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Claud et la musique

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Gary Numan

Ronquières Festival 2021 : dimanche 15 août

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L’affiche est un peu moins alléchante que celle du premier jour ; mais elle tient la route. Et puis des artistes intéressants ont été programmés, comme Coline Et Toitoine, Vidéoclub ou 47TER. Et si votre serviteur tient le coup, il ira revoir Woodkid, toujours impressionnant en ‘live’.

Scène Tribord : Coline et Toitoine (12h50-13h40)

C’est la cinquième fois que votre serviteur assiste à une prestation de Coline et Toitoine, et il débarque pile poil avant qu’elle ne commence.

Coline Debry et Antoine Jorissen ont choisi pour patronyme Coline et Toitoine. Fondée en 2018, la paire a participé à différents concours, avant d’enregistrer, sous cette appellation, le single « Write a song ». C’est le véritable départ de leur aventure. Malgré l’absence de concerts, due à la pandémie, les artistes ont bossé sur de nouvelles compos. Agés aujourd’hui de 20 printemps, ils ont un potentiel indéniable qui ne demande qu’à s’exprimer. Ce sera sur les planches du festival de Ronquières.

Ils ont enfilé des salopettes. De couleur rouge pour Coline et bleu clair pour Toitoine. Elle se réserve le chant, le ukulélé, la guitare et les ivoires. Et il se consacre aux synthés et aux machines dont celles responsables de loops et samples. La plaine est déjà bien remplie. Rayonnante et souriante, Coline déclare être contente d’enfin participer à un vrai festival et de voir du public. Omniprésente sur les planches, elle chante d’une voix claire mais paradoxalement portante, tantôt en anglais ou en français. Caractérisée par ses mélodies entêtantes, la musique oscille entre électro/pop et indie folk et suscite tout à tour, chez le mélomane, des sentiments de délassement, de mélancolie et même de défoulement, lors des titres les plus entraînants. Etonnant, mais des ‘round circles’ se déclenchent dans la foule, lorsque Claire sautille sur place à l’avant du podium. Et tout particulièrement sur « OAEOA ».   

La setlist balaye largement les plages du premier elpee, « Soma », publié en mai dernier, mais n’en oublie pas, pour autant, les premiers singles. Le set réserve, cependant, quelques moments de sérénité. Et tout particulièrement lorsque les artistes s’asseyent côte à côte, devant le clavier, pour une interprétation à 4 mains. Du hip hop s’invite même sur un morceau (NDR : un rappeur aurait été invité, mais apparemment, il a posé un lapin). Et c’est tout au long d’« Opéra » qu’on se rend compte des capacités vocales de Coline. Finalement, dans ce registre, elle pourrait rejoindre les artistes lyriques du Théâtre de la Monnaie, à Bruxelles. Coline semble montée sur ressorts tout au long d’« Alicia ». Et en même temps, elle communique une belle énergie à la foule. A l’affiche des Nuits Botaniques, bientôt.

Scène Bâbord : Aurel (13h50-14h30)

Aurélio Mattern a milité chez Lucy Lucy, Paon et Sonnfjord. Multi-instrumentiste, il a décidé de se lancer en solitaire, en empruntant, pour patronyme, Aurel. D’Aurel à Aurélien, en passant par Aurélio et l’empereur romain Marc Aurèle, les racines sont identiques. Aurélio a gravé un premier Ep. Baptisé « Ah Ouais », il est paru en juin dernier.

Il se plante sur une estrade, au milieu du podium, derrière son synthé, ses machines et sa boîte à rythmes. Il n’en bougera que pour tirer sa révérence. Même pour jouer de la guitare, il reste posté derrière ses instruments. A la croisée des chemins parcourus par Odezenne, Flavien Berger, Nicolas Michaux et Voyou, sa musique est mélancolique (NDR : Aurélio est un amoureux de la pop des années 80) et légère, mais un peu trop monocorde pour votre serviteur, qui décroche après trois chansons… Aurélien se produira dans le cadre des Nuits Botanique, en supporting act de Pomme…

Scène Tribord : Videoclub aka Adèle Castillon (14h50-15h40)

En mars dernier Adèle Castillon et Matthieu Reynaud annonçait que Videoclub se séparait, via un clip intitulé « SMS » (NDR : une méthode également utilisée par Daft Punk, mais en plus explosif !). Le parcours du couple nantais aura duré 3 ans. Un seul elpee à son actif, « Euphories », paru en janvier dernier.

Ce couple, alors à la vie comme à la scène, a eu beau ne pas avoir connu la décennie des années 80, il nous a bel et bien replongé dedans, au rythme de morceaux électro pop dansants et aux mélodies à la fois tendres et authentiques. Sous le regard bienveillant de Matthieu, Adèle a décidé de continuer l’aventure seule. Le duo s’est cependant séparé en bons termes…

Pantacourt blanc et soutien noir, Adèle grimpe sur l’estrade suivie d’un drummer et d’un claviériste/guitariste, également vêtus de blanc.

Du haut de ses 20 printemps, Adèle est une digne représentante de la génération Z. Parfaitement à l’aise dans son époque, elle livre ses questionnements et dispense ses conseils avec autant d’ironie que de spontanéité. Elle communique immédiatement son énergie aux premiers rangs. Elle s’agite comme une sauterelle impossible à capturer et sympathise rapidement avec un public assez jeune et en général (NDR : très souvent accompagné ses grands-parents), qui lui rend bien. Enthousiaste, majoritairement féminin et boutonneux, il met une ambiance de feu. Les artistes sont parfaitement à l’aise sur les planches. Les interventions à la gratte sont précises et lumineuses. Bien qu’efficace, l’électro/pop de Videoclub est toujours autant contaminé par les eighties. A tel point que l’ensemble de l’auditoire, tant les teenagers que moins jeunes, reprend les refrains en chœur. Toutes le pistes d’« Euphories » vont y passer… Enfin, « Amour plastique » et « En nuit » constituent les moments forts d’un concert au cours duquel le Videoclub ‘new look’ a convaincu. Les jeunes, les sceptiques et même le troisième âge…

Scène Bâbord : 47Ter (16h50-17h40)

Le set de 47TER permet aux parents et grands-parents de faire un break. Notamment pour se restaurer. La jeunesse, elle, se précipite pour assister au show de ce crew un peu fêlé. Issu de Bailly, dans les Yvelines, il a choisi pour patronyme le nom de la salle des fêtes locale, lieu de réunion régulier du groupe. Un quatrième larron est venu rejoindre Pierre-Paul, Blaise et Lopes. 47TER pratique une forme de hip hop aux textes très second degré. La set list va puiser généreusement au sein de « Légende », le dernier elpee, paru en avril dernier et retenir quelques morceaux du premier.

