La manille pour bébé de Panic Shack

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La fuite d’Ellside

Le groupe parisien Ellside présente « Run Away », son concept album naviguant entre ombre et lumière pour un voyage qui durera un an. Une lente année pour dévoiler 6 chapitres de 2 chansons, 12 titres qui narrent l'histoire de Light. Le groupe invite les…

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Benjamin Clementine

Le monde étrange de Benjamin Clementine…

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Benjamin Clementine est un phénomène musical et visuel. Sa voix de ténor est souvent comparée à celle de Nina Simone.
Il explique la genèse de son nouvel opus sur la toile : ‘C'est l'histoire de deux mouches vagabondes qui cherchent un parc. Je ne suis ni un politicien ni un prophète. En revanche un artiste qui crée uniquement pour divertir est un escroc. J'espère que cet album va atteindre son objectif dans la lignée de « At Least For Now ». Merci pour votre gentillesse, votre patience et votre soutien sans faille’. Ce soir il est venu défendre son deuxième concept album, « I Tell A Fly », dans le cadre de sa ‘Wandering Tour’ ; mais dans un désordre déroutant. Une démarche artistique pas toujours facile à comprendre…

Il est 20h45 lorsque les lumières s’éteignent. Deux spots inondent d’une lumière bleue autant de grandes cibles ajourées et tournantes placées en fond de scène. Les cibles représentent la ‘Roue du Temps’. La scène s’éclaire par l’arrière. Trois silhouettes déambulent entre et autour de deux podiums sur lesquelles sont placées des mannequins blancs et nus. Il sont six au total, partagés entre un même nombre de femmes enceintes, d’enfants et d’hommes dont l’un, assis sur un siège haut, à l’écart, tourne le dos à l’auditoire. Sur l’estrade de gauche, on remarque la présence d’un ampli et d’une basse et sur celle de droite est installé un kit de batterie. Elles sont surélevées. On imaginerait aisément cette musique interprétée en ‘live’ par des personnages en costume, ayant presque l'impression en l'écoutant, qu'il manque un spectacle vivant à regarder. Mais le Londonien assume son originalité.

Déroutant, « Farewell Sonata » ouvre le set. Après l’intro au piano, on ne peut plus classique, la compo dérive en chœurs distordus, drumming enlevé et vocaux fédérateurs. En outre, des sonorités de clavecin, à la limite de la distorsion, finissent par s’inviter. Les trois silhouettes sont vêtues de salopettes de couleur bleue. Le bassiste et le drummer ont les pieds nus. Benjamin est chaussé de bottillons noirs. Pas de trace de piano sur scène. Ses sonorités sont reproduites par des samples. Ce soir, Benjamin va se concentrer sur son chant et sa chorégraphie. Mais il va énormément bouger sur les planches. Et être interactif. Ce qui est surprenant dans son chef.

On assiste alors à une forme d’opéra baroque, au cours duquel la voix particulière, mystérieuse, chaude et grave de Benjamin va se mêler à ses propres chœurs en falsetto. Un spectacle tout en ombres et lumières, abordé à la manière des premiers films muets de Chaplin ou de Buster Keaton, et sonorisé par les interventions de Clementine, aux ivoires et aux vocaux.

« God Save The Jungle » est enrichi de somptueux arrangements. La voix est empreinte de délicatesse. Des roadies ramènent un nouveau mannequin. Benjamin se promène assis sur une charpente métallique à roulettes. Cette chanson véhicule un message. Celui des réfugiés et des fantômes d’Alep. Clementine déclare que la ‘Jungle’, ce n’est pas Calais. Il parle du terrorisme, des métastases qui se propagent, du sentiment d’étrangeté face au monde qui prend de plus en plus de place en lui. Il a du vécu. Ce qui le transfigure et le transcende. Et il embraie alors par « Calaisfornia ». Clementine pousse sa voix à la limite de la rupture sur « Better Sorry Than A Safe », alors que les notes de clavecin et de piano sont toujours désaccordées. Le spectre de Freddy Mercury plane. Mais c’est la section rythmique qui tisse le fil rouge. Il enfile son long loden sombre avant d’aborder « Phantom Of Aleppoville ». Profonde, la voix devient inquiétante.

Pendant « One Awkward Fish », Benjamin prend le mannequin d’un enfant dans ses bras et le promène sur le podium. Il lui ôte un bras avant de le jeter dans la foule. Le berce, et in fine, fait mine de l’inhumer. Et il chante alors, en decrescendo, sans micro, jusqu’au dernier souffle. Mais son ultime vagissement provoque des éclats de rire dans l’auditoire…

Pendant le plus pop et sucré « Jupiter », Benjamin entoure un autre mannequin, que les roadies ont de nouveau apporté sur l’estrade, d’un immense drapeau américain. Le light show est rouge et chaleureux. Le Britannique s’autorise alors une pause de 10 minutes et plaisante avec le public.  

Lorsque Benjamin s’exprime dans un français approximatif, de nombreux spectateurs esquissent un sourire. Il ose cependant ! A travers des mots, des interjections ou des calembours, comme celui consacré à Marine ‘Lepine’. Pendant « Paris Cor Blimey » on décèle des emprunts au « Clair de Lune » de Debussy, mais ils s’intègrent merveilleusement dans un ensemble agrégeant les musiques baroques et symphoniques du XIXème siècle tout en suscitant des angoisses semblables à celle provoquées par films de vampires des années 20… 

Les roadies ramènent un autre mannequin d’enfant, un siège et une TV d’une autre époque, sur les planches, avant que ne débute « By The Ports Of Europe ». Benjamin s'assied sur la chaise devant la TV. Il élève la voix, soutenue par ces rituelles sonorités de claviers désaccordés, en incantations shamaniques dans un registre propre du castrat. Puis se redresse et sollicite la foule qui l’accompagne en chœur… comme si elle s’était transformée en chorale. Benjamin se tait et apprécie cet élan. Il semble ému. Et un tonnerre d’applaudissements conclut la chanson. « Quintessence » et « Ave Dreamer » baignent dans une forme de recueillement. Les trois artistes saluent l’auditoire et se retirent ; mais on est sûr qu’ils vont revenir sur les planches.  

