu’il a croisé « NEW WAVE » avec « WALKYRIES » (trois « W » et un « Y », balèze). A la fin tout le monde en a eu marre de jouer à des jeux de société, alors Robert il a allumé la chaîne hi-fi et c’était Gainsbourg et Mercury Rev qui passaient à la radio (« Cuckoo »). C’était la fête dans le salon tout cassé, surtout quand Cass, bourré comme un coing, a imité le Velvet (« Bury Mary »). Une sacrée soirée qu’on vous dit, sauf qu’à 5h Bob a vomi toutes ses pâtes, et ça c’était pas cool. Heureusement Cass c’est lui qu’a gagné au scrabble. Ouais ! C’est vraiment lui le meilleur.

Kate & Anna McGarrigle

La Vache qui Pleure

Voilà du folk dans sa forme la plus traditionnelle, sans oripeaux modernes ni production trop grassouillette. Du banjo, du violon, de l’accordéon, un peu de flûte et de piano : il n’en faut pas davantage aux deux sœurs McCarrigle pour raviver la flamme d’un folk qu’on croyait presque perdu, parce que né il y a bien trop longtemps. Dans la famille McCarrigle, on chante ainsi le folk comme s’il était le souffle qui permet de respirer. En français dans le texte (et avec des ‘r’ qui roulent), ces deux chanteuses/instrumentistes parviennent donc à convaincre, malgré l’esthétique séculaire de leur musique fragile. Rufus et Martha Wainwright sont les enfants de ces folkeuses sexagénaires… Comme quoi l’élégance peut, elle aussi, s’avérer héréditaire. Tabernacle !

The Mekons

Honky tonkin´

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Fondé en 1977, The Mekons pratiquaient à l’origine un punk chaotique mais engagé et surtout parodique. Ce qui était bien dans l’air du temps pour un groupe britannique (NDR : originaire de Leeds, pour ne rien vous cacher). On ne compte plus le nombre de musiciens qui ont pu militer au sein du combo. Une chose est sûre, en 1983, la formation décide de changer d’orientation musicale. Et de passer au country punk folk. Justifiant ce nouveau credo par un intérêt pour les thèmes qui collent davantage au vécu des membres de la formation (NDR : l’alcool, la culpabilité, la misère, etc.). En 1987, les Mekons commettent « Honky tonkin’ », un elpee considéré aujourd’hui comme un classique. La réédition propose trois inédits qui avaient été écartés à l’époque : « Sin city », « Danton » et « Prince of Darkness » (NDR : ce dernier fragment en compagnie de Michel Shocked). Un disque dont les sessions étaient passées par 5 studios différents. Si vous êtes encore à la recherche des sources d’inspiration de la scène néo country/punk/folk contemporaine, ne cherchez plus. Vous avez une réponse : The Mekons !

Melanie

Photograph (double exposure)

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De Mélanie Safka, l’histoire du rock retiendra surtout « What have they done to my song, Ma » (1969), « Lay down (candles in the rain) » (1970), compo pour laquelle elle avait reçu la collaboration de la chorale gospel des Edwyn Hawkins Singers, la cover du « Ruby Tuesday » des Rolling Stones commise la même année et le hit « Brand new key » (1971). Responsable d’une bonne vingtaine d’albums à ce jour, l’artiste n’a jamais cessé d’enregistrer. Mais il faut reconnaître que depuis 1971, le succès rencontré est toujours demeuré confidentiel. Pourtant, en 1977, elle avait essayé de relancer sa carrière. En concoctant « Photograph » sous la houlette d’Ahmet Ertegun. Un disque qui passa tout aussi inaperçu, nonobstant des qualités intrinsèques évidentes. C’est cet elpee qui vient d’être réédité. Après remasterisation. En édition limitée : 3.500 exemplaires. Mais le plus intéressant procède de la présence d’un second CD recelant des inédits, des versions alternatives et les covers du « Miranda » de Phil Ochs, du « Over the rainbow » signé Arlen/Harburg ainsi que la célèbre adaptation de « Ruby Tuesday » des Stones.