La fosse est pleine à craquer. Particulièrement interactifs, les artistes lui demandent de se séparer en deux parties et sollicitent la formation de round circles. Les tubes défilent : « Vivre », « J’essaie », Avec toi », « Comme Avant », « Ella » et « Sommeil Noir ». C’est le souk, dans la foule. Mais il est tellement plaisant à observer… Pas de prise de tête, ni de gangsta rap en vue, mais des pistes qui mènent du rire aux larmes, de la nostalgie à l’espoir… Et en plus, ils sont super sympas !

A voir ou à revoir au Palais 12 le 26 décembre prochain.

Woodkid ce sera pour une autre fois…

Voir aussi notre section photos ici

(Organisation : Ronquières Festival)

Bon Entendeur + Woodkid + Deluxe + Aaron + La Femme + L’Impératrice + 47 Ter + Vidéo (Adèle Castillon) + Aurel + Coline & Toitoine + Alex Lucas + Lumoon & Robin

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Ronquières Festival 2021 : samedi 14 août

Écrit par

Suite à la pandémie, la dernière édition du Ronquières a été annulée. Enfin, 2021 permet un festival normal et propose une affiche, finalement alléchante, en programmant notamment Charles, Icons, Dyonisos, Pomme, Roméo Elvis, Video Club, Woodkid et surtout Maleskin, le dernier vainqueur inattendu du concours Eurovision. L’organisation est parfaite. Et une accessibilité exclusive sur présentation d'un Covid Safe Ticket est prévue. Soit la preuve d'une vaccination complète depuis plus de 15 jours avant la date de l'évènement ou la preuve d'un test Covid négatif de moins de 48 heures. Plus de masque, ni de distanciation sociale, les spectateurs peuvent se toucher et faire des câlins, rire, sauter et surtout bouger sans crainte... 

Deux podiums ont été prévus : le ‘Bâbord’ et le ‘Tribord’. Samedi 22 000 festivaliers sont attendus ; c’est donc sold out. Et 17 000 pour le dimanche. Une reprise en force !

Scène Bâbord : Calumny (10h30-11h30)

Fondé en 2018, Calumny est un duo de Djs/producteur belges, wallons très exactement, qui s’inscrit dans la vague de jeunes bidouilleurs électro-pop qui souhaite apporter un regard neuf, original et une certaine fraîcheur sur la musique électronique. Le rendu en ‘live’ est impeccable. Une ouverture plutôt sympa, quand on sait qu’il n’est jamais facile d’entamer un festival, alors que le site commence seulement à se remplir. En outre, non seulement la paire est fusionnelle, mais elle parvient à chauffer l’ambiance. Pour votre info, sachez que Bastien et Quentin ont également leurs projets personnes (BAB’s pour le premier et Smako pour Quentin) et sont vivement soutenus dans le monde de la nuit… alors qu’il se produisent, aujourd’hui, en fin de matinée…

Scène Bâbord :  David Numwami (12h00-12h40)

Non seulement, David Numwami est la tête pensante du band Le Motel, mais il apporte régulièrement sa collaboration à Charlotte Gainsbourg et au groupe François and the Atlas Mountain, comme multi-instrumentiste. Il a aussi bossé pour Moodoïd et Nicolas Godin (Air). Il est ainsi devenu une figure incontournable de l’underground bruxellois et parisien. Sans oublier qu’il slamme avec Flavien Berger.

Il reflète ses voyages à travers le monde, dans sa musique. Une musique atmosphérique, intemporelle et fascinante. Il chante d’une voix douce, des textes dans la langue de Molière… Jusqu’au moment où votre serviteur se rend compte qu’il a paumé les clefs de son véhicule. Le temps de retourner auprès de sa voiture, de les retrouver, de revenir sur place, et le set est terminé. Tant pis !

Scène Tribord : Charles (12h50-13h40)

Charles, aka Charlotte Forest, est une étoile montante. Elle a remporté la saison 8 de The Voice Belgique. Depuis, son coach est devenu son manager. En l’occurrence Matthew Irons, le chanteur de Puggy. Elle vient de sortir un Ep 6 titres intitulé « Falling While Rising »

Sur les planches, elle est accompagnée par un drummer, un guitariste et un claviériste. Charlotte se charge des ivoires, et puis, bien sûr des vocaux. Et sa musique oscille entre l’alt pop et l’indie rock, même si parfois, elle emprunte un ton plus gothique.  

Bien rock, « Riddle » traduit toute la rage qu’elle souhaite libérer à travers des riffs de gratte graisseux. Elle nous réserve une superbe reprise du « No Time To Die » de Billie Eilish. Elle met toute sa passion et sa conviction dans la voix, qui peut se révéler tour à tour douce ou puissante…

Instrumental piano/voix, « He Knows » est empreint d’une grande sérénité.  

Et elle attaque son hit « Wasted Time », pour clôturer son set. Un récit, quelque part, autobiographique. Elle met en scène la vie nocturne de la génération Z qui préfère s’ennuyer et feindre l’amusement plutôt que de se lâcher et profiter du moment présent. L’intégralité de l’Ep a été interprété dans le désordre. Elle accordera néanmoins, un rappel de deux titres.

Enfin, Charlotte nous signale que l’on doit être beau pour figurer sur la vidéo tournée pour un des clips, pendant son concert…

Setlist : « Motives », « The Fall », « Gear God », « Far Gones », « He Knows », « Lover Please Stay », « Riddle », « No Time To Die » (cover Billie Eilish), « Without You », « Wasted Time ».

Rappel : « Riddle », « Far Gone ».

