Les rituels étranges de This Is The Kit

This Is The Kit sortira son septième opus studio, « Ghost Coat », ce 15 janvier 2027. En attendant, il a partagé le single et « Skim a Stone ». Enregistré au cœur des Rockfield Studios dans la vallée de la Wye, au sud-est du Pays de Galles, ce disque place…

Aucun remboursement de prévu pour les Lambrini Girls

Le duo punk Lambrini Girls sortira son deuxième album, « No Refunds », le 15 janvier 2027 chez City Slang. En attendant, il a partagé un tout nouveau single, « Bang Bang Bang », accompagné d’un clip vidéo. Successeur de leur premier elpee, « Who Let The Dogs…

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Ora Cogan
Afghan Whigs

Limp Bizkit

Chocolate starfish and the hot dog flavored water

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Sacré phénomène que Limp Bizkit ! Mais ne rêvons pas, en continuant à pratiquer ce type de musique, Durst et sa bande finiront un jour ou l'autre par lasser. Attendus au tournant, nos gaillards ont donc joué la carte de la sécurité en parsemant ça et là ce "Chocolate…" de titres bien pêchus. Mais là où Korn assume et assimile une certaine influence de la musique des années 80', Limp Bizkit fait quelques faux pas et tombe même dans une espèce de plagiat mielleux de ritournelles que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. C'est peut-être la raison pour laquelle la majorité du public de Limp n'y voit que du feu. En supprimant ces titres honteux, nous tiendrions là un disque dont la densité aurait pu être aussi déterminante dans l'évolution d'un genre, auquel Rage Against The Machine a tant donné…

 

Lill' Mill

Nofo

Voici un groupe qui pourrait devenir la toute bonne surprise de l'an 2000. C'est en tout cas l'impression que nous a laissé ce mini CD six titres. Tout comme Arid, Lill' Mill nous vient de la région gantoise. Un quatuor qui semble, à premier abord, puiser ses influences dans la pop australienne. Et on pense plus particulièrement à Ed Kuepper (NDR : dont nous n'avons plus aucune nouvelle depuis trop longtemps !). A cause de cette utilisation jazzyfiante, en picking, de la guitare à douze cordes. Ou aux Go-Betweens. Le goût prononcé pour l'esthétisme et le sens mélodique particulièrement contagieux n'y étant certainement pas étrangers. La formation puise également son inspiration dans l'intensité des cordes de guitares. Un peu comme chez Bob Mould. Mais surtout possède des harmonies vocales, dont le raffinement et la limpidité évoquent instantanément les Wannadies. Avec un album de la même veine, Lill' Mill risque de faire un malheur...

 

Madrugada

Industrial silence

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Encore une formation scandinave. Norvégienne très exactement. Dont l'expression sonore fait la part belle aux guitares. Des guitares, tout à tour crépitantes, chatoyantes, rafraîchissantes, gémissantes ou légèrement reverb qui consument une véritable intensité blanche. Et lorsque le baryton cristallin ( !) de Silvert Hoyem y épanche ses inflexions, c'est à une rencontre hypothétique entre Chris Isaak et Leather Nun que l'on se met à penser. Le superbe single " Vocal ", en est probablement le plus bel exemple. Encore que sur les fragments les plus hymniques, les plus vaporeux, c'est plutôt l'ombre de Kent qui se met à planer. A l'instar de " Higher ", " Belladonna ", " Beautyproof ", " Norwegian hammerworks corp " et " Strange colour blue ". Le quatuor prenant soin d'y ajouter une pincée de country par l'entremise d'un harmonica, d'un clavier hammond, d'un violon et surtout de la steel guitar d'un invité de marque, Bob Egan. Une seule exception, " Terraplane ", plage finale plus jazzyfiante que psychédélique, propice aux exercices vocaux de Robert. Excellent !

 

Mars Electric

Beautiful something

Tout au long du premier album de ce quatuor de Birmingham, dans l'Alabama, la chouette voix de Jacob Bunton, dont le timbre nous rappelle parfois Ian Mc Nabb, et les harmonies vocales particulièrement soignées qui l'enrobent, ne parviennent que trop rarement à nous extraire d'un pop rock sans doute mélodique, mais tellement bourré de clichés puisé chez Nirvana, Aerosmith et Bush, qu'il suscite autant d'intérêt que Silverchair, sans pour autant tomber dans le hard rock. Dispensable !

