L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

Tommigun fait de vieux os…

Les vétérans belges de l'indie pop signent un retour marquant. Dix ans après la parution de Wooden Son, Tommigun rompt un long silence et dévoile « Heavy Bones ». Ce morceau inaugure un nouvel elpee éponyme, dont la sortie se profile pour le 20 novembre 2026…

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Editors
Ora Cogan

Monaco

Monaco

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L'ancien bassiste de New Order, Peter Hook, et l'ingénieur du son David Potts ont donc décidé de remettre le couvert, en enregistrent leur deuxième album pour Monaco. Un disque éponyme, sur lequel on reconnaît facilement la basse ondoyante de Peter. Il s'essaie quand même au chant sur deux fragments ; mais en général, cette discipline est réservée à David dont le timbre est aussi décoloré que celui de Bernard Summer. Dans ces conditions, vous imaginez que la musique de Monaco marche sur les traces de celle de New Order. Et vous n'avez pas tout à fait tort. La production opérée par le duo est d'ailleurs irréprochable. Malheureusement, le disque alterne le bon et le moins bon. L'excellent même, comme sur " Black rain ", digne des classiques " Ceremony " ou " Blue Monday ". Dans le même ordre (!!!), la formation épingle deux hits en puissance : " I've got a feeling " et " Kashmere ". Deux compositions aussi hymniques que contagieuses. Pour le reste, hormis l'instrumental " Marine ", déchiré entre techno et ambiant, on reste sur sa faim. Et l'incursion opérée dans le disco, sur " See saw ", nous est franchement restée sur l'estomac…

 

Modest Mouse

The moon & Antartica

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Fondé en 1992, ce trio d'Issaquah dans l'état de Washington, a végété plusieurs années dans le grunge de troisième division. Ce qui explique sans doute pourquoi, ses trois premiers albums sont totalement passés inaperçus. Et que le quatrième s'est fait descendre en flammes, par la presse spécialisée, avant même d'avoir été écouté. Une grave erreur, car quoique complexe, cet opus est tout bonnement remarquable. De grunge, il n'en est donc plus guère question ici, mais bien d'un subtil mélange de post grunge, de post lo fi, de post punk et de post industriel. Tout un programme ! Porno for Pyros et Built To Spill sont ainsi probablement devenues les deux formations les moins étrangères à la nouvelle perspective sonore de Modest Mouse. Déchirée entre réalisme et violence, cette vision toxique d'incertitude et de confiance nous plonge dans un univers apocalyptique, au sein duquel un Mad Max trouverait facilement sa place, tant l'aridité émotionnelle est aveuglante. Et c'est la voix d'Isaac Brock qui nous guide à travers cet opus. Spectrale, obsessionnelle, torturée, elle essaime 15 contes de solitude et de désespoir du cauchemar américain. Tempo capricieux, basse reptilienne, drums plaqués, violon strident, feedback pur, mais également piano, violoncelle, cloches de traîneau, carillon, banjo électrique et bruitages métalliques en tous genres, se conjuguent parfaitement avec les guitares en couches, sur fond d'harmonies angéliques, par la grâce de la production astucieuse de Brian Deck (Red Red Meat). Epatant !