Dans le noir, on devine l’installation d’un piano à queue. Même s’il a découvert une autre facette de Benjamin Clementine, votre serviteur attend impatiemment sa prestation en mode piano/voix. Sous les ovations de la fosse, il revient sur l’estrade torse et pieds nus, vêtu d’un pantalon large de couleur noire et de son éternel loden. Il s’installe derrière son instrument. Tous les mannequins ont été rassemblés autour du piano. Après « I Won't Complain », il enchaîne par « Condolence ». Dès les premières notes, c’est l’hystérie dans la foule. Clementine semble quelque peu déstabilisé. Avec humour, il l’invite à se lâcher (‘You Scream’). Une réaction qui va durer plus de cinq longues minutes. Mais quand le calme revient, on n’entend plus une mouche voler. Pendant le bouleversant « London », l’auditoire reprend à nouveau le refrain en chœur, et une seconde fois a cappella, simplement soutenu par les ivoires.

Deuxième encore pour Benjamin Clementine, dont la prestation va dépasser allègrement les 120 minutes. Deux jours plus tôt, à Bordeaux, le concert s’est limité à une heure… Le public réclame « Cornerstone ». L’artiste signale que faute de cordes, ce n’est pas possible et que le morceau suivant sera le dernier. Alors il se lance dans un titre inédit, « The Great Lafayette ». Le show terminé, il se lève et salue le public conquis qui lui accorde alors une énorme ovation.

(Organisation : Live Nation)

Asaf Avidan

Sa voix est un instrument à part entière…

Écrit par

Votre serviteur se souvient du premier concert d’Asaf Avidan auquel il avait assisté. C’était à l’AB. En 2013. Il avait été surpris par la voix de cet artiste israélien. Haut perchée. Plus féminine que masculine. Evoquant tour à tour, Janis Joplin, Jeff Buckley ou encore Robert Plant. Elle ne collait d’ailleurs pas du tout au personnage.

Ce soir il se produit à la Madeleine, et pas comme initialement prévu au Cirque Royal. Qui est pleine comme un œuf. Même l’étage est occupé. Ce qui porte sa capacité à 1200 places. Et l’acoustique y est irréprochable. Le chanteur/compositeur est venu défendre son sixième elpee, « The Study On Falling », paru ce 3 novembre.  

Les musicos précèdent l’arrivée Asaf qui, armé d’une gratte électrique, est chaudement applaudi par la foule, lorsqu’il apparaît sur les planches, vêtu sobrement d’un jeans et d’une chemise de couleur verte. Il lui répond en adressant alors un timide signe de la tête. Le line up de son backing group réunit le bassiste Adam Scheflan (NDR : il arbore une barbe imposante), le claviériste Ido Zeleznik et le drummer Shahar Haziza, installé sur une petite estrade. Pas de violons ni de violoncelles. Simple, le décor se limite à une toile de couleur noire, tendue à l’arrière, et sept grosses lampes à led, suspendues un peu partout au-dessus des artistes.

Un filet de Hammond amorce « No Stone Unturned », une plage au cours de laquelle la slide se démarque du reste de l’instrumentation. La voix d’Avidan se révèle alors plutôt soul. Son écriture se nourrit des différentes épreuves qu’il a dû traverser dans la vie : ruptures familiales ou amoureuses, lymphome, service militaire… Ce qui explique pourquoi ses chansons véhiculent énormément d’émotion. Il opte pour une semi-acoustique avant d’attaquer le très americana « My Old Pain ». Des spots de couleur bleue se focalisent sur les musiciens. Issu du précédent opus, l’épuré « Gold Shadow », nous plonge au cœur d’une ambiance rétro et feutrée. Asaf prend soin de réarranger régulièrement ses compos, de manière à en proposer, lors de ses concerts, des versions différentes. Il avale une rasade de whiskey, afin d’éclaircir sa voix. « Green And Blue » nous entraîne ensuite dans le Bayou. « Sweet Babylon » est tapissé par l’orgue Hammond. D’abord lent, le morceau vire, en fin de parcours, au r&b allègre. « Man Without A Name » adopte un profil bien blues. Des roadies viennent installer un sampler et des percus électroniques, devant Asaf. Et il s’en sert impeccablement tout au long de l’oriental « Bang Bang ». Tout comme de la cigar box et du kondi. Il faut attendre le « Reckoning Song », pour qu’il se lâche enfin. Il commence à plaisanter avec le public et récite ses lyrics en slam, en s’accompagnant à la gratte semi-acoustique, avant de se lancer dans son tube planétaire. « Her Lies » lui permet d’afficher toutes ses capacités vocales. Faut dire que sa voix est un instrument à part entière, modulable à souhait et couvrant plusieurs octaves. Elle est empreinte de douceur sur « Twisted Olive Branch », alors que les ivoires s’élèvent dans l’éther. Avant de reprendre de la hauteur pour « A Gun And A Choice », un titre alimenté par des orchestrations emphatiques. « Love It Or Leave It » clôt le show. Qui a passé très vite. Trop vite, sans doute.

Pour le rappel, Asaf Avidan s’assied d’abord sur un siège haut. On lui file un autre verre de whiskey. Il cause avec les spectateurs et répond même à leurs questions. Le public féminin est aux anges face à cet artiste aussi humble que craquant. Un roadie lui tend une six cordes semi-acoustique. Asaf en souhaite une autre, puis se ravise, et la garde. Et va aussi nous réserver, seul à la guitare, « My Latest Sin »…

(Organisation : Greenhouse Talent + Gérard Drouot Productions)

FùGù Mango

L’Afrique, c’est chic !

Écrit par

La soirée avait été décrétée soldout depuis un mois. Au programme, un double affiche, FùGù Mango et Ulysse. Des groupes belges émergents, dont l’organisation, l’ASBL Silly Concerts, leur sert en quelque sorte de tremplin…

Ulysse réunit Arnaud Duynstee, Benoît Do Quang, Julien Gathy et un nouveau drummer, Martin Grégoire, qui a milité également chez Glass Museum, Rince Doigts et Perils Of Penelope. Après deux Eps, le quatuor a publié un nouveau single, « Manana », en octobre dernier.

Une intro préenregistrée précède la montée sur les planches des musicos. Le set s’ouvre par « Cashmere Guns ». En couches, les nappes électroniques sont presque homériques. Et les harmonies vocales, sucrées, éthérées. Un titre au cours duquel la gratte s’immisce discrètement. Changement d’instrument et de place pour les 3 frontmen avant d’aborder « Liquefy » et « Thunder », deux morceaux aux percus enivrantes. Benoît se consacre à la guitare tout au long du paisible « Cactus Blood », un titre qui pourrait tout aussi bien être interprété ‘unplugged’ ou carrément a cappella. « 1000 Sirens » est tout aussi calme, mais se révèle propice à l’étreinte de couples, sur la piste de danse. Vu le peuple présent, c’est impraticable !

