La première ébauche de Beguiling Junior

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Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce…

Enregistré sous Ex:Re

Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

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Guns N Roses
Jon Spencer

The Charming Boys

Super Chase

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Au cours des années 70, les films Blaxploitation ont accumulé des kilomètres de pellicule dont les scénarii écrits par des auteurs noirs, s'adressaient exclusivement aux noirs des Etats-Unis d'Amérique. Un fameux dilemme, lorsqu'on sait que ces projections étaient distribuées par des blancs. Ces œuvres ont retrouvé leur statut de film culte et attiré un nouveau public grâce aux films de Tarantino, hautement redevables des atmosphères si particulières de Superfly et pas mal d'autres avatars moins brillants. Si les images et le propos politique ont mal vieilli aujourd'hui, côté bande son on ressent encore une énergie inégalée, mélangeant déhanchement black et section cordes blanches. Isaac Hayes fut sans conteste le porte-parole absolu en matière de musique de cette génération aux cheveux afro, aux fantasmes de guns torrides et de débauches salaces, de coups tordus et de poursuites en BM dans les rues de San Francisco.

Charming Boys, comme pas mal de rappeurs ou autres musiciens à la couleur de peau foncée, s'inspire largement du Maître tout au long de cette B. O. imaginaire plutôt bien chaloupée, aux riffs de guitare wah wah très nerveux, aux orchestrations symphoniques caractérisées par leur démesure hollywoodienne, faisant même parfois songer à l'agent 007 nommé James Bond, voire à d'autres adeptes des plaisirs charnels. On passe un agréable moment en compagnie de femmes fortes, avant de repartir sur le chemin du destin, une mitraillette et une valise remplie de coupures dans les mains. Les auteurs poussent le vice en introduisant leurs morceaux par de courtes historiettes nous plongeant dans l'ambiance polar mid seventies. Ils mâtinent toutes ces expériences de rythmes hip hop, trip hop ou house copieux déjà en activité chez Proppellerheads, responsable il y a quelques années maintenant d'un album à la blackattitude sauvage intitulé " Decksandrumsandrockandroll ". Aussi, à défaut de surpasser le Génie Isaac, The Charming Boys font preuve d'un immense talent et redonnent des couleurs contemporaines à des scories sentant bon la pellicule jaunie. Un pari parfaitement réussi pour, au-delà du vibrant hommage respectueux, se la couler douce à Paname ou ailleurs.

 

Cave In

Jupiter

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En général, Cave In inspire un respect inconditionnel au sein de la ‘nouvelle’ scène hardcore. Aussi bien chez la frange dure que celle plus mélodique. Et à l'écoute de ce "Jupiter", ce rassemblement peut paraître relativement étonnant. Très peu de passages brutaux. Un chanteur (presque) pas hurleur ; mais surtout des influences puisées plus globalement dans un mélange de rock progressiste et de rock tout court. Cependant, jamais suffisamment tranché pour satisfaire à ce point deux publics. Suis pas sûr que se soit la tasse de thé préférée de la majorité de nos chers hardcoreux, public majoritaire de Cave In. Ce qui ne les empêche pas de récolter un succès certain et une réputation bien établie dans nos contrées. Jamais réellement désagréable, "Jupiter" a surtout le mérite d'ouvrir des perspectives nouvelles dans un style qui a souvent tendance à se mordre la queue. Disons que pour la première fois le versant romantique (si, si !) du hardcore s'est déniché un représentant crédible. Négligeons les solos à 2 balles et les ‘Ho ho ho ho’ prodigués ça et là…et nous tenons peut-être là un nouveau Faith No More…

 

Catch The Rainbow

A tribute to Rainbow

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Formé en 1996 par le batteur teuton Uli Kusch (Helloween), le projet Catch The Rainbow est constitué d'ex musiciens de Gamma Ray, Kingdom Come, Grave Digger et Zed Yago. Comme son nom l'indique, Catch The Rainbow se veut un hommage à l'arc en ciel du master Ritchie Blackmore, l'âme de Deep Purple. Sans aucune innovation, le génie de Rainbow en moins, la plupart des classiques du combo sont revisités à la sauce allemande. " Kill the King ", " Stargazer ", " Lost in Hollywood ", " I surrender ", " Eyes of the world "... On s'étonne d'ailleurs de " l'oubli " du hit " Long live rock n' roll ". Dommage cette odeur de choucroute ! Un " tribute " sans grand intérêt, comme la plupart des hommages aux dinosaures des seventies. Un conseil : procurez-vous les originaux en ‘nice price’.

