La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

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Dernier concert - festival

The Cure
Biohazard 8/8/26

David Raitt & Jimmy Thackery

That´s it!

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Jimmy Thackery est bien connu chez nous. A cause de sa longue participation aux Nighthawks ; mais également de sa carrière personnelle, qu'il mène en compagnie des Drivers et qu'il a ponctué d'excellents albums, sur le label Blind Pig. David Raitt est un inconnu. Quoique, comme frangin de la délicieuse et talentueuse rouquine, Bonnie Raitt, il a sans aucun doute de qui tenir. Jimmy et David jouaient ensemble lorsqu'ils fréquentaient la même école. Cela fait un bail ! Ils se sont retrouvés dans les studios de Patrick Ford à Berkeley. Les musiciens sont d'ailleurs des habitués du cercle familial Ford.

Si "Tell me" adopte un shuffle impeccable, le duo est plus proche du R&B. Et la voix de David, haut-perchée, se prête idéalement à ce style largement cuivré. La reprise de "Me", signée Mike Bloomfield et Nick Gravenites, est superbe. Bonnie vient donner la réplique vocale sur le funky "Same thing" fouetté par les cordes très offensives de Jimmy. Traitement shuffle à la texane pour la reprise du canon, "How many more years". David a revêtu l'habit du géant Howlin' Wolf. Jimmy prouve qu'il est capable de tempérer ses ardeurs, comme dans l'exercice du blues lent, "Watch your back". Et il se montre économe de ses notes en exécutant un solo qui force le respect et l'admiration quand il reprend "It takes time" d'Otis Rush. Quant à David, il est ravi lorsqu'il peut chanter un R&B bien frappé. Peuplée de cuivres, la version du " That's it " de Patrick Ford, permet à Jimmy de s'emparer d'une slide bien sage! L'exercice vocal est aussi très réussi dans la reprise de "Driving wheel" de Roosevelt Sykes. Cet album de bonne facture s'achève par " Cold heart ", une plage irrésistible, dansante et rythmée à souhait…

 

Raise Hell

Not dead yet

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Reconversion totale pour la formation suédoise Raise Hell ! Après un apocalyptique « Holy Target », expertisé 100% death métal extrême, le combo rectifie sa trajectoire et nous replonge en pleine vague trash des années 80, avec une maîtrise et une fougue jamais égalée depuis le redoutable « Renewal » de Kreator. Evoquant avec brio le style cher à Testament, Slayer et Coroner, Raise Hell nous livre une avalanche de riffs en acier trempé qui insufflent un air de renouveau dans un genre en passe d'être sur le déclin. Neuf titres d'une richesse incroyable, capables d'arracher des hurlements de plaisir à toutes celles et tout ceux qui succomberaient à « Reign in Blood », « Peace sells » ou « Seven Churches ». « Babes » et son clin d'œil au « Light my fire » des Doors, « Dance with the devil », tranchant comme une lame de kat ana, et « Soulcollector », caractérisé par son irrésistible riff final, auront vite fait de convaincre les plus sceptiques. Trash avec classe !

 

Rage Against The Machine

Renegades

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Rage n'est plus. L'info a fait le tour de la planète musique. Pourtant, le combat n'est pas terminé pour autant. Il a même commencé bien avant que le groupe ne sévisse. Rien n'a été inventé. C'est un peu l'intérêt de cet album exclusivement composé de reprises. Car le luxe de la bande à De La Rocha est de prouver que, quelle que soit la forme musicale, une pléthore de groupe ont à un moment ou un autre brandi le poing de la contestation. Peu importe le niveau de reconnaissance "artistique", le style pratiqué ou le propos. La liste des artistes ici repris est à elle seule parlante : Bruce Springsteen, les Stooges, Rolling Stones, Bob Dylan pour les dinosaures; Minor Threat, Devo, MC5 pour les contemporains; Eric B and Rakim, Afrika Bambaataa, Vol 10, EPMD pour le hip-hop. C'est une carte complète des influences de Rage qui nous est offerte ici. La recherche du texte précis, l'esprit punk, le phrasé si caractéristique de De La Rocha, tout y est. Voilà de quoi s'est nourri le groupe. La réinterprétation est excellente. Rien à redire, c'est efficace et toujours aussi percutant. Paradoxalement "Renegades" est peut-être l'album le plus personnel de Rage. Car chaque titre représente une face précise du groupe. Sans détour. Impeccable sortie de scène en entendant un hypothétique live…

