Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de son nouvel album, « Adult Romantix », prévue pour le 22 août via son nouveau label Winspear. Cet elpee, inspiré par des textes de la période romantique comme…

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Farfouiller dans la Pure Carrière…

Après des années de chaos et de réinvention, Pure Carrière revient avec « Farfouiller », une ode brute, étouffante mais libératrice à l'ennui, au chaos et à la mort. Née des racines du slacker punk, cette pièce marque un nouveau départ et un retour en force.…

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Antwon

Set enflammé pour public riquiqui…

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En débarquant vers 19h45 à l’AB, on me signale, à l’entrée, être le premier arrivé et que seuls 30 tickets ont été vendus. C’est le nombre de spectateurs qui assisteront au set de Rozz Dyliams, programmé en supporting act. Et on n’en dénombrera qu’une cinquantaine, lorsque Antwon, la tête d’affiche, entamera sa prestation. Soirée cependant hip hop, ce soir, au Club de l’Ancienne Belgique.

Les deux artistes prévus à l’affiche sont américains. Etabli à Seattle, Dylan Ross est à la fois producteur et rappeur. Le décor est plutôt dépouillé. Seule une table campe sur les planches. En arrière-plan, une toile représentant un Antown rageur et guerrier a été tendue. Sans adresser le moindre regard à l’auditoire, un Dj vient se planer derrière les platines et commence immédiatement à mixer le son. Puis, Dylan le suit. Coiffé d’un durag, les oreilles percées, il est vêtu d’un jogging dont le pantalon est prêt à tomber. Il a une bonne bouille (NDR : pas le froc !) et dépose deux bouteilles de pinard sur le bord de la table. Micro en mains, il invite le public à se rapprocher du podium et déclare : ‘Let’s go to the party’. A l’instar de tout Mc’s digne de ce nom, il occupe tout l’espace scénique, en déambulant de gauche à droite et vice-versa. Son flow est, en général, rapide. Son hip hop old school est teinté de funk. L’atmosphère devient plus lourde, lorsqu’il agrège drum&bass et emorap (NDR : populaire aux States, depuis 2010, l’emorap est le fruit d’un mélange entre rap classique et punk ; en outre, il touche une génération de rappeurs nés dans les années 90 qui n'hésitent pas à reprendre tous les codes de la période punk, comme les piercings, les tatouages faciaux tout en se livrant à une consommation excessive de drogues). La voix est entraînante et parfaitement mélodieuse. Ce qui n’est pas le lot de tous les rappeurs. A la manière d’un certain Russ, il a un don pour faire grimper la température. Et ce malgré la présence d’un public aussi réduit.

De son véritable nom Antonio Williams, Antwon est né en Californie. Agé de 32 ans, il doit son style unique à sa voix caractéristique et son passé punk. Précurseur de la génération 2.0 de rappeurs, nés sur YouTube ou SoundCloud, il est influencé par la rage de Death Grips tout autant que par la rêverie de Cocteau Twins. Parue l’an dernier, sa dernière mixtape, « Sunnyvale Gardens », se la joue éclectique grâce à la collaboration du producteur Kaytranada, du rappeur Matt Ox et de Lil Peep, le (défunt) prince du sombre genre de l’émo-rap.

C’est le même Dj qui soutient Antwon dont la tenue est plutôt cool : coiffé d’une casquette, il a enfilé un short et un tee-shirt de couleur verte. Ce qui permet de percevoir ses tatouages. Et ils sont impressionnants. Il invite également le public à se rapprocher et va nous proposer des extraits de ses deux derniers opus. Des vinyles d’ailleurs en vente, au stand merchandising. En début de parcours, son flow est assez rapide, presque a capella, avant que de grosses basses viennent laminer le tout. La musique est d’ailleurs écrasante, et évolue au rythme du pas lourd et calibré imprimé par l’artiste. En outre, sa voix de baryton accentue cette sensation. Véritable bête de scène, il parvient à manipuler un auditoire, pourtant réduit à sa plus simple expression. Il libère une énergie phénoménale, et le public lui rend bien, un public qui tout au long du spectacle a dansé, jumpé, levé les bras au ciel, chanté à tue-tête, en oubliant les soucis du quotidien ; car il s’est bien amusé. 

Déjà qu’il prenait des selfies au sein de la fosse, pendant le set de Dylan Ross, mais à la fin du show, chaque spectateur a eu droit à sa poignée de main...

(Organisation : Ancienne Belgique)

Je me dis que toi aussi ...

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Le 19 avril 2018, Boulevard des airs revient avec son nouveau single "Je me dis que toi aussi" premier extrait de son album à venir mixé par Lionel Capouillez ( Stromae)

Un retour très attendu après le succès de son dernier opus, "Bruxelles", vendu à plus de 200 000 exemplaires en France et porté par des titres comme "Demain de bon matin" ou ‘Emmène-moi.’’et ‘l’incontournable ‘’Bruxelles’’.

Avec près de 60 millions de streams audio et près de 40 millions de streams vidéo , BDA s’inscrit comme étant un des nouveau poids lourd de la nouvelle scène française.


 

Un nouvel acteur dans le paysage Rock belge qui a du coffre !

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Seno Nudo, nouvel acteur dans le paysage Rock belge, sortira son premier album « Any Common Sens », ce 27 avril.

Après une première existence sous le nom de « La Tentation Nihiliste », le combo andennais nous revient sous un nouveau patronyme, évoluant dans un univers obscur et mélancolique. Composé de membres passés, actuels et futurs de Sweek, Hudson, Viva Cats!, Lillian Gish, le quatuor propose un rock noisy tendu, directement inspiré de la scène indie des 90's, alliant dialogues entre voix féminines/masculines, enregistrements divers et samples de films.

« Any Common Sens », sortira ce 27 avril sur le jeune label Dear Deer Records. Le jour même, le groupe présentera son album au KulturA, à Liège

Les quatre Andennais seront sur scène le 4 juin au Magasin 4, le 13 juin à l’atelier 210, à Bruxelles. Et ils participeront aussi au Bear Rock Festival d’Andenne, ce 29 juin.

Cliquez ici pour les découvrir.

 

 

 

 

 

 

 

 

Des os brisés ...

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Le trio indie folk rock dévoile aujourd'hui son nouveau single "Broken Bones", en versions anglaise et française, assorti d'un clip / court-métrage magnifique réalisé par LIXFE (Naâman, "Turn Me Loose").

