L’aurore de Lathe of Heaven…

Issu de Brooklyn, Lathe of Heaven sortira son nouvel elpee « Aurora », le 29 août. Né d’un processus d'improvisation, cet opus est propulsif, captivant et structuré, abordant des thèmes lourds et incorporant des influences littéraires. En attendant, la…

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Teethe : de la douleur au soulagement…

Le groupe texan de slowcore Teethe sortira son nouvel elpee, « Magic Of The Sale », ce 8 août. Sur cet album, il dévoile son monde triste et beau, où les quatre auteurs, chanteurs et artistes distincts de la formation posent une série de questions…

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Une lumière du jour ... prometteuse ! !

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The Selecter, l’incroyable machine à déhanchement qui s’est fait connaitre sur le label 2-Tone Records aux côtés de Madness et The Specials, est de retour avec son nouvel album Daylight.

Un extrait ici .

 

 

Un relent de leurs albums cultes des années 90 ...

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Le groupe de noise-rock américain Unsane est de retour avec Sterelize qui rappelle ses albums cultes des années 90.

Le trio nous livre un opus aussi dense et brutal que d'habitude.

Unsane tient une place importante dans la musique underground et a défini le « AmRep sound » aux côtés de Today Is The Day, The Jesus Lizard, Helmet, Tad ou les Melvins.

Un extrait ici .

Elitisme et détritus dans un seul disque ....

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Snapped Ankles est sorti du bois pour livrer un album à la fois moderne et rétro ; ce à quoi ressemblera la danse music lorsque les ordinateurs nous auront lâché finalement…

Synthés, guitare, basse et frappes sur les peaux d’animaux font bon ménage pour former des rythmes primitifs redoutables. Dans ses chansons, le groupe évoque aussi bien un folklore forestier et les charges contre les meubles en pacs suédois (IKEA) qui nous conduiront à un futur dystopique, mais aussi Jean-Luc Godard et Andrei Tarkovsky ou les commentaires Youtube.

L’élitisme et les détritus en somme.

 I want my minute back en écoute ici .

Un nouveau venu dans le label Sons Of Beaches Records !

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Le label Sons Of Beaches Records accueille FLARE dans son team.

Le sonorités dispensées par Flare se rapprochent du courant britpop des années 90 tout en gardant une veine rock 70's.

"Shoulder To Shoulder" est disponible en digital + CD depuis le 27 Avril.

Un extrait en exclusivité ici .

Le Club Plasma recherche des groupes francophones

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Clubcircuit et Club Plasma, les réseaux de salles de concerts flamand et francophone, s'associent pour créer Tournée Générale.

Ce projet vise à faire tourner des groupes flamands en Wallonie et des groupes francophones en Flandre. Les programmateurs de Clubcircuit sont donc à la recherche de 2 à 3 artistes/groupes francophones qui bénéficieront chacun de coachings spécifiques et d’au minimum deux concerts à l’automne !

Vous pouvez vous inscrire ici.

Les Cités s'envolent pour la 13ème fois!

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Le projet d’accompagnement musical de la Province de Hainaut, reprend la route ! Au programme de cette 13e saison, 3 étapes dans 3 Villes hennuyères : Frameries, Tournai et la grande finale, le 23 juin, à La Louvière !

Si la première halte à Frameries a déjà eu lieu le 30 avril dernier, l’Envol des Cités vous donne rendez-vous à Tournai le 20 mai et dans la ville des Loups pour la grande finale le 23 juin prochain.

Noa Moon, Mlle Luna, Dady K et l’Âge d’or du Rap Français sont les invités de cette édition !

 

Plus d’infos ici.

Protomartyr

Pas de la petite bière…

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Responsable de quatre elpees à ce jour, dont le dernier « Relatives In Descent » est paru l’an dernier (NDR : un opus qui figurait dans le Top 20 de votre serviteur), Protomartyr se produisait ce jeudi 3 mai en la salle De Kreun, à Courtrai. Issu du Michigan, de Detroit très exactement, ce quatuor pratique une forme de post punk qui doit autant à Joy Division que The Fall. Compte-rendu.

C’est Tyvek qui ouvre le bal. Un autre quartet également issu de la même Motor City. Mais à coloration légèrement féminine, puisqu’il implique une guitariste. Malheureusement, au bout de deux morceaux, les oreilles incitent à battre en retrait. En cause : des balances désastreuses et un volume sonore bien trop élevé. Surtout pour un supporting act. Dommage, car le band possède une belle notoriété sur la scène underground, compte une solide discographie et partage même régulièrement les planches avec la tête d’affiche… (voir photos ici)

Chaque musicien de Protomartyr semble venir d’un univers différent. Chevelu, balaise et barbu, le bassiste campe un look de métalleux. Hormis la tignasse en gâteau de riz, le guitariste ressemble à Baptiste Lalieu, le leader de Saule. Vêtu d’une veste grise et d’un pantalon foncé, Joe Casey, le chanteur, est un personnage anti-charismatique par excellence. Seul le drummer a une tête… de personnage lambda. Une petite table a été installée près du vocaliste, sur laquelle sont alignées quelques bouteilles de bière. Souvent, entre les morceaux, il les boit au goulot ou verse le contenu dans un verre en plastique, qu’il emmène alors avec lui tout en déambulant sur l’estrade. Il prêche plus qu’il ne chante, d’une voix déclamatoire, un peu à la manière de Nick Cave, des textes profonds, complexes, notamment sur la désintégration de la politique américaine.

C’est le batteur qui trace le fil rouge de la musique, selon un drumming qui peut se révéler ample, syncopé, hypnotique, tumultueux ou luxuriant, alors que cotonneuse, la ligne de basse adopte résolument un ton cold wave, tout en s’intégrant parfaitement à la section rythmique.  

Casey se tient droit. Son pied de microphone est légèrement plus haut que sa tête, qu’il lève pour chanter, menacer ou rugir. On dirait un prof mécontent qui exprime sa rage, son exaspération et ses angoisses. Chaque syllabe est chargée de venin. Plus puissante que la précédente, elle est répétée pour qu’elle pénètre bien dans votre matière grise.

Au cours de la première partie du show, les morceaux s’enchaînent sans temps mort, et le chanteur ne remercie l’auditoire qu’après quelques morceaux. Les accords de gratte de Greg Ahee sont alternativement complexes, répétitifs, caustiques, sauvages, vibrants ou tintinnabulants, et rappellent parfois ceux dispensé par Justin Jones, au sein d’And Also The Trees. Et tout particulièrement sur le remarquable « A private understanding. Au fil du set, le son devient de plus en plus puissant, peut-être un peu trop. Si bien qu’avant le rappel, lorsque Joe vient s’adresser à la foule, difficile de comprendre ce qu’il raconte, tellement on a les oreilles en compote.

