La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

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Guns N Roses

Brujeria

Brujerizmo

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Radical, intransigeant, Brujeria est assurément l'un des meilleurs groupes de métal du moment. Tout au long de cet opus, il nous balance en pleine figure une musique sans la moindre concession. Espérons simplement que l'ensemble puisse bénéficier d'un support à la mesure des ses qualités. Là où ça risque d'être plus délicat, c'est que ce groupe n'est vraiment pas composé d'enfants de chœur, et encore moins de béni-oui-oui peinturlurés qui prônent des idées ‘politiques’ à la petite semaine. Feront pas souvent la une de certains magazines, je vous le dis, moi !…

Dressons le tableau. Tout d'abord personne, ou peu de monde, n'est en mesure de définir clairement l'identité des membres du groupe. Il y a bien le sticker sur le CD "Rumored to feature members of Fear Factory, Faith No More (ex- : Bill Gould, nda), Napalm Death, Cradle Of Filth & Dimmu Borgir"; mais au-delà, nada ! Il ne fait aucun doute que ce petit artifice marketing fera dresser les oreilles des initiés. L'imagerie du groupe maintenant. Lors de ses précédents efforts, Brujeria avait l'habitude d'illustrer ses pochettes d'une tête…coupée ! Un peu leur Eddie, quoi ! Leur site signale d'ailleurs la censure d'‘image’ pour ce " Brujerizmo ". Mais bon, tout ça n'est guère vérifiable. Enfin, il faut savoir que nos gais lurons ne chantent qu'en espagnol (NDR : ils sont mexicains), et avouer que le recours à la langue de Cervantès communique, à l'ambiance générale, un ton revendicateur et engagé, assez proche de slogans révolutionnaires. Musicalement, même si effectivement on se rapproche parfois des groupes cités plus haut, le combo propose en 13 titres une relecture très personnelle des styles pratiqués par ces différentes formations. Ou, plus exactement, se réapproprie ce qu'il fait depuis plus longtemps que la plupart de ces groupes. Ressortez vos albums de Sepultura, Fear Factory et de tant d'autres, en n'oubliant pas de relire les remerciements, et vous comprendrez. Là où " Brujerizmo " fait mouche et titille immédiatement l'oreille, c'est que rien n'est jamais superflu. Pas d'étalement. C'est concis, sec et suffisamment varié pour ne pas avoir le sentiment d'entendre toujours le même morceau. Ces maquisards guérilleros n'attendent qu'une chose : sortir de l'ombre ! Vous êtes prévenus : des têtes tomberont !...

 

Mel Brown

Neck bones and Caviar

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Mel Brown est né à Jackson, dans le Mississippi en 1939. Il a fait partie des orchestres de Johnny Otis, d'Etta James et, durant onze ans, du Bobby ‘Blue’ Bland. En 1982, il se fixe à Austin, au Texas et devient l'un des piliers du célèbre club Antone's. Il a d'ailleurs sorti un album en compagnie des Silent Partners, "If it's all night, it's all right". Depuis 1989, il s'est curieusement installé à Ontario, au Canada, où il se produit régulièrement avec son groupe, les Homewreckers. Avec lesquels il a d'ailleurs sorti "Live at Wally's" en 98, un elpee qui n'a jamais bénéficié de distribution à l'échelle internationale.

Ce disque, c'est vraiment du caviar. Un mets fin qui se goûte avec délicatesse. Ouverture royale, "Woman wanted" de Muddy Waters salue une interprétation minimaliste avec le maximum d'émotion et de sensibilité à la clé. Suit une version vigoureuse de "I ain't drunk" de Joe Liggins, un titre qu'il jouait déjà derrière Albert Collins voici bien longtemps. Quand il reprend "You're the one" de Z.Z Hill, le prince du blue soul, c'est le Mel Brown chanteur qui nous séduit par la majesté de sa voix. La variété est au rendez-vous. C'est évident sur le funk "I want to hold onto you baby" et le jazz instrumental "Summer magic", mené de manière experte sur sa Gibson Super 400. La 2ème partie de l'album est marquée par de superbes reprises. Et notamment "Get out of my life woman" d'Allen Toussaint, qui développe une bien belle partie d'orgue Hammond du canadien Robert Lee, et une savoureuse version de "I believe in my soul" de Ray Charles, introduite par la voix baryton de Mel. Quant au traitement opéré sur " Goin' down slow ", il est vigoureux, jazzyfiant, et libère une telle quantité de groove, produite par les sacrées parties de piano et de guitare, qu'on a peine à reconnaître la version originale. Mel se met seul derrière le piano pour délivrer le traditionnel "Lord have mercy" ; une adaptation assez proche de ce que fait le vétéran louisianais Henry Gray. La fin de l'opus est un véritable bonheur. "Blues on the Green" révèle le shuffle que l'on n'attendait plus. Puissant comme à l'époque glorieuse d'Antone's. Que dire enfin de son interprétation du fameux "I'm in the mood" de John Lee Hooker. L'intensité libérée y est tellement dramatique. Brillant, Mel invite Al Lerman de Fathead à souffler dans sa musique à bouche. Et ce superbe CD s'achève de la même manière qu'il s'était ouvert. Précipitez-vous!