Dominé par les ivoires, « Witness » se distingue par ses harmonies vocales atmosphériques, avant que les percussions ne prennent le relais. Et en y injectant une petite dose de hip hop, la musique incite les spectateurs à remuer le popotin ; sauf, bien sûr, les piliers de comptoir… 

Un des membres du band révèle qu’« Acid » a été cosigné par Roméo Elvis. Le fils de Marka n’est pas de la partie, ce soir, mais la version passe bien la rampe. Et c’est le nouveau single, « Manana », qui clôt le set.

Suite aux nombreux applaudissements, le band revient sur l’estrade. Et va nous réserver les imparables « Many Times » et « Wounds », deux compos puissantes qui au contact de l’électronique, virent alors au délire. Pas étonnant qu’Ulysse ait décroché un Octave, en 2016, dans cette catégorie… Une très chouette prestation !

FùGù Mango prend le relais, un groupe dont la musique est le fruit d’un cocktail subtil entre pop, afro et électro. Fondé en 2013, il réunit aujourd’hui les frères Jean-Yves et Vincent Lontie, respectivement guitariste et chanteur/percussionniste, Anne Hidalgo à la basse, aux percus et aux synthés, ainsi que Sam Gysen (Arno, Arsenal) aux drums, qui a remplacé Franck Baya. Votre serviteur a certainement déjà assisté aux prestations de ce band, à une dizaine de reprises. Mais aujourd’hui il se sent comme dans une boîte à sardines. Impossible de se faufiler pour atteindre les premiers rangs. Il fait particulièrement chaud, dans la salle. A l’instar du titre qui ouvre le set, « Summer Days ». Et la musique baigne déjà dans l’afro beat. Faut dire que les racines de la fratrie sont africaines Pourtant ils sont blancs. Mais leur maman est née au Congo. Dès « Kylie's Dream », la fosse est transformée en Matongé. Il manque de place à ‘Mama San’ pour vendre ses bananes plantains ou son moambe. « Blue Sunrise » transforme la piste en dancefloor torride. La version afro beat du « Golden Brown » des Stranglers est devenu un hit pour le band. Et son interprétation en ‘live’ constitue toujours un point d’orgue pour les shows de FùGù Mango.

Balisé par les ivoires, le paisible « Black Powder » permet à tout le monde de souffler quelque peu. Avant de repartir en Afrique du Sud, à Johannesburg très exactement, tout au long de « Bats », un morceau hanté par le « Graceland » de Paul Simon. D’ailleurs, particulièrement funky, les accords de gratte sont découpés à la manière de Nile Rodgers, chez Chic. Dynamisé par les percus, « Walk On By » baigne plutôt au sein d’un climat latino-américain, avant de virer à la pop sucrée. Pop et dansant comme « Alien Love ». Titre à la ligne mélodique soignée, il est enrichi de moult chœurs et autres envolées lyriques. Et c’est au sein d’une atmosphère tropicale que s’achève la prestation du combo bruxellois…

Setlist

« Summer Days »
« Kylie's Dream »
« Blue Sunrise »
« Black Powder »
« Bats »
« Golden Brown »
« Walk On By »
« Liar »
« Alien Love »
« Around »
« Mango Chicks »
« Birthday Beast »

(Organisation : Silly Concerts ASBL + Salon de Silly)

 

 

 

Ulysse

Pas étonnant qu’Ulysse ait décroché un Octave de la musique, en 2016, dans la catégorie ‘Electro’ !

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La soirée avait été décrétée soldout depuis un mois. Au programme, un double affiche, FùGù Mango et Ulysse. Des groupes belges émergents, dont l’organisation, l’ASBL Silly Concerts, leur sert en quelque sorte de tremplin…

Ulysse réunit Arnaud Duynstee, Benoît Do Quang, Julien Gathy et un nouveau drummer, Martin Grégoire, qui a milité également chez Glass Museum, Rince Doigts et Perils Of Penelope. Après deux Eps, le quatuor a publié un nouveau single, « Manana », en octobre dernier.

Une intro préenregistrée précède la montée sur les planches des musicos. Le set s’ouvre par « Cashmere Guns ». En couches, les nappes électroniques sont presque homériques. Et les harmonies vocales, sucrées, éthérées. Un titre au cours duquel la gratte s’immisce discrètement. Changement d’instrument et de place pour les 3 frontmen avant d’aborder « Liquefy » et « Thunder », deux morceaux aux percus enivrantes. Benoît se consacre à la guitare tout au long du paisible « Cactus Blood », un titre qui pourrait tout aussi bien être interprété ‘unplugged’ ou carrément a cappella. « 1000 Sirens » est tout aussi calme, mais se révèle propice à l’étreinte de couples, sur la piste de danse. Vu le peuple présent, c’est impraticable !

Dominé par les ivoires, « Witness » se distingue par ses harmonies vocales atmosphériques, avant que les percussions ne prennent le relais. Et en y injectant une petite dose de hip hop, la musique incite les spectateurs à remuer le popotin ; sauf, bien sûr, les piliers de comptoir… 

Un des membres du band révèle qu’« Acid » a été cosigné par Roméo Elvis. Le fils de Marka n’est pas de la partie, ce soir, mais la version passe bien la rampe. Et c’est le nouveau single, « Manana », qui clôt le set.

Suite aux nombreux applaudissements, le band revient sur l’estrade. Et va nous réserver les imparables « Many Times » et « Wounds », deux compos puissantes qui au contact de l’électronique, virent alors au délire. Pas étonnant qu’Ulysse ait décroché un Octave, en 2016, dans cette catégorie… Une très chouette prestation !

FùGù Mango prend le relais, un groupe dont la musique est le fruit d’un cocktail subtil entre pop, afro et électro. Fondé en 2013, il réunit aujourd’hui les frères Jean-Yves et Vincent Lontie, respectivement guitariste et chanteur/percussionniste, Anne Hidalgo à la basse, aux percus et aux synthés, ainsi que Sam Gysen (Arno, Arsenal) aux drums, qui a remplacé Franck Baya. Votre serviteur a certainement déjà assisté aux prestations de ce band, à une dizaine de reprises. Mais aujourd’hui il se sent comme dans une boîte à sardines. Impossible de se faufiler pour atteindre les premiers rangs. Il fait particulièrement chaud, dans la salle. A l’instar du titre qui ouvre le set, « Summer Days ». Et la musique baigne déjà dans l’afro beat. Faut dire que les racines de la fratrie sont africaines Pourtant ils sont blancs. Mais leur maman est née au Congo. Dès « Kylie's Dream », la fosse est transformée en Matongé. Il manque de place à ‘Mama San’ pour vendre ses bananes plantains ou son moambe. « Blue Sunrise » transforme la piste en dancefloor torride. La version afro beat du « Golden Brown » des Stranglers est devenu un hit pour le band. Et son interprétation en ‘live’ constitue toujours un point d’orgue pour les shows de FùGù Mango.

