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Kishi Bashi

Lighght

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« Lighght » constitue le second opus solo de Kishi Bashi, aka Kaoru Isshibashi, un Américain de souche japonaise. Il est d’ailleurs né à Seattle. En 2012, il avait publié un excellent premier elpee, intitulé « 151 A ». Chanteur et multi-instrumentiste, il privilégie cependant le violon. Il est même considéré comme un prodige. Il est également le vocaliste et leader du groupe de synthé-pop new-yorkais Jupiter One. Et il apporte également et circonstanciellement, sa collaboration à Of Montreal ainsi qu’à Regina Spektor.

D’une durée d’à peine 50 secondes, « Debut - Impromptu » ouvre l’opus. Une première intervention au violon surprenante, colorée et légèrement sucrée. Caractérisé par son titre abracadabrant, « Philosophize In It! Chemicalize With It! » est une piste à la fois symphonique et emphatique, qui nous entraîne au cœur d’un périple féerique. Atmosphérique, la voix de l’artiste évoque quelque peu Mika. La mélodie est accrocheuse. Electro/pop, « The Ballad Of Mr. Steak » lorgne vers Phoenix. Une compo à tiroirs balisée par le violon. En fait, lorsque d’autres instruments entrent en ligne de compte, ils se fondent discrètement dans l’ensemble et sont destinées à mettre en exergue les sonorités sensorielles produites par l’archet. Parfois Kishi me fait penser à un Nigel Kennedy qui pousserait l’audace au délire et surtout à la danse. A l'image de la superbe pochette, Kishi aborde toute une palette de styles différents, que ce soit de la pop, du psychédélisme, du folk, du jazz et même du classique.

La combinaison entre voix et violon fait absolument merveille sur « Carry On Phenomenon », une plage à la fois belle et solennelle. « Bittersweet Genesis for Him AND Her » agrège classique et rock'n'roll. Interlude, « Impromptu n° 1 » de va pas au-delà de la minute. Kishi a empoigné une gratte acoustique pour attaquer, « Q&A », un titre sculpté dans le folk traditionnel. « Once Upon a Lucid Dream (in Afrikaans) » baigne dans la pop légèrement psyché. « Hahaha Pt. 1 » et « Hahaha Pt. 2 » émargent davantage au prog/rock. Réminiscent d’un Alan Parsons Project au sommet de son art, « In Fantasia » clôt cet excellent long playing. 

 

Hir*shima m*n am*ur

L’homme intérieur

Écrit par

L’histoire d’Hir*shima m*n am*ur commence en 2005. Elle est née d’une rencontre entre Fabrice Bonnaudin (voix/guitare/programmation), Joël Lafarque (batterie) et David Lansat Campa (basse).

Une première démo en décembre 2007 et un maxi cinq titres deux ans plus tard, « Un pas dans ta mémoire » leur permet de se produire au sein de salles de concerts intimistes (du pavillon sauvage à Toulouse en passant par le Florida d’Agen) tout en plongeant le mélomane au sein d’un univers empreint d’onirisme.

« L’homme intérieur », premier long format du trio, intègre à la fois éléments électroniques et organiques. Un savant mélange de post-rock et d’électro rock. Ce disque est un véritable travail d’orfèvre qui puise son inspiration dans les blessures, les souffrances et la nostalgie…

L’originalité procède de la narration d’histoires aux subtilités insoupçonnées, parfois presque militantes, qui se construisent insidieusement et progressivement tout au long des dix morceaux constituant ce bel objet. On est donc loin du classicisme couplet/refrain. Plutôt, une déclinaison chantournée entre slam et rap.

La diction, souvent emphatique, parfois incantatoire, de Fabrice, laisse entrouvrir les portes obscures de l’inconscient où se mêlent horizons métaphoriques et méandres mélancoliques renforçant avec véhémence, mais sans jamais les dénaturer, le processus sensoriel et le fonctionnement de la pensée. Jubilatoire !

Cette poésie d’un art nouveau relate le plus souvent des sujets introspectifs. La plage éponyme décrit l’authenticité profonde, mais oh combien fragile, de la race humaine, par exemple.

Parfois, la thématique est plus pragmatique. « Le film est terminé » conte le regard d’un homme pétri d’émotions face à un passé qui semble à jamais torturé. On n’en sort pas indifférent !

Je recommande vivement l’écoute des dernières quarante-cinq secondes du disque. L’auteur y aborde la fin de vie, avec une approche pudique et poétique, comme quelque chose qui s’impose à l’être humain, majestueusement. Il compare la mort à la mer qu’on découvre la première fois. Emouvant !

Bref, vous l’aurez compris, les références dans des domaines connexes comme la musique, le cinéma et la littérature y sont légion !

Sans nul doute, un de mes coups de cœur cette année ! A recommander aux mélomanes, avides de sensations musicales nouvelles !

Corey Harris

Live! From Turtle Island

Écrit par

Correy Harris est un musicien de couleur noire qui pratique avant tout du blues, mais aussi du reggae. Agé de 46 ans, il est originaire du Colorado. Cet universitaire est bardé de diplômes. La sortie de son 1er elpee, "Between midnight and day" remonte à 1995. En 2002, il apporte sa collaboration au Malien Ali Farka Toure, pour enregistrer l’excellent opus "From Mississippi to Mali". Depuis, il a publié une belle volée d’albums sur les labels Alligator, Rounder et Telarc. Il est aussi à l'aise sur la guitare acoustique qu’électrique. En janvier 2013, Corey a signé chez Blues Boulevard ; et dans la foulée, gravé l’LP "Fulton Blues". Ce nouveau long playing a été immortalisé à l'Ile de la Tortue (Turtle Island), dans les Caraïbes. Lors des sessions, il a reçu la participation de quatre musicos, le pianiste/organiste Chris Whitley, le saxophoniste Gordon Jones, le bassiste Jayson Morgan et le batteur Paul Dudley.

"Santoro" ouvre la plaque. Empreinte de charme, cette plage met en exergue la voix puissante de Corey et le sax ténor de Saxman Jones. Basique, "E Blues" est un downhome blues inspiré par le traditionnel notoire "Catfish Blues", un morceau écrit et enregistré par Robert Petway, en 1941. Jones et Corey y excellent à nouveau, et ce dernier sur la gratte électrique. Il a composé "Sista Rose" en l'honneur de sa sœur, une plage séduisante imprimée sur le rythme accrocheur et festif du calypso, qui baigne dans la douceur et le soleil des Caraïbes. Corey nous entraîne ensuite en Jamaïque, lors d’un medley réunissant "Cleanliness"/"Babylon walls"/Ark of the Covenant", qui fait la part belle au reggae. Pas étonnant qu’il ait baptisé son backing group Rasta Blues Experience! "Sweatshop" continue dans le même registre, une piste à nouveau galvanisée par les interventions au saxophone. Jolie chanson soul, "More precious than gold" s’illustre par sa mélodie contagieuse. Un des sommets de cet opus caractérisé par une finale qui retombe joyeusement dans le reggae. Plus jazz et très rythmique, "Where all the kings gone" met en exergue piano et sax, avant que la basse de Brother J Morgan ne prenne le relais, pour s’autoriser un envol, en fin de parcours. Très dansant, "Better way" adopte le tempo rapide du ska. "Basheads" est abordé comme une longue jam. Les accords de gratte sont de plus en plus aventureux alors que le saxophone tutoie les sommets. "A Blues" clôt l’elpee, un superbe blues lent que chante Corey, avec un cœur gros comme ça! Excellent!

 

Ian Siegal

One night in Amsterdam

Écrit par

Chanteur, guitariste et compositeur, Ian Siegal est l'artiste anglais le plus populaire aujourd'hui dans les milieux du blues et de la roots music. Depuis le début de ce nouveau millénaire, il a publié toute une série d'albums, très bien reçus par le public et la critique. Il cumule les British Blues Awards depuis 2010. Cet opus a été immortalisé ‘live’ au North Sea Jazz Club, à Amsterdam, en avril 2014. Pour la circonstance, son backing group, The Rhythm Chiefs, réunit trois jeunots : le guitariste Dusty Ciggaar, le drummer Raphael Schwiddessen et le bassiste Danny Van't Hoff. Et ils sont bataves. Malgré son jeune âge, Ian a une voix déjà ravagée. Manifestement, l'artiste a déjà sa part de vécu. 

