Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

Un clip d’animation pour le nouveau single d’Σtella

L'artiste grecque Σtella dévoile son nouveau single intitulé « Belinda ». Cette nouveauté s'accompagne d'un clip officiel au format visualizer, dont les illustrations sont nées sous la plume de la chanteuse elle-même, complétées par les animations de Yokanima…

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Swearing At Motorists

Number seven uptown

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Responsable d'un premier album aussi superbe qu'électrique, SAM aurait-il décidé d'alléger la densité de son intensité blanche ? C'est en tous cas la question que je me suis posée après avoir écouté ce " Number seven uptown ". Bien sûr, la guitare électrique est toujours omniprésente, croustillante, vivifiante, mais hormis sur " Flying pizza " et " Inadvertent Christmas song ", en l'occurrence les deux premiers fragments de l'opus, elle fleurit par petits riffs, plaque paresseusement ses accords, lorsqu'elle n'épouse pas un profil acoustique. Ce qui donne une forme beaucoup plus éclectique aux chansons mélancoliques, agitées par le mid tempo de Don Trasher et balayées par le timbre vocal spectral, overdubbé de Dave Dougham. Des chansons aux titres farfelus mais paradoxalement aux lyrics fort intéressants. Des lyrics qui traitent de la solitude, de l'alcool, de la drogue, mais aussi et surtout des relations humaines déchirées entre conflits, espoirs et aliénation… Des lyrics qui s'infiltrent dans les mélodies, projetant des visions de paysages dépouillés, blêmes ; un peu comme les jours de novembre, lorsque toutes les feuilles des arbres sont tombées, mais que la neige se fait encore attendre… Pour enregistrer ce disque, le duo a bien reçu le concours de quelques invités. Mais leur présence est limitée à de très rares interventions à la lapsteel, à la mandoline, à la trompette ou au clavier.

Swearing At Motorists

More songs from the mellow struggle

Swearing At Motorists nous vient de Dayton, dans l'Ohio. Un duo constitué du chanteur/guitariste Dave Doughan et du compositeur/drummer/bidouilleur Don Trasher, un vétéran de la scène locale qui a forgé sa réputation en multipliant les expérimentations les plus diverses. Dans le passé, il a ainsi sévi successivement chez the New Creatures, Guided By Voices et les Hopefools, alors qu'aujourd'hui, il mène parallèlement à SAM, deux autres projets, 3 Dream Bag, flanqué du bassiste de GBV, Greg Demos, et le groupe de cowpunk sur acide, Johnny Smoke. Renforcé par la présence du guitariste de studio Matt Bowman, "More songs from the mellow struggle" est partagé entre chansons acoustiques, minimalistes, atmosphériques, qui auraient pu naître d'une rencontre improbable entre Syd Barrett et Buffalo Springfield, et compositions lo-fi. Des chansons dont l'intensité mélodique trempée dans le feedback, rappellent Sebadoh, les morsures de son, Pixies voire les Breeders, et les harmonies vocales aussi spectrales que soignées, Guided By Voices. Deux exceptions à cette règle, le "byrdsien" "The difference between listen and feel" et "Eaxt of bilaxi". Une composition remarquable, rognée de claviers sixties avec une dose de feeling pas possible, par un certain Phil Mehaffey...

Superflu

Tchin Tchin

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Un chant maniéré, d'habitude je ne supporte pas. Mais ici, le filet de voix de Nicolas Falez, soutenu par Sonia Bricourt dans un plaisant duo vocal masculin/féminin, se glisse si harmonieusement dans les douces mélodies de Superflu, que l'écueil est évité. De justesse sans doute, mais sans discussion. Cette douceur laisse à priori croire à des propos anodins, à une énième resucée de cette pop française agréable mais sans beaucoup de fond. Superflu en conserve l'esprit délicat et y ajoute des mots choisis pour parler de séparation (‘Et déjà je redoute tellement le moment/où ta bouche m'appellera voleur/où tes mains m'appelleront ennemi’), de ces relations amicales qui s'effilochent avec le temps (‘On pardonne et on boit/comme les amis d'autrefois’). Le groupe n'hésite pas à appeler cuivres et violons à la rescousse pour soutenir le propos. Superflu sort même de ce terrain agréable pour s'aventurer là où on ne l'attendait pas. En l'occurrence, une violente chronique rurale (" La ferme ") où le chant que l'on disait maniéré apporte soudain un contraste revigorant avec le texte inquiétant. "Tchin Tchin" constitue le 2e album de ce groupe fondé à Lille. Il a été mixé par Jim Waters, un personnage qui a travaillé avec Sonic Youth et le Jon Spencer Blues Explosion.