Balisé par les ivoires, le paisible « Black Powder » permet à tout le monde de souffler quelque peu. Avant de repartir en Afrique du Sud, à Johannesburg très exactement, tout au long de « Bats », un morceau hanté par le « Graceland » de Paul Simon. D’ailleurs, particulièrement funky, les accords de gratte sont découpés à la manière de Nile Rodgers, chez Chic. Dynamisé par les percus, « Walk On By » baigne plutôt au sein d’un climat latino-américain, avant de virer à la pop sucrée. Pop et dansant comme « Alien Love ». Titre à la ligne mélodique soignée, il est enrichi de moult chœurs et autres envolées lyriques. Et c’est au sein d’une atmosphère tropicale que s’achève la prestation du combo bruxellois…

(Organisation : Silly Concerts ASBL + Salon de Silly)

 

Phase Fatale : l'avenir de la techno est 'dark'

Phase Fatale est le projet techno du DJ et producteur Hayden Payne. Originaire de New York et basé à Berlin, Payne a exploré le monde post-punk / coldwave (ce qu'on appelle plus simplement la 'wave') à travers divers projets au cours d'une décennie. Démarré en 2014, Phase Fatale lui permet d'opérer la fusion entre techno et wave, avec une touche industrielle. Les pulsations hypnotiques des boîtes à rythme y cotoient les sons glacials de synthés et les 'samples' sombres à souhait.

Après plusieurs EP, d'innombrables DJ sets et une collaboration avec Silent Servant, Phase Fatale sort enfin son premier album à part entière, « Redeemer », sur Hospital Productions, le label de Dominick Fernow (Prurient).

Dans une interview avec Resident Advisor, Payne explique : "Pour moi, le lien entre la wave (post-punk, industrial et EBM) et la techno a toujours été évident. On y trouve les mêmes éléments essentiels : rythmes mécaniques, atmosphères froides, sons métalliques et mélodies sombres ... Dans cet album, j'essaie de pousser ces éléments encore plus loin..."

Phase Fatale accordera une prestation unique en Belgique, le 17 novembre prochain au Zodiak, à Bruxelles. La soirée, organisée par ParadigmCollective, proposera également Unhuman et DJ Nephil. Pour en savoir plus: Event Facebook.

Pour écouter et acheter le nouvel album de Phase Fatale, « Redeemer », c'est ici

Jason Isbell

Une soirée remplie de petites étoiles

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Jason Isbell pratique, ce qu’on appelle aujourd’hui de l’americana. En fait, il s’agit d’une forme contemporaine de country ou de bluegrass. Celui de cet artiste est particulièrement sudiste ! Ce qui s’explique, quand on sait qu’il est né, il y a 38 ans à Green Hill, dans l’Alabama. Il est venu présenter de larges extraits de son nouvel opus, « The Nashville Sound », qu’il a enregistré en compagnie de son groupe, The 400 Unit. Avant de se lancer sous son propre nom, il a milité, pendant 10 ans, au sein de Drive By Truckers. L’Ancienne Belgique est en configuration Box. Le concert est soldout. Donc, ce soir, il accueille 600 âmes. Dont de nombreux néerlandophones.

Le supporting act est assuré par la très jolie Catherine Tift Merritt. Cette Texane (NDR : elle est née le 8 janvier 1975, à Houston) est venue défendre son dernier et huitième elpee, « Stitch of the World ». Sa chevelure blonde lui tombe sur les épaules et dans le dos. Elle est vêtue d’une longue robe noire et chaussée de bottes brunes à hauts talons. Et se sert de grattes de marque Gibson. Electrique, sèche ou semi-acoustique. Elle est épaulée par son fidèle guitariste, Eric Heywood. S’ouvrant par « Eastern light », le début de set est intimiste et acoustique. La conjugaison des cordes nous entraîne sur les pistes des grandes plaines. Il ne manque plus que le feu de camp. Lumineuse, la voix de Tift me fait penser, tout à tour à Carole King, Emmylou Harris, Lucinda Williams ou Mindy Smith. Des lumières blues, mais tamisées, se focalisent sur les artistes. A partir de « Stray Paper », le concert s’autorise des moments plus électriques, voire même métalliques. Entre les morceaux, Tift se montre très interactive avec le public, en s’exprimant dans un français presque parfait. L’auditoire l’applaudit d’ailleurs très chaleureusement. Tift passe aux ivoires pour le bouleversant « Good Hearted Man », alors qu’Eric se consacre à la double pedal steel. Un instrument auquel il va se focaliser, en fin de parcours, alors que Tift revient à la gratte électrique. Tout au long de ce show, le public est resté très attentif ; à tel point, qu’hormis entre les chansons, on aurait pu entendre une mouche voler…  

Le  line up de The 400 Unit Band réunit un préposé à la slide (NDR : torturées ses interventions sont manifestement hantées par Jimi Hendrix !), un bassiste, coiffé d’un Stetson, un drummer et un multi-instrumentiste (claviers, accordéon diatonique) invité à chanter en duo sur trois morceaux. Pas de trace de l’épouse de l’épouse de Jason, la violoniste. Il a un fabuleux toucher sur ses cordes et vraiment tout appris en écoutant Joe Bonamassa, Steve Vaï et Eric Clapton.

Armé de sa Fender (NDR : au cours du set, il va également se servir d’une Gibson), Jason est chaudement applaudi quand il débarque sur le podium. Bâti comme un footballeur américain, sa stature en impose. Il salue le public, avant que le combo n’attaque « Anxiety ». La musique évoque instantanément ZZ Top. Rocailleuse, la voix véhicule également des accents issus du sud profond… et ne manque ni de charme, ni de tendresse. Mais lorsqu’elle s’envole dans les aigus, elle me fait penser à celle de Steve Winwood. A moins que ce ne soit de Garland Jeffreys voire de James Taylor. Encore que sur le pêchu « Hope the High Road », elle est manifestement comparable à celle de Bonamassa. La setlist n’en oublie pas pour autant, le hit « 24 Frames ». Lorsque Jason évoque longuement son Alabama natal, le batteur s’impatiente. Ce qui amuse l’auditoire. « Elephant » et « Cover Me Up » sont des ballades épurées et poignantes. L’interactivité est même touchante entre Jason et le public. Jason Isbell l’autorise même à prendre des photos en se servant du flash ! Et prend alors différentes poses. Pour la plupart autobiographiques, ses compositions sont tour à tour hantées par des mythes de la musique américaine : Bruce Springsteen, le regretté Tom Petty et bien sûr, son idole, Bob Dylan… C’est le musclé « Never Gonna Change » qui clôt ce set.