Mercury Rev

The secret migration

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Avant de se concentrer sur Mercury Rev, Jonathan Donahue a sévi quelque temps chez les Flaming Lips. D’abord comme technicien et ensuite comme guitariste. Il a même participé aux enregistrements des albums « A priest driven ambulance » et « Hit to death in the future head ». Sous le pseudonyme Dingus. Wayne Coyne et Jonathan sont d’ailleurs toujours restés de bons amis. Ce qui explique sans doute pourquoi il est facile de faire un parallèle entre la musique des Flaming Lips et celle de Mercury Rev. Même si la naissance des F.L. remonte au début des eighties et que l’aspect théâtral et visuel de leurs prestations scéniques a pris de plus en plus d’importance. D’un style underground pur et dur, les deux formations ont peu à peu évolué vers un univers sonore majestueux, luxuriant, presque prog. Mais en ayant le bon goût de ne pas se départir d’une sensibilité baroque qui les rend si uniques. Certains médias n’ont d’ailleurs pas hésité à qualifier Mercury Rev de Pink Floyd du 21ème siècle. Pour enregistrer « The secret migration », Mercury Rev à de nouveau fait appel à Dave Fridman, collaborateur de longue date et ex bassiste du groupe, à la coproduction. Et pour la première fois, la mise en forme a été raffinée à l’extrême. Un peu dans l’esprit d’un Philip Glass. Résultat des courses, plusieurs écoutes sont indispensables pour en saisir toutes les subtilités. C’est sans doute le seul reproche qui peut être fait à cet elpee. Car lorsqu’on se laisse entraîner, ce disque nous plonge dans un monde tour à tour visionnaire, poétique, pastoral ou magique, un monde au sein duquel Mercury Rev a créé sa propre logique. Chaque parabole que Jonathan aborde de sa voix flûtée, traite de l’homme face à la nature. Et des conflits qui naissent de leur rencontre. Mais si « Deserter’s songs » incarnait l’automne de leur muse, « The secret migration » annonce le printemps. Et si les traces de psychédélisme ne sont plus aussi flagrantes, elles ont toujours aussi présentes. A l’instar du complexe et agité « The climbing rose ». Enfin, si on y recèle encore deux titres menaçants, l’hymnique « Arise », et puis « Black forest (Lorelei) », l’ensemble a plutôt la tête dans les nuages. Un romantisme éthéré, atmosphérique, qui peut parfois rappeler le Barclay James Harvest des débuts, The Church, James (NDR : postcard oblige!),les Beatles circa « Magical mystery tour » ou encore le Floyd de « Wish you were here ». Et en conjuguant ses harmonies vocales à la perfection, un fragment comme « Moving on » lorgne même du côté des Beach Boys. Du grand art !

Metric

Old World Underground, Where Are You Now

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La mutation canadienne a de quoi impressionner… Tel un feu de forêt ravageant des milliers d’hectares de pinèdes, les groupes canadiens balayent violemment le paysage musical. Ils sont devenus incontrôlables : personne ne saisit la direction de ces flammes créatrices et le vent ne cesse de tourner. Broken Social Scene, The Hidden Cameras, Peaches, Feist ou les inénarrables Arcade Fire soufflent sur les braises de cette nouvelle ère artistique. Aujourd’hui, c’est Metric qui sort du brasier. Leur mélange de rock’n roll et de pop eighties, imbibée de synthé jusqu’à l’os, a de quoi nous refroidir. Pourtant, ces trublions disposent d’une indiscutable fibre populaire, le sens du refrain entraînant. La base du système Metric porte un nom : Emily Haines. L’ingénue a déjà collaboré avec les potes de Broken Social Scene mais, non contente de sa position au sein de la formation, elle part fonder Metric, sa nouvelle entité. Le tube interplanétaire en ligne de mire, les Canadiens alignent « Combat Baby » et « Dead Disco ». C’est pas mal. Et ensuite ? Ensuite, le ‘bas’ résille commence à blesser. Car au final, ce disque de Metric manque cruellement de cohésion. On ne peut rien reprocher aux comptines électro-pop du quatuor. Mais on ne peut les encenser. Les dix chansons présentées sur « Old World Underground, Where Are You Now? » sont privées du ciment unificateur. C’est une certitude : quelque chose a merdé dans le synthé ! Et si on le balançait ?

