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dEUS - 19/03/2026
Suede 12-03-26
Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

lundi, 01 juillet 2019 16:04

Paradox

« Paradox » constitue la bande originale du film du même nom, réalisé par la compagne de Neil Young, l’actrice Darryl Hannah. Un western tourné dans les Rocheuses, au Canada et aux States, au cours duquel le Canadien et les musiciens de Promise of The Real jouent le rôle de cow-boys plongés dans une aventure futuriste et surtout farfelue.

Il s’agit cependant du troisième LP pour lequel le Canadien a reçu le concours de cette formation, au sein de laquelle figurent les fils de Willie Nelson. Sur les 21 plages de ce long playing, figurent de nombreux interludes, parfois de quelques secondes, qui ont également servi à la B.O. de ce moyen métrage (NDR : 1h13). L’opus alterne morceaux acoustiques et électriques. Il y a même un extrait de 46’, réservé au « Happy together » des Turtles, chanté quasi-a cappella, si on ne tient pas compte des sifflotements et des quelques accords de banjo. D’ailleurs, de nombreux titres semblent avoir été enregistrés atour d’un feu de camp.

On va donc ce pencher sur la quintessence de cet opus. Côté ‘unplugged’, on épinglera une version épurée de « Show me », une plage issue de « Peace trail », qui aurait pu figurer sur l’album « Harvest ». Puis le titre maître de cet opus susvisé, interprété à l’orgue à soufflets. Tout comme le crépusculaire « Pocahontas ». Lukas, le fils de Willie, se consacre au micro sur quelques morceaux, dont le blues « How long » et « Diggin’ in the dirt » composé par Neil et les deux fistons du légendaire octogénaire. Face électrique, l’elpee recèle une adaptation de « Cowgirl in the sand » (« Everybody knows this is nowhere ») rebaptisée pour la circonstance « Cowgirl jam ». Dix minutes instrumentales, chargées d’intensité crazyhorsienne. Dommage, que la voix du Canadien soit totalement absente. Puis deux pistes imprimées sur un tempo tribal, amérindien, soit « Hey » et encore un blues intitulé « Running to the silver eagle ».

Bref, en tirant dans toutes le directions, Neil et sa bande n’ont blessé personne. C’était du cinéma ! D’ailleurs en final, caractérisé par sa jolie mélodie et ses arrangements à la Walt Disney, « Tumblewood » pourrait servir à la bande originale d’un dessin animé pour enfants. Un autre paradoxe !

 

vendredi, 25 mai 2018 18:53

Scream Above the Sounds

« Scream Above the Sounds » constitue le 10ème elpee de Stereophonics. Un disque paru dans le cadre de son 25ème anniversaire d’existence. Première constatation, le chanteur, Kelly Jones, a toujours cette voix savoureusement écorchée, qui rappelle tour à tour Rod Stewart ou Mike Scott. Et curieusement, hymnique, le premier titre, aurait pu figurer au répertoire des  Waterboys. L’opus recèle plusieurs ballades, souvent émouvantes, parfois mid tempo, dont la finale, « Elevators », est bercée par les sonorités tintinnabulantes de la guitare, un peu comme chez REM, des sonorités pimentées par les gémissements de la slide. Mais la plus réussie est sans doute « What’s all the fuss about ». Soulignée de chœurs, elle est sublimée par des interventions de trompette bouchée, dispensées en filigrane. Les musiciens de Radiohead devraient apprécier. Un saxophone jazzyfiant colore également l’allègre et spasmodique « Geronimo », une piste qui s’appuie sur les accords du piano. Entraînants et offensifs, « Cryin’ in your beer » et « Chances are » sont deux excellents rock’n’roll ; le premier est traversé, en milieu de parcours, par une intervention frénétique au sax, et le second concède des accents blues/rock ‘zztopiens’. Malgré quelques plages qui trempent dans le mélo FM, l’album est, dans son ensemble, plutôt agréable à écouter…

 

Lenny Kravitz vient de publier « It’s enough », un single qui figurera sur son nouvel album, dont la sortie est prévue pour le 7 septembre. Intitulé « Raise Vibration », ce sera son 11ème opus. Doublé d’un clip vidéo engagé (voir ici ) Le single constitue une réflexion tendue et déterminante sur le cours actuel des événements. Il y raconte : ‘J'en ai assez du racisme. J'en ai assez de la guerre. J'en ai assez de la destruction de l'environnement et de la cupidité et de la malhonnêteté des dirigeants du monde. Nous devons nous remettre sur la bonne voie pour aller vers une meilleure compréhension…’

Le New-yorkais se produira ce 15 juin au Sportpaleis d’Anvers.

Après avoir gravé deux Eps, Rolling Blackouts Coastal Fever publiera son premier album ce 16 juin 2018. Il s’intitulera « Hope Downs ». Issu de Melbourne, ce quintet a la particularité de disposer de trois chanteurs/guitaristes. Si vous avez aimé les Go-Betweens ou la scène néo-zélandaise du label Flying Nun (NDR : pensez à The Bats, The Chills ou encore Jean-Paul Sartre Experience), vous allez adorer Rolling Blackouts C.F… 

En concert le jeudi 31 mai à l’AB Club et dans le cadre de l’édition 2018 du Pukkelpop, ce 18 août.

