Light Asylum lève le voile sur un nouvel album

Peu de groupes peuvent se targuer d'avoir le statut de 'groupe culte', mais c'est clairement le cas pour Light Asylum. Emmené par la voix énigmatique de Sharon Funchess, le projet basé à Portland, dans l'Oregon, a secoué le petit monde de la musique…

Tommigun fait de vieux os…

Les vétérans belges de l'indie pop signent un retour marquant. Dix ans après la parution de Wooden Son, Tommigun rompt un long silence et dévoile « Heavy Bones ». Ce morceau inaugure un nouvel elpee éponyme, dont la sortie se profile pour le 20 novembre 2026…

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Ora Cogan

Tipper

The critical path

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A l'instar de l'image qui illustre la pochette de ce CD, Tipper se veut une version tuning d'une certaine musique électronique. Les sons sont tordus jusqu'à plus soif, la réverb' bat son plein et l'ensemble est accompagné, sur certains titres, d'une section de cordes ou/et d'une voix (féminine en l'occurrence). Pourtant, si depuis le succès de Björk ce type performance vocale est devenu " la " référence, la chanteuse de Tipper s'en sort malgré tout à son avantage, sans que l'image de l'Islandaise ne revienne sans cesse à l'esprit. Le disque passe de titres plus énergiques en plages plus ambient, plus calmes ; et la couleur apportée par l'orchestre à cordes donne un aspect mélancolique à l'ensemble, avant que ne surgissent des expérimentations sonores plus tarabiscotées (reflet de pensées des musiciens ?).

Mary Timony

Mountains

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Premier album solo pour la chanteuse/guitariste/compositrice du trio bostonien Helium. Un disque dont les chansons intimistes confidentielles, courtisent une sorte de folk/prog/rock d'inspiration médiévale, qui aurait pu naître d'une rencontre entre Gentle Giant et Pentangle, après réduction de la forme à son expression la plus lo fi, bien sûr. Si Mary Timony possède un timbre vocal proche de celui de Suzanne Vega, elle prend le soin d'arpéger ses inflexions sur les accords minimalistes d'un piano ou d'une instrumentation réduite. Une guitare, une batterie, un clavier, quelques bandes enregistrées, un zeste de violon et un chouia de flûte. Pas davantage. Juste de quoi lui permettre d'exprimer sa colère, son amertume ou ses états d'âme en rêvant à un bonheur inaccessible...

 

Irma Thomas

My heart´s in Memphis

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Wallace Daniel Pennington est originaire de Vernon dans l'Alabama. Il a acquis une solide réputation comme compositeur. Il a notamment écrit pour les Box Tops ("Cry like a baby"), Percy Sledge, Clarence Carter et Aretha Franklin entre autres. Sous son propre nom, il a sorti des albums aussi obscurs que "Nobody's fool" en 73 et "Do right man" en 94. Dan était un habitué des Muscle Shoals studios de Memphis ; et c'est ainsi qu'Irma, la Queen of New Orleans Soul, a atterri dans le Tennessee. Irma possède une voix merveilleuse, chargée de sensibilité et de tendresse. J'ai beaucoup aimé son dernier album, "Sing it", enregistré en la compagnie de Tracy Nelson et Marcia Ball. Hormis l'une ou l'autre adaptation de chansons qu'elle avait déjà sorties voici longtemps, elle nous propose ici de nouvelles compositions écrites par Penn.

Les musiciens font bloc autour du guitariste Michael Toles et de l'organiste Marvell Thomas. Dan Penn a coécrit les chansons en compagnie des pianistes Bobby Emmons et Carson Whitsett. Ils jouent d'ailleurs sur les plages auxquelles ils ont collaboré. L'atmosphère est sereine, douce, parfois mélancolique Une certaine forme de beauté, de majesté même, accompagnent les ballades qui constituent le meilleur de l'opus.