 

James ‘Super Chikan’ Johnson

Blues come home to roost

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James Louis Johnson est né en 1951, à Darling, dans le Mississippi. Elevé près des champs de coton, il s'intéresse tellement aux poules (NDLR : de luxe ?) qu'il héritera du surnom de Super Chikan! A moins de 20 ans, il joue de la basse dans les juke joints locaux, derrière son oncle, le célèbre Big Jack Johnson. Il devient chauffeur de taxi à Clarksdale et se concentre sur l'écriture. Il enregistre ainsi une trentaine de ses compositions dans les studios, en compagnie de Johnny Rawls et L.C Luckett.

Cet album, sorti une 1ère fois en 97, présente le résultat de ces sessions consacrées à un downhome blues, léger, discret, sans éclat! Notre super poulet possède une voix paresseuse. Il joue principalement de la guitare mais n'hésite pas une seconde à la troquer contre une basse, un harmonica ou un piano. Ce qui n'est pas une mauvaise idée en soi, puisque ses deux compères se partagent aussi les instruments.

J'aime "Well gone dry". Un blues au mid tempo omniprésent. Vous apprécierez au passage les gloussements de James sur son chant d'honneur "Super chicken Strut", pendant que les trois guitares se mettent à patauger dans la basse-cour. Deux versions de "Mama & the Chillen" figurent sur l'album. Mais les effets sont surprenants, Super se taillant à lui seul les dialogues. Plus proche du Jimmy Reed, il aborde son penchant swamp blues sur "What it is". A noter que Super Chikan a sorti en ce début 2000, un album original, intitulé "What you see" sur Fat Possum.

 

Sunny Day Real Estate

The rising tide

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On ne peut pas toujours expliquer pourquoi on a un coup de cœur pour tel ou tel album. Mais, c'est lorsqu'on s'y attend le moins que l'effet est le plus saisissant. Ce quatrième opus de Sunny Day Real Estate dégage, en effet, ce petit quelque chose que vous ne pouvez décrire, et qui atteint l'âme. Une sensation qui, le plus souvent, débouche sur la naissance d'une œuvre intemporelle. Passé le premier morceau électrique, dans ce qu'il a de plus crazyhorsien (" Killed by an angel "), la musique de ce disque se charge progressivement d'intensité émotionnelle, et élabore subrepticement un véritable envoûtement. Les rythmes se fluidifient, les cordes de guitare cristallisent la mélodie, alors que le timbre vocal, étrange, falsetto, de Jeremy Enigk, hante de ses lyrics passionnés et poétiques, cet univers sonore complexe, tentaculaire et torturé. En outre, Lou Gordiano (Goo Goo Dolls, Live) a probablement réussi la meilleure mise en forme de son existence, tant sa production est limpide. En extrapolant, cet opus pourrait incarner, avec la bénédiction de Gorky's Zygotic Mynci et de Caravan, le fruit d'une rencontre hypothétique entre la quintessence du Genesis de l'Archange Gabriel et la puissance mélancolique du Flaming Lips, de l'album " The soft bulletin ". Impressionnant !

The Travoltas

From the secret vaults of Weissmuller

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La bio du groupe, écrite par un de ses membres, doit ressembler à tant d'autres… Débuts chaotiques, reconnaissance ‘régionale’, quelques concerts, des enregistrements vendus aux concerts et séparation pour divergences musicales. Fin du premier acte. Le groupe se reforme et reprend les choses où il les avait laissées. Travoltas devient un nom, s'exporte et assure des premières parties qui leur fait chaud au cœur : SNFU, Undeclinable Embuscade ; une participation au Dynamo Open Air Festival 1997 ; un enregistrement new yorkais avec un frère Ramones. Car ce n'est pas de musique d'ascenseur dont il s'agit ici. Mais plutôt d'un punk rock teinté de surf. Aujourd'hui le groupe est à la recherche d'un second souffle et sort donc une compilation couvrant pratiquement une décennie d'activité. Véritable régal pour les fans (raretés, remixes, titres perdus sur d'obscures compiles punks), cet album ne devrait guère attirer d'autres auditeurs. Et pourtant, Travoltas a traversé une période plus expérimentale, électronique, jalonnée de titres très valables, dont une reprise de l'inusable " Keep on rockin' the free world " de Neil Young... Enfin, ne succombez pas à la pochette : on remarque ça et là des traces de cellulite.

