L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

Un diptyque pour Then Comes Silence

Le trio post-punk suédois Then Comes Silence s'apprête à publier « Requiem Ballroom ». Ce huitième long playing est attendu pour le 20 novembre 2026 sous la bannière de Metropolis Records. Pour faire patienter l'auditoire, la formation menée par Alex Svenson…

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Dernier concert - festival

Jon Spencer
Editors

The Beta Band

The three EP's

Tout comme son titre l'indique, cet album réunit intégralement les trois premiers EP's du Beta Band. Un groupe fou fou fou, mais à l'imagination fertile. Dans l'esprit de Gorky's Zygotic Mynci, mais en plus audacieux. Ce qui, à premier abord, peut paraître étonnant, lorsqu'on sait que la musique de ce quartette anglo-écossais repose sur une structure fondamentalement folk. Mais ce fil conducteur est étoffé par de multiples paramètres instrumentaux, rythmiques et technologiques. A un tel point que certains développements nous entraînent vers des directions tout à fait inattendues. Que ce soit à cause du groove funkysant propre à Beck ou des expérimentations psychédéliques dignes de Spiritualized, voire de Spacemen 3 ; lorsqu'on ne traverse pas le prog rock des seventies pour y célébrer la rencontre entre le folk insolite de Sound's Jug et le garage cosmique du Jefferson Starship de Paul Kantner et de Grace Slik, circa " Blows against the empire ". A moins qu'on y plonge dans les délires atmosphériques du Gong de Daevid Allen. Et après avoir écouté les douze titres de ce CD, on n'est même pas sûr d'être parvenu à avoir fait le tour du sujet, en expansion constante. Ce qui n'empêche pas le groupe de retomber régulièrement sur ses pattes, et de nous servir également de superbes chansons mélodiques, à l'instar de " She's the one ", qui flirte quand même avec les huit minutes...

 

Diesel Park West

HIPReplacement

Leur rock’n roll doit beaucoup aux sixties, et notamment aux groupes de la West Coast, Buffalo Springfield, Moby Grape et les Byrds. Mais également au Who et aux Rolling Stones. Normal, lorsqu’on sait que la formation est issue de Leicester. Et il y a un peu plus de dix ans que le groupe milite dans le même style. Sans pourtant récolter beaucoup de succès, il faut l’avouer. Ce qui ne l’empêche pas de sortir aujourd’hui son sixième album, dont une édition limitée est doublée d’un deuxième morceau de plastique, consacré à des démos de leur tout premier elpee, " Shakespeare Alabama ". John Butler en est le leader, le chanteur, et le guitariste mais aussi le compositeur. Rebelle littéraire, il aborde dans ses chansons des textes aussi universels que préoccupants que la guerre, la famine, la pauvreté, le racisme, le totalitarisme économique et la violence, avec une honnêteté émotionnelle digne de Bruce Springsteen…

 

Leah Andreone

Alchemy

Physique de Barbie (jetez un coup d’œil àr la pochette où l’on voit la belle frimousse d’un pur produit américain), voix un peu angoissée, mais vivifiante, Lea Andreone nous fait vivre, ou supporter, tout au long de son album, le meilleur comme le pire. Le meilleur sur de très belles compositions telles que " Sunny Day " où les passages flamenco bousculent les tempos funk sur un air de rock féministe. Celui pratiqué par Alanis Morissette ou Nathalie Imbruglia. Sur " Die in " où la guitare cristallisée se colle parfaitement bien aux rythmes rafraîchissants du backing group. Ou encore sur " Inconceivable " dont la structure mélodique n’est pas sans nous rappeler un certain Cardigans. Et puis il y a le moins bon. Avec " Starstruck Bastard ", lorsque Leah se prend pour une Tori Amos qui aurait connu quelques problèmes d’oreiller. Ou encore " Pretty freak " qu’une Madonna aurait bien pu interpréter. Le CD se clôture par une composition dont l’intitulé ne mérite aucun complément d’explication… " Lamentation ".
 