Le concert s’ouvre par une compo imprimée sur le rythme du chemin de fer. Pas étonnant, puisque la plage s’intitule "I am the train". Le très jeune Ciggaar s'affirme d’emblée ; un gratteur hyper doué qui s’est indéniablement forgé un style personnel. Funky, "Brandy balloon" évolue sur un tempo nerveux. Dusty est à nouveau très incisif sur cette piste qui figurait sur l’elpee "Meat & Potatoes", paru en 2005. La voix de Siegal emprunte un timbre caverneux, rugueux, digne de Howlin' Wolf, tout au long de "Kingdom Come", un titre issu de "Broadside", publié en 2009. Très belle compo, "Writing on the wall" est une cover d’un  combo de pub rock anglais, Plummet Airlines. Pas vraiment blues, ce morceau lorgne plutôt vers Van Morrison. Caractérisé par ses accents latins, le jeu de cordes est particulièrement original ; et, en outre, il est remarquable. Les musiciens sont parfaitement soudés. Le guitariste hongrois Ripoff Raskolnikov signe "Temporary", un excellente roots song. Les notes dispensées par Ciggaar sont d’une limpidité incroyable. "Early Grace" est un pur blues inspiré des maîtres originels du Delta. Ian a fixé son bottleneck. La musique est envoûtante, lumineuse, mais également extrêmement dépouillée. Perso, j’estime qu’il s’agit du meilleur moment du concert, tant l’artiste libère de sensibilité. La cover du "Gallo del cielo" de Tom Russell nous entraîne sur les pistes poussiéreuses du Texas. La pedal steel de Dusty réverbère d’évidents accents métalliques, tout au long de ce morceau qui baigne dans la country et le tex mex. Empreinte de douceur, "Queen of the Junior Prom" est une ballade composée par Siegal et Keith Harrison, il y a plus de dix ans. Elle figurait sur son premier LP, "Standing in the morning", un disque paru en 2002 sur le label allemand Taxim. En fin de show, Ian est rejoint par Tees Garthé, dont la voix douce et féminine soutient celle chargée de passion de Siegal, pour interpréter le Love hurts" de Bryant Boudleaux, un titre transformé en hit, il y a bien longtemps, par les Everly Brothers, puis plus tard, par Nazareth. Tees prête encore son timbre frêle sur la finale "Please don't fail me", écrite par Rudy Lentzen, un musicien d'origine indonésienne qui vit aux Pays-Bas. Encore une ballade roots, très inspirée par le blues, caractérisée par de belles parties de cordes. Un excellent concert!

 

The Spectors

Vraiment de belles voix…

Écrit par

Une belle soirée est programmée à deux pas de chez moi. Au Salon de Silly, une structure organisationnelle affiliée à Club PlaSMA (Plateforme des Scènes de Musiques Actuelles). Un passage obligé en Wallifornie pour les artistes et groupes émergents, mais également confirmés. Ce soir dans le cadre de l'échange linguistique 'Interclub Tour', le Salon présente une formation issue du Nord du Pays, The Spectors. Elle assure la première partie d’Experimental Tropic Blues Band, trio liégeois qui est venu présenter son concept album « The Belgians ».

Le line up implique trois jolies gonzesses : Marieke Hutsebaut à la basse et au chant, Hannah Vandenbusshe à la seconde voix et aux synthés ainsi que Stéphanie Mannaerts aux drums. Le line up est complété par deux gratteurs, Emiel et Maxiem Charlier ; ce dernier se chargeant également des parties vocales. Le combo brugeois vient de publier un premier elpee, « Light Stays Close », un disque dont l’expression sonore oscille entre new wave, indie rock et dream pop. Il a été enregistré sous la houlette de Chris Urbanowicz, ex-guitariste d'Editors.

Le band ouvre le bal par « Green Eyed Monster », une compo extraite de l’LP, caractérisée par une longue intro atmosphérique. Ce qui permet aux musicos de rentrer dans leur set. Hannah possède également un beau timbre et le démontre sur le très beau et séduisant « Flakey ». Place ensuite au titre maître de l’opus, avant d’aborder « Like Sand », une compo caractérisée par sa ligne de basse épurée. Conjugués, les vocaux des deux filles sont envoûtants. La frappe de la drummeuse est appliquée, métronomique, mais surtout efficace. Maxiem Charlier chante énergiquement « Going Down », un morceau issu du premier Ep. Et Marieke, tout en douceur le plus pop « Wish Me Away », un titre souligné d’interventions de cordes délicates. Elles deviennent même limpides tout au long de « Wrong », avant que le spectacle ne s’achève par les vaporeux « Nico » et « Drone ». Dommage que les musicos soient aussi statiques sur l’estrade, et puis que le volume sonore ait été aussi puissant. Ce serait à la demande du groupe. Néanmoins, The Spectors a assuré de belle manière son rôle de supporting act pour The Experimental Tropic Blues Band, dont le compte rendu est ici

(Organisation : Silly Concerts ASBL)

 

 

The Prodigy

Epileptiques s’abstenir…

Écrit par

En guise de clôture de leur tournée française destinée à promotionner leur sixième opus, « The Day is My Enemy », paru le 27 mars dernier, Prodigy se produisait ce dimanche 19 avril au Zénith Arena de Lille.
Petit rappels pour les novices, Liam Hewlett (compositeur, claviériste, et producteur), Keith Flint (chanteur et danseur) ainsi que Maxim Reality (chanteur) ont émergé de la scène électro londonienne en 1992. Un trio qui va littéralement exploser sur les dance floors, dès 1994, lors de la sortie de « Music for the Jitted Génération », sur lequel figurait le fameux Voodoo People. Au fil des succès, le combo va atteindre le top des charts, grâce à l’album « The Fat of the Land », gravé en 1997, sur lequel figure les ‘cultissimes’ « Smack My Bitch Up » et « Firestarter ».
 

En débarquant au Zénith, afin de décrocher mon précieux sésame, je constate qu’un nombre important de spectateurs se bouscule aux portillons, afin de pouvoir encore se procurer des places aux guichets.

19H35, Cosmo Sheldrake monte sur l’estrade. Il assure la première partie. Un jeune artiste londonien qui pratique un électro/folk particulièrement old school. L’ambiance est particulière ; et pour cause, le light show privilégie la couleur rouge. Malheureusement, le set se révèle un peu trop éclectique à mon goût. L’homme-orchestre ne manque pourtant pas de talent ; mais pas facile de convaincre un auditoire qui s’est exclusivement déplacé pour assister au show de Prodigy. D’ailleurs, tout au long de la prestation, la foule va exécuter un va-et-vient constant entre l’espace fumeur et la fosse. 

Et au fil du spectacle, elle va commencer à manifester son impatience, par des sifflets, voire des cris hostiles…

Un parfum de substances illicites commence à envahir la salle. Résultat, le personnel chargé de la sécurité est de plus en plus ‘à cran’.

Il est 21h40 quand le trio insulaire grimpe sur le podium pour un concert que tout le monde espère enflammer. Pas vu de flammes, mais plutôt beaucoup de fumée. On se croirait au sein du smog londonien. De quoi presque rendre jaloux William Turner. Les jeux de lumières sont saturés d’effets stroboscopiques. Epileptiques s’abstenir ! Impossible de distinguer quoi que ce soit. Il y a quand même un concert, car je reconnais le tube « Breathe ». Les clubbers s’en donnent à cœur joie. Et même les métalleux (aux cheveux longs) ainsi que les punks (le crâne rasé) se mettent à pogoter.  

Les singles du dernier opus s’enchaînent : « Nasty », « Omen »… dans la fosse c’est la guerre, tout le monde est en transe.

La fumée est toujours aussi dense et les stroboscopes redoublent d’oscillations. Et le fameux « Firestarter », autre classique du combo, vient tout faire péter. Derrière les manettes, Liam Howlett balance tube sur tube. A contrario, ses deux complices, Keith et Maxim, semblent ne plus rien contrôler, même si ce dernier cherche à mettre un peu plus d’ambiance, en balançant ses ‘Yeah! Yeah !’ ou encore ‘People from Lille’, à la manière d’un rappeur…

« Voodoo People » est toujours une véritable tuerie ; une compo terriblement puissante qui donne cette impression de vivre une énorme rave party. Et « Smack My Bitch Up » propulse définitivement les nightclubbers, dans une autre dimension.

