La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce…

Le fossé à franchir par Snake Mountain Revival

« The Divide », le nouvel album du trio psychédélique indépendant américain Snake Mountain Revival, sortira le 23 octobre prochain. Formé sur la côte de Virginie à l’été 2017, Snake Mountain Revival est né de la rencontre entre des univers musicaux très…

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Dernier concert - festival

Viagra Boys
Ora Cogan

The Afghan Whigs

Le rappel était inutile...

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Ce concert était très attendu. D'une part, parce qu'il avait été reporté ; et d'autre part parce qu'il était intéressant de voir confirmer, sur les planches, tout le bien que l'on pense de "1965", leur dernier album. Un chef d'œuvre, comme dirait Marc Isaye. Un disque de référence, en quelque sorte, car après avoir roulé leur bosse pendant une bonne dizaine d'années, nos Américains continuent d'innover tout en gardant leurs racines et leur intégrité. A contrario d'autres groupes qui s'essoufflent trop rapidement ou se contentent de reproduire de pâles copies des opus précédents. Non vraiment, le soul-rock délivré par Afghan Whigs est inimitable. D'ailleurs, si vous ne les connaissez pas, je vous avoue que les décrire ou les comparer à un autre groupe est une tâche difficile. A la limite, on pourrait imaginer un croisement entre Sonic Youth et James Brown. Une chose est sûre, il faut admettre que ce combo est parvenu, jusqu'à présent, à bien gérer sa carrière. Signé, au départ, sur le label Sub pop, il avait alors commis l'excellent elpee "Congregation". Passé sur la major Warner en 1993, il nous a délivré "Gentlemen", un elpee davantage noisy/pop ; mais surtout un disque qui allait leur ouvrir les portes du grand public. A partir de cet instant on aurait pu avoir les pires craintes ; surtout après la sortie de "Black Love", une plaque un peu en deçà des autres.

Mais ce mardi 16 mars à l'AB, nos amis de Cincinnati ont balayé toutes nos suspicions, en délivrant un set époustouflant. Ils sont parvenus à mettre le feu en nous allumant à chaque morceau. Pendant près de 2h30, ils ont pu enchaîner les différents titres du dernier album et ce qu'on peut appeler des tubes comme : "Somethin' Hot", "66" ou encore "Debonair", "What jail is like", etc. Seul bémol : le rappel. Les longues intros jusque là originales, sont devenues un peu redondantes et lassantes. Cause à effet ? Je n'en sais rien ; mais une chose est sûre, la playlist était devenue beaucoup moins intéressante… Maintenant, il est possible que le groupe n'a pas voulu sombrer dans un concert trop traditionnel. Visiblement enroué, toussotant entre les morceaux, Greg Dulli n'a pas hésité pas à se casser la voix pendant toute la durée du concert. Il faut quand même préciser qu'il a pu compter sur le concours de ses deux choristes, dont la performance a été tout bonnement exceptionnelle. Nonobstant son physique peu avantageux, Susan Marshall a d'ailleurs eu l'occasion de faire vibrer la salle et même de la charmer en interprétant "My curse". Black, l'autre choriste, a apporté une note soul au concert, tout en agrémentant sa performance de quelques pas de danse plutôt drôles... Afghan Whigs a pu aussi compter sur la collaboration d'un bassiste très classe et d'un excellent pianiste pour compléter l'harmonie : John Curley et Michael Horrigan. Très à l'aise sur scène, ils ont même reçu une ovation lorsque G.Dulli les a présentés.

En première partie, nous avons eu droit à une bonne surprise, sous la forme du groupe Snowpony. Sa prestation a séduit le public qui avait pris la peine d'arriver plus tôt. Ce qui peut s'expliquer aisément, lorsqu'on sait que line up est composé d'ex membres de My Bloody Valentine et de Stereolab...

 

Valerie June

Quand charismatique rime avec électrique…

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En 2013, Valérie June publiait son quatrième elpee, « Pushin’ against a stone », un disque unanimement apprécié par la critique. Cette jeune femme à la coiffure de poupée vaudou y chantait, d’une vois nasillarde, des compos profondément enracinées au Sud des USA. Quatre ans plus tard, après avoir conquis un large public et écumé les salles de concerts (notamment en première partie de Norah Jones), elle nous propose son nouvel opus. Intitulé « The Order of Times », il est paru en mars dernier, et se révèle musicalement plus fouillé, mais également davantage éclectique. Et elle est venue le défendre ce mercredi 4 mai, à l’Ancienne Belgique de Bruxelles…

Pour accueillir l’artiste, l’AB est en configuration assise. Comme au théâtre, quoi ! Vers 21 heures, les retardataires prennent place sur leurs sièges, juste avant que les lumières ne s’éteignent. Directement, le drummer s’installe derrière ses fûts et imprime une solide rythmique, bientôt appuyée par le reste de la troupe. Qui implique un bassiste (NDR : il se plante à ses côtés), ainsi qu’un guitariste et un pianiste (NDR : ils optent pour l’autre flanc). Au bout de quelques secondes, Valérie June grimpe sur l’estrade. Parsemée de paillettes, sa tenue est dorée, scintillante même. Elle s’installe au centre, empoigne son banjo et attaque « Man done Wrong ». Il faut cependant attendre deux morceaux avant qu’elle ne se lâche complètement. En adaptant son dernier single, « Shakedown », dans une version plus électrifiée et vivifiante. Il n’en faut pas plus pour enthousiasmer la foule. De plus en plus à l’aise, elle commente les lyrics de ses morceaux et évoque ses origines à travers un ancien titre, baptisé « Tennessee Times ». Ses musicos sont manifestement bien rôdés à l’exercice du ‘live’. Ce qui lui permet de jongler entre toute une série d’instruments, dont la guitare (acoustique, électrique), le banjo ; mais également les styles. Que ce soit le folk, la country, le blues ou le gospel. Mais le plus intéressant procède du traitement des compositions, bien plus électrique. Aussi lorsqu’elles adoptent un profil davantage blues/rock, voire garage, on ne peut s’empêcher de penser à l’influence exercée par Dan Auerbach, le leader de Black Keys, en compagnie duquel elle a d’ailleurs bossé. En outre, elle parvient à libérer toute sa sensualité en exécutant quelques pas de danse, pendant « Two Hearts ». Elle n’oublie pas de nous accorder « Somebody to love », une excellente compo qui figurait sur son précédent long playing. Au bout d’une petite heure, toute l’équipe quitte la scène…  

Et quand Valérie y revient, c’est pour étaler toutes ses capacités vocales. Elle clôt alors la soirée, flanquée de ses musicos –qu’elle n’oublie pas de présenter– par « Astral Plane ». Une véritable apothéose, au cours de laquelle elle bondit aux quatre coins de l’estrade. Un flux d’énergie qui déclenche une véritable ovation au sein de l’auditoire.