 

Pat Travers

Don´t feed the alligators

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On ne compte plus les albums publiés par Pat Travers au cours de ces dernières années. Que ce soit pour Provogue ou Blues Bureau. Pat a toujours teinté son rock blues de tonalités très hard, lorsqu'elles n'étaient pas métalliques. Il aime hausser la voix quand il attaque son répertoire, et sa guitare lui ressemble absolument. Elle hurle, vocifère. Les notes fusent. La batterie des pédales est actionnée pour torturer le son. Et il aime ça, Pat. Le "Black Friday" de Steely Dan est profondément métallisé. Cet album n'est constitué que de reprises ; aussi, je ne passerai en revue que les titres qui m'ont le plus accroché. En l'occurrence "I'm bad, I'm natiowide" de ZZ Top, plutôt bien réussi, "I love you more than you'll never know" d'Al Kooper et "Nothing is easy" qui figurait sur "Stand up", le deuxième album de Jethro Tull. Le verdict prononcé à l'égard du "Crosstown traffic" de Jimi Hendrix n'est pas aussi rassurant, puisqu'il est à ranger au rayon hard rock.

The Tragically Hip

Music at Work

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Que raconter sur Tragically Hip si ce n'est que ces garçons viennent de commettre, non pas un tragically crime, mais bel et bien leur huitième album studio depuis 1987. Magnifique passé donc si ce n'est que de sa collection discographique, seul un album aura réussi à tiré son épingle du jeu. Il s'agit de " Up to here ". "Music @ Work " quant à lui ne déroge pas à la vieille tradition du combo canadien. Un album bien ficelé dans lequel on retrouve les mêmes influences pompées chez Tom Petty, Pearl Jam, REM, Counting Crows, Soul Asylum, Live ou Neil Young. Des chansons agréables, rangées les unes après les autres, sans réel relief musical. Excepté un détonnant " Sharks ", titre maître du CD qui, à mon humble avis, prouve que Tragically Hip est capable de réaliser de superbes choses. Suffirait qu'il le démontre un peu plus souvent…

 

Toploader

Onka´s big moka

Toploader cultive la nostalgie des Small Faces circa "Itchycoo park". C'est une certitude sur le single " Dancing in the moonlight ". Ce premier album, qui bénéficie de la production de Dave Eringa (Manic Street Preachers) fait ainsi la part belle au r&b des sixties ; mais à l'instar de Jamiroquai, d'Ocean Colour Scene ou du défunt Style Council, il use et abuse de clichés et d'arrangements de cordes aussi pompeux qu'insipides. Paraît que Paul Weller est un grand admirateur de ce quintette issu d'Eastbourne. Il a dû se tromper d'histoire d'amour...

 

Too Slim

King size troublemakers

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Issu de l'état de l'Etat de Washington, de Spokane très exactement, ce trio est déjà de retour. Une formation étonnement proche cette fois d'un autre trio, texan celui-là, j'ai cité… Z.Z Top! Le leader, unique et incontesté, reste bien entendu Tim ‘Too Slim’ Langford. Il assume le chant et la guitare, entouré de Tom Brimm, à la basse, et de John Cage, à la batterie. " King size troublemakers " constitue déjà leur 6ème album pour Burnside. Il est sensiblement différent et bien plus swing que "Blues for Eb", le précédent opus sorti en 97. La surprise nous vient ici de ce son ZZ Top. Pas celui qu'il manifeste aujourd'hui, mais le plus proche des débuts du band texan. Notamment à cause de la voix, dont le timbre se rapproche familièrement de celui du Billy Gibbons d'il y a 20 à 30 ans.

La plage titulaire est bien dans le rythme. "I'm gonna blow" reçoit le concours de l'harmoniciste Mark Hummel, au mieux de sa forme. "Potent 8" est une plage lente. Bien amplifiée, la guitare bavarde mais sans excès, soulignant les accents dramatiques de la composition. "More must be better" est un exercice de style proche de Jimi Hendrix. A cause des effets de guitare et du son torturé par les pédales. Quant à la voix de Tim, elle reste toujours aussi proche de celle de Gibbons. Un exercice pleinement réussi ! Les maîtres avoués de Too Slim ont pour nom Johnny Winter et … Lightnin' Hopkins! Le sommet de l'album est pour votre serviteur, "Sam's pit". Un boogie furieux qui bénéficie d'une nouvelle et brillante apparition de Mark Hummel ; et par magie de la technologie, Lightnin' Hopkins est aussi présent. Génial! Le moral au zénith, notre trio se lance dans un shuffle intitulé "I've been down". Et comme Tim aime aussi Johnny Winter et George Thorogood, direction rock'n'roll tranchant avec "Feel so good" (de Magic Sam). Chauffe Slim!! Et il réapparaît, le bottleneck entre les dents, pour un "Big barn boogie" qui pue les fifties. La machine définitivement sur les rails, l'étreinte ne se desserrera plus. Comme je le soulignai, cet album est différent des précédents ; mais il est surtout excellent, bénéficiant d'une production bien léchée. Et vous n'êtes pas obligé de le croire, mais ce petit bijou se termine dans une ambiance sereine, réminiscente d'Allman Brothers…