En guise de rappel, Prodigy vient encore exécuter deux morceaux dont « Take Me To The Hospital », en guise d’assaut final. Un titre judicieux, au vu du champ de bataille laissé derrière lui, après de show…

Setlist :

1. Breathe
2. Nasty
3. Omen
4. Wild Frontier
5. Firestarter
6. Roadblox
7. Rok-Weiler
8. The Day Is My Enemy
9. Beyond the Deathray
10. Voodoo People
11. Get Your Fight On
12. Run With the Wolves
13. Wall of Death
14. Invaders Must Die
15. Medicine
16. Smack My Bitch Up

Rappel :

Their Law
Take Me to the Hospital

Voir aussi notre section photos ici

(Organisation : A GAuche de La Lune)

 

 

 

Groundation

Manque de peps!

Écrit par

Soirée Reggae Roots, ce 19 avril à l’AB. Ce n’est pas la grande foule quand votre serviteur débarque au 110 du Boulevard Anspach, vers18h30. En tête d’affiche Groundation, un groupe de reggae californien originaire de Sonoma (NDR : c’est en Californie du Nord).

Nahko and Medicine For The People assure le supporting act. Issu de Portland, dans l’Oregon, cet ensemble pratique un cocktail de hip-hop, de jazz, de country, de roots et de folk, tout en puisant ses racines dans la culture apache et portoricaine. L'Amérique profonde dans toute sa diversité ! Mais très susceptible de nous entraîner jusqu’à Kingston ! Le quatuor réunit deux préposés à la gratte électro-acoustique, Chase Makai et le chanteur et leader Nahko. Le line up est complété par une section rythmique impliquant le bassiste Thomas et le drummer Justin Chittams. Le combo compte, à ce jour, deux elpees, « On The Verge » paru en 2010 et « Dark As Night », en 2013. Et il a déjà réalisé les premières parties pour Michael Franti, Trevor Hall, Xavier Rudd et Soja.

Pas grand monde en début de show. Les spectateurs arrivent au compte-gouttes, mais le fan base se révèle bien actif. Faut aussi dire que leur set commence à 19h30 précises. Pourtant, dès le départ, le combo maîtrise parfaitement la situation. Nahko est une véritable bête de scène. Il bondit sur l’estrade ou arpente le podium de long en large. Il entre aussi rapidement en interactivité avec les  premiers rangs. Il excelle, tant au chant, à la gratte qu’aux claviers.

Le concert s’ouvre tout en douceur par « Aloha Ke Akua ». Nahko se consacre à la guitare électro-acoustique. Au départ la setlist était limitée à 5 titres. Elle va largement déborder, puisque le spectacle va dépasser les 50 minutes. A cause de cette intensité émotionnelle qui va permettre une totale communion entre les musicos et l’auditoire. Et puis de certaines attitudes. Comme celle au cours de laquelle les trois frontmen s’accroupissent, dos au public, devant le drummer. Responsable d’un solo d’enfer, il faut le souligner. Finalement, il n’y manquait que les percus (NDR : comme sur les vidéos postées sur YouTube), pour dynamiter leur prestation. Ce qui n’a pas empêché Nahko and Medicine For The People de chauffer idéalement l’ambiance avant de passer au plat de résitance. (Pour les photos voir ici)

La 'Groundation Day' est une fête importante de la Rastafariculture. Ce qui explique le choix du patronyme de ce combo yankee qui se réclame d’un nouveau genre, né de la rencontre entre du reggae roots authentique et du jazz à la fois cool et visionnaire. Le tout stimulé par du dub. Imaginez une rencontre hypothétique entre Bob Marley, Miles Davis, Burning Spear et John Coltrane, et vous aurez une petite idée du style proposé. Le band est drivé par Harrison Stafford. Un barbu qui se réserve le micro et la gratte. Il est soutenu par Marcus Urani (claviers, mélodica) et Ryan Newman (basse), des étudiants en musicologie, mais surtout des dingues de jazz et de reggae. Ils sont venus défendre leur huitième elpee, « A Miracle », un disque dont la pochette a été réalisée par Neville Garrick, directeur artistique de Bob Marley, à l’époque de « Rastaman Vibration », un long playing gravé en 1976. Lors des sessions, ils ont reçu le concours de ses deux anciennes choristes, en l’occurrence, Marcia Griffiths et Judy Mowatt. Elles ne participent cependant pas à la tournée. Pour la circonstance, elles ont été remplacées par Kim Pommell et Stephanie Wallace. Le line up est complété par le trompettiste David Chachere, le drummer Te Kanawa Haereiti, aka Rufus, et Mingo Lewis Junior aux percus et congas.

C’est sous un tonnerre d'applaudissements que Groundation (Pour les photos voir ) monte sur les planches. Evidemment, il y a pas mal de dreadlocks dans la fosse. Votre serviteur est bien assis au balcon et domine la situation. Le concert est presque sold out. Il fait très chaud et l'ambiance est à la fête. Balisé par les cuivres, « Libération Call » ouvre le set. Le spectre de Jah Rastafari plane. Les deux choristes ont un fameux coffre. Et parfois, la puissance de leur voix dépasse celle d'Harrison. Elles dansent, alors que les autres musicos sont plutôt statiques. Le mélodica met le nez à la fenêtre sur « Head Strong », un extrait d’« Each One Teach One », un LP paru en 2001. Iron y trace une longue ligne de basse. Marcus Urani improvise aux claviers sur « Riddim Hold Dem », une plage tirée du nouvel opus. Malgré un excellent départ, le set commence progressivement à patiner. Les impros jazzyfiantes s’éternisent. Et une certaine lassitude commence à m’envahir… La formation revient à Couleur Café cet été, et j'espère qu’elle manifestera davantage de ‘peps’. Franchement, votre serviteur avait déjà eu l’opportunité d’assister à un de leurs concerts, dans le cadre de ce festival, et il m’avait beaucoup mieux botté. Une petite déception, à contrario de Nahko, dont le concert m'a vraiment plu et que j'ai hâte de revoir.

(Organisation : Ancienne Belgique)

The Experimental Tropic Blues Band

La Belgique vue des Tropic…

Écrit par

The Experimental Tropic Blues Band présentait ce samedi au Salon à Silly « The Belgians ». Une soirée organisée dans le cadre de l’‘Interclubs Tour’, une initiative de Club Plasma et Clubcircuit, soutenue par SABAM for Culture.
Fers de lance de la scène belge, ces Liégeois ne sont pas nés de la dernière pluie. La formation s’est constituée de manière très étrange, en 2001, lors d’une fête organisée dans une école de photographie. Les trois potes se découvrent un attrait pour la musique et décident de se vouer corps et âme à cette belle, mais difficile, discipline.
Depuis, ils ont écumé pas mal de salles de concerts et de festivals. Ils ont ainsi eu l’opportunité d’ouvrir pour The Cramps, Bob Log III, Heavy Trash, JSBX, Andre Williams, The Soledad Brothers, Jay Reatard, The Black Lips, Jim Jones Review et j’en passe !
Après avoir publié un Ep (« Dynamite Boogie »), en 2005, et deux elpees, « Hellelujah » et « Captain Boogie », respectivement en 2007 et 2009, la consécration vient véritablement grâce au troisième opus intitulé « Liquid Love », un disque paru en 2011.
Enregistré à New York, dans le studio de Matt Verta-Ray (Heavy Trash), sous la houlette de Jon Spencer (JSBX, Heavy Trash, Boss Hogg, Pussy Galore), il a bien été reçu par la critique.
Réunissant Jean-Jacques ‘Boogie Serpent’ (guitare, voix), Jérémy ‘Sale Coq’ (guitare, voix) et d’un drummer (surnommé Devil d'Inferno) cousin lointain de Monsieur Propre, les gaillards se sont donc rebaptisés pour la circonstance ‘The Belgians’.
Le génial trio est venu ce soir défendre son improbable et dernier opus. Enfin, défendre est un bien grand mot puisque de l’aveu même du leader, le disque est invendable.
Cette parenthèse belgo-belge dans l’histoire du groupe se révèle de facto essentiellement taillée pour le live et difficilement exportable hors du Royaume. Dont acte !
Peut-être ont-ils voulu éviter les écueils d’une certaine routine et de s’enfermer dans un genre musical cadenassé pour démontrer qu’il était possible de faire preuve d’autodérision façon ‘Strip-tease’, l’émission qui déshabille !
Ces fous furieux dépeignent aujourd’hui, au travers de leur éphémère projet, le portrait d’une Belgique qu’ils veulent à leur image. A savoir gentiment, mais sincèrement déjantée !
Evoluant à mi-chemin entre kitsch et décalage torturé, la formation noire/jaune/rouge a tenu à rendre un hommage appuyé au plat pays qui est le nôtre sur fond de singularité, d’absurdité et de surréalisme. Le tout sur un ton décomplexé et foncièrement rock & roll. A la sauce Tropic quoi !