Lors du rappel, toute la troupe rend hommage à feu Tom Petty, en adaptant son « American Girl ». Une soirée remplie de petites étoiles… comme celles projetées sur le rideau masquant les gradins de l’AB…

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

La Chiva Gantiva

Du papillon à la chenille…

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Bien que le nouvel opus de La Chiva Gantiva, « Despegue », soit sorti ce 15 septembre, la release party est programmée ce 2 novembre. A la Rotonde du Botanique. Le concert est soldout. A l’instar de sa traduction en français, cet elpee décolle…

Le supporting act est assuré par Juicy, un duo réunissant deux filles, Sasha Vovk (NDR : de son véritable nom Oton) et Julie Rens, casquette retournée vissée sur la tête, qui milite également chez Oyster Node et ExtraSystole. Issues du conservatoire de Bruxelles, elles cherchent à remettre au goût du jour le r’n’b et le hip-hop des années 2000, dans un style minimaliste et électrique. Elles ont enfilé des tee-shirts de couleur bleue, un peu trop longs pour elles, sur lesquels sont imprimés, dans le dos, ‘Juicy 18’, en lettres blanches. Le répertoire est constitué de reprises des années 90 et 2000. Les deux filles se consacrent aux synthés, aux samplings et au chant. Julie se réserve la gratte semi-acoustique. Avant chaque chanson, elles se font face et entament une danse en ondulant. Une situation qui provoque l’hilarité au sein du public. Elles signalent être venues pour mettre le feu et décoincer la foule. Les morceaux sont interprétés tantôt dans la langue de Voltaire ou de Molière. A l’instar de la cover du « Candy shop » de 50 Cent et du « Boulette (génération nan nan) » de Diam’s, un morceau paradoxalement non prévu dans la setlist. Contrat rempli. Un Ep est en préparation et devrait proposer des compos originales.   

Setlist : « Try Again », « Crush On You », « What's Love », « Partition », « Candy Shop », « Run It », « Work It », « One Love », « Caught Out There ».

Cocktail passionné et passionnant d’émotion, de sueur et de rythme, les prestations ‘live’ de La Chiva Gantiva sont devenues notoires. Manifestement, les musicos ne montent plus sur l’estrade, masqués. Chevelure colorée imposante, Rafael Espina est toujours la tête pensante du band. Vêtu de noir –pantalon et veste de pirate– il se consacre au chant, et circonstanciellement, à la gratte, à la gaïta et aux percus. Des percus qui jouent un rôle primordial dans la musique de La Chiva Gantiva et auxquelles a également recours, Natalia Gantiva. Elle porte une jupe de couleur blanche ultracourte et un tee-shirt à l’effigie du drapeau colombien. Felipe Deckers, le gratteur, a enfilé un peignoir aux motifs fleuris et un short. Un short, mais hawaïen, qu’a également choisi Tuan, le préposé au saxophone, à la flûte à bec ou traversière et à la clarinette. Quant à la section rythmique, elle est composée du bassiste Jose Buc Chavez et du drummer, Martin Mereau, installé au centre, mais en retrait.

Propice à la danse, « El Ritmo Lo Llevo Yo » (NDR : dont le clip délirant met en scène cosmonautes, singes savants et hôtesses de l'air ; voir ici) ouvre le set. Rafael frappe énergiquement sa conga, bien calée entre les jambes. Il semble heureux d’être là et signale que la soirée sera explosive. Il invite également la foule à remuer. Ce qui déclenche instantanément une forme d’hystérie, dans l’auditoire. Rafael se prend pour un kangourou. Ses acolytes finissent par l’imiter. L’ambiance monte alors encore d’un cran. Et tel un papillon, le concert décolle… Trempant dans le funk/jazz, « El Vivo » est dynamisé par des percus caribéennes. Et « Cuero » baigne au sein d’un même climat, même si c’est le bassiste qui tire ici son épingle du jeu. Rafael confesse que tout petit, il dormait la lumière allumée, parce qu’il craignait les fantômes. Une phobie qui le taraude encore aujourd’hui. Et « Fantasmas » reflète ces appréhensions. Chanson d’amour paisible, « Me Lo Llevo » marque une pause.

« Montanas De Selva Verde » relance la machine. La montée en puissance des cordes et la section rythmique y contribuent largement. Les musicos entament la chenille sur les planches, dans le sens des aiguilles d’une montre, avant d’opter pour la direction inverse. La foule leur emboîte le pas. Un moment de folie ! Une seule chanson interprétée en français, « Fais Comme Si ». Rafael en profite pour prendre un bain de foule. Faut dire que tout au long de ce show, il était littéralement déchaîné. Bref, ce soir on a kiffé grave. Merci aux artistes !

(Organisation : Botanique)

Photos du concert Live Waves 2

Oliver Chesler, alias The Horrorist, a mis le feu au Beursschouwburg samedi dernier, à Bruxelles, dans le cadre de la soirée "Live Waves 2", organisée par le centre culturel et l'émission WAVES (Radio Vibration). Le public a été véritablement hypnotisé par la techno infectée d'EBM et de minimal synth de l'artiste américain, ainsi que par ses qualité extraordinaires de 'showman'. Avant lui, Ono Scream, le nouveau projet de l'Anversois Bart Willems, avait séduit grâce à un soft postpunk aux accents shoegaze et psyché.

Pour regarder les photos de Wim Heirbaut alias Creeping Mac Kroki:

- The Horrorist: cliquer ici;

- Ono Scream: cliquer ici.

D'autres photos, par Philippe Carly et Félicie Novy, et deux vidéos ont été postées sur la page Facebook de la soirée

Photo en médaillon (c) Wim Heirbaut alias Creeping Mac Kroki

Vagabon

Bref mais convaincant !