Scène Bâbord : Sharko (13h50-14h40)

Ayant assisté à tellement de concerts de Sharko ou de David Bartholomé en solo, votre serviteur préfère en profiter pour se restaurer et se désaltérer. Faut dire que pour une fois, la température est estivale…

Scène Tribord : Dionysos (14h50-15h40)

Votre serviteur n’a plus assisté à un show de la bande à Mathias Malzieu depuis bien longtemps (NDR : la dernière fois c’était à l’Ancienne Belgique, il y a quelques années). Dionysos est un groupe de rock français, originaire de Valence, dans la Drôme. Formé en 1993, le groupe doit notamment son succès à ses prestations scéniques particulièrement théâtrales et à l'univers surréaliste dans lequel il évolue. Les compos sont interprétées autant en anglais qu’en français.

Hormis la claviériste/violoniste, vêtue d’une robe blanche à dentelles, tous les autres musicos sont tirés à quatre épingles, soit en costard/gilet/cravate. Mathias n’a guère changé. Une véritable bête de scène. Casquette brune enfoncée sur le crâne, il se sert cependant d’un téléphone rouge en guise de micro.

Le show s’ouvre par « I love you », morceau au cours duquel le bassiste frotte ses cordes à l’aide d’un archet, comme sur un violoncelle. Mathias a déjà la bougeotte, et il bondit régulièrement sur l’estrade. La troupe va nous proposer de larges extraits de son dernier elpee, « Time Machine Experience », paru fin juillet dernier. Un disque, au cours duquel elle réinterprète certains anciens titres dans l’esprit du blues du Mississippi ou du jazz de la Nouvelle-Orléans. Comme si elle avait décidé de remonter le temps. Pour s’arrêter aux années 40. En coupant même carrément l’électricité. Mais en ‘live’, question machine, elle est bien huilée. On assiste ainsi à un concert très rock à la limite du métal. Et puis il y a Mathias, un spectacle à lui seul. Il empoigne de temps à autre une gratte sèche ou électrique. Toujours aussi fêlé, il bondit sur les planches comme un kangourou, lorsqu’il ne surfe pas sur la foule. Bref, question ambiance de rock’n’roll, Dionysos connait son taf…

Setlist : « I Love You », « Mc Enroe's Poetry », « Coccinelle », « Giant Jack », « Miss Acacia », « Song For Jedi », « La métamorphose de Mister Chat », « Une sirène à Paris », « Flower Burger », « Paris Brûle-t-Il ? », « Neige ».

Scène Bâbord : Ico (5h50-16h40)

Ico est devenu progressivement une valeur sûre de la scène hip hop. Ce soir, il est soutenu par un second MC, qui se mue parfois en guitariste, d’un préposé aux machines et d’un drummer. Si le crew met une sacrée ambiance, le hip hop pratiqué est une peu trop classique au goût de votre serviteur. Ico sépare la fosse en deux parties, y descend et la traverse pour serrer des mains. Drainant un public jeune, le set provoque de fréquents pogos et round circles. Pour les textes, qui volent souvent, en-dessous de la ceinture, faudra quand même repasser…

Scène Tribord : Pomme (16h50-17h40)

Pomme, c’est le nom de scène que la jeune chanteuse a choisi, parce que sur les bancs du collège, c’est le pseudo qu’on lui avait réservé. On évacuera donc les jeux de mots douteux ou les métaphores hasardeuses, car son véritable nom, c’est Claire Pommet. Suivant la bible, quand Eve, la première femme, croqua ledit fruit, ce fut le début des ennuis ! La légende de Pomme reste à écrire, mais il est déjà évident que ses chansons acidulées les dissolvent, les ennuis. Elle a été consacrée ‘Artiste Féminine de l’Année’ aux dernières Victoires de la Musique. Ce soir, elle va nous livrer un set intimiste et quasi-exclusivement acoustique. Seules une drummeuse et une claviériste grimpent de temps à autre sur le podium, pour apporter leur maigre concours. Pomme s’accompagne tantôt à la sèche ou aux ivoires. La Lyonnaise déclame sa poésie faites de mots simples, mais qui ne sonnent jamais creux. Elle transforme sa fragilité en force tranquille et se démarque en imposant une version moderne de la chanson folk. Pomme chante l'amour, parce que les chansons sont faites avant tout pour cela. Sa poésie est délicate, les mots sont doux. Elle est fragile et timide ; mais, à travers ses chansons, elle nous démontre qu’elle sait ce qu’elle veut, un peu à la manière d’Agnès Obel. Au cours de son concert, elle entraîne l’auditoire, dans son univers feutré, lentement, progressivement. La foule écoute et savoure, religieusement. Claire n’oublie pas d’interpréter « Je Sais Pas Danser », « Les Cours d'Eau » et « Ceux Qui Rêvent » et puis attaque « Désenchantée » à deux reprises, un titre qui parviendra à faire bouger quelque peu le public, et surtout le faire chanter…  

Scène Bâbord : Black Box Revelation (17h50-18h40)

Ce soir, le chanteur/guitariste Jan Paternoster et le drummer/percussionniste Dries Van Dijk sont soutenus par un multi-instrumentiste ? Un certain Jasper Morel qui se charge des synthés, des cymbalettes et parfois de la gratte. Black Box Revelation, c’est un peu le White Stripes néerlandophones. Encore que leurs influences oscillent du blues américain à la British Invasion en passant par le psychédélisme (NDR : surtout celui pratiqué en son temps par Jimi Hendrix !). Dries s’est fendu de son inévitable, mais excellent, solo de batterie, pendant « War horse », alors que ceux arrachés par Jan à la six cordes continuent de décaper les portugaises. Et on n’en oubliera pas le groove passionnant de « Gravity Blues » …

Setlist : « Gloria », « Play Video », « Gravity Blues », « Built To Last », « War Horse », « Tattooed Smiles », « Do I Know You «, « High On A Wire »

Scène Tribord : Måneskin (18h50-19h50)

L’ambiance est en train de monter à ‘Tribord’. Il est temps d’aller se placer dans la fosse, car la capacité du site est full. Et puis, c’est l’occasion d’assister au sound check de la nouvelle tornade transalpine, Måneskin.