Il a fallu quelques années avant que l’artiste, alors timorée en ‘live’ (NDR : comme lors de son set accordé au Botanique, en 2013), se révèle enfin une véritable showwoman. En électrifiant son répertoire, mais aussi en affichant un charisme, qu’on ne lui connaissait pas…

(Organisation : Ancienne Belgique)

Antihype

Views From Antiland (Ep)

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Il est bien loin le temps des années 80 où chaque sortie d’un album Rock ou Métal estampillé ‘Made In France’ déclenchait l’hilarité générale, dans l’Europe entière. Ces derniers temps, on a vu surgir d’un peu partout dans l’Hexagone, une horde de formations d’envergure internationale, responsables de compositions de qualité et à l’originalité incontestable. De Gojira à Hacride et Dagoba, de Gronibard à Ultravomit, d’Eilera à Lazuli, de Manigance à Adagio, de Rising Dust à Ataraxie et de Kalisia à Phasm, les combos français talentueux sont devenus légion et le Vieux Continent n’a plus vraiment envie de rire. Et voici qu’Antihype, un nouveau combo originaire de Normandie vient ajouter son nom à cette liste qui semble s’allonger de jour en jour.

Comme beaucoup de compatriotes, Antihype ne se contente pas d’écrire de la musique mais s’invente un monde pour l’accompagner. Antihype débarque d’Antiland, une planète invisible gravitant autour de la terre et dont l’activité principale des habitants est d’observer les terriens  pour retranscrire leurs observations en musique.

La musique d’Antihype est un très bon compromis entre Rock US Moderne, Hard Rock, Grunge, Heavy Metal, Punk et même rock progressif. Les compositions du combo Antilando-Normand laissent une grande place à la mélodie sans pour autant mettre de côté la puissance. Cette musique au feeling grunge et à la technique heavy metal tient en haleine tout au long de des 6 titres que composent cet Ep. Quelques magnifiques soli de guitares viennent éclairer cette galette qui aurait vraiment mérité une production un peu plus pêchue.

Si sa mise en forme n’a pas tout à fait la qualité de celle d’albums de groupes plus célèbres, « Views from Antiland » est cependant très révélateur du potentiel énorme d’Antihype. Nul doute que l’on entendra bientôt parler de lui.

« Views from Antiland » est disponible via le site du groupe : http://antihypeconsortium.com

 

The Sisters Of Mercy

Pathétique

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Les premières parties suscitent rarement mon enthousiasme. Ce soir, ce n’est pas le cas. Il y a iLiKETRAiNS. Pour être honnête, j’ai longtemps hésité avant d’aller revoir Sisters Of Mercy ; mais la présence de ce supporting act m’a définitivement décidé.

Originaire de Leeds, iLiKETRAiNS pratique de la cold-wave proche d’Interpol. Tous les ingrédients sont bien réunis : le baryton mélancolique, la basse hypnotique et les accords de guitares chatoyants mais cinglants. Ce voyage en première classe transporte aussi bien les spectres de Joy Division, And Also The Trees et Nosferatu, parmi les influences 80’s, que de Swerverdriver, pour celles du début des  90’s (Swervedriver) ; et même de Silver Mt. Zion, pour les wagons post-rock. Cette formation est également responsable de textes soignés. Engagés aussi. Ainsi une compo comme « Beeching report » dénonce la décision prise par Richard Beeching, d’avoir restructuré (démantibulé ?) la British Railways. A l’époque des services peu rentables avaient été supprimés et des gares peu fréquentées fermées, à son initiative. Une décision impopulaire qu’il avait étayé à travers un rapport respectant aveuglément la philosophie libérale des States. Témoins de leur engagement, les membres d’iLiKETRAiNS déboulent en uniforme d’accompagnateurs de train. Le trajet est agréable. Les plages montent crescendo avant le déferlement final. Elles nous transportent, nous transcendent et nous libèrent spontanément, en nous incitant à pratiquer le headbanging. Très généreux, les cheminots britanniques nous gratifient d’un arrêt supplémentaire lors du titre « A divorce before marriage ». « A song we never played before » nous garantissent-ils. En l’espace de 6 ou 7 titres et d’une bonne demi-heure, cette première partie nous aura emballés, et les applaudissements nourris du public n’auront pas été usurpés.

Dur, dur par contre d’écrire une review enthousiaste après avoir assisté à la piètre prestation des Sisters of Mercy. Comme la grande majorité du public (NDR : des trentenaires et des quadragénaires), j’ai encore en tête les trois albums (« First, Last and Always », « Floodland » et « Vision Thing ») écoutés en boucle à l’âge de 15 ans. Et les images du concert du Royal Albert Hall, le seul filmé officiellement en 85. Or, on est bien loin de cette ambiance londonienne : le groupe ne ressemble plus à rien, mais on le savait déjà depuis longtemps. Surtout depuis que deux des pions majeurs, Craig Adams et Wayne Hussey, se sont barrés. Ce soir, il y a bien deux jeunes loups qui tentent même de nous les faire oublier. Ils ont beau être convaincus de leur mission, leur performance est médiocre. Si les deux gratteurs originaux étaient dans la salle, ils seraient morts de rire, en regardant et surtout en écoutant ces deux guitaristes de foire… Andrew Eldritch campe aujourd’hui un look bourrin. Suffit de contempler son tee-shirt. Mais on le savait aussi, depuis qu’il a voulu se démarquer du style gothique. Bref, le résultat proposé ce soir ne ressemble plus à rien. Un spectateur averti s’est même décidé à écrire sur le forum de l’AB, que la formation ne vaut pas plus qu’un cover band de ducasse ! Pourtant, les Sisters of Mercy appartiennent à la famille des Artistes dits ‘classiques’ du Rock. Et malgré l’absence de nouvel album, depuis près de 20 ans, ils parviennent à remplir la salle de l’AB, deux soirées de suite. Même au prix exorbitant de 35 Euros ! Car oui, malgré ce tarif, le public n’aura droit qu’à 1 heure 20 de set, rappels y compris. Bon allez, pour ne pas froisser les quelques fans conquis (NDR : on serait tenté d’écrire aveuglés ou endoctrinés), je vous communique quand même une idée de la setlist du concert de ce soir. Mais s’ils reviennent, ce sera sans moi. Car trop c’est trop et la coupe est pleine (NDR : ou vide, c’est comme vous voulez…)  

Setlist approximative :

Titres “inédits” (dont “We are the same Susane”)-
Ribbons –
Destination Boulevard-
Alice-
Marian-
Summer-
Flood I-
Giving Ground-
First, Last and Always-
On the Wire-
Dr Jeep-
Good Things-
Flood II-
Dominion/Mother Russia-
Lucretria my reflection-
Something Fast + solo guitar-
Vision Thing-
Temple of Love-