 

Steve Marriott

Steve Marriott & The Official Receivers

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Qui donc ignore encore, dans l'univers du blues, les vertus vocales de ce petit bonhomme anglais, disparu tragiquement le 20 avril 1991 dans l'incendie de son cottage ? Au cours des années 60, il avait ‘enflammé’ les foules du monde entier avec les Small Faces ; et plus tard, au sein d'Humble Pie, un des premiers supergroupes. Il y a côtoyé deux guitaristes d'exception. Peter Frampton d'abord, Dave ‘Clem’ Clemson ensuite. Quelques reformations de ces deux groupes émaillèrent, par la suite, sa carrière. Mais sans grand lendemain. Dans les années 80, il a sévi au sein du trio Packet of Three. Un groupe fréquenté par le bassiste Jim Leverton et différents batteurs.

Lors de son 40ème anniversaire, le 30 janvier 1987 très exactement, il monte une nouvelle formation, les Official Receivers. Jim Leverton est encore au poste, et le line up est complété par Richard Newman aux drums et Mick Weaver à l'orgue. Ce dernier est toujours actif, puisqu'il fait encore partie du backing band de Taj Mahal. Le groupe jouera cette année-là pas moins de 200 concerts. Mais si un album studio est alors planifié, il ne sortira pas avant l'an 2000. En 88, Steve change à nouveau de partenaires. Il collabore régulièrement avec une formation anglaise drivée par l'harmoniciste Simon Hickling et le futur et actuel guitariste de Dr Feelgood, Steve Walwyn : les DTs.

Ce double CD réunit l'album studio dont question ci-dessus et un concert live immortalisé à l'Hammersmith Odeon de Londres. C'est probablement le premier disque qui emportera vos suffrages. Tout au long d'"In concert 87", Steve Marriott démontre qu'il était probablement l'un des seuls blues shouters anglais. Il vivait intensément sur les planches. Il reprend des titres qui avaient fait sa gloire avec les Small Faces : "Watcha gonna do about it", "All or nothing" et "Tin soldier". Mais le reste se partage vraiment entre le blues et le R&B qu'il affectionnait tant. Avec beaucoup de bonheur et de vigueur, il passe en revue "Don't you lie to me", "My girl", Shame shame shame", "Don't need no doctor" et surtout une bouleversante interprétation de "Five long years". Je me demande si les parties de guitare ne sont pas assurées par Steve Walwyn ; car si Marriott était capable de sortir quelque chose de sa Gibson ES 335, je ne pense pas qu'il aurait pu produire un tel solo.

Le deuxième elpee, "Studio sessions 1987-1988", est d'un intérêt secondaire. Il épingle le célèbre "Oh well", composé par Peter Green. Steve joue de l'orgue hammond sur plusieurs plages. On comprend mieux ainsi pourquoi Booker T était une de ses références. Il exerce donc son talent de claviériste sur "Lonely no more", "Ain't you glad" et le très beau "Stay with me baby". Mais le meilleur de cet album procède du traitement vocal, menaçant et dramatique qu'il opère sur "I just want to make love to you", à l'art zeppelinesque très réussi! En bonus, il reste 4 titres live dont deux commis avec les DTs, "Watch your step" et "Let's work together". Repose en paix Steve!

 

