Un dixième album studio pour Idlewild

Idlewild sortira son nouvel opus – un éponyme – ce 3 octobre 2025. Il s’agira de son dixième. En attendant, il a partagé le single intitulé "Stay Out Of Place". Le chanteur Roddy Woomble explique que la chanson traite de la multiplicité des voix et de la…

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Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels des années 60, l’âme vibrante de la Motown, et l’improvisation subtile du jazz. Formé de sept musiciens passionnés, le groupe (qui se prononce Denver) propose une musique à…

La fuite d’Ellside

Le groupe parisien Ellside présente « Run Away », son concept album naviguant entre ombre…

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James Hall

Pleasure club

Mi 95, cet ex-Mary My Hope commettait un premier opus remarquable: "My love sex & spirit". Une œuvre riche en atmosphère, contaminée par le jazz, le folk, le blues, la new wave, le reggae blanc et le white funk. Un disque dont la ligne mélodique reposait essentiellement sur le contraste saisissant entre la ligne de basse pulsante, tendre, les cordes de guitares effilées, jaillissantes, acides, et le vocal passionné, passionnel de Hall. Aussi lorsque nous eu vent de la sortie de son deuxième album, nous nous sommes mis à rêver de sa prestation éblouissante accordée au festival de Dour l'an dernier... Espoirs déçus. Ce "Pleasure club" a perdu tout ce feeling naturel, pour accomplir un bond de plus de vingt ans en arrière. Un revivalisme qu'il cultive dans les jardins passéistes de Small Faces et des Stones, à l'instar de Black Crowes. Et même lorsqu'il flirte avec le funk blanc de "Sticky fingers", on a l'impression qu'il ne parvient plus à en retrouver la formule magique. Même la voix a perdu de son amplitude, se contentant trop souvent d'abraser plutôt que de rayonner. Constatation qui touche également le reliftage d'une ancienne composition, incluse sur l'elpee, "So precious". Un symptôme qui nous entraîne à émettre de nettes réserves à l'égard de la production de Phil Nicolo (Urge Overkill, Cypress Hill, Anthrax), dont le choix n'était peut être pas aussi judicieux qu'il n'y paraissait. En tous cas, James Hall nous doit une revanche!

 

Geggy Tah

Sacred Cow

Les multi-instrumentistes Greg Kurstin (Geggy) et Tommy Jordan (Tah) sont les têtes pensantes de ce trio californien qui voue une affection profonde aux chiens. Un attachement que la formation manifeste à travers les photographies du booklet de son premier album, mais aussi et surtout dans le contenu des lyrics qui traitent presque exclusivement de la race canine. Et leur musique ne manque pas de pedigree mélodique, mordant dans le funk, le jazz, la world, la lo fi, le classique et le reggae blanc. Une pâtée sonore éclectique, dont le parfum atmosphérique, subtil, mélancolique, rappelle Satchel, voire Pigeonhead; le falsetto de Greg, très proche de celui de Shawn Smith, accentuant cette impression. Mais une musique dont la texture est tellement riche qu'elle est susceptible d'épouser tantôt une forme plus pop, plus juvénile, plus contagieuse, à l'instar de Weezer, ou de s'évader dans l'underground capricieux de Pavement...

 

Giant Sand

Goods and service

Officiellement, en dix années d'existence, Giant Sand n'a jamais fait l'objet d'un album en public. Officieusement, il existe bien l'un ou l'autre bootleg. Mais en général, ces enregistrements sont d'une qualité médiocre. "Goods and service" comble enfin cette lacune. Un disque constitué de prises "live" réalisées en 1995 tantôt à Tucson, à Ragensburg, New York, Berlin ou New York. Dix titres dont quatre inédits. Une cover du "You're so vain" de Carly Simon, pour laquelle il a reçu le concours de Vic Chessnut (NDR: encore!) au chant, et un tribut à Thin lizzy. "Warm Storm", qui figurait déjà sur l'elpee "Purge & Slouch". Tout comme Jimi Hendrix, Howe Gelb a toujours accordé une part importante à l'improvisation. Dans son style, bien sûr. C'est à dire le garage. Mais un garage infesté de blues, de jazz et de country. Ce qui explique pourquoi certaines compositions atteignent l'intensité crazyhorsienne de Neil Young, alors que d'autres privilégient les sonorités énigmatiques... Claviers discordants, accords capricieux, harmonica décharné, steel guitar indolente, projettent alors dans votre subconscient des images de l'Arizona dont les villes fantômes sont balayées par le vent du désert...