 

The Sea And Cake

Oui

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Sam Prekop est un perfectionniste. Pour enregistrer le cinquième opus de The Sea and The Cake, il a d'abord enregistré ses compositions au Soma Electronic Music de John Mc Entire. Soit dans un des studios les plus à la pointe de la technologie moderne. Et bien évidemment Mc Entire (NDR : une des têtes pensantes de Tortoise) lui a aussi filé un coup de main. Il n'est pas le seul. Puisqu'on retrouve également le bassiste Eric Claridge et puis surtout Archer Prewitt, un musicien qui a autrefois bossé pour Brian Wilson des Beach Boys. Difficile de faire mieux au niveau du talent des instrumentistes ! Lorsque Sam a enfin eu terminé ses démos (NDR : on ne peut imaginer la somme de travail qu'il a consacré à cette tâche), il les a remises à Paul Mertens. Qui les a enrichies d'arrangements de cordes et de cuivres. Musiciens en chair et en os à l'appui ! Paul se réservant même les différents saxophones et clarinettes. Retournées à l'expéditeur, Sam a de nouveau reciselé les épreuves afin de produire un son hybride et fluide en même temps. Et " Oui " constitue le résultat de ce travail minutieux. Un résultat tout à fait étonnant, bien moins artificiel que j'aurais pu le craindre. Un disque raffiné et complexe, c'est une certitude. Mais qui ne manque pas de sensibilité. Et cette forme de prog pop éthérée, légèrement jazzyfiante, caressée par la voix diaphane de Sam me rappelle même un certain Caravan. En particulier son elpee " In the land of grey and pink ". Un disque qui remonte quand même à 1971. Comme quoi la Canterbury school fait encore et toujours des émules. Même aux States…

 

Scientific

From the nest of idea

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Stereolab, Yo La Tengo mais surtout la new wave du début des eighties, et en particulier celle de Talk Talk, de Gary Newman et de Colin Newman, constituent des références indiscutables pour ce quartette issu de Chicago, responsable d'une pop semi-mélancolique, atmosphérique, légèrement glacée, constamment nappée de claviers feutrés, presque synthétiques, cadencée par le cliquetis de guitare, tourmentée par une ligne de basse ténébreuse et écrémée par le timbre vocal fluet, gémissant de Christian Lee Wargo. Découpé en dix fragments, " From the nest idea " laisse quand même une place à l'expérimentation. A l'underground, si vous préférez. A l'instar de " You wanted blooded " ou de l'échevelé " All for wild tiger ", abordé avec un esprit aussi progressif que celui de Peter Hammill. Ou encore de " No rational direction at all ", dont la sensibilité éthérée nous rappelle carrément Robert Wyatt. Enfin, plus vaporeux encore, l'instrumental " An evening perhaps " nous replonge dans l'univers de la cold wave visionnaire d'un Sad Lovers & Giants. Un chouette album !

 

Scanner (UK)

Wave of light by wave of light

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Etonnant de n'avoir reçu aucune nouvelle depuis aussi longtemps de Scanner, alors qu'il dispose d'une discographie impressionnante et régulièrement renouvelée. Encore que ses détracteurs la jugent un peu trop boursouflée. Si quelques disques ont pu, par le passé, tourner à la formule facile (NDR : son dernier elpee), ou au discours technoïde un tantinet agressif quoique tombant rapidement à plat (" Sign of Chaos "), cette fois je ne donne pas entièrement raison aux pessimistes. " Wave of light " ressemble à son auteur, point. Loin des modes, loin des destructurations proto-techno en vigueur chez bon nombre de carnassiers expérimentaux. Oui, on peut maintenant danser et penser sur Scanner, quitte à se laisser emporter par quelques violons mielleux, quelques langueurs, quelques digressions kitsch nullement symptomatiques d'un isolement sur des positions, mais bien d'une volonté de partager une electronica rigoureuse et exigeante. On le savait, mais il convient de le rappeler, Scanner n'a jamais donné dans l'abrasif, la façade hermétique, laissant l'auditeur goûter son écriture particulière, troublée, pénétrer un univers dont les encourbures baroques dénotent dans le paysage de l'électro intello. Plus malin qu'une bonne partie de ses contemporains, il persiste pourtant à ouvrir, dans les extrêmes limites de son périmètre, les horizons de son travail un peu rebutant. A cet égard, ajouter à son patronyme ‘Funk’ ce qui s'avère être un skeud en roue libre, une toupie plus techno minimaliste speedée que black funky, prend tout son sens lorsqu'on écoute l'objet en question. La singularité de son auteur passe finalement par une boutade un peu gamine et farceuse, plutôt que dans un choix de titre poseur et fatalement arty(ficiel). Son travail sur les nappes profondes, les beats appuyés et le vocal samplé, modelé par d'insistants effets, reste sa principale marque de fabrique. Cependant, Scanner(funk) s'amuse à contaminer sa poésie en lui inoculant des influences extérieures, annonçant ainsi sa prochaine réincarnation en une entité certainement plus accessible encore. Une tournure d'esprit noble.