Comme on pouvait s’y attendre, cette ode électrisante s'ouvre donc tout naturellement sur l'hymne national. Une Brabançonne bien poisseuse et crasseuse comme on les aime ! S’ensuit une salve de titres qui adoptent différents profils : garage, davantage électro (voire new beat) ou plus dansant.

Une déferlante d’images et de vidéos projetées en continu sur un écran situé en arrière-plan illustre bien cette belgitude. La synchronisation avec le tapis musical est totale et savamment chronométrée. Un vrai travail de schizophrène !

Sans être exhaustif, on a pu voir nos différents Rois (Philippe, Baudouin, Albert II, etc.), mais aussi Eddy Merckx, Annie Cordy, Plastic Bertrand, Paul Vanden Boeynants, les diables rouges. Mais également des baraques à frites (quand même !), un type qui bouffe de la mayo à n’en plus finir (il finit même par dégueuler), les grandes grèves de 1960, l'affaire Dutroux sur fond de polémique et le drame provoqué par la tuerie de La Place Saint Lambert.

Le travail d’archives nécessaire afin de réaliser ce show visuel est absolument extraordinaire et intelligemment construit. Il met une nouvelle une fois la créativité du combo en exergue.

L’ambiance est survoltée et le public littéralement déchaîné. Foi de bourlingueur, j’ai rarement vu un parterre si festif !

Un aficionado est invité à monter sur le podium afin d’y accompagner le groupe. Armé d’une guitare électrique prêtée par l’artiste, notre hôte d’un soir fait fi de sa timidité passagère et balance, sourire hébété aux lèvres, tel un autiste, une salve de gammes aux oreilles de qui veut bien l’entendre.

Je suis convaincu que ce Sieur retiendra à jamais ce moment d’émotion !

Pendant ce temps, Jérémy a préféré descendre dans l’arène, tel un gladiateur des temps modernes. Voulant se délecter d’un spectacle dont il ignore l’issue, il effleure ici et là son jack sur la peau des spectateurs. Ce contact produit alors un son particulièrement amusant et décalé.

Plongé dans cette atmosphère survoltée, vêtu intégralement d’un rouge démonique pour l’occasion, il se défend, à maintes reprises, des élucubrations sexuelles qui lui traversent l’esprit. Le tout sous le regard médusé des convives présents dans la salle.

Pas gêné pour un sou, le gourou encourage alors l’auditoire à se livrer à un gang bang ! Plutôt sympa et original au fond !

Encouragé par une horde de femmes particulièrement chaudes et sexy, le tombeur, a déboutonné son pantalon et livre un service trois pièces bien membré, à la pilosité luxuriante. On n’oubliera pas au passage de remercier Dame nature pour cette générosité sans nom à faire pâlir de honte plus d’un homme…

Pris dans l’euphorie, je ne sais dire combien de temps a duré le set… à vue de nez, je dirais une grosse heure… Malgré une fatigue évidente, conséquence d’un savant mélange d’énergie déployée, de pintes ingurgitées et d’absorption de substances illicites, les gaillards reviennent pour un (très) long rappel. Est-ce là les effets du gingembre consommé sans la moindre modération tout au long du concert par les musicos de The Experimental Tropic Blues Band ?

Nul ne le saura, mais qu’importe après tout… ce qui est sûr, c’est que de tous les peuples de la Gaule, y’a pas à dire, ces trois Belges sont les plus braves !

Le support act était assuré par le nouvel espoir flamand, The Spectors. Un quintet dont on entendra parler ! (Voir compte-rendu concert ici)

(Organisation Club Plasma + Clubcircuit)

Allan Harris

Black Bar Jukebox

Écrit par

Epaulé par le producteur Brian Bacchus, vainqueur aux Grammy Awards pour son travail auprès de Gregory Porter et Norah Jones, le jazziste de Brooklyn, Allan Harris, dévoile « Black Bar Jukebox », son nouvel album solo, qui révèle le musicien new-yorkais étaler avec une classe folle, sa voix de velours à travers 13 titres au charme intemporel. Des morceaux qui devraient ravir les fans de Frank Sinatra et autres Tony Bennett. Composé à la fois de titres originaux mais surtout de reprises (notamment de John Mayer, Elton John et Kenny Rankin), « Black Bar Jukebox » possède cette élégance soul et jazzy vintage que seuls présentent ces titres sortis des mythiques clubs de jazz d’Harlem. S’il n’offre aucune réelle surprise dans son interprétation, Allan Harris s’érige en maître ès romantisme grâce à ses titres au groove imparable et chaleureux. Ce juke-box swinguant en diable accompagnera à merveille vos BBQ ou autres ballades automobiles estivales…

 

Martin Garrix

Don’t look down (single)

Écrit par

Enfin, il est arrivé. Le tant attendu premier morceau vocal de Martin Garrix est sur les ondes. Dévoilé en avant-première, lors de l’Ultra Music Festival, qui se déroulait en Afrique du Sud, le 14 février dernier, « Don’t look down » est le second titre du prochain opus du Hollandais, marqué par de nombreuses collaborations. Ici c’est auprès du chanteur américain Usher qu’il revient en force.

L’Anglais Ed Sheeran était pourtant attendu pour prêter sa voix à ce premier tube vocal de Martin Garrix, son label Spinnin’ Records en aura finalement décidé autrement. Et c’est en compagnie d’Usher que le jeune Batave s’est affiché pour la sortie de ce nouveau single. On avait déjà pu entendre la star US collaborer avec la scène EDM. C’était en 2011, sur l’album « Nothing but the Beat » de David Guetta pour le titre « Without You ».

A seulement 18 ans (il soufflera ses bougies le 14 mai prochain), le DJ originaire d’Amstelveen nous démontre encore une fois toute l’étendue de son talent. En s’offrant les services d’Usher, le quatrième DJ mondial, selon le dernier classement réalisé par le DJ Mag –enregistrant une progression de 36 places par rapport à 2013– nous offre une audacieuse collaboration.

« Don’t look down » est, certes, un titre plus classique que ce dont on a l’habitude d’entendre chez Martijn Garritsen –on pense notamment aux « Animals » ou encore « Tremor »– mais il est parfaitement taillé pour les radios. Les deux artistes nous avaient d’ailleurs mis l’eau à la bouche en publiant le 12 mars dernier sur les réseaux sociaux, un selfie en studio.

Fruit d’un virage musical voulu, ce morceau électro-pop, chanté, au style frais, a officiellement été dévoilé quelques heures avant la cérémonie des Youtube Music Awards, mi-mars. Les deux artistes n’apparaissent cependant pas dans le clip déjanté de ce single, où l’on voit un employé d’hôtel remuer ciel et terre afin d’attirer l’attention d’une séduisante cliente.

Révélé en 2013 par son tube planétaire « Animals » (écoulé à plus d’un million d’exemplaires au États-Unis), celui que l’on surnomme le mini Guetta nous prépare encore quelques belles surprises. L’album intitulé « +x » sortira dans le courant de l’année et laissera place à de nombreuses autres collaborations. On épinglera notamment la présence d’Ed Sheeran, Matisse & Sadko, David Guetta, Avicii, Tiësto ou encore Hardwell. On y retrouvera également le désormais célèbre « Forbidden Voices », titre paru le 6 février afin de remercier les dix millions d’abonnés sur sa page Facebook.