 

Gigantic

Disenchanted

D'après les déclarations récoltées auprès des musiciens de Gigantic, Kilburn est la vile d'Angleterre la plus marquée par la crise économique. Le taux de chômage, de SDF, de pauvreté, de corruption, d'alcoolisme, de répression y serait le plus élevé. C'est en tous cas ce que le chanteur Nick Marsh et le guitariste Rocco Barker nous racontent à travers les lyrics de leurs chansons. Et ils savent de quoi ils parlent, puisque cet environnement défavorable, au sein duquel ils ont vécu toute leur jeunesse les a marqués au plus profond de leur âme. Un réquisitoire que le groupe profère sur une musique tempétueuse, âpre, violente. Mais que nous estimons, nonobstant les (trop) rares clins d'œil au punk pop de Manic Street Preachers, beaucoup trop prostituée au grunge. Celui de Soundgarden circa " Superunknown " lorsque l'expression s'envenime. De Stone Temple Pilots, dès que le tempo s'alanguit. Nick Marsh possède, en outre, un timbre vocal aussi écorché que celui de Weiland, mais sans toutefois parvenir à en libérer la totalité de son potentiel émotionnel. Bien qu'ayant choisi pour patronyme le titre d'une chanson des Pixies, Gigantic ne manifeste son inclination que pour le seul " Throw you out my window ", mais l'élan popcore est instantanément récupéré par des accents glamoureusment glitteriens…

 

Girls Against Boys

House of GVSB

Quatrième album pour cet ensemble yankee plongé depuis ses débuts dans la thématique de la vie nocturne à New-York. "House of GVSB" s'intéresse plus particulièrement à ses aspects les plus malveillants, les plus pervers. Les compositions suintent lentement, dangereusement, de sexualité lubrique. Tant les backing vocaux d'Eli. Le gémissement de feedback de la guitare de Scott. Le rythme chancelant, obsessionnel. Les mots. La perspective féminine des compositions. Tout est imprégné d'érotisme venimeux. Pourtant la musique est toujours aussi âpre, sinistre, blême, minimaliste, lancinante, viscérale, écorchée par la voix vulnérable de Scott Mc Cloud. La ligne de basse glacée fouette le groove sableux de ce blues urbain, métallique, instinctif, dont ont abusé à leurs débuts, tour à tour, Richard Butler (Psychedelic Furs) puis Mark E Simth (The Fall). Les sonorités des guitares et des claviers pénètrent au cœur même des mélodies. Des mélodies susceptibles d'exploser à tout instant dans un tourbillon de douleur et de délice...

 

Gorky´s Zygotic Mynci

Bwyd Time

C'est donc la redécouverte du prog rock de la fin des sixties et du début des seventies que cet ensemble gallois nous propose d'entreprendre. Celui de Genesis circa "Foxtrot", de Kevin Ayers, de Robert Wyatt, du Gong de Daevid Allen, et même celui de Stackridge. Mais entrepris avec un sens de l'humour aussi corrosif que Gruppo Sportivo et de la dérision aussi développé que le Bonzo Dog Band. Un univers baroque, psychédélique, expérimental qui privilégie les mélodies rêveuses, flottantes, parfois même pastorales à l'instar de Mercury Rev. Harmonies vocales chuchotées, tantôt dans la langue de Shakespeare, tantôt en dialecte gallois, flûte, sitar, mellotron, moog, harmonium, hammond, violon (Blaine Reininger?), bruitages, se fondent comme par magie dans une instrumentation basique élégamment torturée, délicatement froissée. Spirituel, intelligent et inspiré, ce "Bwyd Time" constitue déjà le troisième elpee de Gorky's Zygotic Mynci. Et vu la qualité de ce morceau de plastique, il serait certainement judicieux de penser à ressortir les deux albums précédents...