Les vainqueurs de la dernière édition du Concours Eurovision devaient se produire dans le cadre des Lokerse Feesten, mais ils ont dû décliner l’invitation, le drummer souffrant d’une tendinite au poignet. Au sein de l’auditoire, on remarque la présence d’un nombre impressionnant de néerlandophones. La présence de BBR n’y est pas étrangère, mais bien sûr, aussi, de Måneskin. C’est également la tête d’affiche.

Le quatuor implique le chanteur Damiano David, la bassiste (NDR : très jolie et sexy, par ailleurs !) Victoria De Angelis, le guitariste Thomas Raggi et le drummer Ethan Torchio. Iggy Pop a prêté sa voix pour sa reprise du « I Wanna Be You Slave », morceau de glam rock percutant qui figure sur le second elpee du band, « Teatro d’ira : Vol. I », paru en mars 2021. Et l’Iguane ne tarit pas d’éloges sur le combo ! Mot emprunté au danois, Måneskin signifie « Clair de lune » …

Ils ont tous opté pour le cuir de couleur noire. Short surmonté d’une ceinture à trois boucles pour Damiano, mais blouse transparente à dentelles pour le haut du corps, il est chaussé de godasses à semelles compensées et les oreilles sont percées de pendentifs à l’effigie d’un crucifix. Pantalon à pattes d’eph’ pour Thomas et moulant pour Vitoria, bottes ainsi que top très court au-dessus desquels dépassent ses seins dont les tétons ont été dissimulés par une croix en scotch de couleur noire.

Très rock’n’roll, le show est à la fois dynamique et sulfureux. La foule est rapidement conquise. Faut dire que les musicos sont particulièrement remuants et vont régulièrement au contact. Et puis, il y a le charisme de Damiano qui va surfer à plusieurs reprises, sur la foule. Une foule au sein de laquelle de nombreux circle pits se déclenchent. La setlist réserve trois morceaux dans leur langue natale (« Zitti e Bruoni, », « In Nome Del Padre » et « Lividi Sui Gomidi »), et puis de nombreuses covers dont, bien évidemment, celle d’Iggy Pop, « I wanna be your slave », au cours de laquelle Damiano lèche le sol. Une reprise que le band va reconduire lors du rappel. Sans oublier une version plutôt étonnante des « 4 saisons de Vivaldi ». Une setlist finalement bien équilibrée ; mais hormis les trois morceaux susvisés, le reste est interprété dans la langue de Shakespeare. 

Après avoir séduit l’Europe, Måneskin est prêt à conquérir le monde…

Setlist : « In Nome Del Padre », « Zitti E Buoni », « Bury A Friend » (cover Billie Eilish), « Chosen », « Take Me Out » (cover Franz Ferdinand) », « Beggin » (cover Fourth Season), « I Wanna Be Your Slave », « Somebody Told Me » (cover The Killer), « For Your Love », « Kiwi » (cover Harry Styles), « Coraline », « Close To The Top », « Lividi Sui Gomiti ».

Rappel : « I Wanna Be Your Slave »

Votre serviteur est fatigué, il fait l’impasse sur L’Or Du Commun et Roméo Elvis. Il revient demain et a intérêt à être en forme… et puis la journée est une réussite…

Voir aussi notre section photos ici

(Organisation : Ronquières Festival)

The Magician + Romeo Elvis + L’Or Du Commun + Måneskin + Black Box Revelation + Pomme + Ico + Dionysos + Sharko + Charles + David Numwami + Calumny 

Nanowar Of Steel

Italian Folk Metal

Écrit par

Nanowar Of Steel est une formation romaine qui pratique une forme de folk/metal. Une musique festive qui intègre également des éléments de punk, de rock et de musette. Mais quand on parle ici de folk, il s’agit de musique traditionnelle italienne. Et lorsqu’on évoque le terme puissance, elle est surtout parodique voire humoristique.

Chaque titre d’« Italian Folk Metal » est différent. A cause des nombreux collaborateurs qui ont participé aux sessions d’enregistrement. Il s’agit même de la crème de la crème de la scène italienne. Francesco Paoli de Fleshgod Apocalypse a collaboré à « L'assedio di Porto Cervo », Alessandro Conti de Luca Turilli's Rhapsody et Trick Or Treat à « La Mazurka del Vecchio che guarda i Cantieri » et Jade de Frozen Crown à « Rosario », entre autres.

Les sonorités napolitaines de musica neomelodica se heurtent à des balayages de guitare mélodiques sur « Scugnizzi of the Land of Fires » et des accordéons rapides (connus de la mazurka du nord de l'Italie) rencontrent des solos de guitare vertigineux sur « La Mazurka del Vecchio che Guarda i Cantieri ». Et puis encore, les puissants blast beats affrontent les violons, dès l’ouverture, « L'Assedio di Porto Cervo »

On notera encore que le bassiste et chanteur de Nanowar Of Steel, Gatto Panceri 666 affiche son multilinguisme sur les morceaux qui figurent en bonus tracks. Il interprète ainsi « Der Fluch des Kapt'n Iglo » en allemand et « El Baile del Viejo que mira las Obras », en espagnol. 

Eddy de Pretto

A tous les bâtards

Écrit par

De Pretto s’est rapidement fait connaître grâce à des mots judicieusement choisis dans des textes poignants sur fond de mélodies accrocheuses.

Sa « Fête de Trop » évoquait muqueuses, amants de passage, mecs chopés ou encore rails de coke enfilés ; ce qui lui avait d’ailleurs permis de décrocher une nomination largement méritée aux Victoires de la musique, en 2018.      

Dès son plus jeune âge, il baigne dans la chanson française, sa mère l’encourageant à écouter Brel, Brassens ou encore Barbara.

Il nous propose donc son second elpee, un disque qu’il a baptisé, « A tous les bâtards », et qui fait suite à « Cure » (NDR : rien à voir avec la bande à Robert Smith !). On y retrouve une verve toute aussi saignante que cinglante, mais parsemée de sursauts ténébreux.

Eddy (re)fait du de pretto. Pas vraiment de surprise. Il s’adresse de nouveau à une frange de la population aussi large que possible. A cette seule différence près, c’est qu’ici, il parle surtout de lui-même de manière grave et primaire.