A l’écoute de cette nouvelle sortie, nul doute que 2015 sera pour le prodige batave une année riche en succès et qu’il occupera le devant des scènes avant même la sortie complète de son deuxième elpee. Près de 4 minutes de bonheur et de douceur endiablée qui vous laisseront sans voix. De bon augure pour la suite !

 

Cecile Doo-Kingué

Anybody listening

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Nés de parents camerounais, Cécile Doo-Kingué est née à New York City. Elle a vécu en France, aux Etats-Unis, et s’est établie aujourd'hui à Montréal, au Canada. Elle chante en s’accompagnant à la sèche, souvent d’une manière assez nerveuse. Son style ? Un cocktail de blues, de soul et d’afro-folk, dont elle puise les sources à ses origines et expériences diverses. En 2010, elle avait gravé "Freedom calling", un album autoproduit. Fin 2012, elle publie "Gris". Chanté dans la langue de Molière, il va lui permettre de décrocher plusieurs nominations locales. C’est toujours en solitaire, qu’elle a concocté "Anybody listening", sous-titré "Part 1 : Monologues" ; mais cette fois en anglais. Il s’agit du premier volet d’une future trilogie baptisée, "monologues" ; car c’est à elle seule qu’elle parle. Comme elle l'avoue, ses chansons traitent de ses expériences, bonnes et mauvaises, de ses vagues à l'âme, ses coups de gueule, ses vices et ses vertus. Sincère, courageuse et déterminée, elle veut rester elle-même.

"Make me" déborde de funk. Expressive, la voix de Cécile s’anime pour chasser le diable qui la possède. "Third World Child" est une compo introspective. Sur un motif inspiré du blues, cette très belle chanson à la mélodie délicate évoque ce que cette fille du tiers monde incarne. Elle plaque des accords secs et nerveux sur sa slide tout au long du très blues "Six letters", un titre qui dénonce le racisme et les atrocités commises un peu partout sur la planète. Cécile se veut positive sur "Little bit". Elle envoie un message d’amour à l’aide de notes guillerettes libérées par ses cordes. Tout au long de "Home", cette citoyenne du monde prône, tant en français qu’en anglais, la tolérance… Imprimé sur un pur rythme blues, "Bloodstained Vodka" est un manifeste pour la défense des droits civiques, de la condition féminine ainsi que de celle des gays qui vivent dans la Russie totalitaire de Poutine. Femme convaincue et convaincante, elle aborde les thèmes du vice et de la dépendance sur "Sweet talkin' devil" et "Animal Kingdom". Teinté de folk et de jazz, "Anybody listening" est une compo qui traite de la solitude ainsi que du besoin d'amour et de communication. Tout au long de cet opus, Miss Doo-Kingué défend ses visions personnelles de la ‘Condition Humaine’. Une œuvre bouleversante réalisée en solitaire, au sein de son propre studio, The Bedroom.

 

Adrian Crowley

Some Blue Morning

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Un jour comme un autre, en rentrant chez soi, on choisit de placer au hasard l’une des nouveautés musicales du moment dans son lecteur, de l’écouter d’une oreille distraite, en fond sonore. Le hasard a voulu qu’un samedi soir, elle soit happée par les premières notes de « Some Blue Morning », plage titulaire et éponyme de l’album d’Adrian Crowley. Et elle n’a été inattentive que durant les premières notes… J’écoute le disque une fois, deux fois, trois fois, je fouine un peu : « Some Blue Morning » constitue le septième opus de l’Irlandais et non pas le premier, comme je l’avais tout d’abord pensé… parce qu’il me semblait tout bonnement impossible d’être passé à côté d’un tel artiste !

On retrouve à ses côtés, en tant qu’ingénieur du son et producteur, mais également comme musicien, son ami de toujours Steve Shannon mais aussi Kevin Murphy (aux violoncelles), Katie Kim (pour les chœurs) et Emma Smith (aux violons notamment). Une fabuleuse équipe en compagnie de laquelle il a enregistré à Dublin ce septième effort studio et qui, on l’espère, l’accompagnera encore longtemps et pour cause : l’elpee fait la part belle aux arrangements, aux ambiances et au jeu sur les textures sonores.

C’est son parti pris depuis ses débuts, en 1999, lorsqu’il a gravé « A Strange Kind » : Adrian Crowley va à l’essentiel et le premier titre, « Some Blue Morning » donc, n’échappe pas à cette règle. Une vision ‘euphorique’ où les larmes font peu à peu place au ravissement (‘Some blue morning soon / We will rise and step into the glowing / Where once were tears there shall be gladness / Where once were splinters hope shall rise.’) Une idée qui traverse l’elpee et qu’on retrouve ici et là (‘The embers wink before they die’, dans par exemple « The Hungry Grass »). Adrian l’explique mieux que quiconque : son travail sur « Some Blue Morning » est différent de ce qu’il a pu faire, notamment sur le précédent LP, « I See Three Birds Flying », sans l’être totalement. ‘I wrote the songs for “I See Three Birds Flying” all in the same room and I wrote the songs for ‘Some Blue Morning’ in a different room… but both rooms are in the same house. I think that is an accurate description of my approach in more ways than one.’ (Propos d’Adrian Crowley recueillis par Mark Carry)

On retiendra « The Stranger », sans doute le morceau le plus personnel de « Some Blue Morning », le plus inspiré par la vie d’Adrian. « The Stranger », une lente rêverie dans les méandres de l’esprit d’un cœur brisé, de son introspection sur un amour qui a mal tourné.

Et dans le même temps on saluera le magnifique « The Wild Boar », véritable pièce maîtresse de l’œuvre à mon sens, un ‘spoken word’ inspiré autant par la mythologie celte que par des faits ‘récents’ (une histoire que l’Irlandais a entendue lors d’un passage chez nos voisins français). Adrian Crowley réussit ici le tour de force de moderniser la forme du conte et l’adapte à notre siècle tout en parvenant à captiver l’auditeur par l’histoire racontée prouvant, si besoin était, son implacable talent de storyteller. Et de refermer l’album par « Golden Palominos » qui malgré son sujet plus sombre (l’inévitable passage de nos vies) se permet une ‘envolée positive’ grâce à ses magnifiques arrangements.

Les fantômes de Leonard Cohen et de Nick Cave ne sont jamais loin de ce « Some Blue Morning » et l’oeuvre n’est donc clairement pas accessible à toutes les oreilles… Mais pour qui s’y risquerait, un verre de vieux bourbon à la main, au coin d’un bon feu de bois, plongé entre les cordes, les chœurs, les textures et les méandres de cet album, quel bonheur… Adrian Crowley ne se parviendra malheureusement pas davantage à se faire connaître chez nous s’il continue dans cette voie ; mais dieu que son chant sépulcral, hypnotique et authentique sur des harmonies de cordes sonne bien… Des contes ordinaires d’une puissance et d’une élégance rarement égalées.

Crime

Crime

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Piètre jeu de mot en guise d’intro… mais il serait criminel de passer à côté de cet album qui rend hommage à Crime, groupe culte américain qui a sévi de 1977 à 1979 dans la Bay Area. A l’origine, il réunissait Johnny Strike, Frankie Fix, Ron ‘The Ripper’ Greco et Ricky Tractor (viré par la suite et remplacé par Brittley Black). Sans surprise, le son et la production de l’ensemble s’avèrent particulièrement ‘garage’ ; mais c’est probablement la volonté du gang de San Francisco d’adopter des tonalités à la fois sales et punk ! Il y a un peu de Lou Reed dans la voix de Johnny Strike. Le gang californien ne lésine pas sur les riffs acérés de guitares. Ainsi, il nous propose une version plus crasseuse du « Rockin’ Weird » des Ramones, une autre bande trop rock’n’roll dont elle partage la triste nécrologie, suite aux excès en tous genres… Crime a ainsi été endeuillé par les disparitions successives de Ricky Tractor en 92, Frankie Fix en 96 et Brittley Black en 2004. En prenant l’initiative de publier cette compilation, la maison Munster a aussi voulu leur rendre hommage, à travers les trois singles produits par le groupe à l’époque ; et notamment la série de tubes punks bluesy (« Piss on Your Dog ») et sauvages (« Baby You’re So Repulsive », « Frustation ») ainsi qu’une version inédite et bien nerveuse du medley « Be Bop A Lula/Peggy Sue ». N’empêche, à cette époque, la musique était quand même moins aseptisée

 

John Campbell

Chin up

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Chanteur/compositeur/guitariste, John Campbelljohn est âgé de 60 balais. Ce Canadien vit sur l’Ile de Cape Breton, dans la province de Nova Scotia, à l'Est de son pays. Il apprend très jeune à jouer de la guitare et chope le virus du blues en écoutant Robert Johnson, Son House, Fred McDowell et son maître intemporel, BB King! Il devient rapidement un adepte de la guitare slide. Il cite, parmi ses maîtres, Sonny Landreth, Ry Cooder et Duane Allman. En 20 années d’expérience, il a aligné une belle brochette de disques, dont le premier, "How does it feel?", remonte à 1993. Depuis, il les publie sur des labels allemands. L'un de ses derniers, "Celtic Blues – Live in Hamburg", célébrait, en quelque sorte, ses racines celtiques. John signe les douze plages de "Chin up". Il les a enregistrées au sein de son propre studio, en compagnie de Neil Robertson à la batterie, Ronald Hynes à la basse et Robert Campbell aux claviers.