 

Goya Dress

Dress rooms

Si Goya Dress présente certaines affinités avec le Throwing Muses contemporain, au fil du temps cette impression s'estompe, pour finalement disparaître totalement. En fait ce trio aux deux-tiers féminin, cherche à faire vibrer la corde sensible de la vulnérabilité à l'aide d'une musique intimiste, mystérieuse, syncopée (Everything But The Girl? Week End?), dont les impulsions conflictuelles sont manucurées d'arrangements méticuleux, veloutés, somptueux. Produit par John Cale, " Dress rooms " arbore une formidable richesse de sentiments. Tour à tour juvéniles, satiriques, frivoles mais également graves. A l'instar de PJ Harvey. A travers des chansons dont la poésie satirique conjuguée aux accords de piano glacés, vibrants, et au vocal limpide, féroce d'Astrid Williams nous rappelle quelque part Kate Bush, mais dans sa période la plus décapante. Superbe!

 

Dave Graney

Night of the wolverine

Tout début des eighties, Dave Graney sévissait au sein des Moodists, formation australienne aujourd'hui disparue, devenue mythique à l'instar de Birthday Party ou des Saints. Depuis, il faut avouer que ce chanteur/compositeur s'est montré plutôt discret, pour ne pas dire effacé. Il a bien commis quelques Ep's et enregistré deux albums flanqué des Coral Sankes, formation à géométrie variable qui impliquait à l'origine l'ex-guitariste de Joseph K et d'Orange Juice, Malcolm Ross ; mais cette vinylographie n'a guère reçu d'écho sur le Vieux continent. " Night of the wolverine " constitue donc la troisième tentative du kangourou en compagnie de ses serpents de corail. Une œuvre dont le climat évoque instantanément les grands espaces australiens. Un peu comme chez Go-Betweens et surtout le défunt Triffids. Hanté par l'esprit des Doors, de Dylan et de Cohen, Dave y croone de son baryton crémeux, des ballades tendrement, ironiquement meurtries par la mélancolie et la fatalité.

 

Grant Lee Buffalo

Copperopolis

Pour intituler son troisième opus, le trio californien a choisi pour nom celui d'une ville minière, aujourd'hui disparue, qui a connu ses heures de gloire en plein boom du cuivre. Un titre qui reflète parfaitement la qualité filmique des chansons de ce "Copperopolis". Tout comme sur les deux précédents elpees, Grant Lee Philipps dénonce l'illusion du rêve américain à travers son lyrisme poétique et impressionniste. Images conflictuelles nées de la corruption, de la violence, du racisme, de l'injustice et de la décadence qu'il reflète avec un sens aigu du détail. "Copperopolis" ne recèle cependant pas de titre de la trempe de "Fuzzy". Simplement 13 chansons intimistes, torturées par la voix bouleversante, gémissante, spectrale de Philipps, mais dont la texture instrumentale basique est enrichie d'une panoplie d'instruments différents. Même ethniques. Une œuvre qui n'a peut être jamais été aussi proche de l'univers des Waterboys, mais dont la solution est toujours très susceptible de s'embraser électriquement. Un disque finalement fort agréable, mais qui se contente cependant de ressasser les mêmes ingrédients avec des condiments différents.

 

Green Day

Bowling bowling bowling parking parking

Non, "Bowling bowling bowling parking parking" n'est pas le nouvel elpee de Green Day, mais simplement un mini album ‘live’, épinglant sept extraits de concerts différents, effectués respectivement à St Petersbourg, Tokyo et Prague ; et qui devraient certainement séduire les nombreux aficionados du groupe. Un morceau de plastique très agréable à écouter, mais qui comme tous les " live " n'arrive pas à reproduire parfaitement l'ambiance et la musique exprimée sur scène. En conclusion, tout cela n'est parvenu qu'à nous donner l'eau à la bouche en vue de quelque chose de bien neuf…

 

 