Mardi Gras BB

Supersmell

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Issu de Manheim, en Allemagne, Mardi Gras. BB a été fondé par Reverend Krug, un vétéran de la scène krautrock qui a sévi chez le mythique Guru Guru. Pas à la fin des sixties, ni au cours des seventies, mais au début des années 80 (NDR : Et le combo existe toujours !). En 1994, il passe un coup de fil à Doctor Wenz, un musicien qui a bourlingé au sein de différents groupes depuis l'âge de 14 ans. Et très exactement depuis 1979. Il a ainsi sévi chez plusieurs combos punk, dont le dernier impliquait une section de cuivres. L'idée de monter un brass band semble leur plaire, puisque les deux compères se lancent dans l'aventure. Faut dire qu'ils avouent des goûts communs, et partagent en particulier une même passion pour la musique de la Nouvelle Orleans. Ils recrutent donc toute une panoplie de cuivres et un percussionniste. Des musiciens qui s'ajoutent ainsi au sousaphone pratiqué par le Reverend ; le Doc se réservant le chant, de son baryton cassé, dont le timbre rappelle tantôt Tom Waits, tantôt Captain Beffheart. L'an dernier le combo avait sorti " Alligator soup ". Un disque assez surprenant dans sa structure semi-rythm'n blues, semi carnavalesque. Mais surtout bourré de fun. Pour enregistrer " Supersmell ", Mardi Gras. BB a fait appel à un DJ. Un bidouilleur qui avait été invité à participer aux sessions du précédent elpee, mais pour un seul titre. Ce qui donne une coloration encore plus curieuse aux compositions. Et ce qui explique aussi pourquoi, le disque est plus difficile à assimiler. N'empêche, au bout de quelques écoutes, le charme opère et on ne peut plus résister au groove vaudou libéré par la musique très cuivrée de cette formation. Si l'opus réserve un hommage aux Beatles (" N°9 "), à Issac Hayes (" Meeting Isaac ") et aux Doors (" Riders on the storm "), c'est d'abord à Dr John que l'on pense en écoutant ce disque. Et puis ensuite à feu Screamin' Jay Hawkins. Sur les traces duquel ils marchent peut-être. C'est en tout cas leur volonté. Histoire de préserver son héritage…

 

 

Mardi Gras BB

Alligatorsoup

Franchement, ce Mardi Gras. BB ferait un véritable malheur s'il devait participer à un carnaval, chez nous. Pas étonnant, lorsqu'on sait que la formation est francfortoise. Un groupe constitué de tout un arsenal de cuivres, d'un percussionniste friand de rythmes afro-cubains et d'un vocaliste qui aurait franchement pu défendre ses chances, au sein d'un big band yankee de l'entre deux guerres. Et si ce disque ne manque pas de swing, il le doit aussi à la technologie moderne, même si ce recours, reste assez discret...

 

Marcy Playground

Shapeshifter

Écrit par

Drôle de combo, ce Marcy Playground. Des dizaines, voire centaines de pages sont consacrées au trio, tant sur le web que dans la presse. Pour la plupart sans intérêt. A vrai dire, sachez simplement que Marcy Playground est un trio issu de New York, emmené par un leader-compositeur dénommé John Wozniak, dont le second opus, " Shapeshifter ", vient de sortir. Douze titres exceptionnels, situés à la croisée de deux axes musicaux. L'un reliant la pop au rock. L'autre, la scène américaine à la scène britannique.

Au milieu donc, ce mystérieux mélange. On pense aux Pixies, à Frank Black, à Nirvana ou aux Foo Fighters, lorsque l'agressivité et les guitares tranchantes se glissent dans une production des plus travaillées. On songe à Grant Lee Buffalo quand l'électricité orageuse fait place à une brise plus acoustique et mélodique, propice aux ballades intimistes, tendres et profondes. Psychedelic Furs nous vient aussi à l'esprit. Surtout à cause du son particulier, légèrement synthétique, glacial, fluide, des douze compositions. Et les Australiens Rat Cat, le mythique Neil Young, l'énergique Ash, les délirants Butthole Surfers, Weezer et Dandy Warhols clôturent cette impressionnante énumération de références. Un enregistrement qui se veut diversifié. Sans vouloir gonfler gratuitement l'info disponible (attendons une possible interview), nous estimons avoir judicieusement replacé cette formation américaine dans son contexte musical. Voici un peu moins de dix ans, " Shapeshifter " aurait pu revendiquer une place d'honneur parmi les disques qui ont marqué la décennie. Il sort un peu tard, même si ces quelques rides n'enlèvent en rien la beauté des chansons. A découvrir !