Nettement plus autobiographique donc, ce disque jette un œil dans le rétroviseur pour relater certains grands moments de son existence. A l’instar de « Bateaux-Mouches » où il se remémore ses débuts d’apprenti chanteur ou encore « Val de larmes » dans lequel il dénonce les violences policières tout en remerciant ce visage pâle qui l’aurait sauvé d’une délinquance certaine.

A contrario de « Cure », l’expression sonore ce cet LP est davantage hybride. Elle passe de la pop au rap sur « Créteil Soleil », quand elle ne se convertit pas à la variété pure et dure (« A quoi bon ») ou encore opère un petit détour vers l’électronique (« La Fronde »).

Plutôt bien ficelées dans l’ensemble, les chansons s’imprègnent de son vécu tout en dénonçant, sans aucune prétention, les injustices de (sa) la vie comme ce « Freaks » qui s’adresse principalement aux exclus.

Fidèle à lui-même, ce jeune artiste offre là encore une belle palette de ses capacités lyriques et musicales. Trempée dans le vitriol, sa plume demeure encore sa plus belle arme…

On reprochera cependant à l’artiste de ne pas être parvenu à fondamentalement à se renouveler préférant se complaire dans une certaine zone de confort.

On aurait aimé pourtant le voir explorer de nouveaux horizons. Faire preuve aussi d’un peu plus d’autodérision et mettre de côté cet ego qui semble le ronger...

Kloot Per W.

En français dans le texte…

Entamée à la fin des 60’s, la carrière de Claude Perwez, aka Kloot Per W., est particulièrement riche. Il a ainsi notamment milité chez The Misters, Polyphonic Size, The Employees, De Lama's, De Kreuners, et assuré de nombreuses collaborations ; mais également bossé comme producteur. Aujourd’hui il se focalise sur son groupe Cromwell et son projet solo Kloot Per W., entamé –quand même– depuis 1978. Multi-instrumentiste, il est également investi dans diverses disciplines artistiques, dont la peinture…

L’interview se déroule en tête à tête, chez l’artiste. Un exercice bien plus agréable à réaliser que par e-mail. Une opportunité assez rare en ces temps de Covid, pour ne pas être soulignée. En outre, l’entretien va se dérouler dans son atelier. Pour l’instant, Claude est contraint de se déplacer en fauteuil roulant, suite à un problème au pied. Le sujet principal de la conversation va se concentrer sur la musique. Faut dire que Claude est une véritable encyclopédie vivante…

Les 3 chansons qui figurent sur ton Ep, « Nuits Blanches », me rappellent, à la fois, J.J. Cale et Serge Gainsbourg. A cause de l’atmosphère, des arrangements, et puis des paroles… Te rallies-tu à cette impression ? 

Oui ! D’abord, les textes traitent du rôle d’Internet qui est devenu une passerelle vers le porno. Le porno est toujours été un sujet tabou. Et puis de nombreux hommes de mon âge sont malheureux, car ils ne parviennent pas à trouver l’âme sœur. Je ne souffre cependant pas de ce problème. J’ai suffisamment de charme pour communiquer ou passer du temps avec le sexe féminin. Mais je pense souvent aux célibataires, issus de ma région, qui souffrent de solitude. Qui pensent, peut-être, à se dégoter une compagne dans un pays exotique… « Nuits Blanches » raconte l'histoire d'un homme toujours sexy, mais incapable de draguer une femme. Il est pourtant disponible et disposé, mais aucune ne s’intéresse à lui. Quand il s’allonge dans son lit, il ne peut dormir, car il pense à toutes celles qu'il croise. Il traverse alors le quartier rouge, mais n'ose pas pénétrer dans un carré, car il a trop peur des femmes. C'est essentiellement ce thème qui est exploré dans ce morceau. J’essaie de l’illustrer à travers les paroles, puis Dominique Buxin m'aide à peaufiner le texte, en utilisant des mots et des idiotismes que les Francophones comprennent afin qu’il soit le plus pertinent possible…

Maintenant, je comprends mieux l’image reproduite sur le booklet affichant des femmes à moitié nues… 

Exact ! J’ai craqué pour cette photo qui correspondait à mes aspirations. Je bosse également avec Sandie Trash depuis quelques années, un duo français issu de Bordeaux. Nous échangeons les fichiers par mail, car je ne les ai rencontrés qu’à deux reprises, en chair et en os, au cours des deux dernières années. Leur musique est à la fois fortement gothique et psychologique. Sandie souffre de quelques problèmes psy et elle les exprime à travers des paroles douloureuses. Ce n'est pas un simulacre et c’est pourquoi je cherche à l’aider. Sans quoi, j’apporte ma collaboration en jouant de guitares aux sonorités des années 60 et 70 ; et ce contraste communique à l’ensemble une certaine forme d’originalité.

Pour tes autres projets, comptes-tu également te mettre à la langue française ?

Je viens de terminer un enregistrement, également en français, et il est assez sombre. Les textes s’intéressent aux personnes qui vivent sur internet ; mais également à la mort. C’est un sujet qui me préoccupe, car ici, sur terre, pour moi, l’échéance se rapproche de plus en plus….

Et ce sera pour quel groupe ?

Celui à qui ces sessions étaient destinées s’est effondré à cause de la corona.  Le batteur est toujours au poste. C’est celui qui participe à Cromwell (un projet qui implique la bassiste de The Scene, Emily Blom). Il s'agit d'Achiel, qui milite également chez Spiral of Silence, d'ailleurs. Il pourrait être mon fils, même s’il est très différent de moi. Mais on est sur la même longueur d’ondes. On a le même moteur. Et pour le live, Blom sera également de la partie. Elle n’a pas collaboré aux sessions à cause des difficultés liées à la COVID et à la quarantaine. Je la comprends, car elle peut difficilement abandonner son travail pour venir vivre ici pendant des semaines. J'ai ensuite réuni des musiciens de studio pour réaliser les enregistrements. Pascal Deweze (producteur) est devenu nerveux. Il ne pensait jamais que toutes ces individualités finiraient par sonner comme un groupe ; mais c’est justement à cause de ces énormes différences entre les affinités de chaque musicien, que quelque chose de beau est né. Pascal me l'a avoué, par la suite…

Quand tu enregistres un album, est-ce pour toi-même ou pour le public ?