L’elpee s’ouvre par "The Memble boogie", un excellent boogie qui permet déjà à la slide de tirer son épingle du jeu. Et il déménage. Bien soutenu par sa section rythmique, John se consacre au dobro sur le nerveux "I got it all". Les sonorités sont particulièrement métalliques. Il se sert à nouveau de cet instrument pour attaquer "Meet my maker", alors qu’amplifiée, la slide pousse de petits cris. Les cordes sont vivifiantes tout au long de "The poor man says", un titre sculpté dans un funk rythmique. Et il est irrésistible. Le chant est épaulé par les voix féminines de Martha Mae et Megan. Un style qu’on retrouve régulièrement sur cet elpee. A l’instar de "Castaway" ou de l'excellent "Attitude", piste au cours de laquelle la gratte semble soudée à la basse, alors que la slide ne cesse de gémir. Robert Campbell siège derrière le piano sur "How stupid is that", une ballade roots qui permet au dobro de libérer ses plus beaux effets. Les accords de gratte sont légèrement réverbérés sur "Stop making excuses". Légèrement rock, ce blues constitue manifestement une des meilleures plages de l’opus. Blues/rock so british, "Sally in the Alley" évoque le Cream originel. Les accords de six cordes semblent même hantés par Eric Clapton voire Albert King. "Fantastico Supremo" est une plage ludique. John se réserve l’orgue et David Myles se consacre à la trompette sur "Good morning Mr Blue Sky", un titre qui véhicule des accents exotiques. Essentiellement acoustique, "She's gone – My little love song" clôt l’opus, un morceau caractérisé, de nouveau, par la présence très marquée du dobro.

 

Isaiah B. Brunt

Just the way that it goes

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De nationalité australienne Iasiah jouit d’une fameuse notoriété comme producteur. Et depuis bien longtemps. Disposant de son propre studio, il a notamment bossé pour Julio Iglesias, les Goo Goo Dolls mais aussi des groupes locaux comme Midnight Oil et Cold Chisel. Mais c’est avant tout un passionné de blues. Il a ainsi été élu comme ‘performer’ de l'année, en 2010, par la Blues Society de Sidney. En 2011, Brunt représente l'Australie à l'International Blues Challenge de Memphis. Puis publie un Ep 6 titres éponyme, en édition limitée. En 2013, il grave un long playing intitulé "Nursery Rhyme Blues". Pour la circonstance, il s’est rendu à New Orleans, aux studios Audiophile Recording. Il a mis en boîte neuf compositions personnelles. Lors des sessions, il a reçu le concours du bassiste Richard Bird, du batteur Mark Whitaker et du claviériste Mike Hood. Iasiah chante et joue de la guitare. Son blues est très personnel. Il en émane constamment un charme indéniable, une chaleur certaine. Et pourtant, l’artiste ne s'enflamme jamais. Il est cool, laidback comme on dit outre-Atlantique. 

Dès "She's s fine", on constate que la voix d’Iasiah est très expressive. Il la soutient de sa slide, mais bénéficie également du concours des interventions à l'orgue Hammond de Mike Hood, un élément important dans l’expression sonore de sa musique. L'atmosphère est toujours aussi flemmarde, tout au long du superbe "Let your heart know". Et comme les sessions se sont déroulées en Louisiane, on est naturellement plongé dans l'atmosphère paisible des swamps, réminiscente d’un certain Tony Joe White. Le Mississippi n'est pas loin, lorsque "The river runs high" adopte un profil blues basique. Kenny Claiborne (NDR : issu de la Crescent City, il est responsable d'un club sur Frenchmen Street, un des meilleurs de la Nouvelle Orléans, mais drive également son propre band) est à l’harmo et ses interventions sont blafardes… Mike Hood, un musicien local qui se produit régulièrement dans le quartier français, est remarquable aux ivoires, sur "Precious stone", une petite perle au tempo enfin plus enlevé. Superbe, "With a kiss" nous replonge dans le climat indolent. Langoureuse, la voix me rappelle quelque part celle du vétéran anglais, John Mayall. Les échanges opérés entre la slide à l’agonie et le piano sont de toute beauté. "Lover's blues" recouvre un chouia de rythme. L'orgue Hammond illumine "Just the way that it goes", alors que Brunt écrase légèrement les sonorités de ses cordes. Une langueur cadencée balise "Never give up", une piste au cours de laquelle le piano s’anime et la slide se met à gémir. Le mellotron de David Stocker dispense ses sonorités de cordes et de flûte, tout au long de "Which way to go", une finale mélancolique au cours de laquelle la ligne de basse tracée par Richard Bird sonne le glas...

 

Blind Alley

Primal Howl

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Le financement participatif opéré par la plateforme Kiss Kiss Bang Bang a permis à Blind Alley de publier un premier album, dont les titres ont été écrits lors de leurs voyages en Asie, entre 2011 et 2013. Le quintet est emmené par deux compositeurs : Zoé Jeanroy (chant et guitare) et Sébastien Kohler (guitare) ; ils sont soutenus par le bassiste Joris Coimbra, le batteur Clément Adolff et le violoniste alto Karam Al Zouhir, musicien de nationalité syrienne… Lors de leur périple accompli dans l’hexagone, le band a reçu le concours de musiciens indiens, soit Abhisek Lahiri au Sarod et Parthasarathi Mukherjee au tabla. Ce qui explique également leur participation aux sessions d’enregistrement.

L’opus s’ouvre par une intro orientaliste, avant d’embrayer par un psyché/prog/rock légèrement teinté de ‘world’, sur lequel Zoé vient poser sa voix puissante. « Primal Howl » a été enregistré au sein du studio Klein-Lebreau, dont le propriétaire n’est autre que le musicien et producteur Rodolphe Burger (ex-Kat Onoma). Il a ainsi donné le coup de pouce nécessaire aux Strasbourgeois pour nous livrer des compos tour à tour rock/blues (« Bipolar »), bien psychédéliques (« Battlefield »), mais de facture assez classique (NDR : parfois un peu trop). Le tout dans un climat qu’on pourrait rapprocher du « Kashmir » de Led Zeppelin (« Hearing the Call »)…

Bref, ne vous fiez pas à l’image inquiétante de la pochette de ce « Primal Howl », car les mélodies sont tellement lumineuses qu’elles offrent une belle ouverture sur la musique du monde…

 

Sonic Jesus

Neither Virtue Nor Anger

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Tout auréolé d’une couronne d’épines psychédélique sur le front, Sonic Jesus vient de débarquer.

Parrainé par Black Angels –une filiation concrétisée par un split single– ce combo italien est sans doute ce qui se fait de plus original dans un genre qui tend à se mordre la queue (NDR : même si la redondance appartient à ce mouvement).

Mais cette singularité procède surtout de sa large palettes d’influences, qui oscillent de Sisters Of Mercy à Can, en passant bien entendu par les inévitables et incontournables papes du style.

Ainsi « Locomotive », qui introduit ce premier opus, évoque l’ouverture du « Turn On The Bright Lights » d’Interpol.