La plage titulaire est abordée d'entrée. L'orgue hammond et le sax soprano de Jim Spake annoncent la voix toujours bouleversante d'Irma. Parmi les ballades lentes, j'adore et je vous recommande "Not enough time to change". Elle chante très tendrement, mais sa voix peut soudain montrer l'étendue de sa puissance, sans jamais forcer son talent. Une chose est sûre, Miss Thomas suscite le respect de tous. Ce même effet de libération des cordes vocales se répète sur "Life at the end of the road". "Irma's song" emporte les mêmes suffrages. Cette femme possède une voix à briser les cœurs. Deux autres chansons douces de Penn avaient été enregistrées par Irma à la fin des 70s. De nouvelles versions ont été ici retenues : "Woman left lonely" et "Zero Will Power". Malheureusement, elle nous rappelle un peu trop rarement qu'elle est une reine de la soul ; même si "Keep it simple" et "If you want it, come and get it!" en sont les trop rares exceptions qui confirment la règle. Irma Thomas est une chanteuse fabuleuse, dont le timbre vocal est un réel plaisir pour les oreilles.

 

Third Eye Blind

Blue

Dirigé de main de maître par le chanteur/guitariste/compositeur Stephan Jenkins, Third Eye Blind vient de commettre son deuxième album. Un disque qui fait la part belle au post grunge contagieux, filtré soigneusement dans la pop mélodique, à l'instar de Super Deluxe, de Sugar ou de Nada Surf. Beaucoup d'électricité donc, sur cet opus, mais également d'intensité émotionnelle, qu'accentue le vocal de Stephan, dont l'amplitude capable de passer du falsetto à l'irascible, humanise, en quelque sorte le déferlement sonique. Et lorsque le quatuor de San Franciso se met à tutoyer le metal, c'est même à Led Zeppelin que l'on se met à penser. Un chouette album qui recèle en " Wounded ", " Never let you go " et " The red summer sun " des futures hits en puissance...

Therion

Deggial

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A lui seul, Therion, groupe métal aux racines death, est un phénomène à part entière. Inventeur de l'opéra heavy, le groupe du maître d'œuvre Christopher Johnsson vénère autant Carl Orff et Richard Wagner que Black Sabbath et lron Maiden. Ambitieux et à contre-courant des tendances du moment, Deggial, son nouvel opus, confirme la détermination du combo dans sa recherche d'une musique raffinée et authentique, n'en déplaise aux nombreux détracteurs du métal rock. De A à Z, tout est vrai dans Deggial. Ni samplers, ni bidouillages électroniques ! Therion s'est entouré d'un orchestre à cordes et d'un bouquet de choristes pour l'enregistrement de ce petit joyau, certes parfois un brin pompeux, mais toujours d'une redoutable efficacité. Malgré le manque de pêche des guitares sur certaines compositions, l'ampleur des parties vocales renforcent le côté heavy des onze fragments d'un des albums les plus déroutants du moment. Reste à savoir comment le groupe arrivera à restituer ce remarquable travail de studio sur scène.

Therapy?

So much for the ten years

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Therapy ? est probablement le seul groupe au monde à avoir participé à tous les festivals de la terre. Une performance, lorsqu'on sait que la formation ne compte que 10 années d'existence. Et cet anniversaire méritait bien une rétrospective. Voilà qui est chose faite ! En une décennie, Therapy ? a produit pas moins de 7 albums et 3 Eps. ! Je dirais même plus : 8 cds en 5 ans ! Faites vous-même le calcul. Cette frénésie de sorties n'a pas été sans conséquences pour le groupe. Soit le public en avait assez d'être constamment abreuvé, soit le groupe a accusé le coup d'une telle charge de travail. Une critique discrète de " Semi-detached " en 1998 a été fatale à Therapy ?, puisqu'il a été vidé par A&M pour atterrir sur ARK21, structure plus modeste et plus à même de tolérer des ventes sans cesse fléchissantes… " Suicide Pact - You First " paru en 1999 semblait redresser la barre, le groupe ayant trouvé une nouvelle identité musicale, loin des produits formatés des dernières sorties. L'intérêt de la presse n'a pas été suivi par le grand public, plus habitué à un Therapy ? directement accessible. Les nouvelles compositions sont plus âpres, plus sèches ; l'aspect pop prisé à la grande époque du groupe a complètement disparu. Cette compilation semble vouloir remettre les pendules à l'heure. Elle permet en 16 titres, puisés dans toute la discographie du groupe, de constater que Therapy ? n'a jamais eu peur d'évoluer. Des titres franchement industriels des tous débuts aux 2 nouveaux titres inclus dans ce best of, le groupe n'a cessé de se remettre en question. Tous les styles rocks ont été visités et Andrew Cairns est le seul chanteur à avoir eu aussi peu de respect pour sa voix ; le groupe s'aventurant même parfois dans des morceaux plus expérimentaux qui auraient fait rougir les Butthole Surfers. Mais seulement voilà, malgré tout le respect que l'on doit porter à Therapy ?, il semblerait que la roue ait tourné pour nos valeureux Irlandais. Reste une compilation de tout premier choix, avec son lot de titres imparables. Jamais ennuyeux, que du contraire, " So much for..." est, je l'espère, annonciateur d'un retour plus marqué du groupe sur l'avant-scène musicale. A l'écoute de cette compilation ce ne serait que justice !