Si le set s’ouvre par « My children », un morceau dont la mélodie me fait furieusement penser aux Stranglers circa « No more heroes », lors du rappel, c’est à nouveau dans un même climat que l’excellent « Why does it shake ? » va d’abord nous replonger, avant d’entamer des méandres sonores énigmatiques et éruptifs. Et la prestation de s’achever par le post punk bien enlevé, « Scum Rise ! ». Si ce public constitué essentiellement de quadras et de quinquas semble beaucoup apprécier la prestation, chante même ou hoche gentiment la tête, il reste plutôt calme, alors que 35 ans plus tôt, à l’écoute d’une telle musique, il se serait mis à pogoter… il est vrai que depuis, beaucoup d’eau est passée sous les ponts, et qu’en outre, ce concert n’était pas de la petite bière… (voir photos )

(Organisation : Wilde Westen)

 

 

Un cercle parfait ...

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Aujourd'hui, le nouvel album de A Perfect Circle sort chez BMG. Écoutez le nouveau single ‘So Long, And Thanks For All The Fish’en cliquant ici.

La chanson a été joué en première chez Radio 1 de la BBC pendant le Rock Show en tant que 'Rockest Record' de Daniel P. Carter et se trouve sur le nouvel album.

A Perfect Circle a joué à Coachella la semaine dernière pour la première fois et a joué plusieurs nouvelles chansons, y compris le ‘So Long, And Thanks For All The Fish’, mais aussi ‘Eat The Elephant’ et ‘TalkTalk’. A Perfect Circle sera l'invité de 'Jimmy Kimmel Live!' ce lundi 23 avril!

Revolver, qui a mis le groupe sur leur couverture actuelle, annonce: “Eat The Elephant is a call to action – in a world that sometimes seems doomed.”

Rolling Stone a écrit que la collection de 12 chansons est “un portrait morose et sensible d'un groupe qui a décidé de grandir et de faire un disque qui reflète où ils sont maintenant…..,” tandis que Kerrang a appelé l'album "un futur classique".

Eat The Elephant, coproduit par Dave Sardy, sort aujourd’hui: 12 chansons disponibles en plusieurs formats, y compris en numérique, CD, double vinyle et coffret avec le vinyle, le CD et le téléchargement numérique haute définition ainsi qu'un jeu de cartes personnalisé et un prisme. Pour Record Store Day, une version limitée du LP sur vinyle blanc avec couverture alternative sera également disponible.

Le line up actuel de A Perfect Circle réunit Maynard James Keenan (Tool, Puscifer), Billy Howerdel (Ashes Divide), James Iha (Tinted Windows, Smashing Pumpkins), Jeff Friedl (Puscifer, The Beta Machine) et Matt McJunkins (Eagles of Death Metal, The Beta Machine).

Hugo ... bosse !

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Les années 80 ont été très importantes pour lui. Il a été un enfant des années 70, et il gardera pour toujours un souvenir ému de Kelly Garrett et Sabrina Duncan. Mais son adolescence et sa vie de jeune adulte ont été à jamais tatouées par ces singles d'ombre et de lumière, comme giboulées de mars, au charme immédiat et à la profondeur prégnante.

Il a voulu par plaisir, pour partager cette émotion, se promener dans ces chansons, leur essayer de nouvelles notes, de nouvelles variations, pour mettre à jour le sentiment qu'elles lui procuré alors. Quelque chose de direct, sans à priori, qui serre un peu la gorge. Bonne promenade. 

Parallèlement  à l'enregistrement de son prochain album, il a eu envie de revisiter 5 chansons emblématiques des années 80 dans des versions presque folk, extasiées, avec la complicité du contrebassiste Simon Mary (Katerine, Alexis HK).

Un extrait ici

D'une "Tentation Nihiliste" aux seins nus ...

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Après une première existence sous le nom de « La Tentation Nihiliste », le combo andennais nous revient sous un nouveau nom, évoluant dans un univers obscur et mélancolique.

Composé de membres passés, actuels et futurs de Sweek, Hudson, Viva Cats!, Lillian Gish, le quatuor propose un rock noisy tendu, directement inspiré de la scène indie des 90's, alliant dialogues entre voix féminines/masculines, enregistrements divers et samples de films.

« Any Common Sens » est sorti ce 27 avril sur le jeune label Dear Deer Records.

Les quatuor andennais sera sur scène le 4 juin au Magasin 4, le 13 juin à l’atelier 210, à Bruxelles. Et il participera aussi au Bear Rock Festival d’Andenne, ce 29 juin.

Deux batteurs qui se partageant un même instrument ...

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En 2011, le groupe se lance dans une première tournée, le bouche à oreille ayant vite fait son effet après que « Dreamer » se soit retrouvé dans la playlist de la radio la plus influente du pays (Israël).

Un succès qui ne fait que grossir depuis, public et critiques saluant des textes de Rotem à la fois personnels, spirituels et engagés politiquement, qui mettent en avant des mélodies accrocheuses et la musicalité éprouvée du reste de l’équipe : Uri Marom (clarinette) , Maya Lee Roman (violon alto), Gael Maestro (double basse), Mayan Zimry (batterie), Dov Rosen (batterie également, remplacé depuis par Uri Naor).

Deux batteurs se partageant un même instrument ? Ce n’est pas la moindre particularité de theAngelcy que vont pouvoir alors découvrir les spectateurs des deux tournées européennes enchaînées par la troupe, avec des étapes en Allemagne, Autriche, République Tchèque, Slovaquie, Pologne, Lituanie et Russie, avant de prendre du recul afin de travailler sur son premier album, « Exit Inside ».

Dès sa sortie en Israël en mai 2014, « Exit Inside » est accueilli par le plus grand enthousiasme.

Plus que jamais les textes de Rotem attirent l’attention, par leur engagement clairement anti-guerre et antinationaliste, à plus forte raison dans le climat politique du moment. C’est d’ailleurs dans ce contexte d’un été de combats à Gaza, de roquettes s’abattant sur Israël et de militants de droite agressant des manifestants de gauche à Tel Aviv que The Angelcy donnera l’un de ses concerts les plus mémorables au cours duquel un millier de spectateurs reprendra ensemble « We are a natural disaster », le leitmotiv de « My Baby Boy », en guise de prière pour la paix et la tolérance.

Premier extrait du deuxième album "I worry" ici.

 

Le guitariste de The Cubical sort un album solo !

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Trois ans après le très acclamé Binman of Love (Freaksville, 2015), Alex Gavaghan, guitariste au sein de la formation garage-blues de Liverpool The Cubical, revient avec son nouvel album solo.

Wool Behavior a été enregistré avec The Boss Jockeys, en conditions live, entre les murs du pub The Caledonia, haut lieu de la musique live à Liverpool, où les musiciens ont l’habitude de donner des prestations effrénées.

Les dix titres ont été enregistrés par un après-midi alcoolisé, dans le local de répétition situé au-dessus du pub.

Le résultat : un album rock n’ roll sixties, débordant de mélodies et d'harmonies pétillantes, avec un côté rugueux.

En effet, en 28 minutes et sur des morceaux tels que Black & White Dress,Give Your Love To Me et I Couldn' t Keep My Big Mouth Shut, Alex Gavaghan et son groupe (Steven Rawlinson - basse, Mark Percy - batterie, Michel Assier-Andrieu - guitare et Simon James - sax) dessinent un son unique entre merseyside, rétro pop et rock garage anglais.