 

Cat Power

The covers record

Comme son nom l'indique, cet album est exclusivement constitué de reprises. Enfin presque, " In this hole " constituant l'exception qui confirme la règle. Mais pas n'importe quelles reprises. Des reprises tellement personnelles qu'il est quasi impossible d'en reconnaître les moutures originales. Parce que Chan Marshall aborde ses chansons sous un angle très personnel, minimaliste, introspectif. A l'instar d'un Smog - dont il reprend d'ailleurs ici " Red apple " - mais au féminin, elle plaque ses chuchotements glacés, intimistes sur des accords de piano spectraux ou des cordes de guitare blêmes, ébréchées. Un exercice de style au cours duquel, elle injecte une intensité émotionnelle bouleversante, traumatisante. Et des standards tels que " Satisfaction " des Stones, " I found a reason " de Lou Reed ou " Paths of victory " de Dylan prennent ici une toute autre dimension. Pathétique !

 

Johnny Cash

American III : Solitary man

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"American III: Solitary man" ponctue (NDR: je suppose!) la trilogie entamée par "American recordings" en 1994, auquel avait succédé " Unchained " en 1996. Une trilogie dont le dénominateur commun n'est autre que le producteur. En l'occurrence Rick Rubin, mieux connu pour avoir collaboré avec les Beastie Boys et le Red Hot Chili Peppers. Et il faut vraiment reconnaître que Rick a réussi à replacer " L'homme en noir " à l'avant-plan de la scène musicale contemporaine. Ce qui est une fameuse performance lorsqu'on sait que, né le 26 février 1932, Johnny Cash n'est plus en très bonne santé. Si l'artiste a toujours exploré la face la plus ténébreuse de la nature humaine, il l'a souvent traitée en accompagnant sobrement sa voix profonde, sombre, riche et torturée d'une simple six cordes acoustiques. Une sèche grattée sans plus, mais dont la charge émotionnelle est capable d'ouvrir les portes de son âme. Et même ses reprises portent son empreinte férocement confessionnelle, profondément spirituelle. C'est encore le cas sur cet opus. A l'instar de " One " de U2, de " Solitary man " de Neil Diamond, d' " I see a darkness " de Will Oldham, avec lequel il partage le chant, et enfin du célèbre " Mercy seat " de Nick Cave, dont le récit du condamné à mort, juste avant qu'il ne soit exécuté sur la chaise électrique, prend ici une dimension tellement contemporaine. Pour enregistrer cette œuvre, Cash a quand même reçu le concours de quelques invités de marque. Will Oldham, bien sûr, mais également Sheryl Crow, Merle Haggard, Tom Petty, Benmont Tench et quelques autres. Ce qui n'empêche pas ses chansons de demeurer d'une bouleversante simplicité et d'une redoutable efficacité…

 

Keith Caputo

Died laughing / Pure

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En quittant Life Of Agony en 1999, Keith Caputo souhaitait explorer un tout nouvel horizon sonore. En tous cas, à des lieues de ce groupe en compagnie duquel il avait réussi à passer sept longues années et était parvenu à commettre trois albums. Vous avez peut-être eu l'occasion de le constater à l'écoute de son premier opus solo, " Died laughing ". Plus pop, plus optimiste, plus exotique, il n'en demeurait pas moins très électrique. " Died laughing - Pure " n'est pas tout à fait un nouvel album, mais une sélection de compositions commises sur son premier essai en solitaire, en version acoustique (NDR : c'est à dire Keith au chant et Jack Pisters à la six cordes) ; le tout enrichi du standard " Let's pretend ", de la cover d'Annie Lennox " Why ", ainsi que de l'une ou l'autre rareté. Et finalement, ce recueil tient bien la route, Keith ayant eu le soin de préserver un certain équilibre entre chaque chanson…