Gadfly

Demo nemo

Quatuor suédois, Gadfly affronte l'urban rock de la fin des sixties et du début seventies avec beaucoup de bonheur. Pensez à Steppenwolf, MC5 et surtout aux Stooges. Le métal y est laminé avec violence et efficacité sur un tempo irrésistible. Surtout à cause du guitariste, un certain Mikaël ‘Nicko’ Nickolauser dont les riffs d'électricité se révèlent à la fois incisifs, crépitants, aventureux, sans pour autant sombrer dans le nombrilisme gratuit. Parfois certains phrasés évoquent même la britpop d'un Marion, voire d'un Radiohead. Un soliste qui se démultiplie. Tirant sur toutes les ficelles de la technologie moderne, sans pour autant passer par le sampling. Pour enregistrer ce mini album, il dédouble même son interprétation, donnant ainsi l'impression de disposer de quatre mains. En final, il nous propose même un exercice de style où il use et abuse de la pédale wah wah, non pas à l'instar de feu Jimi Hendrix, mais de Robin Trower. Evidemment, sans engager un guitariste supplémentaire, on voit mal la formation se débrouiller dans le même registre sur les planches. Mais ça, c'est une autre histoire...

 

Gallon Drunk

In the long still night

Pas trop la peine de s'attarder sur les trois premiers albums de ce groupe londonien, puisque sur son tout dernier, " In the long still night ", il a décidé de changer radicalement de cap. En fait, si dans le passé Gallon Drunk constituait le résultat d'un croisement entre les Stooges, James Chance & The Contortions, Suicide, James Brown et Birthday Party, aujourd'hui, il semble avoir totalement digéré ses différentes influences, situation qui lui permet de donner une plus grande importance au sens mélodique de ses compositions. Tout en faisant toujours preuve de cette même sauvagerie naturelle qui lui a permis d'acquérir une notoriété certaine sur la scène pop/rock indépendante. Attisée par la voix caverneuse, menaçante de James Johnston, dont le timbre est toujours aussi proche de celui de Nick Cave, sa musique est, en outre, soutenue par des tas de cuivres, et des maracas. Mais c'est sur scène que Gallon Drunk se révèle le plus percutant. Notamment à cause de ce contraste saisissant entre sa musique à la fois sulfureuse et riche en atmosphères ; et la tenue de scène des musiciens, que nous pourrions qualifier de classique dans le sens le plus strict du terme, avec chemises blanches, costards et gomina...

 

The Fleshtones

Laboratory of sound

Faute de distribution officielle en Belgique, Musidisc France a donc eu la gentillesse de nous fournir le nouvel album des Fleshtones. C'est vrai qu'il est sorti fin de l'année dernière. Mais le quatuor new-yorkais est un groupe beaucoup trop important dans l'histoire de la musique pop/rock pour se permettre de faire l'impasse sur sa création. Produit par Steve Albini, ce "Laboratory of Sound" revient à un style plus "live", à des sonorités plus crades, plus saignantes, plus viscérales, même si elles sont régulièrement décolorées par le rythm'n blues. Plus rien à voir avec la pop ‘remesque’ de "Forever". Mais un garage de la trempe de "Roman Gods" voire d'"Hexbreaker". Comme sur "Hold you" et "We'll never forget". Garage parodique également. Dans le collimateur, le "Gloria" du Them ("Nostradamus Jr"), Question Mark & The Mysterians ("A motor needs gas"), les Heartbreakers et même les New York Dolls ("Let's go" et "One less step"). Le tout ponctué par une hommage à Jimi Hendrix lors d'une cover d' "I don't live today" programmée en 69ème plage. Manque plus que l'image pour savourer pleinement l'énergie éternellement juvénile dispensée sur les planches par le groupe. Cette fièvre, ce fun, cet enthousiasme communicatif. Rien que d'y avoir participé une seule fois, vous aurez la folle envie d'y retourner. Nous en sommes convaincus...