L’attirance d’Alex Gavaghan pour les sonorités 50’s et 60’s (il a récemment composé et réalisé le nouvel album de la jeune Belge Mademoiselle Nineteen) est une fois de plus évidente sur Wool Behavior.

Avec Wool Behaviour, Alex Gavaghan (et The Boss Jockeys) produit une dizaine de chansons brillamment arrangées, aux textes habiles et excentriques, et les présente avec une attitude et une fraîcheur (et un certain je-ne-sais-quoi de Liverpool) trop rares de nos jours. Wool Behavior fait partie de ces albums qui n'auraient pas pu être réalisés ailleurs que dans le Merseyside. Il y a définitivement quelque chose de spécial dans les eaux de la Mersey. Quelque chose de fantastique.

Ecoutez ici le premier extrait.

Les Nuits Botanique 2018 : mercredi 2 mai

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Après avoir ouvert une parenthèse, au cours de laquelle Tim Darcy (NDR : surnommé Tim Beeler, il est né en Arizona) a tenté une aventure en solitaire, Ought a enregistré un nouvel elpee. Paru sur le label Merge, « Room Inside the World » constitue le troisième opus du quatuor. Un combo établi à Montréal. Qui se produisait donc dans le cadre de l’édition 2018 des Nuits Botanique. Ce mercredi 2 mai, l’Orangerie accueille également la jeune Américaine Lucy Dacus et le combo suédois, Hater.

Malheureusement, votre serviteur est arrivé trop tard pour assister à la prestation de la formation scandinave. Ce n’est que partie remise…

Place donc à Lucy Dacus qui grimpe sur l’estrade devant un public plutôt clairsemé. Elle est épaulée par un trio classique, guitare/basse/batterie. Oscillant quelque part entre Cat Power et Angel Olsen, son indie pop ne manque pas d’allure, sur disque. En live, bien que mélodieuse, l’expression sonore fait un peu pâle figure. Le guitariste tire pourtant bien son épingle du jeu, mais la jeune dame ne parvient pas à transcender sa musique sur scène. Si bien qu’au bout de quelques minutes, l’attention de l’auditoire commence à se dissiper. Les spectateurs vident alors peu à peu les lieux ; si bien qu’au bout 30 minutes, temps dévolu à l’artiste, il n’y a plus grand monde dans la salle. Un concert qui ne restera pas dans les annales…

Après une petite demi-heure de break, retour dans l’Orangerie pour assister au set de la tête d’affiche. Et il s’agit déjà du troisième passage du quartet, au Botanique. Il est 22 heures, et la salle est à moitié pleine (NDR : ou vide, selon), quand Ought débarque sur les planches. Elle ne va se remplir qu’après quelques titres. Armé de sa gratte, Tim Darcy s’installe au milieu du podium entre le claviériste et le bassiste. Filiforme, le jeune dandy ne manque pourtant pas de charisme. Profonde, nasillarde, mais capable de monter dans les aigus, sa voix impressionne. Il interprète ses morceaux, comme si c’était un acteur. Un rôle qu’il joue à merveille. Il focalise tous les regards. Riche et diversifiée, la setlist ne compte aucun temps mort. Elle recèle de nombreux titres issus du dernier long playing, dont les deux singles, « Desire » et « Disgraced in America », compos qui s’enfoncent encore davantage dans un univers proche de Joy Division. Mais puise également au sein d’un répertoire plus ancien, à l’instar de « Men for Miles » et « Beautiful Blue Sky », deux plages issues du second LP. Et pour couronner cette prestation, il nous réserve les deux morceaux les plus excitants de sa discographie, « Today More than any other day » et « The Weather Song ».

Ce soir, Ought a démontré une nouvelle fois, qu’il avait un énorme potentiel, un groupe capable de torcher des mélodies implacables, mais également de concocter des compos progressives ou expérimentales. En outre, Tim Darcy confirme qu’il est des chanteurs les plus charismatiques de sa génération…  

Ought + Lucy Dacus + Hater

 

Roots & Roses 2018 : mardi 1er mai

A Lessines, on ne cueille pas du muguet pour la fête du travail, le 1er mai, mais des roses et des racines. Celles d’un festival qui fête, cette année, sa 9ème édition. Au programme, blues, garage, rockabilly et dérivés… et à l’affiche 14 groupes ou artistes qui vont se succéder sous deux chapiteaux différents, le Roots pour la face la plus rock et le Roses, pour la plus blues… Encore que cette année, les décibels ont envahi généreusement les deux tentes. Près de 4 000 festivaliers se sont déplacés pour assister à l’événement...

Cocaïne Piss a la dure tâche d’ouvrir les hostilités, dès 11 heures. Dirty Coq (The Experimental Tropic Blues Band) en dit le plus grand bien. Deux mecs et deux filles. Le gratteur et le batteur sont barbus et bien poilus. Une des deux gonzesses se consacre à la basse et l’autre au micro. Mais pour la circonstance, le trio a invité Mette Rasmussen (NDR : une Danoise) à venir souffler dans son saxophone. Le punk/rock/garage de ce band est énergique et bourré de testostérone. La chanteuse n’a pas froid aux yeux et prend un bain de foule, la moitié du set. Elle s’arrête devant certains spectateurs tout en continuant à hurler dans son microphone. Un peu cru, son discours traite de sexe en général et de masturbation en particulier. Et pour corser le tout, les interventions de la Scandinave sur son sax sont particulièrement écrasantes. Un fameux uppercut pour commencer !

Crystal and Runnin’ Wild est un groupe bruxellois qui pratique du rockabilly. Frontwoman, Crystal, vêtue de rouge et une rose plantée dans les cheveux, se réserve le chant ainsi que les claviers et son père, Dan Blackwolf, l’imposante contrebasse. Le line up est complété par un bassiste, un guitariste et un drummer, coiffé d’un superbe Stetson. Vivifiante, l’expression sonore est enrichie par les chœurs de tout le backing group. De la setlist on épinglera surtout les excellents « Already Damned », « I Love Monster » et « Little by Little ».

Yak incarne le renouveau du garage/rock britannique. Un trio réunissant le chanteur/guitariste Oliver Burslem, le bassiste/claviériste Andy Jones et le batteur Elliot Rawson. A son actif, un album paru en 2016, « Alas Salvation », un elpee produit par le bassiste de Pulp, Steve Mackey. Interdiction de filmer ou de photographier tout au long de ce spectacle. Car du spectacle, il va y en avoir ! Dès le morceau d’ouverture, « Victorious (National Anthem) », le ton est donné. Le combo n’est pas venu pour faire dans la dentelle. Les titres sont courts et terriblement efficaces. Les riffs de gratte sont torturés, la ligne de basse semble incontrôlable et, suivant les morceaux, les claviers libèrent des sonorités délicieusement vintage. Le drummer martyrise littéralement ses peaux un peu comme Meg White. Enfin, écorchée, intense et puissante, la voix de Burslem semble parfois hantée par celle du Julian Casablancas (The Strokes). Bref, le garage/rock de Yak est aussi bien contaminé par le punk que le psychédélisme. Un peu comme chez Ty Segall. Véritable brûlots, « Hungry Heart » et « Alas Salvation » vont littéralement enflammer l’atmosphère. Une bonne surprise !