Un peu des deux. Je le fais parce que je dois le faire et que je veux le faire, mais il existe toujours des images de personnes qui défilent devant mes yeux quand j'écris. Ce n’est jamais à 100% pour moi, mais toujours avec un public pour moi. Je n’ai pas le charisme de Roland ou d’Arno. Je suis un mec ordinaire qui n’aime pas trop être exposé et quand je marche dans la rue, je me confonds aisément dans la foule. Mauro Palowski aurait le même comportement, mais coiffé d’un chapeau. On en a un jour discuté, et il m’avait avoué, que malgré une invitation, il refusait de faire face aux caméras de la télévision. Je lui ai répondu qu’il devait accepter quand on lui demande et puis parce que c’est une forme de reconnaissance. Et que perso, pour y parvenir, c’est moi qui doit faire ces démarches. Et il a compris. Alors, il y est allé… C’est dans cet esprit que nous avons commencé à bosser sur un album ensemble. Je lui ai signalé que devoir respecter des principes n’était pas très agréable ; aussi, il était préférable de prendre comme référence l'album blanc des Beatles, pour sa richesse, car je m’intéresse à des tas de styles différents. Avant que le nouveau disque ne soit prêt, j'ai dit à Dewez que je souhaitais jouer du rock anglais mais chanté en français. Avec tout le fromage dedans. Bien sûr je ne suis pas français, je suis flamand. Mais je pense que le pari est réussi.

Tu n'es pas d'origine française finalement ?

Oui, un peu, mais en remontant loin dans mon arbre généalogique. Mon nom est d’origine française. J'ai été élevé à une époque où les enfants issus de la classe ouvrière devaient parler français correctement afin qu’ils ne soient pas considérés comme des idiots. Parce que la langue française, c'était chic. C’était classe. Il fallait montrer que les ouvriers aussi pouvaient avoir de la classe.

Spiral of Silence a gravé un nouveau single, l'année dernière. Le projet est toujours d’actualité ?

Oui, nous répétons. A deux cents mètres d'ici. Je voulais concrétiser un projet avec Achiel, car tout ce qui était prévu était tombé à l’eau, à cause de la COVID. Nous avons gravé un single et quatre nouvelles chansons sont terminées. Quelques concerts sont confirmés, comme celui prévu au W-fest et nous espérons également nous produire lors de festivals gothiques allemands. La musique de Spiral of Silence est un peu post-punk et gothique, mais sans l’imago. Et puis, je m’autorise des solos à la David Gilmour. Un bon violoniste devrait enrichir les prestations ‘live’. Et puis j’ai proposé à Achiel de nous lancer dans un autre projet. De dream pop ou de new wave plus légère. Cromwell correspondait à cette alternative. Enfin, j’ai enregistré aussi un autre disque avec Rudy Trouvé et Marcel Vantilt. Un truc arty sur des textes de Marcel et de la musique abstraite. En y intégrant de la contrebasse. Le concept est particulièrement orignal, mais vu le concours de Vantilt, ça devrait marcher. Pour l'instant, nous n'avons pas déniché de label qui accepte de ne le sortir qu’à 200 à 300 exemplaires. Mais suite au Brexit, Rudy ne peut pas se permettre un tel écart, car l'usine de pressage en sollicite presque le double en Angleterre. Un split single sortira donc d’abord. Afin de faire la promo, nous allons accorder un set pour les étudiants, au Singel, à Anvers. Ce qui pourrait intéresser les médias. Ce sont trois projets attendent le feu vert. Et pour l’instant, je publie toutes mes démos et outtakes sur Bandcamp ; un moyen de rentabiliser un peu mes investissements. Il ne reste plus qu'à attendre que tout redémarre…

Lokerse Feesten 2021 : dimanche 1er août

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Enfin le tout premier festival partiellement déconfiné pour votre serviteur, en 2021 ! Le Lokerse Feesten s’est paré de toutes ses belles couleurs. La Groote Kaai est resplendissante. 1 500 bénévoles ont été délégués au service des festivaliers pour veiller aux distanciations sociales ainsi qu’au port du masque. Les consommations sont demandées par scan du code QR. Chaque table dispose d’un code différent et on vient vous servir à table. La foule est estimée à plus ou moins 1 600 spectateurs. Vu les restrictions liées au déconfinement, ce 3ème jour de festival est décrété sold out. Pas étonnant, quand on sait qu’au Nord de la Belgique, Arsenal draine un public assez conséquent. C’est d’ailleurs la tête d’affiche. Le supporting act est assuré par Tin Fingers (Trad : doigts d’étain) et la soirée s’achèvera par le Dj Bart Vermandere.

Formation anversoise, Tin Fingers pratique une pop vintage, catchy et terriblement efficace. Les musicos se connaissent depuis les bancs de l’école.  Leur premier elpee, « Groovebox Memories », est paru en juin 2021.

Le chanteur/guitariste/claviériste, Félix Machtelinckx, est également le leader de la formation. Après avoir gravé l’excellent Ep « No Hero », en 2017, elle a pris une pause et Félix s’est mis au service d’Arsenal pour écrire quelques chansons.

Félix se plante au milieu du podium, devant son clavier. Il est épaulé par le guitariste Quinten De Cuyper, le drummer Marnix Van Soom et la jolie bassiste Trui Amerlinck (elle remplace Simen Wouters), qui se charge également des   backing vocaux.

Planté au fond du chapiteau, le light how est assez impressionnant. Il se compose de six rampes de triangles led et en hauteur d’une vingtaine de spots multicolores qui se focalisent sur les artistes.

« Red Socks » ouvre le set. Combinant des outils de séquençages intégrés qui restituent des sonorités de batterie, de basse synthé et de samples, la groove box est omniprésente. Une machine qui semble bien rôdée.  