Organisation Live Nation

 

Volbeat

Elvis, taille Heavy

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Nous sommes mi-novembre. Une légère mais sournoise pluie vous gifle le visage. L’hiver n’est pas loin. Devant Forest National, on ne recense que quelques téméraires qui grillent de l’herbe à nicotine. Les autres se réchauffent au sein du hall d’entrée. Le regard s’évade en direction du stand merchandising. Volbeat, la tête d’affiche, n’a décidément pas lésiné sur les souvenirs à emporter : de l’ultra-classique t-shirt au hoodie, en passant par le sac de sport et même le pot de gel –histoire de se gominer la chevelure à la Michael Poulsen, vocaliste du band– le fan a de quoi dépenser quelques deniers. Mais trêve de contemplation, la batterie de Crobot résonne…

La fosse est encore clairsemée et les gradins guère peuplés, quand Crobot attaque « Legend of the Spaceborne Killer », le titre d’ouverture de son premier opus. La musique de la formation pennsylvanienne plait aux mélomanes. Sa perfusion de hard rock libère une fameuse dose de groove. En outre, sa bonne humeur est incroyablement contagieuse. Vêtu d’une chemise blanche, surmontée d’un gilet brun et d’un jeans moulant, Brandon Yeagley a un look qui rappelle les sixties. Sa voix est puissante et suave. Malheureusement, et c’est souvent le cas à FN, le son n’est pas au top. Il rebondit, devient confus et manque cruellement de relief. Mais qu’importe, le band se démène en espérant que l’auditoire le suive. Recroquevillé sur sa basse, Jake Figueroa est littéralement habité par son instrument et semble vivre chaque note qu’il en extirpe. Lorsqu’il n’est pas debout sur son ampli, Chris Bishop fait tournoyer sa gratte autour de lui. Mais soudain, le vocaliste l’assaille et, en un bond, finit par atterrir sur ses épaules. Une belle occasion pour entamer une sympathique distribution d’onglets aux premiers rangs. En une demi-heure de show, les Yankees ont montré ce qu’ils avaient dans le ventre.

Le backflag de Crobot, petit format, est décroché, et laisse la place à celui d’Airbourne. Imaginez plutôt : un immense corps rouge en plan taille, moitié humain, moitié squelette, yeux exorbités et mâchoire largement ouverte, surmontés d’une longue chevelure bouclée, prend toute la longueur du podium. En fait, il s’agit d’une réplique morbide de Joel O'Keeffe, le chanteur charismatique du band. La présence dans le pit est désormais beaucoup plus conséquente. Il faut dire qu’Airbourne, c’est déjà presque une tête d’affiche. Débarquant torse nu sur l’estrade, jeans noir largement troué, O’Keeffe se démène comme un beau diable sur les planches. C’est simple : il ne tient pas deux secondes en place, s’acharne derrière son pied de micro ou arpente la scène de long en large, en courant ou en imitant le célèbre pas chassé d’Angus Young, guitariste d’AC/DC. Ce groupe légendaire du Hard Rock hante largement les compositions d’Airbourne ; et ses musicos ne s’en cachent absolument pas. La rumeur raconte d’ailleurs que le chanteur aurait pu –c’est du moins ce que les fans d’Airbourne espéraient ardemment– rejoindre AC/DC, lorsque l’été dernier, Brian Johnson avait dû jeter l’éponge. Bénéficiant un peu moins d’une heure de set, la formation australienne (NDR : tout comme la bande à Angus, si vous voyez l’analogie…) enchaîne les morceaux pour construite un mur de Hard Rock bien gras, incisif et qui va droit au but. Un show carré et généreux, au cours duquel le chanteur, guitare à la main, décide de monter sur les épaules d’un de ses roadies (NDR : c’est récurrent) et commence à se promener au coeur de la fosse, avant de fracasser une canette de bière (NSR : une de 50cl, s’il vous plait !) sur son crâne, pour en faire jaillir une fontaine de houblon au milieu des metalheads. Très rock’n’roll !

La scène est à peine rallumée qu’un drapé vient immédiatement la voiler. Pour laisser la place à une tête de mort ailée, surmontée du logo de Volbeat. La salle de Forest National est à présent pleine comme un œuf. Depuis le parterre jusqu’en haut des gradins. Les premières notes de « Born to Raise Hell » du tant regretté Motörhead servent d’échauffement ultime. Les poings se lèvent pendant le refrain. La foule est à point pour accueillir –comme il se doit– Volbeat. Toujours invisible, le groupe entame « The Devil's Bleeding Crown », plage d’ouverture de son dernier elpee, « Seal The Deal & Let’s Boogie ». La batterie s’ébroue. Le rideau tombe. Le public exulte. Face à son pied de micro, Michael Poulsen, cheveux gominés, veste à patchs recouvrant un t-shirt de Mercyful Fate et jeans noir, fait claquer sa magnifique voix dans les enceintes de la salle. À ses côtés, Rob Caggiano, l’ancien guitariste de Thrash Anthrax, mais devenu depuis 2013, le second homme fort du combo danois, est tout sourire face à l’auditoire. À moins d’avoir eu la chance d’applaudir le quatuor au cours des festivals d’été, cette nouvelle tournée est également une belle opportunité pour les amateurs de faire connaissance avec Kaspar Boye Larsen, le nouveau bassiste qui a rejoint le line up, en mai 2016. Casquette vissée à l’envers sur la tête, Jon Larsen martèle ses fûts. Discrètement. L’arrière du podium forme un demi-cercle métallique surélevé, sur lequel les artistes viennent régulièrement se dégourdir les jambes. En son centre –au point donc le plus haut de la structure– est planté un pied de micro dont Poulsen vient fréquemment s’emparer ; ce qui lui permet de bénéficier d’une vue privilégiée sur l’ensemble de la salle.