Il nous invite à nous plonger au cœur d'une forêt montagneuse avec Robyn Wolf (Nekfeu, "Mal Aimé") et Nagisa Morimoto (The Widow, Budapest), et à nous perdre dans les rêveries d'une ancienne globe-trotteuse, paralysée suite à un accident.

Un message d'espoir et d'enthousiasme, qui représente l'énergie qui nous anime au travers des épreuves de la vie. Dans ce court-métrage semé d'indices, vous pourrez feuilleter le carnet de route de Telegraph et explorer une nouvelle facette de leur univers...

Le clip est à découvrir ici .

La face sombre de Scalper ...

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Want. Un EP de dark hip hop downtempo insondable.

La dernière livraison en date de Scalper vient des profondeurs, portée par un style musical unique, jetant par un regard froid sur la société et la nécessaire exploration intérieure.

Les quatre titres de Want en appellent à l’essence même de ce que l’humanité échoue à accomplir, offrir un havre d’amour et de compassion, distillant au quotidien une peur profonde qui empêche d’imaginer un monde meilleur et qui atrophie l’espoir et distort la réalité, en projetant l’illusion de la fatalité et de l’inéluctable.

Un extrait est à découvrir ici 

 

Une nouvelle journée ... ce soir !

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L’auteur-compositeur-interprète canadien Michael Rault est heureux de sortir son cinquième album via Wick Records, la sous-division rock du label soul de Brooklyn, Daptone.

Deuxième signature de cette entité annexe – après le rock garage des déjà incontournables The Mystery Lights – le natif d’Edmonton a mis en musique des réflexions autour du sommeil, des rêves et plus globalement de la vie nocturne.

Rault a commencé à travailler sur ces nouvelles chansons après avoir bouclé sa longue tournée autour de Living Daylight, son précédent disque (Burger Records).

Alors qu’il entamait l’écriture de It’s A New Day Tonight, c’est en se produisant en premières parties du regretté Charles Bradley ou encore des Australiens King Gizzard & The Lizard Wizard que Rault attire l’attention de Wayne Gordon – producteur/ingénieur du son rattaché à la mythique House of Soul.

Il convainc définitivement Daptone avec une première version démo du projet, le conduisant ensuite à deux semaines intenses d’enregistrement chez les maîtres actuels du son analogique. Gordon se positionne en tant que co-producteur et c’est ainsi que Michael Rault devient le premier membre canadien d’une famille qui ne cesse de s’agrandir…

It’s A New Day Tonight nous fait poser nos valises au début des années 70s, entre folk psyché et power pop à l’évidente puissance mélodique évoquant des groupes comme Wings, Badfinger, Big Star et 10cc. Une ambiance facilitée par l’enregistrement live-to-tape cher à Daptone.

Un extrait est à découvrir ici

Les lauréats des Octaves 2018 sont connus !

Cela fait 14 ans déjà que l'asbl Les Octaves de la Musique décerne des prix aux musiciens de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui se sont illustrés par leur créativité. C'est un jury d'un millier de professionnels qui effectue la sélection.

La spécificité des Octaves, c'est clairement la diversité, le mélange des genres : pop/rock, classique, musiques urbaines et chanson française. La liste des lauréats 2018 a été dévoilée lors d'une conférence de presse tenue au sein de l'hôtel de ville de Bruxelles en présence de Jean-Jacques Deleeuw, Président des Octaves, Tony de Vuyst, Directeur général de PointCulture et l'Octave d'honneur, la soprano Anne-Catherine Gillet.

 
Les lauréats sont :

- Chanson française : CLAUDE SEMAL -“LES MARCHEURS/SEMAL LA TOTALE”

- Pop/Rock : BRNS - “SUGAR HIGH”

- Musique du Monde : B. SISSOKO, M. SYLLA & W. VANDENABEELE - “TAMALA”

- Musiques électroniques : GLÜ - “#3”

- Jazz : IGOR GEHENOT - “DELTA”

- Musiques urbaines - DAMSO - “IPSÉITÉ”

- Musique classique : L’ORCHESTRE PHILHARMONIQUE ROYAL DE LIÈGE

DANS DES OEUVRES SYMPHONIQUES DE RESPIGHI.

- Musique contemporaine : PIERRE BARTHOLOMÉE - « RHIZOMES »

- Octave Zinneke (bx1) : KRISY

- Octave Pointculture : GIUSEPPE MILLACI & VOGUE TRIO (LABEL PARTICIPATIF HYPNOTE)

- Octave de la Fédération des Jeunesses Musicales Wallonie-Bruxelles : LA CIE LA BÊTE À PLUMES - LE SPECTACLE CIRCO : YTHM’OH !

- Octave de la ministre de la culture : MNM TRIO

- Octave Fun radio : MILO SAVIC

- Octave d’honneur : ANNE-CATHERINE GILLET

- Album de l’année : LOÏC NOTTET - “SELFOCRACY”

- Artistes de l’année : ANGÈLE & BLANCHE

- Concert /Spectacle de l’année : HENRI PFR.

Pour ce qui concerne la soirée des Octaves, le défi artistique lancé l’an dernier est confirmé pour l'édition 2018: les lauréats associés deux à deux offriront un spectacle musical inédit qui mêlera les styles avec élégance. L’Octave d’honneur, Anne-Catherine Gillet, sera le fil rouge de cette soirée inédite.

« Toutes les musiques me passionnent », a déclaré Anne-Catherine Gillet lors de la conférence de presse. « A la maison, je n'écoute pas beaucoup de classique, c'est très éclectique. J'ai déjà participé à divers projets dans d'autres domaines que le classique, comme par exemple, ma collaboration avec Salvatore Adamo pour la chanson « Pourquoi Tu Chantes ». Et dans ma douche, j'adore chanter du Céline Dion ! Je suis donc très heureuse de participer à la soirée des Octaves. On y concoctera des duos imprévus dans un mode 'crossover'. On jettera des ponts entre le classique, la variété, le jazz et les musiques du monde... »

Pour avoir assisté à l'édition 2017, un franc succès, nous ne pouvons que recommander cette soirée d'exception, qui se tiendra à La Madeleine le lundi 28 mai à 20h. L'accès est gratuit mais il faut réserver en envoyant un email à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

Petit détail intéressant: Damso s'est vu attribuer un Octave mais d'après nos informations, ce choix a suscité de vives discussions lors de la réunion du jury. Au final, une des institutions fondatrice des Octaves a tenu à publier un démenti dans le dossier de presse: "La Fédération des Jeunesses Musicales Wallonie-Bruxelles, en sa qualité d’administrateur des Octaves de la Musique respecte le choix du jury des professionnels du secteur de remettre l’Octave des Musiques urbaines 2018 à Damso. Toutefois, fidèle à ses valeurs, elle ne cautionne pas ce choix pour autant." Dont acte...