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Mardi soir, veille de la Toussaint, une petite centaine de personnes se sont déplacées pour assister au concert de Vagabon, qui va se dérouler au sein du Witloof, plutôt que de fêter Halloween. Il faut dire que, malgré un premier album (« Infinite Worlds » paru sur le label indépendant Father/Daughter) passé inaperçu dans nos contrées, la jeune New-yorkaise est encensée par la critique de l’autre côté de l’Atlantique. Ce qui explique, partiellement, sa présence dans la programmation (bien fournie) de l’édition 2017 du festival Autumn Falls.

Accusant un léger retard, la chanteuse d’origine camerounaise monte sur les planches. Elle est épaulée par une bassiste et une drummeuse. Exit donc la mode claviers à sonorité eighties, pour laisser la place à un trio basique, guitare/basse/batterie. Dès « Cold Appartement », le premier titre, Vagabon nous replonge quelques décennies en arrière, à l’époque d’un rock/garage binaire, imprimé par le drumming et souligné par une ligne de basse appuyée. L’énergie est présente, la finesse pas forcément, mais peu importe. Derrière son micro, la jeune femme chante avec son cœur et étale toutes ses capacités vocales. Cependant, il faut attendre deux morceaux et quelques réglages techniques avant que le trio ne puisse afficher toute la mesure de son talent. Le groupe parcourt l’intégralité de son répertoire (NDR : c’est-à-dire son seul album). Vu l’enthousiasme manifesté par le public, « The Embers » semble être le morceau le plus ‘populaire’ ; pas étonnant, puisque la mélodie est particulièrement accrocheuse. Vers 20h30, la section rythmique s’éclipse pour laisser l’Américaine seule face à son auditoire. Elle attaque alors une nouvelle compo en s’accompagnant au clavier. Ce sera sa seule incursion au sein des eighties. Et on ne s’en plaindra pas, car il faut avouer que sa musique est bien plus passionnante, en formule garage/rock. Elle achève son set en solitaire. Armée de sa gratte, elle interprète alors « Alive and a well », un titre dont l’intensité émotionnelle va atteindre son paroxysme. A vous flanquer des frissons partout !

Ce soir au Botanique, un véritable talent à l’état brut s’est révélé. Un potentiel qui ne demande qu’à être exploité et une discographie à s’étendre. Ce qui devrait lui permettre, notamment, d’accorder des shows de plus de 40 minutes. D’ailleurs le public était quand même très surpris de quitter le Botanique… à 20h45…

(Organisation : Botanique)

Un refuge en hiver pour Julien Pras

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Ex-Calc et Pull, Julien Pras s’est donc lancé dans une carrière solo. Intitulé "Wintershed", son troisième essai en solitaire est paru ce 27 octobre.

Réalisé par Seb Antoine (Make2Work), son nouveau clip « Divine Spark », est disponible ici

Julien Pras se produira en concert à Paris le 06/12 au Point Éphémère en compagnie de Xavier Boyer (Tahiti 80)

Mais également :

14/11 : La Scène Michelet - NANTES (44)
25/11 : Festival Rock O Lac - GERARMER (88)
01/12 : Le Moloco - AUDINCOURT (25)
02/12 : Le Kraspek Mysik - LYON (69)
06/12 : Le Point Ephémère - PARIS (75)

 

« La Loi De Murphy » selon Angèle…

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« La Loi de Murphy », c’est le premier single publié par Angèle. Elle le cosigne en compagnie de Veence Hanao et Matthew Irons, le leader de Puggy. Doublé d’un clip, réalisé par la jeune belge, installée à Paris, Charlotte Abramow, il est sorti ce 23 octobre. Angèle aurait pu naître d’un croisement entre Rihanna, Lily Allen et la Schtroumpfette.

« La Loi de Murphy » est une déclinaison du thème de la tartine qui tombe toujours du mauvais côté. Angèle évoque une succession de vexations ordinaires : de la pluie qui lui ruine le brushing, à ce mec qui lui demande son chemin, ‘Gentiment j'le dépanne, en fait c'était qu'un plan drague, ce con m'a fait rater mon tram’. Loin des plans glamours et des ‘amours toujours’, les préoccupations d'Angèle sont à son image : générationnelles, avec un twist arty délicieusement espiègle. Un humour dont l’autodérision vous chatouille le cerveau comme une canette de Fanta bien secouée. Angèle réinvente le concept de la chanteuse pop. Celle-ci ne craint ni le ridicule, ni le malaise, et, tout en assumant ses références populaires, propose un univers singulier, urbain et résolument décomplexé. Rappelons qu’Angèle est la fille de Marka et de Laurence Bibot, et son frangin, c’est Roméo Elvis. Ils ont tous foulé les planches de l’Olympia. Dingue, non ?

Les morceaux paraîtront au compte-gouttes. La sortie de l’elpee est prévue pour 2018. En tournée, Angèle assure actuellement le supporting act de Damso et d’Ibeyi.

Le concert du 22 novembre à la Rotonde a été rapidement sécrété soldout. Une nouvelle date a été programmée pour le 30 avril 2018, à l’Orangerie, dans le cadre des Nuits du Botanique.

Pour voir et écouter le clip, c’est ici 

https://www.facebook.com/angeleouenpoudre/

Machiavel réédite ses trois premiers albums en un seul box !

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Incluant 3 cd, « The Early Years » paraîtra ce 17 novembre 2017. Il réunit donc les trois premiers elpees de la formation. Il sera également disponible en streaming. C'est avec beaucoup de tendresse et d'émotion que les membres du groupe ont décidé de retourner leur très riche passé, pour le plus grand bonheur de leurs fans. Grâce à ses trois premiers elpees, enchaînés rapidement, des concerts à bureaux fermés (NDR : il a ainsi rempli deux fois Forest National, quatre fois le Cirque Royal et cinq fois l’Ancienne Belgique) et des chiffres de vente de disques impressionnants pour l’époque, Machiavel a marqué la scène Rock belge des 70’s. Parmi ses 20 albums, il en a décroché 4 en or. Créé en 1975 par Marc Ysaye et Roland De Greef, il a récolté son succès, en proposant un (eu)rock mélodique, et en se servant du contraste maîtrisé entre douceur et puissance…

Machiavel se produira à l'Ancienne Belgique le 3 mars 2018.

http://machiavel.be/

https://www.facebook.com/machiavelofficial/?ref=br_rs

 

Dans l’esprit de Romano Nervoso…

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BJ Scott et Giacomo Panarisi chantent en duo sur le nouveau single de Romano Nervoso, « In My Mind ». Tête pensante du band louviérois, Giacomo camperait un hybride entre Marc Bolan et Mick Jagger. Le rock spaghetti de Romano Nervoso ne jure que par le punk et le rock'n'roll et constitue de la pure dynamite.