 

Robert Forster

Warm nights

En marge de la réédition des six premiers elpees des Go-Betweens en compact disc, Robert Forster nous propose son quatrième album solo. Un disque pour lequel il a reçu le concours d'Edwyn Collins à la guitare et puis surtout à la production. Sur les dix compositions de cet opus, on retrouve une reprise, mais elle est de taille, puisqu'il s'agit d'un classique des mêmes Go-Betweens, " Rock'n roll friend ". Pour le reste, hormis quelques bordées d'électricité dispensées un peu plus généreusement, un zeste de claviers rognés, quelques arrangements symphoniques clairsemés, une incursion dans le reggae et une autre dans la polka, la musique épouse le profil folk pop mélancolique, fragile et hymnique typiquement et savoureusement australien...

 

Front 242

Mutage Mixage

Ceci n'est pas le nouvel album de Front 242, mais une compilation de fragments enregistrés entre 90 et 93, revus et corrigés par la technologie moderne. Un recueil de remixes, enrichi de trois inédits, resculptés pour les besoins de l'ambient. On savait que Daniel B avait toujours rêvé de composer des bandes sonores pour les films de Peter Greenaway, mais nous n'imaginions pas que la musique de Front 242 aurait pu un jour s'évaporer dans l'éther atmosphérique de Ryuichi Sakamoto. Evidement, pour parvenir à ses fins, Daniel et Patrick Codenys se sont tout d'abord remis en question, mais surtout ont fait appel à des manipulateurs, passés maître dans l'art du reliftage. Et en particulier à Underworld, Prodigy et The Orb. Evidemment, face aux nostalgiques de l'EBM, le duo belge devra faire front (!)...

 

Fun Lovin’ Criminals

Come find yourself

Séduits mais surtout amusés par son hit single "Smoke 'em", nous nous demandions quand même ce que cet ensemble new-yorkais était capable de réaliser sur un album. Et le résultat va au-delà de nos espérances. Bien sûr, comme une multitude de formations contemporaines, Fun Lovin' Criminals applique la technologie moderne à son mélange de blues, de r&b, de jazz, de trash, de blues, de metal et de funk sur un ton rap, hip hop. Mais ce cocktail se révèle aussi créatif que chez Beck, énigmatique que 900 FT Jesus et cinématique que Soul Coughing. Certains arrangements semblent même avoir été repiqués chez Tamla Motown, les Temptations en particulier. D'autres bénéficient d'une finition aussi soignée que chez Steely Dan. Voire d'une sensualité profonde, languissante comparable à Barry White. Notamment sur le final "Methadona". Un disque qui recèle son cortège inévitable de samples. Le plus cocasse relevant du "Smoke on the water" de Deep Purple pour "Bombin' the L". Pour être complet, sachez que l'un des deux chanteurs possède un débit vocal aussi véloce que celui d'Adriano Celentano. Le genre de musique qui devrait investir les night-clubs hyper branchés!

 

Marianne Faithfull

20th century blues

Écrit par

Marianne Faithfull, qui soufflera ses cinquante bougies le 29 décembre 1996, mériterait assurément que son existence soit relatée à travers un livre, voire un film, tant elle fut riche et tumultueuse. Depuis 1964, lorsque Andrew Oldham, homme à penser des Stones, lui fit enregistrer " As tears go by ", composition de Jagger/Richards, qui devint un tube, elle a vécu mille et une péripéties où abus de stupéfiants, affaires de cœur, théâtre, cinéma, chanson, et accident de voiture ont débouché sur une solide cure de désintoxication. Qui durera quatre années! Et lorsqu'elle revient à la surface en 76 avec " Broken English ", on se rend compte que la petite voix de fille timide s'est muée en timbre grave, profond et sensuel. Depuis, Marianne est retournée à ses multiples activités artistiques. Musicales tout d'abord! Fascinée par l'œuvre de Berthold Brecht et de Kurt Weill, elle a décidé de leur consacrer un album de reprises, " 20th century blues ". Elle y interprète avec une irrésistible légèreté, un humour désabusé et l'ivresse douloureuse des lendemains incertains, quinze classiques, dans un style "décadent ", " cabaret ", un peu à la manière de Marlène Ditriech. Elle y souligne l'irrésistible légèreté, l'humour désabusé, et l'ivresse douloureuse des lendemains incertains…