 

Lana Del Rey

Rétro, cool, sexy, troublant et parfois improvisé…

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Dans le cadre de sa ‘LA to the moon tour’ (Trad : ‘Depuis Los Angeles jusqu’à la lune’), Lana del Rey se produisait, ce mardi 17 avril, au Sportpaleis d’Anvers. La salle est presque comble pour accueillir la New-yorkaise. Le public français s’est déplacé en nombre, l’artiste ayant décidé de boycotter l’Hexagone.

Le supporting act est assuré par Cat Power. Etonnant quand on sait qu’elle a entamé sa carrière à la mi-nineties. Mais il est vrai que confinée dans l’underground, elle n’a jamais rencontré de succès qu’auprès d’un public averti. Faut dire que son cocktail de punk, blues et folk, parfois teinté de soul, est particulièrement intimiste et surtout dépouillé. Vêtue d’une longue robe noire à volants, elle grimpe sur l’estrade sans adresser le moindre mot à la foule. Elle est soutenue par un préposé à la guitare, un multi-instrumentiste (gratte, basse, claviers) et un drummer, installé de biais, sur la gauche. Une toile protège le matos de Lana. Il ne reste donc guère d’espace pour Chan et sa troupe. Bien que douce et paisible, sa voix semble habitée, et elle l’accompagne de gestes, un peu comme Joe Cocker. Elle demande à la régie de monter le son de son micro. On l’entend donc maintenant parfaitement. Guère de remue-ménage jusqu’au moment où un épouvantable larsen a failli déchirer les tympans des spectateurs. Petit problème technique, heureusement rapidement résolu. Lorsque le multi-instrumentiste revient aux claviers, c’est pour nous réserver une bouffée de country et d’americana. Après 40 minutes de concert, Cat remercie Lana, le public, et présente ses musicos, d’un accent sudiste, à couper au couteau… 

Lana Del Rey a donc publié son dernier elpee, « Lust for life », en juillet dernier. Et c’est à la suite de cette sortie qu’elle a entamé ce périple de 37 dates, qui s’achève dans trois jours, à Madrid. Filmique, mélancolique, sa musique nous replonge dans une ambiance qui sent bon les 50’s voire les 60’s. Les médias ont décrit son style comme du ‘Hollywood Sadcore’, un genre au cours duquel elle décrit des romances tragiques, mais plutôt glamoureuses. Elle a composé toute une série de titres destinés au grand écran, dont « Young and Beautiful », qui a servi au long métrage « Gatsby le magnifique » et adapté « Once Upon A Dream » pour le dessin animé « Maléfique » de Disney. La Belgique lui a forgé son succès et Lana confirme qu’elle porte ce pays dans son cœur.

Le rideau dissimulant le matos en arrière-plan tombe et on découvre le décor prévu pour le show. Un cadre où sont représentés des rochers, des palmiers et autres plantes indigènes susceptibles de nous nous transporter, dans l’imaginaire, sur une plage sise quelque part sur l’île Hawaii. De chaque côté de l’estrade, deux petits écrans ont été installés. Et un grand, en fond de scène.

Les baffles crachent une intro puisée dans le répertoire d’Henry Mancini, « Experiment in terror ». Ce qui permet à la troupe de s’installer sur le podium. Deux immenses triangles, pointes vers le bas, sont suspendus au-dessus des artistes. La scène est structurée en escaliers. La plupart des musicos disposent de leur propre estrade. Devant celle du claviériste, Byron Thomas, trône un piano à queue. Tom Marsh dispose d’une batterie classique et d’une électronique, dont il va se servir plus régulièrement. Tout en haut et au centre, on remarque la présence de fauteuils de plage, en velours vintage. Ils sont destinés essentiellement à la paire de choristes/danseuses Ashley Rodriguez et Alexandria Kaye. Blake Stranathan se consacre à la guitare et Kevin McPherson à la basse ou la contrebasse, lorsque les deux gratteurs ne jouent pas des claviers. Le light show est particulièrement luxuriant.

Lana débarque sous un tonnerre d’applaudissements. Sexy, elle est vêtue d’un simple tee-shirt à l’effigie ‘Malibu’, d’une minijupe de couleur brune à paillettes, et est chaussée de bottes de même teinte grimpant jusqu’aux genoux. Les choristes ne le sont pas moins, et s’installent dans les chaises longues.