Le clip de « Talking straight », une plage issue du nouvel opus, est ici

http://www.rollingblackoutsband.com/

https://rollingblackoutscoastalfever.bandcamp.com/

 

 

jeudi, 03 mai 2018 03:00

Pas de la petite bière…

Responsable de quatre elpees à ce jour, dont le dernier « Relatives In Descent » est paru l’an dernier (NDR : un opus qui figurait dans le Top 20 de votre serviteur), Protomartyr se produisait ce jeudi 3 mai en la salle De Kreun, à Courtrai. Issu du Michigan, de Detroit très exactement, ce quatuor pratique une forme de post punk qui doit autant à Joy Division que The Fall. Compte-rendu.

C’est Tyvek qui ouvre le bal. Un autre quartet également issu de la même Motor City. Mais à coloration légèrement féminine, puisqu’il implique une guitariste. Malheureusement, au bout de deux morceaux, les oreilles incitent à battre en retrait. En cause : des balances désastreuses et un volume sonore bien trop élevé. Surtout pour un supporting act. Dommage, car le band possède une belle notoriété sur la scène underground, compte une solide discographie et partage même régulièrement les planches avec la tête d’affiche… (voir photos ici)

Chaque musicien de Protomartyr semble venir d’un univers différent. Chevelu, balaise et barbu, le bassiste campe un look de métalleux. Hormis la tignasse en gâteau de riz, le guitariste ressemble à Baptiste Lalieu, le leader de Saule. Vêtu d’une veste grise et d’un pantalon foncé, Joe Casey, le chanteur, est un personnage anti-charismatique par excellence. Seul le drummer a une tête… de personnage lambda. Une petite table a été installée près du vocaliste, sur laquelle sont alignées quelques bouteilles de bière. Souvent, entre les morceaux, il les boit au goulot ou verse le contenu dans un verre en plastique, qu’il emmène alors avec lui tout en déambulant sur l’estrade. Il prêche plus qu’il ne chante, d’une voix déclamatoire, un peu à la manière de Nick Cave, des textes profonds, complexes, notamment sur la désintégration de la politique américaine.

C’est le batteur qui trace le fil rouge de la musique, selon un drumming qui peut se révéler ample, syncopé, hypnotique, tumultueux ou luxuriant, alors que cotonneuse, la ligne de basse adopte résolument un ton cold wave, tout en s’intégrant parfaitement à la section rythmique.  

Casey se tient droit. Son pied de microphone est légèrement plus haut que sa tête, qu’il lève pour chanter, menacer ou rugir. On dirait un prof mécontent qui exprime sa rage, son exaspération et ses angoisses. Chaque syllabe est chargée de venin. Plus puissante que la précédente, elle est répétée pour qu’elle pénètre bien dans votre matière grise.

Au cours de la première partie du show, les morceaux s’enchaînent sans temps mort, et le chanteur ne remercie l’auditoire qu’après quelques morceaux. Les accords de gratte de Greg Ahee sont alternativement complexes, répétitifs, caustiques, sauvages, vibrants ou tintinnabulants, et rappellent parfois ceux dispensé par Justin Jones, au sein d’And Also The Trees. Et tout particulièrement sur le remarquable « A private understanding. Au fil du set, le son devient de plus en plus puissant, peut-être un peu trop. Si bien qu’avant le rappel, lorsque Joe vient s’adresser à la foule, difficile de comprendre ce qu’il raconte, tellement on a les oreilles en compote.

Si le set s’ouvre par « My children », un morceau dont la mélodie me fait furieusement penser aux Stranglers circa « No more heroes », lors du rappel, c’est à nouveau dans un même climat que l’excellent « Why does it shake ? » va d’abord nous replonger, avant d’entamer des méandres sonores énigmatiques et éruptifs. Et la prestation de s’achever par le post punk bien enlevé, « Scum Rise ! ». Si ce public constitué essentiellement de quadras et de quinquas semble beaucoup apprécier la prestation, chante même ou hoche gentiment la tête, il reste plutôt calme, alors que 35 ans plus tôt, à l’écoute d’une telle musique, il se serait mis à pogoter… il est vrai que depuis, beaucoup d’eau est passée sous les ponts, et qu’en outre, ce concert n’était pas de la petite bière… (voir photos )

(Organisation : Wilde Westen)

 

 

dimanche, 29 avril 2018 19:42

Une session live pour Einar Stray Orchestra

Reconnaissant pour influence majeures Sufjan Stevens, Bright Eyes, et Godspeed You! Black Emperor, Einar Stray Orchestra est une formation norvégienne responsable de 3 elpees à ce jour. Sa musique oscille entre musique de chambre, pop indie et post rock. Elle vient d’immortaliser une session ‘live’ au Funkhaus de Berlin. Et le résultat tient plutôt bien la route. Jugez plutôt ici

https://einarstrayorchestra.bandcamp.com/

 

dimanche, 29 avril 2018 19:04

Crowdfuning pour Sarah Carlier

Sarah Carlier sollicite une contribution participative des internautes (crowdfunding) pour financer l’enregistrement et la promotion de son quatrième album sur le site KissKissBangBang. Elle avait déjà eu recours à ce type de financement pour « For those who believe », son deuxième elpee, paru en 2011 (« AkaStarter ») ainsi que le « Live Flagey 2013 ». Après avoir gravé un troisième opus sur fonds propres (« SMS »), elle a réalisé qu’elle n’était plus en harmonie avec elle-même et a traversé une longue phase de remise en question et de réflexion.