Volbeat n’est pas du genre à se payer la tête de ses fans. Pendant pas loin de deux heures, il va parcourir un bel éventail de sa discographie, en faisant néanmoins la part belle aux compos de son dernier LP, dont « For Evigt » (chantée entièrement en anglais, alors que la version cd propose une version partiellement en Danois), « Seal the Deal » et encore le slayerien « Slaytan ». Mais également des titres plus anciens, comme le devenu culte « Pool of Booze, Booze, Booza », « Hallelujah Goat » mais aussi « Still Counting ». Certains medias n’ont pas hésité à qualifier sa musique d’‘Elvis Metal’. Qui serait donc le fruit de la rencontre parfaite et bienheureuse entre Elvis Presley et Johnny Cash (NDR : ils sont considérés comme deux des principaux précurseurs du heavy metal) sur un lit de… Rockabilly. Michael Poulsen ne manque d’ailleurs jamais de se référer à la mémoire de l’Homme en Noir, en invitant la foule –troquant pour l’occasion sa guitare électrique pour une sèche– à reprendre en chœur le célèbre « Ring of Fire », en guise d’introduction au pastiche cashien, « Sad Man’s Tongue ». Le quatuor ne manque également pas de communiquer sa bonne humeur à l’auditoire. Le chanteur est d’ailleurs surpris en lisant une banderole brandie aux premiers rangs, invitant le groupe à interpréter « Ecotone ». Amusé, Michael demande au fan de lui envoyer le bout de tissu, afin de l’afficher dans le local de répétition. ‘Cette chanson, tu peux la retrouver en effet sur un de nos albums…’, balance-t-il à la personne concernée, passablement gênée, avant de finalement poursuivre : ‘Il y a longtemps qu’on ne l’a plus jouée ; mais on va quand même essayer’. Volbeat se lance donc dans une improvisation, d’un titre hors set list, pour le plus grand bonheur des fans et de la foule. Et les plus jeunes risquent fort de ne pas oublier ce concert ; surtout lorsque Poulsen invite les ‘kids of rock’ à monter sur l’estrade, afin de vivre la fin de parcours auprès des musicos. Des moments qui resteront gravés dans leurs mémoires. Et notamment lorsque le chanteur s’installe derrière un des ces petits mecs, baladant sa guitare au-dessus de l’enfant tout en continuant d’en jouer, à sa hauteur. Ou encore lorsqu’il invite ces metalheads en herbe à donner un dernier coup d’onglet sur sa gratte, en guise d’au revoir plus que d’un adieu.

Fidèle à sa réputation de bête de scène et malgré de gros problèmes de son liés à la salle de Forest National (les sonorités de guitare dispensées par Rob Caggiano ont failli plus d’une fois percer nos malheureux tympans), Volbeat a véritablement assuré le show. En une quinzaine d’années, le quatuor est devenu un incontournable de la scène Metal, trustant désormais les têtes d’affiche de festivals. Le genre de groupe dont on risque, pour le plus grand bien des oreilles, d’entendre encore parler pendant de nombreuses années.

Setlist : “The Devil's Bleeding Crown”, “Heaven nor Hell”, “A Warrior's Call”, “I Only Want to Be with You”, “Lola Montez”, “Let It Burn”, “Sad Man's Tongue”, “Hallelujah Goat”, “The Gates of Babylon”, “Slaytan”, “Dead but Rising”, “16 Dollars”, “Ecotone”, “For Evigt”, “Pool of Booze”, “Booze”, “Booza”, “Boa [JDM]”, “Goodbye Forever”, “Fallen”.

Encore: “Black Rose”, “Doc Holliday”, “Seal the Deal”, “Still Counting”.

(Organisation : Live Nation)

Sziget Festival 2015 : vendredi 14 août

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Le Sziget existe depuis 1993. Dès sa création, il a pris place dans un cadre pour le moins exceptionnel : une île au milieu du Danube. Celle d’Obuda, située à quelques centaines de mètres seulement du fameux parlement hongrois et des imposants ponts qui relient les deux parties de la ville. En plein cœur de Budapest, donc !
Au fur et à mesure des années, l’évènement est devenu incontournable. ‘L’île de la Liberté’ a accueilli l’an dernier pas moins de 415 000 festivaliers. Il est même considéré comme le plus grand festival d’Europe. Pour son édition 2014, il a décroché, une fois de plus, le titre de ‘Meilleur Grand Festival Européen’, octroyé par les ‘Festival Awards’ aux Pays-Bas.

Vendredi 14 août. Il faut s’activer pour arriver à temps, afin d’assister à la prestation de Lohaus, jeune groupe belge jouant à 14h15 sur l’‘Europe Stage’. Il fait extrêmement chaud en ce début d’après-midi mais heureusement la scène est excentrée et entourée de zones d’ombre. Des dizaines de personnes sont assises sous les arbres, écoutant paisiblement mais intensément leur concert. Heureusement pour le moral du band, une vingtaine de courageux se sont collés à la barrière pour danser sous un soleil presque au zénith. Le groupe est composé de trois jeunes musiciens dont un est également chanteur. Leur style est situé entre musique électronique et expérimentale. C’est parfois même un peu psychédélique. Le concert parfait pour commencer la journée : calme mais dansant. Les musicos sont visiblement ravis d’être là et on les comprend. Ayant pris rendez-vous avec eux demain, je pourrai vous en dire davantage sur l’histoire de la formation et sur l’expérience de leur premier concert en festival (et quel premier festival, le Sziget s’il vous plait!) Définitivement un combo à découvrir en Belgique pour tous nos lecteurs.

Devant la ‘Main Stage’, l’auditoire est encore clairsemé, lorsque Marina and The Diamonds grimpent sur l’estrade. On aperçoit avant leur arrivée un décor totalement extravagant : des pommes géantes et un fond intergalactique composé de planètes lumineuses. En véritable diva de la pop, Marina est vêtue d’une combinaison mauve, perchée sur d’impressionnants talons roses, assortis à sa manucure. Elle porte même un diadème sur lequel est gravé le nom de son album, « Froot ». C’est un véritable spectacle à elle toute seule. Souriante du début à la fin de son show, elle chante divinement bien. Même quand on ne connaît guère son répertoire, il est impossible de rester insensible à son univers, pop et déluré !

Après ce concert déjà haut en couleurs, place à la ‘Color Party’ sur l’estrade principale. Des dizaines de bénévoles distribuent des sachets de poudre colorée pendant qu’un décompte tourne sur les écrans de la scène. Dix minutes plus tard, les festivaliers jettent leur sachet, créant pendant quelques secondes un immense nuage multicolore au dessus de la foule. Vous imaginez bien l’état des gens et la tempête de poussière qui a suivi après coup… Assez drôle et à voir (de loin, de préférence !). 

C’est maintenant au tour de Kasabian de prendre place sur la Main Stage. Un énorme décor rose et noir dessine « 48 :13 », en arrière plan ; c’est le titre de son dernier opus. Après une longue introduction musicale, le quatuor débarque enfin sur les planches. Le public est au rendez-vous et l’espace est presque rempli. Le set s’ouvre par « Bumblebee », morceau issu de leur elpee paru l’an dernier. Les classiques ne sont pas oubliés : « Shoot the Runner » et « Underdog », notamment. C’est un véritable succès pour les stars anglaises. Cet LP recèle d’excellents morceaux, comme « Eez-eh ». Impossible d’oublier que le véritable moteur du groupe est le duo d’origine : le chanteur Tom Meighan et le guitariste/auteur/compositeur Sergio Pizzorno. Extrêmement complices, ils partagent souvent le micro. Difficile de ne pas penser aux frères Gallagher et à Oasis lorsqu’on voit leur comportement en ‘live’ (à qui ils sont souvent comparés par la presse, contre leur gré). Ils se la jouent ‘Je-m'en-foutiste’ tout en affichant une classe purement ‘british’. Tous les musiciens se donnent à fond du début à la fin et parviennent à conquérir facilement l’assistance… Excellente, leur version du « Praise you » de Fatboy Slim fait un tabac. Ils concluent par leur hit « LSF », avant de saluer et remercier longuement leurs fans. C’est définitivement un des meilleurs moments vécus au Sziget depuis mon arrivée.