Le concert s’ouvre par « 13 Beaches ». Première constatation, Lana a pris de l’assurance. Tant derrière le micro que dans son attitude. Elle salue le public. Le set baigne au sein d’une ambiance rétro et cool. Même si sa musique libère des ondes davantage positives, l’artiste tient néanmoins à préserver son image de starlette hippie hollywoodienne des années 60 qui l’a rendu célèbre. Elle s’autorise quelques pas de danse qui vont même jusqu’à la dévergonder. Elle est d’ailleurs accompagnée de danseuses en ‘live’, avec qui elle entreprend des chorégraphies sensuelles, notamment sur la chanson « Cherry ». D’autre part, désireuse d’en finir avec son habituel spleen sentimental, Lana Del Rey a choisi de modifier certaines de ses chansons en live. Elle a affirmé qu’elle ne voulait plus chanter la partie ‘He hit me and it felt like a kiss’ qui figure dans le texte d’« Ultraviolence ». Suite au scandale qui a mis en cause le réalisateur Harvey Weinstein, Miss Del Rey a décidé de ne plus chanter son titre « Cola », dans lequel elle y faisait référence. Pendant « Pretty When You Cry », la chanteuse et ses 2 performeuses se couchent sur le sol. C’est sexy, sensuel et troublant. Ce qui n’empêche pas Lana de continuer à chanter d’une belle voix vintage. « White Mustang » est balisé par les ivoires. Elle regarde le public dans les yeux. La folie envahit alors la foule qui reprend à l’unisson les paroles. Les choristes viennent placer deux sièges haut devant la scène et s’en servent comme des ‘go go dancers’. Et les synthés traitent le tout à la sauce électro. Lana chamboule sa setlist, interprète ses succès, et nous réserve même un medley. Elle descend du podium et va à la rencontre des premiers rangs. Tout en continuant de chanter, elle réalise des selfies, signe des pochettes de cd’s et, en retour, reçoit des cadeaux de la part de ses fans, présents qu’elle dépose en bord de scène. Lana est touchée, sensible, pleine d’humilité. Elle casse les codes et devient aux yeux du public quelqu’un d’humble qui a des valeurs. Place ensuite au hit, « Vidéo Games », traduit en morceau electro/pop burné. Le titre achevé, elle demande à l’auditoire ce qu’il a envie d’entendre. Comme le boss, elle assure. L’auditoire a choisi « Gods & Monsters » et « High By The Beach ». Elle se dirige vers le pianiste qui semble incarner le rôle de chef d’orchestre. Grâce à la technique, l’avant-scène se transforme en mer bleue au sein de laquelle Lana, ses choristes et ses musiciens vont évoluer, et tout particulièrement pendant « Summertime Sadness » et « West Coast ». Au cours de ce dernier morceau, Lana va jouer en picking sur une gratte électrique, alors que les choristes distribuent des fleurs à la foule. Marilyn Monroe apparaît en hologramme derrière le band, tout au long de la cover du « Happy Birthday Mr. President ». Le show s’achève par « Off To The Races ». Pas de rappel, mais au bout de 100 minutes de prestation généreuse en émotions, l’auditoire n’avait pas de raison d’être déçu.

Setlist : « Intro » (Experiment In Terror) (Henri Mancini song), « 13 Beaches », « Cherry » (Scarborough Fair by Simon & Garfunkel outro), « Pretty When You Cry », « White Mustang », « Born to Die », « Blue Jeans », « Lust for Life », « Change, Black Beauty, Young and Beautiful », « Ride », « Vidéo Games », « Gods & Monsters » (demande public), «High By The Beach » (demande public), « Honeymoon », « Yayo », « Ultraviolence »,« Summertime Sadness », « West Coast », « Happy Birthday Mr. President » (Marilyn Monroe song), « National Anthem », « Off To The Races ».

(Organisation : Live Nation)

 

 

Déjà deux décennies de déambulations discographiques !

Écrit par
Prendre le monde comme il va mal.
 
Voilà la ligne de conduite que s'est malicieusement fixée Bertrand Betsch sur ce onzième album, qui, après deux décennies de déambulations discographiques, vient confirmer une place définitivement à part dans le paysage hexagonal francais.
 
Jamais fort vaillant, mais jamais vaincu, il nous intime ici de tirer nos joies de nos peines. Et peut-etre aussi de savoir voir, et entendre, la beauté dans la tristesse.
 
Si la potion est parfois amère, les nouvelles chansons entraînent toujours sur la voie d'une guérison de l'âme, vers une forme d'apaisement qui sait émerger des déferlantes de mélancolie l'ayant précédé.

Album solitaire par excellence (le chanteur a lui-même composé, joué, arrangé et mixé son album) Tout Doux est au plus proche des émotions de son auteur, dans un écrin esthétique simple et direct, où les mélodies sont saillantes et douces.
 
Dans le sillage de La Vie Apprivoisée, où l'on percevait déjà quelques éclaircies derrière le ciel grisonnant, ce nouvel album ouvre une voie qui est peut-être celle de la sérénité, à défaut de la sagesse.
 
Car le passé est là, qui rôde encore avec ses nuages bas et sa traîne cendrée ; le monde est ce qu'il est, dans son époque désolée ; toujours l'intranquillité veille. Mais la faculté d'aimer, de pardonner, de panser les blessures est peut-être ce qu'on retiendra malgré tout des écoutes répétées de ce Tout Doux.
 

Gary Numan

Le riff d’“Are Friends electric” est un accident...

Pionnier de la new-wave/synthpop, qui a sévi à la fin des années 70, Gary Numan a rencontré un succès phénoménal jusqu'au milieu des années '80. Après une traversée du désert, le Londonien est revenu dans le parcours, début du nouveau millénaire, en proposant une musique plus punchy, proche de Nine Inch Nails. En marge de son concert, il nous a accordé une interview, dans les locaux du Trix, à Anvers. L’occasion d’évoquer son nouvel album, ses influences, Trent Reznor, John Foxx et le riff principal d’« Are Friends Electric ? »...

Ton nouvel album, « Savage (Songs from a Broken World) », cartonne il me semble ?

Oui ! Quand il est sorti, il a atteint la seconde place dans les charts britanniques ; ce qui, pour moi, a été une énorme surprise. C'était la première fois que j'étais aussi haut sur les charts depuis... longtemps (rires). En fait depuis 1980.

Pourquoi n'a-t-il pas atteint la première place?

A cause des Foo Fighters...

Ça aurait pu être pire (rires)

Mais il restera un grand moment, un jalon très important dans ma carrière.

« Splinter », ton précédent long format, parlait d'un ‘esprit brisé’ et « Savage » d'un ‘monde brisé’. Existe-t-il un lien entre les deux thèmes ?

Pas vraiment. Quand j'ai réalisé « Splinter », je venais d’émerger d'une profonde dépression qui a duré trois ans. Je disposais donc de beaucoup de matière, suite à ce que je venais de vivre. C'était agréable d'être de retour et d'avoir quelque chose d'important à écrire. Pour « Savage », c'était différent. Pas de problème, tout allait bien, ma famille était heureuse, « Splinter » avait eu pas mal de succès, je venais de déménager en Amérique...

Dans un château... (rires)

Oui, un petit château. Donc, au début, j'ai eu du mal à exprimer une émotion forte. Donc, j'ai emprunté quelques idées à un livre que je rédige depuis longtemps. Il parle d'un monde futur dévasté par le réchauffement climatique. Et au moment où je commençais à me concentrer sur ce sujet, Donald Trump est arrivé au pouvoir et a commencé à propager toutes ces déclarations débiles. C'était comme si tout ce qui avait été fait de bien pendant un certain temps en termes de conscience allait être mis à mal à cause de cet homme puissant mais carrément stupide. Ce qui m'a donné envie d'en parler dans mes chansons. Quant au titre, « Savage (Songs from a Broken World) », il m'a été soufflé par une de mes filles, Persia...