« In My Mind » est le premier extrait de « I Don't Trust Anybody Who Doesn't Like Rock'n'Roll », album qui paraîtra ce 24 février 2018 sur le label Mottow Soundz. Et c’est Pelle Gunnerfeldt (The Hives, The Knife, Peter Björn & John, Paul Young, Mando Diao...) qui s’est chargé de la mise en forme.

https://www.facebook.com/romanonervoso?sk=wall

https://www.mottowsoundz.com/romano-nervoso-artist-page/

https://www.youtube.com/user/RomanoNervoso

 

Manolo Redondo

Helmet on

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« Helmet on » constitue le deuxième elpee de Manolo Redondo. Il fait suite à « A drop about to drown », paru en 2015. Quatre titres sont interprétés dans la langue de Molière. Et dans ce cas de figure, on ne peut s’empêcher de penser à Bernard Lavilliers. A cause des textes, sans doute, mais également au climat au sein duquel baigne ces plages. Le reste est chanté dans celle de Shakespeare. Et paradoxalement, le timbre de Manolo évoque alors Matt Berninger (The National), même si parfois les inflexions sont empruntées à Stuart Staples (Tindersticks). Dans ce dernier cas, c’est flagrant sur la semi-valse « Bigger blow », titre au cours duquel, il adopte celle d’un crooner. Ou encore tout au long de l’emphatique « Ten thousand days ».

L’opus s’ouvre par le légèrement funky (NDR : cette guitare rythmique !) « Stains remain », réminiscent de Talking Heads. Parfois les cordes de gratte adoptent des sonorités brimbalantes, tintinnabulantes, un peu comme chez Sad Lovers & Giants. A l’instar de « Best kept secret », nonobstant cette envolée ‘bowiesque’. Et puis sur le superbe « No one cares », enrobé de chœurs atmosphériques. Meilleur morceau du long playing, « Winter garden » (NDR : coïncidence, mais ce titre colle vraiment à l’esprit de SL&G) est balayé de cordes semi-acoustiques et tapissé par un orgue chaleureux. Des cordes traitées comme une mandoline, à la manière d’And Also The Trees, sur « Lo is the new hi », une piste pimentée par un orgue vintage. Et nouvelle surprise, elles nous plongent dans l’univers du « Trespass » de Genesis sur le presque prog « Waves men ocean ». Elles finissent même par carillonner en se convertissant au surf, sur le morceau final, « Conquête spaciale ». Tout en arpèges et de nouveau souligné de chœurs, « Des Incas et des Khmers » nous entraîne dans un monde mystérieux, presque mystique. Sur le titre maître », on retrouve un riff de gratte emprunté au « Fearless » du Floyd (NDR : si, si, ce morceau à la gloire du club de football de Liverpool !) Et toute cette texture est généreusement et judicieusement enrichie par un tas d’instrumentation, dont ces cordes acoustiques, jouées tour à tour en picking ou carrément plaquées. Franchement une excellente surprise !

 

Peter Perrett

How the west was won

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Quand on parle de Peter Perrett, on ne peut s’empêcher de penser au tube « Another girl, another planet » que le groupe The Only Ones, avait décroché en 1978. La formation publiera trois elpees, avant de se séparer en 1982, suite à de graves problèmes d’addiction aux drogues. En 2007, le combo s’est reformé, suite au buzz provoqué par l’utilisation de son hit intemporel, par Vodafone. Il a commencé à tourner et a même composé une nouvelle chanson, mais en 2014, il a de nouveau splitté, Peter décidant alors de se lancer en solitaire, soutenu par ses deux fils, Peter Junior et Jamie, deux ex-Babyshambles. Ils ont bien sûr participé aux sessions d’enregistrement de son premier elpee solo. Et le résultat est concluant.

D’une voix nasillarde, parfois emphatique, déchirée entre espoir et désespoir, il y relate sa descente aux enfers (NDR : sur un riff rythmique emprunté au « Gloria » du Them, il confesse tout au long de « Something in my brain », sa dépendance au crack d’une manière amusante, qui lui vaut pourtant aujourd’hui des séquelles handicapantes) et critique le mode de vie qu’il a embrassé, un peu comme Lou Reed dans « Who I am » ou Dylan sur « What good I am », à travers des chansons mélancoliques ou allègres, fatalistes ou douloureuses susceptibles de le conduire sur le chemin de la rédemption. Il adresse même un message d’amour à son épouse, sur « C Voyeurger ». Et rend un hommage au guitariste des Pretenders, James Honeyman Scott, sur « Troika ». Si la plupart des chansons baignent au sein d’un climat ‘kinksien’, on épinglera quand même le titre maître, en ouverture, caractérisé par son riff réminiscent du « Sweet Jane » de Lou Reed, exécuté à la slide, et puis le remarquable « Living in my head », un morceau autant psychologique que psychédélique, mais surtout savoureusement électrique. Une excellente surprise !

 

Orchestral Manœuvres in The Dark (OMD)

The punishment of luxury

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Après son come-back en 2010, OMD a publié deux elpees studio, « History of Modern » et « English Electric ». « The Punisment Of Luxury» constitue donc son troisième et le treizième de sa discographie. Le titre de l’opus est emprunté à une toile peinte par Giovanni Segantini, ‘The Punishment Of Lust’. Pour enregistrer cet LP, Andy McCluskey et Paul Humphreys ont reçu le concours de Martin Cooper et de Stuart Kershaw. Côté lyrics, le duo tire à boulets rouges sur le consumérisme et le matérialisme.

Mais venons-en à la musique. Ce long playing marche sur les traces soniques d’« English Electric ». Le sens de la romance est intact. Pas de surprise, la synth/pop véhicule de nombreux accents empruntés aux 80’s. Mais ce sont plutôt les sources qui se révèlent surprenantes. Elle sont probablement puisées chez Ultravox (NDR : certaines envolées orchestrales aux synthés) et Human League (NDR : le quasi-indus et pulsant titre maître). Mais également Kraftwerk. Donc s’enfoncent au cœur des 70’s. Et notamment en début d’album. Les mauvaises langues reprocheront sans doute à cet LP d’être trop clinique voire excessivement digital, malgré un sens mélodique préservé… circonstanciellement. A l’instar de l’excellent et mid tempo « Ghost star ». Un album qui reste agréable à l’écoute, mais dont l’orientation risque, à court terme, de laisser OMD face à une impasse…

 

Midnight Sister

Saturn over sunset

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Midnight Sister réunit Juliana Giraffe et Ari Bazoulian. Un duo qui s’est installé Los Angeles, ville qui semble exercer un rôle majeur sur leur création. Et tout particulièrement son univers cinématographique, omniprésent dans la musique du couple, qu’on pourrait qualifier de pop baroque. "Saturn over Sunset" constitue son premier album et est publié chez Jagjaguwar, un label qui a toujours eu le nez creux pour détecter des artistes talentueux. 