Nine Days

The madding crow

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Même un producteur célèbre peut foutre un album en l'air ! Et en particulier en le surproduisant. C'est le gâchis que vient de causer Nick Didia, dont la réputation lui avait pourtant permis de mettre en forme des disques de Pearl Jam et de Rage Against The Machine, au premier album de Nine Days. La sophistication des arrangements a tellement été poussée, que la musique en a perdu toute sa saveur, toute son âme… Les vocaux échangés entre John Hampson et Brain Desveaux, sont tellement surfaits qu'ils en deviennent même agaçants. Seuls les trois premiers titres, dont le mixing a été paradoxalement confié à Brian Malouf ou à Chris Lord Age, et les deux derniers fragments de l'opus (NDR : Nick devait probablement être fatigué…) échappent au naufrage. Le plus grave, c'est que ces trois premiers titres sont franchement excellents. A l'instar du single " Absolutely ", tout d'abord. Aussi incisif et sémillant que " We are " de Vertical Horizon. " If I am ", ensuite. A cause de ce mélange habile entre cordes de guitare acoustique et électrique, enrobé d'orchestrations symphoniques, mais sans emphase. Et puis le remarquable et excitant " So far away ", curieusement irradié d'harmonies vocales diaphanes, fondantes ; caractéristiques que l'on retrouve habituellement chez les Wannadies, et qui paradoxalement font totalement défaut sur le reste de l'opus. A moins que vous ne soyez un inconditionnel d'Eagle Eye Cherry, je ne vois vraiment ce qui vous pousserait à vous procurer ce morceau de plastique…

 

New Wet Kojak

Do things

Projet circonstanciel plutôt que véritable groupe, New Wet Kojak réunit deux membres de Girls Against Boys, en l'occurrence Scott Mc Cloud et Johnny Temple, l'ingénieur du son Charles Bennington, réaffecté au saxophone, ainsi que Nick Pellicciotto, débauché chez Edsel en 1994. "Do things" constitue le troisième album du groupe, mais si à l'instar des deux œuvres précédentes, il continue de mêler le jazz pervers et le rock sordide, il vient peut-être, involontairement, de trouver le chaînon manquant entre Morphine et Tuxedo Moon. Encore que parfois le spectre du Fall plane subrepticement sur l'une ou l'autre composition. Parce que les musiciens de NWK manipulent leurs instruments comme des pinceaux, les silences comme des armes, le bruit comme de l'art et les mots comme des émotions. Des mots non pas chantés, mais prononcés ou chuchotés d'une vois traînante, par Scott Mc Cloud. Un elpee fort intéressant, mais extrêmement complexe qui recèle à travers "Love career" et le titre maître, deux compositions envoûtantes, parcourues de samples symphoniques et imprimées sur un tempo irrésistible.

 

Nevermore

Dead Heart In A Dead World

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Né à Seattle sur les cendres des groupes trash Sanctuary et Forbidden, Nevermore n'a aucun lien de parenté avec Pearl Jam ou Nirvana et n'appartient pas davantage à une quelconque aucune mode ou tendance musicale éphémère. Hors du temps, sophistiqué comme du Queensryche, puissant et lourd comme du Pantera, le heavy métal ‘traditionnel’ de Nevermore pourrait presque être qualifié de progressif, au sens propre du terme, tant le quatuor semble vouloir à tout prix faire avancer le schmilblick. Ce ne sont pas les indéniables qualités musicales de l'ensemble, ni même la complexité des structures, qui retiendront l'attention en premier lieu, mais bien ce subtil alliage de sons cristallins, de mélodies insidieuses et de riffs tranchants. Derrière cette superbe pochette (les collectionneurs se précipiteront sur l'édition très limitée du picture disc vinyle) se cachent douze joyaux d'une finesse rare qui aideront Nevermore à se faire une place au soleil dans les mois à venir. Même la surprenante cover du "Sound of silence" de Simon and Garfunkel atteint une certaine plénitude, tant sa réadaptation semble s'être faite naturellement, sans esbroufe ni fanfaronnade. L'album de la maturité !

 

Neurosis

Sovereign (Ep)