Persia, c'est elle qui chante sur ton album?

Oui. Quand je lui ai raconté que « Savage » traitait d'un monde futur dévasté, elle a suggéré le titre « Songs from a Broken World » pour opérer le lien avec « Splinter ». Mais il n'y en a aucun entre le contenu et les paroles des deux disques... (rires)

Lors de différentes interviews, tu as avoué que musicalement, tes dernières productions étaient influencées par Nine Inch Nails. Y compris le dernier LP?

Cette fois-ci, pas tellement. Je pense que je me suis un peu lassé du style 'power electronic'.  Pour « Savage », j’ai emprunté un autre chemin.

Quelle est ta chanson préférée de Nine Inch Nails ?

Difficile de se prononcer, mais c’est probablement « Closer ». La liste est longue. « The Wretched » est aussi une de mes chansons favorites. « Head Like A Hole » a le meilleur refrain qui ait jamais été écrit.

Et ne penses-tu pas qu'il existe une chaîne d'inspiration entre toi et Trent Reznor ? Il a avoué avoir été influencé par toi et, plus tard, c’est l’inverse qui s’est produit.

J'aime beaucoup Trent. Surtout que nous sommes devenus voisins à L.A. Nous étions amis auparavant mais aujourd’hui, c'est encore plus facile, vu cette proximité. C'est principalement grâce aux enfants. Quand un de leurs enfants fête son anniversaire, Mariqueen et Trent organisent toujours une fête et nous invitent...

Ne penses-tu pas qu'il existe aussi une autre chaîne d'inspiration entre John Foxx et toi? Tu as déclaré à plusieurs reprises que John Foxx et Ultravox t'avaient influencé au début et tu as probablement influé à ton tour sur la musique de John Foxx, quand il a enregistré « Underpass », en solo.

Les influences vont bien au-delà de la musique. Les éléments musicaux que tu entends et qui t’imprègnent ne sont qu'une infime partie de tout ce qui t’influence comme artiste. Ca peut être un livre, une émission de télévision, une photo, une conversation. Ce sont des étincelles et elles enflamment ta propre imagination. Parfois, il est difficile de dire d'où l'inspiration vient. Dans ce milieu, tout le monde connaît ce phénomène. Trent également, et je suis sûr que John Foxx aussi. Nous sommes comme des éponges. Nous absorbons tout ce qui nous entoure en permanence.

C'est comme si tu digérais des informations afin de produire quelque chose de nouveau?

Oui. Trent, j'en suis sûr, est toujours attentif à ce qu'il entend ou plus généralement, à ce qu'il perçoit du monde extérieur. Il emmagasine une énorme quantité d'informations créatives et il les traite pour en restituer quelque chose de personnel. Parfois, tu entends un air que tu apprécies, puis tu l'oublies et un an plus tard, il réapparaît dans ton travail et tu imagines que c'est ta propre idée. C'est effrayant. Il y a longtemps, j’avais composé une chanson que j’aimais beaucoup. Puis ma femme est entrée dans le studio et s’est exclamée : 'C'est Siouxsie et les Banshees! ' Sans le savoir, j'étais occupé de réécrire une composition de Siouxsie! (rires)

C'est ce qui rend les cas de plagiat si compliqués.

J'ai eu un cas de plagiat très tôt dans ma carrière, en 1978 ou 1979. Ma maison d'édition a remarqué qu'un artiste m'avait copié. Mais l'autre partie a fait des recherches. Des experts ont retracé le parcours de la musique, ma musique, jusqu'au 14ème siècle, pour remonter jusqu’à celle que les moines avaient l'habitude de chanter (rires) ! Donc, on pense être l’auteur de compos originales, mais en fait ce n'est pas le cas.

Sans oublier que toutes les idées flottent au-dessus de nos têtes...

Ma théorie est que quand on est enfant, on apprend la musique, les accords, les mélodies, etc. en les écoutant, donc quand, plus tard, on commence à écrire ses propres chansons, on ne peut honnêtement affirmer qu’elles soient originales. On a été influencé depuis sa naissance. L'originalité est un mensonge, vraiment. C'est toujours une variation de ce qu’on a déjà entendu, à laquelle on a ajouté sa touche personnelle.

Si on prend comme exemple « Are Friends Electric ? », te souviens-tu du moment où tu l'as composée et comment l'étincelle s’est produite ?

Je me rappelle que je bossais sur deux morceaux en même temps. Mais je ne parvenais pas à les finaliser. Un jour, après avoir attaqué cla première, je me suis senti frustré de ne pas pouvoir la parachever et je suis passé directement à la scocnde  et je me suis rendu compte qu’elles pouvaient être complémentaires, moyennant quelques adaptations. Plus tard, alors que j’exécutais la partie instrumentale, je me suis trompé. Deux notes de la mélodie sonnaient plus fort que le reste. J'ai trouvé que le résultat est bien meilleur comme ça. Donc, en fait, ce riff a été élaboré par accident, parce que je joue très mal... (rires)

Et tu as puisé une inspiration pour les paroles dans le roman de Philip K. Dick, « Do Androids Dream of Electric Sheep ? » de Philip K. Dick…

Partiellement dans le livre de Philip K. Dick et en partie dans une série d'histoires de science-fiction que j'étais en train d'écrire. Et le nom de mon groupe, Tubeway Army, a été choisi en référence à un gang de Londres, qui agressait les usagers dans le métro. Mon livre parle du futur de notre civilisation. Le gouvernement a donné le pouvoir à un énorme ordinateur pour tout gérer. La machine se rend compte que ce qui rend la civilisation ‘non civilisée’, c'est l'espèce humaine. Alors, l'ordinateur commence à se débarrasser des individus, de manière sournoise, subrepticement. Des tests sont organisés pour évaluer leur intelligence et ceux qui échouent sont prétendument envoyés dans un centre de formation, mais ne reviennent jamais. Ensuite, certaines personnes réalisent ce qui se passe et vont se cacher dans un 'underground'. C'est une belle histoire mais je ne l'ai jamais achevée. Aussi, je l'ai transformée en album et je suis devenu célèbre... (rires).