 

Canned Heat

The Boogie House tapes

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Sacré Walter. Notre Dr Boogie mériterait bien qu’on lui érige une statue dans le jardin de Canned Heat, tant le boogie band de L.A. tient à Overijse, son fan le plus loyal. C'est une certitude ! Voilà donc Walter, associé de circonstance au boss du Heat, Fito de la Parra. Les deux hommes ont partagé leur passion et leurs archives pour nous préparer ce superbe double album de boogie music, enregistré en public. Vous pourrez vous rincer les oreilles avec pas moins de 29 titres, mis en boîte live entre 1967 et 76. La qualité sonore n'est pas toujours au rendez-vous, mais cette situation s'explique par la présence de véritables documents. Dont certains nous présentent le Heat avec Alan ‘Blind Owl’ Wilson.

Si la plupart des 19 titres sont assez courts sur le premier disque, le début bénéficie paradoxalement d'une excellente qualité sonore. Tant l'ouverture "Reefer blues", qui retrace un épisode du grand Heat de l'été 1970, "House of blue light", que l'interprétation magique aux antipodes, dont a bénéficié, en 1976, la cover de Sam Myers, "Sleepin' in the ground", sont marqués par la voix incomparable de Bob "The Bear" Hite et allumés par la guitare déjantée de Harvey Mandel. Blues lent de bonne facture millésimé 1973, "Good Bye for now" est curieusement partagé entre l'orgue d'Ed Beyer et les guitares de Sunflower Vestine ainsi que de James Shame. A l'occasion d'un radioshow accordé en 72, l'harmoniciste Magic Dick du J Geils Band renforçait le Heat sur "Chicago bound". Le son des sessions qui mettent en scène Alan Wilson n'est pas indiscutable ; mais il n'y a pas de quoi faire la fine bouche face à de véritables documents tels que "On the road again" cuvée 69, "Human condition", "London blues" ou "Future blues" circa 70. Ce premier morceau de plastique s'achève par des canons du Heat. En l'occurrence, "Long way from L.A", "Going up the country" (sans Alan) et "Let's work together".

Le deuxième disque libère 10 titres, pour la plupart assez longs, caractérisés par la présence quasi permanente d'Alan Wilson. Il y apparaît ainsi à sept reprises ! Le prix de l'émotion revient à la prestation d'Alan sur " Pulling hair blues ", une prestation immortalisée lors du Texas International Pop Festival, en août 69, quelques jours après Woodstock! La basse de Larry Taylor est géniale! Tout comme le jeu de guitare de Sunflower Vestine sur "You know I love you", en 67. Et puis, bien sûr, un album live du Heat ne serait pas complet sans laisser échapper l'un ou l'autre boogie brûlant. L'opus n'échappe pas à la règle. La section rythmique trace la route à "I love my baby", sur laquelle Vestine peut s'épancher à souhait. Et c'est reparti avec "Shaken boogie", sur lequel Joel Scott-Hill donne le tempo. Cette formidable collection se referme trop vite, comme le dit si bien The Bear, "Tu vas trop vite"…

 

John Campbell

Tyler, Texas session

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John n'a traversé la comète du blues que quelques années ; mais ce passage fut suffisant pour atteindre le statut de légende. Né en 1952 à Shreveport, en Louisiane, il s'est éteint à la suite d'une crise cardiaque, en juin 1993. Découvert par Ronnie Earl, il enregistre l'album "A man and his blues", pour Crosscut, en 1988. Il sera signé par le label major Elektra, sur lequel il sort successivement "One believer", en 91 et "Howlin' Mercy", en 93. Edition limitée, numérotée, "Tyler, Texas session" trempe dans le country blues le plus pur. Rien que l'homme et sa guitare acoustique. En réalité, cet opus a été réalisé sur base d'une démo enregistrée en 1979. Dans les studios Robin Hood de Tyler, au Texas, avant qu'il ne soit connu du grand public. John y passe en revue tous les grands du Delta Blues. Un voyage en douze tableaux. C'est une œuvre très soft, conventionnelle, traitée dans le strict respect des créateurs.