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Une petite gâterie pour les fans ! En attendant la sortie prochaine de leur nouvel album, Neurosis nous a concocté un petit 4 titres de derrière les fagots. Mauvaise nouvelle tout d'abord : le groupe ne donne pas l'impression de se renouveler fondamentalement. Rythmes tribaux, alternance de moments de quiétude et de déchaînement, polyphonies pas corses pour un sou et autres backgrounds sonores reposant essentiellement sur un bourdonnement continu. Une bonne nouvelle ensuite : dans la volonté de créer un projet musical global, ce disque donne accès à un site web où toute l'imagerie constituée par le groupe, au fil de ses prestations scéniques, est disponible (NDR : le responsable des films projetés lors des concerts est considéré comme un membre à part entière). Toute personne intéressée par une recherche de cohérence et d'utilisation judicieuse d'autres supports d'expression se doit d'aller jeter un coup d'œil, via ce CD ou le site officiel de Neurosis (www.neurosis.com), sur cet ouvrage. Car l'astuce de ce maxi se situe également dans la possibilité d'accéder à un site "privé" de toute beauté. Et permettre aux surfeurs patients, mais non équipés du dernier cri en matière de connexion, de télécharger des inédits… Qui a dit que Neurosis ne chouchoutait pas ses fans ? Et alors ? Qu'est-ce que vous faites encore sur Musiczine ?

 

Neurosis

Pain of Mind

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Que de chemin parcouru ! Et finalement, quelle intelligence d'avoir changé d'orientation musicale... Car si Neurosis avait continué de pratiquer ce type de hardcore aux relents punks, il n'aurait certainement pas été bien loin. Pourtant, sorti en 1987 et réédité aujourd'hui, cet album pourrait enterrer certaines productions actuelles du genre. Ironique ! Quelles prémisses de la musique de Neurosis retrouve-t-on ? Bin, vraiment pas grand-chose… L'utilisation de 2 voix et c'est tout. Sortir une telle plaque aujourd'hui la confinerait à l'anonymat le plus complet. J'avoue porter une admiration à la limite du culte pour ce groupe, mais là, ne comptez pas sur moi pour vous le conseiller. Même sous le couvert du témoignage historique (NDR : un deuxième CD constitué de raretés). Faut pas pousser ! Inaudible.

 

Darrell Nulisch

I like it that way

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Darrel est un vrai Texan. Né à à Dallas en 1952, il est devenu célèbre en exerçant le rôle de chanteur au sein d'Anson Funderburgh & the Rockets et de Ronnie Earl & the Broadcasters. Depuis 1990, il mène une carrière plus ou moins individuelle. Leader du Texas Heat, il a ainsi gravé "Business as usual" sur Back Top en 91 ; puis sous son patronyme "Bluesoul", sur Higher Plane en 96 et "Whole Truth" sur Severn en 98.

Pour concocter " I like it that way ", il a de nouveau accordé sa confiance au guitariste Johnny Moeller. Un fidèle compagnon qui a sévi sur les derniers albums de Darrell ; mais également un musicien qui est responsable d'un album intitulé " Return of the funky worm ", enregistré avec l'ex Red Devils, Paul Size, sur Dallas Blues Society. Et un nouvel opus solo est annoncé sur ce même label.

"I like it that way" s'ouvre sur une bien jolie ballade. Son titre? "You tore my playhouse down". Elle met de suite en évidence les remarquables qualités vocales de Darrell. Embrayant avec "Getaway place", qui laisse tout l'espace à Johnny pour accorder une remarquable partie de guitare. Ballade d'une beauté et d'une fraîcheur rares, " After all " introduit le piano du très doué Benji Porecki, sur fond d'orgue, et débouche sur la voix lumineuse de Nulisch. Et les quelques ballades soul qui s'ensuivent, fixent l'emprunte du chanteur texan. Deux très beaux blues figurent sur l'album. Une interprétation passionnée de "Worried dream" de B.B King. A mon humble avis, la meilleure plage de l'opus. Et le célèbre "Mean old world". Non pas d'Otis Rush, mais de Little Walter. Particulièrement swing, cette version permet à Porecki d'exprimer son talent à l'orgue Hammond. L'album se termine dans le R&B, avec "Trick or treat" d'Otis Redding, qui souligne les qualités de la section rythmique, constituée de Steve Gomez, à la basse, et de Rob Stupka, à la batterie.