 

Agnostic Front

Something’s gotta give

Considéré comme le parrain de la scène hardcore new-yorkaise, Agnostic Front roule sa bosse depuis 1981. Un quatuor drivé par un duo de choc. En l’occurrence, Roger Miret, chanteur, homme de scène charismatique, dont les tatouages lui couvrent le corps comme une véritable peinture. Et Vinnie Stigma. Membre fondateur, compositeur principal et guitariste. Forgé dans la colère et tempérée par la rage, cette formation dispense une solution sonore agressivement brutale ; mais dont les lyrics élégants et engagés alimentent des mélodies contagieuses, dans le sens le plus punk du terme. Non initié(e)s, s’abstenir !

 

22

Watertown

Pour une formation dont l’existence remonte à plus de dix ans, on ne peut pas dire, qu’à ce jour, elle ait fait beaucoup parler d’elle. Faut dire qu’à ses débuts, nonobstant quelques chansons enregistrées sous la houlette de Steve Albini, ce trio chicagolais pratiquait un post punk particulièrement décapant. Depuis, le style de 22 a évolué vers une musique beaucoup plus atmosphérique, ténébreuse, dans la lignée de Zoom, Slint et Arcwelder, même si, tout au long de ce " Watertown ", le climat peut tout à tour être balayé par une brise cold (And Also The Trees ?), se fondre dans l’impétuosité électrique du post grunge (Smashing Pumpkins circa " Siamese Dream "), voire dans la fragilité introspective d’un American Music Club. La voix gémissante, aride de Brian, dont le timbre semble coincé quelque part entre celui de Mark Eitzel et de Bily Bragg, accentuant cette sensation de spleen inconsolable…

 

Audioweb

Fireworks city

Deuxième album pour cet ensemble mancunien, qui était parvenu en 1996, à décrocher un hit single avec la cover euphorique de " Bankrobber " du Clash. Deuxième album qui recèle déjà trois autres tubes en puissance : " Policeman shank ", " Personnal feeling " et " Get out of here ". Maintenant, il est exact que si Audioweb était né quelques années plus tôt, et en particulier en plein boom house, il aurait pu tenir la dragée haute aux Happy Mondays et consorts. Mais aujourd’hui, il est logé à la même enseigne que Black Grape ou Space Monkeys. C’est à dire responsable d’une très chouette musique, mais qui appartient déjà au passé. Ce qui n’est pas une raison pour gâcher votre plaisir à l’écoute de ce " Fireworks city ", riche en samples, en arrangements de cordes, en accès d’électricité incisifs et en percussions viscérales. Un mélange à la fois insidieux, mélodieux mais groovy de rock, de funk et de reggae, qui s’épanouit au cœur même du dub. Même un producteur comme Adrian Sherwood doit regretter de ne pas les avoir pris sous sa houlette ; la mise en forme, ayant été confiée, sur ce morceau de plastique, à Steve Lironi (Black Grape, Space).

 

Ash

Nu-clear sounds

Lors de la sortie de " 1977 ", en 1996, nous nous étions montrés particulièrement enthousiastes. Malgré un changement de line up, élargi depuis quelques mois à une seconde guitariste, en l’occurrence l’ex Nightnurse Charlotte Hatherling, ce " Nu-clear sounds " nous a de nouveau enflammés. Un opus pour lequel la formation irlandaise a encore reçu le concours d’Owen Morris, qui partage cependant son rôle de producteur et d’ingénieur du son avec le quatuor et Chris Kimsey. Une œuvre plus brute, plus directe, mais toujours aussi mélodique. Mais ce mélange d’énergie, d’intimité, Ash l’exprime avec une sauvagerie punkysante. Comme sur le stoogien " Fortune teller ", le pixiesque " Numbskull ", l’hymne métallique " Death trip 21 " ou le superbe " Jesus says ", digne de Jesus & Mary Chain. La formation accorde bien sûr encore de la place aux ballades hymniques, célestes, à l’instar de " Low Ebb ", ou " Burn out ", d’ " Aphrodite ", ou d’ " I’m gonna fall ", mais en général, le son est plus sauvage, plus percutant, plus noisy même, à écouter de préférence à fond la caisse. Enfin, si la pochette est tout à fait originale, parce qu’insérée entre deux plaques aimantées, on ne peut pas dire que pour l’ouverture et le rangement, ce soit vraiment pratique…