Yankee, Matt Horan drive Dead Bronco, un combo ibérique, originaire de Bilbao, très exactement. Son backing group implique Adan Gomez (mandoline, guitare), Joel Bruña (banjo), Adrian Kenny (contrebasse, basse) et Guille Peña (batterie). Country/punk, sa musique est qualifiée d’America sludge.

Si le groupe se sert d’instruments traditionnels acoustiques, il a recours à la technologie moderne pour leur communiquer des effets. Le band va nous proposer de larges extraits de son dernier elpee, « Driven By Frustration ». Le préposé à la contrebasse la fait régulièrement tournoyer sur place ; et lors du set, il va même monter dessus pour en jouer comme un acrobate. Le chanteur/guitariste signale que le band va interpréter une chanson d’amour torturée. Mais c’est surtout le banjoïste qui va persécuter ses cordes. Les musicos se démènent comme des beaux diables, incitent la fosse à participer à leur délire, et commencent à transpirer. Si le batteur est torse nu depuis le début du show, ses acolytes vont alors l’imiter, arborant d’imposants tatouages. En fin de parcours, Dead Bronco va nous réserver un mélange entre bluegrass appalachien et punk, au sein d’un climat plutôt vivifiant…

Fifty Foot Combo compte 20 années d’existence. Enfin, si on ne tient pas compte des multiples interruptions. Il s’agit du porte-drapeau de la scène surf belge. Le band gantois implique Bart Rosseau (drums), Jens De Waele (basse), Jesse Roosen Bongos (percus), Sandra Hagenaar (Hammond, thérémine) ainsi que les gratteurs Rodrigo Fuentealba et Steven Gillis. Il s’agit du seul concert pour cette année en Belgique, et la formation prépare un nouvel album. Hormis un morceau que chante Sandra, la musique est exclusivement instrumentale, un garage/rock très sixties qui crée une ambiance unique en son genre. Idéal comme bande son pour avaler les kilomètres sur la ‘Route 66’ !

J.D. Wilkes est une véritable bête de scène. Il s’était déjà produit en 2013, dans le cadre du festival, et avait fait forte impression. Son backing group, The Shack Shakers réunit le guitariste Gary Siperko (NDR : c’est loin d’être un manchot), le bassiste Preston Corn ainsi que le batteur/percussionniste Fuller Condon. Ce dernier se sert d’un washboard (planche à lessiver) et son kit de batterie est limité à la caisse claire et au tom basse. Le band propose un cocktail de country, rockabilly et blues, généreusement électrifié. Une énergie qu’il insuffle dans ses compos et la communique à la fosse. La prestation s’achève d’ailleurs par un court, mais judicieux « Shake Your Hips » (Trad : secouez vos hanches)…

Place aux Darts, encore un groupe de filles. Un quatuor américain impliquant la chanteuse Nicole Laurenne, la bassiste Christina Nunez, la drummeuse Rikki Styxx et la guitariste –plutôt jolie– Michelle Balderrama. Les deux premières citées, avaient déjà foulé les planches du Roots & Roses, en 2016, mais au sein de The Love Me Nots. Et c’est Nicole qui a composé l’hymne du festival. Les photographes sont à la fête. Les donzelles prennent des poses sexy et allument les mâles. A l’instar de la sixcordiste, chaussée de lunettes fumées ou de Nicole, en short et bas résilles, qui n’hésite pas à se coucher sur son clavier. Ou encore de Michelle, qui prend un bain de foule, en traversant la fosse sur les mains des spectateurs. On en oublierait presque la musique, un garage/psyché/punk/rock qui colle parfaitement à l’attitude des nénettes… pardon des fléchettes…

Left Lane Cruiser est un duo américain composé du guitariste Fredrick ‘Joe’ Evans IV et du drummer Pete Dio. Il pratique un blues qui fleure bon le Mississippi, mais qu’il teinte de garage. Un genre qui aurait pu naître de la rencontre entre Seasick Steve, George Thorogood, ZZ Top et les Black Keys. Fabian Bennardo, harmoniciste chez les Boogie Beasts, est invité à les rejoindre sur les planches. Et ses interventions vont communiquer une coloration vraiment singulière à l’expression sonore. Votre serviteur, appelé à couvrir un autre spectacle, cède le relais à Léonce, notre photographe, pour vous relater la suite des événements… (DD)

C’est la troisième fois que King Khan est programmé au Roots & Roses. Flanqué de son band, baptisé The Shrines, il propose une musique née d’un croisement entre funk, soul, rock, gospel, jazz psychédélisme et garage, tout en adoptant une attitude décadente. Mais si Arish Ahmad Khan affiche un look excentrique, son show est réglé comme du papier à musique. De nombreux artistes souhaitent assister au spectacle et envahissent le frontstage. Certains photographes sont donc refoulés derrière les barrières nadar. Tout au long de son délire festif, ce King, disciple du sport en chambre, fait l’apologie de la liberté sexuelle et prône les partouzes. Pourquoi pas !

Premier concert en Belgique, pour le combo espagnol, Guadalupe Platas. Sa musique agrège swamp blues, psychédélisme, rock, punk et flamenco. Mais c’est cette touche latino, qui en fait sa spécificité. Surtout à cause de cette cigar box à trois cordes dont se sert Pacos Luis Marto, outre sa basse, bien soutenu par Perico De Dios à la gratte et Carlos Jimena derrière les fûts. Rafraîchissant !

Arno semble avoir la nostalgie du passé, puisqu’il a monté le Tjens Matic, un groupe au sein duquel militent, cependant, ses fidèles musiciens ; en l’occurrence le drummer Laurens Smagghe, le gratteur Bruno Fevery et l’excellent bassiste Mirco Banovic. Il y revisite le répertoire de Tjens Couter et T.C. Matic, composé fin des années 70 et début des années 80. Dont les inévitables classiques « Putain, Putain », « Dance With Me », « Oh La La La » et « Meat The Freack ». Mais rien de vraiment original ou transcendant à signaler…

Tony Joe White a 75 balais. C’est la tête d’affiche du festival. Epaulé par son fidèle drummer Brian Fleetwood Cadillac Owings, il va revisiter ses classiques. Particulièrement efficace, son blues nous entraîne au cœur du Bayou, où le natif d’Oak Gove nous raconte sa Louisiane profonde. Il triture les sonorités de sa gratte à l’aide de ses pédales d’effets, dont la wah wah toujours aussi dévastatrice et jouissive. Si « Guitar Don’ Lie » constitue le point d’orgue du show, on épinglera encore une remarquable version de « Steamy Window » qu’il a écrite et refilée à Tina Turner et puis en point d’orgue, un « Guitar Don’ Lie » d’anthologie. A vous flanquer des frissons partout. A une époque, Tony l’avait empruntée à Joe Dassin, qui en avait créé une version plus cuivrée. Tony quittera la scène au bras de son drummer après nous avoir réservé son plus grand hit, « Polk salad Annie »…

Il y a de la tension dans l’air. Quelques saoulards ont des intentions belliqueuses. Le service d’ordre est sur les dents, mais après une intervention rapide et efficace, le calme revient sur la plaine...