Quand on regarde les expériences en cours opérées dans le domaine de l'intelligence artificielle, ça se passe parfois comme dans ton histoire : les I.A. annoncent vouloir se débarrasser de l'humanité...

Oui ... Nous sommes le problème, nous sommes le virus... (rires)

J'ai toujours pensé que si l'humanité était à 100% originaire de la terre, elle ne détruirait pas sa propre planète...

Oui, nous sommes comme des organismes étrangers, extra-terrestres...

Si tu devais choisir ta chanson préférée dans ta discographie des années 1979-1985, que choisirais-tu?

A l’exception des hits, les deux morceaux que je joue encore aujourd'hui, « Down In The Park » et « Metal ».

« Down in The Park » a souvent été repris.

Oui, entre autres, par Marilyn Manson. Les Foo Fighters aussi. Ils sont partout! (rires)

Et ta chanson préférée la plus récente ?

« Prayer for the Unborn », une plage de l’album « Pure ». Notre couple a perdu un bébé ; cette chanson a donc une signification particulière... Et sur « Savage », je choisirais « Ghost Nation »...

Pour commander « Savage (Songs from a Broken World) », c’est ici.

Photo par Phil Blackmarquis

Des échos de Suicide, Bauhaus, The Cramps et des Deadbeats à la fois !

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Le groupe rock californien revient avec un nouvel album et des dates en France. Premier extrait avec le clip de "Baby C4".

Le premier mot de l’album pourrait tout aussi bien le résumer : Bang ! Sur leur nouvel album Midnight In A Moonless Dream, le groupe de Los Angeles The Buttertones fait un carton !

Si leur album précédent Gravedigging aurait pu être la bande-originale d’un bon western spaghetti, ce nouvel album creuse encore plus loin et nous emmène dans l’ambiance très sombre d’un New York des 70s.

C’est un casse une nuit sans lune où l’on entend des échos de Suicide, Bauhaus, The Cramps et des Deadbeats pour la violence et le saxophone.

Ici tout est nouveau : nouveau son avec pour la première fois des cordes, mais aussi nouvelle approche pour écrire et composer ensemble.

Garage, gothique, rock ‘n’ roll, surf, no wave, jazz, post-punk, ce nouvel album aux influences multiples est un labyrinthe lynchien sombre dans lequel il est bon de se perdre.

 

Du lourd pour l'édition future du Lasemo !

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La guinguette, un endroit magique!

Élue espace favori des festivaliers depuis plusieurs années, la Guinguette revient en 2018. Cette année, découvre une programmation variée et des DJ's sélectionnés spécialement pour te faire danser jusqu'au bout de la nuit.

La journée, tout en douceur avec des concerts intimistes :

David Léo : le nouveau groupe du chanteur de Malibu Stacy te fera passer une fin de journée extra avec ses chansons qui tournent en boucle sur toutes les radios

Charlotte : découvre la pop rythmique de cette « Christine & the Queens » à la belge qui squatte les ondes avec Ta Peau et Pars

Samir Barris : l’auteur compositeur interprète bruxellois nous reviendra avec son nouvel album, tout en douceur et poésie

Antoine Armedan : chanteur et guitariste enghiennois dont le très entraînant Si je te disais ne donne qu’une envie : chanter en coeur avec lui

Bric & Broc : groupe de musique jeune public créé par certains membres de Skarbone 14, ils feront chanter les plus jeunes tout en les conscientisant sur l'environnement

Swing That Bird : le nouveau groupe d'Emeline, qui enchante LaSemo avec sa voix et son accordéon depuis plusieurs éditions

Mortalcombat : nouvelle mascotte de la scène pop francophone, gagnant du concours « Du F. dans le texte »

Elina Lys : découverte et coup de coeur garanti pour cette chanteuse à la voix de cristal

The Two of Us : lui à la guitare, elle à la voix. Duo de charme pour des reprises tout en douceur

Le soir, grosse fiesta avec les DJ's :

Boris Viande : le vendredi, ce spécialiste de la musique des Balkans fera trembler LaSemo comme il le fait partout dans le monde

Kiwistar : nom incontournable de la scène Electro Swing en France, élu meilleur DJ en 2011 pour cette catégorie, Kiwistar sera présent le samedi où il te fera te déhancher sur les meilleurs sons

Don Fiasko : cette fanfare montoise clôturera ton dimanche en te proposant un show electro du tonnerre.

Plus d'infos sur : www.lasemo.be/

 

Des nuits de plus en plus secrètes ...

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Le plus Belge des festivals français "Les Nuits Secrètes" annonce 9 nouveaux noms :

Feu! Chatterton, Eddy De Pretto, Angèle, Therapie Taxi, Slaves, T21, Shame, Clara Luciano et Tamino... viennent rejoindre Alt J, Jain, Shaka Ponk, Petit Biscuit, Rone, Lomepal, Juliette Armanet, Gael Faye, Agar Agar, Tshegue, BRNS et Malik Djoudi !

Pour rappel le festival est situé à Aulnoye-Aymeries, non loin de la frontière française, et aura lieu les 27, 28, 29 juillet prochains.

Pour plus d’informations : http://www.lesnuitssecretes.com/

 

Sunflowers

Castle Spell

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Deuxième opus pour ce duo portugais réunissant Carolina Brandão et Carlos de Jesus. Il fait suite à « The intergalactic guide to find the red cowboy », paru en 2017. La musique de Sunflowers puise manifestement son inspiration majeure sur la scène yankee, et tout particulièrement les Cramps, Jon Spencer Blues Explosion et les B52’s. Les B52’s lorsque les répliques vocales rappellent celles échangées entre Fred Schneider et Kate Pierson. Jon Spencer pour cet aspect revêche et sauvage du punk. Et le recours au thérémine. Enfin les Cramps, pour le tempo tribal, enlevé, hypnotique, parfois même obsessionnel. Le spectre des Ventures, plane cependant tout au long du surf/garage/flamenco « Surfin with the phantom », un morceau à l’atmosphère cinématographique (Tarantino ?) et puis le furieux « A spasmatic milkshake ». Quelques traces de Sonic Youth contaminent le titre maître, alors que la mélodie tourmentée du plus pop, mais angoissant « The Maze (Act1-2) » s’étire sur plus de 6’30. Et dans un registre plus viscéral, « Monomania » bénéficie d’un refrain accrocheur. Enfin, si la nonchalance de « We have always lived in the Palace » lorgne vers le Velvet Underground, le recours au mellotron apporte une coloration un peu kitsch à la plage. Bref, un album percutant !