Malcolm Middleton

Into the woods

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Malcolm Middleton n’est autre que la seconde moitié d’Arab Strap, duo qu’il partage en compagnie d’Aidan Moffat. En 2001, il commettait un premier essai en solitaire : « 5:14 Fluoxytine Seagull Alcohol ». « Into the woods » constitue donc son deuxième opus solo. Un disque pour lequel il a reçu le concours de quelques invités, parmi lesquels figurent Paul Savage et Alan Barr des Delgados, Jenny Reeve (The Reindeer Section), Stuart Braithwhite et Barry Burns de Mogwai ainsi que son comparse Aidan Moffat. Malcolm possède une belle plume. Et il le démontre à travers les lyrics des 12 chansons de cet opus ; lyrics qui traitent des vicissitudes et des expériences de la vie amoureuse sous un angle tour à tour amer, humoristique, sarcastique, sordide et même autocritique. Des chansons qu’il interprète d’une voix chaude, légèrement nasillarde, caractérisée par un accent écossais très prononcé. D’un ton mélancolique, vous vous en doutez, mais très souvent sur un tempo allègre, insouciant et paradoxalement optimiste. Et dans un style qui mêle subtilement instrumentation acoustique, électrique et électronique (NDR : surtout en fin de parcours). L’ombre de Sophia n’est parfois pas très loin (NDR sous sa forme la plus énergique tout au long du complexe « Bear with me », la plus romantique sur le ténébreux « Autumn »). Celle des Pogues non plus (le celtique « Monday night nothing »). Allègre et gracile, « Break my heart » nous replonge même dans l’univers ‘postcard’ d’Aztec Camera’. Tourbillonnant entre noisy et psychédélisme, l’excellent « Loneliness shines » navigue quelque part entre Ride et My Bloody Valentine. Ondulant et funky, « No modest bear » ouvre la porte au mode électro. Qu’approfondissent « Solemn thirsty », proche d’un Notwist qui aurait opté pour des percus martiales et le très beau et mélancolique « Choir ». Une plaque qui s’achève paradoxalement dans un bluegrass échevelé, presque frénétique, intitulé « A new heart ». Epatant !

Midnight Movies

Midnight Movies

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Midnight Movies nous vient de Los Angeles. Un trio au line up plutôt insolite : une chanteuse/drummeuse, un guitariste et un guitariste/claviériste. Et à la musique tout aussi insolite. C’est en tout cas la sensation que nous laisse l’écoute de leur premier opus éponyme. A l’instar de Stereolab, la formation doit avoir beaucoup écouté le ‘krautrock’ (Faust, Can) et le Velvet Underground. A cause de la trame hypnotique, envoûtante, lancinante, répétitive de leur solution sonore. Une impression accentuée par le vocal impassible, monocorde de Gena Oliver. Mais M.M. a le bon goût de donner une coloration alternative à ses compositions. En lui administrant une bonne dose de feeling gothique, un peu dans l’esprit des groupes à chanteuse de la seconde moitié des eighties (His Name Is Alive, Cranes, Sundays). Mais aussi en se frottant à l’ambient (NDR : en jouant sur les oscillations des instruments, « Tide and sun » explore un monde parallèle à Boards of Canada) ou au psychédélisme. Mid tempo, « Love or a lesson » et « Oh twilight » libèrent ainsi un groove réminiscent des Dandy Warhols, alors que « Human mind trap » et « Time and space » sont littéralement torturés par des accès de guitares gémissantes, cosmiques, comme à la belle époque d’ « In-A-Gadda-Da-Vida » d’Iron Butterfly. L’opus épingle également une compo plus orchestrale, élégiaque, enrichie d’un violoncelle et de cuivres : « Words for a love song ».