4 600 euros ont déjà été récoltés grâce à 26 internautes. Il ne reste plus que 46 jours pour récolter le reste de la somme ou plus et atteindre l’objectif espéré.

https://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/sarah-carlier-new-album

http://sarahcarlierofficiel.com/

 

dimanche, 15 avril 2018 17:33

Castle Spell

Deuxième opus pour ce duo portugais réunissant Carolina Brandão et Carlos de Jesus. Il fait suite à « The intergalactic guide to find the red cowboy », paru en 2017. La musique de Sunflowers puise manifestement son inspiration majeure sur la scène yankee, et tout particulièrement les Cramps, Jon Spencer Blues Explosion et les B52’s. Les B52’s lorsque les répliques vocales rappellent celles échangées entre Fred Schneider et Kate Pierson. Jon Spencer pour cet aspect revêche et sauvage du punk. Et le recours au thérémine. Enfin les Cramps, pour le tempo tribal, enlevé, hypnotique, parfois même obsessionnel. Le spectre des Ventures, plane cependant tout au long du surf/garage/flamenco « Surfin with the phantom », un morceau à l’atmosphère cinématographique (Tarantino ?) et puis le furieux « A spasmatic milkshake ». Quelques traces de Sonic Youth contaminent le titre maître, alors que la mélodie tourmentée du plus pop, mais angoissant « The Maze (Act1-2) » s’étire sur plus de 6’30. Et dans un registre plus viscéral, « Monomania » bénéficie d’un refrain accrocheur. Enfin, si la nonchalance de « We have always lived in the Palace » lorgne vers le Velvet Underground, le recours au mellotron apporte une coloration un peu kitsch à la plage. Bref, un album percutant !

 

Fille du regretté Gaston Mandeville, Samuele est canadienne. Québecquoise, très exactement. Engagée en faveur des minorités queer et des droits des femmes, elle nous propose son second long playing. Et le titre d’entrée, « Egalité de papier », est une ode au féminisme, un spoken word sur le discours égalitaire et la place réservée aux femmes dans la sphère sociale. La deuxième piste, « La sortie », traite de la solidarité féminine et de l’autodétermination. Bref, le ton est donné. Ce qui n’empêche pas l’artiste d’écrire également des chansons d’amour. Alternant compos bien électriques, qui auraient pu figurer au répertoire de Stephen Stills (NDR : mais alors dans la langue de Shakespeare), qu’elle enrichit circonstanciellement de cuivres, et pistes minimalistes, elle nous propose, soutenue par un solide quatuor, un cocktail de blues, rock et folk, dont les mélodies pop, sont particulièrement soignées. Et chante d’une voix, dont les inflexions sont susceptibles de rappeler, surtout quand elles deviennent versatiles, Véronique Sanson (NDR : oui, c’est vrai, Sanson et Stills ont divorcés en 1980, mais il reste quand même des traces musicales…) Mais l’opus varie les plaisirs. Depuis le blues cool au minimalisme, en passant par le mid tempo et même le jazz, à l’instar du syncopé « Sirène », qui met en exergue une trompette bien sentie et dont le drumming spécifique y contribue largement. Sans oublier les arrangements de cuivres particulièrement r&b qui enrichissent le tendre « Compter sur ça ». Une excellente surprise !

 

dimanche, 15 avril 2018 17:31

L’essentiel Live + Studio

Pierre nous a quittés le 20 avril 2002. Quinze années après sa disparition, le label Team For Action a décidé de publier deux compiles. Tout d’abord un ‘best of’ de ses titres enregistrés en studio. Dix-neuf en tout. Depuis « Les rêves sont en nous » à « Elle m’appelle », en passant par « Passagers de la nuit », « Illusions », « Judy & Cie », « Comme un brasero » ou encore « Ensemble ».

Puis un coffret de quatre cd’s baptisé « L’essentiel live », qui immortalise ses concerts accordés à Gouvy (1981) flanqué de son groupe Transfert, dans le cadre des Francofolies de Spa (1996) et au Cirque Royal (2001). Ce dernier reproduit l’enregistrement intégral de ce concert au cours duquel il avait reçu la collaboration de l’Ensemble Musiques Nouvelles.

Remarquable mélodiste, Pierre devra cependant attendre 2001 pour atteindre la consécration en France. Soit un an avant son décès. La Belgique et le Canada l’avaient reconnu depuis bien longtemps, mais quand on chante dans la langue de Molière, l’Hexagone et tout particulièrement Paris, constituent toujours le passage obligé… surtout pour un artiste belge…