 

Samuele

Les filles sages vont au paradis. Les autres où elles veulent

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Fille du regretté Gaston Mandeville, Samuele est canadienne. Québecquoise, très exactement. Engagée en faveur des minorités queer et des droits des femmes, elle nous propose son second long playing. Et le titre d’entrée, « Egalité de papier », est une ode au féminisme, un spoken word sur le discours égalitaire et la place réservée aux femmes dans la sphère sociale. La deuxième piste, « La sortie », traite de la solidarité féminine et de l’autodétermination. Bref, le ton est donné. Ce qui n’empêche pas l’artiste d’écrire également des chansons d’amour. Alternant compos bien électriques, qui auraient pu figurer au répertoire de Stephen Stills (NDR : mais alors dans la langue de Shakespeare), qu’elle enrichit circonstanciellement de cuivres, et pistes minimalistes, elle nous propose, soutenue par un solide quatuor, un cocktail de blues, rock et folk, dont les mélodies pop, sont particulièrement soignées. Et chante d’une voix, dont les inflexions sont susceptibles de rappeler, surtout quand elles deviennent versatiles, Véronique Sanson (NDR : oui, c’est vrai, Sanson et Stills ont divorcés en 1980, mais il reste quand même des traces musicales…) Mais l’opus varie les plaisirs. Depuis le blues cool au minimalisme, en passant par le mid tempo et même le jazz, à l’instar du syncopé « Sirène », qui met en exergue une trompette bien sentie et dont le drumming spécifique y contribue largement. Sans oublier les arrangements de cuivres particulièrement r&b qui enrichissent le tendre « Compter sur ça ». Une excellente surprise !

 

Pierre Rapsat

L’essentiel Live + Studio

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Pierre nous a quittés le 20 avril 2002. Quinze années après sa disparition, le label Team For Action a décidé de publier deux compiles. Tout d’abord un ‘best of’ de ses titres enregistrés en studio. Dix-neuf en tout. Depuis « Les rêves sont en nous » à « Elle m’appelle », en passant par « Passagers de la nuit », « Illusions », « Judy & Cie », « Comme un brasero » ou encore « Ensemble ».

Puis un coffret de quatre cd’s baptisé « L’essentiel live », qui immortalise ses concerts accordés à Gouvy (1981) flanqué de son groupe Transfert, dans le cadre des Francofolies de Spa (1996) et au Cirque Royal (2001). Ce dernier reproduit l’enregistrement intégral de ce concert au cours duquel il avait reçu la collaboration de l’Ensemble Musiques Nouvelles.

Remarquable mélodiste, Pierre devra cependant attendre 2001 pour atteindre la consécration en France. Soit un an avant son décès. La Belgique et le Canada l’avaient reconnu depuis bien longtemps, mais quand on chante dans la langue de Molière, l’Hexagone et tout particulièrement Paris, constituent toujours le passage obligé… surtout pour un artiste belge…

 

The Monochrome Set

Maisieworld

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Après avoir publié le superbe « Spaces everywhere », en 2015, The Monochrome Set est donc de retour pour un 14ème elpee. Et suivant la bonne habitude du groupe, cet opus a de quoi décontenancer. En fait, les compos changent régulièrement de registre entre couplets et refrains, se référant régulièrement au music-hall, comme chez Divine Comedy. Même la voix de Bid est aussi versatile et nasillarde que celle de Neil Hannon. Parfois cyniques et souvent truffés de jeux de mots, les textes ont aussi des connotations à caractère sexuel. Ce n’est pas neuf dans l’œuvre du band britannique. Plusieurs écoutes sont cependant nécessaires, avant d’appréhender cet LP. Non, mais imaginez le topo : punk, vaudeville, boogie, flamenco, rock, pop, sonorités mécaniques (Un « Mrs Robot » qui navigue quelque part entre Talking Heads et XTC) et tutti quanti alimentent des morceaux susceptibles d’inviter cuivres, orgue vintage, rogné, voire piano électrique (Benmont Tench ? Ray Manzarek ?) ou encore banjo au sein d’une instrumentation organique plutôt classique, la guitare s’autorisant l’un ou l’autre petit solo élégant et parcimonieux. Si vous appréciez le typiquement british, cet LP est votre tasse de thé…

 

Briana Marela

Call it Love

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Deux ans seulement après la sortie de son deuxième album, « All Around Us », et après avoir accompli plusieurs tournées aux côtés de Jesca Hoop ou encore Alex Cameron, Briana Marela nous propose un nouvel LP, paru de nouveau sur l’excellent label américain Jagjaguwar (Bon Iver, Foxygen, Dinosaur Jr, …). La jeune femme installée à Seattle n’a donc pas chômé et surtout rien perdu de sa muse. Elle confirme ainsi tout le bien que l’on pouvait penser d’elle.

« Call it Love » recèle dix titres inspirés qui traitent des relations sentimentales (comme son titre l’indique, d’ailleurs). Sa musique évoque parfois Beach House, surtout la voix sensuelle de la jeune femme. La songwritrice alterne morceaux atmosphériques tels que « I’m Sorry » et titres plus rythmés à l’instar de « Give Me Your Love » ou encore « Quit ». Briana Marela superpose avec grâce les nappes de claviers pour aboutir à une musique éthérée qu’on pourrait qualifier de dream-pop. Elle parvient également à torcher des mélodies recherchées qui parviennent à emballer l’auditeur sans jamais le plonger dans l’ennui.

Autant dire que « Call it Love » est album très plaisant à écouter. On suivra donc de très près l’actualité de l’artiste...

 

Maître Gims

Ceinture noire

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Pour enregistrer ce troisième opus solo, l’artiste issu du collectif ‘Sexion d'Assaut’ a mis le paquet !

Doux euphémisme puisqu’il propose quarante titres dans un box étrangement intitulé « Ceinture noire » et répartis sur trois disques (« Première Dan », « Deuxième Dan » et « Troisième Dan »).

Il était parvenu à tenir ses plus fidèles aficionados en haleine, juste après l'élection de Donald Trump à la présidentielle des Etats-Unis, le 8 novembre 2016, où marquant sa colère sur Instagram, il avait annoncé qu'il arrêtait la musique le lendemain…

Renaud Rebillaud est toujours préposé à la réalisation de la majorité des morceaux en collaboration avec Bugatti Beatz qui lui signe neuf sons.