Pour accueillir les Black Lips, la foule s’est agglutinée contre les barrières. Malgré  deux décennies de carrière, la formation géorgienne (NDR : tout comme REM et les B52’s, elle est originaire d’Atlanta) a conservé toute son énergie et la restitue à ses fans. Comme à la belle époque du punk, une immense fiesta se déroule aux premiers rangs. Leur hymne intemporel « Family Tree » met tout le monde d'accord. Un morceau très court et vachement bon. "O Katrina" l’est tout autant. C’est même le souk aux premiers rangs. Et ceux qui ne pogotent pas, braillent à s'en casser les cordes vocales. Les BLack Lips pratiquent un rock/garage qu’il qualifie de Flower Punk. Les riffs de cordes sont joyeusement et savoureusement discordants. La voix n’est pas toujours assurée, comme celle de Ray Davies, chez les Kinks, début des années 60. Mais c’est ce qui fait aussi le charme de leur musique...

The Blasters termine la soirée. Il est 22h20. Malgré 40 ans d’existence, le band continue de tourner. Très soudé, il va nous proposer un rockabilly… de qualité studio… (L.C.)

A l’année prochaine.

(Organisation : Centre Culturel de Lessines)

Voir aussi notre section photos ici

Selah Sue

En attendant la sortie du troisième album…

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La tournée semi-acoustique de Selah Sue passait par l’Ancienne Belgique, ce mardi 1er mai. De son véritable nom Sanne Putseys, la Louvaniste compte, à ce jour, deux elpees à son actif : un éponyme paru en 2011 et « Alone », en 2015. Après avoir accouché de son premier enfant, Selah devrait sortir, début 2019, un troisième album. Ce qui ne l’a pas empêchée de participer à la B.O. du film « Jazz Loves Disney 2 ». Du jazz et de la lounge, des styles auxquels elle a décidé de se frotter après avoir exploré la soul, la pop, le reggae, le dancehall et l’électro contemporaine. Elle est en début de périple. Hier, elle se produisait à la Roma d’Anvers (voir les photos ici). Toutes les dates sont sold out.

Su les planches, Selah est épaulée par son compagnon, Joachim Saeren, au piano et aux claviers, ainsi que Semon Lenski, à la ‘double bass’ (instrument qui cumule violoncelle et contrebasse). Elle se consacre à la guitare sèche amplifiée. Une prestigieuse ‘Martins and Co’ de couleur jais.

A 20 h 30, les lumières s’éteignent. On entend une bande sonore, émaner de fond de la scène. Il s’agit de « Game Is On ». Elles se rallument et Selah apparaît, vêtue simplement d’un legging noir et d’une chemise ample à fleurs. Après une intro aux cordes, les ivoires illuminent une compo que chante Sue, d’une voix trempée subtilement dans la reverb. Elle devient douce sur le lent « So This Is Love », un titre qui navigue quelque part entre lounge et jazz, et que module la contrebasse. Déjà, le corps de Selah ondule sensuellement. A l’issue de ce morceau, Selah salue la foule en français, néerlandais et anglais. Elle ajoute : ‘C’est le début de la tournée, on a quelques nouvelles chansons, mais on a surtout encore le droit de se tromper’. Le tout sur un ton espiègle. Ce qui déclenche de nombreux applaudissements dans la fosse. Et ces nouvelles compos, manifestement, sont bien moins mélancoliques. Il ne faut pas oublier qu’elle souffre de dépression bipolaire. Si pendant « In A Heartbeat », ses cordes sont vaporeuses, celles du violoncelle, torturées, libèrent de l’agressivité. Elle interprète de manière plus académique « Night And Day », un deuxième nouveau morceau.

Elle se sert de sa loop machine pour « Fyah Fyah » et « Peace Of Mind », deux anciennes compos et parvient à superposer sa voix en couches, tout en lui communiquant différentes intonations, alors que le synthé reproduit des sonorités d’harmonium. Et son flow est toujours aussi fluide. Superbe !

Petit problème technique pour « Alone ». Enfin de sangle. De quoi détendre l’atmosphère. Elle nous réserve une cover du « Whatever Will Be, Will Be » de Doris Day. Et soulignée par les ivoires, la version est superbe. Dynamisés par des beats électro, « My Love » et « This World » adoptent un ton davantage électro. Ce sont également les deux morceaux qui achèvent le concert. Avant un rappel unplugged : Selah Sue et sa sèche ! Mais, c’est le public qui choisit les compositions à interpréter…

Setlist : « Game Is On », « SoThis Is Love », « In A Heartbeat », « Night And Day », « Fyah Fyah », « Peace Of Mind », « I Want Go For More, « Alone », « Full Of Love », « Whatever Will Be, Will Be », « I Need », «  My Love »/ « This World ».

Rappel : « Break », « Mommy », « Explanations », « Ragga Medley ».

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

Les Nuits Botanique 2018 : lundi 30 avril

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Affiche belge, ce lundi 30 avril dans le cadre des Nuits Botanique, puisque Angèle, Atome, Baloji, Ebbène et Chance (Antoine a raccourci son pseudo et changé de label) s’y produisent. Cette soirée était décrétée soldout, deux semaines après l’annonce de sa programmation. Manifestement, la scène belge est devenue une valeur sûre…

Beatsforbeaches, c’est le nom choisi par Baptiste Bosmans pour son projet électro. Agé de 28 ans, il est originaire d’Anderlecht et mixe depuis une bonne décennie. Aujourd’hui, il arrange la ‘grime music’. Né en Angleterre, ce style agrège drum&bass, hip hop et dancehall. En la préparant à la sauce noir-jaune-rouge, le dj l’a qualifié de ‘spacey tropical beats’. A son actif, il compte un album (« My Purple Town », gravé en 2016), un Ep (« Haras », en mai 2017) et une mixtape destinée à l’émission ‘Tarmac’ de la RTBF. Il est seul devant sa table couverte de machines. Ensoleillée, tropicale (NDR : comme il la définit lui-même) même, sa musique est aussi rafraîchissante que les embruns. Peu de monde pour l’instant dans la salle, mais quelques spectateurs commencent à se déhancher, et même à danser. Parfois le genre vire au dubstep. Incorporées dans les samples, les chœurs féminins sont mélodieux. Un set vraiment agréable et vivifiant…

Atome a été fondé en 2016 par le chanteur/guitariste de Vismets (NDR : une infidélité ?) Remy Lebbos, et l’ex-Applause David Picard (synthés). Sur les planches ils sont soutenus par l’ex-drummer de Vismets et Gang of Now, Nicolas Collaer (NDR : le seul a porter de longs cheveux) et la claviériste Catherine De Biasio (Blondie Brownie, Mièle, Agnès Aubel, Noa Moon), la sœur de Mélanie.