 

Claude Nougaro

Embarquement immédiat

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Pas le temps de flâner sur le port, jazz à bâbord et à tribord. Avec un big band pour rythmer la cadence et un auteur au mieux de sa forme pour tenir le gouvernail, le paquebot-Nougaro démarre en trombe. Coup d'œil ironique sur la Jet set, regard nostalgique sur ces bas dénigrés par les femmes modernes (la chanson la plus percutante de l'album), couplet machiste sur " Cette salope " qui " Déménage de l'un à l'autre ". Chaque fois ou presque (" Anna " est un peu faible), le texte fait mouche et renforce le plaisir rythmique. Soudain, le paquebot-Nougaro arrête les machines. Le capitaine laisse voguer calmement son imagination et ses souvenirs. Un délice tant pour rendre hommage à " La langue du bois " (sur un martèlement très africain) que pour décrire un tableau de Renoir ou raconter ce temps où papa appelait maman " Mademoiselle ". Du grand art, réalisé à 71 ans avec la complicité d'Yvan Cassar, " Le Vivaldi de mes quatre saisons ", dit Nougaro. Mais pourquoi donc parler de son âge ? C'est le talent qui compte, pas le calendrier.

 

North Mississippi AllStars

Shake hands with Shorty

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Sous cette étiquette se cache deux frères dont le père n'est autre que le redoutable et réputé producteur de Memphis, Jim Dickinson. Le groupe pratique un blues très roots dont le côté immédiat, direct, comme issu des juke joints et roadhouses locaux ne peut mettre en doute l'étiquette Mississipi. D'ailleurs, il traîne ça et là un côté Fat Possum qui ravira les nombreux adeptes du style. Nul doute que le père Jim avait eu le bon goût de familiariser ses rejetons aux styles aussi divers que ceux des Mojo Dixon, Willy DeVille, Replacements et autres Jon Spencer.

Le groupe existe depuis plusieurs années. Il a forgé son expérience en jouant quelques 150 concerts par an. Les titres qui composent l'album sont joués depuis bien longtemps sur scène, et c'est sans nul doute une preuve d'intelligence d'attendre cette maturation avant d'enregistrer. Luther et Cody vivent dans les collines du Nord du Mississippi. C'est là qu'ils se sont forgés leur style, à l'écoute de Fred McDowell. Mais également lors de leur rencontre avec Junior Kimbrough et R.L Burnside Deux des fils de ce dernier, Cedric et Gary sont de la partie en tant qu'invités.

La saveur boueuse du Mississippi suinte vraiment sur "Shake 'em on down", avec slide électrique et bottleneck acoustique à l'appui. Les vocaux ne sont pas le point fort. Cependant, question cordes, et notamment sur "Drop down mama" de R.L Burnside, la collision de la guitare et de la slide peut rappeler de belles tranches musicales, partagées entre Dicky Betts et Duane Allman, au sein de l'Allman Brothers Band. Ce bain sudiste se répète sur "Po' back Maddie", un boogie signé Fred McDowell. Les voix et les riffs produits sur "Skinny woman" peuvent eux, il est vrai, faire rêver aux échanges opérés entre Eric Clapton et Jack Bruce, aux débuts de Cream, avant de retomber aux mêmes références déjà citées. Et oui, un solide parfum du passé se dégage de cet album. Mais aussi un gage d'authenticité, hérité en ligne droite du Delta. A l'instar de la simplicité même de "Drinkin' muddy water" qui fait mouche. Ecoutez attentivement "Going down South". Ce titre rappelle le Cream de la grande époque. D'ailleurs, si le solo de guitare démontre l'étendue de cette spécificité, les percussions assez sauvages sont très proches du grand Ginger Baker. Il est vrai que les fils Dickinson sont renforcés par les frères Burnside et la symbiose est totale! La dernière plage, " All night long ", propose une long jam de plus de neuf minutes, passant de l'ambiance sudiste des Allman Brothers à celle plus libérée de Grateful Dead. Ah oui, j'allais oublier cette plage cachée, espèce de faire-valoir du batteur Chris Chew. Un album spontané et rafraîchissant!