 

Mansun

Little kix

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Après avoir commis trois albums expérimentaux, mais surtout fort intéressants, Mansun ne pouvait que confirmer les excellentes dispositions affichées jusqu'alors. Malheureusement, il a fallu déchanter. Car si l'approche des compositions semble correspondre à celle qui avait été appliquée à " Attack of the grey lantern ", sa mise en forme souffre d'un tel excès de sophistication, qu'elle en devient insupportable. La musique a ainsi perdu toute son allégresse, son imprévisibilité, son impétuosité et surtout sa créativité qui en faisait tout son charme. Même la voix de Paul Draper semble naviguer à contre-courant de cet univers, au mieux philspectorien, et au pire sub Tears For Fears. Et la production de Mike Padgham (Lenny Kravitz, Police, Genesis) en porte plus une grande part de responsabilité. Dommage, car en épurant la matière première de ses artifices, la musique manifesterait un feeling glamour ‘suedesque’ voire ‘bowiesque’, qui n'est pas fait pour nous déplaire. Une grosse déception !

 

Marilyn Manson

Holy Wood

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Brian Warner est né malin. Non seulement il a l'art de provoquer, mais il a rendu cet art particulièrement lucratif. Plus il provoque, plus il indigne ; et plus il indigne, plus il récolte de succès. Un goût de l'excès qui secoue tellement les Yankees, que des ligues anti Marilyn Manson ont commencé à fleurir au quatre coins des States. Surtout depuis la fusillade de Littleton du 20 avril 1999. Un carnage que ces mêmes associations ont mis sur le dos de la philosophie de ce grand guignol. N'importe quoi ! Comme si le libéralisme en matière de vente et de détention d'armes n'était pas la véritable cause de cette tragédie. Et puis rien de tel pour distraire la vigilance de la population, face aux véritables problèmes qui secouent les Etats-Unis d'Amérique, aujourd'hui. Faut avouer quand même qu'il n'y va pas de main morte. Faisant même croire qu'il est un fervent défenseur du satanisme, de la drogue, de la pornographie, du chaos, du meurtre ou même du suicide. C'est à dire les tabous qui balisent la conscience du peuple de l'oncle Sam. Pourtant, lorsqu'on analyse ses textes ou ses déclarations incendiaires, on se rend compte que son message n'est peut être pas aussi destructeur qu'il n'y paraît. En fait, Brian utilise le second (si pas le troisième !) degré pour remettre en cause l'American way of life, amplifiant les conséquences pour mieux débusquer ses défauts, son incohérence. Cet adepte de Nietzsche vient d'ailleurs de sortir un deuxième bouquin qui traite de cette question, mais aussi de sujets aussi brûlants que la haine, la violence ou l'éducation, thèmes qui le taraudent au plus profond de lui-même.

Mais venons en à son nouvel opus, " Holy Wood ", premier volet d'un triptyque qu'il avait terminé par " Anti Christ Superstar " en 1996, et dont l'échelon intermédiaire, " Mechanical animal ", remonte à 1998. Toujours ce besoin de retourner l'ordre des événements ! Et ce nouvel opus est franchement impressionnant. Je ne m'attarderai plus sur l'aspect thématique des compositions, mais plutôt sur la musique. Que je qualifierai d'électro métal d'excellente facture. Et vu la qualité de la solution sonore, des gens comme Korn, Limp Bizkit ou Slipknot, peuvent carrément aller se rhabiller. Pour bien planter le décor, les spectres de Christian Death, de Bowie circa " Ziggy Stardust ", d'Alice Cooper, de Sisters of Mercy, et de Nine Inch Nails sont toujours bien présents. Par contre, hormis " Disposable teens ", le glam glitterien qui prévalait sur le précédent elpee a presque complètement disparu. Il laisse ainsi, nonobstant l'un ou l'autre fragment plutôt musclé tel que " The love song ", " The fight song " ou " Burning Flag ", la place à une musique beaucoup plus atmosphérique. Atmosphérique, métallique, énigmatique et sulfureuse. On est même particulièrement surpris lorsque Marilyn Manspn flirte l'intensité électrique d'un Radiohead sur " Target audience " et " Valentine's day ". Mais un Radiohead qui aurait été endoctriné par Bauhaus. Maintenant, je ne le répéterai jamais assez, il faut prendre beaucoup de recul par rapport à ce personnage. En prendre et en laisser, si vous préférez. Ce n'est ni un extra-terrestre, ni Belzébuth réincarné. Le plus grand risque serait peut-être qu'il fonde une secte. Et personnellement je n'en serais pas surpris. Surtout lorsqu'on sait que cet homme d'affaires vient de racheter une multinationale de crème glacées. Evidemment, pour d'éventuels futurs disciples, ce genre d'information jette un froid…