Atome pratique une musique atmosphérique qui oscille entre french pop, electronica et psychédélisme. Electro-lounge, « Voie Lactée » (NDR : ce titre –voir ici– fait l’objet d’un clip largement influencé par les dessins animés ‘Ulysse 31’ et ‘Albator’). Percus et claviers sont disposés en couches, un peu comme chez Air. Les claviers de David et Catherine entrent en osmose tout au long de « Tes Yeux ». Les cordes de Remy prennent leur envol. Sa voix est tour à tour torturée ou éthérée. Catherine et Nicolas conjuguent leurs voix en chœurs. Coline Wauters se joint à la formation, tout en restant dans la pénombre, pour « Caméléon », alors que la gratte adopte des riffs funky, une guitare que Remy malmène régulièrement de manière théâtrale. Pendant, « Nanana », la foule pousse la chansonnette. Et le show de s’achever par un inédit, baptisé « Kerliouban ». Atome prépare la sortie d’un premier opus ; et la date de la ‘release party’ a déjà été fixée : ce sera ce 15 février 2019, à la Rotonde…

Setlist : « Voie Lactée », « Tes Yeux », « Labyrinthes », « Nouveau Départ », « Nanana », « Caméléon », «  Kerliouban ».

Petite sœur de Roméo Elvis, Angèle Van Laeken (21 ans) est la fille de Marka et de Laurence Bibot. Elle n’a pas encore sorti d’album, et pourtant, considérée comme le nouveau phénomène musical belge, elle jouit aujourd’hui d’une énorme popularité. Faut dire que les stations de radio y contribuent largement ! En moins d'un an et demi, elle est passée des bars confidentiels de Bruxelles aux salles à grande capacité, comme Forest National ou l'Olympia. En outre, elle a assuré le supporting act pour les tournées de Damso et d’Ibeyi. Le clip de son premier single, « La Loi de Murphy », a dépassé 4 millions de vues en moins d'un mois sur Youtube et le second, « Je veux Tes Yeux », 3 millions et demies.

Ce soir, Angèle, vêtue d’un pantalon bleu flashy, d’un body jaune bigarré de fleurs et d’un long manteau de type geisha, est épaulée par un claviériste (Geronimo ?), un drummer et un guitariste. Outre le chant, elle se réserve le piano. Bonne nouvelle, c’est l’ingé son de Puggy qui est derrière les manettes…

Les « Matins » ouvre le concert. Le son est excellent. Angèle bénéfice d’un jeu d’ombres et de lumières. Debout, derrière son piano, elle ondule et se déhanche sensuellement. Elle s’assied pour discuter avec l’auditoire. « Je Veux tes Yeux » déclenche un véritable souk dans la fosse. Elle l’invite à s’accroupir, et convainc même les spectateurs retranchés dans le fond de la salle. Pendant un bon quart d’heure, elle va se limiter à la voix et aux ivoires ; et dans cet exercice de style, elle est particulièrement émouvante. Comme tout au long de « La jalousie », titre avant lequel elle demande s’il y a… des jaloux dans l’Orangerie. Quelques timides doigts se lèvent. Elle s’exclame alors en se bidonnant : ‘Vous êtes des menteurs’. Roméo Elvis, son frangin, déboule sur les planches et l’accompagne tout au long de « J’ai Vu ». Il y a de l’émotion dans l’air brûlant du Bota. Angèle signale, en embrassant son frère, qu’il n’existe aucune relation incestueuse dans ce geste. Le public se marre et applaudit. ‘Je limite pas aux chansons d’amour’, confie-t-elle. La preuve, par « La Thune ». Sa reprise de « Bruxelles », une compo signée Dick Annegarn, est un petit bijou. « Big Shit » évoque le côté obscur des réseaux sociaux. Et c’est par « Trouble » que le set s’achève. Avant le rappel, au cours duquel « La Loi de Murphy » va littéralement déchaîner la foule. Enfin « La flemme » va permettre à Angèle de remercier le public belge et sa famille. Vu le show particulièrement pro et éclectique, manifestement Angèle rôde ses compos en ‘live’ avant de passer à l’enregistrement d’un premier elpee. Non seulement elle est bourrée de talent, mais c’est une perfectionniste…

Setlist : « Les Matins », « La Thune », « Oh Non », Je Veux Tes Yeux », « Jalousie », « Nombreux », « Bruxelles », « Balance Ton Quoi », « Roméo », « Big Shit », « Trouble ». Rappel : « La Loi De Murphy », « La Flemme ».

(Organisation : Botanique)

Angèle + Atome + Beatsforbeaches

 

EyeHateGod

Une attitude rock’n’roll, anticonformiste et résolument grinçante…

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Avril 2016. Alors qu’EyeHateGod s’apprête à partir en tournée, le vocaliste Mike IX Williams est retrouvé inconscient dans sa chambre d’hôtel. Le verdict tombe : après des années d’excès d’alcool et de drogues, le foie de l’artiste est en piteux état. Six mois plus tard, il est à nouveau admis aux urgences. Il vomit du sang, son foie et ses reins ne fonctionnent quasi-plus. Il ne peut dès lors plus quitter l’hôpital, au risque d’y laisser la vie. Pris à la gorge face aux coûts faramineux en soins de santé, sa femme et lui lancent un appel au crowdfunding afin de les aider pour faire face à la cirrhose qui le ronge. Contre toute attente, la mobilisation est massive : plus de 70 000 dollars sont récoltés et permettent au chanteur de recevoir un nouveau foie. Deux ans plus tard, EyeHateGod est de retour en terres belges et a choisi Anvers pour fêter ses trente ans d’existence.

Non loin du port anversois, face à un chancre de plusieurs dizaines de mètres de long –tout en boue, béton et autres tranchées– quelques personnes sombrement vêtues sirotent une pression et bravent la pluie. En pénétrant dans la pénombre du ‘Het Bos’, dont les murs sont recouverts de posters, collages et graffitis, on est plongé dans une ambiance underground similaire à celle du Magasin 4, à Bruxelles. Petit passage par l’étal marchandising de la tête d’affiche du jour. À côté des t-shirts frappés de l’imagerie du groupe, un papier scotché au mur attire l’attention : ‘Weed donations, also adderall or opiates’ (Trad : dons d’herbe, adderall [une forme d’amphétamines]ou opium). Le cadre est planté.

D’une capacité de deux cents personnes, la salle commence peu à peu à se remplir. En guise d’éclairage, seuls deux petits néons portables sont posés sur des amplis, de chaque côté du podium, conférant au lieu une lumière blanchâtre, stérile et froide.