 

Broadcast

The noise made by people

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Peu satisfait du travail accompli par les candidats producteurs, à leur deuxième album, le quatuor de Birmingham a décidé de monter son propre studio et de s'occuper personnellement de la mise en forme. Faut dire que les musiciens de Broadcast sont méticuleux à l'extrême ; obsédés par la perfection, si vous préférez. En écoutant cet opus, on a même la sensation que la musique sort d'un laboratoire de recherche, tant le soin apporté aux arrangements est raffiné, presque mathématique. Ce qui n'empêche pas l'expression sonore de faire preuve d'une grande sensibilité. Une sensibilité mystérieuse, glacée, monochrome, ectoplasmique, plus européenne qu'insulaire, il est vrai. Partagé entre compostions expérimentales, cosmiques et incantations mélodiques, " The noise made by people " nous entraîne dans un univers futuriste, aux confins de la bande sonore pour film d'anticipation et la pop diaphane des Cardigans. Le timbre vocal parfaitement articulé de Trish Keenan, nonobstant son débit nonchalant, possède d'ailleurs d'étranges affinités avec celui de Nina Persson. Un album fort intéressant, même si les puristes lui reprocheront un concept beaucoup trop technologique...

 

Bright Eyes

Fever and mirrors

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Bien qu'âgé à peine de 20 ans, Conor Oberst est déjà considéré comme un vétéran de la scène locale de Omaha, dans le Nebraska. Faut dire qu'en 1994, il montait déjà son premier groupe, Commander Venus. Avec lequel il a d'ailleurs enregistré un album. Et lorsque la formation a splitté, les membres du groupe en ont profité pour fonder le label Saddle Creek ; sur lequel on retrouve aujourd'hui Lullaby For The Working Class, Cursive et bien sûr Bright Eyes. Qui vient donc de commettre son troisième opus ! Un groupe à géométrie variable qui repose sur une seule constante : Conor Oberst. Pour enregistrer " Fever and Dreams " il a quand même reçu un gros coup de main de Michael Mogin et d'Andy Lemaster. Au mixing et à la production. Mais également aux vibraphones, aux percussions et aux claviers. Ils sont ainsi parvenus à défroisser le folk torturé de cet artiste qui ne l'est pas moins. Car, à l'instar d'un Will Oldham, auquel il est souvent comparé, Conor base son écriture sur l'acoustique. Quitte à l'électrifier lors de la mise en forme. Ce qui lui permet d'épancher de sa voix frissonnante, énigmatique, des lyrics tout aussi déconcertants ; sorte de contes de fées sous acide, au sein desquels il projette ses visions, ses démons qui le rongent, lorsqu'il ne dissèque pas son moi interne. Tout un programme ! " Fever ans mirrors " se révèle, en tous cas, un disque fort intéressant et original. Une œuvre qu'on pourrait situer à la croisée des chemins de Palace (Of course !), de Cockney Rebel et de Berlin Blondes. Mais en plus lo fi…

 

Breach

Godbox (Ep)

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Le premier titre doit être une excellente mise en jambes pour ouvrir l'un ou l'autre festival. Surtout lorsque l'ambiance, déjà bien lourde, vous les change en plomb… Passé cette intro, Breach nous assène un hardcore métallique, puissant, forgé dans la grande tradition Unsanienne. Pas étonnant qu'ils aient tourné ensemble d'ailleurs. Pour les avoir également vus, il y a moult années, en première partie de Neurosis, je peux vous affirmer que le groupe se dépense sans compter. Il semble cependant que le ton s'est durci depuis lors, car cet Ep dégage concrètement une énergie et une furie pas possibles. Mais bon, les références ont beau être de qualité, Breach ne figurera pas de sitôt dans les charts américains et européens. Les oreilles friandes des groupes épinglés ci-dessus devraient par contre y trouver leur compte. Mais ne seront sûrement pas abasourdies…

 

Brassy

Got it made

Deux filles et deux kids se partagent le line up de cet ensemble basé à Manchester, au sein duquel la sœur de Jon Spencer, se charge des parties vocales. Mais ici s'arrêtent les comparaisons, car la musique de Brassy évolue à des années lumière de celle du Jon Spencer Blues Explosion, opérant un mélange de punk, de bubblepop et de hip hop, relifté par la technologie moderne. En Angleterre, Brassy compte autant d'inconditionnels que de détracteurs ; ce qui démontre, plus que probablement, l'onde de choc que leur musique est capable de répercuter... Sorry, mais nonobstant leur carte de visite, le contenu de ce " Got it made ", n'est vraiment pas notre tasse de thé...