 

Babybird

There’s something going on

Nonobstant 400 compositions enregistrées sur un quatre pistes entre 88 et 94, la consécration commerciale de Baby Bird ne s’est produite qu’en 1996, lors de la sortie de " Candy girl ". Steve Jones, alias Baby Bird, nous revient avec un nouvel opus. " There’s something going on ". Onze titres caractérisés par l’intronisation d’un véritable batteur en lieu et place de l’ancienne boite à rythmes. Un changement qui pourtant ne perturbe en rien le style adopté par la formation depuis ses débuts. La simplicité avant tout. Des riffs de guitares mélodiques, gélifiés, tendres. Une voix rauque, un peu cassée, généreuse. Des textes mélancoliques, romantiques. L’album est de très bonne facture. Naviguant quelque part entre la new-wave de U2 et surtout d’Echo & the Bunnymen. Mais aussi de la britpop. Circa House of Love voire James. Petit point noir au tableau : l’usage excessif des dispensables ‘la la la…’ ; la simplicité chère à Steve se muant dangereusement en un simplisme grotesque. Pour conclure, disons que ceux qui aiment n’ont pas le droit d’être déçus…

 

Bernard Butler

People move on

Nouvelle compile pour ce groupe georgien, d’Athens très exactement, qui a marqué l’histoire de la pop/rock américaine entre 1978 et 1985. C’est à dire jusqu’au décès de son guitariste et membre fondateur, Ricky Wilson. Responsable d’une musique sucrée, insouciante, bourrée d’humour, caractérisée par un beat légèrement funk, épileptique, un orgue farfisa intrépide et un son de guitare popularisé vingt ans plus tôt par les Ventures, les B 52’s pouvaient aussi compter sur la complémentarité des vocaux juvéniles de Cynthia Leigh et de Kate Pierson, qui répondaient au débit déclamatoire de Fred Schneider. Le groupe va d’abord accumuler les hits à une cadence vertigineuse : " Rock lobster ", " Planet claire ", " Give me back my man " ou encore " Party out of bounds ". Et la liste est loin d’être exhaustive. Puis connaître une traversée du désert jusque 1988, avant de connaître une résurrection glorieuse lors de la sortie de l’album " Cosmic thing " et surtout du single " Love shack ". Commis en 1992, le très énergétique elpee " Goodstuff " coïncidera cependant avec le départ de Cindy… Bonne nouvelle, après six années d’absence, elle a réintégré le noyau. Qui s’apprête à enregistrer un nouvel album. D’ailleurs, sur cette compilation, qui réunit la plupart des tubes des B 52’s, on y remarque deux nouvelles compositions, " Hallucinating Pluto " et " Debbie ", hommage à la chanteuse du mythique Blondie…

 

Bullyrag

Songs of praise

Imaginez le résultat du choc né d’une rencontre hypothétique entre Anthrax et Public Enemy, et vous aurez une petite idée du style pratiqué par Bullyrag. En moins commercial, pour ne rien vous cacher. D’ailleurs tout en tordant son hardcore avec furie et passion, il parvient à picorer dans tous les styles musicaux. Depuis le hip hop au blues, en passant par le rock, la pop, la jungle, la soul, la prog et le punk. Nous n’avons, en outre, pas la prétention d’avoir fait le tour du sujet, tant les références sont multiples…Malheureusement, si le produit fini ne manque pas de groove, il faut reconnaître qu’il manque singulièrement de relief…