Encore une fois, c’est un changement total de style que nous allons vivre ensemble. Une heure après Kasabian, c’est au tour d’Avicii d’embrayer. Finalement, la fosse n’était pas totalement remplie pour applaudir Kasabian ; il restait même de la place, vu le monde qui est encore parvenu à s’entasser. Impressionnant ! On peut même admirer la foule via les vidéos captées par des drones et postées sur les écrans du podium. Mais venons-en à Avicii… Tous les clichés d’un ‘DJ-star’ sont réunis : confettis, flammes, écrans géants, … Pour la prestation de DJ il faudra repasser. Il ne s’agit de rien de plus qu’un DJ set. En effet, les stéréotypes véhiculés sur David Guetta –qui se contente de danser pendant que sa musique tourne en boucle– sont un peu applicables ici. Bien sûr, ce n’est qu’un jugement personnel car l’ambiance était néanmoins au rendez-vous. Des dizaines de milliers de jeunes (et de moins jeunes) ont dansé durant une heure et demie sur une plaine devenue une discothèque à ciel ouvert.

En me déplaçant sur le site, je croise un spectacle féerique. Des jongleurs de feu effectuent une performance nocturne près du ‘Cirque du Sziget’. Au moins 300 personnes se sont réunies, toutes assises par terre, dans le calme, profitant de ce moment magique entre deux concerts.

On attend impatiemment Gramatik, retardé de presque une demi-heure par l’entrain des Dropkick Murphys qui ont débordé de leur ‘timing’. Les projections sur les écrans sont tout à fait originales. Quant à lui, il est toujours aussi doué. Accompagné d’un excellent guitariste, il fait danser tout le chapiteau de l’‘A38’ en dispensant ses compositions au style inimitable. Vous ne le connaissez pas ? Il mélange une multitude de genres : du blues au hip-hop, en passant par l’électro, le funk et la dubstep. Dur à croire, mais cet alchimiste parvient chaque fois à les agréger, sans aucun problème, créant des sons novateurs. Un artiste complet et moderne qui, pour rappel, semble s’adapter parfaitement à son temps, en autorisant le téléchargement gratuit et légal de l’ensemble sa discographie.

C’est sur une journée riche en découvertes et un programme pour le moins éclectique que nous nous quittons. A demain !

(Organisation Sziget)

 

Sebastien Tellier

A prendre au second degré

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Assister à un concert de Sébastien Tellier, c’est pénétrer dans un univers singulier. Faut dire que sa sélection à l’Eurovision (où il y représentait la France), ses multiples participations à divers talk shows pour la télévision on française, sa contribution au fil ‘Steak’ de son ami Quentin Dupireux (Mr. Oizo) ainsi que son look de Sébastien Chabal rock n’roll, ont de quoi aiguiser la curiosité. Pourtant, d’un point de vue strictement musical, je ne connais vraiment que son imparable tube « Divine ».

Impossible de vous décrire le concert de Housse de Racket qui se produisait en première partie. J’avoue avoir volontairement boudé le groupe. Un boycott justifié par la qualité de leur album : le pire achat musical effectué depuis des années. Ces jeunes Parisiens constituent, à mon humble avis, la plus grande imposture du XXIème siècle. Leur humour à deux balles et la caution de Bertrand Burgalat pour le duo ne sont pas suffisants pour masquer leur médiocrité.

Vers 21h, Sébastien Tellier monte sur les planches. Sa classe semble naturelle ; mais elle est surtout travaillée : veste de costume pailletée, lunettes de soleil et bouteille de vin blanc (NDR : elle sera vide à la fin du concert). Les premières chansons son convaincantes : « Roche », « Sexual Sportswear » ou « Kilometer ». Issus de son dernier opus, ces titres passent parfaitement bien la rampe de la scène. « Divine » chauffe le public et la cover de Daft Punk permet à l’ambiance de monter encore d’un cran (NDR : cette reprise n’est pas anodine, car son dernier elpee est produit par Guy-Manuel de Homen-Christo, des vétérans de la scène électro française). Le clou du show sera planté en fin de parcours, lors du magnifique « L’amour et la violence », caractérisé par son refrain imparable ! Il achève ce mini hymne en se couchant ‘sensuellement’ sur son piano (le second degré est permanent chez l’artiste hexagonal).

Si la musique est bonne, le principal charme d’un concert de Sébastien Tellier, c’est Tellier lui-même… Le chanteur assure constamment le spectacle et n’hésite jamais à faire le clown. Toujours drôle, il va quand même parfois très loin dans ses délires. Imitations, private jokes, anglais approximatif ou improvisations ridicules, Tellier cultive un certain sens de l’absurdité. Mais ce détachement communique à sa musique d’autant plus de force. Assumant à merveille son côté Gainsbourg, ses interventions enthousiasment le public. Un bien chic type ce Tellier. Et très décontracté. Bien loin de la hype provoquée par son exhibition à l’Eurovision ! Il ne se prend pas au sérieux, c’est une certitude ; et son contact naturel avec les spectateurs apporte une dimension supplémentaire à l’ensemble. Quel artiste pourrait en effet quitter le podium, une cigarette consumée dans le nez, sans avoir l’air totalement grotesque ?

Organisation AB

Rebellion

La rébellion silencieuse.

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Sans être la découverte de l’année, “Arise: From Ginnungagap To Ragnarok - History of the Vikings, Vol. III”, le nouvel album des Allemands de Rebellion, est intrigant. Aussi, on ne s’est pas fait prier lorsque leur label (Massacre Records) nous a proposé une interview. C’est Tomi Göttlich le bassiste qui s’y est collé. Entre les choses qu’il ne préférait pas dire, les choses qu’il ne voulait pas dire et celles qu’il ne pouvait pas dire, on ne peut pas dire que cette rébellion-là soit des plus bruyantes. Interview sympathique d’un rebelle, qui manifestement ne veut se fâcher avec personne.

Musiczine.net est un magazine musical d’intérêt général. Nos lecteurs ne sont pas forcément des fans de Heavy Metal. Pourrais-tu leur présenter Rebellion ?