Theatre Of Tragedy

Musique

Écrit par

En 1998, " Aégis " marquait un sérieux virage dans la carrière de Theatre Of Tragedy. Il tirait un trait sur son passé death atmosphérique, pour s'adonner à un métal gothique directement inspiré par l'école Sisters of Mercy et Fields of the Nephilim. Ce virage bien entamé se confirme davantage avec le sublime "Musique" qui laissera sans aucun doute plus d'un fan perplexe. Car il s'agit bien ici d'une plaque 100%, électro-métal, taillée pour les pistes de danse des boîtes rock germaniques. TOT et sa blonde chanteuse Liv Kristine, à la voix aussi douce qu'une gelée royale, font peau neuve ; mais avec une telle classe, il serait incongru de leur jeter la pierre. L'ombre des derniers Rammstein, Paradise Lost et même d'un certain Kraftwerk plane sur l'oeuvre tubesque qui réjouira tant les fans de métal que les nostalgiques de la new wave des années 80. Douze titres, douze hits en puissance! Véritable joyau de près de cinquante minutes de pur bonheur, "Musique" constitue un véritable remède contre la déprime. Achetez-le, volez-le, mais surtout, si vous vous rendez chez votre disquaire préféré en vue de vous offrir le précieux objet dans son digipack, n'oubliez pas de prononcer le titre de l'album "à la française", faute de quoi vous risqueriez de claquer 700 balles pour vous faire refiler le "Music" de Madonna.

Texas

The greatest hits

Écrit par

Lorsqu'un artiste ou un groupe décide d'éditer la compilation de ses plus grands succès, je ne peux m'empêcher d'émettre des doutes quant à la pureté de ses intentions. Surtout lorsqu'on connaît son évolution douteuse. En comparant le premier et le dernier morceau de cette compilation, pas la peine d'écrire une encyclopédie sur la fulgurante ascension commerciale de Texas qui contraste avec la lente et abominable déchéance musicale. " I don't want a lover " était une composition rafraîchissante, teintée de country, de folk et de pop. La voix de Sharleen était majestueuse, envoûtante, puissante. " Say what you want (All day every day) ", remix hip hop du single sorti quelques années auparavant et le très glamour "When we are together", extrait du dernier album, n'ont plus rien à voir avec le style d'antan. Pas que la musique soit devenue exécrable. Non, l'écoute reste agréable. Mais l'argument " notre musique a évolué " sent l'hypocrisie à plein nez. Madonna injecte aujourd'hui dans ses produits marketing quelques éléments pop ou rock. Le combo écossais a noyé feeling, émotion et profondeur dans une super production quasi hollywoodienne. Et avec un peu de franchise, il faut avouer qu'on a parfois du mal à faire la différence… C'est peut-être le prix à payer pour devenir le chouchou d'MTV et compagnie. Enfin, sachez encore que ce " Greatest hits " ne contient aucun titre du second elpee " Mothers Heaven ". Un comble lorsqu'on sait que ce disque est tout simplement leur meilleur. Par contre, la plupart des autres " classiques " n'ont pas été oubliés. Ce qui devrait décider certains acheteurs potentiels mais hésitants à se procurer la compile. C'est à dire ceux qui ne voient en Texas qu'une usine à tubes. D'autant plus que dans cette optique, elle est financièrement avantageuse. Et pour d'autres aussi…

 

10 Cents

Buggin´ out

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De la pop hop! C'est le nom que donne ce quintette à sa musique. Mais la démarche va bien au-delà du simple mélange entre la pop et le hip hop, puisqu'elle intègre une multitude d'autres influences. Qui vont du jazz au garage, en passant par le funk, la techno, le rock et bien d'autres choses. Un peu comme chez Beck. Mais avec le feeling ‘dance’ des Beastie Boys et le sens de l'ironie d'un Cake. Enfin, lorsque les chansons sont purifiées par des harmonies vocales, c'est même à Chumbawamba, qu'on se met à penser… Bref, un chouette album qui a, en outre, bénéficié du concours des Dust Brothers à la production et au mixing. Excusez du peu !