Alkerdeel grimpe sur les planches et donne directement le ton : du primitif aux sonorités old-school, de la colère glacée et de la puissance grinçante. Originaire de Zomelgem, le band milite dans un registre difficile à cerner : alors que le début du set déploie les étendards d’un raw Black Metal darkthronien teinté d’accents punks, les morceaux évoluent ensuite vers un sludge hypnotique, alors que la rythmique hardcore se révèle totalement déconcertante. Lorsqu’il ne psalmodie pas, Pede est traversé par un chant rageur et étouffé, agrippé à son pied de micro. Du moins lorsqu’il est branché… un spectateur proche de la scène n’hésite en effet pas à lui tendre une fiche déconnectée par inadvertance quelques secondes plus tôt. La fosse accompagne la formation de la tête, si pas du corps, dans des mouvements quasi-convulsés. Celles et ceux qui n’attendaient pas le combo semblent pour le moins convaincus par cette généreuse prestation de cinquante minutes, délicieusement poisseuse et ‘crissante’, telle une poignée de sable mise en bouche de force. Une fois de plus, il semble que le label belge Consouling Sounds ait eu du flair en signant ce groupe aux sonorités riches et décloisonnées. Plus qu’un opening act, une véritable découverte…

En toute simplicité, Aaron Hill, batteur d’EyeHateGod, est le premier à fouler l’estrade. Il se place derrière son kit de batterie, ajustant au poil ses différents composants. Bonnet noir vissé sur la tête et t-shirt vert à l’effigie de la ville d’Hambourg, Jimmy Bower installe nonchalamment ses deux pédales d’effets et opère ses derniers réglages de guitare. Le bassiste, Gary Mader, en profite pour griller une clope sur le côté droit de la stage, l’air à moitié encore endormi derrière son épaisse chevelure bouclée lui cachant partiellement le visage. Le rescapé Mike Williams finit par débarquer sur scène, la tignasse en bataille et un gobelet en plastique à la main contenant, au premier abord, de l’eau. Il est 21 h 45, soit un quart d’heure avant le timing prévu, et le vocaliste empoigne le pied de micro avant de le faire voltiger dans les airs. ‘We are EyeHateGod’ clame-t-il, pour donner son habituel coup de départ des hostilités. Peu importe si on commence plus tôt, lorsque tout le monde est prêt, la machine peut démarrer. EyeHateGod célèbre ses trois décennies de carrière et ne change pour autant pas son attitude : rock’n’roll, anticonformiste et résolument grinçante. L’extrême n’est pas que musical, mais incarne un style de vie à part entière, sous toutes ses coutures.

Une fois sur les planches, Mike Williams se met à nu et dévoile une âme torturée. Comme l’affirmait Phil Anselmo (Down, Superjoint, Scour, Phil Anselmo & The Illegals et ex-vocaliste de Pantera), ‘Quand il chante, Mike a du fil barbelé en bouche’. Chaque mot est extirpé de son corps frêle, lancé violemment en pâture à la fosse tel un jet de vitriol. Auteur des paroles, il est parfois le seul à les comprendre tant elles lui sont propres et lui collent à la peau. Elles ne sont pas uniquement interprétées en ‘live’… elles sont vécues. Une haine et un dégoût cathartiques, qu’il expulse en balançant son pied de micro et en se martelant le visage. Au grand dam d’un des spectateurs qui en réclamait une à la fin du show, EyeHateGod s'exécute sans setlist. Chaque représentation est différente, que ce soit la liste des titres choisis ou l’ordre dans lequel ils sont interprétés. Bon, il y a évidemment des incontournables tels que « White Nigger », « Sister Fucker Pt.1 », « New Orleans is the New Vietnam » ou encore « Medicine Noose », issu du dernier elpee. Un éponyme. Mais le freestyle connaît aussi ses limites. Preuve en est lorsque Mike Williams s’adresse aux premiers rangs pour savoir ce qu’ils souhaiteraient entendre. Et quand un spectateur lui lâche « Take As Needed for Pain », le chanteur hoche la tête pour lui signifier son refus, en esquissant un sourire dissimulé et plutôt embarrassé. Faut pas déconner, non plus !

Bien que le show soit soldout, l’air ambiant reste tout à fait vivable, comparé à celui respiré lors son dernier concert belge où le Magasin 4 bruxellois s’était rapidement transformé en une fournaise tropicale. Quelques esprits s’échauffent de temps à autre (particulièrement sur le très énervé « Métamphétamine »), jouant des coudes et pratiquant la bousculade amicale. L’un ou l’autre gobelet de bière s’envole, baptisant des chevelures au passage avant de venir s’écraser au sol. Jimmy Bower, clope au bec, se plante à l’avant du podium, à quelques centimètres des premiers rangs. Entre la salle et la fosse, il n’y a aucun garde-fou. Non satisfait du volume sonore ambiant, le musicien se retourne, après quelques morceaux, pour pousser les décibels au maximum. Et d’un coup sec, adressant un clin d’œil amusé à son bassiste. Extrême, quand tu nous tiens. Profitant d’un break entre deux compos, Mike Williams se dirige vers les backstages et chuchote quelques mots à l’un des roadies, qui revient quelques minutes plus tard, avec une bouteille de vin blanc vide aux trois-quarts. Certains démons ont la dent dure et survivent aux expériences passées, quel qu’en soit le degré de gravité. Le chanteur pose la bouteille derrière lui, face à la batterie, et s’en remplit un généreux gobelet en saluant la fosse. Quelques morceaux plus tard, il empoigne son pied de micro et l’abat brutalement. Désormais vide, elle laisse un cadavre de tessons gisant sur les planches. Chacun y lira la métaphore qu’il souhaite.

C’est par une jam improvisée que les Néo-orléanais signent leur prestation. EyeHateGod est typiquement le genre de formations, pas spécialement connue par le ‘grand public’, mais reconnue par le milieu, qui a laissé son ADN chez une multitude de groupes. Trente années passées à écumer les bars, les espaces underground, les petites scènes sans pour autant se hisser sous les feux des projecteurs. Un statut qui ne les a jamais intéressés et qu’ils semblent même fuir. Et vu la prestation de ce soir, roots et résolument brute de décoffrage, on peut se dire que c’est tant mieux.

(Organisation : Ondergronds + Het Bos)

Une session live pour Einar Stray Orchestra

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Reconnaissant pour influence majeures Sufjan Stevens, Bright Eyes, et Godspeed You! Black Emperor, Einar Stray Orchestra est une formation norvégienne responsable de 3 elpees à ce jour. Sa musique oscille entre musique de chambre, pop indie et post rock. Elle vient d’immortaliser une session ‘live’ au Funkhaus de Berlin. Et le résultat tient plutôt bien la route. Jugez plutôt ici

https://einarstrayorchestra.bandcamp.com/

 

Crowdfuning pour Sarah Carlier

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Sarah Carlier sollicite une contribution participative des internautes (crowdfunding) pour financer l’enregistrement et la promotion de son quatrième album sur le site KissKissBangBang. Elle avait déjà eu recours à ce type de financement pour « For those who believe », son deuxième elpee, paru en 2011 (« AkaStarter ») ainsi que le « Live Flagey 2013 ». Après avoir gravé un troisième opus sur fonds propres (« SMS »), elle a réalisé qu’elle n’était plus en harmonie avec elle-même et a traversé une longue phase de remise en question et de réflexion.