Frank ‘Son’ Seals

Lettin’ go

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Frank ‘Son’ Seals est né à Osceola dans l'Arkansas. En 1942. Il baigne très tôt dans le blues, puisque son père tenait un juke joint. Durant les 60s, il joue de la batterie dans le backing band d'Albert King. Basé depuis 71 à Chicago, il est alors découvert par Bruce Iglauer, le patron du label Alligator. Il a enregistré à ce jour 8 albums sur ce label, dont le superbe "Midnight son" en 1977 et le live "Spontaneous combustion" en 96, son dernier opus. Il puise ses deux influences majeures chez Magic Sam, et de manière plus évidente, chez Albert King. Un point de départ qui lui a permis de se façonner un style très personnel dont il est en effet facile de reconnaître le jeu.

Cette joie de jouer, de libérer des notes coupantes mais toujours mélodieuses, nous la retrouvons dans toute son œuvre. Tendez donc l'oreille à "Doc's blues". A n'en pas douter, le musicien doit être heureux pour imaginer de tels soli. Sur "Hair on a frog", personne ne peut le retenir. Les cuivres en bavent d'aise et Al Kooper sourit derrière son orgue Hammond. La puissante voix de Son semble encore s'épaissir avec l'âge. Elle paraît forgée pour chanter le blues lent. Comme ici sur "Bad blood" et "Jelly, jelly". Seals s'essaie aussi au rock'n'roll. Sur "Osceola rock". Au gospel également. Lors d'un irrésistible "Rockin' and rollin' tonight" qui emprunte à la fois au country et au roadhouse blues. Enrichie d'arrangements de cuivres et caractérisée par sa mélodie accrocheuse, "Let it go" est ma plage favorite. A coup sûr, l'un des tous meilleurs albums de ce début 2000 !

 

Sad Rockets

Transition

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Matador, encore et encore. Une chose est sûre, les sorties régulières prouvent son évidente ouverture d'esprit. Aussi, on ne rechignera pas à écouter un nouveau disque de ce label iconoclaste, fétiche depuis peu, en passe de devenir réellement une référence incontournable de la scène electro/ drum'n'rock (NDR : pour simplifier !) Dans le genre easy listening gonflé aux hormones synthétiques voici donc Sad Rockets, le petit frère siamois du binoclard Jimi Ténor. Faut dire qu'ils sont caractérisés par un esprit bordélique similaire. Et que le savoir-faire de ce petit bricolo sans le sou lui permet de confectionner des tracks obtus, dégoulinants de trouvailles rigolotes, de bruits infernaux ou cocasses, de fragments mélodiques et jazzyfiants qui s'enlacent sur le sable de rivages electronica. Une rigueur ténue permet à notre joyeux drille de parvenir à faire coexister une tendance à l'abstraction sonore et une saveur post rockeuse piquée chez les meilleurs du genre. Et on pense ici plus particulièrement à Trans Am et à Tortoise, deux éclaireurs devenus de solides piliers de cet abracadabrant édifice. Transition, comme son nom le laisse supposer, fourmille d'idées, de pistes, de trajets. Il déambule ainsi au sein de routes peu pratiquées, d'improvisations véritablement touchantes, de tendances rap, orientale, dub… Bref, un disque qui a sa place dans toute discothèque idéale. Pourquoi s'en priver ?

Magic Slim

Snakebite

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Morris Holt, alias Magic Slim est l'un des derniers grands bluesmen de Chicago toujours présents. Et quelle présence! Il est aujourd'hui âgé de 63 ans. Né à Torrence, dans le Mississippi, il est devenu l'ami d'enfance d'un autre bluesman magique, Magic Sam Maghett. Slim a formé ses Teardrops en 1967, avec ses jeunes frères, Nick et Douglas, respectivement à la basse et aux drums.