Défilent ainsi des adaptations de Robert Johnson, Muddy Waters, John Lee Hooker, KC Douglas, Elmore James et de Lightnin' Hopkins. J'apprécie tout particulièrement John lorsqu'il sort son bottleneck, pour travailler en slide. A l'instar d' "I can't be satisfied". Le travail peut paraître rudimentaire, mais Campbell était doté d'une solide technique pour épauler son feeling exacerbé d'homme écorché vif. Le "Watch dog blues" de KC Douglas est un moment fort. La National Resphonic imprime un son métallique à son blues vécu. Le travail sur les cordes de "Driftin' and driftin" laisse augurer le talentueux artiste qu'il allait bientôt devenir. Le bottleneck revient, bien sûr, lorsqu'il aborde le répertoire d'Elmore James. Et en particulier "Talk to me babe", "The sky is crying" ainsi que "Terraplane blues", qui me flanque chaque fois la chair de poule. Cette tranche de blues à fleur de peau s'achève en beauté par le "Mojo hand" de l'oncle Sam (Hopkins).

 

Calexico

Hot rail

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Le soleil se couche à l'horizon. Les cactus libèrent d'étranges ombres crépusculaires. Quelques lézards éraflent le sable, alors que les serpents entament joyeusement leur concert de crécelles. Un peu plus tard, un coyote se met à hurler. Nous sommes dans le désert de l'Arizona, près de Tucson. C'est d'ailleurs de cette région que sont issus Joey Burns et John Convertino, deux musiciens qui constituent également la section rythmique du légendaire Giant Sand. Ce paysage rappelle inévitablement les westerns spaghetti d'un maître du genre : Ennio Morricone. Et la musique de Calexico colle parfaitement à ce tableau, au sein duquel il ne manque que l'un ou l'autre desperado et l'inévitable shérif.

" Hot rail " constitue le troisième opus de Calexico. Une œuvre qui privilégie largement les compositions instrumentales, compositions particulièrement hypnotiques et contagieuses, lorsqu'elles sont enrichies d'un orchestre mariachi. Le disque réserve quand même une bonne place à la country. Mais une country atmosphérique, balayée d'une foultitude d'instruments, le plus souvent couleur locale (accordéon, marimba, violon), mais également de samples, d'une steel, de percussions et de cuivres… Sans oublier le single, " Ballad of cable hogue ", hommage à Lee Hazlewood que vous avez sans doute déjà eu l'occasion d'entendre ou d'écouter sur l'une ou l'autre station radiophonique. Un chouette album !

 

Cypress Hill

Live at Fillmore

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Les fans de Cypress ont été gâtés en 2000. Normal, puisqu'ils ont eu le loisir de se procurer deux CD au cours de la même année ! Enregistré lors de la tournée qui a suivi la sortie de "Skull and bones", ce live offre, à l'instar de l'album studio, deux facettes du groupe. Tout d'abord un hip hop enfumé, marque de fabrique de nos rappeurs; ensuite la montée sur scène d'un groupe rock/hardcore, influence Body Count, mais aussi par Cypress sur la bof de Judgement Night. En alternance, ces deux formes ne font pas bon ménage, le style vocal ne suffisant pas à homogénéiser l'ensemble. Deux parties distinctes auraient été plus percutantes, car Cypress est un très bon groupe de scène, capable de créer un dialogue et un véritable contact avec son public. Quant au track list il est impeccable. Tous les hits sont inclus, même si malheureusement certains perdent de leur attrait en version ‘hop-core’. La prise de son est correcte. Une belle performance compte tenu de la palette de sonorités très variée de ce concert. Selon l'humeur, l'auditeur choisira de négliger certaines plages pour ne se concentrer que sur un style précis. Cette prise live fera également l'objet d'un DVD, preuve s'il en est que malgré une réputation de têtes en l'air, les membres de Cypress gardent les pieds sur terre…