4 600 euros ont déjà été récoltés grâce à 26 internautes. Il ne reste plus que 46 jours pour récolter le reste de la somme ou plus et atteindre l’objectif espéré.

https://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/sarah-carlier-new-album

http://sarahcarlierofficiel.com/

 

Typh Barrow

Une voix taillée pour le blues et la soul…

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Typh Barrow se produit, ce samedi 28 avril, au Salon de Silly, et le concert est sold out depuis un bon bout de temps. Comme la plupart de ses shows, par ailleurs. On la compare parfois à Selah Sue. Sans doute à cause de sa voix savoureusement éraillée. Mais également à Janis Joplin voire Amy Winehouse, sans le côté tragique. Son deuxième opus, « Raw », est paru en janvier 2017

Lillie Raphaele assure le supporting act. Un petit bout de femme originaire de la région de Mons. Si son père lui fait découvrir la batterie, à l’âge de 3 ans, adolescente, elle milite au sein d’un groupe. Une aventure qui va durer huit longues années. Mais après avoir rencontré des problèmes de santé et vécu une longue convalescence, elle se met à l’écriture, passe à la guitare et suit des cours de chant. La musique devient alors pour elle, une véritable thérapie. Elle a publié un Ep 5 titres, « Au naturel », dont elle va nous proposer de larges extraits. En extrapolant, elle pourrait être la fille naturelle issue d’une liaison hypothétique entre Cédric Gervy et GiédDré. A cause de sa justesse du verbe, de son humour, de son attitude plutôt déjantée. Bref, elle sort vraiment des sentiers battus.

Sur les planches, elle est flanquée du sympathique François Delmotte, à la basse. Il n’a débarqué que depuis quelques mois, mais il se débrouille plutôt bien dans son rôle. Marrant, mais la setlist est gribouillée sur un sous-verre en carton. « A Toi » ouvre le set. Une compo dédiée au commun des mortels qui traite de l’amour torturé, lorsque la relation n’est pas toujours facile. Puis, on pénètre dans l’univers de la femme orchestre. Après avoir ôté ses chaussures, elle frappe du pied sur sa grosse caisse placée devant elle. De quoi la mettre en confiance. Un zeste de gratte invite « La fée verte », un morceau dont le discours environnemental est particulièrement engagé. « Ode pour Gaïa » nous transporte vers les plages ensoleillées de Kingston. Lillie parle de sa maladie et de la musique qui lui a permis de remonter la pente. Après « Goumiche » (NDR : une femme pas vraiment idéale, mais qui ne craint pas d’afficher sa sensualité…), la prestation s’achève par l’intimiste « C’est Toi Et Moi », une nouvelle composition…

Setlist : « A Toi », « La fée verte », « Citoyen », « Ode pour Gaïa », « Je Suis Une Goumiche », « Ce soir, c’est toi et moi ».

Souriante, élégamment vêtue d’une tenue de couleur fuchsia, Typh Barrow grimpe sur l’estrade. Elle est flanquée d’un guitariste et d’une solide section rythmique basse/batterie. Elle se consacre aux claviers, et bien sûr, au chant. Le matos installé sur le podium est imposant. « Floating » et « Time » sont interprétés en mode piano/voix. Sableuse, sa voix est taillée pour le blues et la soul. C’est dans ce style qu’elle se révèle d’ailleurs la plus convaincante. Coloré par un orgue vintage, « Please Mam » lorgne manifestement vers le « Please Mama Please » des Go Go Cat ; et il aurait pu être enregistré aux Studios Sun de Memphis. Une chanson belle mais dépouillée, magnifiée par les chœurs des autres musicos. Digne d’une chorale ! Découpé par les accords de gratte rythmiques, « Yellow Eyes » brille sous le soleil de Kingston, sur la plage de sable fin et à l’ombre des palmiers. Un moment propice à l’interaction avec le public. Et « To Those Who Waits » est de la même veine. Typh lui demande d’ailleurs si tout va bien et remercie l’accueil que lui réserve le Salon. Tout au long de « The Whispers », sa voix est aussi tourmentée que celle de Beth Hart. Un peu coincé, l’auditoire reprend quand même le refrain, mais sur l’insistance de la Bruxelloise. Le gratteur en profite pour dispenser un petit solo… presque métallique. Typh dédie « Hold You Sister » à sa petite sœur qui vit dans un pays lointain, une chanson chargée d’émotion et empreinte de délicatesse. Et dans un même registre, « Hurt » et « The Absence » épanchent une intense mélancolie.

Elle nous réserve un medley incluant le « Back To Black » d’Amy Winehouse, le « Gangsta’s Paradise » de Coolio (NDR : le Californien l’avait félicitée pour sa cover, via un tweet) et surtout « No Diggity », un classique adapté par Blackstreet Boys et Dr Dre. La version se base sur un sample du « Grandma's Hands » de Bill Withers.

Elle concurrence Selah Sue dans le domaine du raggamuffin, tout au long de « Taboo », avant de clore le set par « Daddy’s Not Comming Back », au bout de 90 minutes…

Typh Barrow se produira à l’Ancienne Belgique, le 5 octobre prochain…

Setlist : « Floating », « Please Mam », « Yellow Eyes », « The Whispers », « Time », « To Those Who Waits », « Your Turn », They’Re Calling Your Name », « Hold You Sister », « Hurt », The Absence », « Medley (BTB, Gang, No Diggity) », « Craving », « Replace », « Taboo », « If I Ruled The World », « To Say Goodbye », « Daddy’s Not Coming Back ».

(Organisation : Silly Concerts ASBL)

Jean Jean

Froidepierre

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Depuis la sortie de son premier elpee (« Symmetry »), Jean Jean a subi pas mal de bouleversements. Après avoir accompli une tournée de plusieurs mois à travers l’Europe mais également les USA et le Mexique, les deux membres fondateurs, Edouard Lebrun et Sébastien Terregossa avaient décidé de limiter leur projet à la formule duo avant de finalement intégrer un troisième larron. En l’occurrence le claviériste Gregory Hoepffner (Almeeva, Kid North).

Dès les premières secondes d’écoute de cet opus, le ton est donné. Alors qu’auparavant, Jean Jean nous proposait un math-rock énergique et enjoué, « Froiddepierre » baigne au sein d’un climat énigmatique. Les morceaux affichent une plus grande maturité et recèlent davantage de nuances. Outre l’énergie très ‘math-rock’ dont il a fait sa marque de fabrique, le combo français alterne ici passages atmosphériques et ondoyants. L’omniprésence d’un clavier apporte, à n’en pas douter, une dimension supplémentaire. Les conditions d’enregistrement (les sessions se sont déroulées dans un chalet au sein des Alpes) ont peut-être eu raison de l’humeur festive, vu le ton légèrement mélancolique des plages. Quoi qu’il en soit, c’est une réussite et on y adhère pleinement !