Les 14 plages de cet opus constituent autant de fresques filmiques qu’on pourrait facilement imaginer issues d’autant de longs métrages hollywoodiens. Juliana Giraffe et Ari Bazoulian interprètent des rôles davantage qu'ils ne chantent. On se retrouve quelques décennies en arrière à l'époque où les comédies musicales faisaient recette. A tour de rôle, les deux Américains se réservent le micro, alors que le synthé alimente, en arrière-plan, l’instrumentation. Certains titres sont carrément déstructurés, à l’instar de « Canary », qui ouvre la plaque, alors que d’autres baignent au sein d’une pop accessible, à l’instar de « Leave You » et du très 80’s « Blue Cigar »..

Bref, si ce « Saturn over Sunset » ne risque pas de marquer l’histoire du pop/rock de son empreinte, il s’écoute le sourire aux lèvres et sans se soucier du temps qui passe…

 

Golden Rain

Golden Rain (Ep)

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Golden Rain est un duo italien, établi à Naples, très exactement. Lors des sessions d’enregistrement de cet Ep, le tandem a reçu le concours circonstanciel, de l’un ou l’autre guitariste, d’un bassiste et d’un préposé aux synthés, outre ceux dont dispose la paire. Seul fait marquant, la voix de Zaira Zigante, qui lorsqu’elle grimpe dans les aigus fait carrément penser à Kate Bush. A l’instar du titre qui ouvre la plaque, « Foglights ». Pour le reste, malgré le léger enrichissement procuré par l’instrumentation organique, cette synth/pop ressemble à celle dispensée par les autres formations ou artistes… de synthé/pop…

 

Minco Eggersmann

Kavkasia

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Le nouvel opus de Minco Eggersman est inspiré d’un trip opéré en 4x4 par l’artiste et son épouse à travers le Caucase, en Georgie. Sa musique dépeint ainsi la beauté de cette nature montagneuse, accidentée, dont il a observé les métamorphoses depuis le début de l’hiver jusque la naissance du printemps. L’opus recèle très peu de morceaux chantés. Il y a bien « Dance », une plage réminiscente du Floyd circa « Echoes », au cours duquel la voix campe un hybride entre Mark Hollis (Talk Talk) et Brian Eno. Puis le chant indien sur « Melisma & Gurian », souligné de chœurs atmosphériques. Et enfin le lent et intense « Mount Ararat », mais en général, le climat général baigne dans une forme d’ambient. Piano, cordes acoustiques, basse, cuivres et tout particulièrement saxophone, trompette(s), violoncelle, chœurs et même grandes orgues (« The other side of dawn »), sans oublier le zeste d’électro,  alimentent une expression sonore orientaliste ou spirituelle, propice à la méditation. Elle se frotte également parfois au jazz (NDR : les onze minutes de « Tbilissi calls » et ses cloches d’église) et pourrait également servir de B.O. pour un film (« The other side of dawn »). L’elpee s’achève par « Home of the brave », une piste plutôt classique à connotation médiévale, qui lorgne manifestement vers Henry Purcell (NDR : pensez notamment à « Trumpet Tune », mais sans les orgues d’église).

 

Deacon Blue

Live at the Glasgow Barrowlands

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Originaire de Glasgow, cette formation a rencontré un franc succès, à la fin des eighties, avant de se séparer en 1994, puis de se reformer 5 ans plus tard. Plusieurs singles ont squatté les charts aux Iles Britanniques, dont « Chocolate girl », Wages day », Fergus sings the blues », « Queens of the New Year », « Love and regret » et bien sûr le tube « Real gone kid », mais surtout leurs albums « Rainbow » en 1987 et « When the world knows your name » qui se sont écoulés à respectivement plus de 500 000 et près d’un million d’exemplaires. Drivé par Ricky Ross, Deacon Blue est considéré comme une véritable institution en Grande-Bretagne. Sans doute parce que trempant dans une pop bien insulaire, sa musique navigue quelque part entre celle de Prefab Sprout, Waterboys et Texas.

Enregistré live au Barrowland de Glasgow, cet opus a été immortalisé dans le cadre du 30ème anniversaire de la carrière du band. Y figurent des plages issues de « Believers », le dernier LP, mais également les meilleures chansons de leur répertoire, ainsi qu’une reprise de Bob Dylan, « Forever Young ». Quarante titres pour un double cd !

 

The Clean

Getaway (Réédition)

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« Getaway », album de The Clean paru en 2001 (NDR : voir chronique ici) a été réédité fin 2016 ; et la nouvelle version a été enrichie de deux albums enregistrés en public. Soit « Slush fund », gravé en 2001 et « Syd's Pink Wiring System », paru en 2003, ce dernier afin de promouvoir la future tournée américaine. La formation néo-zélandaise y combine psychédélisme, pop, dub, rock, folk, punk et krautrock, suivant les morceaux. Outre le talent de David Kilgour (NDR : qui signe évidemment la pochette de l’elpee) à la gratte, on épinglera la ligne de basse mélodieuse tracée par Robert Scott et le drumming ‘motorik’ de Hamish Kilgour sur les morceaux les plus percutants. Un regret, le vocal un peu trop monocorde. Que ce soit David ou Robert. Détail qui a son importance, lors du set accordé au Sammy’s à Dunedin, en octobre 2000, Martin Philipps, le leader de The Chills, a apporté son concours à la guitare et à l’ominchord, sur deux morceaux.

Fondé en 1978, The Clean pratiquait une musique hypnotique, épique, reptilienne, sauvage, crue, échevelée ou improvisée, suivant les périodes de son existence. La plupart du temps, quand même très électrique et expérimentale, tout en préservant un sens mélodique certain. Certains médias considèrent même ce groupe comme l’héritier naturel du Velvet Underground, de Can, Neu et Television, pour cet aspect purement électrique, et Love ainsi que Spirit pour la face la plus acoustique. Il incarne également un des piliers de ce qui a été baptisé le ‘kiwi rock’, si bien illustré par les formations et artistes qui ont forgé la notoriété du label Flying Nun…