Tomi Göttlich : Rebellion est un groupe qui pratique un certain type de Heavy Metal. Il est même difficile à décrire. D’ailleurs, j’estime que cette analyse est davantage du ressort des journalistes. Nous venons définitivement des eighties, car nous ne sommes plus des teenagers ; mais nous avons essayé d’incorporer quelques influences plus modernes pour créer notre propre style et notre propre identité. A l’auditeur de juger si nous y sommes parvenus.

“Arise: From Ginnungagap To Ragnarok - History of the Vikings, Vol. III” constitue votre cinquième album, et le troisième d’une trilogie consacrée aux Vikings. Pourquoi avoir porté votre dévolu sur les célèbres guerriers scandinaves. N’était-il pas beaucoup plus intéressant, en tant qu’Allemands, de parler de l’histoire de votre propre pays ? Un album concept sur les chevaliers teutoniques, par exemple ?

T.G. : D’une manière générale, nous pensions que les Vikings étaient un sujet passionnant quand nous avons décidé de démarrer cette trilogie. A présent, il semble qu’énormément d’autres groupes ont aussi choisi d’écrire sur ce sujet. Nous avons cependant décidé de l’achever, au risque de se voir taxer de suiveurs. Bien sûr, on pourrait penser qu’un groupe allemand est mieux placé pour parler de sujets autochtones ; mais, en tant que professeur d’histoire, j’aime bien creuser profondément des matières que je ne connais pas encore. Ce qui ajoute un peu de piment à ma vie professionnelle.

« Thor » est vraiment une chanson épique extraordinaire. Un pur moment de magie. Avez-vous un jour rêvé d’interpréter ce genre de titre, soutenu par un orchestre symphonique, comme certains groupes contemporains de métal l’ont réalisé ?

T.G. : Effectivement. Ce serait un rêve. Mais c’est surtout une question d’argent, car il faut payer tous ces musiciens.

A l’écoute d’“Arise: From Ginnungagap To Ragnarok - History of the Vikings, Vol. III”, on peut sans conteste entendre l’influence de deux groupes principaux dans votre musique: Grave Digger et Iced Earth. Y en a-t-il d’autres ?

T.G. : Il est assez difficile de se juger soi-même. Je préfère ne pas émettre de commentaires sur ce sujet et laisser à d’autres le soin de le faire.

Je n’ai pas trouvé de dates de concerts sur votre site web  (http://www.rebellion.st) ou sur votre page MySpace (http://www.myspace.com/rebellionfromhell). Vous vous produisez en ‘live’ ?

T.G. : Absolument ! Nous sommes occupés de mettre à jour notre agenda. Nous serons sur la route dès le début de l’année prochaine.

Tomi et Uwe, vous avez tous les deux milité chez le groupe métal culte Grave Digger. Pourquoi êtes vous partis ? Êtes vous toujours en bons termes avec Chris Boltendahl (NDR : Le leader de Grave Digger) ?

T.G. : Nous ne sommes en aucuns termes avec lui, et nous ne voulons pas l’être. Tu peux donc en conclure que le split n’a pas été amical et c’est pourquoi, une fois de plus, je ne désire rien ajouter en à ce sujet. Il n’y a pas de choses gentilles à dire et je n’aime pas dire du mal des gens qui ne sont pas là. (NDR : Suivant cette source pas toujours fiable à 100% qu’est internet, il semblerait qu’il y ait un litige entre Chris Boltendahl et Uwe Lulis parce que ce dernier aurait voulu garder le patronyme ‘Grave Digger’ quand il a quitté le groupe ; ce qui est à notre humble avis un peu ridicule, puisque Boltendahl est l’âme du ‘Creuseur de Tombes’, et que sans son timbre de voix unique, le combo ne pourrait probablement pas exister).

Est-ce qu’un groupe comme Rebellion peut vivre de sa musique ou bien exercez-vous une profession en parallèle, pour joindre les deux bouts ?

T.G. : Non, nous ne pouvons pas vivre de notre musique. Nous sommes déjà très contents quand les royalties couvrent nos dépenses.

Simone est une des deux guitaristes de Rebellion. N’est-ce pas trop difficile pour une fille d’exercer ce rôle dans le monde plutôt misogyne du Power Metal ? Lorsqu’elle est sur scène, les remarques irrévérencieuses ne doivent certainement pas manquer. Les considère-t-elles comme offensantes ou comme relevant du grand ‘Cirque du Heavy Metal’

T.G. : Simone n’est pas présente et je ne peux pas répondre à cette question à sa place. Nous sommes très heureux cependant de son implication dans le groupe et elle se débrouille vraiment bien.

En compagnie de quelle formation majeure aimeriez-vous tourner ? Vous êtes-vous déjà produits hors du Vieux Continent ?

T.G. : Rebellion n’a jamais joué hors de l’Europe. Nous n’aimons pas vraiment nous produire en première partie. Nous préférons la tête d’affiche.

Je suppose que la “Trilogie Viking” est terminée. Quel sera le sujet du prochain album ?

T.G. : Certaines idées trottent déjà dans nos têtes ; mais il n’est pas encore possible d’en parler pour l’instant.

De nos jours, beaucoup de musiciens jouent dans plusieurs groupes ou projets en même temps. Qu’en est-il des membres de Rebellion ?

T.G. : Nous participons à l’aventure d’autres groupes et projets, mais Rebellion est notre groupe principal.

En Allemagne, le Power Metal est une institution. Il existe des centaines de bons groupes issus de votre pays. Qu’est-ce qui, à ton avis, fait la différence entre vous et eux ? Que dirais-tu à nos lecteurs pour les décider à acheter ton disque plutôt que celui d’un autre groupe allemand ?

T.G. : Beaucoup de groupes jouent de la bonne musique, mais en général, ils préfèrent ce qu’ils créent. Chaque musicien estime sa musique meilleure que celle des autres. Je ne désire pas vraiment déprécier les autres artistes et préfère donc laisser le choix aux auditeurs.

Un dernier mot pour vos fans belges ?

T.G. : Keep it heavy, Metal is Rebellion.

The Beta Band

Version 1.0

Malgré un goût prononcé pour les accoutrements loufoques, une mise en scène de leurs concerts pour le moins visionnaire, une approche dadaïste des designs de leurs pochettes et un recours aux lyrics symboliques, les musiciens de Beta Band font preuve d’une maturité intellectuelle, que nous ne soupçonnions pas. Ils savent ce qu’ils veulent. Connaissent l’histoire du rock’n roll. Et laissent finalement peu de place à la fantaisie. Une exception, le studio. Là, ils prennent véritablement leur pied, en jammant pendant des heures. Richard Greentree, le bassiste, et John Mc Lean, le programmateur, s’expliquent…

Peut-on dire que le Beta Band soit un succédané de l’histoire du rock’n roll ?