Malgré de belles envolées vocales et des beats électroniques assez puissants dispensés pendant « Happy Family » et « Red Socks », il n’y a pas grand monde, dans le public qui ose le pas de danse. Même pour « I Am Lost Without Love », une chanson poursuivie par des sifflements de bout en bout. Avant d’attaquer « Privacy », Félix empoigne une gratte semi-acoustique mais ne s’éloigne guère de sa dreambox. La voix de Félix devient carrément fascinante tout au long du paisible « Fomo For Kids ». A vous flanquer des frissons partout ! Douce, grimpant parfois dans les aigus et surtout mélodieuse, son amplitude navigue à la croisée des chemins d’Antony Hegarty, Klaus Nomi, Blaudzun ou encore Thom Yorke. De fameuses références ! Et puis, elle est capable de belles envolées. Une certaine forme de mélancolie envahit régulièrement la dream pop de Tin Fingers ; et ce spleen prend parfois un ton plus sombre, se référant même au suicide…

Quinten et Trui nous réservent régulièrement de belles harmonies vocales ; et elles enrichissent notamment « Wish », un morceau balisé par les ivoires, bien que l’électro ne soit jamais loin. Un set qui a même semblé trop court ; preuve qu’il était de toute bonne facture…  

Setlist : « Red Socks », « Glow », « I Am Lost Without Love », « Privacy », « Fomo For Kids », « Wish », « July », « Happy Family », « Countryside ».

Après plus de 20 ans de carrière, Arsenal est devenu l’archétype du groupe festif et dansant. Ce qui explique, sans doute, pourquoi il est régulièrement invité lors de festivals majeurs (Werchter, Pukkelpop, Couleur Café, Rock Ternat, …) ou qu’il est capable de remplir l’AB, 6 soirées, sur une courte période. En outre, à Lokeren, John et Hendrik sont à la maison ! 

Arsenal débarque à 21 heures. Et il est déjà chaleureusement applaudi. Ce soir, la troupe va largement puiser au sein de son nouvel album, « The Rythm Of The Band », pour la setlist. Lorsque la pandémie a éclaté en Chine, John Roan et Hendrik Willemyns étaient à Chongqing, à quelques kilomètres de Wuhan, pour y préparer le tournage d’un film (‘Birdsong’). Ce voyage faisait partie d’un périple que le tandem avait organisé pour évaluer la place de la musique dans le monde contemporain…  

Ils sont nombreux sur les planches. Longs cheveux au vent, Bruno Fevery se charge de la guitare électrique. Les choristes Paulien Matheus (‘The Voice’ 2013) et Judith Okon s’installent derrière lui. Le drummer Dirk Loots siège en retrait. Le bassiste Mirko Banovic, l’excellent percussionniste David Donat (Suarez) la chanteuse Léonie Ghysel complètent le line up. Sans oublier John Roan et Hendrik Willemyns. Une ‘pintje’ toujours à portée de main, ce dernier se charge, comme d’habitude, des synthés et de machines, alors que John se multiplie aux quatre coins du podium.

« Rise & Fall » ouvre le bal. Paulien au lead vocal et les percus déjà bien euphorisantes, la compo baigne au sein d’un climat afro. Après « Amplify », John se pointe en saluant la foule de la main. On reste en Afrique, mais de l’ouest, pour « Amelaka Motinga ». Léonie suit sur la pointe des pieds. Plus discrète, elle est souvent relayée par Paulien. Direction le Brésil à travers « Saudade II ». Et la folie qui règne sur la scène se communique à l’auditoire, comme une traînée de poudre. « Animal » est interprété dans la langue de Voltaire. Davantage electro/funk, « Temul (Lie Low) » met le cap sur le pays au Soleil Levant. Paulien prend les commandes derrière le micro. Le jardinier d’Arsenal, Félix (rires), prête sa voix pour une chanson. Une pluie de hits va ensuite s’abattre sur le public « High Venus », « Estupendo », « Longee », « Black Mountain », avant de s’achever triomphalement par « Lotuk ».

Le rappel est inévitable, même s’il est programmé. Moment au cours duquel Arsenal va nous réserver « Some Times » et « Melvin ». Arsenal a gagné la coupe haut la main ! Prochain match au Lotto Arena d’Anvers le 12 décembre 2021. Comme dans le passé, sans masque, ni distanciation sociale…

Pas de prolongation pour votre serviteur, la rencontre est terminée…

Setlist : « Rise & Fall », « Amplify », « Amelaka Motinga (L) », « Saudade Ii (L) », « One Day At A Time (L) », « Wanderer (F) », « Animal (F) », « Temul (Lie Low) », « High Venus », « Estupendo (L) », « Bend In The River (L) », « Longee (L) », « Black Mountain (L) », « Lotuk (L) ».

Rappel : « Sometimes », « Melvin »

(Voir aussi notre section photos ici)

(Organisation : Lokerse Feesten)

D.J. Bart Vermandere + Arsenal + Tin Fingers

Danny Elfman

Big mess

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Danny Elfman est surtout connu pour avoir composé de nombreuses musiques de films. Il y a d’ailleurs consacré les trois dernières décennies. Pourtant, il y a un peu plus d’un quart de siècle, il avait gravé un dernier elpee au sein du groupe de new wave américain, Oingo Boingo (fondé en 1979, il a commis 8 elpees studio.)

Il est donc de retour pour un opus solo, même s’il a retrouvé son ancien guitariste, Steve Bartek, devenu arrangeur, depuis. Une pléiade de musicos a quand même apporté sa collaboration, dont plusieurs percussionnistes.

Dépassant les 72’, cet LP est découpé en 18 morceaux ! Et le titre est bien choisi, puisqu’il s’agit bien d’un fameux foutoir. Pas inintéressant pourtant. Et puis susceptible de communiquer des sentiments de tristesse, de rage, de joie ou de confusion. La musique oscille ainsi de la prog au metal, en passant par le rock l’anti-pop, l’indus, l’électro, le cabaret et la musique symphonique. Le tout est parcouru par la voix de Dany, dont le baryton est capable de se transformer paradoxalement en falsetto, lorsqu’il n’adopte pas les expressions d’un crooner. Soit en empruntant tour à tour les inflexions et/ou timbres de Blaine L. Reininger, Prince, Neil Hannon voire David Bowie. Fameuse palette !