Si l’idée est plutôt sympa sur le papier, qu’en est-il exactement ?

Une fois n’est pas coutume, Gims est d’une extrême générosité en invitant certains de ses congénères à venir pousser la chansonnette, comme Vianney (« La Même »), Orelsan et H Magnum (« La nuit c'est fait pour dormir »), Lil Wayne (« Corazon »), Dadju –le petit frère du chanteur– (« Tu ne le vois pas »), MHD (« Appelez la police ») ou encore Quincy (« Caméléon »). Ce qui nous réserve des featurings aussi surprenants qu’inattendus !

Les styles sont plutôt variés aussi. Si d’emblée, le formule semble accrocher, force est de constater que la matière est majoritaire et l’impression de trop plein se manifeste rapidement.

Dans le passé, le trentenaire se limitait à la variétoche pure et dure. Il extrapole ici (courageusement) en s’ouvrant d’autres horizons oscillant de la pop au rap, en passant par les sonorités latines, africaines, la rumba congolaise et l’afrobeat, et même en y ajoutant un soupçon de tonalités orientales (« Mi Gna »). Le tout avec une facilité déconcertante. Mais l’absence de fil rouge laisse pantois et communique vite l’impression de tournis !

En filigrane, on comprend une volonté de montrer une palette bien plus large que celle à laquelle il habitue ses aficionados depuis ses débuts. Choix purement artistique ?

Il s’offre même le luxe de se frotter à la langue de Shakespeare sur un très réussi « Everytime », passeport mérité vers la lorgnette d’un marché anglo-saxon tout proche.

Bien évidemment, on ne peut lui reprocher d’être une machine à tubes (« PS », « Chien de la casse ») destinés aux plus jeunes qui écoutent les radios dites généralistes. Mais ceux qui le suivent et le vénèrent depuis les premières heures s’y retrouveront plus difficilement.

Ce qui a fait sa marque de fabrique de starisation, le rap, y est en effet beaucoup moins présent. Exception faite de quelques rares titres tels que « Loup Garou » où le Sieur prouve accompagné de Sofiane qu’il n’a heureusement rien perdu de son flow puissant et grave.

Au-delà d’être trop hétérogène et franchement moins digeste, ce nouveau format tombe donc dans la facilité et le remplissage à tout prix privilégiant l’effet de masse au détriment d’un minimum de qualité !

Et c’est là le vrai drame au final dans lequel tombe de nombreux chanteurs contemporains. Faire du chiffre quoi qu’il en soit. Dommage !

En bref, l’album de Maître Gims est à la musique ce qu’est la tartiflette reblochon en pleine canicule : lourde et inappropriée.

James Elkington

Wintres Woma

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James Elkington est né à Chicago, mais a opté pour la nationalité britannique. Faut dire qu’il y a été élevé au cours des seventies et des eighties. Et c’est un fameux guitariste ! Dont le toucher de cordes, en picking, est aussi subtil que celui de Mark Knopfler, voire de Bert Jansch ou de John Fahey, mais qu’il met au service de compos plus enlevées. S’il a bien sévi au sein d’un groupe, baptisé The Zinc, il y a un peu plus d’une dizaine d’années, il a surtout forgé sa notoriété en bossant pour d’autres artistes, et en particulier Richard Thompson, Jeff Tweedy, Steve Gunn et Laetitia Sadier… Minimaliste, introspective, fondamentalement folk, sa musique évoque Nick Drake. Parfois traversée par un zeste de percus, de steel, d’harmonica, de basse, d’orgue, de violoncelle ou de banjo, les compos s’avèrent particulièrement agréables à l’écoute ; et si la voix de l’artiste n’est pas exceptionnelle, elle est chaleureuse, bien timbrée, et colle parfaitement à l’ensemble.

 

Peter Astor

One for the ghost

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Après avoir sévi chez The Loft et Weather Prophets –c’était avant 1988– Peter Astor s’est lancé dans une carrière solo. Mais on ne peut pas dire qu’elle ait été prolifique, puisqu’à ce jour, il n’a publié que 8 elpees studio. Faut dire qu’entre 95 et 2005 et 2006 et 2001, il s’est réservé plusieurs pauses, notamment pour enseigner et donner des conférences à l’Université de Westminster à Londres. En 2016, il avait quand même gravé « Spilt milk », un disque pour lequel il avait reçu le concours d’un solide backing group impliquant notamment la chanteuse Pam Berry ainsi que James Hoare (Ultimate Painting, Proper Ornaments, Veronica Falls), à la mise en forme, à la gratte électrique, aux claviers, aux drums, à la basse et tutti quanti. Et si les mêmes collaborateurs sont toujours de la partie pour « One of the ghost », c’est la section rythmique de Wave Pictures, en l’occurrence le bassiste Franic Rozycki et le batteur Jonny Helm, qui ont apporté leur concours.

Le titre du long playing se réfère à l’habitude prise par Peter de servir deux verres, quand il déguste son meilleur vin. Il s’en réserve un pour lui et l’autre pour les amis disparus. Et cette compo épouse un sens mélodique proche d’un Guided By Voices. Les harmonies vocales sont superbes, byrdsiennes même, tout au long de « Walker ». Imprimé sur le tempo du boogie, « Water tower » est particulièrement accrocheur. Et si « Only child » trace une ligne de basse réminiscente de T.Rex, le riff de gratte rythmique adopte celui du Creedence Clearwater Revival. Des éclats de gratte torturés alimentent le vif « Goden boy ». Subtils et carillonnants, il enrichissent un groove folk rock emprunté à Go-Betweens, à moins que ce ne soit à un Robyn Hitchcock de ses débuts, sur « You better dream » et semblent hantés par le spectre de Roger McGuinn sur le plus pop « Magician & assistant ». La voix de Peter rappelle celle de Stephen Duffy sur « Injury time », un autre folk rock, mais à coloration 60’s. On épinglera encore deux pistes plus minimalistes, abordées dans l’esprit du titre maître. Donc avec l’humour qui caractérise l’artiste. D’abord la ballade « Tango uniform », un portrait bouleversant des derniers moments de la vie. Puis « Dead Fred », une référence à la fois poignante mais pleine de philosophie à feu Fred Astaire.