R : Oui !
J :  Mais progressivement, nous allons essayer de ne conserver que nos propres influences. Celles qui sont internes, pas externes au groupe. C’est la meilleure solution pour aller de l’avant.

Apparemment, vous ne semblez pas trop satisfait de votre nouvel album. Enfin, de la production. Est-ce exact ?

R : Parce qu'il n'est peut être pas aussi parfait qu'il aurait pu l'être. Mais non, je l’aime beaucoup. Il est superbe cet album J : Lorsqu’on crée quelque chose soi-même, on a tendance à jeter un regard de plus en plus critique sur sa propre création. Mais c’est un bon album. Vous pouvez l’acheter les yeux fermés. En fait, c'est surtout du producteur que nous n'étions pas satisfaits!

Est-il exact que vous avez l’intention de remixer chacun des titres de ce disque ? Et si c’est le cas, à qui allez-vous confier cette tâche ? A un DJ, à un autre producteur ? Ou vous sentez-vous capables de l'autoproduire ?

R : Non. L’album est comme il est, et nous n’y changerons plus rien. En fait, nous avons l’intention de sortir un album d’ambient, destiné à susciter des remixes. Mais, c’est toujours à l’état de projet.
J : Tu sais, nous nous sommes rendus compte des problèmes de production, en plein milieu des sessions d’enregistrement Nous n’avions pas fait le bon choix. Nous voulions amener des idées personnelles, mais le producteur était obnubilé par le son analogique. Il avait un blocage. Et nous nous sentions frustrés. Il était têtu comme une mule. Alors on l’a remercié.
R : En réalité, il rejetait sans cesse nos idées. Il faisait une fixation sur les sonorités revivalistes, qu'il estimait plus chaudes et plus bénéfiques au groupe. Il voulait impliquer davantage de guitares. Parce qu’il pensait qu’elles apporteraient un plus. Je ne sais pas. Nous n’étions pas d’accord sur la définition de la musique. De notre musique. Il était très tatillon. Il prétendait que la musique s’assimilait beaucoup mieux lorsqu’on pouvait la danser. Et lorsqu’on a pris congé de lui, il n’était vraiment pas heureux…

Ne penses-tu pas que si la production avait été encore été plus sophistiquée, l’album serait devenu franchement compliqué, alors qu’il est déjà complexe ?

R : Justement ! Nous voulions que l’album soit moins travaillé. Qu'on y voie moins la griffe du producteur. Finalement, nous avions besoin d’un bon ingénieur du son, pas d’un producteur.
J : Si, si, pourquoi pas un producteur, mais pas un mec qui mette sans cesse son nez dans nos affaires.
R : Ce qui explique pourquoi la deuxième partie de l’album épouse un style totalement différent. C’est d'ailleurs une nouvelle direction que nous comptons emprunter dans le futur.

Si nos renseignement sont exacts, la version originale de "The hard one" a été expurgée du sample de Bonnie Tyler, “ Total eclipse of the heart ”, parce que son auteur vous avait refusé l'autorisation. Cette interdiction est-elle définitive ?

R : En fait, celle qui figure sur l’album est la version originale. Elle devrait, il est vrai, sortir sous cette nouvelle version, dans un avenir proche…

Pourquoi les percussions et les effets spéciaux prennent-ils une place aussi importante dans votre musique ?

J : J’imagine que la présence des effets sonores n’est pas gratuite, mais qu’à contrario, ils font partie intégrante de la mélodie. Les percussions sont des éléments qui nous intéressent tous au premier degré. Parce que nous sommes tous quelque part percussionnistes.

Vous avez, je suppose, également recours à des instruments insolites, tels que la batterie de cuisine, quitte à en sampler les sonorités produites ?

R : Ce type d’instrumentation était, à l’origine, une nécessité. Mais aujourd’hui, nous avons moins recours aux ustensiles de cuisine (rires). Ils ont retrouvé aujourd’hui une place qu’ils n’auraient jamais dû quitter, la cuisine… 

Quelle part prend l’improvisation, dans la musique de Beta Band ? Live ? En studio ?

R : Sur scène, tout est bien structuré, programmé, tandis qu’en studio nous parvenons même à composer de nouvelles chansons, rien qu’en jouant ensemble…

Votre méthode de travail va carrément à contre courant des autres groupes ?

J : Il arrive qu’en studio nous utilisions un computer keyboard. Et tout le monde jamme à l’aide de cet instrument, et pas seulement avec une guitare ou une basse…

De toute évidence, vous prenez davantage votre pied en studio que sur les planches ?

R : Effectivement. Et puis, en studio il y a moins de monde.

Pas nécessairement. Il arrive qu'un concert se produise devant un public clairsemé. Nous avons même été témoin d'un set qui s'est déroulé devant une dizaine de personnes. C'était pourtant un excellent groupe britannique.

J : Cette aventure nous est également arrivée. Et en studio, il y en a au moins trente.
R : Mais nous n’avons jamais véritablement expérimenté le live, parce que nos prestations sont extrêmement structurés. Nous n’avons vraiment pas le temps de nous égarer dans une quelconque expérimentation. En studio, nous avons tout le temps de jammer. Un exercice de style que nous adorons. On y est d’ailleurs très bons. Mais en concert, nous ne nous y risquons jamais…

Un jour, vous avez déclaré qu’il n’existait plus de culture jeune aujourd’hui. Ni mods, ni punks, ni rockers. Pour vous, la techno ne reflète donc pas l’esprit de la nouvelle culture contemporaine ?

J : Non, pas du tout ! Toute musique qui rétrécit son champ d’investigation, n’a plus aucun intérêt. Elle se ferme l’accès à l’expérimentation. En fait le public pense que la techno est expérimentale, alors qu’elle n’est qu’un outil destiné à faire danser. Le hip hop était beaucoup plus intéressant, parce qu’il nécessitait un challenge. Enfin, il existe quand même l’une ou l’autre forme de techno qui suscite notre intérêt. Celle qui est pratiquée en Allemagne, notamment…
R : Ce qui m’inquiète le plus, c’est l’étroitesse d’esprit des jeunes qui déifient la techno…
J : Lorsque tu me causes de culture jeune, je pense spontanément au marketing. Si tu ne parviens pas à coller à la mode, tu t’exclus du cercle des branchés. Donc tu dois acheter tel type de fringues, écouter tel type de musique, etc. Lorsque l’acid house s’était révélée, personne ne se posait ce type de question. Tout le monde vivait le temps présent, prenait son pied sans regarder autour de lui. S’exprimait sans devoir faire abstraction de sa propre personnalité. Et puis le phénomène s’est acidifié. Tout le monde s’est focalisé sur le mot acide. C’est devenu une affaire de fric. Donc pour moi, la culture jeune est manipulée par le fric.
R : La culture jeune n’a plus le temps de se développer, parce qu’elle est immédiatement rattrapée par le fric. Elle est bouffée par le marketing. C’est comme si la culture était devenue financière.
J : Et la plupart des médias font tout pour maintenir la situation en place. Ce qui leur permet ainsi de traiter tout ce qu’ils veulent sans trop se creuser la cervelle. Un stratagème qui fait vendre, et puis qui empêche les jeunes de penser. Ces médias pensent ainsi à la place des jeunes, c’est beaucoup moins risqué, et surtout moins fatigant…

Jérémy & Bernard Dagnies.