 

David Bowie

At the Beeb

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Triple CD compilateur, " At the Beeb " réunit d'abord une double plaque consacrée à des sessions d'enregistrement radiophoniques, réalisée pour la BBC entre 68 et 72; et en édition limitée, un disque comprenant la plupart de ses succès, interprétés "live" au BBC Theatre de Londres, le 27 juin 2000. Si ce second volet est plutôt sympa, par la présence de titres tels que " Ashes to ashes ", " This is not Amercia ", " Absolute beginners ", " Man who sold the world ", " Let's dance " et quelques autres, l'intérêt de ce box dépend surtout du premier volet qui aligne la bagatelle de 37 fragments ! Remasterisés pour la circonstance, ils ont le bon goût de respecter une chronologie tout en témoignant de l'évolution, ma foi, spectaculaire de cet artiste, au cours de cette période assez brève. Période au cours de laquelle il a joué avec des gens comme John Mc Laughlin, Rick Wakeman, et puis surtout le guitariste Mick Ronson. Une rencontre qui sera aussi marquante pour Bowie que celle du producteur Tony Visconti. Sous la houlette duquel, il a travaillé, à cette époque. Tour à tour troubadour, à l'instar d'un Donovan, glamoureux pour ne pas dire bolanesque, punk avant l'heure (" Changes ") et décadent (" Ziggy Stardust "), David Robert Jones méritait vraiment sa réputation de visionnaire du rock. Indispensable !

 

Bowery Electric

Lushlife

Filtrer la trip hop à travers la noisy pop, c'est le challenge qu'était parvenu à réaliser Bowery Electric sur ses deux premiers albums. A l'instar d'un Portishead qui aurait été revisité successivement par Labradford et My Bloody Valentine. " Lushlife " a presque définitivement tourné la page de l'instrumentation basique traditionnelle pour embrasser une musique atmosphérique, technologique, partagée entre samples, scratches, boîtes à rythmes, programmateurs, arrangements en tout genres et autres bidouillages. Seul Lawrence Chandler, l'ancien protégé de La Monte Young, continue de dispenser ses accords de guitare chatoyants ou ses accès de basse dub. Une œuvre qui nous précipite dans un univers sonore visionnaire, glacial, à l'intensité étrangement narcotique, au sein duquel la voix douce et sensuelle de Matha Schwendener flotte sur les grooves hypnotiques...

 

Isabelle Boulay

Mieux qu´ici bas

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Dans la catégorie ‘chanteuses québécoises’, Isabelle Boulay est moins horripilante que Céline Dion. De là à dire qu'elle frise le génie, il y a de la marge... Pour vous situer le genre, elle a chanté trois ans dans Starmania, interprété des chansons de Zachary Richard et Serge Lama, et assuré la première partie de Cabrel. Si ces références vous inspirent...

 

Boogie Workers

It´s boogie time…!

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Les Boogie Workers sont un quartette issu du vivier luxembourgeois (côté belge). Ils viennent de graver leur premier album. Les prémices du groupe remontent à mars 97, lorsque les futurs Workers partagaient alors ensemble l'expérience d'un concert de Canned Heat. Le groupe comprend alors Walter Otteau au chant et à la guitare, Patrick Schmidt à la batterie, Jean-Pol Leboutte à la basse et Olivier Poumay à l'harmonica. Depuis, ce dernier semble avoir disparu de la circulation. Mais il a été remplacé par le guitariste Christian Barthel.

L'idée était lumineuse de débuter par "The Sunflower", pour un boogie band. Un boogie tout naturellement dédié au regretté Henri Vestine. Si la voix de Walter ne possède pas le caractère rocailleux ni le vécu de celles de Robert Lucas ou de Bob Hite, elle se rapproche assez curieusement de celle d'un certain Rory Gallagher. Et ce côté Gallagher (NDR : qui a sans doute trop vécu dans sa courte existence) revient régulièrement à la surface. Mais sans le côté primaire et naturellement agressif de Rory. A l'instar du rythmé "Eastbound train", dont une bonne partie de "Whoopin" est assurée par un Olivier Poumay tout époumoné. C'est encore plus perceptible sur les titres lents, tels que "Slow G" et surtout "Doggone tired". 32 ans plus tard, je me souviens encore de la claque que j'ai prise, la 1ère fois que j'ai vu l'Irlandais chanter le slow blues "Catfish" ou "Sugar Mama". Il sévissait alors au sein du Taste, je le précise. Mais, quelle pêche! Sans doute manque-t-il encore à nos sudistes belges ce côté sauvage. "Slow G" sonne très british blues La rythmique est assez lourde et le son de la guitare, bien gras. Probablement une Gibson. Un son que notre Burning Plague de Michael Heslop aimait revendiquer! Mais la potion magique des Workers exerce ses charmes dans le boogie sans compromis. A l'instar de "Rattle them bones", "Vodka Mamma" et "Millenium boogie". L'harmoniciste Olivier n'est pas un surdoué de la technique, mais son énergie donne d'excellents résultats au cœur de cette machine à rythme! Sur "Good looking", la formation s'attaque au style de Hound Dog Taylor, un prince émérite de la boogie music! Les Boogie Workers ont du punch et de l'énergie à revendre. Nul doute qu'ils doivent brûler les planches live. Et comme le disent Water Otte et Walter ‘Dr Boogie’ Depaduwa: ‘don't forget to boogie’ !