Son premier album, "Born under a bad sign", est sorti en 1977, sur le label français MCM. Et le suivant, "Highway is my home", l'année suivante, sur Black & Blue. Depuis, il ne cesse d'enregistrer. Autant en studio que live, pour les labels Alligator, Rooster Blues et Wolf. "Snakebite" constitue déjà le 4ème pour Blind Pig, après "Gravel road", en 90, "Scufflin" en 96 et "Black Tornado", en 98. Frère Nick tient toujours la basse, Allen Kirk, les percussions et Michael Dotson, la 2ème guitare.

L'ouverture "What's wrong", est du pur Magic Slim. La voix est voix puissante. Le rythme et la guitare ne cessent de s'évader. Quand il a obtenu la résidence au club Florence à Chicago, il succédait à Hound Dog Taylor. Instrumentale, la plage titulaire est ici un vibrant hommage à ce dernier, le même produit brut ; et Dotson tient la slide pour rivaliser avec Slim. "Please don't dog me" est bien entendu le blues lent attendu. Son climat volontiers dramatique est appuyé par la guitare qui ne produit que les notes nécessaires, mais avec intensité. Parfois Slim pousse un petit écart vocal emprunté à Howlin' Wolf. "Key to your door" émarge au funk, matière à se trémousser face à la scène. Rock'n'roll très Berry "Shake it" déménage. Et lorsqu'il nous envoie "Lump on your stomp" de Little Milton, sur un rythme à peine adouci, tout le monde se secoue. "Lump on your stomp" de Little Milton est envoyé sur un rythme à peine adouci. La reprise du "Country Boy" de Muddy Waters est du pur Chicago Southside. Muchael Dotson chante son "Lonesome trouble", avec une bonne dose de soul, et une guitare tournée vers Albert King. "Snakebite" se referme comme il s'était ouvert, avec du pur Magic Slim ; un boogie shuffle intitulé "Mind your own business". Un excellent album!

 

Filmore Slim

Other side of the road

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Ce bluesman est assez difficile à cerner, tant il change de nom, ou plutôt de surnom! Né en Louisiane voici 64 ans, il a émigré vers la Californie en 1955. A Los Angeles d'abord. A San Francisco deux ans plus tard. Après un long passage au pénitencier, il fréquente le célèbre Eli's Mile High Club de Troyce Key, d'Oakland. En 1987, il signe son premier elpee, " Born to sing the blues ", sous le nom de Clarence ‘Guitar’ Sims, sur le label du club. Cet album a été réédité sous la forme d'un CD en 98, sur Mountain Top. En 96, il grave "It's going to be my time after while", sur Uptown Video. Il nous revient au cœur de l'écurie Fedora, encadré du boss Chris Millar aux drums, de Jeff Henry à basse, de J.J Malone au piano et de Paris Slim à la deuxième six cordes.

Fillmore Slim n'a pas la voix caractéristique d'un shouter. Il n'en a ni le timbre, ni la puissance. Elle affiche même, en permanence, un certain sentiment de fragilité. Ce qui ne l'empêche pas de chanter juste et avec une bonne dose de feeling. Le plus intéressant chez Slim, c'est la manière de faire sonner sa guitare. La tonalité est propre, très amplifiée mais à aucun moment lourde. Ses soli sont autant de petits ouvrages savamment ciselés.

Et on s'en compte dès les premières plages, "Let's talk about love" et "Dial 911". Parmi les meilleurs instants de cet album, je poserai le doigt sur le paresseux "Kicked out" et, dans le même registre, la superbe plage titulaire. Sur "The girl can't cook". Paris Slim joue de la steel guitar, rappelant ainsi, avec émotion, l'un des bluesmen que Clarence rencontra dans ses 1ères années à Frisco, le redoutable LC "Good rocking" Robinson. Sur "Lousiana scat", Slim renoue avec ses origines de la Nouvelle Orleans. Le trombone de Los Nunes est à l'avant-plan, et y reste pour la finale écrite par Danny Bartholomew, " Blues Monday ". Légèrement funky, colorée de phrases de guitare empruntées à Albert King, " Annabelle " est une composition que j'aime beaucoup. Tout comme le dépouillé, proche du Delta " Down on the farm ". Un bon album!