Quand l’expression sonore est sur les rails, prête à traverser un climat ténébreux, perturbé et angoissant, une tempête sonique nous propulse dans la stratosphère avant de nous rabattre sur la terre, turbulence au cours de laquelle on croise des spectres de glace au profil gothique, rarement rencontrés sous ce format musical.

C’est sans doute ce qui fait la richesse de « Neither Virtue Nor Anger ».  

Drums martiaux, semblant émaner directement de l’enfer, voix d’outre-tombe, guitares fuzz fiévreuses, orgue dérangé et ligne de basse hypnotique, susceptible de broder des motifs en spirale ascensionnelles, alimentent cette atmosphère sépulcrale.

Dès les premières mesures, on est pris aux tripes. Peu de répit pour recouvrer son souffle, qu’on ne souhaite de toute façon pas reprendre.

C’est donc haletant qu’on arrive au bout du premier CD, se précipitant tout de go sur la suite.

Car Sonic Jesus ne se la joue pas à l’économie. Il y a de la quantité sur ces deux disques. 16 titres. Et surtout de la qualité.

À l’image de cette Pietà illustrant la pochette, le band confère à sa musique un romantisme torturé et une folie électrique, comme si un ange déchu avait été jeté dans le tourbillon des flammes de l’empire des morts, suite à une descente psychotrope hallucinée.

Puissant mais chargé de nuances, cet opus traduit un cri primal et urgent destiné à dépasser les cimes de l’indifférence. Un premier essai qui marque le premier pas d’une discographie qu’on souhaite prolifique.

 

Godspeed You ! Black Emperor

La quadrature du post rock…

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Faudra quand même qu’on m’explique pourquoi un concours permettant de gagner 2 x 2 entrées pour un concert presque sold out, n’enregistre aucun participant, alors qu’il est référencé en première page sur le moteur de recherche Google. Et à la 6ème place ! Bien sûr, il n’y a eu que 5 jours de délai pour que les internautes puissent tenter de décrocher ces sésames ; mais de là à qu’aucun d’entre eux ne se manifeste, alors qu’il arrive fréquemment que Musiczine enregistre plus de 500 participants, on a le droit de se poser des questions. D’autant plus que le concert prévu au Botanique, était déjà comble depuis quelques semaines.

Bref, venons-en au spectacle de ce jeudi soir. L’Aéronef est donc bondé pour accueillir Godspeed You ! Black Emperor, une référence majeure dans l’univers du post rock. La formation canadienne est repartie en tournée, pour défendre son dernier album paru fin mars, « Asunder, Sweet and Other Distress ». Perso, ce style de musique n’est pas vraiment ma tasse de thé, mais une telle opportunité se reproduit rarement deux fois.

Carla Bozulich assure le supporting act. Ex-Geraldine Fibbers et Scarnella, elle milite toujours chez Evangelista ; mais elle mène également, en parallèle, une carrière solo. Lorsqu’elle monte sur les planches, elle est armée de sa guitare électrique et est uniquement soutenue par un second gratteur, qui se charge également des bidouillages électroniques et des samples. La musique est aride, gothique, expérimentale, et la voix de Carla, puissante mais bien timbrée. Un peu dans le registre de Patti Smith. Elle est même parfois déclamatoire. Et en fin de parcours, elle va même interpréter un chant traditionnel celtique, a cappella. Au milieu du set, qui durera quand même 40 minutes, deux membres de Godspeed, aux drums et à la basse, viennent renforcer le duo et surtout donner de la percussion au titre proposé. Cette fille a un énorme potentiel ; mais vu la forme expérimentale de sa musique, je crains fort qu’elle ne végète encore longtemps dans la zone crépusculaire de l’underground…

Dès la fin du concert, Carla et quelques roadies démontent leur matos, alors que les musicos de GY !BE viennent réaliser leur soundcheck à tour de rôle.

A 9h30, les lumières s’éteignent. Il ne reste que 6 spots rouges blafards qui vont éclairer tout le spectacle. Autrement dit, les photographes vont morfler ! Un long drone de 10 minutes se répand dans l’atmosphère. Passé cette intro, les musiciens viennent prendre place. Un peu comme s’ils formaient un cercle. En chercheraient-ils la quadrature ? Ou tout simplement à y concentrer l’esprit du post rock ? Les trois guitaristes sont assis. Deux à gauche et un à l’avant-plan, à l’extrême droite. Mais tous semblent observer une machine insolite placée au milieu de l’estrade. Un des drummers est presque caché derrière des amplis et des baffles. Enfin, de l’endroit où je me trouve alors. L’autre, par les deux bassistes (l’un des deux joue également de la contrebasse ou du violoncelle sur ce qui doit sans doute être une double basse), qui se produisent devant lui. Il reste la violoniste, Sophie Trudeau, placée à la droite de la scène, et manifestement c’est elle qui remue le plus sur les planches (NDR : difficile de ne pas bouger les bras, quand on doit se servir d’un archet !) Des images sont projetées sur l’écran, en arrière-plan, sur lequel revient régulièrement le mot « Hope », c’est le titre de la compo. Des compositions très longues, orchestrales (NDR : normal, il n’y a pas de chanteur !), construites, pour la plupart, sur le même schéma. C’est-à-dire en crescendo, permettant à l’un ou l’autre instrument d’apporter de la variation, surtout le violon, dont les sonorités oscillent entre les plus feutrées et les plus frénétiques, avant que l’ensemble n’atteigne une intensité épique, mais ténébreuse, puis de retomber progressivement vers un climat plus paisible. Une intensité qui prend même une forme orientaliste sur « Mladic », un peu dans l’esprit du Led Zeppelin (pensez à « Kashmir »). Le plus souvent en noir et blanc, les images qui défilent nous proposent, tour à tour, des paysages hivernaux, des dossiers manuscrits ou tapés à l’aide d’une vieille machine à écrire, épinglant une photographie, des images tournées depuis un train qui circule et passe en dessous d’un tunnel, ces dernières dédoublées mais enregistrées à des moment différents… mais quand même quelques fleurs… surprise elles sont en couleur. Ces projections véhiculent toutes des messages sociopolitiques spécifiques et engagés. Il ne faut pas oublier que les membres du collectif sont ouvertement anticapitalistes et son leader, Efrim Menuck, a participé aux manifestations du printemps érable. Hormis la violoniste et dans une mesure toute relative, le contrebassiste/violoncelliste, sans doute les moins statiques, tous les autres membres se concentrent sur leur instrument. Pas de show, rien que de la musique. Au bout de près de deux heures, un nouveau drone, clôt le concert, moment choisi par les musicos de Godspeed You ! Black Emperor de quitter le podium, l’un après l’autre, après avoir fait un petit signe de la main, pour prendre congé de l’auditoire. A cet instant, votre serviteur est placé près de la table de mixage dont les curseurs montent encore à 105 db. Pas étonnant que le lendemain, mes portugaises étaient encore ensablées…

(Organisation Aéronef)   

Setlist

1. Hope Drone
2. Rockets Fall on Rocket Falls
3. Mladic
4. Moya
5. ?
6. Peasantry or 'Light! Inside of Light!
7. Lambs' Breath
8. Asunder, Sweet
9. Piss Crowns Are Trebled 

 

Sharon Van Etten

Soigneusement en place, peut-être un peu trop…

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L’occasion était belle de découvrir enfin le Reflektor, première salle de concert d’une réelle envergure à Liège.
Inauguré début mars, ce nouvel écrin a déjà eu l’occasion d’accueillir, entre autres, Jean-Louis Murat et Oscar and The Wolf.
Perso, le concert de la petite folkeuse américaine était une belle opportunité de vérifier tout le bien qui avait déjà été dit au sujet de cet endroit.
Et force est de constater que Liège possède (enfin !) un lieu digne du nom en matière d’investissement musical.
Si les proportions de l’endroit restent modestes (on y entassera quand même près de six cent personnes les soirs de gala), il faut reconnaître que ouatée et teintée de reflets bleus, son atmopshère est manifestement propice à bien des réjouissances.
Et puis, surtout, l’acoustique est absolument bluffante.
Bref, d’excellentes conditions pour apprécier pleinement le spectacle de ce soir, tout comme ceux programmés dans le futur.

Peu de monde à l’entame de cette soirée aux abords intimistes.