Merci à Vincent Devos

Interview parue dans le n° 77 d’octobre 1999 du magazine Mofo.

 

Plaid

Electronica pour rire

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Pour enregistrer "Rest Proof Clockwork", le duo britannique explique avoir concocté une sorte de ‘funky music pour gamins’. Electronique, chaud, accessible, traditionnel dans un certain sens et non dépourvu d'humour, ce disque a même failli emprunter une orientation plus clubby. Ed Handley et Andy Turner sont étonnés que ce phénomène ne se soit pas produit. C'est qu'ils adorent les surprises dans le travail!

Ce nouvel album porte-t-il la griffe ‘Warp’, d'après toi?

Ed Handley : je n'irais pas jusqu'à le prétendre. Nous aimons certains artistes qui ont signé sur Warp et nous nous tenons au courant de leurs travaux. Certains nous ressemblent peut-être un peu plus que d'autres ; mais en général, chaque signature sur Warp a son identité propre. Dès lors, ce disque n'est pas identifiable immédiatement comme un album Warp ; je ne crois pas.

Votre griffe, c'est quoi alors? L'expérimentation?

Hum, pas vraiment. Je crois que ce domaine est plutôt exploré par des gens comme Autechre ou Squarepusher. Nous sommes plus traditionnels dans pas mal de domaines. Par exemple, nous utilisons de bons vieux synthés pour développer des harmonies et des mélodies.

Vous êtes plutôt des compositeurs?

Oui, même si ce terme peut véhiculer un sens un peu pompeux, nous sommes des compositeurs. En fait, nous ne sommes pas de super instrumentistes. Sur cet album, nous avons d'ailleurs travaillé en compagnie de vocalistes, d’un guitariste, un bassiste, un percussionniste et des dj's. Nous sommes aussi déjà occupés de bosser sur de nouveaux morceaux avec un type qui fait du rap et de la poésie. Il sera probablement sur le prochain album. Mais c'est normal : puisque nous faisons pratiquement tout nous-mêmes, nous ne manions pas un instrument mieux qu'un autre.

Premières fois

La première fois qu'Ed et toi vous vous êtes croisés...

Andy Turner : c'était à l'école, dans l'est de l'Angleterre. Quand nous étions ados, nous écoutions les premiers disques de hip hop. C'est aussi sur la scène hip hop que nous effectué nos premiers pas. C'est ainsi que j'ai vraiment connu Ed. De là, nous nous sommes intéressés à une certaine soul, au funk et au jazz. C'est peut-être la raison pour laquelle aujourd'hui, nous sommes très ouverts à tant de genres différents.

Avant de vous cacher sous Plaid, un pseudo avec lequel vous avez notamment épaulé Björk lors d'une tournée, vous étiez les deux tiers de Black Dog...

Nous avons produit des disques pendant 6 ou 7 ans sous ce nom. Nous avons enregistré 4 albums, réalisé pas mal de remixes et quelques Ep's. Il y a trois ou quatre ans, nous nous sommes séparés de Ken Downie qui a continué sous ce nom et a même sorti un album, je crois, intitulé "Music For Adverts And Short Films". Nous ne partagions plus la même conception de l'évolution musicale du projet. Au départ, Ed et moi voulions que le patronyme disparaisse aussi ; mais après mûre réflexion, nous ne nous sommes plus opposés à la poursuite de l’aventure Black Dog, menée par Ken…

Vous expliquez ne pas collectionner les disques ; d'où vous viennent vos influences dans ce cas ou du moins votre inspiration?

C'est vrai, comme nous ne faisons plus des masses de ‘dj'ing,’ nous n'achetons pas des tonnes de disques. Notre inspiration vient dès lors des situations que nous vivons dans la vie de tous les jours. Manifestement, notre musique est plus issue d'émotions que d'autres styles de musique que nous aurions voulu adapter à notre sauce. Bien sûr, ces influences sont présentes, mais nous ne sommes des émules de personne.

Comment en êtes-vous arrivés à ce ‘funk pour gamins’?

A l'origine, nous pratiquions la musique comme hobby. J'étais dj et Ed écrivait déjà un peu, à partir de beats hip hop. Quand nous avons commencé ensemble, nous nous intéressions à pas mal de styles, sur la scène britannique et sur celle de Detroit. Mais la musique électronique nous semblait manquer cruellement de mélodies. Tout était fort basé sur les éléments rythmiques. L'acid, les raves... C’est ce qui nous a poussé à opter pour cette direction…

Vous travaillez toujours en duo?

Nous travaillons souvent séparément, en fait. J'imagine que c'est le cas pour nombre de formations électroniques. Notre studio commun est articulé autour d'un gros ordinateur ; dès lors, on ne peut pas vraiment y travailler à deux en même temps. Certains titres sont le fruit de collaborations, d'autres sont le résultat d'idées développées séparément. Chacun dispose de son matériel, ce qui nous facilite le boulot. Et puis, on peut plus facilement se laisser aller à la fantaisie ; quand on collabore, il y a toujours des compromis à faire...

Et après?

Déjà une idée du prochain album?

Andy Turner : Il devrait comprendre du matériel audio-visuel. Nous travaillons aussi sur des animations et l'idée est de sortir un Dvd par exemple.

Vous n'enregistrerez donc jamais de dance ?

Nous avons vaguement essayé, mais c'est vraiment pas notre truc. Quand nous optons pour une orientation précise, systématiquement, on emprunte la tangente. C'est assez difficile à faire d'une part, et ça mène rarement à la musique la plus originale ensuite.

Vos sets ne sont donc pas particulièrement dansants!

Parfois quand nous jouons live, nos sets plus abstraits provoquent un peu de confusion dans l'esprit des gens. C'est compréhensible, d'autant que nous en avons déjà joués en club. Actuellement, nous sommes très attentifs aux endroits où nous nous produisons, et nous adaptons notre setlist en conséquence.

Vous l'emmèneriez où, votre musique?

Sur un site ensoleillé, genre une île des Caraïbes. Dans un endroit pas trop peuplé... Avec du soleil en tout cas. Nous attendons toujours qu'on nous propose un gig dans un coin comme celui-là. En Jamaïque par exemple ou à la Barbade, mais nous n'avons pas encore eu cette chance...

(Article paru dans le n° 75 du magazine Mofo d’août 99).