 

Tee

This is Tee

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Que de chemin parcouru par Marc Thijs, depuis ses débuts musicaux en 1986 ! Depuis l'enregistrement live au Banana Peel, commis en compagnie de son premier groupe, Finsbury Park Empire, en passant par l'étiquette texane, collée par les Slime Hunters. Marc est d'ailleurs proche de Kim Wilson quand il chante et souffle dans l'harmonica. Après avoir transité discrètement par les Healers, Marc s'est mis, avec un réel bonheur, à la guitare. Et en montant les Electric Kings, il est devenu le leader de notre meilleur blues band, avec El Fish. Les fréquents trips accomplis sur la West Coast, au cours de ces dernières années, lui ont apporté l'expérience du terrain qui lui manquait sans doute encore.

Marc avait frappé très fort, lors de son passage au BRBF de Peer. Il frappe aussi fort avec la sortie de ce nouvel album. Un disque très personnel, enregistré pour la plus grande partie en Californie. Les merveilleux musiciens qui l'accompagnent sont des amis, des grands qui ont toujours cru en son remarquable talent. On y retrouve ainsi l'ancien bassiste des Paladins, Tommy Yearsley, le bassiste et saxophoniste Jeff Turmes. Un compagnon de longue date de James Harman qui a depuis monté son propre groupe, en compagnie de sa ravissante compagne, Janiva Magness.

Marc a surtout œuvré dans le jump style ces dernières années. Il va encore plus loin dans l'authenticité avec "This is Tee". Cela saute aux oreilles dès les 1ères mesures de "All the time". Un exercice vocal, très doowop, sur fond musical minimaliste, partagé entre la basse acoustique de Tom les drums de Tee. Le sax de Jeff Turmes fait son entrée pour "Tell me where". L'exercice vocal est manifestement le haut fait du Marc T "2000". L'orgue de Frederik Vandenberghe ouvre "Just what it takes" au sein d'un environnement très gospel. Titre exceptionnel, "Nothin' but a nothin" produit un son pourri, d'une autre époque, mais avec classe. Le rythme y est. Marc chante comme un shouter et libère enfin ses cordes. Le travail vocal est impressionnant, sur le bien nommé "Happy guy". Marc est super heureux et prend un réel plaisir à l'écoute du trombone de Tom Yearsley Junior, 10 ans à peine, sur le tout aussi bien nommé "Life ain't funny". Et lorsque Marc est au bout du rouleau, il parvient à nous arracher des larmes. Il est alors très proche d'un Screamin' Jay Hawkins au sommet de son art. Impression similaire qui se détache de "Can't stand the way you love me", lorsqu’il nous plonge dans un climat volontairement lugubre. Le guitariste réapparaît souverain sur "Feel so good". Un rock'n'roll, ficelé comme le meilleur Little Richard. Le tempo reste au rouge pour "Through the bottle in my hand". "Time" campe un rockabilly R&B participatif, marqué par les hurlements du sax baryton de Roel Jacobs des Seatsniffers. Au piano, Frederik est au diapason des autres musiciens. Il y fait sautiller ses notes pour la reprise extraordinairement rythmée de "Voodoo woman blues", de Jimmy Witherspoon. Et pour clôturer l'album, il nous réserve une autre reprise, "In my lonely room" de Titus Turner (NDR : dont le surnom était, tiens donc, "Tee" !). Tee Thijs n'a pas créé une nouvelle musique, bien sûr ; mais si nous venons de faire un bond dans le passé, et en particulier dans les 40s et 50s, il parvient également à se démarquer du papier carbone, souvent utilisé ces derniers temps Il réunit des atouts que peu de ses pairs peuvent présenter Une voix (NDR : et quelle voix !), un musicien qui touche à tout, un compositeur et un producteur qui possède la faculté étonnante de tout intégrer dans l'ensemble. Chapeau bas!