Complexes, « Sorry » et « True » réveillent en notre for intérieur le spectre de King Crimson (circa « Larks’ tongues in aspic »). Encore que sur le premier morceau, les orchestrations semblent se complaire dans le cabaret. Tout comme sur le contemplatif « In time » qui aurait pu figurer au répertorie de Neil Hannon. Dans le style, « Serious ground » bénéficie de superbes arrangements de cordes. Elles deviennent cependant parfois terriblement angoissantes. Un peu dans l’esprit des B.O. de films signés Tim Burton ou du toujours aussi surprenant « Alles Neu » de Peter Fox. Et « Happy » en est certainement le plus bel exemple. Une constante, ils reviennent constamment à la surface, tout au long de l’œuvre. Obsédants ou angéliques, les chœurs scandés pendant « Everybody loves you » semblent hantés par Carl Off ; à moins que ce ne soit par Magma.

Au fil de l’opus, les morceaux deviennent plus rock. « Just a human » est imprimé sur un tempo proche du « Lucky number » de Lene Lovich », alors que les envolées de guitare se révèlent bien métalliques. Des envolées qui traversent « Love in time of COVID », un morceau au message politique engagé, tout comme « Choose your side », au cours duquel on entend la voix de… Donald Trump. Faut dire qu’Elfman n’hésite pas à critiquer, à travers ses lyrics, les dérives fascistes de notre société contemporaine. Et ces incursions métalliques se frottent au funk sur le titre final, « Insects ».

Un album riche, très riche, à l’écriture impeccable, parfaitement produit, mais beaucoup trop long, qui finalement, ne se savoure, que par doses homéopathiques.

Alexandre Delano

Ven Ven Ven

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Nous avions quitté le discret mais talentueux Alexandre Delano, il y a quelques années, lors de la sortie de premier elpee solo, sobrement intitulé « Eau » (2015), un disque qui faisait suite aux merveilleuses escapades accomplies par le Delano Orchestra (auteur de 6 albums) et du non moins merveilleux label Kütü Folk. C’est donc un réel plaisir de redécouvrir son existence grâce à « Ven Ven Ven », une œuvre fragile, une nouvelle fois interprétée dans la langue de Molière. L’Auvergnat (Alexandre Rochon de son vrai nom) continue de creuser son sillon folk qui défriche la pop sur un terreau fertilisé par Sparklehorse, Elliott Smith voire plus près de nous, Nicolas Michaux. L’écriture –tant des textes que des textures– est purifiée dans les eaux de la mélancolie… pas une seule plage n’est à éliminer au sein de cette œuvre à la fois belle et empreinte d’une grande sensibilité…

The Underground Youth

The falling

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En une dizaine d’albums, The Underground Youth est passé du post punk shoegaze au folk gothique ténébreux et mélancolique, en transitant par la lo-fi, le slowcore et l’indie bien électrique. Né à Manchester et aujourd’hui établi à Berlin, ce quatuor est drivé par les époux Craig et Olya Dyer. Lui se consacre au chant et à la guitare et elle, aux drums et aux chœurs.

A l’écoute de « The falling » on ne peut s’empêcher de penser à These Immortal Souls. La plupart des morceaux évoluent sur un tempo indolent, le baryton de Craig, coincé quelque part entre celui de Nick Cave et celui de Leonard Cohen, accentuant le climat sombre des compos. Et les chœurs féminins qui soulignent cette voix nous renvoient automatiquement au répertoire du défunt canadien. Une piste comme « And I… » adopte même un ton incantatoire. Les deux titres les plus rythmés (?!?!?) sont également ceux au cours duquel Olya siège derrière les drums. Soit la valse « For you and the one » et le crépusculaire « Egyptian queen », deux plages que traverse le violon virevoltant d’Astrid Porzig.

Ouvrant le long playing le titre maître bénéficie d’arrangements de cordes somptueux, dignes de Willard Grant Conspiracy. Beau et triste à la fois, le dylanesque « Vergiss mich nicht » est déchiré par le souffle d’un harmonica.

Enfin, violon grinçant et piano désaccordé en boucle, nous renvoient aux plus belles heures du Velvet Underground tout au long de « Letter from a young lover ».

Un bien bel album, même si on lui reprochera son atmosphère un peu trop cafardeuse…

Jaromil Sabor

Mount Vision

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Sous la forme du vinyle, « Mount visions » est illustré par un tarot divinatoire signé Inaniel Swims. Et franchement, il est superbe ! Passons maintenant au patronyme de ce projet imaginé par Loïk Malle, un Bordelais aujourd’hui établi à Paris. Cette appellation (pas nécessairement contrôlée, même si elle émane de la Gironde…) s’inspire du personnage central d’un roman de Milan Kundera (‘La vie est ailleurs’) et d’une expression favorite du capitaine Haddock (‘Mille sabords’), mais surtout reflète l’esprit en effervescence de l’artiste concepteur qui apprécie autant les jeux de mots que les anagrammes.

Penchons-nous maintenant sur cet elpee. Le sixième de Jaromil Sabor ! Pour lequel, Loïk a reçu le concours de quelques collaborateurs qui se partagent, violons, flûtes, trompettes, basse, batterie et guitares, orgues, sans oublier les chœurs. Et vu la richesse instrumentale, on ne peut s’empêcher de penser à Love, groupe psychédélique californien qui a surtout sévi de 1966 à 1973.

Le long playing s’ouvre par « On my mind », une plage aux cordes de gratte byrdsiennes et à la mélodie rencontrée au cœur d’une House of Love. Des cordes chatoyantes qu’on retrouve sur l’alerte « Red sun ». Et « Lucky stone » est imprimé sur un tempo encore plus enlevé. Sur le slow mid tempo « Ruin of waves », la voix de Loïk emprunte le timbre de Robin Proper Sheppard (Sophia), sous reverb. « Wizard of rain » baigne dans une sorte de pop/folk élégante mais acidulée. « Photograph » invite à la valse alors que l’instrumentation s’enrichit au fil du sillon. « Fountain heart » est dominé par un orgue suranné, quasi religieux, dans l’esprit du classique « A whiter shade of pale » de Procol Harum. « Let me drinks come true » s’autorise une incursion dans le noisy/rock. La fin de l’album et un peu plus délirante. Ainsi, ritournelle, « Sallin’ on the piper maru » trahit des réminiscences empruntées à Gorky’s Zygotic Mynci alors que le final très sixties « Jasmine harvest », malgré de belles cordes et une jolie mélodie, dérape soudain dans une forme de chaos organisé, à la manière des Fab Four (« A day in the life » ?), avant de reprendre le cours de ses idées….

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