 

The Fall

Oswald defence lawyer

Sincèrement, pour s'y retrouver dans la discographie du Fall, il faut vraiment être un inconditionnel du groupe. Et connaître leur histoire jusqu'au bout des ongles. En vingt années de carrière, Mark E Smith doit avoir gravé plus de vingt albums studio, une volée de singles, être victime d'une multitude de bootlegs et bien sûr faire l'objet de compiles et de gravures "live" en tous genres. Depuis quelques semaines, on constate d'ailleurs une recrudescence de ces deux derniers types de recueils. Le label "Receiver" a ainsi sorti successivement "Sinister waltz", "Fiend with a violin" et cet "Oswald defence lawyer". Ce dernier enregistré en public, d'ailleurs. Un elpee qui inclut la fameuse cover des Kinks, "Victoria", et puis surtout "Frenzy", "2 x 4" ainsi que "Guest informant", témoignages de la participation de Brix Smith, ex épouse de Mark. Dommage que le booklet ne se montre pas plus précis. Car, les titres repris sur ce morceau de plastique reflètent un aspect plutôt fidèle de leur feeling ‘live’...

 

Feeder

Swim

Bien que britannique, de Newport très exactement, ce trio semble surtout contaminé par la scène yankee. Avec pour nuances, un sens mélodique fortement calqué, à l'instar d'Urge Overkill, sur Cheap Trick. Et une agressivité hymnique abordée avec la passion punkysante de Killing Joke. Cependant, hormis quelques traces de psychédélisme circa Love & Rockets sur " Shade ", ainsi que sur la ballade semi acoustique " Swim' ", les quatre autres fragments de ce mini CD évoquent tout à tour Jane’s Addiction, Porno for Pyros, Pearl Jam, et même Stone Temple Pilots…

 

Filter

Short bus

" Short bus " manifeste une intensité et une rage digne de Killing Joke. Tout en affichant la précision technologique de Nine Inch Nails. Pas étonnant d'ailleurs, que l'on retrouve Richard Patrick, ex-membre de la bande à Trent Reznor, à la base de Filter. Un leadership qu'il partage avec Brian Liesegang, licencié en philosophie. Faut dire que le line-up du combo se résume à un duo. Même si en studio ou live, ils font appel à des collaborateurs... Hormis deux fragments vaguement acoustiques et un pastiche de ‘grunge’, l'ensemble du morceau de plastique est balayé de pulsations électroniques, de cordes de guitares luxuriantes, de synthés intrépides, d'accès de basse viscéraux qu'apprivoise tantôt avec langueur, tantôt avec férocité le timbre vocal de Patrick...

 

Eggman

First fruits

Eggman n'est pas un nouveau groupe, mais un projet subsidiaire imaginé par le chanteur des Boo Radleys et destiné à enregistrer ses propres chansons. " First fruits " constitue sa première expérience en solitaire et a bénéficié du concours de la plupart de ses potes Radleys. Mais également de musiciens d'Eighteen Wheeler et de Moose. Sans oublier Ed Ball, particulièrement actif dans sa collaboration instrumentale. Une œuvre riche dans sa conception mélodique, extrêmement soignée au niveau des harmonies vocales et dont l'équilibre entre les arrangements et l'instrumentation frise la perfection. Une instrumentation basique enrichie circonstanciellement d'un clavecin, d'un orgue hammond, d'une flûte, d'une mandoline et même d'un quatuor à cordes, sur l'‘eleanorrygbyesque’ " Out of my window ". Un album qui aurait finalement pu tout aussi bien relever du répertoire des Boo Radleys, tant la sensibilité beatlenesque, manifestée sur les elpees " Wake up ", " Giant steps " et " Everything's allright together " est vivace. Seuls " That's that then (for now) ", dont le profil mélodique semble avoir été emprunté à un Babylon Zoo dispensé d'artifices technologiques et le morceau maître, ballade sont la sophistication moelleuse nous replonge dans l'univers de Lightning Seeds, contrastent avec l'ensemble ; sans pour autant dénaturer la saveur de ces dix " First fruits "…