Le seul Sam Amidon est donc contraint de chauffer la salle, armé de sa guitare sèche ou de son banjo.

Un exercice périlleux auquel l’Américain semble néanmoins rôdé.

Pour attachantes que sont ses chansons sur support physique, sa prestation ne m’emballe guère.

Si les plus polies des oreilles daignent refuser l’appel d’une bière savourée en terrasse, les autres s’esquivent par grappes au fil du set.

Vous laissant deviner à quelle catégorie appartient mon appareil auditif, laissez-moi enchaîner sans plus attendre sur le concert ce la charmante Sharon.

Faisons fi de toute surprise.

Il semble évident que chaque spectateur sait à quoi s’attendre.

Et Sharon Van Etten n’est pas du genre à décevoir ses fans.

Si l’artiste s’excuse pour les quelques approximations rencontrées, suite à la mise en place de son groupe qui la rejoint pour le premier soir, pas un spectateur présent ne pensera à lui en tenir rigueur.

Car ici, tout est soigneusement mis en place, et rien ne semble dépasser.

La configuration scénique du band, installé en arc de cercle, ouvre directement la voie de la modestie, mais certainement pas de l’effacement.

Car la voix a, au fil du temps, gagné en assurance.

La présence sera donc opérée par le biais de ce vecteur.

Les interventions entre les morceaux sont un peu formatées, certes, mais l’émotion transmise pendant l’exécution des morceaux, assure son quota de frissons.

Le répertoire gonflé d’amertume s’égrène comme un chapelet, à peine secoué par quelques vagues électriques.

Pas de mise en danger, mais une constante mise en abîme qui tire ici quelques larmes, là  quelques zestes de bonheur.

Voilà, cela s’arrête là. Tout simplement.

Les fans savent pourquoi.

Je ne fais pas partie de cette catégorie.

Donc je me suis un peu lassé...

Faut dire que j’avais déjà vu.

Du coup, mes portugaises allaient de temps à autre prendre la température au dehors, mon gosier clapotait dans une bière ou mes lèvres tiraient longuement sur une cigarette, avant de revenir et de constater que tout était toujours parfaitement coordonné...

Rien à reprocher, rien à regretter.

Une excellente soirée qui s’achève au final devant un point merchandising étonnamment déserté.

Par les fans, mais aussi par Sharon elle même.

Dommage, quelques prétendants l’attendaient de pied ferme !

(Organisation : Les Ardentes)

Photos concert du 17 avril au Botanique :

http://musiczine.lavenir.net/fr/photos/sam-amidon-17-04-2015/
http://musiczine.lavenir.net/fr/photos/sharon-van-etten-17-04-2015/

 

 

Godflesh

Monstre bicéphale et autres mutants en marge du BIFFF

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Dans cette chronique vous allez constater que les créatures les plus étranges ne se rencontrent pas qu'au fameux BIFFF mais également à L'Avenue du Port.
Certainement moins démonstratives qu'au Bal des Vampires, elles n'en créent pas moins des univers fascinants et surnaturels laissant loin derrière elles la réalité ou tout au moins la vision que la plupart de nous en ont.

Prenons par exemple FUJAKO, fondé par Niko Esterle (aka Ripit, Solar Skeletons) et Jonathan Uliel Saldanha (HHY & The Macumbas, Soopa), il reste  probablement le secret le mieux gardé de l'underground bruxello-portugais.

En effet ses concerts belges se déroulent le plus souvent dans la capitale, à l'exception de quelques dates dans la partie flamande du pays (organisateurs wallons avisés si vous nous lisez...) Ce qui ne l'empêche toutefois pas de se produire au Berghain (temple des nuits berlinoises branchées) ou de partager l'affiche aux côtés de Moon Duo ou encore Gazelle Twin, lors de ses escapades en terres étrangères.

Et donc késako FUJAKO? Des sorciers de l'onde sonore qui trafiquent les basses fréquences comme les plus hautes sur des beats claudicants dont l'apparente maladresse n'est qu'un subterfuge destiné à embrouiller les pas de danse hésitants d'un public encore un peu clairsemé ce soir. Hip hop ? Dub ? Expérimental ? C'est un peu tout ça à la fois, mais en dépassant les étiquettes toutes faites ; ça joue dans la marge et ça intrigue les oreilles en quête de nouvelles sensations. On regrettera juste l'absence de MC's (dont ils ont l'habitude de s'entourer en studio) pour donner peut-être davantage de présence à leur live ou en tout cas un élément qui permette de ‘lier la sauce’, tant il est vrai que démarrer une soirée à 20 heures par ce genre de performance n'est pas forcément chose aisée. Mais si les fans de Godflesh les moins ouverts se sont peut-être interrogés sur la pertinence de cette première partie, ceux qui connaissent mieux les différentes facettes de leur leader Justin Broadrick –et plus particulièrement Techno Animal– auront peut-être plus aisément établi le lien avec les nappes de sons abstraites, les infrabasses sourdes et les ambiances claustrophobes que l'on retrouve également chez Fujako.

Penchons-nous à présent sur le cas Godflesh, monstre bicéphale dont vous avez peut-être aperçu le nom sur un t-shirt porté par un des membres de Ministry, Fear Factory, Pitch Shifter ou qui sais-je encore? Contrairement à ceux-ci et bien que cité comme influence par des artistes au compte en banque autrement mieux garni, leur musique ne leur a jamais rempli les poches... Pas de justice dans le show-biz me direz-vous? Pas faux... sauf qu'une petite dizaine d'années après la dissolution du groupe, à l'aube d'une tournée américaine, JK Broadrick décide de réactiver sa créature hybride nous laissant espérer le meilleur. Et après un premier crochet par cette salle en 2013 pour rejouer essentiellement l'album "Streetcleaner", devenu culte depuis sa sortie en 1989, ils revenaient cette fois-ci défendre un nouvel opus précédé lui-même d'un Ep des plus prometteurs. Deux oeuvres dans lesquelles ils puiseront abondamment pour établir la set list de ce soir.

Leur live commence par un long drone qui s'étire en attendant qu'apparaissent les projections et que le laptop en bord de scène daigne émettre un son. Si celui-ci finit par obtempérer, l'écran vidéo restera quant à lui désespérément 'blanc'. Qu'à cela ne tienne, le contretemps est oublié quand résonne "New Dark Ages", la plage d'ouverture du dernier opus, "A world lit only by fire". A une époque où l'on semble régresser plus qu'évoluer, où l'obscurantisme fait des ravages dans les esprits gagnés par la peur du lendemain, il fallait au moins un brûlot de cette envergure pour rallumer nos âmes. Extrêmement puissant et suffocant, le son du duo de Birmingham m'électrise d'emblée mais c'est à partir du 3ème morceau que je prends réellement mon pied grâce à "Shut me Down" une sorte de funk metal mutant hyper lourd, menaçant, dont le putain de groove est capable de décoiffer les chauves! Dire que j'avais fait la fine bouche à l'écoute de leurs dernières compos, il fallait les voir prendre vie sur scène pour laisser tout doute de côté. Après avoir égrené nombre de leurs titres les plus récents, ils s'attaquent aux ‘vieux classiques’ pour le plus grand plaisir d'une audience assez réactive. Les imparables "Christbait Rising", "Streetcleaner" ou "Like Rats" mais aussi "Brand new Spite", devenu un involontaire précurseur du néo-métal (sic!) à cause de son mélange de guitares lourdes et de rythmes hip-hop, sans oublier "Crush my Soul", caractérisé par ses pulsations electro-indus. Et puis histoire que la boucle soit parfaite, c'est par un drone que s'achève cette excellente prestation, en tout cas leur meilleure qu’il m'ait été donné d'assister et pas la dernière j'espère!

(Organisation Magasin 4)

Une maîtresse de rêve pour The Vaccines…

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The Vaccines vient de publier un nouveau single. Intitulé « Dream Lover », il figurera sur son nouvel album « English Graffiti ».

La formation s’est produite au SxSW Festival à Austin, au Texas, et ses concerts au Royaume-Uni sont tous complets !

« English Graffiti » sortira le 25 mai ; et le dimanche 28 juin, le combo anglais est à l’affiche du Rock Werchter.

Découvrez la vidéo ici 

http://www.thevaccines.com